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Archives du octobre, 2011

François Hollande refuse les gardes du corps de l’Etat

Par Christophe Giltay dans Divers , le 31 octobre 2011 00h39 | 2 commentaires

Petit scandale dans les coulisses de la campagne présidentielle en France, le candidat socialiste François Hollande a refusé pour l’instant, les gardes du corps que la police nationale lui a proposé. Il ne leur fait pas confiance

SPHP:" les hommes à l'oreillette."

SPHP:" les hommes à l'oreillette."

 

 

Pendant la campagne présidentielle, tous les candidats confirmés, bénéficient d’une protection de ce qu’on appelle le SPHP, le service de protection des hautes personnalités.

 Dés sa désignation par le PS, la direction de la police nationale a donc proposé à François Hollande une liste de 15 fonctionnaires pour travailler à ses côtés. Mais le candidat socialiste a refusé pour le moment. Le coordinateur de sa campagne, Pierre Moscovici, a expliqué qu’il s’agissait certes de protéger la sécurité du candidat, « mais aussi la confidentialité de son action, de sa parole, de sa campagne. Ce n’est pas de la suspicion, mais une saine prudence ».

 

Une police dans la tourmente

 

Surprise du côté de la police, le chef du SPHP s’est dit choqué par cette attitude, qui selon lui met en cause le professionnalisme de ses hommes. Mais voilà, en ce moment il y a beaucoup d’affaires qui secouent la police française, le N° 2 de la PJ de Lyon incarcéré pour trafic de drogue, le chef de la Sûreté départementale du Nord, soupçonné de proxénétisme, dans le scandale du Carlton de Lille… Et puis surtout le chef du renseignement intérieur mis en examen pour avoir fait espionner le listing téléphonique d’un journaliste du Monde.

 En aparté l’entourage  de François Hollande fait remarquer que les policiers proposés pour le protéger, étaient pour la plupart proches de syndicats marqués à droite, et que donc il y avait un risque de fuite sur les programmes ou la stratégie.

 

Ségolène Royal avait, elle, accepté la protection du SPHP.

Ségolène Royal avait, elle, accepté la protection du SPHP.

 

 

Policiers…à ma guise !

 

Cette polémique n’est pas vraiment une première,  je me souviens qu’à la présidentielle de 1995, le candidat communiste, Robert Hue était protégé par des policiers, mais affiliés au syndicat CGT, très proche de son parti. C’est un peu comme si en Belgique les gardes du corps de Charles Michel était membres du syndicat libéral et ceux d’Elio Di Rupo de la FGTB. Sauf qu’en Belgique on utilise beaucoup moins les gardes du corps qu’en France.

   Cette histoire rappelle également la relation suspicieuse que François Mitterrand entretenait avec la police, à tel point qu’il avait fait assurer sa protection par les gendarmes, souvenez-vous de la fameuse cellule des gendarmes de l’Elysée qui avaient mis le tout Paris sur écoute. Mais François Mitterrand avait une fille et une vie cachées, ce qui n’est pas le cas du candidat Hollande. Tôt ou tard quand il y aura de vrais problèmes de sécurité, François Hollande finira par accepter quelques policiers proches du PS, mais cette péripétie montre bien que l’ambiance est lourde, et que la campagne sera sans pitié.

 

Sarkozy à la tv : pédagogue et presque candidat

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 octobre 2011 01h24 | Un commentaire>

Nicolas Sarkozy s’est exprimé pendant 1h15 hier soir simultanément sur France 2 et TF1. Une explication qui se voulait pédagogique et consacrée exclusivement à la crise de la dette en Europe, mais le Président a pris par moment les accents combatifs du candidat qu’il sera peut être.

sarko-tv

L’Euro est sauvé et c’est grâce à …Nicolas Sarkozy ! C’est le message qu’il fallait retenir hier soir : l’Europe a eu la chance d’avoir les couples De Gaulle Adenauer, Giscard Schmidt, Mitterrand Kohl et maintenant c’est Sarkozy Merckel ! Je vous passe les détails de l’accord sur la remise partielle des dettes de la Grèce, expliqué par ailleurs. On reviendra néanmoins sur l’aveu d’une croissance française revue à la baisse qui ne dépassera pas 1%, avec l’obligation de trouver 6 à 8 milliards pour boucler le budget.

