Archives du mars, 2011

Prostitution: Roselyne Bachelot veut poursuivre les clients.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 31 mars 2011 09h15 | 9 commentaires

Roselyne Bachelot la ministre française des solidarités, veut pénaliser la prostitution en s’attaquant au client qui selon elle , sont à l’origine du problème. Devant la mission d’information sur la prostitution elle a dénoncé ce qu’elle considère comme « une profonde atteinte à la dignité humaine« .

roselyne

 « Il n’existe pas de prostitution libre, choisie ou consentie« . Il s’agit « une profonde atteinte à la dignité humaine« . « Il ne s’agit pas d’une transaction entre deux individus, a insisté Roselyne Bachelot. L’achat d’un acte sexuel correspond à la mise à disposition du corps des femmes pour les hommes, indépendamment du désir de celles-ci. »Elle propose notamment de poursuivre ceux qui génèrent la demande, c’est-à-dire les clients.

Abolitionniste.

Voilà c’est dit Roselyne est une abolitionniste et elle souhaite que la France adopte une législation comparable à celle qui existe en Suède et qui a fait selon elle baisser et la prostitution et le trafic des êtres humains. Il n’y a pas qu’en Suède d’ailleurs que les clients sont soumis à des amendes. A Rome par exemple on risque deux cent euros d’amende si l’on s’adresse à une prostituée dans la rue. 

Mais ce que souhaite Roselyne Bachelot, ce n’est pas seulement la fin du racolage, c’est la suppression pure et simple de la prostitution sous toute ses formes…y compris les formes les plus modernes comme les contacts par internet. En France actuellement  le racolage et le proxénétisme sont interdit, mais la prostituions  est autorisée…

Roselyne Bachelot a annoncé un nouveau plan de lutte contre les violences faites aux femmes, dont une partie serait consacrée à la prostitution.  Le dispositif comprendrait, entre autres mesures, « une grande campagne de sensibilisation » pour « dissuader les hommes d’être clients« , un « renforcement de la lutte contre le proxénétisme » et une amélioration de « la prise en charge des prostituées.« 

Ni putes, ni « assistantes sexuelles »

Mais la ministre plus loin, elle écarte évidement toute idée d’une réouverture des maisons closes fermées peu après la guerre, idée régulièrement proposée, comme une solution à la traite et au racolage. Elle va plus loin en évoquant la question des « aidants sexuels » pour les personnes handicapées. « Je suis résolument opposée à la mise en place de « services » tarifés de ce type. Ce n’est pas l’idée que je me fais de la promotion des droits des femmes ni, du reste, de la dignité des personnes handicapées.

 Sur cet aspect des aidants sexuels, il y débat deux association françaises d’handicapés ont réclamé cet été  la création de tels services qui existent déjà en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark et en Suisse. Roselyne Bachelot balaye peut être un peu vite cette problématique. Car il y a une différence entre combattre pour la dignité des femmes et rétablir l’ordre moral…entre féministe et mère la pudeur.

 

 

 

 

Aux assises, le truand devenu respectable restaurateur.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 mars 2011 09h44 | Comments Off on Aux assises, le truand devenu respectable restaurateur.

Une histoire digne d’un roman policier, la cour d’assises des Alpes Maritimes juge depuis hier André-Fabien Mourne, un truand de 39 ans accusés d’avoir ouvert le feu sur des policiers en 2002. Il s’est livré après 7 ans de cavale, durant toutes ces années il avait refait sa vie, et était devenu un restaurateur bourguignon réputé.

 

André-Fabien Mourne alias David Bianchi.

André-Fabien Mourne alias David Bianchi.

 

 

 

 

Qui est jugé depuis hier ? André-Fabien Mourne, délinquant notoire de la côte d’azur ou David Bianchi le respectable restaurateur bourguignon, installé avec sa charmante compagne à Chalons sur Saône.

Ce sera tout le problème de la justice, de trancher dans ce destin de repenti.

 

Un petit truand qui se métamorphose.

 

En 2002 André-Fabien Mourne, délinquant  de seconde zone, habitué des petits trafics de drogue et des vols de voiture est impliqué dans une fusillade contre des policiers municipaux du Cannet et de Mandelieu. Il est en compagnie de Pascal Payet, surnommé le roi de l’évasion, qui sera condamné à 15 ans de prison pour ces faits.

