Archives du mars, 2013

Hollande forcément Hollande

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 mars 2013 09h59 | 4 commentaires

 On attendait beaucoup en France, de l’intervention de François Hollande hier soir à la télévision, le ton général ce matin est plutôt à la déception. Le président n’a pas fait d’annonces fracassantes,  il est resté dans son image de président normal. Une image et un style qui ne sont peut-être plus adaptés à la situation de crise que vivent les français.

 

 

« Hollande fait du Hollande », c’est le titre du Figaro ce matin, et c‘est bien vrai Hollande a fait du Hollande. Revenons brièvement sur les quelques annonces qu’il a faites, le rétablissement du fameux impôt à 75% pour les salaires au-dessus de 1 millions d‘euros,  qui sera payé finalement non par le contribuable mais par son entreprise. Le fait qu’il n’y aura appas de nouvel impôt hormis une hausse de la TVA, et puis bien sur le maintien de sa conviction forte : il inversera la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. Pour le reste, pas vraiment d’autocritique, pas vraiment d’explication, pas non plus de  phrase lyrique, de mobilisation ou d’encouragement.  Non mais un président qui dit : «  j’ai le cuir solide et le sang-froid. »  En gros c’est : « faite-moi confiance ! »

 Mitterrand sort de ce corps !

 Le problème c’est que les français ne lui font  plus confiance, 30% d’opinions favorables,  et, hélas pour lui, il n’a pas le pouvoir hypnotique du serpent Kaa dans le livre de la jungle, souvenez-vous : «  ayez confiance… confiance … confiance »….  On aurait préféré qu’il nous la fasse Louis le roi des singes : « Je voudrais être un homme moi yap douhi dououap ! … ». Au moins ça aurait été distrayant !

Le serpent Kaa

 

 Bien sûr la comparaison avec Sarkozy s’impose, le précédent président n’aurait probablement pas eu de meilleures solutions,  mais  il aurait tenu un discours volontariste et conquérant, un discours de chef. Et c’est là que le bât blesse, François Hollande est un disciple de François Mitterrand, il est entré comme conseiller à l’Elysée en Mai 1981, avec Ségolène Royal d’ailleurs. C’est un adepte de la force tranquille et de la discrétion comme l’était son mentor.  Mitterrand qui disait : « il faut laisser du temps au temps… »

François Mitterrand

 

 Le rythme s’accélère.

 Sauf que c’était une autre époque, déjà parce que le président était élu pour 7 ans et non pas pour 5, ensuite parce que depuis le monde s’est accéléré,  notamment les médias qui ont besoin de leur dose quotidienne d’images, de déclaration, de décision. Nicolas Sarkozy l’avait bien compris.  François Hollande veut en toute évidence ralentir ce mouvement, mais c’est contreproductif. En 1981 il n’y avait que trois chaines de télévision en France,  aujourd’hui il y en a des centaines dont quatre d’information

continue . Quatre CNN français : I télé, BFM TV, LCI, France 24, qui émettent 24h sur 24. Difficile alors de ne parler qu’une fois tous les trois mois, surtout pour déclarer : « attendez ça va s’arranger ! ».

 

Le général Custer

 Le syndrome Custer

  Comme le disait il y a quelques jours sur France 2,  François Lenglet rédacteur en chef du service France : « On a l’impression que François Hollande est dans un western le chef d’un convoi de charriots dans l’ouest, attaqué par les indiens. »

Il s’est mis en cercle, en attendant la cavalerie… la cavalerie c’est la croissance… et j’ai bien peur qu’elle soit en retard !

 

 

 

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A Bruxelles un Sarkozy un peu liégeois

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 mars 2013 10h53 | 5 commentaires

 Retour sur la visite de Nicolas Sarkozy à Bruxelles hier pour remettre la légion d’honneur à Didier Reynders. L’ex président a longuement insisté sur les origines liégeoises de l’impétrant, tressant une incroyable couronne de lauriers à la ville de Liège et à ses habitants.

