Archives du juin, 2012

Hollande : vers un été rigoureux

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 juin 2012 17h35 | Un commentaire>

Un mois à peine après sa prise de fonction François Hollande, est rattrapé par la réalité économique, et doit déjà revenir sur ses promesses de campagne. Le nombre de fonctionnaires sera réduit de 2,5 % par an en moyenne, hormis les domaines prioritaires : Éducation nationale, Justice, police et gendarmerie.

Retour aux réalités.

Retour aux réalités.

 

Le quotidien « Libération » pourtant classé à gauche est particulièrement sévère avec François Hollande ce matin, en titrant en une : « Hache, comme Hollande ». La réunion du gouvernement lundi a abouti à un plan d’austérité, car il fallait trouver 10 milliards tout de suite. Les ministres ont reçu des « lettres de cadrage » envoyées par le premier ministre, qui leur signifie les limitations budgétaires. Conséquence, le nombre de fonctionnaires sera réduit de 2,5 % en moyenne, par an.

Ministères amers.

Par ailleurs les budgets de la plupart des ministères vont être gelés jusqu’en 2015 en valeur et pas en volume. C’est à dire qu’ils ne pourront pas augmenter d’un centime, et qu’ils ne seront pas indexés. Donc compte tenu de l’inflation, ils vont en fait, baisser. Enfin les cabinets ministériels et cette fois tous, y compris les départements prioritaires, vont devoir réduite leurs dépenses de fonctionnement ( voitures, frais, logements etc…)  de 7% cette année, et de 4% par an ensuite. En apparence c’est moins brutal que Nicolas Sarkozy qui avait décidé de ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux, dans la fonction publique quelque soit le secteur, mais on est loin des espérances des électeurs et des syndicats. D’autant que la récente augmentation du smic (salaire minimum),  2% à peine, a beaucoup déçu. Jean Luc Mélenchon, l’ancien candidat du front de gauche crie déjà à la trahison. Il affirme que cette augmentation ne représente même pas, une baguette de pain par jour.

Réalisme.     

Sur le fond cette stratégie de l‘austérité n’a rien de surprenant, ce qui est étonnant c’est la rapidité de l’annonce et surtout la sévérité des mesures. Un politique un peu cynique, dirait que François Hollande a raison de frapper vite et fort, car aujourd’hui il peut encore imputer la situation au bilan de son prédécesseur. « Que voulez vous j’ai hérité d’une situation impossible… »

Mais ça ne marche qu’à moitié, car il n’avait jamais laissé entendre dans sa campagne qu’il serrerait la ceinture de cette manière. En fait personne parmi les favoris de la présidentielle n’avait envisagé publiquement des restrictions de cet ordre. Le seul à l’avoir fait, avec un plan très semblable à celui adopté, c’est François Bayrou. On sait comme ça s’est terminé… Défaite à la présidentielle et défaite aux législatives. Vous connaissez le vieil adage :

 C’est avoir tort, que d’avoir raison trop tôt.

Guyane : la guerre de l’or fait deux morts

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 juin 2012 07h21 | Comments Off on Guyane : la guerre de l’or fait deux morts

 

En Guyane française deux militaires français ont été tués, et deux gendarmes grièvement blessés, hier dans une opération contre des chercheurs d’or clandestins. Un événement d’une rare violence, qui attire l’attention sur ce territoire immense, véritable far West de la République.

 

Orpaillage clandestin

Orpaillage clandestin

 

La Guyane ce n’est pas seulement la base de Kourou d’où s’envole à intervalle régulier la fusée Ariane. C’est un étonnant département français d’outremer, qui n’a rien à voir avec les destinations enchanteresses, que sont la Guadeloupe, la Martinique ou la Réunion. La Guyane est un véritable pays, grand comme trois fois la Belgique, et constituée à 96% de forêt amazonienne. La Guyane célèbre autrefois pour son bagne de Cayenne, où furent déportés le capitaine Dreyfus et Guillaume Seznec, fait aujourd’hui partie de l’Europe au même titre que n’importe quel autre département français. Mais elle fait face à des problèmes spécifiques presque insurmontables !

