Archives du septembre, 2011

DSK : confrontation avec Tristane Banon

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 septembre 2011 05h00 | Comments Off on DSK : confrontation avec Tristane Banon

 

La confrontation entre DSK et Tristane Banon aura lieu aujourd’hui au siège de la brigade financière à Paris. La jeune femme souhaite regarder Dominique Strauss Kahn, droit dans les yeux. Ce sera possible mais à distance car une confrontation judicaire, n’est ni un dialogue, ni un duel.  

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La confrontation est un exercice qui répond à des règles précises, les deux protagonistes sont  dans la même pièce, mais à distance respectable, on fait tout d’ailleurs pour qu’ils ne se dévisagent pas s’ils n’en ont pas envie. Souvent dans les affaires de viol, la victime a du mal à supporter la présence de son agresseur. Tristan Banon a exprimé le désir de regarder DSK dans les yeux, ce sera possible, et l’on peut parier, que l’homme politique soutiendra ce regard, comme une preuve de son innocence.

 

Un coup pour rien ?

 

Alors ce n’est ni un dialogue, ni un duel, car ce sont les policiers qui posent les questions, et  il n’y a pas d’échange direct, sauf évidemment en cas de dérapage.

 

Que peut-on attendre de cette rencontre ? Au fond pas grand-chose, Tristane Banon va répéter qu’elle a été victime d’une tentative de viol, alors qu’elle était venue interviewer Dominique Strauss Kam, et que ça c’est terminé par un affrontement au sol, pendant qu’il essayait de lui retirer  son jean. L’ex patron du FMI interrogé à son retour de New York, a juste reconnu lui avoir fait des avances et essayé de l’embrasser.

 

Une affaire classée ?

 

A moins qu’une contradiction flagrante émerge lors de cette séance, il y peu de chance que les policiers en ressortent avec des éléments à charge. A défaut de preuve matérielle, tout repose sur les accusations de la journaliste. L’hypothèse la plus plausible, depuis des semaines, est que l’affaire soit requalifiée en agression sexuelle, et non plus en viol. Ce serait tout bénéfice pour DSK, l’agression sexuelle est prescrite au bout de trois ans, or les faits remontent à 2003…

 

Un singulier poker .

 

Tristane Banon s’avouera-t-elle vaincue pour autant ? Rien n’est moins sûr, la manifestation qu’elle a organisée le 24 septembre a démontré qu’elle bénéficiait de l’appui de plusieurs groupes féministes. Elle peut également  poursuivre son action judiciaire , en se portant partie civile, ce qui déclencherait automatiquement la nomination d’un juge d’instruction. Au fond la jeune femme est en train de jouer une étrange partie de poker : soit elle gagne elle deviendra une sorte d’icône de la lutte des femmes contre le viol, soit elle perd, et elle risque de sombrer au mieux dans l’oubli… au pire dans le ridicule…

Présidentielle : et si Sarkozy n’y allait pas ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 septembre 2011 04h56 | Un commentaire>

Après la défaite de la droite au Sénat, le roi est nu. Nicolas Sarkozy a perdu toutes les élections intermédiaires depuis 2007. Désormais dans son camp on s‘interroge, est-il le meilleur candidat pour l’élection présidentielle ? Peut-on imaginer qu’il ne se présente pas ?

 

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C’est la question qui tue, l’hypothèse folle, le scénario insensé. Certains à droite comme le sénateur Philippe Marini l’ont évoqué, des commentateurs en parlent sur les plateaux de télévision, le journaliste Denis Jeambart ancien directeur de l’Exprès a même écrit une lettre ouverte « Ne vous représentez pas » publiée aux éditions Flammarion, et pourtant ça parait impossible !

 

Le candidat naturel.

 

D’abord le premier ministre François Fillon qui aurait pu se lancer dans la course, l’a redit dés mardi pour lui Nicolas Sarkozy est le « candidat naturel ». En revanche pour se rassurer, beaucoup de ses proches souhaiteraient qu’il se déclare tout de suite, Sarko refuse : «  Il n’est pas question d’entrer en campagne tout de suite», a-t-il dit lors d’une réunion, «les gens veulent qu’on s’occupe d’eux».

