Archives du août, 2011

DSK: Le rapport médical confirme le viol de Nafi Diallo.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 août 2011 07h12 | 6 commentaires

 

Le site du magazine l’Express publie de larges extraits du rapport médical de Nafissatou Diallo, établi le 14 Mai, juste après son agression présumée par Dominique Strauss Kahn. Le rapport conclu au viol. Pour autant ce scoop  ne remet en cause la possibilité d’un non lieu, lors de la comparution de DSK la semaine prochaine.

 

Kenneth Thompson a reçu l'Express.

Kenneth Thompson a reçu l'Express.

 

 

Ce n’est qu’une péripétie médiatique, car ce rapport s’il était inconnu du grand public est dans les mains de la justice depuis le premier jour. C’est d’ailleurs sur base de ce document médical que DSK avait été incarcéré. Nous sommes une fois de plus dans le jeu du rapport de force entre les deux camps. En recevant l’Express, en lui accordant une interview, et en lui montrant l’expertise médicale,  l’avocat Kenneth Thompson tire en quelque sorte ses dernières cartouches.

 

Un viol au sens médical.

 

Alors bien sûr c’est un rapport accablant qui confirme que Nafi Diallo a souffert d’un déchirement de ligament à l’épaule, et d’une agression brutale au niveau des organes sexuels. D’après l’Express sur le dessin qui figure dans le rapport, la partie inférieure du vagin de la patiente, ce qu’on appelle la « fourchette postérieure », est hachurée au crayon pour marquer l’emplacement d’un traumatisme. Dans son récit fait au médecin, la femme de chambre explique que DSK a déchiré ses collant et essayé de la forcer de la main. Le reste de son récit correspond à ce qu’on savait déjà, jusqu’au rapport buccal et au sperme recraché sur le tapis.

Le rapport conclut: « Diagnostic: agression. Cause des blessures: agression. Viol. »

 

Vérité médicale n’est pas vérité judiciaire.

 

Il est clair que cette publication ne peut que renforcer le camp de l’accusation du moins aux yeux de l’opinion publique. Pour autant, on le répète chaque jour DSK n’a jamais nié cette relation sexuelle, il dit simplement qu’elle était consentie. Le problème c’est que devant la justice américaine, tous les jurés doivent être d’accord pour prononcer une condamnation. Or les zones d’ombre et notamment les questions sur la personnalité de Nafissatou Diallo,  sont suffisantes pour que le procureur Vance ne soit pas persuadé à 100% qu’il arriverait à faire condamner l’ancien patron du FMI.  En droit français ou belge, il y aurait de grandes chances que DSK soit reconnu coupable sur base d’un tel rapport. En tout cas le procès aurait lieu, mais pas obligatoirement aux Etats-Unis.

 

La transaction reste possible.

 

 Le procureur Vance ne peut pas se permettre de dépenser l’argent du contribuable New Yorkais avec un dossier mal ficelé. Aux Etats-Unis les procureurs sont élus. Donc rien de changé, l’hypothèse la plus plausible reste une relaxe au pénal, un procès au civil et probablement tôt ou tard une transaction financière. Ce n’est pas très moral mais c’est souvent comme ça que ça marche, au pays de l’oncle Sam.

DSK : retour à Paris dés le 24 Août ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 août 2011 05h27 | 28 commentaires

Dans une semaine jour pour jour, Dominique Strauss Kahn va comparaitre à nouveau devant le tribunal de New York. Une audience qui pourrait être décisive pour l’ancien patron du FMI, ce sera un peu quitte ou double.

dsk

 

Ses partisans, parient déjà sur leur site internet sur son retour à Paris dés le 24 Août. Et c’est tout à fait possible, depuis sa libération quasi totale le 1er juillet, on sait qu’il sera plus facile de blanchir Dominique Strauss Kahn que de relancer toute

l’accusation. Les observateurs les plus compétents expliquent les reports successif d’audience, plus par la volonté du procureur Vance de démonter sa conscience professionnelle, pour se faire réélire en 2013, que par l’existence de preuves incontournables qu’il faudrait vérifier encore et encore. Le dépôt de plainte au civil début Août par Nafi Diallo, semble aller dans ce sens, ses avocats mettent désormais le paquet sur d’éventuels dommages et intérêts plutôt que sur un renvoi de DSK en prison. 

