Archives du décembre, 2012

Premiers voeux pour François Hollande

Par Christophe Giltay dans Divers , le 31 décembre 2012 03h22 | Comments Off on Premiers voeux pour François Hollande

François Hollande va prononcer ses premiers voeux de président ce soir. Un exercice périlleux alors que le conseil constitutionnel vient de censurer sa loi prévoyant d’imposer les plus riches à 75%. Par ailleurs comment souhaiter une bonne année à ses concitoyens quand on sait que les lendemains s’annoncent difficiles ?

 

Moins de 10 Minutes c’est l’impératif que s’est fixé François hollande pour ses premiers vœux. Il les veut concis et efficaces. Pour ne pas perturber le message, ils se feront vraisemblablement dans un cadre traditionnel, le bureau du président à L’Elysée, histoire que la forme ne l’emporte pas sur le fond. La semaine dernière François Hollande a visionné d’anciennes prestations de Nicolas Sarkozy et de Jacques Chirac, puis il a demandé quelques notes à se conseillers, il a rédigé son discours ce weekend et il sera enregistré cet après midi pour diffusion, à 20h.

 Une liberté de fond

 Par rapport au roi Albert II François Hollande bénéficie d’un immense avantage, il peut dire ce qu’il v eut et personne ne doit contresigner son texte puisqu’il bénéficie de la légitimité conférée par le suffrage universel. Mais cette légitimité il faut la mériter tous les jours, or il ne recueille plus en ce moment que 40% d’opinions favorables dans les sondages. Ses vœux vont donc être l’occasion pour lui de rétablir le contact avec les français et notamment avec les plus inquiets, les classes populaires et moyennes soumises à la crainte du chômage. François Hollande va donc devoir rassurer, il répétera surement que la crise  financière est maintenant dépassée, même si chaque jour amène son lot de fermetures d’usines et de licenciements. Il affirmera sans doute une fois de plus, qu’il entend inverser la courbe du chômage dans le courant 2013. Quant à la disposition symbolique de la tranche à 75 % pour le plus riches son premier ministre a déjà annoncé qu’un nouveau texte sera rédigé, pour satisfaire aux remarques du conseil constitutionnel. On peut s’attendre également à des déclarations sur la politique étrangère, les sujets ne manquent pas : Syrie, Mali, Centrafrique ou la France vient d’envoyer des renforts de troupes. Il y aura sans nul doute quelques mots à destination des otages français et de leurs familles. Enfin en conclusion il faudra trouver des paroles d’encouragement et d’optimisme, car il s’agit quand même d’une cérémonie des vœux, et il faut proposer autre chose que du sang de la sueur et des larmes !

Le ton juste

Dans cet exercice De Gaule était prophétiques au point d’annoncer que 1968 serait une année très calme en France ! Pompidou austère et sérieux, Giscard folklorique à vouloir être trop moderne, Mitterrand solennel et mystèrieux, « je crois aux forces de l’esprit », Chirac chaleureux et protecteur, Sarkozy maitrisé et communicant. On verra ce qu’il en est du président Hollande. Dans la vie il est plutôt simple et sympathique, avec un humour efficace. S’il pouvait faire passer un peu de cette vérité, il aurait toutes ses chances de gagner la partie. Mais être vrai, trouver le ton juste, c’est peut être ça le plus difficile.

 

Bonne année à tous !

 

 

 

 

Tout sur le fonctionnement de la Vème République, la vie des présidents, ( et des premières dames) avant, pendant et après l’Elysée, dans “La France choisit son roi” de Christophe Giltay, aux éditions “La Renaissance du livre.” En vente en librairie et sur la plupart des librairies en ligne ( FNAC, Amazon, decitre, rueducommerce, etc…) et sur le site de l’éditeur.

http://eshop.renaissancedulivre.be

 

Copé leader des têtes à claques

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 décembre 2012 08h55 | Un commentaire>

Vous connaissez le classement du français le plus populaire qui a longtemps couronné l’abbé Pierre et le commandant Cousteau.  Ces dernières années c’est Yannick Noah qui remporte régulièrement la palme. Mais il existe un autre classement, celui des personnalités le plus agaçantes. Il a été publié hier and the winner is : Jean François Copé !  