Immigration clandestine.

On estime la population à 240 000 habitants, le nombre est inconnu, et il est beaucoup plus élevé. Ilot de prospérité, au cœur du tiers monde, le département fait face à une importante immigration clandestine en provenance du Surinam, et du Brésil. Ces clandestins sont attirés par l’orpaillage, car en Guyane il y a de l’or, beaucoup d’or. Or le territoire est tellement étendu, et la forêt si dense qu’il est relativement facile d’y installer des stations d’orpaillages en toute illégalité. Ces établissements causent un tort immense à la nature, notamment par l’usage massif du mercure. Ils participent aussi à la déstabilisation des populations amérindiennes, confrontées brutalement au pire de la civilisation, drogue, alcool, prostitution.

Orpaillage illégal.

 La France accorde des concessions légales, à des exploitants respectant le code minier et ses règles environnementales, mais il est impossible de tout surveiller. La commune de Maripasoula où s’est produit l’accrochage, s’étend sur 18.000 km², l’équivalent de la Wallonie. Depuis 20 ans les orpailleurs profitent de son isolement, sans accès terrestre depuis le littoral. Hier les militaires français avaient pour mission de sécuriser la zone pour préparer l’installation d‘une exploitation légale. Plus tôt dans la journée un hélicoptère avait déjà essuyé des tirs, quand le détachement terrestre est arrivé, il a été accueilli par un feu nourri, bilan : deux morts, deux blessés graves.

La guerre en France.

Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, se rendra sur place ce matin pour « rendre hommage aux deux militaires tués ». Et voilà comment au 21ème siècle sur un territoire officiellement européen. Des militaires français meurent les armes à la main. Loin, très loin de l’Afghanistan.

Marion Marechal le Pen : la beauté du diable

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 juin 2012 07h27 | 10 commentaires

On attendait la tante, ce fut la nièce, l’intégration, ou plutôt la réintégration de la famille le Pen dans la vie parlementaire française a sauté une génération. Hier Marion Maréchal le Pen a participé à la mise en place de la nouvelle assemblée nationale à Paris, provoquant la curiosité mais sans rencontrer d’hostilité particulière.

 

Jean François Copé ignore Marion Marechal

Jean François Copé ignore Marion Marechal

Elle était là, toute en blondeur, plutôt mignonne dans son tailleur jupe noir. Intimidée, mais décidée à tenir sa place. Marion Maréchal Le Pen, petite fille de Jean Marie et nièce de Marine, benjamine à 22 ans de l’Assemblée Nationale. Très entourée par les médias, elle a participé, comme secrétaire de séance,  au bureau d’âge qui aux côtés du doyen met en place la nouvelle Assemblée, et élit le nouveau président.

 

 

 

Scrutateur du scrutin.

 

Et c’est ainsi qu’on a pu la voir durant des dizaines de minutes à la tribune, surveiller les députés qui mettaient les uns après les autres, leur bulletin dans l’urne. Certains étaient courtois avec elle, d’autres la saluaient à peine, rares sont ceux qui lui serraient la main. Jean François Copé le patron de l’UMP l’a ostensiblement ignorée. Tout comme il avait peu avant ignoré l’autre député FN, l’avocat Gilbert Collard, placé provisoirement à côté de lui dans l’hémicycle, à la faveur de l’ordre alphabétique.

 

La stratégie du FN.

 

«Je suis une élue du peuple comme les autres. Tous me doivent un minimum de respect», a déclaré peu après le joker de la famille le Pen.

 Joker, car il est en effet difficile de dresser un cordon sanitaire autour d’une jeune femme, qui ne ressemble que de très loin à Jean Marie le Pen, tonitruant tribun de l’extrême droite, élu dans la même assemblée, lui aussi très jeune, à 27 ans en 1956.

