Archives du juin, 2011

Libres !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 30 juin 2011 08h58 | Comments Off on Libres !
L'avion s'est posé en bout de piste à Villacoublay.

L'avion s'est posé en bout de piste à Villacoublay.

  

 

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont arrivés à l’aéroport militaire de Villacoublay. Une arrivée beaucoup plus discrète que pour les précédents retours d’otages, avec d’abord les retrouvailles avec les familles avant l’exposition aux caméras. Evidemment aujourd’hui l’heure n’est pas à la polémique, pourtant de nombreuses questions restent sans réponse, à commencer par la principale : la France a-t-elle payé  une rançon ?

 

« La France ne paie pas de rançon » clair net précis, Alain Juppé le ministre des affaires étrangères invité du 20h de France 2 mercredi n’a pas laissé à David Pujadas la moindre ouverture pour évoquer la question. Un peu plus tard il a exposé la réalité des choses, la raison d’Etat impose qu’on ne donne pas tous les détails dans ce genre d’affaire.

 De son côté la chaîne  tout info BFM TV a annoncé que la France avait versé une rançon de plusieurs millions de dollars.

 

Des conditions ! Quelles conditions ?

 

  En fait on ne le sait pas, et on ne le saura probablement jamais. Les Talibans réclamaient de l’argent, la libération de certains prisonniers et le retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Sur ce dernier point on possède un élément de réponse puisque Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière que la France allait commencer son retrait en même temps que les Etats-Unis, dés 2012. Faut- il lier les deux informations ?  Là encore on n’en sait rien, mais depuis plusieurs jours la rumeur courait dans Paris que la libération était imminente. Le patron de « reporter sans frontières » était à Kaboul il y a 48 heures,  le comité de soutien avait reçu des assurances, et donc on a quand même l’impression que cette annonce du retrait militaire a permis de débloquer les choses ;  même si d’après des sources militaires les détails de la libération étaient bouclés depuis janvier. Ensuite  il ya toujours les méandres complexes des groupes à la fois tribaux et terroristes où tout peut basculer en une poignée de secondes, pour peu que tel ou tel n’ait pas obtenu ce qu’il souhaitait.

 

FRANCE/

Mystère vous avez dit mystère ?

 

Toute cette histoire reste très mystérieuse, d’abord il a fallu longtemps avant que les autorités n’autorisent la divulgation des noms des deux journalistes. Ensuite toutes les  vidéos n’ont pas été montrées. On a appris seulement hier que des contacts téléphoniques avaient eu lieu, que des médicaments avaient pu leur être fournis, que les deux garçons ont été séparés pendant plusieurs mois ; et surtout que deux de leurs trois accompagnateurs afghans avaient déjà été libéré dans le plus grand secret.

 

Une discrétion nécessaire mais jusqu’où ?

 

 La discrétion est le principal atout dans ce type d’affaire aiment à répéter les militaires. Peut être, sûrement puisqu’ils sont enfin libres. A cela, j’ai toujours envie de répondre :  « OK pendant, mais après n’a-t-on pas le droit de savoir ? »

 Pas pour polémiquer sur la somme versée, mais tout simplement pour avoir une idée précise des dangers et des enjeux. Et surtout pour que les rédactions puissent décider en connaissance de cause s’il faut y aller, jusqu’ou et comment ?  Même si au fond les journalistes auront toujours le besoin impérieux et nécessaire d’y aller, pour voir… pour comprendre… pour expliquer…

 

 

 

 

Lagarde, Aubry, place aux femmes !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 juin 2011 05h34 | Comments Off on Lagarde, Aubry, place aux femmes !

Christine Lagarde, la ministre française de l’Économie a été officiellement nommée hier directrice du Fonds monétaire international. Elle succède à DSK et sa désignation, permet à Nicolas Sarkozy d’étouffer dans l’œuf l’effet médiatique de la candidature de Martine Aubry à la présidentielle.

La nouvelle patronne du FMI

La nouvelle patronne du FMI

 

Il était intéressant de comparer ce matin les sites internet du Figaro journal de droite, et de Libération, quotidien de gauche,

Libération tartine sur Martine, le Figaro sur Lagarde, c’est de bonne guerre ! Nicolas Sarkozy a tout fait pour reprendre la main dés mardi après midi, d’abord en s’organisant une visite officielle dans la Sarthe, la région de son premier ministre François Fillon, ensuite en sur-médiatisant la nomination de Lagarde, accompagnée d’un suspens sur le remaniement ministériel qui va en découler.