 

 

Le président auto proclamé de l’UMP arrive en tête des politiques avec un taux de 81% d’agacement, il faut dire que son acharnement à conserver la tête du parti, et son côté petit chef souriant mais cassant, a de quoi user les patiences.  A noter quer on rival François Fillon n’apparait pas dans ce classement, publié par l’hebdomadaire VSD, après un sondage Harris interactive.  

Ségolène troisième !

Deuxième, avec 68% d’agacement une autre personnalité de l’UMP un peu  moins connue en Belgique, l’ancienne ministre Nadine Morano,  qui comme par hasard soutien Copé contre Fillon. Je vous en ai parlé de temsp en temps,  c’est elle qui avait fait virer une vendeuse dans un magasin parce qu’elle avait entendu une phrase désobligeante à son égard, c’est elle aussi qui avait perturbé un meeting de Ségolène Royal en 2007 en y allant déguisée, le visage masqué par un long châle…

Ironie du sort la troisième personnalité politique s’appelle Ségolène Royal, 63% d’agacement.  Sa persistance à ne pas comprendre qu’elle n’a pas été élue présidente de la république en 2007, a de quoi en taper sur le système, quant à son échec mal vécu aux élections législatives à la Rochelle, il a frôlé le pathétique. « Vite François trouve lui un poste ! »

Certains murmurent qu’elle pourrait rentrer au gouvernement, mais c’est délicat on imagine la scène de ménage à l’Elysée…( pauvre François)  Elle aurait refusé la présidence de l’institut du monde arabe, en attendant elle va publier un livre en mars.

Diam’s chez les artistes.

Chez les animateurs de télévision, Benjamin Castaldi  61% et Nikos Aliagas 48%  réalisent un score élevé, ils devancent Jean-Marc Morandini avec 45%. La première femme, Audrey Pulvar, arrive en cinquième position, elle agace quatre Français sur dix. Plaquée par Arnaud Montebourg, elle vient d’être virée du magazine les inrocks. Mais il lui reste le fameux talkshow féminin de la chaine D8.

Côté sportifs carton plein pour les footballeurs : Franck Ribéry 69% d’agacement  devance Nicolas Anelka 60% et Karim Benzema 49%.

 

Diam’s sur TF1

 Enfin, parmi «les personnalités des arts et du spectacle», joli score de 58% pour la rappeuse Diam’s qui a troqué le jogging de banlieue contre le voile ( presque) intégral, elle précède  la Première Twitteuse de France Valérie Trierweiler 57% (re-pauvre François ! )  et le grand amateur  de  tarte à la crème belge, le philosophe Bernard-Henri Lévy 54%.

  L’existence de ce classement a quelque chose de réjouissant car souvent quand j’allume ma télé… comme disait Helmut Fritz : ça m’énerve !

Otages au Niger : un message des islamistes

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 décembre 2012 12h22 | Comments Off on Otages au Niger : un message des islamistes

Est- ce une réponse à la vidéo enregistrée il y a quelques jours par le frère d’un otage ? Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)  accuse le gouvernement français de bloquer les négociations . L‘organisation dit avoir proposé dés le début de négocier  la libération des quatre otages français, enlevés en septembre 2010 au Niger.

 

Abou Zeid (Aqmi)

 

 On se souvient de cette vidéo publiée le 8 décembre dans laquelle le frère d’un otage, demandait aux islamistes de reprendre les négociations,  affirmant que les familles n’étaient pour rien dans d’éventuelles tergiversations. Cette fois c’est Abou Zeid, un leader Al-Qaïda au Maghreb islamique qui a envoyé un message à une agence de presse. Il y accuse la France de faire trainer les choses. Pour lui Paris n’a pas répondu à ses offres de négociation. Il ajoute que les  otages qu’il détient sont vivants mais que toute tentative unilatérale pour les faire libérer pourrait mal tourner.