Mourne arrive à s’enfuir, il se cache d’abord en Italie où on lui fait des faux papiers avec  une nouvelle identité : David Bianchi. Il s’installe d’abord au Canada avant de revenir en France, dans une province tranquille la Bourgogne où il s’installe à Chalons sur Saône…là, il ouvre d’abord eu sandwicherie, qui marche très bien, puis avec sa nouvelle compagne, une charmante blonde très bcbg, une brasserie, toujours le succès et enfin en 2009, un restaurant sur une péniche, où se pressent tous les notables de la ville. David Bianchi devient le restaurateur à la mode de cette paisible sous-préfecture préfecture de 45 000 habitants.

 

Le temps du repentir.

 

Pendant ce temps en 2008 André Fabien Mourne est condamné à 10 ans de pison par contumace pour la fusillade de 2002. Bien sûr personne ne reconnait en Bianchi le notable, Mourne le truand,  à tel point qu’il part en vacances et en voyages avec ses faux papiers décidément très bien imités.

Mais voilà dans sa première vie Mourne avait une femme et un fils, qu’il ne voit plus que très épisodiquement en le faisant passer pour son neveu.

Le remord,  le besoin de voir son fils, l’envie de refaire vraiment sa vie sans se cacher,   l’ont poussé à contacter son avocat début 2010 pour, négocier sa reddition. Bianchi s’est livre à la police début février 2010 et il redevient André Fabien Mourne.

Dilemme pour les jurés.

Son espoir être acquitté d’abord parce qu’il se dit innocent dans l’affaire, qu’il n’était pas dans la voiture de Payet,  qu’il n’a pas tiré sur les policiers. Ensuite parce que son repentir et sa réelle reconversion pourraient susciter la clémence du jury. Des personnalités de Chalon dont un adjoint au maire viendront  témoigner en sa faveur. Mais entretemps la situation a changé, sa compagne qui ignorait tout de sa véritable identité s’est séparée de lui.

Elle  a cherché à poursuivre seule l’activité du restaurant, semble-t-il en vain. En reprenant son véritable nom, le truand a fait disparaitre le restaurateur bourguignon..



 

Cantonales: le FN dans la cour des grands

Par Christophe Giltay dans Politique , le 27 mars 2011 14h46 | Un commentaire>

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Le Front National est présent dimanche dans 399 cantons, soit à peu près le quart des cantons, nécessitant un second tour, sur l’ensemble de la France, il est arrivé en tête au premier tour dans 39 cantons dont le fief de Marine le Pen, Montigny-en-Gohelle dans le Pas de Calais, où son candidat Steve Brivois a obtenu plus de 35% des voix.

Beaucoup de voix peu d’élus

Pour autant le FN ne pourra obtenir sur toute la France qu’entre dix et vingt élus en tout, car le système majoritaire le défavorise.
En général au second tour les électeurs des partis républicains font bloc pour rejeter le FN, même si cette fois l’UMP le parti de Nicolas Sarkozy n’a pas donné de consigne claire, appelant simplement à faire battre le FN sans dire explicitement qu’il fallait voter PS.
Traditionnellement les cantonales, un scrutin de notable, sont défavorables au FN, qui ne compte actuellement aucun élu départemental, alors qu’il avait réalisé autour de 15% aux précédentes cantonales. Mais ce n’est pas le nombre d’élus qui importe pour l’avenir, c’est le nombre d’éjecteurs, et visiblement Marine le Pen a franchi un cap ? Son parti n’est plus frappé d’ostracisme, il joue désormais dans la cour des grands.

Du FN à la N-VA

C’est pourquoi on pourrait voir une évolution comparable à celle qu’on a connu en Flandre, il y avait au nord de la Belgique le Vlaams Blok ou Belang… fort mais infréquentable…et puis est venue la NVA, juste un peu moins extrémiste suffisamment pour être fréquentable, et la vie politique (flamande mais aussi belge) s’est réorganisée autour de la NVA.
Imaginez maintenant qu’en France, Le Front National soit débaptisé et devienne, simplement le parti national, ou le parti des français, ou le mouvement du peuple français, ou le parti de la France, ou la nouvelle alliance française, (NAF). Qu’on modifie un peu les statuts, qu’on évacue les cadres les plus marqués à l’extrême droite, vous verrez tout d’un coup non seulement des électeurs mais des élus de droite modérée rejoindre ce parti, et lui apporter les cadres dont il a toujours manqué. Cette stratégie on la sent quand Marine le Pen renvoie PS et UMP dos à dos en les appelant l’UMPS, sous entendu il n’y a que deux partis en France, l’UMPS qui accepte le système de la mondialisation de l’Europe, etc.… et le FN le seul vrai parti d’opposition !