 

La faute à Dominique.

 

  Résultat les journaux télévisés n’ouvraient pas hier soir sur la candidature Aubry, on peut dire que les stratèges de la première secrétaire du PS, ont mal joué le coup. C’est d’autant plus remarquable que d’une certaine manière tout ça est lié au PS puisque c’est l’affaire DSK, qui a induit la candidature Lagarde, un peu comme si le grand absent se rappelait au bon souvenir de ses camarades.

  Ainsi au FMI, et dans la campagne socialiste DSK est remplacé par deux femmes, singulière ironie du sort, pour celui qui avait un peu tendance à les considérer surtout comme des objets de plaisir. Voici venu peut être, le temps des femmes.

  Christine Lagarde a d’ailleurs souligné sur TF1, qu’elle était la première femme à accéder à la tête du FMI, représentant « l’autre moitié du monde », comme disait Mao, sauf que si je me souviens bien Mao a dit l’autre moitié du ciel. C’est encore plus fort, car en chinois classique le ciel c’est l’univers, les empereurs étaient ainsi les : « fils du ciel… »

 

Tapie, dans l’ombre.

 

 Cela dit Christine Lagarde pourrait revenir très vite sur terre, car on attend pour le 8 juillet la décision de  la Cour de justice de la République, qui a examiné le rôle de Christine Lagarde dans l’affaire Tapie/Crédit Lyonnais, la cour décidera de l’ouverture ou non d’une enquête pour abus d’autorité. Si jamais la nouvelle patronne du FMI était inculpée elle devrait quitter ses fonctions. On n’en est pas là, et cette enquête prendrait de toute façon plusieurs mois.

 

Trois candidats pour Bercy.

Prochaine étape le remaniement ministériel attendu dans la journée. Trois candidats briguent la succession de Lagarde aux finances, Bruno Lemaire, Valérie Pécresse et François Baroin; mais il se dit que d’autres personnalités pourraient entrer au gouvernement dont l’ancien judoka David Douillet. Un atout de poids ( lourd ! ) pour la grande bagarre de 2012.

Martine en primaire.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 juin 2011 10h29 | Comments Off on Martine en primaire.

Mes chers compatriotes,

Les choses se clarifient pour l’élection présidentielle française, Martine Aubry entre dans la course, La première secrétaire du PS s’est déclarée candidate depuis Lille, au premier jour du dépôt des candidatures à la primaire socialiste.

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Le suspense n’était pas insoutenable depuis l’explosion en vol de DSK, il y a un mois et demi, la candidature de la Maire de Lille ne faisait plus aucun doute. Il y avait en effet un pacte entre elle et le directeur général du FMI, si l’un y allait l’autre n’irait pas. Comme DSK est disons, « empêché », la route est ouverte pour la fille de Jacques Delors.

La route est longue.

 Elle n’est pas encore au bout du chemin, en effet ses adversaires au PS n’ont pas l’intention de lui laisser le champ libre, lundi soir Arnaud Montebourg relançait sa campagne dans un théâtre parisien, François Hollande avait prévu une visite dans le Pas de Calais à quelques kilomètres de Lille, le fief de Martine Aubry. Quant à Ségolène Royal elle discute sur internet dans l’après midi avec les citoyens, histoire de créer l’événement et d’occuper le terrain sur les réseaux sociaux.

2ème dans les sondages.

 

Au dernier sondage IFOP publié lundi par France soir, François Hollande est toujours en tête chez les sympathisants de gauche avec 37 % des voix contre 34 à Martine Aubry, Ségolène  Royal est loin derrière avec 13%. Mais ça ne veut rien dire, nous ne sommes qu’au début de la campagne des primaires, les socialistes choisiront leur champion en Octobre.

Dimanche Martine Aubry a reçu le soutien appuyé de Laurent Fabius qui était l’invité du 13h de France 2, l’ancien premier ministre a insisté sur la compétence et l’expérience de la première  secrétaire, qui fut plusieurs fois ministre, alors que François Hollande ne l’a jamais été. Quant à Fabius lui-même il est persuadé de ne pas être en situation de l’emporter, il a annoncé qu’il ferait tout pour que « Martine » gagne.

