Libres !

L'avion s'est posé en bout de piste à Villacoublay.
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Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont arrivés à l’aéroport militaire de Villacoublay. Une arrivée beaucoup plus discrète que pour les précédents retours d’otages, avec d’abord les retrouvailles avec les familles avant l’exposition aux caméras. Evidemment aujourd’hui l’heure n’est pas à la polémique, pourtant de nombreuses questions restent sans réponse, à commencer par la principale : la France a-t-elle payé une rançon ?
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« La France ne paie pas de rançon » clair net précis, Alain Juppé le ministre des affaires étrangères invité du 20h de France 2 mercredi n’a pas laissé à David Pujadas la moindre ouverture pour évoquer la question. Un peu plus tard il a exposé la réalité des choses, la raison d’Etat impose qu’on ne donne pas tous les détails dans ce genre d’affaire.
 De son côté la chaîne  tout info BFM TV a annoncé que la France avait versé une rançon de plusieurs millions de dollars.
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Des conditions ! Quelles conditions ?
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 En fait on ne le sait pas, et on ne le saura probablement jamais. Les Talibans réclamaient de l’argent, la libération de certains prisonniers et le retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Sur ce dernier point on possède un élément de réponse puisque Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière que la France allait commencer son retrait en même temps que les Etats-Unis, dés 2012. Faut- il lier les deux informations ?  Là encore on n’en sait rien, mais depuis plusieurs jours la rumeur courait dans Paris que la libération était imminente. Le patron de « reporter sans frontières » était à Kaboul il y a 48 heures,  le comité de soutien avait reçu des assurances, et donc on a quand même l’impression que cette annonce du retrait militaire a permis de débloquer les choses ;  même si d’après des sources militaires les détails de la libération étaient bouclés depuis janvier. Ensuite  il ya toujours les méandres complexes des groupes à la fois tribaux et terroristes où tout peut basculer en une poignée de secondes, pour peu que tel ou tel n’ait pas obtenu ce qu’il souhaitait.
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Mystère vous avez dit mystère ?
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Toute cette histoire reste très mystérieuse, d’abord il a fallu longtemps avant que les autorités n’autorisent la divulgation des noms des deux journalistes. Ensuite toutes les  vidéos n’ont pas été montrées. On a appris seulement hier que des contacts téléphoniques avaient eu lieu, que des médicaments avaient pu leur être fournis, que les deux garçons ont été séparés pendant plusieurs mois ; et surtout que deux de leurs trois accompagnateurs afghans avaient déjà été libéré dans le plus grand secret.
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Une discrétion nécessaire mais jusqu’où ?
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 La discrétion est le principal atout dans ce type d’affaire aiment à répéter les militaires. Peut être, sûrement puisqu’ils sont enfin libres. A cela, j’ai toujours envie de répondre :  « OK pendant, mais après n’a-t-on pas le droit de savoir ? »
 Pas pour polémiquer sur la somme versée, mais tout simplement pour avoir une idée précise des dangers et des enjeux. Et surtout pour que les rédactions puissent décider en connaissance de cause s’il faut y aller, jusqu’ou et comment ?  Même si au fond les journalistes auront toujours le besoin impérieux et nécessaire d’y aller, pour voir… pour comprendre… pour expliquer…
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