 

Le bouclier

 

Mais Nicolas Sarkozy se refuse à parler de rigueur, car la rigueur dit-il ce serait « baisser les retraites et les salaires. » Un discours assez terrible, alors que les français rêvent d’augmenter leur pouvoir d’achat, il leur dit soyez bien content d’avoir ce que vous avez et si je n’étais pas là vous auriez encore moins ! C’est la fameuse théorie du bouclier, on agite l’épouvantail et puis on lance : « ayez confiance je vous protège ! »

 

Le socialiste laxiste

 

Ce discours sévère a pour objet de contrecarrer le programme socialiste. Pendant l’émission, le Président a glissé progressivement de l’explication financière à la polémique politicienne. Ainsi concernant les conquêtes sociales de la gauche : je cite : «Quand, en 1983, on passait l’âge de la retraite de 65 à 60 ans, les Allemands faisaient l’inverse.» Tout comme en 2001, quand «les 35 heures ont ruiné la productivité du pays». Les 35 heures, insiste-t-il, «une folie et une catastrophe sociale et économique». Ca c’est pour le passé, quand au programme de François Hollande qui promet de créer 60 000 postes dans l’Education nationale : «Quand j’entends ça, je me demande : « Mais où va-t-on trouver l’argent ? » Sans demander de réforme, pour faire plaisir aux syndicats !»

 

Le Président préside, le candidat « candite »

L’idée est de montrer qu’il est lui, à la barre qu’il sauve la France et l’Europe pendant que les autres s’amusent dans le bac à sable électoral. D’ailleurs quand on lui demande s’il sera candidat, il renvoie la question à plus tard.  «  Le débat sur ma candidature sera tranché fin janvier-début février»,  «J’ai fait mon choix, celui d’être Président de la République jusqu’à la dernière minute et de faire mon devoir.»  

C’est tout le charme de la politique française, on a vu un hier soir un Président de la République tenir des propos de candidats sans l’être, alors que quand ils s‘exprime en public le candidat François Hollande se donne parfois un ton de Président, alors qu’il ne l’est pas encore…

 

 

L’OTAN voulait la mort de Kadhafi

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 octobre 2011 02h32 | 10 commentaires

 

L’Otan et plus particulièrement les Etat Unis et la France auraient joué un rôle crucial dans la capture et la mort du colonel Kadhafi. D’après le Canard Enchaîné son décès arrange les puissances occidentales, l’ex guide Libyen aurait pu faire des révélations gênantes lors d’un éventuel procès.

 

khadafi

 

« Laisser ce type en vie le transformerait en  véritable bombe atomique », voilà, d’après le journal satirique, généralement bien informé, ce qu’aurait dit  le 19 octobre au téléphone, un colonel du Pentagone à l’un de ses homologues des services secrets français. Les américains grâce à leurs drones avaient déjà localisé Kadhafi depuis plusieurs jours dans un quartier de Syrte, ce qui explique la violence et l’acharnement des combats dans cette ville. D’après le Canard une cinquantaine d’hommes des forces spéciales françaises aurait été présente à Syrte pour retrouver le dictateur. Les ordres étaient de le livrer à « Renard ». « Renard » le nom de code d’une unité du CNT chargée de capturer Kadhafi.

 

Une embuscade

 

La suite on la connait du moins partiellement, le convoi qui cherche à exfiltrer le leader libyen, le drone américain puis le mirage français qui bombardent la colonne. 21 véhicules sont détruits mais Kadhafi n’est que blessé, il cherche à prendre la fuite à pied et c’est là qu’il est arrêté par le CNT. Mais le Canard révèle autre chose : des agents français auraient été sur place à quelques dizaines de mètres de la scène que l’un d’entre eux raconte dans le journal : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule scande Allah Akbar à plein poumons, le menace de ses armes et se met à le tabasser pendant que d’autres combattants qui peinent à prendre le dessus, crient de le maintenir en vie ». Puis Kadhafi est exécuté sommairement.

