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UMP : Fillon – Copé, le combat des chefs

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 mai 2012 19h54 | Un commentaire>

 L’UMP, le principal parti de droite en France, successeur à la fois du courant Gaulliste et de la tradition libérale, est orphelin de Nicolas Sarkozy. Président de la République il était resté dans l’esprit de ses militants « président » de son parti. A tel point que le chef actuel Jean François Copé ne porte que le titre du secrétaire général. Un président sera désigné à l’automne, et alors que la bataille de législatives n’est pas encore jouée, les héritiers de Nicolas Sarkozy se déchirent déjà les derniers oripeaux de son  pouvoir.

 

Fillon-Copé, les héritiers.

Fillon-Copé, les héritiers.

 

A l’origine pour mener la bataille des légialtives, les « barons »  du sarkozysme avaient convenu d’un gouvernement collégial regroupant les principale figures du mouvement :

Les ancien Premier ministres et conseillers politiques de l’UMP, Alain Juppé et François Fillon, le président du groupe UMP de l’Assemblée Christian Jacob, le président de l’Assemblée Bernard Accoyer, l’ancien Premier ministre et 1er vice-président du conseil national de l’UMP Jean-Pierre Raffarin, et enfin Jean-François Copé l’actuel chef du parti. Mais cette belle collégialité a volé en éclat, à la fois sous la volonté de Copé de garder le leadership, puis sous les coups de François Fillon qui a déclaré qu’il n’y avait « plus de leader naturel » à l’UMP « depuis le départ de Nicolas Sarkozy » .

Les législatives sacrifiées ?

  Depuis les noms d’oiseaux ont volé, et la rencontre samedi à Paris, des cadres de l’UMP, s’est déroulée dans un climat tendu, même si Alain Juppé a tenté d’apaiser les querelles. Dés jeudi il avait appelé le parti à la raison : « Nous sommes engagés dans une bataille législative qui peut nous conduire à la victoire, la condition de cette victoire c’est bien sûr d’être rassemblés »« La priorité des priorités c’est l’unité. »

Une intervention qui n’est pas tout à fait dénuée d’ambitions personnelles Alain Juppé, lui-même ancien chef du mouvement, pourrait se poser en recours. L’ancien premier ministre dont Jacques Chirac disait autrefois «  il est le meilleur d’entre nous » n’a peut être pas définitivement cédé à «  la tentation de Venise. » ( Ou du moins de Bordeaux).

Un navire sans capitaine ?

Voilà donc le tableau d’un parti à la dérive privé de son pilote. Il n’est pas sans rappeler le PS de 2002 . Après l’échec de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle, les « éléphants » socialistes avaient, au nom de la démocratie, appelé à voter Jacques Chirac au second tour, et avaient ensuite mené péniblement une campagne de législatives, qui avait parachevé leur défaites.

 Pourtant ils sortaient de 5 ans de pouvoir et leur bilan était globalement positif. Mais la logique de la Vème République est implacable, privé de son chef, ( ou du moins d’un chef) un camp n’a aucune chance de remporter une élection nationale. Ce fut en 2011,  le coup de génie de socialistes avec les primaires, seul moyen pour départager des personnalités dont aucune n’avait pris définitivement l’ascendant sur les autres, comme l’avait fait François Mitterrand en son temps.

Déjà l’UMP envisage pour l’élection présidentielle de 2017, un recours aux primaires, mais en attendant, qui pour la présidence… du parti !

 

 Les derniers sondages sur les législatives donnent l’UMP au coude à coude avec le PS, ainsi selon une étude d‘OpinionWay pour Le Figaro et LCI publiée vendredi, le PS recueille 32% d’intentions de vote, Europe-Ecologie-Les Verts 4%, le Front de gauche 8%, l’extrême gauche 1%. L’UMP et ses alliés sont crédités de 31% des intentions de vote, et le Front national de 16%. Tout sera affaire de reports au second tour, et notamment des voix du FN, il suffirait cependant de peu de choses pour que le sort bascule. Une campagne cohérente, un chef identifié, un coup de sarkostalgie, quelques gaffes du nouveau pouvoir…

Mais les tentations sont trop forte !

Quand l‘empereur est vaincu les généraux se partagent les reliques de l’empire. Il en est ainsi de puis Alexandre le grand. Et tant pis si, à la faveur de ces querelles,  une autre dynastie s’empare définitivement du trône.

La logique de la Vème.

Il n’est pas exclu que l’ADN gaulliste de l’UMP, ne pousse intuitivement ses leaders à accepter une défaite aux législatives afin de laisser les institutions suivre leur cours normal. Même si elle est constitutionnellement légale, la cohabitation reste une monstruosité pour l’esprit de la constitution. La réforme qui a fait coïncider la présidentielle et les législatives avait pour but évident de limiter au maximum le risque de cohabitation. Même si les candidats de l’UMP proclament à destination de leurs électeurs, qu’une victoire de leur parti serait le « seul » moyen de sauver la France, il s’agit de propos électoralistes qu’ils balaieraient d’une main outrée si jamais la situation politique était inversée. Et l’on verrait alors, Copé, Raffarin et les autre rappeler, que la clé de voute de institutions c’est bien l’Elysée et qu’il faut donner une majorité au président pour que la constitution fonctionne normalement.

Une défaite salutaire ?

C’est pourquoi je pense qu’une défaite aux législatives, pour peu qu’elle ne soit pas débâcle, ne déstabiliserait pas l’UMP outre mesure. Les grands féodaux auraient alors 5 ans pour préparer l’échéance de 2017. On verrait alors s’affronter trois tendances, Copé l’héritier su sarkozysme, contre Fillon issu du gaullisme social dans la veine de Philipe Seguin, débat arbitré par Alain Juppé dernier avatar du chiraquisme. Et qui sait ? Peut être que d’autres encore s’en mêleraient… Villepin ? Et pourquoi pas une femme, Bachelot ? MAM ? NKM ?  

Et si par aventure, l’exilé de Marrakech se remettait à y penser… parfois… en se rasant ?

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 “La France choisit son roi” par Christophe Giltay aux éditions: ” la Renaissance du livre.” En vente en librairie et sur la plupart des librairies en ligne ( FNAC, Amazon, rueducommerce, decitre etc…) ainsi que sur le site de l’éditeur.

 

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1 réaction à “UMP : Fillon – Copé, le combat des chefs”

  1. hors de question de diviser… les « ETATS d’AME »… bon pour des rêveurs…malgré toutes nos « préférences » très personnelles mais non politiques…
    Confert: le Prince de Machiavel:
    « diviser, c’est régner… »… un livre de chevet… ou un livre scolaire à connaître par coeur!!!

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