Archives du septembre, 2011
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Premier débat, hier soir sur France 2, entre les six postulants à l’investiture socialiste pour l’élection présidentielle de 2012. Une émission très longue et un peu soporifique.Â
 
J’avoue que je suis perplexe depuis le début sur ces débats , et la prestation d’hier m’a, comme beaucoup de gens, endormi, et c’est  logique ! Un débat à 6 c’est complétement impossible à la télévision, même France 2 avec son expérience et se moyens ne peut pas réussir un exercice comme celui-là , c’est pire qu’un controverse avec Jose Happart , Jean Gol et Louis Tobback sur le plateau chacun armé d’un chronomètre, et je sais de quoi je parle !
Fleurets mouchetés.
Chacun une minute pour se présenter, ensuite une interview individuelle puis enfin le débat. En clair ça s’est animé dans les dernières minutes, mais je ne sais pas s’il y avait encore beaucoup de téléspectateurs pour s’en rendre compte, d’autant qu’évidement, les socialistes et le radical de gauche qui feront tous campagne ensemble après  les primaires, ont pris soin de ne pas s’affronter trop  violemment.
Hollande présidentiel.
A ce sujet François Hollande, toujours favori des sondages, a essayé de prendre un ton présidentiel, au-dessus de la mêlée, on l’a même entendu dire « le président de la république que je serais… » c’est d’ailleurs une bonne technique, à force de dire qu’il le sera, on va peut-être finir par le croire.  Mitterrand n’avait pas agit autrement en 1981, jusqu’au débat face à face avec Giscard, qui lui avait dit sans réfléchir, au détour d’une phrase : « quand vous serez président de la République… »Il y aura encore deux débats, espérons qu’ils seront un peu plus vifs…
La moins mauvaise des solutions.
Que pensent les français du principe de ces primaires ? Est ce qu’il ne serait pas plus simple comme dans la plupart des démocraties que le candidat du parti, soit tout simplement son chef ? C’est le cas Angleterre , en Allemagne, en Espagne, au Japon…Vous me direz que dans ces pays on brigue le  poste de premier ministre, président en France c’est autre chose : une relation directe entre le candidat et le peuple, comme le souhaitait le général De Gaulle.
 Oui ! Mais alors fi donc des partis ? N’importe qui peut se présenter à la présidentielle à condition de réunir les 500 parrainages d’élus nécessaires. C’est justement pour cette raison que les socialistes ont organisé ces primaires, pour éviter une dispersion des candidatures, qui avait en 2002 propulsé le Pen au second tour au détriment de Jospin . Si en 2002 la radicale Christiane Taubira n’avait pas capté 400 000 voix au premier tour, Jospin serait peut-être encore à l’Elysée. La primaire qui comprend un candidat radical, écarte donc ce danger .
 La droite se gausse de l’exercice, et l’UMP aura beau jeu de dire : « nous on a un chef , un seul c’est clair ! » Ils ont raison… mais c’est une distinction classique entre la droite et la gauche, d’un côté l’ordre et de l’autre le débat…
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Nicolas Sarkozy s’est rendu en Libye accompagné par le premier ministre anglais David Cameron, de nombreux policiers français sont également du voyage pour assurer sa sécurité.
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160 policiers pour la plupart des CRS, les unités de maintien de l’ordre, sont partis dès mercredi soir, pour sécuriser plusieurs points  de passage du président dont un hôtel.
 Lors de cette visite surprise, préparée dans le plus grand secret, Nicolas Sarkozy devait rencontrer, le président du Conseil national de transition et le Premier Ministre Libyen. Il devait ensuite prononcer en compagnie de Davis Cameron un discours public à Benghazi
Vae victis !
Alors pourquoi cette visite ? Probablement pour ne pas se laisse voler la vedette par d’autres, mercredi déjà  le sous-secrétaire d’Etat américain pour le Proche-Orient s’est rendu sur place. Or Nicolas Sarkozy entend bien profiter de son image de libérateur de la Libye. Ensuite selon son habitude le président de la République occupe le terrain médiatique, ainsi qui parlait encore ce matin de la relaxe de Dominique de Villepin dans l’affaire Clearstream ? Enfin je ne peux pas m’empêcher d’y voir une sorte de revanche  personnelle face à Mouammar Kadhafi. Certains s’étonnent de cette visite de Sarkozy alors que le guide de la Jamahiriya court toujours. Mais justement c’est une manière de triomphe à la romaine, que de fouler le territoire de son ennemi sous ses yeux, alors qu’il n’a plus les  moyens de s’y opposer.