 

Des sondages désastreux.

 

Ça reste à voir, au dernier sondage BVA Nicolas Sarkozy a perdu 5 point de popularité par rapport à Avril, il ne recueille plus que 32% d’opinions favorables contre 44 à François Fillon et 51 à François Hollande, le favori socialiste. Son succès en Libye compte peu face à la dégradation de l’économie et à l’avalanche d’affaires : Bettancourt… Karachigate… qui minent les derniers mois de son régime. Sur le papier il est battu ! Sur le papier …

 Tout le monde le sait c’est un candidat redoutable, la naissance de son enfant à l’Elysée, une première dans l’histoire, lui redonnera un peu de glamour. Quant au combat lui-même, le sortant bénéficie d’un atout majeur,  son expérience du pouvoir. Ainsi le Président raconte déjà  qu’il évoquera au cours de la campagne ses rencontres avec Obama, alors que François Hollande aura vu monsieur « Dugenou » en Corrèze.

 

Et pourquoi pas Bruxelles ?

 

Quittons un instant l’univers rationnel. S’en aller ce n’est pas perdre, en revanche Giscard ne s’est jamais remis de sa défaite en 1981…Sarkozy a souvent dit qu’il ne ferait qu’un mandat qu’il était là pour réformer et qu’il retournerait ensuite à d’autres occupations. Pourquoi ne pas imaginer qu’il décroche un poste de prestige, par exemple une présidence européenne renforcée ?

         Quoi Sarkozy successeur de Van Rompuy ! c’est une blague ?

         Oui en apparence, mais Bruxelles est peut être un endroit confortable pour attendre que le PS se plante, et revenir triomphant en 2017 !

Cela dit, cette stratégie présente des risques, en quittant le pouvoir en 1946 le général De Gaulle pensait être rappelé rapidement, sa traversée du désert a duré 12 ans…

DSK va devoir rentrer de Marrakech

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 septembre 2011 04h56 | 23 commentaires

dsk-nbAlors qu’il est toujours en vacances à Marrakech, DSK est de retour dans l’actualité ! Il sera confronté à Tristane Banon jeudi, et à New York ses avocats ont invoqué son immunité diplomatique pour le libérer de toutes poursuites aux Etats-Unis.

 

C’est un peu la surprise de la nuit, alors que la France était encore concentrée sur la victoire socialiste aux élections sénatoriales, DSK s’est rappelé à notre bon souvenir. Ses avocats américains ont déposé une requête en annulation devant le juge du Bronx chargé d’étudier le volet civil de l’affaire Diallo. Dans ce document de 25 pages, les conseils de l’ancien patron du FMI écrivent : « À la date où Dominique Strauss-Kahn a été visé par cette plainte, il bénéficiait d’une immunité en matière civile aux États-Unis en vertu des règles établies par le droit coutumier international. En conséquence, la cour n’est pas compétente pour cette procédure et doit la rejeter. »

 

Une immunité relative

 

Déjà Kenneth Thompson l’avocat de Nafi Diallo, a répondu que cette demande était sans fondement,  puisque DSK n’était pas au Sofitel de  New York en tant que directeur général du FMI, mais à titre privé. Pour la plainte au pénal, son immunité n’avait d’ailleurs pas été retenue, si ç’avait été le cas, il n’aurait été ni arrêté, ni détenu. Pour autant les arcanes de la procédure américaine recèlent parfois bien des mystères, et ce qui était vérité au pénal, ne le sera peut être pas au civil. L’affaire se plaidera le 12 octobre.

  Dans cette requête, les avocats de DSK ont également demandé que le tribunal déclare irrecevables les éventuels témoignages d’agressions sexuelles que pourraient mentionner les avocats de Nafissatou Diallo. Ils veulent éviter qu’on évoque à New York toute autre affaire qui aurait pu impliquer DSK, à commencer bien sûr par l’affaire Banon.

