Archives du juillet, 2011
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Une nouvelle fois un soldat français a été tué en Afghanistan portant le bilan à 6 morts en deux jours. En plein 14 juillet le président Sarkozy a convoqué une réunion d’urgence, il a demandé que face aux attaques suicides, le nouveau mode d’action des talibans, la France réorganise la sécurité de ses 4000 soldats déployés sur place.

Soldats français au contact de la population en Afghanistan.
Le 14 juillet jour de fête nationale, la France a atteint le triste bilan de 70 soldats tués en Afghanistan. Il y avait beaucoup d’émotion chez les militaires qui ont défilé sur les Champs Elysées, mais pas de révolte, ce sont des soldats de métier. Ils acceptent le risque, la mort figure dans leur contrat, même si l’un des 5 hommes tués mercredi n’était pas un combattant, mais un cameraman du service de presse de l’armée.
Avoir 20 ans chez les Afghans.
 La France va donc revoir sa stratégie, ce n’est pas anodin, car sur le terrain les français appliquent  une technique très différente des américains, ces derniers sortent peu de leurs bases, et quand ils se déplacent c’est en force dans des véhicules blindés. Les français, au contraire, essayent de se mêler à la population, patrouillent à pied dans les villages, organisent des distributions de nourriture, de médicaments, de jouets. Cette tactique leur vient de la guerre d’Algérie, quand il fallait autant conquérir les âmes et les cœurs, que des objectifs militaires.

Alain Delon officier français en Algérie dans le film "les centurions."
Comme au temps des « centurions ».
A bien des égards, la guerre d’Afghanistan ressemble aux yeux des français à la guerre d’Algérie, l’adversaire est insaisissable, mélangé à la population, soutenu souvent par les villageois. Au final en Algérie, la  technique du contact avec la population n’a pas été payante, et même si le cinéma a surnommé les parachutistes de cette époque, « les centurions », leurs successeurs, se heurtent aux mêmes problèmes : rencontrer la population c’est forcément se découvrir, indiquer où on est, servir de cible.
Priorité à la sécurité.
La France va probablement  se rapprocher de la méthode américaine, l’objectif désormais, n’est plus de gagner les cœurs, et de détacher la  population des talibans, mais de réussir la transition vers le retrait total en 2014, en perdant le moins d’hommes possible. C’est tout simplement un constat d’échec !
Alors que Paris applaudit le défilé militaire du 14 juillet, cinq soldats français ont été tués en Afghanistan dans un attentat suicide contre un convoi militaire. Cet attentat intervient 24 heures après une visite de Nicolas Sarkozy sur place.
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Je me réjouissais  aujourd’hui de vous parler du 14 juillet et du défilé, et notamment de ce Haka, cette danse guerrière popularisée par l’équipe de rugby de Nouvelle Zélande, les « all blacks »…des soldats originaires de l’Océanie française, en ont préparé un à leur manière, pour l’interpréter devant Nicolas Sarkozy, il y aurait eu matière à sourire, car on leur a interdit de tirer la langue devant le président, or ça fait partie des grimaces caractéristiqueS des Hakas.
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Le deuil au cœur de la fête nationale.
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Mais voilà , le deuil l’emporte sur la fête, des soldats français sont morts en Afghanistan, 5 de plus, 17 depuis janvier, 69 depuis le début de l’opération anti taliban en 2001.  Nicolas Sarkozy présent à Kaboul mardi a déclaré : « il faut savoir terminer une guerre ! » en annonçant le retrait total des français pour 2014. Oui, il faut savoir terminer une guerre, mais en général il vaut mieux la gagner, or celle là nous sommes en train de la perdre. C’est vrai, plus personne ne parle de victoire, on évoque simplement des objectifs atteints. Bien sûr?Al Qaeda est en partie démantelé, et Ben Laden est mort, mais les Talibans sont partout, tuent presque chaque jours des soldats américains, contrôlent des provinces entières, et se sont même permis d’assassiner il y a 48h le frère du président Karzai, personnage controversé certes, mais le message est clair :
dès que les occidentaux partiront le régime subira l’assaut final.
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D’étranges tractations.