 

Mon cœur de liégeois est particulièrement reconnaissant au conseiller  qui a rédigé la trame du discours.  Rendons à l’ex César ce qui lui appartient, sa digression désormais célèbre sur son installation à Bruxelles était improvisée ainsi que d’autres allusions à la politique françaises, mais le corps du discours et notamment la biographie de Didier Reynders avait bien entendu été rédigée par quelqu’un d’autre, peut être un diplomate de l’ambassade de France à Bruxelles ?  Cet auteur qui restera anonyme a consacré un long passage aux origines liégeoises du ministre des affaires étrangères :  «  ce n’est pas rien d’avoir enfant respiré l’air d’une ville qui a su rester indépendante pendant près de mille ans. … ce n’est pas indifférent d’être un enfant de Liège … » puis il cite Michel de l’Hospital ministre des finances de la régente Catherine de Médicis,  au 16 ème siècle… «  Les habitants de Liège ont toujours relevé la tête… »

Le flegme liégeois !

S’ensuit alors un panégyrique de la cité ardente,  une ville ravagée par la guerre qui a toujours su défendre son identité, dont les habitants sont connus pour « leur flegme face à l’adversité »…là je ne sais pas si le mot flegme convient bien … le Liégeois flegmatique, hum ! Mais je à pense qu’il voulait dire courage. Puis vint ce dicton wallon : «  faites comme à liège laissez pleuvoir ». Et Nicolas  Sarkozy d’ajouter « bon je me demande si je ne suis pas moi même un peu de Liège…. » Allusion nette à ses petits problèmes judicaires… conclusion du chapitre : «  La pluie finit toujours par laisser  place au soleil, même à Liège »,  éclat de rire général !

Je pense qu’après un tel éloge le bourgmestre de Liège serait bien avisé  de décerner à l’ancien président de la république la médaille d’honneur de la ville.  Oui je sais à Liège on vote plutôt à gauche et le bourgmestre est socialiste… d’ailleurs c’est peut être un truc que son conseiller a oublié de dire à Sarko mais bon…

 Liège a également reçu la Légion

Enfin pour revenir à Liège et à la légion d’honneur vous savez peut être que la cité mosane fut la première ville étrangère à recevoir cette décoration, qu’elle porte aujourd’hui fièrement sur ses armoiries.  La République avait ainsi voulu récompenser  Liège pour son attitude héroïque perdant les premiers jours de la guerre de 14. La résistance des forts liégeois avait freiné l’avancée allemande et permis à l’armée française de se regrouper, contribuant ainsi à la victoire de la Marne un mois plus tard.

 La citation qui a accompagné cette distinction décernée dès le 7Août 1914  est particulièrement élogieuse :

« Au moment où l’Allemagne, violant délibérément la neutralité de la Belgique, reconnue par les traités, n’a pas hésité à envahir le territoire belge, la ville de Liège, appelée, la première, à subir le contact des troupes allemandes, vient de réussir, dans une lutte aussi inégale qu’héroïque, à tenir en échec l’armée de l’envahisseur.

Ce splendide fait d’armes constitue, pour la Belgique et pour la ville de Liège en particulier, un titre impérissable de gloire dont il convient que le gouvernement de la République perpétue le souvenir mémorable en conférant à la ville de Liège la croix de la Légion d’honneur. »

 Excusez du peu !

Bettencourt : Sarkozy se défend sur Facebook

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 mars 2013 10h02 | Comments Off on Bettencourt : Sarkozy se défend sur Facebook

 Nicolas Sarkozy a commenté sur sa page Facebook sa mise en examen pour abus de faiblesse dans l’affaire Bettencourt. Il déplore une mise en examen injuste et infondée et affirme qu’il va consacrer toute son énergie à démontrer sa probité et son honnêteté.

 

C’est la deuxième fois depuis son départ de l’Elysée que Nicolas Sarkozy utilise sa page Facebook, la première c’était pour ses vœux de Nouvel an. Le message n’a rien de surprenant dans la mesure où son avis avait déjà largement filtré à travers les indiscrétions de son avocat et de certains de ses fidèles comme Jean François Copé. L’ex président déclare notamment : «  Je vais consacrer toute mon énergie à démontrer ma probité et mon honnêteté. La vérité finira par triompher. Je n’en doute pas « …« Il va de soi que je ne réclame aucun traitement particulier si ce n’est celui de tout citoyen d’avoir le droit à une justice impartiale et sereine« , C’est parce que j’ai confiance dans l’institution judiciaire que j’utiliserai les voies de droit qui sont ouvertes à tout citoyen »…

 Un juge contesté.