 

Un guide qui en savait trop

 

Le Canard explique que l’OTAN avait intérêt à l’élimination physique de l’ex guide, qui aurait pu lors d’un procès faire des révélations sur l’aide qu’il avait autrefois apportée à la CIA, ou sur ses interventions au profit de la France dans plusieurs pays africains .

D’autres sources, affirment ce matin qu’il y aurait eu à Syrte des centaines de miliaires du Qatar qui ont aidé le CNT à prendre la ville. Bref la résolution de l’ONU a été non seulement outrepassée mais carrément violée. On peut parier que la prochaine fois que l’OTAN voudra intervenir quelque part au nom de l’ONU, la Chine et la Russie opposeront leur veto.

 

Un avenir incertain

 

Pour la Libye tout le monde sait que rien n’est réglé, l’annonce de l’application de la charia n’étant qu’une des surprises que nous apportera peu à peu cette étrange révolution. Quant à Kadhafi, il aurait peut être dit beaucoup de choses… Mais au fond qui l’aurait cru ? 

Sarkozy à la télévision jeudi

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 octobre 2011 00h11 | Commentaires fermés

Nicolas Sarkozy est invité sur France 2 et TF1 jeudi soir pour une émission spéciale consacrée à la crise de la dette dans la zone euro. C’est la première fois depuis février que le président s’exprimera en direct à la télévision.

sarkozy

Cette émission diffusée sur les deux chaînes sera animée par Yves Calvi ( France TV) et Jean Pierre Pernaut (TF1). Elle devrait être vraisemblablement mise en œuvre, par une société privée qui produit habituellement le débat « C dans l’air »  diffusée chaque jour sur France 5.  Présenté par Yves Calvi « C dans l’air »  est un programme à vocation pédagogique où l’on creuse les sujets assez profondément, le fait de s’en inspirer pour l’entretien du président signifie qu’il a l’intention d’aborder les problèmes de manière complète et didactique. Au lendemain du sommet de Bruxelles, le Président parlera du sauvetage de l’euro qui aura, du moins on l’espère, été mis sur les rails d’ici là.

Le monde de Giulia

D’autres sujets sont incontournables, difficile d’échapper à la question sur la petite Giulia. Il y répondra selon toute vraisemblance assez brièvement puisque le couple présidentiel a décidé de ne pas communiquer, autour de cette enfant. Mais au-delà des questions sur sa santé, ou sur la couleur de la layette, les journalistes pourraient l’interroger sur l’avenir de ce bébé : «  quel monde préparez vous à Giulia pour ses 20 ans » ? On attend la réponse avec impatience.  

L’adversaire Hollande

Même si le Président souhaite rester sur le terrain international, il serait étonnant qu’il n’aborde pas des thèmes purement politiciens, quelques jours après la victoire de François Hollande aux primaires socialistes. Le Président a demandé à ses troupes de décrédibiliser le programme économique du candidat socialiste, on peut donc s’attendra à ce qu’il essaye d’apparaitre comme un gestionnaire sérieux, face à celui qui a promis de « ré enchanter le rêve français ». Je l’entends déjà dire quelque chose comme, «  il y a ceux qui rêvent et il y a ceux qui travaillent, le temps n’est pas aux rêves mais aux dures réalités etc… ». Nicolas Sarkozy va tenter de se construire une image de protecteur, de bouclier contre la crise, tout en démontrant que François Hollande est incapable de remplir ce rôle.

Le coeur et la raison

Ce n’est pas gagné, selon l’étude de l’institut LH2, dévoilée dimanche, si la présidentielle avait lieu ces jours ci, le socialiste l’emporterait avec 60 % au second tour, Nicolas Sarkozy ne recueillant au final que 40% des voix.

En revanche la crise joue pour lui, il peut faire état d’une expérience dont François Hollande ne dispose pas. On verra…Vous connaissez la célèbre pensée de Pascal, « le cœur a ses raisons que la raison ne connait point… » Je ne suis pas sûr que face à la crise qui leur plombe le moral, les français ne préféreront pas le cœur à la raison.