 

Confrontation à Paris

 

A Paris Dominique Strauss Kahn fera face jeudi à son accusatrice. Ils ont tous les deux acceptés cette confrontation, proposée par la police. Les proches de Tristane Banon, veulent y voir un encouragement, les amis de DSK pensent qu’il s’agit plutôt pour les enquêteurs de fermer toutes les portes, afin qu’une décision de non lieu ne soit pas attaquable. On ne sait pas ce qui en sortira, Tristane Banon maintient qu’ils s’agit d’une tentative de viol, et que leur entretien de 2003 s’est terminé par une bagarre au sol. DSK a reconnu qu’il lui avait fait des avances sans plus.

Et dire que ce pauvre DSK va devoir rentrer de son Riad à Marrakech pour une formalité ! Décidément on n’aura rien épargné à cet homme…. ( hum !)

Sénat : victoire historique de la gauche.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 septembre 2011 05h37 | Comments Off on Sénat : victoire historique de la gauche.

 A la suite du scrutin d’hier, le Sénat français est passé à gauche. Un camouflet pour Nicolas Sarkozy à 7 mois de l’élection présidentielle. En perdant le Sénat le Président de la République abandonne également une bonne partie de sa liberté d’action, la fin de son quinquennat en sera d’autant plus difficile.  

 177 sièges pour la gauche, 171 pour la droite, la victoire est historique, puisque depuis sa création en 1958, le Sénat de la Vème république n’avait jamais connu de majorité de gauche. Le président sortant de droite Gérard Larcher, essaye bien d’expliquer qu’il a encore ses chances d’être reconduit le 1er octobre en débauchant quelques non inscrits du centre gauche, mais c’est très peu probable, le prochain président du Sénat sera socialiste !

Le palais du Luxembourg siège du Sénat français.

Le palais du Luxembourg siège du Sénat français.

 

Le suppléant du Président

On répète à l’envi sur les chaines françaises qu’il s’agit du deuxième personnage de l’Etat…c’est une erreur !  Il le fut longtemps comme en Belgique, mais depuis une réforme constitutionnelle des années 2000, il n’est plus que le troisième derrière le Président et le premier ministre, il n’en reste pas moins un personnage considérable : le président du Sénat possède des pouvoirs en matière de nominations au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), ou au Conseil constitutionnel, il est présent, aux côtés du chef de l’Etat lors des cérémonies officielles. Enfin, et surtout, c’est lui qui assure l’intérim, de la présidence de la République en cas de vacance du pouvoir. C’est déjà arrivé à deux reprises. En 1969 Alain Poher avait occupé l’Elysée pendant quelques semaines après la démission du général de Gaulle, puis cinq ans plus tard à la suite du décès de Georges Pompidou.

Un caillou dans la chaussure de Sarkozy

Ce ne sera pas une « vraie » cohabitation à l’image de celles de 1986, 1993, ou 1997 quand l’Assemblée avait basculé. En France comme en Belgique, le Sénat n’a pas le dernier mot législatif, c’est l’Assemblée Nationale qui tranche au final, mais il a suffisamment de pouvoir pour retarder et compliquer l’adoption de lois proposées par le gouvernement. Ainsi dés hier soir, François Hollande, le favori socialiste pour l’Elysée, annonçait que la fameuse règle d’or sur l’absence de déficit, ne serait pas votée. Nicolas Sarkozy voulait l’inscrire dans la constitution, et il avait besoin d’une majorité spéciale. Avec un Sénat à gauche, il ne l’aura pas. Le vote du budget pourrait lui aussi, prendre beaucoup de temps.