Il reprend mezzo voce les critiques émises par ses proches contre le juge d’instruction Gentil, accusé de partialité notamment par son ancien conseiller spécial Henri Guaino, à tel point que le juge a envoyé à Guaino une citation à comparaitre pour  » outrage à magistrat ». Guaino a répondu en maintenant ses propos ; «Le juge, par cette accusation infamante, insultante contre Nicolas Sarkozy, a bien déshonoré la justice! Il a sali la France en direct et devant le monde entier». On le voit c’est une véritable guerre qui oppose désormais Sarkozy et son entourage au juge Gentil et par extension à la magistrature qui fait bloc pour défendre le petit juge. C’est d’autant plus fou que jusqu’à présent le juge Gentil était plutôt classé à droite.

Une vieille querelle.

 C’est une vieille querelle qui ressurgit. Quand il était président Nicolas Sarkozy avait violemment affronté la magistrature, il avait avec Rachida Dati sa première garde des Sceaux,  mené tambour battant une réforme de la justice qui avait abouti à la fermeture de nombreux tribunaux en province. Mais surtout il avait en projet de supprimer les juges d’instruction ,  pour passer à un système plus proche de celui qu’on connait dans le monde anglo saxon, la procédure accusatoire. Avec cette différence : en France les procureurs dépendent du gouvernement alors qu’aux Etats Unis ils sont élus. Les juges français avaient dénoncé à l’époque une atteinte à la séparation des pouvoirs. Finalement Nicolas Sarkozy n’avait pas eu le temps de mener sa réforme à terme, mais les juges lui en ont gardé une vieille rancune. Il est alors facile au clan Sarkozy d’accuser Jean Michel Gentil de partialité, d’autant qu’à l’époque il avait avec d’autres signé une pétition contre les restrictions budgétaire au ministère de la justice.

 Qui est le plus puissant ?

 Jeudi lors de sa mise en examen, Nicolas Sarkozy a menacé le juge en lui disant :  » qu’il n’en resterait pas là... » Son message sur Facebook n’est que le début de la riposte, et l’on peut s’attendre à une bataille de procédure pour lui faire retirer l’affaire. Il n’est pas dit que l’ancien président y parvienne, même si la charge a été réformée, par son indépendance et ses pouvoirs discrétionnaires, le juge d’instruction, reste comme disait Balzac, « l’homme le plus puissant de France. »

Mariage gay : une manif lacrymale

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 mars 2013 08h16 | 2 commentaires

Le rassemblement contre le mariage homosexuel avenue de la Grande Armée à Paris, aurait réuni 300 000 personnes selon la police. 1,4 millions d’après les organisateurs. En fin de journée des heurts ont opposé policiers et manifestants aux abords de l’Arc de Triomphe . Cette manifestation a pris un tour politique, beaucoup de participants étaient également venus pour critiquer la politique du gouvernement.

Quelque soit le chiffre revendiqué cette manifestation est un succès. Les images sont suffisamment parlantes, une vraie marée humaine a envahi toute la journée l’avenue de la Grande Armée qui prolonge les Champs Elysées. Organisation impeccable avec écran géant et distribution de drapeaux tantôt blancs tantôt bleus, tantôt rouges, agités successivement pour représenter les couleurs nationales. Par moment ça faisait penser au grand meeting de Nicolas Sarkozy au Trocadéro le 1er mai 2012, entre les deux tours de la présidentielle. D’ailleurs il n’y avait pas d’ambigüité sur l’organisation puisque Jean François Copé le patron de l’UMP a pris la parole ainsi qu’Henri Guaino l’ex plume de Sarkozy.

 Sociétal et politique.