Rachida Dati en guerre pour Paris

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 octobre 2011 01h17 | Commentaires fermés

Atmosphère de fin de règne à Paris. Rachida Dati l’ancienne égérie du Sarkozysme a déclaré la guerre au premier ministre français François Fillon. Ils se disputent la même circonscription électorale, car les places seront chères en cas de défaite de Nicolas Sarkozy .

 dati

 

C’est un peu comme la chute de Constantinople en 1453, les exarques se disputaient les apanages, alors que les Turcs assiégeaient déjà la ville.

Il y a quelques jours le premier ministre François Fillon annonçait qu’il allait quitter sa région natale la Sarthe pour briguer un poste de député à Paris, avec à terme la possibilité d’une candidature à la mairie. Il envisage de se présenter dans le 7ème arrondissement sur une circonscription détenue pour l’instant par l’ancien maire de Paris, Jean Tiberi qui ne représenterait pas. Le problème c’est que Rachida Dati, maire du 7ème 

 

 

 arrondissement veut elle aussi succéder à Jean Tiberi. Elle est donc montée au créneau lors d’une interview dimanche soir sur Radio France pour dénoncer la candidature du premier ministre. Elle n’a pas seulement critiqué son «parachutage», elle l’a aussi  accusé d’avoir fait recruter au ministère des Finances, «contre l’avis du ministère», le fils de Jean Tiberi, pour se ménager l’appui du père.

 

Retour sur 2007

 

Dans sa bataille l’ancienne ministre de la justice fait feu de tout bois, elle rappelle son engagement aux côté de Nicolas Sarkozy en 2007, comme symbole de la diversité. Sous entendu : c’est aussi grâce à moi qu’il a gagné et je suis prête à me réengager pour lui, à condition qu’il me soutienne contre Fillon.  Au final elle a peu de chance de l’emporter, elle est déjà députée européenne et maire d’un de arrondissements les plus riches de Paris, alors que le premier ministre représente un réel espoir pour la droite de reconquérir un jour la capitale, actuellement gérée par un socialiste Bertrand Delanoë.

 

Sauve qui peut

 

Tout cela est symptomatique d’une ambiance de fin de règne, plutôt délétère. On a l’impression qu’une partie de la droite a déjà intégré la défaite et que ses barons commencent à chercher des points de chute. D’après plusieurs sondages, les législatives qui suivront d’un mois la présidentielle, vont être très difficiles pour le parti au pouvoir, le « Monde » publiait récemment une étude démontrant que même si Nicolas Sarkozy remportait la présidentielle, l’UMP pourrait être  battue aux législatives. Les circonscriptions sûres comme celle du 7ème arrondissement sont donc à la fois rares et convoitées.

Cette bataille ne doit pas plaire, au Président de la République, mais pour l’instant il ne s’en mêle pas trop occupé à sauver l’euro.

 

La charrue avant les bœufs 

 

 Juste pour le consoler, à gauche aussi on met la charrue avant les bœufs. Ségolène Royal a fait savoir son intérêt pour la présidence de l’Assemblée Nationale, elle pense qu’elle pourrait être très utile à ce poste.

 Il faudrait peut être rappeler aux uns et aux autres que les élections présidentielles et législatives n’auront lieu que dans plusieurs mois… et qu’elles réservent en général bien des surprises…

Décès de Jean Amadou, humoriste et grosse tête

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 octobre 2011 01h41 | Commentaires fermés

L’humoriste Jean Amadou est mort hier à l’âge de 82 ans. Il a fait rire le public pendant plus de 50 ans, au cabaret mais aussi à la radio où il était l’un des invités réguliers des grosses têtes. Pourtant dans sa jeunesse il rêvait de jouer la tragédie.