Un retournement du monde rural

C’est donc un sévère avertissement pour le Président, d’autant plus qu’une majorité des grands électeurs qui se prononcent aux sénatoriales, sont des élus de communes rurales sans étiquette, mais traditionnellement soutiens de la droite. Ils se sont détournés du camp présidentiel, désorientés par l’avalanche de réformes brutales qui ont provoqué un dé tricotage des services publics : fermetures de petites classes, de tribunaux de province, et d’hôpitaux de campagne…

Ce n’est qu’une étape

Pour autant, s’ils veulent emporter l’Elysée, le socialistes ne doivent pas lâcher la proie pour l’ombre, l’élection importante aura bien lieu l’an prochain, et à la présidentielle les vainqueurs d’octobre sont rarement ceux de mai. Comme l’a dit le premier ministre François Fillon, en apprenant la défaite de son camp : « la bataille commence ! ».

Hélène de Yougoslavie persiste et signe

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 septembre 2011 08h39 | Comments Off on Hélène de Yougoslavie persiste et signe

 

C’est la princesse par qui le scandale arrive. Malgré de fortes pressions elle maintient ses accusations : son ex mari,  qui fut dans les années 90 un très proche collaborateur de Nicolas Sarkozy , a bien porté des valises de liquide, pour financer la candidature d’Edouard Balladur.

Hélène de Yougoslavie

Hélène de Yougoslavie

 

 

 

 

Hélène de Yougoslavie a confirmé au journal le Monde  ses déclarations à la police, confirmant les livraisons d’argent liquide que son ex mari Thierry Gaubert aurait effectuées au profit de la campagne d’Edouard Balladur en 1995 : «Il me disait régulièrement je vais en Suisse chercher de l’argent.. Il passait systématiquement, à l’aller comme au retour, par Londres, afin me disait-il d’éviter des contrôles douaniers à la frontières franco-suisse. »

Pressions et intimidations.

La princesse a également compris lors de son audition le 8 septembre qu’elle avait servi de prête nom : «J’ai découvert à cette occasion des documents signés de ma main, il s’est servi de moi pour ouvrir des comptes à l’étranger. » Le 14 septembre, soit quelques jours après sa confession devant la police, Hélène de Yougoslavie est contactée par son mari. Il lui a demandé de descendre de chez elle, et l’a faite monter dans sa voiture : «Il m’a incendié, il était furieux. ‘Qu’est-ce que tu as été raconter aux flics, il paraît que tu m’as balancé ? Tu es complètement folle, tu vas partir à l’asile…. J’ai compris qu’il avait eu des informations très précises sur ma déposition».

Un Hortefeux bien informé

En fait Thiery Gaubert avait été prévenu par l’ancien ministre de l’intérieur, et actuel conseiller de l’ Elysée, Brice Hortefeux, qui lui a dit  lors d’un coup de fil : «Elle balance beaucoup apparemment, Hélène». Mais cette conversation a été enregistrée, car le juge van Ruymbeke avait mis Thierry Gaubert sur écoute…

Depuis Hortefeux dément avoir eu accès à l’audition de la princesse et dit qu’il s’était uniquement informé dans la presse…. Personne n’y croit, d’ailleurs le parquet de Paris a ouvert vendredi soir, une enquête préliminaire pour «violation du secret professionnel et recel de ce délit».

L’Elysée embarrassée

Cette histoire de fuites gêne beaucoup l’Elysée d’autant qu’après les inculpations de Bazire et Gaubert, deux amis de Nicolas Sarkozy, le palais a publié un  communiqué maladroit affirmant que le Président Sarkozy n’avait rien à voir dans cette procédure puisqu’il n’était cité dans aucune pièce du dossier. Question immédiate de la presse : comment l’Elysée peut elle affirmer cela sans avoir eu accès au dossier ?  Donc sans violer le secret de l’instruction ? On attend la réponse…

              Visiblement la petite cousine d’Albert II ,( et arrière petite fille d ‘Albert 1er)  a lancé un pavé dans la  mare dont les remous vont se faire sentir jusqu’au sommet de la République.