Un manque de charisme 

Peut-elle gagner ?  La compétence est indubitable, ele a eu l’intelligence de se déclarer directement candidate à l’élection présidentielle et pas à la primaire, mais elle a hérité de son père un côté austère, presque janséniste, qui cadre mal avec la séduction nécessaire dans toute campagne de ce type. Et puis tous ses proches l’affirment,  elle n’avait pas vraiment envie d’y aller. Or pour emporter cette élection il faut le vouloir, toujours et tout le temps, ne penser qu’à ça ne rêver qu’à ça. Comme l’ont fait tous les vainqueurs à commencer par celui qu’elle affrontera peut être :  Nicolas Sarkozy.

Extrait du discours de Martine Aubry prononcé à Lille à 11h30 le 28/06/2011:

… J’ai souhaité aujourd’hui m’adresser à vous.

Dans moins d’un an a lieu l’élection présidentielle. La France a rendez-vous avec la démocratie, c’est-à-dire avec elle-même.

Notre pays subit de grands désordres, désordre économique, désordre budgétaire, désordre social, qui entraînent d’autres désordres dans les vies comme dans les lieux de vie – à l’école, à l’hôpital, dans les territoires. Un pouvoir enfermé dans ses certitudes, a touché à tout sans rien régler.

Je le dis : on ne peut pas innover, créer, soigner, éduquer, et soumettre ces nécessités vitales aux seules lois du marché. On ne peut pas critiquer le pouvoir financier, tout en le laissant continuer ses pratiques détestables. On ne peut pas protéger les Français en imposant les recettes libérales qui les fragilisent.

On ne gouverne pas en opposant les jeunes aux plus âgés, les travailleurs aux chômeurs, les Français aux étrangers. On ne préside pas la France sans porter haut ses valeurs et son identité, qui ont fait l’admiration du monde. Derrière l’apparence de l’énergie, trop souvent confondue avec l’agitation, ce pouvoir a surtout une réalité : une politique injuste exclusivement menée au profit des privilégiés.

Il est temps, il est grand temps que cela change vraiment.

Je veux rendre à la France sa force, sa sérénité, son unité.

Je veux redonner à chacun le goût de l’avenir et l’envie d’un destin en commun.
Aussi, j’ai décidé de proposer ma candidature à l’élection présidentielle.

Une fraude fait tanguer le bac.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 juin 2011 06h59 | Un commentaire>

Le sacro saint bac, l’examen qui sanctionne les études secondaires en France, est sur la sellette à la suite d’une affaire de fraude. Des étudiants ont publié sur le net l’énoncé d’une des épreuves de mathématique. Ils risquent trois ans de prison.

 

Le très convoité sésame pour entrer à l'université.

Le très convoité sésame pour entrer à l'université.

 

 

 

 « C’est une blague de potache », c’est ainsi que l’avocat d’un des trois garçons a essayé d’expliquer le geste de son client. Visiblement le juge d’instruction l’a suivi, car ils ont tout les trois été laissés en liberté alors que le parquet lui, réclamait leur mise en détention. En France frauder aux examens officiels, organisés par l’Etat, est un délit très grave qui peut être sanctionné de trois ans de prison et de 9000 euros d’amende.

 

Une fuite à l’imprimerie.

 

 La police judicaire  a reconstitué le parcours de la fraude : un jeune homme qui travaille dans une imprimerie, aurait photographiée avec son téléphone portable, la page d’une épreuve de math qu’on était en train d’imprimer quelque jour avant l’examen.  Il aurait ensuite transféré cette photo par MMS à quelques copains, et finalement l’un d’entrée eux l’a carrément publiée sur un site  internet.

  Les trois garçons âgés d’une vingtaine d’année ont été mis en examen, c’est le cas de le dire… mais ils sont donc restés en liberté, un  seul d‘entre eux est soumis à un contrôle judiciaire.  La police continue son enquête car elle pense qu’il y a d’autres complices, notamment à l’intérieur de l’imprimerie. Les sujets du bac sont en effet très surveillés, c’est un peu comme imprimer des passeports ou des cartes d‘identité.

 

L’épreuve est maintenue.