Sarkozy contre Kadhafi
 Les historiens se poseront peut être un jour la question de l’étrange relation qui liait les deux hommes. Le début du quinquennat de Sarkozy a été marqué par Kadhafi : l’affaire des infirmières bulgares, l’intervention de Cécilia, puis ce voyage controversé à Paris, avec cette tente bédouine plantée dans le jardin de l’hôtel de Marigny. Et à la fin du quinquennat Sarkozy le renverse et le pourchasse dans le désert…
hum…
–        vous dites ?
–         plaît-il ?Â
–         c’était pour protéger les civils !
–         ah oui pardon ! j’avais oublié….

Une étrange relation...
Après son audition lundi par la police sur l’affaire Banon, Dominique Strauss Kahn a décidé de s’exprimer à la télévision. Il pourrait parler dés ce week end sur TF1.
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Claire Chazal devrait recevoir DSK.
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DSK doit cette explication aux français, voilà ce qu’on répète dans son entourage depuis son retour à Paris le 4 septembre. Il avait annoncé qu’il s’exprimerait dans les 15 jours, on y est. Le premier débat télévisé entre les candidats socialistes aux primaires se tiendra jeudi, DSK ne veut pas interférer dans la campagne de ses camarades, il parlera donc après.
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Chez Claire, c’est clair !
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Il devrait être invité dans un JT ce weekend, vraisemblablement chez Claire Chazal, la présentatrice est restée proche d’Anne Sinclair qu’elle a connu à ses débuts sur TF1. DSK souhaite que son interview ne soit ni trop complaisante, ni trop agressive, il n’est pas impossible également que le fait d’être interviewé par une femme soit considéré comme un atout chez les strauss-khaniens. Si cet homme était le satyre qu’on décrit, une femme libre comme Claire Chazal ne se priverait pas de lui poser les questions qui fâchent.
  Le danger c’est qu’il se mette à la draguer en direct…
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Un plan médiatique.
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Avec cet exercice on reste dans la plan médiatique tel qu’il avait déjà été envisagé à New York : retour à Paris, audition par la police, passage à la télévision, et puis très probablement une période de silence, avec un éventuel retour médiatique à la fin de la campagne présidentielle si le vent a entretemps tourné en sa faveur. On verra ce qu’il en est de suites du procès civil aux Etats Unis, Tristane Banon a de son côté a lancé sur facebook un appel à une manifestation le 24 septembre, elle aurait déjà reçu plus d’un millier de messages de sympathie.
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La manif de Tristane.
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Plusieurs organisations féministes mais pas toutes, ont déjà annoncé qu’elles soutenaient cette initiative, le rassemblement devrait se tenir devant le palais de justice de Paris. Le mot d’ordre du jour de l’écrivaine est assez flou : « Le 24 septembre je serai aux côtés de celles et ceux qui voudront dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ». Elle voudrait en fait attirer l’attention sur toutes ces femmes violées ou agressées qui n’osent pas porter plainte. Ce serait pour elle une manière de sortir en beauté de son affaire, car il est de plus en plus probable que les faits seront requalifiés en tentative d’agression sexuelle, et non plus en viol, DSK bénéficierait alors de la prescription. Comme aurait dit Shakespeare : « beaucoup de bruit pour rien », et même s’il y a eu quelque chose on ne le saura jamais…
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Le président Rwandais Paul Kagame est en visite officielle en France, l’objectif est de reprendre des relations normales entre les deux pays après des années de tension autour du génocide rwandais de 1994. Mais cette visite ne plait pas à tout le monde à Paris, le ministre des affaires étrangères Alain Juppé a annoncé qu’il ne rencontrerait pas le président Rwandais.
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Alain Juppé qui était déjà aux affaires étrangères en 1994, se trouve opportunément en voyage , en mars il avait déclaré qu’il ne serrerait pas la main de Paul Kagamé tant que je cite « un tissus de mensonge circulerait au Rwanda  sur l’attitude de la France pendant le génocide ».