  Pourtant il ne faut pas s’y tromper, Marion Maréchal le Pen est sur le plan doctrinal la très fidèle porte parole des idées de son parti.

  Cette élection que personne n’avait vu venir avant le premier tour, sert le dessein politique du FN. La stratégie de Marine le Pen consiste clairement à déstabiliser la droite de l’UMP, pour tenter de nouer des alliances avec des figures locales, et casser le carcan, qui maintient son parti à la marge de la vie politique nationale.

 

Marion rassure.

 

Avec cette députée qui parait tellement inoffensive, elle a placé hier une carte maitresse au cœur de la République.

 Car si Jean Marie le Pen ,véritable repoussoir, faisait peur à tout le monde, Marion Maréchal n’effraye personne !

En la regardant passer hier dans un couloir de l’Assemblée, un vieux journaliste malicieux m’a lancé :  « regarde…c’est la beauté du diable ! »

 

 

 

 

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Tout sur la vie des présidents, avant, pendant et après l’Elysée, dans “La France choisit son roi” de Christophe Giltay, aux éditions “La Renaissance du livre.” En vente en librairie et sur la plupart des librairies en ligne ( FNAC, Amazon, decitre, rueducommerce, etc…) et sur le site de l’éditeur.

 

 

 

 

 

 

Faut-il abolir la prostitution ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 juin 2012 07h00 | 8 commentaires

Ce week-end, la nouvelle ministre française des Droits des femmes Najat Allaud-Belgacem, a relancé dans «le Journal du Dimanche» le débat sur le statut pénal de la prostitution «Mon objectif, comme celui du PS, c’est de voir la prostitution disparaître» a-t-elle déclaré.

 

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Le débat n’est pas anodin,  quelques jours après la condamnation de « Dodo la saumure en Belgique ». Quelle attitude la France doit-elle adopter face à la prostitution ? On le voit la politique de l’hexagone est à l’opposé de celle appliquée aux Pays Bas, le seul Etat européen à avoir réellement légalisé la prostitution, comme une profession normale, du moins sur le plan administratif. La Belgique se trouve donc coincée entre les deux extrêmes.

 

Abolition ? Interdiction ?

 

 Côté français l’objectif est donc l’abolition, la suppression de la prostitution.

  Un terme qui se discute, puisque de fait la prostitution est abolie en France, depuis qu’on a supprimé dans les années 60, les réglementations qui encadraient les prostituées et notamment la visite médicale obligatoire. On fait comme si ça n’existait pas. La prostitution n’est pas poursuivie en tant que tel, alors que le proxénétisme et le racolage le sont. Pour racolage une fille (ou un garçon) risque deux mois de prison et 3750 euros d‘amende.

Mais la déclaration de la ministre va plus loin et sous entend qu’un jour on pourrait pénaliser le client, pour supprimer le marché.

  Si l’on considère que la prostitution est l’une des forme les plus révoltantes de l’exploitation des êtres humains, cette position morale est bien sûr, la seule possible. Mais les spécialistes de la question s’alarment d’une déclaration de principe aussi peu pragmatique. Dans les villes où le racolage a été énergiquement combattu, la prostitution a disparu du centre ville à la grande satisfaction des commerçants et des habitants. Sauf que le phénomène s’est déplacé dans des quartiers périphériques moins sûrs, où le danger d’agression des prostituées, et des clients, sont beaucoup plus importants.

 

Un métier ?

 

Ensuite on oublie que la prostitution fait vivre la prostituée et parfois sa famille. Qu’on le veuille ou non, sans tomber dans le cliché du plus vieux métier du monde, c’est un travail rémunéré. Qui se pose réellement la question du devenir de ces travailleuses ou travailleurs du sexe, dans un monde où il n’y a pratiquement plus d’emploi pour les personnes peu qualifiées, et les étrangers en situation irrégulières ? Or les prostituées sont le plus souvent issues des catégories sociales les plus précaires. Interdire la prostitution, l’abolir comme dit la ministre, c’et aussi abolir les prostituées du paysage, de la société, du monde économique ! Et on leur propose quoi à la place ?