Des manifestants juraient leurs grands dieux qu’il n’y avait rien de politique dans leur présence, mais cette histoire est profondément politique. Elle touche à une promesse électorale du président socialiste et hier c’était bien clairement le peuple de droite qui manifestait. Au delà des slogans sur la « vraie » famille, « un papa, une maman ,des enfants », on a aussi entendu des « on veut du boulot plutôt que des lois à la con !  » Comme si un gouvernement ne devait s’occuper que d’économie et des problèmes du quotidiens, comme si les évolutions de la société ne devaient pas être prises en compte. A cette aune jamais il n’y aurait eu par exemple de loi sur l’avortement. Vous me direz les manifestants d’hier étaient aussi en majorité opposés à l’avortement.

D’un autre côté, pris en étaux entre l’absence de croissance et les contraintes budgétaires, il ne reste au gouvernent que le sociétal pour agir et donner un peu l’impression qu’il a prise sur la société. D’où l’importance pour la droite de combattre ce projet de loi qui sera étudié au Sénat le 4 Avril.

 Quelques larmes sur le macadam.

 Enfin il y avait quelques choses de cocasse à voir quelques dames respectables insulter les policiers et leur crier « c’est honteux ! » quand ils ont utilisé des gaz lacrymogènes pour empêcher l’accès aux Champs Elysées. Je ne me souviens pas de telles protestations offusquées quand les jeunes affrontaient les mêmes policiers, contre les lois des gouvernements Villepin ou Fillon. J’imagine que ces prudes grand-mères étaient de jeunes filles bien rangées pendant Mai 68…

Ca fait partie des joies de la vie parisienne. Sur les avenues il n’y a pas d’âge pour découvrir les charmes d’un CRS, dans le parfum des lacrymos.

François : la fête est finie le pontificat commence

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 mars 2013 19h55 | Comments Off on François : la fête est finie le pontificat commence

 Un peu plus d’une semaine après son élection, le pape François est maintenant entré pleinement en fonction. Il lui reste à prendre officiellement possession de Saint Jean de Latran, la cathédrale de Rome. Après les premiers jours très médiatiques il va devoir maintenant s’atteler à la tâche : réformer l’église et en faire comme il l’a promis, une église pauvre pour les pauvres.

Tout le monde a été impressionné par son naturel sa capacité de contact avec les gens. La spontanéité avec laquelle il est descendu, le jour de sa messe inaugurale, de sa papamobile pour aller embrasser un handicapé qui voulait l’approcher, restera dans les mémoires. Ce sont des images fortes qui marqueront son pontificat, c’est comme un acteur en scène, si l’entrée est réussie le pari est presque gagné. Le lendemain la presse italienne revenait largement sur son homélie et ses phrases clés : « n’ayez pas peur de la tendresse… le vrai pouvoir c’est de servir… »

Légèreté et gravité…

  Donc un véritable sans faute…et pourtant pour l’avoir bien regardé durant la cérémonie, j’ai par instant vu sur son visage comme un abîme de gravité. Cet homme est conscient des défis qui l’attendent. Désormais les cardinaux qui l’ont élu sont repartis pour leurs pays et il se retrouve face à la curie romaine. Bien sûr les reformes cosmétiques ne poseront pas de problème, remplacer des enfants en cœur en dentelles par des franciscains en sandales, ça fait causer, mais le maître de cérémonie en a vu d’autres, ils s‘adaptera. Même chose pour les services de sécurité. En revanche changer le fonctionnement de l’Eglise, faire une Eglise pauvre pour les pauvres… comme on dit : c’est pas gagné ! Il va se heurter à la lourdeur et aux intrigues de la machine vaticane qu’il connait mal. C’est pourquoi la nomination ces prochaines semaines d’un nouveau secrétaire d’Etat sera suivie avec beaucoup d’attention, il lui faudra à ses cotés un homme qui connait bien les arcanes du Saint Siège.