 

  Après un moment d’hésitation le ministre de l’éducation Luc Chatel a décidé de maintenir l’épreuve, en demandant simplement aux correcteurs de ne pas tenir compte du problème dont l’énoncé avait été révélé à l’avance. Cette décision  a été contestée mais on peut la comprendre. Sur les 654 000 élèves qui passent le bac cette année, 165 000 composent en filière scientifique, et sont donc concernés par cette fraude. Annuler l’épreuve ça reviendrait à les forcer  tous à recommencer, ce n’est pas évident. Dans une autre affaire  de fraude, pour un BTS, un brevet de technicien supérieur, le ministre a décidé de faire repasser l’examen. Résultat : les étudiant se sont mis en  grève, ont installé un piquet devant la salle, et beaucoup d’entre eux ont décidé de ne pas y aller, au risque de se voir infliger un zéro.

 

Bac or not bac, that is the question.

 

 Cette affaire remet sur le tapis la pertinence du Bac, examen qui remonte à l’époque napoléonienne. Est-il bien raisonnable de juger du travail des élèves sur une seule série d’épreuves, dont le résultat tombe comme le couperet d’une guillotine ?

Pour avoir affronté le Bac autrefois, je peux vous dire à peu près ce que pensent les élèves : avant de passer le Bac ils sont contre, une fois qu’ils l’ont…ils sont pour !

 

 

 

 

 

Les morts de Carla et Marie Jeanne horrifient la France

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 juin 2011 16h01 | Un commentaire>

C’est bien le corps de la jeune joggeuse Marie- Jeanne Meyer , 17 ans,  qui a été retrouvé à moitié carbonisé en Ardèche. Par ailleurs Carla l’adolescente frappée à la sortie de son collège est bien morte à la suite des coups qu’elle a reçus. Deux gamines, tuée en deux jours. Tous les médias s’interrogent sur le niveau de violence atteint désormais par la société française, notamment à l’encontre des femmes. 

 marie-jeanne

 

 

Reportage sur France 2, il y a deux jours, alors qu’on n’avait pas encore retrouvé le corps de Marie- Jeanne et qu’on pensait qu’elle avait peut-être fugué, ou plus probablement qu’elle était tombée dans un ravin. La journaliste va dans le premier parc venu et tend son micro aux joggeuses, elle le dit elle-même, elle n’a pas eu besoin de chercher pour trouver des témoignages. Pratiquement toutes les femmes qu’elle a interrogées, ont connu  un jour un problème : un homme dissimulé nu dans un buisson, un autre qui faisait semblant de courir et qui s’est fait trop pressant, un troisième qui a poursuivi une joggeuse, mais celle-ci très sportive l’a semé etc… etc… Ce fut une découverte, en plein Paris  la plupart des jeunes femmes, courent au moins à deux, jamais après le crépuscule, et certaines sont même armées d’un nerf de bœuf, une matraque…

 

Un uppercut mortel.

 

 

 Reportage hier sur la même chaine à la sortie d’un collège pour illustrer la mort de Carla, 13 ans, tuée à la suite d’une querelle amoureuse par le grand frère de sa rivale. Un garçon de 14 ans qui pratiquait la boxe. Il lui a décoché deux coups dont un uppercut à la mâchoire, qui a provoqué une hémorragie cérébrale. Interrogés à la sortie du collège, les adolescents révèlent une réalité effarantes, les bagarres sont quotidiennes, chacun a vu ou subi des violences. Les rivalités amoureuses pour les filles, le racket pour les garçons.

  Statistiquement en dix ans la violence a augmenté de plus de 40 % chez les collégiens, de plus de 80% chez les collégiennes…

 

Un grand désarroi.

 

   Les spécialistes sont désarmés, devant ces deux phénomènes. Ils expliquent que la violence et le sexe sont devenus quotidiens à la télévision, et donc se sont banalisés, sans parler des jeux vidéo. Des esprits fragiles ou pas encore formés comme ceux des adolescents peuvent se laisser influencer et ne pas faire la différence entre réalité et fiction. D’autres expliquent que dans un monde où plus rien n’est garanti, où les études ne débouchent plus forcément sur un avenir stable, où la pression sociale est de plus en plus forte, les adolescents expriment leur désarroi par la violence.

 

La femme reste une cible.