 

Des charges plus légères.

 

  Pour l’audience du 23 deux hypothèses : dans la première le procureur Vance, abandonne les charges les plus lourdes et requalifie les faits par exemple en attentat à la pudeur. Il serait alors possible que DSK qui n’a jamais nié la relation sexuelle, accepte une transaction, et l’affaire serait réglée. Sauf qu’il a toujours proclamé sa totale innocence et qu’il était pour lui, hors de question de plaider coupable, même partiellement.

Deuxième option, Cyrus Vance abandonne toutes les charges pénales faute de preuve, DSK est totalement libéré, et l’affaire se traitera au civil. Les avocats de Nafi Diallo ont fait savoir qu’ils essaieraient de recueillir le maximum de preuves pour démontrer le comportement violent de DSK avec les femmes. On connait l’affaire Tristane Banon en France, mais Kenneth Thompson chercherait des témoignages, parmi le personnel des hôtels que fréquentait l’homme politique, et même auprès des hôtesses d’air France. Une rumeur démentie par la compagnie, mais confirmée par certains stewards, affirme que quand DSK prenait le Paris New York, Air France s’arrangeait pour que le personnel de la  première classe soit exclusivement masculin.

 

Une transaction probable.

 

Là encore deux possibilités, soit le procès au civil se tient et ça peut durer dix ans, soit Dominique Strauss Kahn veut en finir et passe dans quelques mois une transaction financière. Au risque de me répéter je pense que c’est le scénario le plus plausible. Le plus fou c’est que bientôt l’histoire va s’accélérer avec l’entrée dans la campagne présidentielle, et que dans un an tout cela nous paraîtra très, très lointain. Avec peut être un DSK occupant de hautes fonctions, dans une France présidée par François Hollande ou Martine Aubry….

Chirac joue les vedettes à St Tropez

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 août 2011 00h34 | Ajouter un commentaire

 

Alors que Nicolas Sarkozy termine ses vacances sous bonne garde au Cap Nègre, dans la propriété de Carla Bruni, son prédécesseur Jacques Chirac, toujours très populaire, s’est taillé un joli succès sur une terrasse à St Tropez.

Bernie a mis bon ordre !

Bernie a mis bon ordre !

 

Ça s’est passé dimanche à l’heure de l’apéritif, Jacques Chirac qui est en villégiature chez l’homme d‘affaire François Pinault, s’est installé avec lui à la terrasse de Sénéquier, rendez vous des stars depuis les années 60, et la grande époque de Brigitte Bardot.  Vêtu d’une veste claire et d’un pull beige l’ancien président a passé un bon moment à la terrasse ou il aurait croqué pas mal d’amuses gueules et dégusté trois « pina collada » un célèbre coquetel à base d’ananas, de rhum et de lait de coco. Immédiatement reconnu par les passants il s’est prêté de bonne grâce aux photos, aux autographes et même aux bisous que voulaient lui faire les enfants…

 Agé de 78 ans, il était apparu fatigué à son arrivée sur la Côte d’Azur la semaine dernière, mais là au contact du public, il retrouvait un peu d’énergie et de cet entregent qui a fait de lui pendant très longtemps, le meilleur candidat de la politique française, même s’il n’était pas toujours meilleur élu.

 

39ème au classement du JDD.

 

Au moment où il rencontrait ce petit succès à St Tropez, le JDD, journal du dimanche publiait la liste de français de plus populaires, mettant une fois de plus en tête Yannick Noah, devant Zidane, Mimi Mathy et Simone Veil.

Jacques Chirac n’arrive que 39ème dans ce classement, mais c’est quand même onze places devant Nicolas Sarkozy classé 50 ème. Il y avait de quoi s’offrir une nouvelle « pina collada » pour fêter ça, mais c’est à ce moment là que Bernadette Chirac est venue siffler la fin de la récréation. Arrivant vêtue d’un jogging blanc, avec son petit chien elle a repoussé les photographes et les admiratrices et fait comprendre à son mari qu’il était temps de rentrer. D’après les témoins on se serait cru dans un bon vieux bar tabac PMU, avec grand mère qui vient cherchez papy qui a trop trainé à l’apéro après son tiercé.

 

Bernie a tout remis en ordre.