Face à des situations compliquées, il est parfois bon d’avoir des idées simples, mais elles ne suffisent pas.

Euro 2012 : polémique autour des bleus

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 juin 2012 07h00 | Comments Off on Euro 2012 : polémique autour des bleus

Nouvelle polémique autour des joueurs de l’équipe de France de football, les bleus. Leur attitude durant la coupe d’Europe a été très critiquée par la presse, et hier à leur retour en France, ils n’ont pas accepté de rencontrer les supporters qui les attendaient. Conséquence, ils apparaissent une fois de plus comme des enfants gâtés.

 

« On a attendu deux heures sous la pluie et voilà comment ils nous traitent ! » Hier soir à l’aéroport du Bourget, les bleus ont à peine eu un regard pour ces gens qui les attendaient. Seuls d’eux d’entre eux ont franchi les quelques mètres qui les séparaient du petit groupe de fans, pour signer quelques autographes.

 Enfants gâtés, arrogants, immatures sont les mots repris le plus souvent ce matin  pour désigner des joueurs, qui non content d’avoir été vaincu, ça c’est la loi du sport, se sont une fois de plus comportés comme des gamins mal élevés. Insulte à un arbitre, querelles dans les vestiaires, manque de respect pour l’entraineur. On a eu l’impression de revivre les pires moments de la coupe du monde, quand ils avaient refusé de sortir du bus pour s’entrainer. Ce matin peu de voix s’élèvent pour défendre ces garçons qui donnent une mauvaise image de leur sport et de la France.

 

Des enfants mal élevés ?

 

Quelqu’un pourtant nuance le verdict. Vikash Dhorasoo, ancien bleu lui-même, souvent considéré comme l‘intello du foot. Comme tout le monde il fustige leur comportement mais a cherche à l’expliquer. Les joueurs dit-il ils sont des ouvriers ultra payés sur lesquels reposent d’énormes intérêts. Par ailleurs on voudrait voir en eux, des modèles pour les jeunes et la société, mais personne ne leur a appris. Et Dhorasoo de rappeler que les joueurs sont issus de centre de formation dans lequel de 15 à 20 ans, ils ont été coupés du monde, avec comme valeurs premières la compétition, la rivalité, la gagne. Dans ces centres on ne forme pas de gentils boys scouts, pour qui l’important est de participer. Personne, ne leur parle de la France de ses valeurs, de son histoire, de la République etc… Et quand ils sortent, ils se retrouvent pour ceux qui réussissent, propulsés en pleine lumière, couverts d’argent, entourés de courtisans, de coach, de conseillers, de filles…et l’ont voudraient qu’ils ressemblent à l’abbé Pierre ! Mais ils n’ont ni la maturité, ni la culture nécessaire.

 

Une formation adaptée.

 

 Dhorasoo demande que les centres ajoutent à leur formation cette part d’éducation qui permettrait à ces joueurs d’assumer à la fois le monde, cruel et égoïste de la compétition, et la responsabilité citoyenne qui est la leur quand ils jouent en équipe nationale. Il y a quelques jours sur RTL TVI Jacky Ickx, revenant sur sa carrière,  expliquait que pour réussir en compétition il fallait avoir de qualités, qui sont des défauts pour le commun des mortels. Oui, mais seuls ceux qui en prennent conscience, et font la part de choses méritent, comme lui le nom de champion.

Rocard veut (se) faire la bombe !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 juin 2012 09h37 | Un commentaire>

Michel Rocard a lancé hier un pavé dans la mare, en proposant à la France  de renoncer à la dissuasion nucléaire.  D’après l’ancien premier ministre socialiste ça permettrait d’économiser 16 milliards d’euros. Une proposition jugée irréaliste aussi bien à droite qu’à gauche.