Qui asséchera l’autre ?

Cet analyse on la fait aussi à l’UMP, d’où le désarroi du parti présidentiel, qui un jour clame ses valeurs républicains son opposition farouche au FN, et le lendemain relance le débat sur l’immigration ou le port du voile. En 2007 Nicolas Sarkozy avait prétendu avoir asséché le FN, maintenant c’est le FN qui pourrait bien faire éclater son parti.

Les enfants de Marie Laure : quand une histoire triste devient une histoire moche.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 mars 2011 11h47 | 20 commentaires

Vous vous souvenez peut être de Marie Laure, cette maman de la région d’Orléans qui se sachant atteinte d’un cancer avait organisé la prise en charge de ses quatre enfants par une famille d’amis, pour qu’ils ne soient pas séparés après son décès. Elle avait raconté son combat dans un livre  » le courage d’une mère ». Mais l’administration n’a pas accepté cette solution, deux ans après la mort de leur maman, les enfants ont finalement été placés en institution.

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Au début tout a fonctionné comme  prévu, les quatre enfants ont vécu dans la famille choisie par Marie Laure, sont restés ensemble ont gardés la même école les mêmes copains. Le père a commencé à venir les voir, tout semblait se passer correctement, et puis après un peu plus d’un an, en janvier dernier,  l’administration du département, en charge de ces questions a fait savoir à la famille qu’une nouvelle solution de placement était à l’étude. En février les enfants lui  étaient enlevés sans qu’elle puisse donner son avis. Depuis les trois plus jeunes vivent à Orléans dans un village d’enfant, et l’ainée a été placée dans une autre famille d’accueil.

Une logique incompréhensible.

Pourquoi ?  Mystère !  L’administration explique et cette solution est meilleure pour les enfants et que cette décision a été prise en accord avec le père,  un père qui avait  autrefois renoncé à son autorité parentale mais qui visiblement l’a reprise.

 La famille d’amis de Marie Laure est désemparée, elle ne comprend pas d’autant qu’il est en train d’arriver ce que la maman redoutait, les enfants sont séparés et installés dans une  autre ville loin de leurs amis et de leur école.

Les services officiels répondent que ce choix a été  fait pour garantir : « l’évolution positive des enfants… »

L’enfer et les bonnes intentions

Je ne doute pas  du dévouement des assistantes sociales et de psychologues officiels, ils ont très certainement fait ce choix de manière sincère, ils croient j’en suis persuadé, faire le bonheur de ces enfants. Mais que se passe-t-il dans leur tête et leur cœur à eux ? Au fond cette histoire est terriblement triste, elle illustre l’impuissance des individus face à l’administration. Cette maman avait réglé son drame à l’ancienne, comme autrefois quand les services sociaux n’existaient pas et qu’on confiait quand c’était possible, les orphelins à de parents ou à des amis. Sinon, c’était la rue ou de terribles orphelinats. La situation sociale actuelle est évidement meilleure. Ce qu’on peut regretter  c’est qu’elle ne laisse plus beaucoup de place à des arrangements  amiables et informels…tout simplement humains.

 




Maître Capello rejoint les Champs Elysées.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 mars 2011 10h02 | 3 commentaires

Il est rare pour un homme d’avoir vu son nom passer à la postérité au point de devenir une expression populaire. Certes celui qui se voulait « toujours drôle et jamais vulgaire » n’a peut-être pas apprécié qu’on dise : « ah ne fait pas ton Maître Capello ! »  pour neutraliser un raseur trop érudit… mais  il maniait suffisamment l’humour pour y voir plus d’hommage  que de critique…

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Professeur de lycée, agrégé d’anglais, Maître Capello est devenu une vedette quand il a été associé à l’émission les  « jeux de 20 heures », de 1976 à 1986 sur FR3 , mais il avait commencé à la télévision en 1969 comme juge arbitre du francophonissime, réussissant à tenir la dragée à haute Paule Hermann, Michel Deneriaz, Jean Valton et autre Maurice Biraud.  

 

Francophonissime et grosse tête.

 

Il fut on s’en souvient aussi,  l’un de pensionnaires des grosses têtes. Ahhhh ses longues explications truffées d’étymologie gréco- latines je me souviens de « merde du latin merdum » sans être tout à fait sûr que ce jour-là il était bien sérieux.