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On se rassure en disant qu’il faudra bien un jour transférer la responsabilité du pays à l’armée régulière afghane, mais quels que soient ses formateurs, américains, français allemands… belges ! Tout le monde sait bien qu’elle n’est pas au niveau. Que se passera-t-il ? des négociations sont en cours, et les gouvernements occidentaux espèrent qu’un  accord entre Karzai et de prétendus talibans modérés aboutira à un nouvel équilibre. Fantasme, dans ce pays ingouvernable, où les tribus irrédentistes s’allient et s’affrontent depuis la nuit des temps, et d‘ailleurs est ce pour ce résultat mitigé qu’on se bat depuis dix ans ?
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Le retour des Talibans.
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Le risque c’est de revoir en quelques semaines les Talibans à Kaboul, le retour de la lapidation des femmes dans les stades, et peut être Karzai pendu à un poteau d’éclairage, comme son prédécesseur Najibullah.
Je n’aimerais pas ce jour là , être celui qui expliquera aux parents des soldats tués, que leurs enfants sont morts pour rien.
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La notoriété télévisuelle ne peut pas tout, Nicolas Hulot, le célèbre animateur  d’Ushuaia a été battu à la primaire écologiste par Eva Joly.  L’ancienne magistrate l’a emporté avec plus de 58 % des voix. Donné pourtant vainqueur lors de son entrée en campagne, Nicolas Hulot a multiplié les maladresses face à des militants qui se méfiaient de lui.
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C’est une leçon, que pourrait d’ailleurs méditer François Hollande, celui qui serait le meilleur candidat devant les électeurs, n’est pas forcément celui que les militants désignent. D’abord pas de naïveté extrême, certes Nicolas Hulot est une vedette, mais Eva Joly aussi. Elle fut longtemps, le juge le plus médiatisé  de France, et Isabelle Huppert a même interprété son rôle dans « l’ivresse du pouvoir », un Chabrol inspiré de l’affaire Elf. Je connais des écolos qui considèrent aussi Eva Joly comme, un gadget, d’ailleurs au début de sa campagne elle maîtrisait assez mal les thèmes chers aux verts, comme la sortie du nucléaire.
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Hulot bête noire des verts ?
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Hulot, trainait le fait de s’être enrichi et d’avoir associé son émission à des marques comme Rhône Poulenc, fleuron de l’industrie chimique. Il a eu droit à tout, de la part des « khmers verts », les cris, les insultes, et même des jets de légumes au visage. Il a aussi mal mené sa campagne, peut être par naïveté ou inexpérience. Le tournant fut cette réunion publique où il a reconnu sous les huées, qu’il aurait pu s’allier avec Jean Louis Borloo, ex ministre de Nicolas Sarkozy.
C’est le nœud du problème : d’un côté Eva Joly, clairement de gauche, rassemblant les militants les plus âgés et les plus engagés, de l’autre Nicolas Hulot, apprécié des jeunes dépolitisés, qui vivent dans un monde soucieux de l’environnement certes, mais individualistes, et plutôt de centre droit. Comme c’étaient surtout les militants verts qui votaient, Hulot était battu d’avance.
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Eva une candidate plus conforme.Â
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La désignation d’Eva Joly arrange la droite comme la gauche. Hulot aurait mordu sur les deux électorats avec une chance de réaliser un très bon score et d‘imposer ses conditions. Eva Joly, bien à sa place, fera entre 5 et 10%, et soutiendra le PS au second tour. En politique, comme partout, on n’aime pas beaucoup les électrons libres…
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Le procureur Cyrus Vance JR.
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La prochaine audience de Dominique Strauss Kahn à New York a donc été reportée du 18 juillet au 1er Aout,Â
le
procureur Vance a simplement expliqué qu’il fallait poursuivre les investigations. En une semaine la situation s’est une
fois de plus complètement retournée. Comment expliquer qu’il y a 8 jours on voyait DSK libre et qu’aujourd’hui en
quelque sorte, tout recommence…
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On appelle ça l’emballement médiatique, la correspondante de France Inter à New York l’a d’ailleurs très bien expliqué sur son blog : on est là , devant un tribunal pour une audience qui dure trois minutes, on n’a pas grand chose à dire, et puis on voit les dizaines de cameras, les directs sur les chaines tout info, alors on s’emballe, et  puis bien sûr,  pas question de dire le contraire de ce que dit le voisin…et c’est ainsi qu’un jour DSK est voué aux gémonies, le lendemain c’est son accusatrice, et le troisième jour ça retombe et on revient à la raison.