 CANADA: FORMER FRENCH P.M. MICHEL ROCARD

Son totem chez les scouts c’était « hamster érudit », et il suffit de discuter 5 minutes avec lui pour constater que ce surnom lui va toujours très bien. Michel Rocard, qui aura 82 ans au mois d’août est toujours une machine à idée qui est parfois un peu difficile à suivre.  La dernière lancée hier sur BFMTV a au moins le mérite de la simplicité. « On des problèmes budgétaires, on a besoin de 10 milliards tout de suite, y’a qu’à supprimer la bombe atomique ! »… Cette proposition a fait l’effet d’une bombe (inette) ! D’abord sur le plan des grands principes de la République. Depuis le général de Gaulle c’est : « pas touche à la dissuasion nucléaire ! » Fondement de la politique militaire de la France. Le 13 février 1960 jour où la république a fait exploser sa première bombe,  au centre d’expérimentation de Reaggane en Algérie, le général s’était écrié  « hourrah ! Pour la France depuis e matin elle est plus forte et plus fière. ! »

Une stratégie surannée ?

 Plus prosaïquement cette dissuasion dire du faible au fort, protégerait la France de toute agression sur le mode : « je ne peux peut être pas te vaincre, mais je peux t’infliger de telles destructions que le jeu n’en vaut pas la chandelle. » Réponse de Rocard, oui c’était valable au temps de l’URSS mais qui aujourd’hui menace la France du feu nucléaire ?  On pourrait en débattre longuement, mais la récréation été vite sifflée par  François Hollande, depuis Rio. Pas question de revenir sur la stratégie de dissuasion, pas de désarmement unilatéral. « Circulez y’a rien à voir ! » Aurait dit Coluche,  tout simplement parce qu’en France le maintien de l’arme nucléaire fait consensus entre la gauche et la droite, seuls les verts sont pour la suppression.

 

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Un coût surestimé.

 Deuxième problème « Michou la tendresse » a surestimé les coûts, le financement de la bombe s’élève à un peu plus de 3 milliards par an, 16 milliards c’est sur 5 ans. Elle ne représente plus que 10% du budget de la défense contre 30% dans les années 70, on investit moins dans recherche, et il n’y a plus d’essais grandeur nature à Mururoa. Enfin une modification de la stratégie ne permettrait qu’une économie dérisoire, car il faudrait démanteler les installations, ça prendrait beaucoup de temps et d’argent …

L’époque n’est plus aux utopies, on est loin des « élucubrations » d‘Antoine , qui avait fait, en son temps  une proposition à la Rocard :

J’ai reçu une lettre de la Présidence
Me demandant, Antoine, vous avez du bon sens,
Comment faire pour enrichir le pays ?
Mettez la pilule en vente dans les Monoprix.

Oh, Yeah !

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Tout sur l’utilisation de la bombe par les présidents, dans le chapitre  » ultima ratio regum » de “La France choisit son roi” de Christophe Giltay, aux éditions “La Renaissance du livre.” En vente en librairie et sur la plupart des librairies en ligne ( FNAC, Amazon, decitre, rueducommerce, etc…) ainsi que sur le site de l’éditeur.

Nicolas Sarkozy au conseil constitutionnel

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 juin 2012 09h45 | 2 commentaires

Nicolas Sarkozy est bien décidé à ne pas se laisser oublier. Il a participé hier à sa première séance au conseil constitutionnel, une institution qui ressemble de plus en plus à la cour suprême américaine.

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Nicolas Sarkozy ne sera pas resté longtemps à la retraite, il est bien décidé à occuper pleinement son nouveau job, membre de droit et à vie, du conseil constitutionnel, comme les autres anciens présidents Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing.

  Sauf que Jacques Chirac n’y vient plus depuis un an, pour  raison de santé, et que VGE ne s’y présente que très rarement.