     

Karachigate: une cousine d’Albert II a provoqué les mises en examens de Bazire et Gaubert

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 septembre 2011 05h22 | Un commentaire>

 

Une cousine d’Albert II est à l’origine de la mise en examen hier, de deux proches de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire. C’est elle, ex-épouse d’un des deux hommes, qui a expliqué le mécanisme des commissions, destinées à alimenter la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995.

Le mariage d'Hélène de Yougoslavie et de Thierry Gaubert, devant Nicolas Sarkozy, maire de Neuilly.

Le mariage d'Hélène de Yougoslavie et de Thierry Gaubert, devant Nicolas Sarkozy, maire de Neuilly.

 

 

Hélène de Yougoslavie, princesse de sang royal descend à la fois du dernier roi de Yougoslavie Alexandre, et du dernier roi d’Italie Umberto. Elle a épousé en 1988 Thierry Gaubert, à la mairie de Neuilly, union célébrée par le maire de l’époque…Nicolas Sarkozy !

 

Karachigate, Balladurgate, Sarkozygate ?

 

Thierry Gaubert fut sous Balladur très proche de l’actuel président. Il accompagnait d’après son ex épouse, l’intermédiaire franco-libanais pour toucher à Genève des commissions en liquide, sur la vente de sous marins au Pakistan. Il les remettait ensuite à Nicolas Bazire directeur de campagne de Balladur. Bazire autre ami de Nicolas Sarkozy, puisqu’il fut notamment le témoin de son mariage avec Carla Bruni.

 

Hélène cousine d’Albert.

 

Je n’apprendrais probablement rien aux fidèles de « place royale ». Hélène de Yougoslavie est à 25% belge puisqu’elle est par sa mère la petite fille du roi Umberto d’Italie et de son épouse la reine Marie José, née princesse de Belgique, sœur de Léopold III. Elle assume d‘ailleurs cette part de belgitude puisqu’un des trois enfants qu’elle a eu avec Thierry Gaubert, se prénomme Léopold. Hélène de Yougoslavie est donc la petite nièce de Léopold III et  la petite cousine d’Albert II.         

  Théoriquement elle n’aurait jamais du quitter les pages « gotha » de « Point de vue », pour se retrouver dans la rubrique judicaire, mais voilà elle a connu il y a trois ans un divorce difficile. Elle a donc décidé de révéler à la police ce qu’elle savait des activités douteuses de son mari, déjà poursuivi à la fin des années 1990 pour détournement de fonds.

 

Cherchez la femme.

 

 Les femmes jouent un rôle clef dans les derniers rebondissements du karachigate, puisque l’ex épouse de l’intermédiaire Ziad Takieddine a elle aussi soulagé sa conscience. Il faut dire que lors de leur divorce Takieddine ne lui avait accordé que 1000 euros de pension alimentaires alors que sa fortune dépasse les 100 Millions. On pourrait en rire, si cette affaire n’avait pas probablement couté la vie à onze ingénieurs français lors de l’attentat de Karachi en Mai 2002.

Ce règlement de compte matrimonial me rappelle une anecdote :

En 1979 Bernadette Chirac avait réussi à faire écarter de l’entourage de son mari, son éminence grise Marie France Garaud pourtant désignée par Newsweek comme la femme la plus puissante de France. Plus tard quand on évoquait avec elle cette péripétie, Mme Chirac répondait : « il faut toujours se méfier des bonnes  femmes… »

Deux proches de Sarkozy dans le colimateur de la justice

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 septembre 2011 05h08 | Un commentaire>

Deux proches de Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, ont été entendus par la justice et mis en examen. Il s’agit d’un rebondissement dans l’affaire des ventes de sous marins au Pakistan dans les années 1990. Une vente qui aurait permis de financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995.

Nicolas Bazire, " l'autre" Nicolas...

Nicolas Bazire, " l'autre" Nicolas...