 Progressiste sur l’argent, conservateur sur les moeurs…

 Ce n’est pas parce que son attitude est inspirée par la simplicité de saint François qu’il a pour autant des idées progressistes, au sens actuel. On le verra bientôt , sur le préservatif, l’avortement, le mariage des prêtres, l’ordination des femmes, et même la communion des divorcés, il a des positions très proches de Benoit XVI, «  son frère » qu’il a rencontré samedi à Castelgandolfo. François va peut être réconcilier l’Eglise avec elle-même, mais pas forcement l’Eglise avec le monde…Il l’a d’ailleurs dit lors de sa première homélie dans la Sixtine : « nous ne sommes pas des mondains ». Je ne serais pas surpris qu’il tienne très vite un discours de rupture par rapport au monde d’aujourd’hui, à notre mode de vie fondé en occident sur l’individualisme et la consommation.

 Et je ne suis pas sur que ça plaise à tout le monde…

Bettencourt : Sarkozy mis en examen, un coup politique ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 mars 2013 09h23 | 4 commentaires

Nicolas Sarkozy est dans « l’incompréhension », a déclaré vendredi matin Jean-François Copé, président de l’UMP. Beaucoup à droite dénoncent une manœuvre pour empêcher Nicolas Sarkozy de se présenter à la présidentielle en 2017.

C’est ce qu’on appelle vulgairement une casserole, pour l’instant c’est gênant mais rien de plus. La présomption d’innocence s’applique et comme la gauche se dépatouille avec l’ affaire Cahuzac, il y a une sorte de neutralisation des deux camps, du moins pour le moment. Tout changerait évidement si l’ex président se trouvait trainé « physiquement »  en correctionnelle.

Il risque trois ans de prison et 375000 euros d’amende.  Mais même s’il s’en sortait avec une peine de  principe, vous imaginez un président condamné pour avoir piqué les sous à mémé ? C’est du vaudeville, personne ne le prendrait plus au sérieux. C’est pourquoi ses avocats vont contester la mise en examen et vont tout faire pour obtenir une nullité avant le procès.

 Beaucoup d’affaires

 Plus largement au delà de l’affaire Bettencourt, le camp Sarkozy commence à accumuler les problèmes avec la justice : l’affaire Karachi et ses retro commissions de marché d’armes, l’affaire Tapie et la somme pharamineuse remboursée à l’ex patron de l’OM qui a valu une perquisition à Christine Lagarde il ya une semaine, et puis l’affaire Woerth autre volet du cas Bettencourt. Plus qu’une casserole c’est toute une batterie de cuisine, qui accompagne désormais la Sarkozye.

 Qu’en pensent les Français ?

Vous me direz les Français n’accordent qu’un intérêt relatif au passé judiciaire de leurs élus, on ne compte plus les vedettes de la politique qui après une période d’inéligibilité ont retrouvé leur mandant de député ou de maire, Balkany n’est qu’un exemple, mais aussi Alain Juppé condamné en son temps à la place de Chirac pour l’affaire des emplois fictif de la ville de Paris… qui s’en souvient encore ?

Peut être mais là ils ‘agit quand même de l’ancien président qui en plus vient de déclarer que la politique l’ennuyait et qu’il n’y reviendrait que par devoir en gros  pour  » sauver la France » Une attitude qui impose une éthique irréprochable…alors sauver la France après avoir été condamné pour abus de faiblesse… C’est un scénario qui ne tient pas la route.

Enfin Nicolas Sarkozy a 58 ans lors de la présidentielle de 2017 il aura 62 ans, l’âge de la retraite légale en France. Je ne sais pas pourquoi, certains de ses amis pourraient amicalement lui rappeler. Des amis totalement désintéressés comme…Copé ou Fillon.

Cahuzac : pour Hollande du bon et du mauvais !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 mars 2013 09h21 | Un commentaire>

Paradoxe de l’affaire Cahuzac, la démission du ministre pose un vrai problème politique, mais elle permet aussi au président d’afficher sa fermeté.

 

Jerôme Cahuzac

C’est bien entendu un gros problème pour François Hollande. Perdre son ministre du budget par les temps qui courent alors que justement le budget c’est la clef de tout, vous imaginez les ennuis que ça peut causer. Des ennuis techniques, celui qui maitrise les dossiers n’est plus là, mais aussi des ennuis politiques.  Jérôme Cahuzac est un battant, qui n’hésitait pas à affronter la droite à l’Assemblée Nationale dans des joutes oratoires musclées. C’était l’un des ministres les plus en vue, parmi les plus costauds, les plus  solides, et patatras ! Tout s’effondre avec cette histoire de compte en suisse.

