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Abidjan, Tripoli, quand Nicolas s’en va-t-en guerre !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 avril 2011 08h59 | Un commentaire>

Après l’arrestation de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le débat est ouvert autour du rôle effectif de la France. S’est-elle contentée, comme l’a dit le ministre français de la défense, d’apporter un appui aux troupes républicaines d’Allasane Ouattara ?

 

 

 

Seule la France pouvait donner le petit coup de corne de licorne permettant de faire basculer Laurent  Gbagbo. Ces derniers jours les troupes françaises avaient laissé le pro Ouattara tenter seul de déloger l’ancien président, on  a vu qu’ils en étaient incapables, il a donc fallu sortir de la réserve pour éviter que la situation ne s’éternise.

 

Un rôle décisif.

 

Alors, difficile de savoir ce qui s’est réellement passé. Les troupes françaises reconnaissent simplement un appui aérien avec 14 hécoptères « gazelle » qui ont ouvert le feu sur la résidence présidentielle…mais dans une guérilla de ce genre 14 hélicoptères ce n’est pas rien. ! Après quelques jours on sait que les troupes de Ouattara ont bénéficié massivement des moyens de communication, de commandement et de renseignement de l’ armée française, bref les jeux étaient faits.

 On a également appris que ce sont les canons français qui ont ouvert les brèches dans le mur de la résidence, et neutralisé les deux derniers blindés qui défendaient l’ex président. Ils ne restaient plus aux troupes de Ouattara qu’à pousser la porte et descendre au sous sol cueillir les assiégés.

 

Le gendarme de l’Afrique.

 

  Quel avantage la France peut elle en retirer ? Certes le camp occidental  applaudit, mais coté africain le message envoyé est clair, la France malgré ses déclarations reste bien une sorte de gendarme de l’Afrique. Au pied du mur, elle n’a pas d’autres choix que de choisir son camp et d’intervenir, même si ce n’est qu’en « appui ». Quant à Nicolas Sarkozy il peut espérer en retirer un bénéficie politique, il a fait triompher le droit international et il a protégé les quelques 12 000 français qui vivent à Abidjan. Maintenant est-ce que cette histoire passionne réellement les français  ? Rien n’est moins sûrs.

Il faut savoir qu’au yeux des habitants de l’hexagone la question coloniale ( et néo-coloniale) , a été réglée une fois pour toute par l’indépendance de l’Algérie en 1962 ! Les français de France avaient d’ailleurs voté massivement en faveur de cette indépendance, à part quelques nostalgiques, aujourd’hui l’immense majorité de la population française se contrefiche que la France reste influente en Afrique. D’autant qu’elle n’en voit pas comme dans les années 60 de véritables avantages économiques.

 

La canonnière électorale.

 

Enfin, je ne peux m’empêcher d’y voir une vieille stratégie électorale….en 1982 Margaret Thatcher avait consolidé son pouvoir en remportant la guerre des Malouines. En 2003 Bush Junior avait fait de même en Irak. Nicolas Sarkozy en lançant ses hélicoptères sur Abidjan et ses Rafales sur tripoli, espère peut être rééditer cette manœuvre…mais la France ce n’est pas l’Amérique, et ça m’étonnerait que les électeurs tombent dans le piège, d’autant qu’au fond rien n’est réglé,  la Côte d’Ivoire est au bord de l’anarchie et Kadhafi est toujours à Tripoli.

La licorne en patrouille dans Abidjan.

La licorne en patrouille dans Abidjan.

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1 réaction à “Abidjan, Tripoli, quand Nicolas s’en va-t-en guerre !”

  1. Le site est super j’aime bcp votre chronique aussi

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