 

Toujours entouré de fans, papy Jack a continué à poser…Un peu irritée Mme Chirac est donc aller discuter quelques minutes avec Mme Pinault à l’intérieur de l’établissement, puis comme par hasard une voiture est arrivée et ses gardes du corps ont gentiment embarqué l’ancien président pour le ramener à la maison. Assez content de son petit effet Jacques Chirac a quitté la terrasse en saluant les touristes d’un grand geste de la main, pour peu on se serait cru au salon de l’agriculture. Il faut dire qu’à St Tropez aussi, on croise de fameux spécimens…

La véritable fin des trente glorieuses

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 août 2011 06h46 | Un commentaire>

Après les folles rumeurs qui ont provoqué les sursauts de la bourse ces derniers jours, le débat fait rage en France, un scénario à la Grecque est-il possible pour l’hexagone ?

 

Quotes

 

 Il y a une semaine la réponse aurait été non, mais après la folie des marchés qu’on a connu depuis lundi les experts s’affrontent. Vous avez les raisonnables qui rappellent que la France est un pays riche, encore noté AAA par les agences, que les Etats ne tombent pas en faillite, et puis vous avez les pessimistes qui affirment que tout est possible.

 

Qui paie ses dettes s’enrichit !

 

 Les économistes les plus sereins expliquent que pour éviter le pire il faut  rassurer les marchés financiers qui détiennent une grande partie de la dette française, 1700 milliards d’euros. Ils veulent savoir quand et comment ils seront remboursé. Et c’est là que ça devient crucial sur le plan politique. La France n’a pas connu de budget en équilibre depuis 1974, en gros depuis la première grande crise du pétrole, pourquoi ? Tout simplement parce depuis aucun gouvernement n’a voulu se priver de la possibilité de financer et de développer : la santé, la défense, l’éducation, la justice, la culture, l’aide sociale, les transports etc… Et tout ça sans augmenter les impôts, bien sûr.

Pierre Messmer Premier Ministre de 1972 à 1974.

Pierre Messmer Premier Ministre de 1972 à 1974.

 

Une révolution culturelle.

En 1974 on sortait des trente glorieuses, la société était habituée à une croissance forte permanente, en France de l’ordre de 5%, et à l’augmentation régulière des dépenses. Pas question de s’arrêter net, le déficit s’est donc substitué à cette croissance disparue, et bien des pays européens se retrouvent aujourd’hui dans la situation des ménages surendettés qui croulent sous les intérêts. Il va falloir se serrer la ceinture, alors qu’il faut payer les études des enfants, changer la voiture et réparer la chaudière ! Et ce n’est pas une mauvaise passe, ça durera peut être des années, des décennies. Nous sommes face une véritable révolution culturelle, les pays occidentaux vont devoir radicalement changer de mode de vie, comme le ménage surendetté qui, s’il veut payer les études des enfants, va devoir prendre le bus ou se doucher à l’eau froide.

Les lendemains qui déchantent.

Je ne sais pas ce que cela signifie pour un pays comme la France : suppression de fonctionnaires ? Baisse des budgets militaires ? Limitation des aides sociales ? Augmentation de la TVA et des taxes diverses ? Mais je n’aimerais pas me trouver dans la peau d’un de ces candidats à la présidentielle qui va se retrouver dans une campagne électorale, où il n’aura rien d’autres à promettre, pour paraphraser Churchill, que des impôts, de la  rigueur…et  des larmes !

Bourse: La corbeille est pleine

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 août 2011 06h06 | Ajouter un commentaire

Nicolas Sarkozy a interrompu hier ses vacances pour convoquer à l’Elysée une réunion sur la crise financière. Le gouvernement français a décidé d’annoncer le 24 août des « décisions définitives » pour réduire les déficits. Ces questions économiques pourraient beaucoup influencer la campagne présidentielle.

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28 octobre 1966, salle de fête de l’Elysée. Le Général De Gaulle tient une de ses fameuses conférences de presse. Il est assis derrière un bureau, et répond mi sérieux mi goguenard aux questions de journalistes, installés au pied de l’estrade, je l’entends comme si je l’avais vécu « …La Bourse, en 1962 était exagérément bonne. En 1966, elle est exagérément mauvaise, mais vous savez, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille. » Éclats de rire et applaudissements de toute la presse.