L’argent…

 Je ne connais pas la vérité, Cahuzac dément Médiapart le site d’info internet  qui l’attaque persiste et signe, il aurait possédé un compte, en Suisse jusqu’en 2000,  et son argent depuis aurait vogué vers un paradis fiscal.  Ça remonte à plus de dix ans,  et ça n’a bien sur rien à voir avec ses activités de ministre, mais voilà quand on se dit socialiste avoir fait fortune dans la chirurgie esthétique, puis avoir planqué son  argent à l’étranger ça fait désordre. D’autant qu’à l’origine Cahusac était cardiologue, il a ensuite surfé sur la vague de la médecine rentable, sa spécialité : les implants capillaire, croyez-moi y’a un marché !

Le Président tranche.

 Donc sale histoire pour François Hollande mais aussi peut être l’occasion de montrer sa fermeté. Trois heures à peine après l’annonce de l’ouverture d’une information judicaire, pour blanchiment d’argent et fraude fiscale, Cahuzac démissionnait.  François Hollande l’a proprement débarqué ! Beaucoup se sont alors souvenus qu’il y a quelques jours, le maire de Dijon François Rebsamen, une figure du PS, avait conseillé au président de virer un ministre pour faire un exemple, et calmer la cacophonie du gouvernement.  La justice lui a donné l’occasion de montrer son autorité. Message : pour ceux qui en douteraient : François Hollande n’est pas un faible !

Habemus presidentum

   Ca ne suffira probablement pas à redresser sa courbe de popularité en  chute libre, et ça ne l’aidera peut-être pas beaucoup pour boucler un budget 2014, qui va se solder par de sévères économies.

Je cherche depuis une semaine un point commun  entre les deux François le pape et le président… je crois que j’ai trouvé : « pauvre parmi les pauvres… »

Hollande rend hommage à Stéphane Hessel en présence d’Elio Di Rupo

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 mars 2013 16h50 | Un commentaire>

 François Hollande a présidé ce matin aux Invalides l’hommage national rendu à Stéphane Hessel, l’inspirateur des indignés. La République est friande de ces grandes cérémonies laïques qui consolident l’unité du pays et renforcent la fierté nationale.

 

Parmi les invités de François Hollande : Elio di Rupo. Je me demande à quoi le premier ministre belge pouvait bien penser devant le déploiement de ces pompes républicaines. En Belgique nous sommes plus habitués aux messes en l’honneur de victimes civiles, qu’il s’agisse d’affaires criminelles comme les crimes de Dutroux, ou de terribles accidents comme celui de Sierre il y a un an. Mais en France on glorifie toujours les soldats, ministres, artistes, résistants, les grands serviteur de l’Etat. Ca tombe bien Stéphane Hessel était un peu tout à la fois. Ambassadeur de France, mais aussi résistant pendant la guerre, écrivain, et un peu artiste du moins par son amour de la poésie, et surtout par ses parents et  leur mythe qui inspira «  Jules et Jim. »

 Les Invalides lieu des hommages militaires.

  La cour des Invalides majestueuse et solennelle, à deux pas du tombeau de Napoléon, est un des endroits privilégiés pour ces grands hommages. Principalement pour ceux qui ont combattu pour la France, puisque les Invalides sont d’abord un hôpital militaire, où l’on soigne et l’on accueille  toujours ceux qui sont marqué dans leur chair,  par leur service à la patrie. C’est dans cette même cour qu’on rend hommage ces jours-ci aux militaires français tombé au Mali.

 Il y a d’autres lieux où les cérémonies sont encore plus grandioses, comme le Panthéon, qui accueille les dépouilles des français illustres de Jean Jacques Rousseau à Jean Moulin, en passant par Zola, Victor Hugo, Pierre et Marie Curie, Dumas, Malraux  et tant d’autres.