Amoureux de la langue, mais intransigeant sur son usage il rappelait que le whisky n’est pas une boisson alcoolisée, mais une boisson alcoolique, une boisson alcoolisée c’est par  exemple du jus d’orange dans lequel ont introduit de la vodka. Germaniste accompli, il avait introduit en France les mots fléchés une tradition venue d’Allemagne, télé 7 jours publiait encore ses grilles  il y a quelques semaines, d’après sa famille il avait composé des grilles d’avance, car il était depuis un an très affaibli, et avait été admis dans une unité de soins palliatifs.

 

Calembours et palindromes.

 

Grands amateur des jeux de mots et de calembours  il appréciait particulièrement celui-ci  : « C’était une femme qui avait épousé son temps… comme Simone Signoret ! ». « Son temps » donc pour elle Montand Yves…

Il révélait également à ses élèves les secrets du palindrome, cette figure de style qu’on peut lire à l’endroit comme à l’envers…. En citant régulièrement son exemple fétiche : « Éric notre valet alla te laver ton ciré », ajoutant négligemment qu’on pouvait tout aussi bien remplacer Éric par Luc !

Luc…réfléchissez…voilà… vous avez compris !

Il paraît que quand il était professeur  au lycée Lakanal de Sceaux  il piquait des colères mémorables, à tel point que ses élèves imitant son style auraient alors déclaré : « dans ces cas-là il faut mettre un terme au maitre »…

Terme : du latin terminus termini : borne, limite, fin, extrémité, cessation,  et c’est ainsi qu’on pourrait met un terme à ce Champs Elysées….

  Les Champs Élysées ou simplement l’Élysée :

( en grec ancien/ Elision podion ) « lieu frappé par la foudre » expression désignant  le lieu des « Enfers » où les héros et les gens vertueux goûtent le repos après leur mort.

Gageons que maître Capello y disserte déjà….

 

 

Pas de Font républicain contre le Front national !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 mars 2011 10h16 | 2 commentaires

Le débat fait rage en France,  faut-il constituer un front républicain au second tour pour barrer partout la route aux candidats de Marine Le Pen ?  Deux jours après les cantonales qui ont vu une nette poussée du Front National … 

Jean François Copé, le patron de l'UMP.

Jean François Copé, le patron de l'UMP.

Sur le plan des chiffres la situation est claire, au second tour des cantonales dimanches prochains le Front National vont affronter en duel direct 204 candidats socialistes et 89 candidats UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, il y aura 5 triangulaires PS UMP FN, et quelques dizaines de duels avec d’autres candidats de gauches, comme des communistes ou des verts.

 Une attitude ambigüe.

 La question posée est simple, la droite républicaine va-t-elle appeler à voter PS, comme le PS l’a fait à la présidentielle de  2002 quand il soutenu Jacques Chirac ? Déjà les socialistes ont dit qu’ils reproduiraient cette attitude, battre le FN quitte à voter UMP.

Coté parti présidentiel  les attitudes sont plus ambigües. Le soir du scrutin le chef du parti  Jean François Copé a avancé qu’il n’y aurait pas de Front Républicain et que ses électeurs étaient libres de choisir. Hier il a nuancé ce propos en disant qu’il n’était pas interdit de voter PS. Le porte-parole du gouvernement François Baroin qui vit dans un canton ou le FN affrontera le parti communiste a dit dimanche  qu’il s’abstiendrait, avant d’appeler lundi à battre le FN.  Quant au président Sarkozy, il a prévenu qu’«il n’y aura pas d’infléchissement de la ligne officielle», à savoir «ni vote pour le Front national ni vote pour la gauche… » Quant au premier ministre François Fillon, il déclare : « aucune voix de la droite et du centre ne doit se porter sur l’extrême droite. Ce choix, nous l’avions annoncé dès le premier tour. Bref le plus grand flou artistique d’autant que les centristes, alliés de l’UMP, comme Jean Louis Borloo appellent clairement à battre le FN en votant PS.

 

De bonnes et de moins bonnes raisons

Alors pourquoi cette attitude frileuse ? Pour deux raisons principales : d’abord l’UMP, le vaincu de ces élections ne veut pas être le dindon de la farce et renforcer encore une victoire annoncée du PS. Ensuite et l’argument a de la valeur, Marine le Pen passe son temps à dire que PS et l’UMP  c’est la même chose, constituer un front  républicain ce serait entrer dans  son jeu…

Il y a une troisième raison moins avouable, une frange non négligeable de l’UMP préfère le front national au PS !