 

Adieu Charles, by by Colbert…

 

Les temps ont changé, la réunion d’hier nous l’a prouvé, désormais la politique de la France se fait bien à la corbeille. Dans un pays qui depuis Colbert a connu trois siècles d’économie dirigée, c’est très difficile à accepter. Dans un genre différent Edith cresson, Premier Ministre, avait déclaré en 1990 lors d’une conversation téléphonique : « la bourse j’en ai rien à cirer ! » Or elle avait une formation d ‘économiste et elle avait même dirigé une filiale du groupe Schneider. Les hommes et les femmes au pouvoir  aujourd’hui ne reprendraient pas ces propos à leur compte. Ils jouent le jeu,  ils y croient, ils ont changé, mais les français eux ont ils changé ? Rien n’est moins sûr ! Si l’on additionne, les intentions de vote des candidats présidentiels « anti système » : Marine le Pen à droite Mélenchon à gauche, Eva Joly chez les écologistes, etc…On dépasse largement les 30 % d’intention de vote. Je vous rappelle qu’en 2005, les français ont rejeté le projet de constitution européenne, notamment parce qu’il gravait dans le marbre les principes libéraux, dits de la bonne gouvernance économique.

 

Une carte pour Sarkozy.

 

Paradoxalement c’est l’un des principaux atouts de Nicolas Sarkozy. Les socialistes sont déchirés entre leur culture d’origine, dirigiste,  et la volonté de démontrer leur compétence économique. Leur refus ces jours-ci de voter l’inscription de la  « règle d’or », l’interdiction des déficits, dans la constitution française, montre bien leur embarras. Nicolas Sarkozy aura beau jeu de les désigner comme de mauvais gestionnaires, mais s’ils lui cédaient, les socialistes risqueraient de décevoir tous ces français qui pensent que la corbeille est pleine !

Il leur faudrait un type compétent pour les aider, genre ancien directeur du FMI…mais je crois que ça ne va pas être possible…

 

La corbeille de la bourse de Paris supprimée en 1987, remplacée par des ordinateurs.

La corbeille de la bourse de Paris supprimée en 1987, remplacée par des ordinateurs.

 

 

Extrait de la conférence de presse du général De Gaulle du 28/10/1966:

 

http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-economique/video/I00013080/charles-de-gaulle-la-politique-de-la-france-ne-se-fait-pas-a-la-corbeille.fr.html

 

 

 

La retraite de Luc Ferry

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 août 2011 05h01 | Un commentaire>

Le philosophe Luc Ferry, ancien ministre, qui avait défrayé la chronique au début de l’affaire DSK,  a annoncé qu’il allait prendre sa retraite de l’Université. En Juin, le Canard enchaîné avait révélé qu’il touchait 4500 euros par mois sans donner le moindre cours.

Luc Ferry

Luc Ferry

Quand j’entends le mot retraite, je pense bien sûr à la juste la pension de vieillesse du courageux travailleur, je pense à la retraite religieuse, temps de réflexion hors du temps ; je pense aussi à la retraite stratégique, cette manÅ“uvre qui permet à une armée de prendre du recul pour rassembler ses forces avant de repartir au combat. Je pense enfin à la retraite ultime, la retraite de Russie, la défaite, la débâcle…

Un « salonard » disait Chirac

 Ce qui arrive à Luc Ferry c’est un  peu les trois à la fois. En mai, juste au début de l’affaire DSK, Luc Ferry personnage très médiatique qualifié de « salonard » par Jacques Chirac, déclare au cours d’une émission de télévision que des affaires comme celle là tout le monde en connait, et que lui-même a eu vent d’un scandale pédophile qui aurait impliqué au Maroc, un de ses anciens collègues ministres. Immédiatement ces propos font boule de neige, Ferry est sommé de s’expliquer, de donner des noms, il est même convoqué par la police. Et là tout penaud, il doit bien reconnaitre qu’il n’a fait que répéter des propos de salon, des rumeurs, sans aucune preuve.

Un « pantouflard » écrivait le Canard.