 

Quant aux femmes il y a un décalage terrible entre la réalité officielle : l’égalité, la liberté, et en face la persistance de comportements prédateurs. Ces deux drames odieux révèlent une société bien malade, le problème c’est qu’il n’y pas de solution à court terme. Il ne suffira pas de mettre plus d’adultes dans les écoles, plus de policiers dans les parcs …et dans le même temps bien entendu le Front National n’a jamais  engrangé autant d’adhésions.

Il y a des matins comme ça, où on se réveille avec la gueule de bois sans avoir rien bu.



Coluche irremplaçable…hélas !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 juin 2011 09h18 | Comments Off on Coluche irremplaçable…hélas !

coluche

Les hommages se sont succédés pour commémorer  la mort de Coluche, le 19 juin 1986, dans un accident de moto. Humoriste, poil à gratter des politiques, fondateur des restos du cœur,  25 ans après son départ il reste plus que jamais présent.

 Une véritable exception !  Thierry le Luron par  exemple qui connut à son époque – un succès immense a pratiquement disparu de mémoires, quant  à Fernand Raynaud, je ne me souviens pas que 25 ans après sa mort, dans les années 90, il ait suscité comme Coluche autant d’élans de nostalgie.

 

Unique !

  C’est donc bien qu’il était unique. Pourtant de humoristes aujourd’hui on en compte par dizaines, des chroniqueurs au vitriol , écument les radios et les télés, Gerra, Bedos fils, Guillon, Zemmour, Foresti etc… Mais rien de comparable à Coluche, pourquoi ?

  Les arguments sur le monde qui a changé, le politiquement correct, l’impossibilité de dire les mêmes choses, me paraissent fallacieux. Les chroniqueurs d’aujourd’hui osent des trucs que Coluche n’aurait pas fait, et en  son temps Desproges allait parfois beaucoup plus loin dans la provocation .

Il serait peut-être aujourd’hui sur le banc des accusés aux côtés de Dieudonné…

 Mais Desproges, était classé comme plus intellectuel, moins fédérateur que Coluche qui se voulait et se réclamait du public populaire. D’ailleurs certains lui reprochaient . On sait bien que quand il disait «  c’est l’histoire d’un mec, un mec normal quoi…blanc ! » La moitié de la salle riait au premier degré et pas au second.

 

La nostalgie camarade.

 

  Peut-être n’est ce que de la nostalgie ?  La nostalgie d’une époque plus lisible, où  les camps étaient plus tranchés, où le Front National ne frôlait pas les 20%, où il y avait des espaces de liberté à conquérir. De nos jours les sociétés occidentales aspirent plus à la sécurité  qu’à la liberté. La communication maitrisée n’avait pas tout envahi, il est  beaucoup moins facile de se payer un homme politique . Ils sont beaucoup plus lisses, sous contrôle ; même Sarkozy est une cible moins facile que Giscard. Et finalement c’est vrai ,  la société a changé, il n’y plus de peine de mort, les radios sont libres.  En France  on débat désormais sur le mariage homosexuel et la dépénalisation du cannabis…

 

Le célèbre mariage de Coluche et Le Luron.

Le célèbre mariage de Coluche et Le Luron.

 

 

 

 

Les restos for ever

 

En revanche la peur de la crise et du déclassement est une réalité , le fossé entre riches et pauvres s’agrandi sans cesse.  Hélas dans ce domaine, Coluche reste d’une brulante actualité, avec bien sûr les « restos du cœur »

 « Aujourd’hui on n’a plus le droit d’avoir faim si d’avoir froid… » Si les enfoirés avaient su qu’ils le chanteraient encore 25 ans plus tard ! Ceux qu’on appelait à l’époque les nouveaux pauvres, sont devenus des pauvres tout court, et on n’imagine pas que les restos puissent un jour disparaître faute de client, ce qui était pourtant l’objectif initial. 

C’est pourquoi : « On s’autorise à dire dans les milieux autorisés » que Coluche serait bien irremplaçable.

De la malbouffe à la mortbouffe

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 juin 2011 15h03 | Comments Off on De la malbouffe à la mortbouffe
A Lille l’état des 7 enfants victimes de la bactérie E. coli, semble maintenant stabilisé. Au-delà de l’événement proprement dit, cette intoxication ouvre des abimes de réflexion sur l’industrialisation de l’alimentation humaine.   

Le CHU de Lille où sont hospitalisés les enfants.