 

 

 

Nicolas Bazire fut autrefois, avec Nicolas Sarkozy le plus proche collaborateur d’Edouard Balladur, on les surnommait à l’époque les « deux Nicolas ». Bazire a été mis en examen pour complicité d’abus de biens sociaux par le célèbre juge van Ruymbeke.Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly et au ministère du Budget, a lui été mis en examen pour recel  d’abus de bien sociaux.  

Un mystérieux intermédiaire

 

Selon le site d’informations Mediapart, un témoin entendu le 8 septembre par la police a affirmé qu’un intermédiaire, dans le domaine des ventes d’armes, le franco libanais Ziad Takieddine, s’était rendu à plusieurs reprises dans les années 90 à Genève en compagnie de Thierry Gaubert  pour y retirer des fonds remis à Paris à Nicolas Bazire, directeur de la campagne d’Edouard Balladur.

 

Chirac seul, Balladur fauché

 

Début 1995 les sondages donnaient Balladur vainqueur de la présidentielle, face à Chirac et Jospin. A l’époque presque tout le monde à droite avait abandonné Jacques Chirac,  à commencer par Nicolas Sarkozy. Il ne conservait que quelques fidèles : Juppé, Seguin, Baroin, mais il restait le chef du parti gaulliste,  le RPR, et gardait par conséquent  la haute main sur ses finances.

Les balladuriens ont du trouver de l’argent ailleurs, notamment semble-t-il à travers des commissions versées à l’occasion de marchés d’armement, où Balladur avait son mot à dire puisqu’il était premier ministre. Après la victoire surprise de Chirac, la France a cessé sur ordre du nouveau président de verser les commissions à certains intermédiaires pakistanais. Une décision peut être à l’origine de l’attentat de Karachi qui a fait 14 morts dont 11 français, le 8 Mai 2002.

 

Edouard Balladur et son ministre du Budget en 1995.

Edouard Balladur et son ministre du Budget en 1995.

 

 

Et Sarko dans tout ça ?

 

Les  auditions de Bazire et Gaubert sont un nouvel épisode de la guerre que se livrent depuis 17 ans balladuriens et Chiraquiens. Un jour on dénonce les valises africaines de Chirac, un autre les commissions pakistanaises de Balladur…

Cette affaire pourrait elle remonter jusqu’à Nicolas Sarkozy ?  L’avocat des victimes de Karachi pense que oui,  je suis plus dubitatif. Sarkozy n’était pas le trésorier de la campagne, juste le porte parole, et même si on l’a tenu au courant, il est peu probable qu’il ait lui-même manipulé cet argent.

 

Dernière minute:

 Dans un communiqué, l’Elysée a démenti tout lien entre Nicolas Sarkozy et le financement de la campagne d’Edouard Balladur, assurant que le chef de l’Etat n’avait « jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne », dont il était le porte-parole, et que son nom « n’apparaît dans aucun des éléments du dossier

Chirac la relaxe

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 septembre 2011 06h04 | 2 commentaires

L’ancien président Jacques Chirac avait déjà échappé à la comparution devant la justice pour raisons médicales, désormais il a de fortes chances d’éviter toute condamnation. Le parquet a requis hier la relaxe générale pour Jacques Chirac et ses neuf codétenus dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris.

Jacques Chirac ex président et ex maire de Paris.

Jacques Chirac ex président et ex maire de Paris.

 « Il n’y a pas eu de système mafieux à la mairie de Paris, mais des procédures imparfaites ».

Voilà en substance ce qu’ont déclaré les deux procureurs dont le réquisitoire s’est transformé en plaidoirie en faveur de Jacques Chirac. Non il n’y pas eu d’emplois fictifs à la ville de Paris, du moins Jacques Chirac n’a pas monté intentionnellement un système frauduleux.

 

De vrais-faux emplois fictifs

 

On a frisé le vaudeville quand l’un des deux représentants du ministère public a détaillé les 28 emplois incriminés. L’employé établi en Corrèze à 400 km de Paris, effectuait du télé travail. La fille du directeur de science po ne venait pas à la mairie, car elle avait une dispense pour suivre des cours. La collaboratrice qui devait rédiger des fiches de lecture pour le maire, est blanchie car elle a fourni la liste des livres, mais pas les fiches. Un seul poste est effectivement considéré comme frauduleux, celui du chauffeur du secrétaire général du syndicat FO Marc Blondel, payé par la mairie pendant des années, et pourtant le syndicat a remboursé les salaires dés 2003.