Deuxième acte : quelque jours plus tard le Canard enchaîné révèle qu’il touche 4500 euros par mois de l’Université de Paris pour des cours qu’il ne donne plus depuis des années. Luc Ferry se défend, il affirme qu’il est en fait détaché de l’Université comme « président délégué du Conseil d’analyse de la société », un organisme  qui dépend du Premier Ministre. Ils seraient ainsi dés dizaines d’universitaires à continuer à percevoir leur salaire de professeur, tout en occupant d’autres fonctions. Le Canard en remet une couche en expliquant que la délégation a cessé en septembre 2010, et que le professeur Ferry aurait du assurer 192 heures de cours cette année, ce qu’il n’a pas fait. Au bout du compte les services du Premier Ministre ont remboursé à l’Université les salaires de l’année, quant à Luc Ferry âgé de 60 ans, il vient donc de demander sa mise à la retraite.

Retraite n’est pas débâcle

 Morale de l’histoire : il vaut mieux fermer sa g… quand on n’a rien à dire, surtout si vous côtoyez des amis toujours prêts à informer le Canard de vos petits secrets. Quant au flamboyant philosophe, désormais pensionné, on peut penser que sa retraite n’est que stratégique….et qu’on le reverra tôt ou tard sur les plateaux de télévision. Car les « Bérézina » médiatiques, quoique cruelles, sont rarement meurtrières…  

DSK : Nafi Diallo porte plainte au civil

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 août 2011 06h27 | 5 commentaires

Nouvelle étape dans l’affaire DSK, hier l’avocat de Nafissatou Diallo a déposé plainte au civil dans l’espoir d’obtenir d’importants dommages et intérêts. C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour l’ancien patron du FMI.

Bonne nouvelle car cela confirme ce qui se murmure depuis plusieurs semaines, le procureur Vance devrait abandonner les charges les plus graves contre Dominique Strauss Kahn, peut être dés sa comparution dans quinze jours le 23 août. Il n’y aurait alors pas de procès pénal, DSK pourrait retrouver sa pleine liberté, et même clamer partout qu’il est innocent et qu’il a été victime d’un coup monté ou d’un emballement médiatique.

Kenneth Thompson

Kenneth Thompson

 

 Bad news from the Bronx.

 Mauvaise nouvelle, car Kenneth Thompson l’avocat de la femme de chambre a anticipé le coup en déposant cette plainte au civil devant un tribunal du Bronx, le lieu de résidence habituel de Nafi Diallo. Il avait le choix entre le Bronx et Manhattan, il a préféré le quartier pauvre peuplé essentiellement d’afro-américains et de latino-américains, pour bénéficier d’un jury plus proche de la victime, que la population blanche et aisée du centre de New York.

 Selon les sources, il devrait  réclamer plus de 20 millions de dollars pour sa cliente, et en vertu de la loi américaine il pourrait en empocher lui-même un important pourcentage…à titre d’honoraires.

 

Des années de procédure.

 

Le problème c’est que le procès pourrait prendre plusieurs années avant d’aboutir, le tribunal est débordé et la première audience pourrait attendre un an.  Ensuite les avocats de DSK auront tout loisir pour multiplier les artifices de procédure et rendre les délais de plus en plus en plus lointain. Il arrive aux Etats Unis  qu’une procédure au civil soit bouclée bien des années après la conclusion du procès pénal.

En revanche,  il n’est pas rare qu’un prévenu acquitté au pénal soit condamné au civil, on connait le cas de l’ex star du football américain OJ Simpson lors de son premier procès. Plus précisément cette cour du Bronx a condamné en 1994 à 43 millions de dollars de dommages, un blanc qui avait tiré sur des jeunes noirs qui le harcelaient dans le métro. L’un d’entre eux en était resté paralysé. Or l’homme avait été acquitté au pénal 10 ans plus tôt.

 

Vers un accord négocié.

 

 En conséquence  cette plainte pourrait rester suspendue au dessus de DSK comme une épée de Damoclès pendant de longues, de très longues années. C’est pourquoi, on reparle d’un accord à l’amiable, et d’une transaction financière entre les deux parties. Nafissatou Diallo y trouverait l’avantage de toucher tout de suite son argent, quant à DSK, il aurait de nouveau les mains libres, à condition bien sûr, de les rendre un peu moins…  baladeuses…

 

Les agences de notation, un danger pour la démocratie ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 8 août 2011 06h20 | 3 commentaires

En dégradant la note de la dette de long terme des États-Unis, l’agence de notation Standard and Poor’s a pris une décision historique qui a mis une grosse pression sur les autres pays notés «AAA», comme la France. C’est l’occasion pour de nombreux français de découvrir l’existence de ces agences, et l’extraordinaire pouvoir qu’elles exercent aujourd’hui.

