Sarkozy à la tv : pédagogue et presque candidat

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 octobre 2011 01h24 | Un commentaire>

Nicolas Sarkozy s’est exprimé pendant 1h15 hier soir simultanément sur France 2 et TF1. Une explication qui se voulait pédagogique et consacrée exclusivement à la crise de la dette en Europe, mais le Président a pris par moment les accents combatifs du candidat qu’il sera peut être.

sarko-tv

L’Euro est sauvé et c’est grâce à …Nicolas Sarkozy ! C’est le message qu’il fallait retenir hier soir : l’Europe a eu la chance d’avoir les couples De Gaulle Adenauer, Giscard Schmidt, Mitterrand Kohl et maintenant c’est Sarkozy Merckel ! Je vous passe les détails de l’accord sur la remise partielle des dettes de la Grèce, expliqué par ailleurs. On reviendra néanmoins sur l’aveu d’une croissance française revue à la baisse qui ne dépassera pas 1%, avec l’obligation de trouver 6 à 8 milliards pour boucler le budget.

 

Le bouclier

 

Mais Nicolas Sarkozy se refuse à parler de rigueur, car la rigueur dit-il ce serait « baisser les retraites et les salaires. » Un discours assez terrible, alors que les français rêvent d’augmenter leur pouvoir d’achat, il leur dit soyez bien content d’avoir ce que vous avez et si je n’étais pas là vous auriez encore moins ! C’est la fameuse théorie du bouclier, on agite l’épouvantail et puis on lance : « ayez confiance je vous protège ! »

 

Le socialiste laxiste

 

Ce discours sévère a pour objet de contrecarrer le programme socialiste. Pendant l’émission, le Président a glissé progressivement de l’explication financière à la polémique politicienne. Ainsi concernant les conquêtes sociales de la gauche : je cite : «Quand, en 1983, on passait l’âge de la retraite de 65 à 60 ans, les Allemands faisaient l’inverse.» Tout comme en 2001, quand «les 35 heures ont ruiné la productivité du pays». Les 35 heures, insiste-t-il, «une folie et une catastrophe sociale et économique». Ca c’est pour le passé, quand au programme de François Hollande qui promet de créer 60 000 postes dans l’Education nationale : «Quand j’entends ça, je me demande : « Mais où va-t-on trouver l’argent ? » Sans demander de réforme, pour faire plaisir aux syndicats !»

 

Le Président préside, le candidat « candite »

L’idée est de montrer qu’il est lui, à la barre qu’il sauve la France et l’Europe pendant que les autres s’amusent dans le bac à sable électoral. D’ailleurs quand on lui demande s’il sera candidat, il renvoie la question à plus tard.  «  Le débat sur ma candidature sera tranché fin janvier-début février»,  «J’ai fait mon choix, celui d’être Président de la République jusqu’à la dernière minute et de faire mon devoir.»  

C’est tout le charme de la politique française, on a vu un hier soir un Président de la République tenir des propos de candidats sans l’être, alors que quand ils s‘exprime en public le candidat François Hollande se donne parfois un ton de Président, alors qu’il ne l’est pas encore…

 

 

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1 réaction à “Sarkozy à la tv : pédagogue et presque candidat”

  1. 1paduwat henri le 28 octobre 2011 à 05:15

    giltay ne peut pas cacher son anti sarko comme tous les journalistes d’ailleurs car il vous montre tous les jours qu’il les a bien placées lui… vous ne posez jamais les bonnes questions.

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