Le CHU de Lille où sont hospitalisés les enfants.

 

 

Vous vous souvenez peut être de José Bové dénonçant la malbouffe il y a dix ans en attaquant un fast food en France. Là ce n’est pas la « malbouffe » c’est la « mortbouffe », imaginez un instant qu’un de ces enfant meure, meure pour avoir mangé un steak haché,  un des plats préférés des enfants. Dans un des cinq pays les plus riches du monde, hallucinant, inimaginable, mais aussi révoltant et inadmissible… inadmissible !

Je ne sais pas quel a été le problème dans la chaine de fabrication de la société SEB à Saint- Dizier, Haute Marne.  Je ne sais pas s’il y a eu rupture de la chaine du froid ou une autre erreur technique, l’enquête le dira peut-être, mais enfin !  Un enfant en danger de mort, à cause d’un steak haché…

 

Une bouffe très hard !

 

  Un steak haché bon marché , acheté dans un magasin, hard discount, un magasin plutôt fréquenté par les gens aux revenus modestes. Je sais, on a connu par le passé des intoxications alimentaires dans des restaurants trois étoiles et faire de cette histoire, un avatar de la lutte de classes, c’est peut-être un peu gros, un peu trop cliché. Mais quand même, c’est quoi cette barbaque, qui aurait pu provenir de mélanges issu de plusieurs pays,  par quelles manipulations, dans quelles machines. Nous sommes loin du morceau de steak, haché devant vous par  le boucher. Or en France dans les boucheries classiques on n’a pas le droit de hacher de la viande à l’avance. Vous ne verrez jamais de l’américain préparé, il faut le faire à la minute.

 

La bouffe des classes.

 

Quel contraste, entre cette réglementation sévère et ce qui vient d’arriver. Quelle différence  entre ceux qui peuvent se nourrir à l’ancienne, et ceux qui n’ont pas d’autres  choix que d’acheter des steaks surgelés par  emballage de dix, parce que c’est moins cher. J’en veux  à ces hommes politiques qui disent que pour augmenter le pouvoir d’achat, il faut intensifier la concurrence et donc développer le hard discount et sa bouffe industrielle.  Il faudrait à la manière de Zola écrire un «  j’accuse… » «  J’accuse le monde moderne de nous faire bouffer de la merde ».  J’entends déjà les explications rassurantes, nos contrôles, notre traçabilité, un incident malheureux, un disfonctionnement exceptionnel etc… etc… etc…billevesée, calembredaine, poudre aux yeux !

 

Réfléchissez !

 

Il est de bon ton aujourd’hui dans plusieurs pays d’Europe que les ministres de l’agriculture s’appellent aussi ministre de l’alimentation.  Moi , si je portais  un tel titre, j’irais m’asseoir sur un banc, et je me mettrais à réfléchir sur la façon dont on construit le 21ème  siècle.

 

Je le dis et je le redis : imaginez qu’un enfant soit mort pour avoir mangé un steak haché !


 

 

 

 

 

Comment expliquer la politique belge aux français ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 juin 2011 09h27 | Un commentaire>

          

Mardi le Premier Ministre Français François Filon a reçu Yves Leterme à Paris. Le belge a essayé d’expliquer au français la subtilité de la situation politique de son  pays,  où plus d’un an après les élections législatives, on n’a toujours pas réussi à former un gouvernement
 

 

   fillon-le-terme      

 

  Etonnement incompréhension, incrédulité, voilà les trois attitudes les plus répandues en France face à la crise belge. Il y a aussi de l’inquiétude, mais elle s’estompe au fur et à mesure que la Belgique apparait toujours gouvernée, et plutôt bien gouvernée. J’entendais encore mardi sur France info un papier d’analyse qui s’étonnait des perspectives de croissance belge alors qu’il n’y a toujours pas de gouvernement, ce qui est faux puisqu’il y a un gouvernement  et qu’il a même fait voter un budget !  Mais ça c’est totalement impossible à expliquer en France, tant les systèmes politiques sont devenus différents.

           Le régime des partis.