amadou

 Il n’aimait pas qu’on le qualifie de chansonnier il préférait qu’on le dise saltimbanque. Amateurs de calembours et de bons mots, avec un humour parfois grinçant, mais toujours accompagné d’une  centaine finesse. Amadou c’était l’humour d’avant Coluche, qui présupposait que les spectateurs aiment deviner une chute parfois sophistiquée : exemple : « il y encore beaucoup d’irréductibles qui pensent  en France que le Rhin est une frontière alors que ce n’est qu’un  fleuve. »  Quand on sait que la France et l’Allemagne se sont fait trois guerres pour cette frontière, la phrase prend tout son sens. Car Jean Amadou était une vraie grosse tête,  un homme de culture, féru d’histoire et de politique, ce qui lui a permis d’ailleurs d’asticoter les politiques pendant près de 50 ans… : La devise des mousquetaires était: «Un pour tous, tous pour un…». Celle des politiques, est: «Un pour tous et tous pour moi…», ce qui n’est pas tout à fait la même chose

Un tragédien manqué.

Né en 1929 à dans le Jura  il rêvait de devenir tragédien, de jouer Racine et Corneille.  Malheureusement au début des années 50, il échoue  au concours du conservatoire, et pour vivre enchaîne le petits boulots de comédien, doublages,  seconds rôles dans des pièces de boulevard etc… Peu à peu son humour est remarqué et il devient donc chansonnier en 1958. On le vit à Bobino, au Don Camillo… début 2011 il se produisait encore aux « deux ânes », où il réalisait un tour d’horizon politique en compagnie de son complice Jacques Mailhot.

Grosse tête et bêbête

Il fut aussi un homme des ondes sur les trois principales radios françaises, France Inter, Europe 1, et bien sur RTL, dont il était « grosse tête » depuis plus de 10 ans. Il fut aussi en 1983 l’un des créateurs du mythique « bête show »  avec Stéphane Collaro et Jean Roucas, première émission de marionnettes politiques. C’est Amadou qui avait donné le ton des dialogues souvent empreints de jeux de mots. Comme aurait dit la marionnette de François Mitterrand, Kermitterrant surnommé Dieu :  «  Amadou est mort ! Nom de moi-même ! ».

Un humour d’un autre temps.

Il faut le reconnaitre ce type d’humour très années 50-60,  avait vieilli mais il acceptait la critique et disait avec décontraction : Il y a, dans le courrier que je reçois chaque semaine, des lettres critiques, et fort heureusement, car plaire à tout le monde ce n’est plaire à personne. Il faut bien que certains vous détestent pour jouir pleinement de ceux qui vous aiment.

Ainsi s’en vont les saltimbanques laissant quelques souvenirs et quelques sourires à ceux qu’ils ont  réjouit … et même parfois une pensée profonde, en témoigne cette réflexion sur l’amour quand on n’a plus 20 ans :

Comme les vendanges, les amours tardives sont les plus délicieuses.

 

  • Les citation sont extraites du : Journal d’un Bouffon (Éditions Robert Laffont – 2002).

Mort de Kadhafi, arrêté par un Mirage

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 octobre 2011 02h35 | 11 commentaires

 

La France se félicite de la « libération » totale de la Libye, elle affirme qu’elle a joué un rôle dans la neutralisation du colonel, en interceptant son convoi. Mais les images de sa mort violente provoquent un malaise à Paris, où l’on souhaitait officiellement que le dictateur soit jugé.

Le Colonel Kadhafi à l'Elysée avec Georges Pompidou, à l'époque où il achetait des "Mirages" à la France.

Le Colonel Kadhafi à l'Elysée avec Georges Pompidou, à l'époque où il achetait des "Mirages" à la France.

 

« Ces images soulèvent le cœur », même Bernard Henri Levy, qui fut en pointe dans le combat contre Kadhafi, l’a reconnu dans le JT de France 2, la vision de ce corps ensanglanté est difficilement soutenable. Les images sont sans appel il a été capturé blessé, mais vivant, puis lynché, et ce n’est qu’après que des infirmiers ont récupéré son corps, le visage tuméfié à force de coups. La comparaison avec les cadavres de Mussolini, de sa maîtresse et de ses compagnons, pendus par les pieds sur la place Loreto à Milan vient presque immédiatement à l’esprit. La mort des dictateurs n’est jamais belle, certains diront qu’ils l’ont bien mérité.