 Otages ou Mali ?

 Cette mise ne garde intervient au moment où le ministre français de la défense insiste pour qu’on accélère le mouvement  du côté du détachement africain, prévu pour  libérer le nord du Mali. Il y a une forte volonté  de Paris de voir se réaliser cette initiative, alors que chaque jours arrivent de mauvaises nouvelles de cette région. Les islamistes auraient ce weekend détruit les derniers mausolées de saints à Tombouctou. Des monuments historiques classés au patrimoine l’humanité. Le dilemme est clair : la France peut-elle soutenir cette action sans mettre en péril la vie des images ?  C’est difficile à dire alors que le gouvernement communique très peu sur la manière dont il mène les éventuelles négociations. Pour tout arranger deux autres français ont été pris en otages ces quinze derniers jours, ce qui établit le chiffre total à neuf détenus dont quatre au minimum, dans les mains d’Aqmi. Mais rien n’est sûr, on sait que les otages sont des monnaies d’échange et qu’ils peuvent passer d’un groupe l’autre. C’est la quadrature du cercle entre le devoir d’ingérence au Mali, au nom du droit des peuples, et la volonté de préserver la vie des otages.

 Jihadistes ou gangsters ?

 Un espoir peut-être… que les ravisseurs soient mus essentiellement par l’argent ce qui est tout à fait possible. Ça se réglerait alors en millions d‘euros ou de dollars. Le problème c’est qu’en général, avec cet argent ils achètent des armes, et les retournent contre l’occident.

 Rien n’est simple, à dire vrai je n’aimerais pas être à la place des négociateurs…

 

Deneuve défend Depardieu

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 décembre 2012 17h20 | 4 commentaires

Querelle d’acteurs autour du cas Depardieu, il y a deux jours Philippe Torreton a publié une tribune très violente contre Gérard Depardieu dans Libération. Et ce matin Catherine Deneuve lui répond dans le même journal.

 

C’est un texte qui a fait beaucoup de bruit dans le milieu artistique  parisien. « Alors Gérard t’as les boules », c’était le titre du papier de Philippe Torreton. Un papier au vitriol qui attaquait Depardieu pour son exil fiscal et pour sa déclaration dans le journal du dimanche, quand il a dit qu’il voulait rendre son passeport français. Je vous lis un extrait intéressant car il  fait référence à Cyrano l’un de plus grand rôle de Depardieu.

Cyrano contre Montfleury.

Au début de la pièce de Rostand, Cyrano chasse un acteur Monfleury d’une scène de théâtre parce qu’il le trouve mauvais. Torreton dit à Depardieu que désormais Montfleury c’est lui. Je cite : «  Tu votes pour qui tu veux, et tu fais ce que tu veux d’ailleurs, mais ferme-la, prends ton oseille et tire-toi, ne demande pas le respect, pas toi ! Sors de scène, Montfleury, «ce silène si ventru que son doigt n’atteint pas son nombril !» Et puisqu’on est dans Cyrano, te rappelles-tu de cette réplique, mon collègue, qu’il adressait à De Guiche sauvant sa peau au combat s’en étant débarrassé de son écharpe blanche ? Il demande à Cyrano ce qu’il pense de sa ruse et ce dernier lui répond… «On n’abdique pas l’honneur d’être une cible.»

Catherine à la rescousse.