          Nous serions en 1955 les choses seraient plus faciles, la France connaissait alors la 4ème république, un système parlementaire très proche du nôtre, avec des élections à la proportionnelle et des gouvernements  qui ne tenaient parfois que quelques  jours, formés de coalitions improbables composées de brassées de partis.  C’est l’échec de ce système notamment pendant la guerre d’Algérie, qui a provoqué le retour du général De Gaulle au pouvoir en 1958, et l’adoption de la 5ème République. Un régime où l’exécutif est fort, les élections au scrutin majoritaire donnent des résultats lisibles et la vie politique est clairement divisée en deux camps distincts. C’est pourquoi en France la formation du gouvernement ne prend en général que deux à trois jours. Les gaullistes ont tout fait pour effacer des mémoires ce qu’ils appelaient le régime des partis.  Une démocratie très parlementaire, comme celle qui est en vigueur en Belgique est donc devenue complètement incompréhensible en France, à part dans les instituts de science politique et les facs d’histoire.

            Babel sur Senne

            A cette différence de système se rajoute la question linguistique, et là c’est la totale !  Quand on essaye d’expliquer comment ça fonctionne, la question cartésienne fuse presque immédiatement : « ben pourquoi vous parlez pas tous français ? » ou alors : « et pourquoi vous parlez pas tous les deux langues… » en revanche je n’ai jamais entendu quelqu’un me dire : « et pourquoi vous parler pas tous flamand ? »

          Faut pas exagérer !

          A ce sujet on a assisté mardi à Matignon à une scène cocasse, quand un journaliste belge a voulu poser une question en néerlandais à Yves Leterme, son cameraman français a enlevé sa caméra, et est parti tourner des plans de coupe, laissant son  journaliste et le premier ministre seuls.  Il n’avait pas compris, que  l’interview n’était pas terminée et qu’en Belgique un premier ministre parle deux langues… En France le bilinguisme (ou le multilinguisme) dans un même pays reste un truc complètement bizarre, c’est peut-être pourquoi la plupart des articles sur la situation politique belge se terminent toujours par la même formule : « Décidément la Belgique reste le pays du surréalisme… » Quand on ne sait plus quoi, dire le surréalisme, c’est bien pratique ! 

29 choristes arrêtés pour avoir chanté Brassens !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 juin 2011 20h04 | 7 commentaires

Signe des temps et d’un certain retour à l’ordre moral, 29 choristes ont été arrêtés à Toulouse, parce qu’ils chantaient du Georges Brassens sur le trottoir du commissariat.

 

1969: Brel, Ferré, Brassens qu'auraient il pensé de notre époque ?

1969: Brel, Ferré, Brassens qu'auraient il pensé de notre époque ?

 

 

 

Il faut dire qu’ils avaient choisi leur titre, ils n’ont pas entonné les copains d’abord ni les amoureux sur les banc publics, mais bien « hécatombe », une chanson en parfait accord avec les idées libertaires du bon vieux Georges et qui raconte comment des harangères qui se disputent sur le marché de Brive la gaillarde, finissent par se réconcilier pour rosser une escouade de gendarmes…je cite…

Or, sous tous les cieux sans vergogne
C’est un usage’ bien établi
Dès qu’il s’agit d’rosser les cognes
Tout le monde se réconcilie
Ces furies perdant tout’ mesure
Se ruèrent sur les guignols
Et donnèrent je vous l’assure
Un spectacle assez croquignol…

Une tradition libertaire

 

Vous remarquerez l’emploi de l’argot cogne pour désigner les flics, les cognes qui se font… cogner ! Ah Brassens étaient un poète. Malheureusement les policiers de Toulouse n’ont pas l’oreille musicale et ont donc embarqué mercredi les 29 choristes qui avaient entonné la chanson devant leurs locaux. ils doivent répondre du délit d’outrages à agents dépositaires de la force publique.

 C’est très sérieux pour les mêmes faits le tribunal de Rennes a condamnée le 27 mai  un homme à 200 euros d’amende et 40 heures de travaux d’intérêt général. Il l’avait chantée à sa fenêtre au passage de policiers.

 

Des canailles solidaires.

C’est par solidarité que la chorale la « canaille du midi » avait donc réitéré le délit. La « canaille du midi » est  un groupe créé en 2004, une chorale libertaire qui reprend les grands textes anarchistes et révolutionnaires. Les membres, ne s’appellent d’ailleurs pas choristes mais co-râleurs , du verbale râler.  Bref , une sympathique bande de jeunes dans la grande tradition des chansons pamphlétaires, dont Brassens est lui-même issu. Bon il faut reconnaître que  le texte de Brassens, pris au premier degré est assez « « croquignol » en effet, voici la fin :

 

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons
Ces furies à peine si j’ose
Le dire tellement c’est bas
Leur auraient même’ coupé les choses
Par bonheur ils n’en avaient pas

Gare au gorille !