 

Jean Michel Six

Jean Michel Six

 

C’est un monsieur en costume gris, qui présente bien. Il parle à la télévision et déclare d’un ton rassurant : « nous n’envisageons pas pour l’instant de dégrader la note de la France », et tout le monde d’un coup paraît soulagé. Je n’avais jamais vu ce monsieur : Jean Michel Six, économiste en chef de l’agence Standard and Poor’s pour l’Europe

 

 Le censeur 

 Autrefois quand il avait une menace de krach, on voyait à la télé le Président, ou le Premier Ministre, qui disait : « on va s’en sortir, rassurez-vous, nos fondamentaux restent positifs… » et là fini ! C’est monsieur Standard and Poor’s, qui se permet de dire quelque chose comme : « oui, si la France fait des efforts il est possible qu’on ne lui dégrade pas sa note, mais il va falloir se serrer la ceinture, et filer droit.  Et vous pouvez vous estimez heureux parce que le p’tit Barack, lui on l’a mis au coin. »

  Dans ma grande naïveté  je pensais que le pouvoir dans les démocraties était exercé par les gouvernements, démocratiquement élus, et que c’est eux qui décidaient pour des raisons politiques d’instaurer la rigueur, ou au contraire de creuser les déficits, par exemple pour relancer la consommation. Mais dans le monde moderne les gouvernements n’ont pas grand chose à dire, ce sont les agences de notation qui décident, et vous pourriez voter bleu, rouge, vert, aux prochaines élections ça ne changerait rien.  Si en plus, vous débattez  du bien fondé d’un plan de rigueur par exemple entre démocrates et républicains, comme aux Etats-Unis,  alors  pan ! On vous dégrade ! Parce que débattre c’est démontrer son instabilité…

 

L’agenzia a sempre ragione !

 

Le plus drôle c‘est ces agences sont elles, totalement irresponsables, au sens politique et juridique du terme. Leurs avis ne sont que des opinions, elle n’ont aucun compte à rendre sur les éventuelles conséquences des notes qu’elles distribuent…

La France est toujours classée AAA, mais demain il y aura une campagne présidentielle, et on verra peut être à la télévision le représentant de Standard and Poor’s nous expliquer que comme la gauche et la droite s’opposent en France, il n’est pas possible de maintenir la note maximum. En effet le débat (et donc l’élection ) est inutile puisque quoiqu’il arrive, c’est l’agence qui a raison.

 

 

Lagarde au Tapie ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 août 2011 06h44 | Un commentaire>

 

Après l’affaire DSK, l’affaire Lagarde !  La Cour de justice de la République, a décidé d’ouvrir une enquête sur Christine Lagarde, pour «complicité de faux et de détournement de fonds publics». On reproche à la directrice générale du FMI, d’être intervenue pour faciliter le règlement du conflit entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais, au grand bénéfice de l’ancien propriétaire d’Adidas.

 

lagarde

 

285 millions d’euros c’est ce que Bernard Tapie a obtenu du tribunal arbitral. Pour simplifier, l’homme d’affaire reprochait à sa banque de l’avoir grugé sur la revente d’Adidas, le fleuron de son groupe. La procédure durait depuis des années, quand elle passée des mains de la justice ordinaire, à une sorte de tribunal privé, constitué de trois personnalités. Christine Lagarde à l’époque ministre de l’économie et des finances aurait favorisé la constitution de ce tribunal, puis ensuite demandé à ses services de ne pas faire appel de la décision. Au moment où Tapie possédait Adidas, le Crédit Lyonnais était une banque publique et c’est donc l’Etat français qui a payé les dédommagements accordés.

 

C’est pas sa copine !