 

Un « gentlemen’s agreement »

 

 En fait cette histoire nous fait penser à une procédure à l’américaine, qu’on connait mieux depuis l’affaire DSK. Jacques Chirac et son parti l’UP  ont remboursé à la ville un total de  2,2 millions d‘euros dont 500 000 à la charge directe de l’ancien maire. En contrepartie la ville a retiré sa plainte. La justice a donc pris en compte cette transaction pour clôturer l’affaire, même si ce type d’arrangement n’existe pas en droit français.

 

Une déception

 

Tout ça pour ça ! Lancent ceux qui ont souhaité ce procès pendant des années, d’autant que Jacques Chirac avait toujours répété qu’une fois libéré de son immunité présidentielle, il souhaitait être traité comme n’importe quel justiciable.

Finalement ce n’était pas un justiciable comme les autres, et au fond, on l’a toujours su. Compte tenu de l’état de santé du principal intéressé, et des années qui ont passé, ce procès n’avait plus grand sens, il est venu trop tard.

Quand à l’indépendance de la justice, c’est un peu comme la sainte vierge si elle n’apparait pas de temps en temps, on finit par ne plus y croire.

DSK : une interview trop bien préparée

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 septembre 2011 05h38 | 2 commentaires

 

La presse française est unanime, la prestation de DSK dimanche soir n’a pas convaincu. Elle a laissé aux commentateurs une impression artificielle, trop contrôlée, et au final le téléspectateur est resté sur sa faim, on ne sait toujours pas ce qui s’est vraiment passé dans la suite du Sofitel.

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Je vous cite en  un extrait de la République du centre, un journal départemental mais dont l’éditorialiste Jacques Camus est régulièrement cité dans les revues de presse : «ce n’est pas à Claire Chazal, amie d’Anne Sinclair, qu’il appartenait de conduire cette “interview”, si l’on peut appeler ainsi le déroulé des questions obéissant à un plan préétabli. C’était manifestement trop “propre” et trop “calibré” pour que s’installe la moindre impression de spontanéité et de sincérité sur le plateau.»…

 

Un rôle bien répété.

 Voilà qui résume assez bien l’impression générale, de la presse française, parfois les articles attribuent à Dominique Strauss Kahn du panache, de l’aisance, voire un vrai de talent , « chapeau l’artiste » conclu le progrès de Lyon, mais personne n’a l’air convaincu. Libération va jusqu’à parler de faux pas quand DSK évoque un complot, qualifié par le journal d’invraisemblable scénario. Son numéro de mari repenti n’a pas non plus ému, c’est à se demander si ses conseillers n’ont pas confondu la France et les Etats-Unis. Ce genre de déclaration la main sur  le cœur, plait outre atlantique, souvenez vous de Clinton, en France on n’est pas dupe…

 

  

L’heure d’Hollande.

Deux jours plus tard la presse est en déjà à débattre des conséquences politiques et du mauvais coup qu’aurait fait DSK à Martine Aubry en révélant leur pacte secret sur la présidentielle, « si t’y va, j’y vais pas !  ». Mais est-ce si important ? Les sondages confirment jours après jours l’avance de François Hollande dans les primaires socialistes. Au delà du PS d’ailleurs François Hollande est désormais le politique préféré des français avec 51 % d’opinion favorables.

 

 

 Un coup de pub ?