 

Une fonction à l’origine honorifique.

 

D’ailleurs c’était un peu l’idée quand le général de Gaulle a fait inscrire cette disposition dans la constitution de 1958. Il fallait trouver un point de chute pour son prédécesseur, le président Coty, qui lui laissait la place sans avoir fini son septennat.  Mais dans l’esprit, c’était purement formel, le président Coty n’y a siégé qu’une fois. Le général de Gaulle n’y est jamais allé, après son départ de l’Elysée, pas plus que François Mitterrand. Quant à Giscard membre de droit dès 1981, il ne s’y est rendu que 20 ans plus tard, après s’être définitivement retiré de la politique. En fait le premier à avoir pris la disposition au pied de la lettre, c’est Jacques Chirac.

 

Une cour suprême à la française.

 

Le conseil constitutionnel, hormis les anciens chefs de l’Etat, est composé de 9 membres nommés par les présidents de la république, du Sénat, et de l’Assemblée Nationale. Il a pour fonction de juger de la constitutionalité des lois, ou de rendre un avis sur des textes ou des situations qui n’apparaissent pas claires. Hier au programme, il étudiait le statut des français musulman d’Algérie, et le droit au mariage de personnes sous curatelle.  C’est très technique et très juridique, mais le conseil a le pouvoir de retoquer une loi. Ainsi récemment il a abrogé la loi sur le harcèlement sexuel, jugé trop imprécise. Ainsi le conseil constitutionnel, comme la cour suprême américaine, peut servir de recours ultime.

 

Une arme pour la droite ?

 

Il suffit de 60 députés ou de 60 sénateurs pour saisir le conseil.  Une force dont dispose largement  l’UMP. Or tous les membres actuels du conseil ont été nommés par la droite, sous Chirac ou Sarkozy, même s’il comprend des personnalités de gauche comme Michel Charasse. Le prochain renouvellement n’aura lieu qu’en  2013.  Donc le PS n’a pas comme on le dit tous les pouvoirs… Déjà certains à droite rêvent d’utiliser le conseil, comme une chambre d’appel. Ainsi la mesure d’imposition des très hauts revenus à 75%, l’une des priorités de François Hollande, pourrait être rejetée par le conseil, pour peu qu’il y trouve la moindre faille juridique.

Sarkozy au conseil constitutionnel, c’est peu comme si en football, l’adversaire vaincu avait quitté le terrain, pour  jouer le rôle d’arbitre !  Un arbitre théoriquement impartial…

Théoriquement.

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Royal et Sarkozy dans le colimateur de la justice

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 juin 2012 10h28 | Un commentaire>

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy en ont fini avec les élections qui leur ont été défavorables, mais pas avec la justice. Le CSA français va statuer cet après midi sur le viol de l’embargo médiatique commis dimanche soir par Ségolène Royal. Quant à Nicolas Sarkozy, il est l’objet d’une plainte pour violation du secret de l’instruction dans ce qu’on appelle le « karachigate. »

 
Le 17 juin, 19h55
Le 17 juin, 19h55

  Vous l’avez peut  constaté dimanche soir, Ségolène Royal s’est exprimée 10 minutes avant 20 heures pour dénoncer ce qu’elle a appelé la trahison du dissident socialiste qui l’a privée d’un mandat de député. Toutes les chaînes de télévision ont repris son discours en direct, car à quelques minutes des résultats offciels la tension était forte et l’impatience irrépressible. Or tout cela est illégal, puisque le code électoral stipule qu’on ne doit pas divulguer de résultats avant la femerture de tous les bureaux de vote à 20h. Il y peu de chance que les télévisions soient condamnées par le CSA, en revanhce il est possible que l’institution leur envoie un rappel à l‘orde.

75 000 euros d’amende !