 L’ancien ministre socialiste de la défense Paul Quilès qualifie cette visite de d’ignominie, enfin le général qui commandait la force turquoise parle d’insulte pour l’armée française. Un rapport rwandais publié en 2008, accuse entre autre les français d’avoir participé directement au génocide.
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Un aveuglement mais pas d’excuses
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Je vous passe les détails de cette relation conflictuelle qui est allée jusqu’à  la rupture des relations diplomatiques en 2006. Depuis son arrivée au pouvoir Nicolas Sarkozy a essayé de réconcilier la France et le régime rwandais, notamment par une visite sur place en 2010, où il a reconnu un aveuglement de la France, sans aller jusqu’à présenter ses excuses, comme l’avait fait Guy Verhofstadt au nom de la Belgique.
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Kagame sauveur ou dictateur ?
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 Les français considèrent que l’intervention militaire, appelée opération turquoise, fut une action humanitaire qui a permis de sauver des milliers de vie. Le pouvoir rwandais estime lui qu’elle a freiné l’avancée du FPR de Paul Kagame et qu’elle a permi aux génocidaires hutus de trouver refuge au Congo. Quant à la responsabilité sur la destruction de l’avion du président Habyarimana déclencheur du génocide, la France a longtemps accusé les troupes de Kagame d’en être l’auteur, en face évidement on impliquait la France.
 Pour tout arranger une partie de la classe politique française considère Paul Kagame comme un dictateur.
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Une responsabilité devant l’histoire
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Même s’il rencontre de réels succès, le régime de Paul Kagame réélu récemment avec 93% des voix, peut difficilement être qualifié de démocratie. Pour autant cela n’exonère pas la France de sa responsabilité dans le génocide, du moins dans sa préparation. Paris soutenait à bout de bras le régime hutu menacé par l’avancée du FPR.
Que certains responsables français refusent de serrer la main de Kagame ça peut se concevoir, mais Kagamé passera…
En revanche, le peuple rwandais et ses 800 000 morts mérite
ces excuses qui n’ont toujours  pas été prononcées.
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Un nouveau scandale secoue la politique française : l’avocat Robert Bourgi, aujourd’hui conseiller de Nicolas Sarkozy pour l’Afrique, prétend avoir transféré l’argent de chefs d’État africains à Jacques Chirac et Dominique de Villepin entre 1997 et 2005. L’ancien président et son premier ministre vont porter plainte pour diffamation.
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Robert Bourgi
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Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs, parfois ça allait jusqu’a 15…voilà ce qu’a déclaré l’avocat au « journal du dimanche », soit des sommes de l’ordre de 1 à 3 millions d’euros. «Par mon intermédiaire», «cinq chefs d’état africains -Abdoulaye Wade, Blaise Compraoré, Laurent Gbagbo, Denis Sassou-Nguesso  et, bien sûr, Omar Bongo  ont versé d’importantes sommes pour la campagne présidentielle de 2002 »
Une conscience agitée.
Pourquoi parle-t-il tant d’années après ? Par remord : «Participer à une remise de mallettes – et je ne pouvais pas dire non – au président de la République, dans le bureau de Dominique de Villepin, en présence d’un chef d’Etat africain, je l’ai fait, mais vous n’empêchez pas ma conscience d’être agitée, j’étais troublé, j’en ai eu honte»… «Je veux tourner la page du passé, un passé dont je ne suis pas très fier».
Ben voyons ! Moi vous ne m’empêcherez pas de penser que cette contrition vient à point nommé, une semaine après des révélations concernant des sommes qu’aurait touchées Nicolas Sarkozy de Liliane Betancourt, et quatre jours avant le jugement du procès Clearstream dont Dominique Villepin est l’un d es accusés.
L’ombre de Foccart.