 

Un bombardement de l’OTAN.

 

 Quel fut le rôle de la France dans le dernier acte de la tragédie Kadhafi ? D’après le ministre français de la défense, le convoi du colonel qui cherchait à quitter Syrte a été arrêté par des tirs de l’OTAN, dont ceux d’un avion français, un Mirage 2000, un drone américain aurait également ouvert le feu sur ce convoi. C’est ensuite que des combattants au sol ont pris le relais et achevé la tâche. Coté libyen on affirme que Kadhafi a été débusqué dans un collecteur où il avait trouvé refuge, et qu’il serait mort les armes à la main.

 

Une justice un peu trop expéditive.

 

 Le résultat est là, il est mort, il ne sera pas jugé, et la révolution libyenne, comme bien d’autres révolutions se baptise dans le sang. C’est la loi de l’histoire, ce sang scelle l’union des combattants et rend le processus irréversible. Evidemment on est loin de l’angélisme des premiers moments du printemps arabe, de ces « merveilleux peuples libérés par eux-mêmes pour marcher joyeusement vers la démocratie ».

  Plusieurs responsables français, Alain Juppé, le ministre des affaires étrangères, Gérard Longuet le ministre de la défense, se sont dits fiers du rôle joué par la France. Qu’ils se félicitent d’avoir mené la mission de l’OTAN à bien, soit ! Mais de là à être fiers…Le mot est peut être mal choisi. A partir du moment où l’OTAN avait décidé d’intervenir dans ce pays au nom des valeurs universelles portées par l’occident, il eût été souhaitable que cela se terminât selon nos valeurs. J’imaginais plutôt Kadhafi capturé par un commando français ou anglais et déféré devant une juridiction internationale. Kadhafi, dans un costume modeste, dépouillé de sa superbe devant un tribunal, comme un justiciable ordinaire. Mais voilà le scénario était peut être trop naïf et puis le voulait-on vraiment ce procès ? Combien de chefs d’Etat occidentaux ont reçu le colonel dans l’espoir de lui vendre des armes ? Il était encore à Paris en 2007.

 

Des images historiques.

 

On entendra dans ces prochains jours bien des explications pour minimiser les conséquences genre : « Kadhafi est mort comme il avait vécu, il a choisi son destin, il avait dit qu’il mourrait au combat que cela lui soit rendu etc…» sauf que les images continueront à tourner sur internet.  Et que c’est ainsi que les années passant, on transforme les dictateurs en martyr.

  

 

 

 

Carla Bruni a accouché, il est né le divin enfant !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 octobre 2011 01h09 | Un commentaire>

 

Carla Bruni a donc accouché dans la soirée d’une petite fille. C’est la première fois dans l’histoire de France qu’un Président devient papa dans l’exercice de ses fonctions. Pour autant, Nicolas Sarkozy va-t-il utiliser cet enfant pour redorer son image ?  Rien n’est sûr, ni dans un sens, ni dans l’autre.

 

Officiellement le couple présidentiel ne communiquera pas autour de cette petite fille. On peut quand même s’attendre à connaitre le minimum : son prénom, son poids à la naissance et profiter d’un commentaire du genre la mère et l’enfant se portent bien. Maintenant en dépit du caractère monarchique de la Vème République, ne vous attendez pas à un déferlement de photographes dans la chambre du bébé, ni à une présentation officielle dans les jardins de l’Elysée avec un berceau couvert de dentelles. La dernière femme politique à avoir joué à ça, avec la télé en direct à la maternité, c’est Ségolène Royal il y presque 20 ans et ça ne lui a pas porté bonheur. On se souvient aussi de Rachida Dati qui a accouché presque clandestinement, et repris presque aussitôt ses fonctions de ministre…tiens au fait ! On ne sait toujours pas qui est le père…

Carla Bruni enceinte au sommet du G8 à Deauville.

Carla Bruni enceinte au sommet du G8 à Deauville.

 

 Paparazzi au boulot !