 

Interrogée en juillet 2008 sur son implication elle avait trouvé une réplique bien tournée,  « Est-ce que vous croyez que j’ai une tête à être copine avec Bernard Tapie ? ». C’est vrai qu’on imagine mal l’avocate internationale, ancienne championne de natation synchronisée, bras dessus, bras dessous dans les tribunes de l’OM avec l’inénarrable Nanar. En revanche, elle a aussi déclaré dans la même interview :« Est-ce que vous pensez que j’ai reçu des instructions pour le protéger ? ».  Et là c’est moins sûr, et c’est justement ce que la cour de justice de la République, l’organisme chargé de juger les ministres, va essayer de découvrir au cours de l’instruction. C’est très sérieux, elle risque dix ans de prison et 150.000 euros d’amende. Sans oublier que le FMI pourrait lui demander, comme à DSK , de démissionner de ses fonctions. Il est prévu dans son contrat qu’elle devra : « éviter même l’apparence d’une conduite inconvenante».  Bien sûr, elle n’a pas violé le garçon d’étage, mais si jamais elle était formellement mise en examen, le FMI pourrait considérer qu’elle a eu une conduite « inconvenante », c’est à dire ne convenant pas à ses fonctions.

 

tapie

 

Sarko, Nanar, même combat ?

 

Elle affiche pour l’instant sa confiance, d’autant qu’elle a abordé la problématique Tapie lors de son entretien d’embauche, et que visiblement ce ne fut pas rédhibitoire.

Maintenant qu’en est-il du fond ? Difficile à dire, mais on pourrait remarquer que Bernard Tapie, ancien ministre de François Mitterrand, membre du parti radical de gauche, a fort opportunément soutenu Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2007.

Or, si Christine Lagarde n’a pas une tête à être copine avec Nanar… Sarkozy lui…

 

 

 

DSK : L’affaire Banon pourrait faire pschitt

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 août 2011 06h41 | 33 commentaires

  

L’affaire Banon embarrasse beaucoup le parquet de Paris. Après avoir entendu de nombreux témoins, les policiers ont la conviction qu’il s‘est bien passé quelque chose, entre la jeune journaliste et DSK, mais pas forcément une tentative de viol, au sens juridique du terme.

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Ce fut  le feuilleton de la fin juillet, le défilé des personnalités devant les policiers de la BRDP, la brigade de la répression de la violence aux personnes. François Hollande, la députée socialiste Aurélie Filipetti, la mère de Tristane Banon, Anne Mansouret, l‘ex épouse de DSK, leur fille Camille, et même Patrick Poivre d’Arvor qui à l’époque des faits était un confident de Tristane Banon.

 

Parole contre parole.

 

 On a appris beaucoup de choses, notamment qu’Anne Mansouret et avait eu une relation sexuelle consentie  mais brutale avec DSK dans un bureau de l’OCDE, que Camile Strauss- Kahn contestait avoir été l’amie de Tristane Banon; que François Hollande n’avait pas grand-chose à faire dans cette galère et que ses proches accusaient le Figaro, journal de droite, d’avoir tout fait pour le discréditer. Mais on n’en sait pas beaucoup plus, sur ce qui s’est réellement passé. C’est la parole de Tristane Banon contre celle de DSK dont je vous rappelle qu’il a porté plainte pour dénonciation calomnieuse.

  Si cette affaire ne concernait pas des personnalités aussi médiatiques, elle aurait probablement déjà été classée sans suite. En effet les policiers qui mènent les interrogatoires, et qui sont spécialisés dans ce type de délits, considèrent qu’il s’agit plus d’une agression sexuelle que d’une tentative de viol. En droit français la tentative de viol est prescrite au bout de 10 ans, en revanche ce n’est que trois ans pour l’agression sexuelle. Les fait s’étant déroulé il y a 8 ans, le calcul est simple : si c’est un viol un procès est possible, si c’est une agression il y a prescription.

 

Un automne à Paris ?

 

   Pour mettre un point final à l’enquête les policiers souhaiteront sans doute entendre Dominique Strauss- Kahn lui-même, quitte à le rencontrer à New York.

D’après plusieurs journaux français, la procédure pourrait être bouclée par un non lieu  avant le 16 septembre, date du départ pour d’autres fonctions de l‘actuel procureur de Paris, Jean Claude Marin. On saura le 23 août ce qu’il advient de la procédure américaine, mais si le procureur Vance devait finalement renoncer à ses accusations, DSK aurait toutes les chances de passer un automne tranquille à Paris.

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