Quant à Ségolène Royal elle pourrait être directement poursuivie par la commission de contrôle de la campagne électorale ou plus simplement par un procureur de la République qui aurait constaté l’infraction. Or des procureurs il y en avait surement beaucoup devant la télévision dimanche soir. Ségolène Royal risquerait alors d’être condamnée à l’inéligibilité ou à une amende de 75 000 euros. Cette fameuse amende dont on menaçait les chaînes belges le mois dernier. Cela dit c’est très théroique, car dans sa circonscritpion les bureaux étaient fermés depuis 18h, et on voit mal comment son discurs prononcé à 19h55, aurait pu influencer le résultat national.

 

Campagne Balladur en 1995

La fin des privilèges.

Les choses sont plus sérieuses pour Nicolas Sarkozy, qui ne dispose plus de son immunité de président depuis vendredi minuit. Les ennuis n’ont pas tardé, puisque dés hier, deux familles de victimes françaises de l’attentat de Karachi, le 8 mai 2002, ont porté plainte contre lui pour violation du secret de l’intruction. L’Elysée avait en effet publié en spetembre un communqiué expliquant que le nom de Nicolas Sarkozy n’apparaissait pas dans le dossier, de ce qu’on a appelé le « karachigate ». Or comment l’aurait-il su sans avoir eu accès à ce dossier ?

La campagne Balladur.

  La justice enquête sur un lien éventuel entre la vente de sous marins français au Pakistan, et le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, à travers des commissions occultes. Campagne dont Nicolas Sarkozy était le porte parole. La justice pense qu’il y a peut être une connection avec l’attentat de Karachi,  commis contre des ingénieurs et des techniciens français ( 11 morts parmi eux), chargés de construire ces sous marins au Pakistan. Un groupe d’intermédiaire n’aurait pas apprécié de ne plus toucher les rétro-commissions, prévues dans le contrat occulte. Pour l’instant Nicolas Sarkozy ne s’est pas exprimé sur le sujet, et les familles plaignantes souhaitent qu’il soit entendu par la jusitce.

Vae victis !

Il y a une semaine encore, l’ex président de la République était protégé de toute poursuite…et Ségolène Royal rêvait du perchoir de l’Assemblée Nationale, qui lui aurait aussi conféré cette immunité. Aujourd’hui il ne sont plus que de simple justiciables, comme on dit : « plus dure sera la chute ! »  

 

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Bayrou, Royal quand les ténors mordent la poussière.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 juin 2012 06h36 | Comments Off on Bayrou, Royal quand les ténors mordent la poussière.

En 2007, s’ils s’étaient alliés tous les sondages leur prédisaient la victoire, l’Elysée pour elle, Matignon pour lui. A peine cinq ans plus tard ils quittent la scène nationale.

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C’est le côté impitoyable du scrutin majoritaire vous avez beau être une star vous pouvez être battu. La première est évidemment Ségolène Royal.  On dissertera encore longtemps sur les causes de sa défaite et le rôle du tweet assassin de Valérie Massoneau-Trierwieler la nouvelle Mme Hollande, en faveur de son adversaire. Elle a, elle-même, analysé sa défaite en parlant de trahison, son adversaire dissident socialiste ayant bénéficié du soutien de la droite. Autre figure de la gauche battue Jack Lang il s’était présenté sur sa terre natale dans les Vosges, mais où il n’a jamais eu d’implantation politique. Il perd de justesse face au député de droite sortant.

 

Le sarkozysme ne paie plus.

 

 A l’UMP de nombreuses têtes tombent dont deux figures sarkozyste, Nadine Morano en Lorraine et l’ancien ministre de l’intérieur Claude Guéant qui se présentait pourtant dans le fief de l’ancien président, les «  Hauts de Seine », la banlieue chic de Paris. Un figure chiraquienne mord également la poussière MAM, Michèle Alliot Marie, ancienne ministre de l’intérieur, de la défense et des Affaires étrangères, elle est emportée par la vague rose.

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Bayrou, éternel incompris.