C’est ce passage parmi d’autres encore plus durs qui a mis Catherine    Deneuve en rogne. Avant elle déjà Fabrice Lucchini avait défendu Gégé. Dans un chat avec les lecteurs du journal sud-ouest, l’intarissable Fabrice a écrit ceci : « ceux qui jugent Depardieu, surtout s’ils sont acteurs, ils devraient juger aussi leur filmographie. Quand on attaque Depardieu, il faut avoir une filmographie solide». Et pan sur la tête à Torreton !  Acteur de théâtre mais qui quand même tourné dans une centaine de films. Ce matin Deneuve en rajoute une couche dans libé … « Vous en prendre à son physique ! A son talent ! «Ce gâchis» dont vous parlez… De quel droit, de quel souci démocratique semblez-vous animer votre vindicte salissante ? » C’est un homme vacillant que vous attaquez. Il ne donne en pâture que lui-même, une fuite en avant sans doute, des désirs matériels qui ne seront jamais assouvis et toutes ses activités qui doivent noyer son chagrin. L’homme est sombre, mais l’acteur est immense. » Je pense qu’il aura du mal à vivre ses choix, mais comme disait Voltaire, «je ne suis pas d’accord avec ses idées, mais je me battrai jusqu’à la mort pour qu’il puisse les exprimer». C’est bien écrit non ?

Voilà pourquoi j’adore la, France, même autour d’une affaire de fric et de fisc, on peut encore s’y battre  à coup de Cyrano et de Voltaire. Ca a quand même plus de gueule que Lehmann trucmuche et Lakshmi machin.

 

Groupe Hersant : Citizen Nanard

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 décembre 2012 08h47 | Un commentaire>

C’est le grand retour de Bernard Tapie ! Après avoir annoncé, le 9 décembre, qu’il se  retirait de l’offre de reprise du groupe de presse Hersant média, laissant le champ libre au groupe belge Rossel,  il est revenu dans la course pour finalement emporter la mise.

 

L’offre présentée par Bernard Tapie aux côtés de la famille Hersant était tout simplement plus intéressante, 50,5 millions d‘euros contre 48 pour le groupe Rossel.

Il s’agit des derniers vestiges de l’ancien groupe de Robert Hersant qui a dominé la presse française dans les années 80. Il possédait 75% de journaux, dont le Figaro et France soir, et l’essentiel des quotidiens  régionaux. En Belgique il avait failli racheter le Soir, et ce fut de justesse que Rossel conserva son navire amiral. Après la mort de celui qu’on surnommait le papivore, son empire s’est délité, la plupart dès les journaux ont été cédés, et ce qui reste est lourdement endetté à hauteur de 215 millions d ‘euros. D’où cette vente devenue nécessaire.

Tapie journaliste ?

 Mais il reste quelques pépites au fond du tiroir, dont La Provence, Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin, ainsi que France-Antilles. Ainsi après avoir été vendeur de télévision, chanteur pour minettes, homme d’affaire repreneur de canards boiteux, président de l’Olympique de Marseille , propriétaire d’Adidas, ministre, taulard, comédien, Nanard va donc s’essayer à un nouveau métier : patron de presse.

On lui souhaite bien du plaisir dans la situation actuelle qui est tout sauf favorable à la presse écrite. Mais est-ce vraiment son intention ? Son objectif, ? En tête des titres repris, on trouve la Provence,  le journal de …Marseille.

La revanche.  

Souvenez-vous d’un certain Bernard Tapie. Chouchou des médias, ministre de François Mitterrand  et qui s’est fracassé, poursuivi par la justice pendant des années, pour son business et pour l’affaire OM-Valenciennes.  Rien ne lui fut épargné, même pas la case prison.  Souvenez-vous il y a 15 ans de son hôtel particulier mis à l’encan, visité par des acheteurs potentiels.  On le voyait à la rue, il y habite toujours.

Et finalement la justice a reconnu qu’il avait été grugé par sa banque dans la vente d’Adidas.  Après un accord ( contesté) avec l’Etat il a récupéré sa fortune, il s’est même offert un nouveau Yacht pour remplacer le Phocéa.

Un balcon sur le Vieux Port ?

