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50 ans d’indépendance pour l’Algérie

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 juillet 2012 09h01 | Commentaires fermés

L’Algérie célébre aujourd’hui les 50 ans de son indépendance. Une indépendance acquise au terme d’une guerre qui a duré 8 ans et fait près de 500 000 morts.  Un demi-siècle plus tard les tensions ne sont pas apaisées entre Paris et Alger, d’ailleurs la France n’est pas officiellement invitée aux cérémonies, et ne sera représentée que par son ambassadeur.

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« L’Algérie c’est la France », voilà ce que déclarait en novembre 1954 François Mitterrand  à, l’époque ministre de l’intérieur. Le FLN , Front de libération national, venait de commettre ses premiers attentats, et la France entamait la « pacification ». Comme m’a dit un jour un de mes professeurs quand j’étais à l’université : «  à 20 ans j’ai fait de la pacification en Algérie, j’aurais préféré la guerre, ça fait moins de morts. » 

Une colonie de peuplement

L’Algérie c’était la France, et c’était bien ça le problème, ce n’était pas une colonie, comme le Congo, c’était un territoire découpé en départements, théoriquement partie prenante de la métropole.  Mais les « pieds noirs », les citoyens européens,  ( 1 millions d’habitants 10% de la population) , avaient tous les droits des citoyens français,  mais  pas les citoyens musulmans, soumis à un statut particulier.

L’Algérie c’était la France, peut être la seule colonie de peuplement  française depuis le Québec.  Il n’y a qu’en Algérie que la France avait en quelque sorte,  créé une France de l’extérieur. Il faut se promener aujourd’hui encore dans le centre d’Alger, au milieu des avenues et des immeubles haussmanniens, pour se rendre compte  à quel point c’était la France. Hormis les murs blancs et les volets bleus, on se croirait à Paris.

Trahison ? Raison ?

Les blessures ne sont pas refermées entre Paris et Alger, mais pas non plus entre les pieds noirs et les français de France. Les français d’Algérie considèrent qu’ils ont été abandonnés, et qu’après avoir porté de Gaulle au pouvoir en mai 1958, ils ont été trahi quand le général a décidé l’autodétermination, et de laisser les algériens décider de leur sort.  Et l’on a vu alors que l‘Algérie n’était pas française,  mais algérienne…

En se séparant de l’Algérie, la France est entrée dans la modernité, a tourné le dos à son passé colonial, et considéré que son avenir c’était  l’Europe .

Ne restait plus alors, que la nostalgie de la douceur de lampes à huiles, de la splendeur de la marine à voile, et de l’Algérie de papa…