 

 Faites confiance aux paparazzi pour faire leur boulot, vous vous souvenez peut être à quel point ils avaient traqué le petit fils de Jacques Chirac, jusqu’à cette photo extraordinaire du président en short et en chaussettes, poussant le landau sur les remparts de Brégançon.

Donc il y aura surement tôt ou tard des clichés volés, avec sans l’assentiment du couple présidentiel…Ce sera dur à décrocher, et ça vaudra son pesant d’or.

 

Il y a indubitablement un aspect positif à cette naissance, et vous verrez ces prochains jours les messages de félicitation se multiplier,  les bouquets de fleurs et les nounours arriver en force à l’Elysée. La France est le pays d’Europe qui fait le plus d‘enfants, un bébé y est toujours le bienvenu.

 

  

Est-ce un  atout ?

 

Je ne connais pas son poids à la naissance, mais cette petite aura-t-elle un poids électoral ? Difficile à dire, contre un adversaire âgé ça aurait pu jouer, un jeune père opposé à un grand père, mais Hollande et Sarko ont pratiquement le même âge.

J’imagine pourtant les meetings de campagne avec Nicolas Sarkozy alignant les allusions du genre : « excusez moi, je suis fatigué mais en ce moment mes nuits sont courtes… »

Pour filer la métaphore religieuse, je dirais que pour le Président, si cet enfant n’est pas le sauveur, il est au moins… une bonne nouvelle ….

 

Le Ritz ferme pour travaux et vire ses employés.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 octobre 2011 00h18 | Commentaires fermés

 

Coup de tonnerre dans le monde de l’hôtellerie de luxe,  Le Ritz, situé place Vendôme à Paris, va fermer courant 2012 pour 27 mois de travaux, et se séparer de 450 de ses salariés. L’hôtel propriété de Mohammed Al Fayet n’avait pas réussi à obtenir le label « palace », décerné en mai dernier par le ministère du tourisme.

 

La façade du Ritz

La façade du Ritz

C’est une véritable révolution qu’est en train de vivre l’hôtellerie de luxe à Paris, oubliez le Georges V, le Ritz, le Crillon, les mythes d’aujourd’hui s’appellent Sangri-la, ou Royal Monceau et ils appartiennent à des groupes de Hong Kong ou de Singapour. Leur particularité : ils sont ultra modernes et offrent des services aujourd’hui considérés comme incontournables, notamment sauna, spa, soins etc…

Libéré par Hemmingway.

Il ne suffit plus comme Le Ritz, d’être le parangon du luxe et du bon goût à la française, d’être couvert d’ans et d’honneurs, d’être ouvert depuis 1889, d’avoir abrité la dernière soirée de la princesse Diana et de Dodi Al Fayet. Non !  Il faut être au goût des riches d’aujourd’hui, qui veulent retrouver à Paris, la même ambiance et le même service  qu’à Dubaï , Shangaï, Chennai…  (quoique Chennai…) et peu leur en chaut de savoir que si le bar du Ritz s’appelle l’Hemingway, c’est qu’il a été libéré de la botte allemande le 25 août 1944, par l’écrivain Ernest Hemingway armé d’une mitraillette, et d’un magnum.

Licenciements à la pelle

Le barman fera-t-il partie des 450 licenciés ? C’est possible, puisque la direction du Ritz n’envisage de conserver qu’une trentaine de salariés pour garder l’hôtel durant la fermeture. Les syndicats ne sont pas contents et ils essaient de négocier un statut de temps partiel avec garantie de réembauche. Rien n’est moins sûr, dans ce genre d’opération, quand on change le décor, on change souvent les acteurs. Rénové pour la dernière fois en 1979, Le Ritz avait très certainement besoin d’un coup de frais, mais l’objectif est bien de décrocher le label « palace », qui a été attribué à seulement huit établissements en France. Un niveau officiel de luxe et de confort, imaginé par le ministère du tourisme, car les 5 étoiles que possède Le Ritz, ne signifient plus grand chose pour la clientèle internationale. Vous trouvez aujourd’hui des 5 étoiles dans le moindre chef lieu asiatique.

Le Ritz n’est pas le seul.

