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Syrie : Gilles Jacquier victime d’un tir rebelle

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 juillet 2012 22h50 | Commentaires fermés

 

 

Un exemple de la complexité de la situation telle qu’elle règne en Syrie. Les services secrets français après une enquête détaillée, sont désormais persuadé qu’en janvier le journaliste Gilles Jacquier a été victime d’un tir des rebelles. Ces derniers ont toujours nié, accusant le régime de Damas.

 

 

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Le grand reporter français, a été tué le 11 janvier par l’explosion d’un obus à Homs, il faisait partie d’un groupe emmené sur le front par des officiels syriens. A l’époque, plusieurs témoins avaient affirmé que les accompagnateurs s’étaient retirés, au moment où les tirs ont commencé. Accréditant la thèse d’un coup monté pour accuser la rébellion. Nicolas Sarkozy lui-même avait soutenu cette option, tout en reconnaissant ne pas avoir de preuve.

 

La piste rebelle.

 

Mais très vite, après la phase d’émotion, les enquêteurs ont dirigé leurs soupçons sur l’opposition. Une semaine après la mort de Gilles Jacquier le Figaro publiait un article, dans lequel un responsable des droits de l’homme à Homs déclarait :

 «  Nous avons fait une grosse bêtise. » 

 Cette fois le quotidien est plus explicite, il publie les conclusions d’un rapport  établi par le ministère de la défense.  

Toutes les sources dit le journal, aussi bien le renseignement militaire que civil, ainsi que les services de l’ambassade France sur place, sont d’accord sur les conclusions. Gilles Jacquier a été tué d’un tir d’obus de mortier de 81 mm, venu d’un quartier sunnite rebelle, et qui visait le quartier chiite alaouite, où se trouvaient le journaliste et ses confrères.

 

Des rapports concordants.

 

 Le Figaro ajoute qu’un rapport de la ligue arabe, jamais rendu public, arrive à la même conclusion. Il n’aurait pas été publié,  parce que l’institution considérerait que l’affaire est désormais du ressort de la justice française. Problème, de ce côté-là l’enquête n’avance pas, car contrairement aux services secrets, la justice n’a pas les moyens d’envoyer des enquêteurs en zone de guerre. Mais toujours d’après le Figaro le parquet de Paris penche lui aussi, pour la bavure de l’opposition, «Il est clair que ce n’est pas un tir dirigé, ce n’est pas avec un obus de mortier qu’on peut viser quelqu’un », a déclaré au journal un magistrat proche de l’enquête.

 

Dans l’attente de la vérité.

 

Malheureusement la famille va devoir se contenter de ces rumeurs, et attendre longtemps encore, avant de connaitre la vérité officielle. Quant au fond de l’affaire, il nous rappelle que ce qui se passe en Syrie, est aussi un combat entre chiites et sunnites pour le pouvoir, comme on en connait par exemple en Irak. Dans les guerres civiles, il n’y a pas de place pour la naïveté.