 D’ailleurs certains envisagent déjà le transfert de cendres de Stéphane Hessel au Panthéon, mais pour l’instant il reposera au cimetière du Montparnasse.

A titre indicatif il y a aussi un Panthéon national en Belgique, c’est la basilique du Koekelberg, située avenue des gloires nationales, je vous assure ça existe !  Mais on y chercherait en vain des cérémonies de ce genre. Faudrait-il encore, dirons les plus cyniques, qu’il y ait des gloires en Belgique et surtout une nation pour les célébrer…

 La Nation à l’honneur !

C’est bien là toute, la différence, en France l’idée de nation reste une valeur positive, partagée aussi bien par la droite que par la gauche . (Jaurès disait :  « la Nation c’est le bien du pauvre ».)

Dans son éloge funèbre François Hollande, a rappelé que Stéphane Hessel ne faisait pas l’unanimité , mais que chacun en France pouvait se reconnaitre dans les valeurs qu’il incarnait : l’amour de la liberté et de la justice, et puis ce besoin de s’indigner, à plus de 90 ans, cette volonté de rester debout face aux injustices : «  il lança à la face des fatalistes, des résignés, des frileux son slogan :  Indignez-vous ! »… « C’était un appel non à la révolte mais à la lucidité »… « C’était et demeure une exigence d’action, une invitation puissante à l’engagement ».

Une vie bien remplie, en accord pleinement avec le chants des partisans qui s’éleva quand le cercueil de l’ancien ambassadeur sortit des Invalides, porté par des aviateurs, ses frères d’armes.

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes. »

Je me demande  si Stéphane Hessel, qui était la discrétion la gentillesse et la modestie incarnées aurait goûté d’être ainsi glorifié.

Mais à bien y réfléchir, je me dis que cette grand messe tricolore et laïque, pour lui né allemand, naturalisé à 20 ans, ce fut  comme une sublime reconnaissance, un grand merci de la République…

Une et indivisible !

Sarkozy : le sauveur de la France ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 6 mars 2013 08h05 | 5 commentaires

 Nicolas Sarkozy n’a pas envie de revenir en politique mais pourrait être obligé d’y aller !  C’est en tout cas ce qu’il aurait dit lors de propos rapportés  par le magazine « Valeurs Actuelles ».

 

 C’est la bonne vieille posture de l’homme providentiel.  Voilà les propos tels qu’ils paraitront demain dans Valeurs Actuelles : « Il y aura malheureusement un moment où la question ne sera plus : « avez-vous envie ? » mais « aurez-vous le choix ? » … Dans ce cas, je ne pourrai pas continuer à me dire : je suis heureux, j’emmène ma fille à l’école, et je fais des conférences partout dans le monde. Dans ce cas, effectivement, je serai obligé d’y aller. Pas par envie. Par devoir. Uniquement parce qu’il s’agit de la France »…  Là il faut prononcer : la Frrance…

Nicolas nous voilà !

Difficile d’être plus modeste, je pense que même le Général de Gaulle qui n’en pensait pas  moins,  ne l’a jamais dit de manière aussi simple et décomplexée. Et pourtant lui, il avait sauvé la « Frrrrance », du moins son honneur, un certain jour de Juin 1940. Et puis le général parlait de lui à la troisième personne,  ça donnait un peu de recul. Alors bien sûr tout dans la fonction monarcho-présidentielle française incite ceux qui l’exercent ou l’ont exercée, à perdre le sens de la mesure, mais Nicolas Sarkozy oublie que c’est en grande partie  à cause de son comportement qu’il a échoué à la présidentielle, et que  les Français  lui ont préféré un président  dit normal.  L’ex, pourtant marié à une chanteuse, devrait  prêter l’oreille à un chant qu’entonnent parfois  ses adversaires : « Il n’est pas de sauveurs suprêmes :
Ni Dieu, ni César, ni Tribun … ».

Pas de politique !