 Qu’en est-il de la réalité des faits ? L’avocat Robert Bourgi fut jusqu’à sa mort, un collaborateur de Jacques Foccart, conseiller personnel du général De Gaulle, de Georges Pompidou et de Jacques Chirac, c’est l’homme qui a créé ce qu’on appelle la : « Franceafrique »… Le général de gaulle le recevait tous les soirs, c’était son éminence grise pour les affaires africaine mais aussi pour les questions politiques. Après les indépendances au début des années 60, Foccart a tissé un système de réseaux avec toute une série de chefs d’état africains : Bongo, Senghor, Houphouët, Mobutu…à travers des sociétés comme Elf, la  République maintenant son influence en Afrique. Grace à ses bases militaires, installées en Côte d’ivoire, au Sénégal, au Tchad, au Congo Brazza, elle assurait la protection de ces présidents à vie qui, en contrepartie, ont financé largement le parti gaulliste d’abord, puis un peu tous les autres au gré des alternances. Je vous rappelle que Jean Christophe Mitterrand conseiller Afrique de son père, fut lui aussi poursuivi par la justice, pour des magouilles pas très claires sur le contient noir.Â
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Foccart et le "général"
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Règlement de comptes ?
Maintenant je l’ai dit pour Sarkozy je le redis pour Chirac, imaginer le chef se faire remettre des valises d’argent devant témoin…j’ai du mal… Ce sont des basses Å“uvres qu’on laisse à d’autres. Cela dit on peut aussi penser que moins il y a de gens dans la confidence, mieux on se porte ! On verra ce qu’en dit la justice.mais une chose est sure, à quelques mois de la présidentielle, les coups volent bas, très bas…
Une affaire digne d’un roman policier secoue la politique française, le tout puissant chef du PS à Marseille, a été mis en examen pour association de malfaiteur. Un scandale, mais qui libère les candidats socialistes d’un véritable boulet.
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Jean-Noël Guérini
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Un polar qui pourrait avoir été écrit par Jean Patrick Manchette, natif de Marseille,  un polar classique ou se côtoient, des hommes politiques, des hommes d’affaires et des caïds du grand banditisme…
Jean- Noël Guérini, 60 ans marseillais d’origine corse, était jusqu’à hier, président de la fédération socialiste  des Bouches du Rhône, président du conseil général du département des bouches du Rhône  et accessoirement Sénateur. Bref ce qu’on appelle en politique française un grand  baron local, même s’il jamais été ministre. C’est même un faiseur de roi puisque la fédération socialiste des Bouches du Rhône qui comprend Marseille, est l’une des plus puissantes du parti, avec celle du nord, et pèse de tout son poids lors des congrès du PS.
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Une affaire de famille.
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 On reproche entre autre à Jean-Noël Guérini d’avoir confondu ses affaires familiales et celles du département qu’il préside. Jean-Noël a un petit frère, Alexandre, de cinq ans son cadet. Alexandre a fait fortune dans le traitement des déchets, en 2006 il souhaitait racheter un terrain de quatre hectares voisin d’une de ses décharges pour l’agrandir. Le propriétaire refusait de lui vendre et préférait d’autres acquéreurs. Par un étrange hasard, le département a préempté, comme c’est son droit, l’achat de ce terrain au prétexte de protéger une fleur rare qui y poussait : le liseron duveteux, aussi connue sous le nom de liseron laineux ou pour les puristes convolvulus lanoginosus.
 Inutile de vous dire qu’aujourd’hui le terrain appartient au frangin, mais rassurez- vous le liserons duveteux pousse très bien à l’abord des décharges.
Ce n’est qu’une des multiples affaires reprochées aux frères, qui étrangement  ont toujours pris soin, de ne jamais se laisser photographier ensemble .
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Soulagement au PS parisien.
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Ces derniers temps Jean- Noël Guérini avait pris ses distances avec Alexandre mais trop tard . On voit qu’un tel personnage pouvait beaucoup gêner les socialistes à l’approche de la présidentielle. Guérini avait apporté son soutien à Martine Aubry qui a déclaré : « je ne lui ai rien demandé ! »…ambiance ! Hier au sortir du tribunal, des trémolos dans la voix à la manière marseillaise, Guérini a annoncé qu’ils se mettaient en congé du parti, mais il reste président du département.
Soupir de soulagement à Paris, où le premier secrétaire par intérim du PS Harlem Désir a annoncé en conférence de presse la fin du système Guérini. Il avait l’air très remonté, et pour peu on l’aurait presque entendu dire : « j’en ai marre des parvenus ! » Tiens c’est curieux… ça me rappelle quelque chose…
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Lors d’un discours devant les députés de son parti, Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu’il se présenterait à l’élection présidentielle en 2012. Il a tracé les grandes lignes de son programme, et pour lui une campagne de réélection, ce n’est pas du tout la même chose qu’une campagne d’élection tout court.