 

Enfin François Bayrou perd son siège de Pau en recueillant à peine 30% des voix, ses électeurs de centre droit n’ont pas compris son soutien apporté à François Hollande au second tour de la Présidentielle, soutient totalement gratuit, car c’est une socialiste qui lui a ravi son siège. Il a déjà annoncé qu’il va prendre du recul, mais il reste persuadé de tenir le discours le plus raisonnable de la politique française. La preuve que la politique est souvent plus affaire de passion que de raison.  

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Législatives : victoire annoncée pour le PS

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 juin 2012 06h57 | Comments Off on Législatives : victoire annoncée pour le PS

En France fin de la campagne électorale, des législatives, ce soir à minuit. Selon une projection de l’IFOP, le PS et ses alliés disposeraient de la majorité absolue à l’Assemblée nationale. En revanche d’après d’autres sondages Ségolène Royal serait sévèrement battue à la Rochelle.

Pour François Hollande les choses sérieuses commencent.

Pour François Hollande les choses sérieuses commencent.

 

Le PS et ses alliés immédiats les radicaux de gauche, recueilleraient à l’Assemblée nationale entre 297 et 332 sièges, alors que la majorité absolue est de 289 sièges. Il n’aurait donc pas besoin pour constituer une majorité, des Verts qui obtiendrait entre 13 et 20 sièges et du Front de Gauche de Jean Luc Mélenchon qui n’en décrocherait qu’entre 8 et 10 .

Bayrou et Royal en danger.

A droite, l’UMP et ses alliés remporteraient de 210 à 277 sièges. Le Front National pourrait faire son retour à l’Assemblée, en obtenant 3 députés. Le Modem de Bayrou en aurait entre 1 et 2. En revanche François Bayrou en personne, n’aurait pratiquent aucune chance de l’emporter dans sa circonscription.

Comme le temps passe…. on est bien loin, du podium de l’élection présidentielle de 2007, il y a 5 ans à peine.

1 Sarkozy, 2 Royal, 3 Bayrou.

Nicolas Sarkozy à quitté la scène, Bayrou a très peu de chance d’être élu à l’Assemblée, enfin Ségolène Royal, est donnée battue 55% contre 45%.

 

La faute à Valérie ?

 

Alors j’entends déjà la question : « C’est  la faute à Valérie ? » Pas forcement, car 69% des français considèrent qu’elle a eu tort d’envoyer son tweet de soutien à l’adversaire de Ségolène Royal.  La difficulté pour Ségolène Royal c’est que son adversaire a reçu l’appuie la droite, et qu’il capitalise sa propre implantation locale, avec ce soutien venu de l’UMP. Le PS est furieux, sa cheffe  Martine Aubry martèle qu’Olivier Falorni, le socialiste dissident,  n’est finalement qu’un candidat de droite et qu’il ne siègerait pas avec les socialistes à l’Assemblée Nationale si jamais il était élu.

 

Et après ?

 

Le débat est désormais ouvert en France sur l’élaboration d‘un vrai statut pour la première dame, mais il y a du pour et du contre. Et d’ailleurs c’est quoi une première dame ? Par exemple Valérie Massonneau non seulement n’est pas mariée avec François Hollande mais de surcroit n’a pas encore divorcé de son mari monsieur Trierwieler ! Je pense donc qu’on attendra un peu pour se pencher sur cette question cruciale, d’autant que la France et l’Europe sont face à des problèmes beaucoup plus importants.

Pour François Hollande, après un mois plutôt sympa, une fois sa majorité constituée, les choses sérieuses, très sérieuses… vont maintenant commencer.  

fcr

Tout sur la vie des présidents, avant, pendant et après l’Elysée, dans “La France choisit son roi” de Christophe Giltay, aux éditions “La Renaissance du livre.” En vente en librairie et sur la plupart des librairies en ligne ( FNAC, Amazon, decitre, rueducommerce, etc…) et sur le site de l’éditeur.