Toujours dans la course au label « palace », d’autres hôtels parisiens devraient eux aussi connaitre d’importantes restaurations, c’est notamment le cas du Crillon place de la Concorde. En revanche même si l’on y effectue des travaux, le Bristol, rue du faubourg Saint Honoré, a déjà reçu son label « palace ». La plaque a été apposée sur la façade en présence du ministre. Il faut dire que le monsieur qui habite en face, un certain Nicolas, vient paraît-il souvent déjeuner d’un plat de pâtes aux truffes arrosé d’eau minérale…enfin en ce moment on le voit moins, il voyage beaucoup et puis sa femme est enceinte…

Bettencourt : Bernard Squarcini, chef du renseignement intérieur inculpé !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 octobre 2011 00h07 | Commentaires fermés

Rebondissement dans l’affaire Liliane Bettencourt ! Alors que la riche propriétaire de l’Oréal vient d’être mise sous tutelle, le directeur central du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, a été mis en examen pour l’espionnage d’un journaliste qui enquêtait sur ce dossier.

Bernard Squarcini

Bernard Squarcini

 

 

Il y a parfois d’étranges télescopages dans l’actualité. D’un côté l’affaire Bettencourt rebondit spectaculairement avec l’inculpation du chef de la DCRI, les services secrets intérieurs de la France, et de l’autre on pourrait dire que le drame a pris fin hier, puisque la vieille dame a perdu le combat qu’elle menait contre sa fille. 

 

Liliane sous tutelle.

 

Diagnostiquée victime de démence mixte avec un début d’Alzheimer, elle a été mise sous tutelle de sa famille. Bref, il lui arrive tout ce qu’elle avait voulu éviter. Elle a bien menacé de s’enfuir à l’étranger, mais désormais elle ne peut plus employer son argent sans l’accord de ses tuteurs, donc le départ parait bien improbable. La vieille dame pas toujours digne, va très certainement finir son parcours mondain dans une maison médicalisée très luxueuse, ou alors chez elle, entourée de gouvernantes bien intentionnées, qui prendront la place des amis de toujours comme le photographe François-Marie Banier.

 

Liliane Bettencourt et sa fille

Liliane Bettencourt et sa fille

 

 

Agaçantes fadettes !

 

 Quant au chef de la DCRI, il a été mis en examen pour

 «Atteinte au secret des correspondances», «collecte illicite de données» et «recel du secret professionnel». On lui reproche d’avoir fait étudier par ses agents les « fadettes », les factures détaillées du téléphone de Gérard Davet, un journaliste du Monde. Il s’agissait d’identifier la source, à l’origine des révélations qui ont conduit à la démission du ministre Eric Woerth. L’ex trésorier de l’UMP est soupçonné d’avoir touché de Mme Bettencourt, des sommes importantes destinées à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

 

Protection des sources.

 

On peut saluer la démarche de la justice, qui confirme ainsi le principe de protection des sources. Pour l’instant Bernard Squarcini n’a pas l’intention de démissionner, même si François Hollande a déjà réclamé sa tête hier soir au cours du JT de TF1. Dans une déclaration transmise à l’AFP, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a affirmé que cette mise en examen « n’empêchait pas Bernard Squarcini d’exercer la plénitude de ses fonctions ». On verra si cette position est tenable à terme.

 

J’ai la mémoire qui flanche…

 

Ironie de l’histoire, le chef de ce qu’on appelle les « grandes oreilles », pourrait être en définitive le seul personnage important inquiété dans cette affaire.

Comme Liliane Bettencourt est désormais officiellement atteinte de la maladie d’Alzheimer qui détruit la mémoire de manière irréversible, plus question de l’interroger sur les éventuels chèques ou enveloppes de liquides remis à Eric Woerth, Nicolas Sarkozy, Edouard Balladur et bien d’autres…Il y a des maladies chroniques…celle-ci serait plutôt opportune…

 

 

 

 

 

PS: pour éviter tout malentendu, ce blog est destiné en priorité à des lecteurs Belges, en Belgique le mot inculpé est toujours en vigueur.