 Juste avant sa chute en 1994 on lui prêtait l’intention de devenir maire de Marseille. Hier Bernard Tapie a racheté La Provence le journal de Marseille. En France les élections, municipales ont lieu  en 2014… cherchez l’erreur !

Obélix contre méchant fisc

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 décembre 2012 10h01 | 2 commentaires

  En France tout le monde a un avis sur l’installation de Gérard Depardieu à Néchin. Ces avis sont tranchés, et tout ça est très politique. Derniers à se prononcer  sur la question : François Hollande, Alain Juppé  et  Didier Reynders.

 François Hollande s’est exprimé hier, sur l’affaire Depardieu,  en visite en province il a déclaré « Moi, plutôt que de blâmer tel ou tel, je veux saluer le mérite de ceux qui ont certes beaucoup, mais qui acceptent de payer leurs impôts en France, de produire en France, de faire travailler en France et de servir leur pays »

 On pourrait dire qu’il essaye de désamorcer ce qui est devenu une crise médiatique, depuis la sortie de Depardieu dans le JDD (journal du dimanche). Le premier ministre lui-même est revenu un peu sur ses propos, disant qu’il n’avait jamais dit que Depardieu était minable,  mais que c’était l’attitude des exilés fiscaux qui l’était.

 Droite contre gauche.

 Sur le sujet, le clivage gauche-droite  est très net. Et ce n’est pas un hasard si le Figaro, principal journal conservateur, publie aujourd’hui une interview de Didier Reynders, titrée « Si d’autres Français veulent venir, je n’y suis pas opposé ». Le ministre des affaires étrangères en profite pour rappeler que si la France souhait une harmonisation fiscale en Europe, il n’est pas sur qu’elle aille dans le sens du gouvernement français. Dommage, le Figaro a oublié de lui demander ce qu’il pensait des exilés fiscaux Belges au Luxembourg quand il était aux finances…mais ça n’a surement rien à voir.

 Quant aux lecteurs du même Figaro, il faut regarder leurs réactions sur le site du journal, en gros : « Depardieu a raison, cet argent il est à lui, il ne l’a pas volé, c’est un entrepreneur, il en fait ce qu’il veut etc… »

 

 Un soutien modéré.

  Pourtant l’UMP très occupée par l’affaire Fillon-Copé  n’a enfourché que modestement ce cheval de bataille. Il faut reconnaitre que Depardieu, n’est pas vraiment le modèle idéal dans lequel la bourgeoisie française rêve de s’incarner. Gégé c’est plutôt un prolo, quant à ses amitiés avec les potentats du Caucase, ça fait désordre
Aussi Alain Juppé ancien premier ministre de Jacques Chirac, a essayé de remettre l’église au milieu du village :  « ce qu’a fait Gérard Depardieu n’est pas bien », car « dans une situation aussi compliquée que celle de notre pays on ne s’en va pas». Mais « on serait bien inspiré de se demander pourquoi il s’en va ». Sous-entendu le responsable c’est le gouvernement socialiste. 

 Un exilé pas très discret.

  Ce soutien modéré de la droite, s’explique à mon avis par la publicité que l’acteur a faite de son départ. En effet les exilés fiscaux sont plutôt des gens discrets. Vous n’entendez jamais parler des deux mille autres français installés à Estampuis. Pour vivre heureux vivront caché.  N’en doutez pas Depardieu  a voulu que ça se sache. Pourquoi ? Je reste perplexe…  Peut-être tout simplement le syndrome de la vedette, le besoin en toute circonstance d’être en haut de l’affiche, ou alors  une manière de dire je vous « em… » qui lui ressemble assez.

 

 

UMP : un pas de Copé

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 décembre 2012 08h44 | Un commentaire>

     Un compromis semble se profiler pour la direction de l’UMP, le principal parti de droite en France. Jean François Copé qui refusait jusqu’alors d’envisager un nouveau scrutin avant les municipales de 2014, se dit prêt, à revoter en septembre 2013. Un pas en direction de François Fillon qui souhaitait un vote immédiat.