 
 «Une élection, c’est toujours difficile. C’est toujours le miracle d’une rencontre entre la réflexion et le désir. Une réélection, c’est extrêmement difficile aussi. Ça n’obéit pas au même calendrier, au même désir, à la même stratégie»,
Voilà ce que Nicolas Sarkozy a dit aux députés de son parti, visiblement impatients de le voir se déclarer. Comme tout président en fonction, il répond qu’il a trop à faire pour y penser, et que sa tâche consiste jour après jour à « protéger » les français. Comprenez les protéger de la crise, mais aussi de tous les dangers. Je vous le disais hier, l’insécurité est le seul domaine où la population lui reconnait une compétence supérieure à ses adversaires.
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 Sarko d’Arabie.
 Pour le reste il a annoncé qu’il ne se rendrait pas de tout de suite en Libye justement parce que ce serait ressenti comme une récupération à des fins électorales, en revanche il a sorti une phrase étonnante :
«Depuis Lawrence d’Arabie, jamais un pays occidental n’avait tendu la main à la rue arabe», il parait qu’il ne plaisantait pas…Il est vrai qu’imaginer Sarkozy en djellaba, et keffieh blanc chevauchant dans le désert, pourrait réjouir l’esprit. Mais les arrières plans politiques du film, ne sont pas forcément à la gloire des anglais et de sir Lawrence, je me souviens notamment de scènes qui montraient le désordre et la rivalité qui régnaient entre les tribus, une fois l’armée turque défaite. Sans oublier que le règlement de la guerre de 14 au proche orient est en gros à l’origine de tous les problèmes qu’on y connait encore aujourd’hui.
Carla Bruni qui paraît-il  lui organise des projections privées pour enrichir sa culture cinématographique, devrait lui faire revoir rapidement le film.
 
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Une campagne ciblée.
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 Plus sérieusement Nicolas Sarkozy a laissé entendre que ses équipes étaient déjà au travail et que sa campagne de 2012 ne ressemblerait pas à celle de 2007, moins de communication moins d’esbroufe, il propose de choisir quelques sujets précis et de s’y tenir. Il s’inspirerait en fait de la campagne de François Mitterrand en 1988, dont le slogan était : « la France unie… » Cette perspective explique également son retrait relatif de l’actualité, et ses positions de plus en plus présidentielles, au-dessus de la mêlée. Après avoir été l’homme de la réforme, et du changement, il se taille un costume de père de la patrie, l’habit classique du chef de l’Etat. Il a d’ailleurs conclu son intervention avec une phrase à l’accent gaullien : «Je suis un semeur qui laboure et qui sème. On verra à l’arrivée.»
Le problème c’est ce que ce ne sont pas toujours ceux qui sèment qui récoltent.
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 Une série de sondages donnent systématiquement François Hollande vainqueur de la présidentielle de l’an prochain. Il se situerait entre 30 et 35% des voix au premier tour, et battrait Nicolas Sarkozy au second. Peut-on parler désormais d’une dynamique Hollande ?
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C’est le candidat qui a le vent en poupe : télévisions, journaux, on se l’arrache, François Hollande avec son look affiné est le chouchou de la rentrée, il creuse inexorablement l’écart avec son adversaire socialiste Martine Aubry, et les français estiment qu’il serait plus efficace que Nicolas Sarkozy pour résoudre les problèmes économiques. En fait les sondages n’accordent plus qu’un seul domaine de compétence au président actuel, la sécurité ! Sur tous les autres sujets les français lui préfèrent ses deux adversaires socialistes. En revanche Ségolène royal n’est plus dans la course, c’est la seule des trois candidats potentiels du PS qui serait systématiquement battue par Sarkozy, un sondage France 2 la donne même au coude à coude au premier tour avec Marine Le Pen.
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Etre en phase.
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A la même époque il y a 5 ans, elle était favorite, comme quoi à la présidentielle, il y a le bon et le mauvais moment, la faveur du peuple se gagne aussi facilement qu’elle se perd. En dépit des équipes de campagne ,des stratégies de communication, du talent personnel des candidats, il y a une espèce de magie qui doit jouer, une sorte de relation irrationnelle entre un candidat, une époque, et les électeurs.