 

Mais enfin c’est du Brassens ! Et pour peu que je me souvienne si certaines de ses chansons étaient interdites à la radio il y a une cinquantaine d’année, il n’a jamais été poursuivi par la justice, et ses textes ont toujours fait rigoler tout le monde. Poursuivre les co-râleurs pour ça, c’est l’équivalent d’une interdiction de Guignol parce qu’il donne des coups de bâton au gendarme. La suite comme aurait dit Georges promet d’être délectable, les canailles l’ont déjà dit si elles sont convoquées au tribunal elles chanteront « gare au gorille » en pleine audience. 

Chirac :  » le temps présidentiel »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 juin 2011 14h51 | Un commentaire>

On parle beaucoup à Paris du deuxième tome des mémoires de Jacques Chirac, « le temps présidentiel ». L’ancien président y critique vertement son successeur, la presse a publié de larges extraits de ce règlement de compte, mais Nicolas Sarkozy n’est pas le seul sujet de cet imposant bouquin de 600 pages.

 

 

624 pages exactement et qui sont consacrées aux deux mandats de Jacques Chirac à L’Elysées soit 12 ans … de 1995 à 2007.Et contrairement à ce que les extraits publiés laissent entendre, Nicolas Sarkozy  n’est pas le sujet principal. Il s’est aussi passé pas mal d’autres choses, la guerre de Balkans, le 11 septembre la deuxième guerre d’Irak,  une cohabitation de 5 ans avec Lionel Jospin, la qualification de Jean Marie le Pen au deuxième tour en 2002, la victoire des bleus à la coupe du monde de 1998…12 ans de pouvoir 12 ans d’histoire…

 

Défiance…

 

  Bon, je vais quand même vous parler de Sarkozy, Chirac sort de son devoir de réserve et explique qu’il ne l’a jamais nommé premier ministre  parce qu’il avait pour lui de la défiance,  il le décrit comme …«Nerveux, impétueux ne doutant de rien et surtout pas de lui-même». Il évoque quelques blessures, comme le jour où Sarkozy alors pourtant  son ministre, a cru bon de se moquer devant les caméras de ceux qui se passionnent pour le Japon et le sumo, entendez Jacques Chirac. Autre blessure : le soir de la passation pouvoir, Chirac regarde le discours du nouveau président à la télévision avec toute sa famille. Sarkozy n’aura pas un mot pour lui, il ne le citera même pas… « Je m’abstiens dit-il de manifester la moindre réaction mais au fond d’émoi je suis touché et je sais désormais à quoi m’en tenir. » Le flingage est d’autant plus savoureux que Jacques Chirac a des mots très chaleureux pour François Hollande, comme lui élu de Corrèze, et l’on sent que comme successeur du  successeur, l’ex leader des socialistes ne lui déplairait pas.

 

Bush et Assad dans le collimateur.

 

 Pour le reste beaucoup de politique étrangère et notamment un décryptage des relations franco-américaines  au début de la seconde guerre en Irak. Chirac explique qu’il avait prévenu Bush jr que l’armée américaine allait s’enliser mais l’autre ne l’a pas écouté.

Enfin Chirac est en plein dans l’actualité, quand il décrit sans complaisance le président syrien Bahar el Assad . Il le considère comme le responsable de l’assassinat de son ami, l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri.  

 

2002, une occasion ratée.

 

Enfin il revient sur son élection de 2002, d’abord il reconnaît sa responsabilité dans la  qualification de le Pen au second tour.  Il admet qu’il a déçu en nommant Jean Pierre Raffarin à Matignon, et  en ne composant pas un gouvernement d’union nationale conforme à l’étendue de son score…82% !

« Je ne l’ai pas fait et ce fut probablement une erreur.  »

Oui ce jour-là il est passé à côté de l’histoire, car une  telle occasion ne se représentera jamais…

 

 

Chirac et Sarkozy dans les années 80.

Chirac et Sarkozy dans les années 80.