 

 

Il y a quelque chose de très révélateur qui s’est passé ce weekend. Trois postes de députés annulés après les élections de Juin étaient de nouveau disputés devant les électeurs,  et l’UMP a remporté haut la main, ces trois scrutins partiels deux au détriment de la gauche et un à celui d’un député centriste sortant.  Si même après un mois de guerre sanglante les électeurs ne sont pas écœurés, il aurait été complètement imbécile pour les deux leaders de ne pas comprendre le message, la raison devait l’emporter.

 Un nouveau calendrier

 Jean François Copé, le président auto proclamé  a donc accepté de mettre de l’eau dans son vin, et propose l’organisation d‘un nouveau scrutin en Septembre, et non plus au printemps 2014. Fillon souhaitait le printemps 2013, Copé a fait la moitié du chemin, ce sera donc l’automne.

Les deux hommes posent bien évidement leurs conditions : Fillon veut une direction paritaire ouverte à toutes les sensibilités de l’UMP. Il devrait également exiger que le président actuel, s’il est candidat, se place en réserve dès le début de la nouvelle campagne et qu’une haute autorité soit chargée de diriger le processus électoral. Pas fou Fillon, il sait que celui qui organise une élection est disons, bien placé, pour l’orienter en sa faveur.

   De son côté Copé va demander la suppression du groupe parlementaire dissident le rassemblement UMP, et l’annulation du référendum des députés prévu mardi, il aurait été très certainement favorable à  Fillon.

 Des intérêts bien compris.

 La page est-elle tournée pour autant, non, il y a toujours deux courants opposés dans le parti dominant de la droite. Mais au fond ces courants ont toujours existé : Chaban contre Pompidou, Chirac contre Balladur, Sarkozy contre Villepin, et maintenant Copé contre Fillon. Mais à chaque fois que la victoire s’est présentée, les antagonismes ont su se taire… il est si bon de se partager le gâteau du pouvoir !  Hier le doux fumet du succès a tout d’un coup réveillé les appétits de l’UMP.

 Si les socialistes continuent à cafouiller comme ils le font, (merci Gérard),  ils pourraient perdre en 2014, plusieurs des grandes villes qu’ils détiennent dont Paris. Et comme disait Henri IV : « Paris vaut bien une messe… » de réconciliation.

Quand le Louvre ouvre à Lens, Belfius brade le patrimoine belge

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 décembre 2012 09h00 | 7 commentaires

 Le musée de Lens installé sur un ancien site minier est  la démonstration que la culture est une richesse inestimable pour un pays . Elle peut être le salut de régions économiquement sinistrées.  

Le Louvre à Lens

C’est un défi d’installer une succursale du Louvre, dans une zone qui fut le plus noir des pays noirs.  Mais le Guggenheim de Bilbao et dans une moindre mesure le Beaubourg de Metz, ont démontré que la culture était évidemment  un moteur puissant de développement humain,  mais aussi de croissance économique.  

La richesse du patrimoine.

Il y a les lieux de patrimoine comme Venise ou Bruges. Mais savez-vous que Bruges au 19 ème siècle était une cité quasiment morte. ? Bruges la morte, titre d’un célèbre roman…Enserrée dans ses remparts elle n’avait pas participé à la révolution industrielle, elle était restée figée dans son passé. Abandonnée Bruges, méprisée Bruges. Or sa culture, son art, son architecture,  c’est justement ce qui fait aujourd’hui sa grandeur, richesse, sa notoriété mondiale.

Le salut par la culture.

D’où ce paradoxe historique de voir des vieilles régions industrielles sinistrées, comme le bassin minier du Pas de Calais, renaître grâce à la culture. Un musée comme celui de Lens c’est une locomotive. Je ne doute pas que demain s’installeront à Lens, à ses côtés, des galeries d’art, des écoles de design, des restaurants, des hôtels, des boutiques  etc… pensez à  Bilbao, franchement allez à Bilbao ! Le Guggenheim a sauvé la ville.