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Un feuilleton « long time ».
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Vous avez peut être suivi les derniers soubresauts, avec notamment ces associations noires américaines qui se mobilisent pour Nafissatou Diallo, vous avez connaissance  des impératifs du procureur Vance qui a besoin d’être réélu, car aux Etats Unis les procureurs sont élus, tout cela est une pièce de théâtre dans laquelle les médias jouent leur rôle de caisse de résonance, sans avoir toujours en main la partition du chef d’orchestre, d’ailleurs y a-t-il  un chef d’orchestre ?
Pour simplifier, ce n’est pas  parce que l’accusatrice a menti en partie, que la tentative de viol n’a pas eu lieu. C’est ça qu’essaye d’expliquer le procureur aux avocats de DSK. L’idée bien sûr, est de parvenir à une transaction, DSK plaiderait  coupable pour les faits les moins graves, serait blanchi pour le reste, et la porte serait ouverte à une négociation à l’américaine : libération totale de DSK contre une grosse poignée de dollars à la femme de chambre. Ce que la justice y perdrait, le niveau de vie la victime ancillaire y gagnerait. Le problème c’est que, semble-t-il, c’est le scénario qu’elle souhaitait dans cette étrange conversation téléphonique en dialecte peul, passé en prison à celui qu’on présente comme son mari. Donc, la défense aura beau jeu de crier à la manipulation !
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Il faudra laisser le temps au temps…
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Logiquement les avocats de Dominique Strauss Kahn ont dit que leur client continuerait à plaider non coupable sur l’ensemble des chefs d’inculpations. Je ne sais pas ce qu’aux tréfonds de son cœur, pense le procureur. En revanche, je sais qu’il les moyens, en multipliant les actes de procédure, de contraindre celui qui aurait pu être le premier en France, à rester très, très, très, très, longtemps un simple citoyen de New York.
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Alors que nous sommes encore à 10 mois de l’élection présidentielle, la politique française ne connait pas de répit, cette fois c’est la socialiste Martine Aubry qui est au cœur d’un réseau de rumeurs sur sa vie privée. A tel point qu’elle a menacé de porter plainte.

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 C’est l’affaire du week end, Martine Aubry a fait savoir qu’elle avait contacté directement des proches de Nicolas Sarkozy pour faire cesser ces rumeurs, et qu’elle envisageait de poursuivre les sites internets qui les colportent depuis plusieurs semaines. Il y a deux rumeurs principales, la première relève de la diffamation classique : son mari l’avocat Lillois Jean Louis Brochent, serait proche de mouvements islamistes, la seconde est assez immonde et je ne la relaierais pas si elle ne figurait pas déjà sur les sites des principaux journaux français. La patronne du PS souffrirait d’addiction à l’alcool et aurait suivit des cures de désintoxication, les uns disent en Provence, les autres en Belgique.
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Rumeurs ou diversion ?
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Cela ne repose sur rien, il n’y aucune preuve  aucun élément d’information, et d’ailleurs cela relève de la stricte vie privée. Il n’y a rien à reprocher à Martine Aubry dans sa vie publique.  Elle-même d’ailleurs n’a pas cité en détail les infamies qu’on déblatère sur elle, parlant simplement de rumeur sur sa santé. Les socialistes sont outrés, François Hollande invité de France 2 hier, a dit « : ça suffit… » Mais la droite se gausse de ces indignations. Hier le chef de l’UMP Jean François Copé accusait Martine Aubry de vouloir faire diversion dans la campagne en attaquant le président Sarkozy sur ces rumeurs,  parce qu’elle n’avait pas de propositions à apporter sur ce qu’il appelle les vrais problèmes des français, l’insécurité ou l’immigration..
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Une campagne au couteau !
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On le sait depuis de semaines, on l’a vu avec DSK avant même l’affaire du Sofitel, cette campagne s’annonce violente, tous les coups seront permis. Les diversions et les affaires seront nombreuses, car personne n’est capable de répondre aux vrais besoins des français, emplois, pouvoir d’achat , logement, santé etc.… Or je crois moi,  que celui ou celle qui l’emportera aura justement eu le courage d’affronter ces questions … Quant aux autres …ceux qui prennent le glaive, périront
 par le glaive … comme disait l’évangile !
