Florange – Mittal : les ouvriers s’estiment trahis

Par Christophe Giltay dans Divers , le 6 décembre 2012 04h40 | Un commentaire>

Le premier ministre français Jean-Marc Ayrault a reçu hier pendant deux heures les syndicats du site sidérurgique de Florange. Il a défendu l’accord signé avec Mittal, mais les syndicalistes  mécontents, ont évoqué leur « sentiment d’avoir été trahis ».

 

Jean Marc Ayrault, premier ministre.

Il y avait quelque chose d’un peu pathétique dans l’interview de Jean Marc Ayrault sur France 2 hier soir, en direct de son bureau à Matignon. Il s’accrochait à ce qu’il considère comme une victoire, le fait d’avoir sauvé 629 emplois. En revanche il n’a pas sauvé les hauts fourneaux, ni trouvé de repreneur pour l’ensemble du site de Florange. D’après lui les deux projets, dont celui du belge CMI, étaient sous financés. Et quand le journaliste insistant, lui a demandé pourquoi il n’avait pas suivi la proposition de son ministre Arnaud Montebourg, de nationaliser Florange, il s’est embrouillé dans des explications sur le coût d’une telle mesure et son efficacité toute relative. On alors a compris qu’il n’avait jamais vraiment partagé cette option.  

Montebourg désavoué.

La rumeur a couru ces derniers jours que meurtri, Montebourg avait l’intention de présenter sa démission, ce qu’il n’a finalement pas fait. Mais sur le terrain les ouvriers qui ont rêvé d’un retour de l’Etat dans leur usine, se considèrent abandonnés.

 La question au fond n’est pas tant de savoir si les emplois seront sauvés ou pas, visiblement ils le seront, mais sur d’autres sites pour d’autres tâches. Or ce que voulaient les ouvriers c’est sauver la phase à chaud : « Je voudrais travailler encore, forger l’acier rouge avec mes d’or… » chantait Bernard Lavilliers. Alors bien sur Mittal s’engage à la maintenir quelques temps en état, un projet expérimental sur la récupération du CO2 pourrait en avoir besoin, mais tout ça parait bien fumeux.  Il n’est pas nécessaire d’être nés à Seraing ou Florange pour savoir qu’un haut fourneau qu’on éteint est un haut fourneau qui meurt. Les experts sont formels sur les deux installations de Florange, l’une pourrait être redémarrée sans trop de travaux, mais l’autre nécessiterait des millions.*

 

Edouard Martin, représentant CFDT de l’intersyndicale.

La fin d’un monde.

Il ne faut pas se voiler la face, même la volonté farouche d’un jeune et ambitieux ministre s’est fracassée sur le mur des réalités, comme Don Quichotte chargeant les moulins.  Or politiquement ce qui apparaitra comme une palinodie du gouvernement va faire le jeu des extrêmes,  Marine le Pen à droite, et Mélenchon à gauche.

 A la fin des années 70 alors que commençaient les restructurations de la sidérurgie, un syndicat ( la CGT) avait fondé une radio à Longwy : «  Lorraine cœur d’acier ».

Ce cÅ“ur en fusion est désormais… de marbre !  

 

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1 réaction à “Florange – Mittal : les ouvriers s’estiment trahis”

  1. Marine le Pen n’est pas une extrémiste! Elle incarne aujourd’hui la France Nationale! Celle qui refuse de plier devant la mondialisation et ses conséquences sociales, sociétales, ethniques et religieuses…