Cette confession publique devant 13,4 millions de téléspectateurs, a-t- elle au moins mis un point final à l’affaire ? Pas sûr ! Kenneth Thompson l’avocat de Nafi Diallo parle de coup de pub :  « Ce n’était pas une vraie interview, mais un entretien avec une amie de sa femme, qui n’a posé aucune question difficile. C’était une plaisanterie. »…il donne rendez vous à l’ancien patron du FMI, lors des audiences du procès civil. Enfin Tristane Banon a annoncé que si son affaire était classée, elle se porterait partie civile, ce qui provoquerait automatiquement la nomination d’un juge d’instruction.

Au final s’il y a une chose empreinte de justesse dans cette interview c’est bien sa réponse, quand Claire Chazal lui a parlé de son avenir politique : On verra ! 

Les peoplelitiques…DSK, Sarko and co…

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 septembre 2011 00h26 | Un commentaire>

DSK reconnait une faute en direct , mais clame toujours son innocence. Cette interview de 23 minutes au JT a valu une audience record à TF1. Au delà du cas DSK, à l’approche de la présidentielle les chaines de télévison s’arrachent les politiques devenu de vrais « people »USA JUSTICE STRAUSS-KAHN

 

Les chiffres d’audience du JT de TF1dimanche soir pendant le passage de DSK, 13,4 millions de téléspectateurs, ont été spectaculaires soit la meilleure audience d’un JT en France depuis les émeutes de banlieue en 2005.  DSK a fait un carton tout comme d’ailleurs l’émission des socialistes jeudi soir sur France 2 : 5 millions de téléspectateurs… quand on voit ces chiffres on comprend pourquoi les chaines se battent pour obtenir de tels rendez vous, France 2 a marqué le premier point jeudi , TF1 le second dimanche on attend la belle. Je vous ai expliqué récemment que DSK avait choisis Claire Chazal, pour des raisons personnelles, elle connait bien Anne Sinclair, mais je reste persuadé que le fait d’être interviewé par une femme sur un sujet aussi sensible, était soigneusement calculé par ses conseillers en communication de même que la déclaration de contrition, mais pas d’excuse:

« Ce qu’il s’est passé, c’est une faute. Une faute vis à vis de ma femme, mes enfants, mes amis, mais aussi une faute vis à vis des Français. De ce point de vue-là, j’ai manqué mon rendez vous avec les Français. » Avant d’ajouter : « C’est une faute morale et je n’en suis pas fier. Je crois que je n’ai pas fini de la regretter… »

 

 

Un choix stratégique.

 

 Cela dit de telles interviews sont tellement importantes, qu’elles se règlent au niveau de la direction  et même peut être plus haut. Dans ce domaine Nicolas Sarkozy cumule les avantages, c’est lui qui nomme le patron de France télévision, les chaines publiques, mais il est aussi l’ami personnel de Martin Bouygues le propriétaire de TF1, principale télévision privée. C’est un peu comme si en Belgique … enfin…euh… de toute façon ce n’est pas comparable !

 

Politique-people même combat !

 

Pourquoi après des années de désaffection, le public se rue-t-il de nouveau      sur les émissions politiques ou apparentées. Bon d’accord, l’exercice de DSK relevait plutôt du people que du politique, mais indépendamment de l’affaire du Sofitel les politiques ne sont-ils pas devenus des « people », grâce à la télévision ? Et ça même en Belgique : « Joëlle », « Elio », « Didier » passent plus souvent à la télévision que les vainqueurs de la nouvelle star. En France c’est encore plus développé, j’ai vu maintes fois des hommes et des femmes politiques signer des autographes….

 

 Une envie d’autre chose.

 

Reste l’émission de jeudi soir, le débat des socialistes sur France 2, je pense toujours qu’il était soporifique et pourtant il a remporté un très grand succès d’audience. Je pense que là on est face à une demande des français. Ils attendent que ça démarre, que ca débatte, ils attendent la présidentielle. Depuis 2007 Nicolas Sarkozy a monopolisé la parole et créé l’événement. J’ai le sentiment que les français veulent voir autre chose, entendre une autre voix, espérer d’autres analyses, une autre vérité…alors pour l’instant c’est à la télévision. Demain ce sera peut être à l’Elysée…