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DSK parait définitivement hors course pour la présidentielle française. La décision du procureur Vance de maintenir ses accusations, pourrait le bloquer à New York pendant de très longues semaines. Et pour la première fois, un sondage le donne battu aux primaires socialistes par François Hollande.
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C’est un sondage du Figaro Magazine qui révèle que 38% des socialistes voteraient pour François Hollande contre seulement 33 pour DSK en cas d’affrontement entre les deux hommes. Cette semaine les autres candidats du PS, Hollande, Aubry, Royal, se sont montrés bons camarades, en annonçant qu’ils n’étaient pas contre une modification du calendrier des primaires pour favoriser son retour. Mais ce n’était que formules de politesse, en coulisse tous le disent carbonisé et aucun ne souhaite le revoir prochainement à Paris. C’est un grand classique de la littérature et même de la vie en général, celui qui est parti n’est pas toujours sûr, à son retour,  d’être reçu comme le fils prodigue.
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« Y’pas de veau gras  ».
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  Son sort est plutôt celui du colonel Chabert, ce héros de Balzac qu’on croyait mort, et qui revient à paris 10 ans après sa disparition à la bataille d’Eylau et que personne ne veut reconnaître. Au contraire on veut plutôt l’oublier, car sa femme s’est remariée et a disposé de sa fortune. Et c’est peut être ce qui va arriver à Dominique Strauss Kahn, avant hier un autre candidat PS Manuel Vals, a refusé de réponde à une question le concernant, expliquant qu’il en avait marre de parler de DSK, moi-même je me suis heurté à un tel refus de la part d’une ancienne ministre de François Mitterrand.
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Un avantage pour Sarkozy.
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Beaucoup de socialistes pensent que cette affaire sert Nicolas Sarkozy, car même s’ils n’en peuvent rien, cette image trouble rejaillit forcément sur le PS. D’autant que la presse américaine n’a pas fini de sortir des informations scabreuses. La dernière en date : celui qui était encore le patron du FMI aurait proposé le soir de son arrivée à la réceptionniste de l’hôtel Sofitel, de le rejoindre dans sa chambre après le service.
Au fond je me demande si la comparaison avec le colonel Chabert est bien pertinente…Chabert était ruiné et n’avait pas mérité son sort !
Une malédiction plane-t-elle sur les candidatures olympiques françaises ? Après Paris qui s’est vu refuser les jeux d’été de 2012, Annecy vient d’échouer pour les jeux d’hiver de 2018.
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Cette mésaventure traduit une sorte de mal français, une impossibilité pour la France contemporaine de s’inscrire dans la modernité  du 21ème siècle.
La véritable raclée qu’a subie la candidature d’Annecy pour les JO d’hiver, a quelque chose de terrible : 7 voix pour Annecy, 25 pour Munich et 63 pour les coréens de Pyeongchang qui l’emportent au premier tour …
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Paris aussi.
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 Ca me rappelle la candidature de Paris aux jeux d’été, tout le monde en France était persuadé de posséder le meilleur dossier et pourtant, c’est Londres qui l’a emporté sur le poteau. A l’époque les français, le maire de Paris en tête, avaient été plutôt mauvais joueurs, accusant les anglais d’avoir usé de lobbying mais une candidature olympique c’est aussi une affaire d’influence, de lobbying, et même de mode peut être. A l’époque dans le film de présentation français on voyait des monuments historiques et des acteurs disons « chevronnés » comme Catherine Deneuve, dans le film anglais on découvrait des buildings ultramodernes et de jeunes visages de toutes les couleurs.
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Tradition contre modernité.
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Hier un journaliste de l’Equipe faisait remarquer que le monde change mais que la France elle,  ne changeait pas….Au fond, c’est bien quand il s’agit de défendre le patrimoine et la gastronomie, mais pour emporter la décision du CIO, il faut probablement être un peu plus « «dans le ton ».