Jacob Jordaens, Apollon et Marsyas, collection Belfius.

 

L’erreur de Belfius

 C’est pourquoi je me permets, après Paul Magnette,  de dénoncer le projet des dirigeants de Belfius, (ancienne Dexia, ancien crédit communal,) de vendre un partie de leur inestimable collection de tableaux, dont des œuvres de maitres flamands Jacob Jordaens ou Jan Brueghel.

Ces œuvres ne sont pas à eux,  elles sont à nous. Les vendre à l’étranger ce serait commettre une erreur contre l’intelligence. Car demain dans nos villes et nos  régions c’est la culture qui nous sauvera. Et pas la mentalité de maquignon de quelques banquiers incompétents, qui ont grevé les comptes publics.  Vendre ces tableaux ce serait dépouiller ce pays et insulter les générations futures. C’est pourquoi je demande solennellement  au gouvernement qu’on empêche ces œuvres de quitter la Belgique, pour que demain on puisse les voir dans un musée, pourquoi pas  comme celui de Lens ?  

On a pu céder nos compagnies aérienne, nos usines, nos banques, mais si demain nous bradons notre culture, il ne nous restera rien !

Copé et Fillon : ils n’ont rien compris !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 décembre 2012 08h55 | Comments Off on Copé et Fillon : ils n’ont rien compris !

Il y a maintenant plus de trois semaines que François Fillon et Jean François Copé se disputent la présidence de l’UMP. Leur dernière réunion  a duré 35 minutes et s’est soldée par un échec. Au-delà de la crise, les commentateurs avisés voient dans cette guerre des chefs, la deuxième mort du gaullisme.  

 C’est  le cas d’Alain Duhamel le célèbre éditorialiste de  RTL Paris qui signe ce matin dans libération une longue analyse sur ce thème. Le  raisonnement est partagé par d’autres, il part d’une constatation toute simple : le régime gaulliste qui a donné naissance à la Vème république, s’est construit contre ce que le général appelait  « le régime de partis », et là on y retombe !  Il faut se souvenir  qu’avant 1958 la France était gouvernée selon un système assez proche de celui que nous connaissons en Belgique. Un scrutin proportionnel intégral et des gouvernements de coalition. L’instabilité était la règle, et pendant la IVème République qui a duré de 1946 à 1958, le gouvernement  le plus pérenne a tenu 18 mois.

Le régime des partis.

Trop faible pour faire face à la guerre d’Algérie, cette République  a littéralement été renversé par de Gaulle, qui a fait adopter la constitution actuelle, que l’on qualifie de monarchie républicaine. Il y a le président élu au suffrage universel, les partis n’ont plus grand chose à dire, et si les députés râlent on leur colle un referendum ou une dissolution. Jusqu’aux années 90 cet esprit  s’est maintenu. Certes,  Jacques Chirac et François Mitterrand  avant l’Elysée, étaient des chefs de parti, mais les partis leur étaient inféodés. C’était encore le cas d’ailleurs à l’UMP sous Sarkozy.  La personnalité du chef charismatique l’emportait largement sur les querelles d’appareil. Avec l’introduction de primaires chez les socialistes,  et maintenant de l’élection du président  à l’UMP,  on se complait de nouveau dans les intrigues délicieuses.

La chienlit !

On pourrait croire que l’attitude de Copé, est une forme de gaullisme. «  Je prends le parti à la hussarde ! » Ce serait commettre une erreur. Le principe du gaullisme c’est l’intérêt supérieur de la France,  par l’intérêt particulier d’un chefaillon. En ce sens Fillon fut gaullien quand le soir des résultats,  il les contesta mais en annonçant son retrait, genre je me sacrifie pour que le parti survive. Alors que Copé s’est accroché  à son fauteuil, en usant de toutes les ficelles. Résultat Fillon est revenu dans la bagarre et le parti est en bouillie.