Indubitablement François Hollande connait en ce moment cet état de grâce, mais à huit mois du scrutin il est encore tôt, trop tôt peut être. C’est un classique du genre, on aime à répéter les noms de la cohorte des favoris dont personne ne doutait de la victoire, en début de campagne ! Tous ces présidents élus par les sondeurs et battus dans les urnes : Chaban en 1974, Giscard en 81, Barre en 88, Balladur en 95, Jospin en 2002, Ségolène en 2007, et même DSK il n’y a pas si longtemps…
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C’est magique !
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On a longtemps dit en France qu’il fallait mordre la poussière deux ou trois fois, avenant de décrocher la timbale. Mitterrand battu en 65 et 74 mais élu en 81, Chirac élu à sa troisième candidature. Mais à l’étude ça ne tient pas, Pompidou Giscard et Sarkozy ont été élus du premier coup. On disait aussi qu’il ne faut pas partir longtemps à l’avance, qu’une campagne courte et soutenue vaut mieux qu’un long cheminement. Là aussi le contre exemple existe : Chirac, lancé en Novembre 94 et couronné en Mai 95. Moralité, pas de règle, la dynamique Hollande peut aller jusqu’au bout comme elle peut s’essouffler.  Une seule chose est sûre : un président ou une présidente sera élu en mai prochaine en France. Nul ne connait son nom, et il n’a peut être même pas encore décidé lui-même, d’être candidat.
Conséquence inattendue de l’absence de Jacques Chirac à son procès, les verts de Paris réclament sa démission du conseil constitutionnel.  Ils estiment que s’il n’a pas la capacité de comparaitre en justice, il n’est donc plus en mesure d’assumer ses fonctions de « sage ».
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 Le conseil constitutionnel, c’est en France l’institution qui vérifie la conformité des lois par rapport à la constitution,  il peut être saisi, par le gouvernement, par une soixantaine de députés ou de sénateurs, et même par des groupes de citoyens. Son rôle est donc fondamental, et par exemple c’est lui qui a statué en 1999 sur l’immunité présidentielle de Jacques Chirac, qui le protégeait de toute poursuite judiciaire pendant son mandat,  ironie de l’histoire il était à l’époque présidé par Roland Dumas qui lui aussi a eu des démêlées avec la justice, dans l’affaire Elf…entre gens de bonne compagnie…Â
Les ex, membres de droit
Le conseil constitutionnel est constitué de neuf membres nommés trois par trois par le Président de la République, le Président du Sénat et le Président de l’Assemblée Nationale, mais les ancien Présidents de la République en sont membre de droit et à vie. A l’origine , en 1958, c’était une solution qu’avaient trouvé les rédacteurs de la constitution de la Vème République,  pour consoler et recaser le président René Coty dernier président de la IVème, qui allait laisser sa place au général De Gaulle , sans avoir terminé son mandat.  Mais dans l’esprit il n’était pas vraiment prévu que ces ex présidents siègent réellement, Coty d’ailleurs n’y est allé qu’une fois, le général De Gaulle et François Mitterrand  jamais. Après sa défaite en 1981  Valéry Giscard d’Estaing n’y a pas siégé pendant plus de 20ans, mais il l’a rejoint quand il a renoncé à tout mandat électif après les régionales de 2004. Jacques Chirac, après son départ de l’Elysée a décidé de participer aux travaux comme n’importe quel autre membre, une manière de poursuivre par-delà la retraite sa rivalité de toujours avec VGE. Il faillit voir cette image extraordinaire, du pauvre  Jean Louis Debré président de l’institution assis à sa table,  avec à ses côtés Giscard et Chirac !  Imaginez le président de la cour suprême des Etats Unis, flanqués, de Bill Clinton et de Georges W Bush.
 Chirac suspendu.
Concrètement Jacques Chirac ne s’est pas rendu au conseil depuis fin 2010, et il demandé, sa suspension en mars, pour la durée de son procès, c’est ce qu’a rappelé  Jean Louis Debré, qui rajoute que l’ancien président avait également souhaité la suspension de ses indemnités, 11 000 euros par mois. Cette situation est toujours en vigueur.