C’est comme au concours de l’Eurovision, chaque année on a l’impression que la France n’a pas compris que désormais ça se jouait dans une toute autre cour qu’à l’époque de Marie Myriam. Il est vrai que la candidature d’Annecy n’était pas très bonne, plombée par les démissions, par un budget quatre fois inférieur à celui des Coréens, par les rivalités entre niveaux de pouvoir …et alors ? Où sont l’innovation et la ténacité, les coréens s’y sont repris à trois fois pour l’emporter !
Au moment où la République entre en campagne présidentielle, il faudrait peut être que les candidats ajoutent à leurs programmes quelques idées, pour nous montrer que la France et l’Europe ne sont pas destinées à devenir le musée du monde, pendant que l’histoire se fait désormais ailleurs…
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Alors que les avocats de DSK, espèrent un abandon des charges, et un non lieu rapide, le Figaro a reconstitué la scène du Sofitel du point de vue de la défense. A aucun moment Dominique Strauss Kahn ne nie la relation sexuelle, il conteste simplement son caractère non consenti.
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D’après la correspondante du Figaro à New York, DSK serait bien sorti de la douche complètement nu et serait tombé face à face avec la femme de chambre. Une femme de chambre qu’il n’aurait jamais rencontrée auparavant malgré ses nombreux séjours dans cet hôtel. Ils auraient eu une rapide relation sexuelle, puis Nafissatou Diallo aurait quitté la chambre. Elle serait revenue peu après le départ de DSK, espérant trouver une gratification pour le service rendu. Or la défense répète qu’il n’y pas eu de transaction, ni de promesse de transaction financière entre les deux personnes. Déçue de ne pas avoir trouvé d’argent dans la chambre, Nafissatou Diallo aurait alors monté toute l’histoire du viol, pour toucher d’importantes indemnités.
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Pute et soumise ?
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 Ce scénario sous entend que l’employée de l’hôtel avait l’habitude de monnayer ses charmes auprès de certains clients.
Evidement cette thèse est combattue par l’avocat de la jeune femme qui continue à parler de viol, et qui met en avant les constations faites à l’hôpital sur les traces physiques d’une relation brutale. Par ailleurs la brièveté de l’échange, ne plaide pas pour la thèse d’une relation consentie.
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L’acte reste au cœur du problème.
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L’ennui avec la procédure américaine, c’est que si le procureur abandonne les charges on ne saura jamais ce qui s’est exactement passé dans cette chambre.
Une chose est sure il y a bien eu relation sexuelle entre les deux protagonistes, ça parait tout d’un coup secondaire, mais c’est quand même le cœur du problème. A cet égard il est intéressant de lire sur internet les réactions des militants socialistes : environ la moitié pensent que l’ex patron du FMI  a été victime d’un complot, qu’il est bombé dans un piège, mais beaucoup lui reprochent d’y être tombé, et pas seulement des femmes.
Un vieux militant encarté depuis plus de 40, ans écrivait hier sur un site : « je l’admire beaucoup pour son intelligence  mais je ne voterais plus jamais pour lui. Un dirigeant doit avoir des compétences, mais aussi de la morale et de la vertu. » Â
Ce que certains appellent « La saison 2 de la série DSK », démarre très fort, après l’effondrement de l’accusation américaine vendredi, voici le retour de Tristane Banon ! 8 ans après les faits la jeune écrivaine a décidé de porter plainte contre DSK pour tentative de viol. A Paris on s’interroge, pourquoi a-t-elle attendu si longtemps ?
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Elle a le regard triste Tristane. Même sur les photos posées pour les couvertures de ses bouquins, une sorte de mélancolie, une fracture , une faille, avec derrière quelque chose d’insondable. Faut-il chercher dans l’épisode de violence avec DSK, le moteur qui l’a poussée à écrire une nouvelle sur la mort de Marie Trintignant, un livre sur un enfant battu, ou un récit de viol dans son deuxième roman. Est-ce la frustration de n’avoir pas dénoncé tout de suite, et assez fort, ce que François Hollande à l’époque chef du parti socialiste qualifie aujourd’hui encore d’incident : « J’ai eu connaissance d’un incident . »
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Des mœurs très « françaises ».