D’autant que ce retour au pouvoir, il le voit, mais sans passer par la politique !  D’après Valeurs Actuelles : « Il n’a pas envie d’avoir à faire au monde politique qui lui procure un ennui mortel ». Voilà,  l’homme d’Etat, qui ne s’abaisse pas à patauger dans le marigot délétère aux miasmes méphitiques. Si on pousse le raisonnement un peu loin, c’est : « je veux bien revenir, mais alors il faut qu’on vienne me chercher, et qu’on me plébiscite. Je ne vais quand même pas refaire le parcours du combattant. »  Enfin interrogé par le magazine sur un éventuel sentiment de revanche, il répond que « c’est un très mauvais sentiment ». « Et puis quelle revanche ce serait ? Pour reprendre la France dans l’état où les socialistes la laisseront. Tu crois que je ne sais pas que je vais mourir ? Donc franchement est-ce que j’ai envie de revenir ? Non »…

Pour reprendre une formule célèbre du regretté Jérôme Savary, créateur du grand magic circus, qui nous a quitté hier, tout ça me rend :  mélancomique…

 

 

 

 

 

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Deux tiers des français déçus par François Hollande

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 mars 2013 08h10 | 6 commentaires

Deux français sur trois, soit 68%  sont déçus par François Hollande. C’est le constat d’un sondage publié ce weekend par le journal  » le Parisien ». Plus dur encore, 51% des sondés estiment que malgré la crise Nicolas Sarkozy aurait fait mieux que lui.

 

 Comme aurait dit Raoul Volfoni dans les « tontons flingueurs » : « c’est du brutal ! ».

 Deux nuances quand même dans la rigueur de ces chiffres, si 68% de la population s’estiment déçus, c’est principalement parmi les électeurs de droite qu’on les retrouve, 55% de ceux qui ont voté pour François Hollande au second tour de la présidentielle, continuent à croire en lui. Mais si on réfléchit un peu, ils étaient 100% à l’époque,  donc près de la moitié de ses électeurs se sont évaporés. Quant à la comparaison avec Sarkozy, là aussi elle est fonction de l’origine sociale, 51% des français pensent que Sarkozy aurait fait mieux, mais 58% des ouvriers estiment que non.

Alors qu’est ce qui coince ?

Deux choses toujours les mêmes : chômage et pouvoir d’achat.

 Plus d’effet Mali.

 C’est bien beau d’aller faire la guerre au Mali,   ça lui avait valu d’ailleurs, un regain de popularité le moins dernier, mais voilà pour les gens dits normaux, il n’y a rien en dehors des réalités quotidiennes.

Beaucoup d’électeurs ont voté à gauche l’an dernier parce qu’ils croyaient sincèrement que les choses allaient changer rapidement, et qu’ils allaient par exemple, retrouver du travail. Traditionnellement en effet la gauche en France, crée des emplois publics quand elle arrive au pouvoir. Ce fut le cas en 1981 et 1997. Mais cette foi tenu par le carcan de la rigueur budgétaire le gouvernement n’a plus cette liberté.

 Des promesses sous surveillance.

 Sa visite triomphale au salon de l’agriculture, digne de Chirac, a pu rassurer François Hollande sur la manière dont son style est reçu. On ne lui reproche pas sa présidence normale, ni d’avoir tourné le dos aux rodomontades sarkozyenne, on lui reproche, dans les classes populaires  un manque de résultat, et dans les classes moyenne le spectre d’une augmentation des impôts. S’y rajoute une mauvaise perception des réformes sociétales…Comme disait un militant socialiste  interrogé dans le parisien : «  pour lui la priorité c’est le mariage gay…mais ce n’est pas avec ça qu’on va ramener à manger. »

  Il est loin le temps où François Mitterrand pouvait dire « pour respecter mon programme j’ai toute la durée de mon mandat… » C’est fini ! Déjà que le mandat est passé de 7 à 5 ans, et puis surtout aujourd’hui les présidents sont jugés sur l’immédiat. Ainsi un site internet, luiprésidnet.fr, pointe jour après jour, l’avancée  des promesses de François Hollande, sur 349 identifiée, il a tenu 56, et abandonnées 25.

 Au final il sera jugé sur une seule : « inverser la courbe du chômage avant la fin 2013 ». Il parait que lui, président, il y croit encore !