En revanche une fois le procès terminé, qu’en sera-t-il ? Rien n‘est prévu concernant l’état de santé de membres de droit, puisqu’effectivement c’était une manière d’occuper les présidents âgés. Ainsi à la fin de sa vie, très atteint par le cancer, François Mitterrand  n’aurait pas été capable de siéger, or personne n’a jamais remis en cause sa place au conseil,  même si je le rappelle il ne s’y est jamais rendu.
Un statut pour les présidents retraités ?
  Au fond c’est aussi une manière pour les verts de mettre le doigt sur cette tradition un peu surannée, et certains en France pensent qu’on pourrait tout bêtement verser une retraite au président, sans y associer une fonction particulière.
Juste en passant : on surnomme les membres du conseil, les sages, et pourtant… ils ne l’ont pas toujours été !

Jean Louis Debré, bien encadré.
Le procès de Jacques Chirac, pour l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris devait commencer lundi 5. Mais l’ancien président n’y participera probablement pas. Dans une lettre adressée au tribunal, accompagnée d’un dossier médical, il demande que ses avocats puissent le représenter.
C’est la fin d’une époque, d’une polémique, d’un scandale, mais aussi d‘un parcours, d’une épopée, et peut être d’une vie, d’une vie publique du moins. Aurait on pu imaginer il y a encore deux ou trois ans que Jacques Chirac, l’arpenteur inlassable du salon de l’agriculture, capable d’aller chercher son élection avec les dents en 1995, ne serait plus à la veille de son procès qu’un vieux monsieur qui voit mal, entend mal, se déplace difficilement et souffre d’absences ?

Jacques Chirac à St Tropez le 14 Août
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 Des séquelles de son AVC.
Le professeurr Bernard Debré l’un de ses fidèles, frère du président du conseil constitutionnel Jean Louis Debré, déclarait il y a peu sur Europe 1 : « On peut discuter avec lui pendant quelques instants, mais il oublie un peu, il ne reconnaît pas forcément les gens»…«Ce serait une image catastrophique de voir cet homme âgé répondre quelques fois à côté, avoir besoin de ses avocats pour qu’il comprenne, ou qu’ils répondent à sa place».Â
Papy sous surveillance.
Le communiqué transmis par ses avocats affirme qu’il souhaite que le procès aille jusqu’au bout qu’il a la volonté d’assumer ses responsabilités même s’il n’a plus l’entière capacité de participer au déroulement des audiences. Mais est-ce lui qui a dicté ou rédigé ce communiqué ? Non bien sûr, c’est son entourage au premier rang sa fille Claude, et son épouse Bernadette. Depuis sa sortie en Corrèze « moi je vote Hollande », il est sous surveillance, en témoigne l’épisode de St Tropez que je vous ai raconté cet été. Chirac à la terrasse de Sénéquier signant des autographes et se faisant photographier, exfiltré manu militari par madame et ses gardes du corps, de peur qu’il dise des bêtises, ou qu’il profère quelques blagues égrillardes dont il a le secret.
Un procès tronqué.
Certains pourront regretter que cette histoire n’aille pas à son terme, et qu’au final il ne s’expliquera jamais directement sur ces emplois fictifs qui étaient une manière de financer son parti, et ses campagnes. Des chauffeurs, des secrétaires, des assistants, voire des hommes politiques, payés par la mairie de Paris, mais qui n’y mettaient jamais les pieds. Le procureur dans ses attendus l’a désigné comme l’organisateur et le principal bénéficiaire du système. Mais protégé par son immunité présidentielle pendant 12 ans, Jacques Chirac arrive bien tard devant la justice.
La décision revient à la justice.
Le président du tribunal est un magistrat d’expérience c’est lui notamment qui a jugé le procès du trader Jérôme Kerviel. A lui de décider s’il faut offrir à la France l’image d’un vieux président dur d’oreille, qui n’a plus toute sa tête… Ou s’il faut laisser vivre, dans la mémoire des français, l’image du candidat increvable qui serrait les mains, embrassait les grands mères, complimentait les jeunes filles, engloutissait les saucisses et les bières… et tâtait sans fin le pis des vaches…