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Désormais sa mère, élue socialiste, regrette de l’avoir dissuadée de porter plainte, à l’époque. En France, on ne porte pas plainte contre les puissants et puis les histoires de dérapages ente les hommes et les femmes ça se règle souvent par une paire de claque, des excuses et on n’en parle plus. « Je ne sais pas ce qui m’a pris j’ai pété les plombs » avait dit Dominique Strauss Kahn à la mère de Tristane. Et voilà Tristane qui depuis traine cette histoire qu’elle raconte un jour un peu pompette chez Ardisson, un autre jour presque tragiquement à l’Express. Elle hésite… porte plainte…. porte pas plainte… au risque de perdre toute crédibilité, et de devenir à jamais ce qu’elle redoutait, la fille qui aurait pu être violée par DSK.
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L'Express publie une interview de Tristane Banon
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Un complot ?
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L’Express affirme qu’il ne s’agit pas d’un coup monté et que l’interview publiée aujourd’hui a était réalisée avant le revirement de vendredi. Il ne s’agirait donc pas d’une réaction pour relancer accusations américaines. Mais Tristane a aussi déclaré : « aujourd’hui, de voir Strauss-Kahn libre, dîner dans un restaurant de luxe entre amis, ça me rend malade ». Alors justice ? vengeance ? trop tôt ? trop tard ? Chacun y verra sa vérité, entre un DSK qui nie, et une jeune femme, de 32 ans, pas tout à fait équilibrée, qui lui fait porter le poids d’une vie qui part à la dérive. Tout à l’heure elle se rendra chez le juge pour déposer cette plainte qui a tant attendu. Une plainte, un cri, ça soulage !
Peut être qu’au sortir du tribunal il y aura dans ce regard, un peu moins de la tristesse de Tristane…
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Après les révélations sur les mensonges de sa prétendue victime, Dominique Strauss Kahn paraît tiré d’affaire. On ne se préoccupe plus beaucoup de ce qui s’est réellement passé dans la chambre, et l’accusation pourrait tomber très vite, peut être même avant la prochaine audience prévue le 18 juillet. La question est maintenant sur toutes les lèvres, s’il était blanchi DSK pourrait-il participer à la prochaine élection présidentielle ?
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DSK et Anne Sinclair ont retrouvé le sourire.
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Sur le plan formel, oui, sur le plan politique ça paraît plus difficile. Hier soir encore Martine Aubry a dit à la télévision que s’il voulait revenir rien n’y personne ne s’y opposerait, sous entendu qu’elle est prête comme François Hollande ou Ségolène Royal à bouleverser le calendrier de primaires socialistes. En revanche elle a confirmé qu’elle maintiendrait sa candidature, répétant qu’on ne prenait pas une telle décision à la légère. On revient là  au pacte secret qui liait la première secrétaire, à l’ex- patron du FMI, si l’un y va, l’autre n’y va pas. Martine Aubry semble croire que ce pacte est toujours en vigueur, en toute logique DSK devrait donc renoncer à la présidentielle.
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Un candidat plus si bon.
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 Un sondage publié hier révélait que 49% des français souhaitent son retour 45% non, quoiqu’il arrive il ne serait plus un aussi bon candidat qu’avant les événements de New York.
 Maintenant on fait mine de considérer comme quantité négligeable la réalité des faits, mais il demeure que DSK a reconnu une relation sexuelle avec cette  femme de chambre. Alors acte consenti ou pas ? Tarifé ou pas ? Piège ou provocation ? Il n’en demeure pas moins qu’il a confirmé sa réputation de chaud lapin et de mari volage. Comme il n’y aura vraisemblablement pas de procès chaque citoyen restera avec son intime conviction. J’imagine déjà les arguments employés contre lui par un candidat qui, lui, afficherait le profil du bon père de famille, et qui plus est avec un bébé sur les genoux… suivez mon regard !
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Le risque d’un second Félix Faure.
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 Non ça paraît difficile, et notamment pour toute une frange de l’électorat féminin, qui a projeté sur lui ses déboires conjugaux. Alors on n?’en est plus à un rebondissement près, on dira peut être qu’il a été drogué, qu’il prenait des médicaments développant la libido. Mais sincèrement je vois mal les français envoyer à l’Elysée quelqu’un qui pourrait un jour, comme le président Félix Faure en 1899, mourir au palais victime de ce qu’on a appelé à l’époque, une « Pompe funèbre. »Â

Marguerite Steinheil maîtresse de Félix Faure, surnommée la Pompe funèbre.