 Le général de Gaulle était un grand amateur de formule : mai 68 : la chienlit ! L’ONU : un machin ! Je me demande comme il qualifierait Copé et Fillon… j’hésite entre branquignoles et foutriquets.  

 

 

Tout sur le fonctionnement de la Vème République, la vie des présidents, ( et des premières dames) avant, pendant et après l’Elysée, dans “La France choisit son roi” de Christophe Giltay, aux éditions “La Renaissance du livre.” En vente en librairie et sur la plupart des librairies en ligne ( FNAC, Amazon, decitre, rueducommerce, etc…) et sur le site de l’éditeur.

http://eshop.renaissancedulivre.be

<!–

–>

Belgique : Depardieu s’évade

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 décembre 2012 08h50 | Un commentaire>

Revenons ce matin sur l’installation de Gérard Depardieu en Belgique. Dans l’hexagone le public est partagé sur ce choix, certains l’estiment incivique, d’autres révélateurs d’une pression fiscale qui fait fuir les talents. En fait  il s’agit plutôt d’un signe des temps, et peut être de la disparition d’une certaine idée de la France.

 

On compare parfois Gérard Depardieu à Jean Gabin. Car aucun acteur français, même Alain Delon, n’a incarné à ce point le français populaire. Gabin déjà star jeune dans l’année trente, avec Pépé le moko, Depardieu, représentatif d’une génération au début des années 70 dans « les valseuses ». Et puis les deux qui ont vieilli avec leur public, interprétant de personnages classiques : Cyrano, Ponce Pilate, des héros de roman historiques, Jean Valjean, le colonel Chabert, le comte de monte Christo ; des truands, des grands bourgeois, des flics sur le retour… et mêmes des comiques : « les vieux de la vieille », ou Obélix

Bref des caractères en phase avec la France de toujours, à tel point qu’autrefois on allait voir Gabin quel que soit le film, et que ce fut longtemps  la même chose avec Depardieu

 Gabin une fois !

 Alors je me suis interrogé Gabin se serait-il installé en Belgique ? Rien que de poser la question je vous vois sourire. Ça parait impossible, incongru, inimaginable. Gabin qui achetait des terres en Normandie, et dépensait  ses cachets en tracteurs et en chevaux. Vous me direz : « oui mais c’était une autre époque, on ne voyageait pas comme  aujourd’hui ». Tu parles ! Dans les années 40  Gabin était le compagnon de Marlène Dietrich, il vivait à Hollywood dans une villa qu’il louait à Greta Garbo.( Entre nous c’est mieux que Néchin.)

Et l’ange bleu  lui cuisinait du pot au feu…

Arrêtons-nous deux secondes :

« t’a Marlène qui te mitonne du miroton boulevard du soleil, et t’a le mouron de la patrie, le blues des fortifs, tu penses qu’à rentrer, ça c’est français mon pote !»

 Il faut dire que Gabin  avait une motivation, en Europe c’était la guerre et il voulait se battre, et pas seulement en uniforme de la France libre dans un remake de Casablanca. .

 

Décevant.

  Alors bien sur je ne doute pas qu’en temps de guerre Gégé aurait  fait son devoir. Mais la crise économique n’est-elle pas une sorte de guerre, dans laquelle la France a besoin de tous ses fils ? Il faut croire qu’il est peut-être plus facile de verser son sang que son fric. Pour un homme que le public a élevé au rang de symbole national…c’est un peu … disons décevant. Et puis on en parle beaucoup, mais qui se souvient du scandale de l’installation de Charles Aznavour en Suisse en 1972, il y a 40 ans ? Qui se souvient du billet de 500 francs français brulé à la télévision par Gainsbourg pour dénoncer des impôts…qu’il payait lui ! Bref, rien de nouveau sous le soleil. Et comme disait Shakespeare, beaucoup de bruit pour rien.