Venner : un suicide politique

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 mai 2013 09h38 | 5 commentaires

 Un écrivain d’extrême droite Dominique Venner s’est suicidé avec une arme à feu hier après-midi devant  l’autel de Notre-Dame de Paris, où se trouvaient 1500 personnes. Opposant au mariage pour tous, et à l’immigration, il aurait voulu par ce geste réveiller les consciences occidentales.  

 

Je me donne la mort afin de réveiller les consciences assoupies. Je m’insurge contre la fatalité», «contre les poisons de l’âme» et «les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires». Message d’adieu lu hier sur « radio courtoisie »  par un de ses amis.

 Un acte révolutionnaire ?

 A bien y réfléchir j’ai l’impression  qu‘en posant ce geste Dominique Venner agit à la manière d’une population qu’il détestait , les islamistes et leurs  attentats suicides . Bien sûr il s’est suicidé tout seul, mais en plein cœur de Notre Dame de Paris ! C’est une provocation,  on pourrait presque dire un acte révolutionnaire… Parce que rien n’est plus éloigné de l’église catholique que le suicide. Je vous rappelle que c’est Judas qui se suicide, dévoré par le remord mais aussi parce qu’il ne croit pas au pardon possible. Les fidèles interrogés hier par les radios françaises sur le parvis étaient choqués, même ceux qui s’opposaient comme lui au mariage homosexuel.

 

Dominique Venner

 Ancien de l’OAS.

 Dominique Venner  78 ans, était l’un des derniers représentants d’une génération d’intellectuels  fascinés par l’extrême droite des années trente. Des hommes dont les pères eux-mêmes avaient souvent été proches du régime de Vichy. Des hommes qui se sont formés pendant la guerre d‘Algérie. Venner avait ainsi passé plusieurs mois en prison parce qu’il était l’un des membres  de l’OAS, l’organisation armée secrète qui avait combattu jusqu’au bout les indépendantistes algériens et le gouvernement français. Posant des bombes aussi bien à Alger qu’à Paris. En prison il a écrit ce qui est considéré son œuvre majeure « Pour une critique positive »: un petit essai où il expose la nécessité d’une refondation intellectuelle de l’extrême droite en plein désarroi après la fin de la guerre d’Algérie. Il fut l’un des inspirateurs du front national  fondé autour de Jean Marie Le Pen en 1972.

Marine le Pen, en nuance.

Il est intéressant  d’ailleurs de noter le message envoyé hier par Marine le Pen : « Tout notre respect à Dominique Venner dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple de France. » a écrit la présidente du Front national sur son compte Twitter. Mais 20 minutes plus tard elle a envoyé un autre tweet, « Il n’en demeure pas moins que c’est dans la vie et l’espérance que la France se redressera et se sauvera », Ce qui recadre les choses, avec un vocabulaire très nettement inspiré du christianisme ( espérance, salut) .  Venner c’est la génération et les idées du père,  pas de la fille. D’ailleurs il était obsédé par l’immigration qu’il appelait :  «  le grand remplacement des populations européennes ».

Yukio Mishima

A l’exemple de Mishima ?  

   L’ancien N°2 du front national Bruno Gollnisch ( japonisant renommé)  a comparé son geste à celui de l’écrivain Yukio Mishima qui s‘est suicidé à l’issue d’un putsch raté à  l’école militaire de Tokyo en 1970.  La comparaison pourrait être pertinente, à deux détails près : Yukio Mishima était un très grand écrivain… et compte tenu de ses orientations sexuelles, il aurait surement été favorable au mariage gay.

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5 réactions à “Venner : un suicide politique”

  1. Toujours des mots extrémistes lorsqu’il s’agit de personnes ne pensant pas comme vous ou n’appartenant pas à votre bord ! La pensée unique qui tuera le monde; merci pour votre courage politique. Face à la boue jetée à cet homme, j’invite vos lecteurs à prendre la peine de s’informer par eux-même et surtout pas sous votre plume, pour se faire une juste idée de la personne. Je vous invite aussi a prendre la peine de lire sa revue Nouvelle Revue d’Histoire (NRH) véritable plaisir de lecture, d’instruction et d’information OUVERTE et non tendancieuse comme vos écrits. L’Histoire dans sa complexité et ses faces cachées, histoire complexe des hommes. Je suppose que je serai censuré ou taxé d’extrême droite comme tous ceux qui refusent vos diktats. Lorsque l’on est de droite on est immédiatement taxé d’extrême droite, mais lorsque l’on est de gôche (gauche) on est un brave type et certainement pas d’extrême gauche, puisqu’elle n’existe pas… d’après vous. Informer et pas désinformer, cela ETAIT votre métier. Je comprend le geste de cet homme, même si je n’accepte pas sa manière et surtout si je redoute la disparition des hommes de résistance et de culture face à votre « progressisme » et nivellement vers le bas qui va avec.

  2. Mishima serait surement pour le mariage gay s’il était parisien aujourd’hui.
    Mais aussi, on peut ajouter que si Jean Jaurès vivait aujourd’hui, il serait surement député FN.

  3. Selon l’auteur, si l’on est homosexuel, on est forcément favorable au « mariage » dit « gay » …
    Quel sophisme. Bon nombre de personnes homosexuelles ne sont pas favorables au mariage, mais comme l’auteur est assurément favorable à cette position, il essaie de ramener tout le monde à lui …

  4. Euh, juste un détail : les islamistes qui se suicident en se faisant sauter, le font dans le but de commettre un carnage autour d’eux, ce qui n’est nullement le cas de D. Venner. Cette comparaiosn est tout simplement imbécile.

  5. Maximilien,
    Consterné et profondément atteint par cette disparition que je ne comprends pas très bien. Certes, « son » monde d’effondre-t-il et rejoint-il la vision de Rapail mais la façon de planifier de la sorte sa disparition alors « Baltikum », « Histoire et tradition des Européens » parmi tant d’autres restent des points de repère, j’ai l’impression que nous avons perdu un phare qui nous aidait à garder it à garder le cap au travers du brouillard de la veulerie politicienne qui nous attire vers le fond comme des sables mouvants.
    Qui va remplacer l’âme et l’esprit de « la nouvelle revue de l’histoire »? Je peux comprendre mais difficilement cette fin qui ne correspond pas aux valeurs qu’il diffusait autour de lui.
    J’ai rarement été aussi bouleversé que par cette quasi-démission qui lui ressemblait si peu ! Autre chose alors ? Mais quoi parce que trop intelligent pour s’effacer de façon aussi discrète si pas secrète.
    Maximilien