On aimerait entendre sur le sujet des gens comme Brice Hortefeux , l’ex ministre de l’immigration qui a souvent tenu des propos que n’aurait pas renié  Marine le Pen.

 

De Poujade à le Pen.

Il faut s’y résoudre le FN est en train de devenir un parti incontournable dans la vie politique française, et l meilleure façon de le battre c’est de montrer l’inanité de ses propositions. Quant au « front républicain «  il été constitué pour la première fois aux  législatives de 1956,  contre le leader de l’extrême droite de l’époque Pierre Poujade, ce front n’a pas empêché l’élection de plus de 40 députés poujadistes dont un  jeune homme de 27 ans, benjamin de l’Assemblée… Jean Marie le Pen !

 



 

Pierre Poujade l'inventeur du "poujadisme".

Pierre Poujade l'inventeur du "poujadisme".

Les cantonales, le scrutin le plus local de France.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 mars 2011 13h36 | Un commentaire>

Ce dimanche se tient en France le premier tour des « élections cantonales « , qui renouvellent les assemblées des départements. C’est l’ultime scrutin important avant l’élection présidentielle, les derniers sondages donnent le PS en tête.

Conseil général ( assemblée) du département du Nord ( 59)

Conseil général ( assemblée) du département du Nord ( 59)

D’après un sondage « Harris interactive » publié par le Figaro, le PS recueillerait 32% des voix, l’UMP de Nicolas Sarkozy 28% et le font national 19%. On le voit malgré le caractère très local de ce scrutin on retrouve les grandes tendances données par les sondages sur la présidentielle, dorénavant il y a trois partis qui comptent en France, les socialistes, les gaullistes et les partisans du front national.

Une élection…provinciale !

Les départements sont l’équivalent des provinces en Belgique, sauf qu’ils possèdent  beaucoup plus de moyens et de pouvoir, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’aide sociale. Par  exemple le RSA ( revenu de solidarité active)  équivalent français du Minimex est géré et payé par les départements.

En Belgique les régions ont beaucoup de responsabilités et les provinces de moins en moins, en France à l’heure de la décentralisation, dans les années 80, le gouvernement de Pierre Mauroy  a fait un choix contraire, les départements sont très puissants et les régions plus faibles. Ainsi Nicolas Sarkozy avant son élection était le président du département « 92 »les « Hauts de Seine », dans la banlieue chic de paris.  Le « 92 »considérée comme la collectivité locale la plus riche de France, et dont on dit qu’un jour, «  Monsieur fils », Jean Sarkozy ,pourrait hériter.

Sondage grandeur nature.

Nous allons donc  assister à un sondage grandeur nature , avec une nuance. Traditionnellement l’opposition remporte toujours les élections locales intermédiaires, c’est comme une soupape de sécurité, la mauvaise humeur de l’opinion s’exprime dans un vote qui finalement n’est pas le plus important. Depuis la fin de la présidence de François Mitterrand 1995,  le PS a remporté quasiment tous les scrutins locaux.  Il dirige 20 régions sur 22, 58 départements sur 100,  la plupart des grandes villes, Paris, Lille, Lyon…et pourtant il perd à chaque fois l’élection présidentielle !

Si le résultat de ces deux prochains dimanche sera très intéressant à suivre, il ne donnera qu’une indication, tout le monde le sait, la vraie confrontation, la seule qui compte en France, aura lieu dans un peu plus d’un an.

La France veut rester le champion du nucléaire

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 mars 2011 07h21 | Un commentaire>

En dépit de la catastrophe japonaise, la France, dont 78% de l’électricité provient du nucléaire, n’a pas l’intention de remettre en cause ses choix énergétiques, Nicolas Sarkozy l’a répété hier en conseil des ministres.

  

La centrale de Cattenom à 35 km d'Arlon.

La centrale de Cattenom à 35 km d'Arlon.

 

La position de la France et actuellement au bord de la schizophrénie d’un côté Paris demande à ses ressortissants de s’éloigner de Tokyo, les sauveteurs de la protection civile française, ont quitté le nord du pays pour se mettre à l’abri. Le ministre de l’éducation a annoncé qu’il allait rapatrier les étudiants français installés au Japon, le gouvernement annonce que le pire des scénarios est possible au Japon, mais le discours officiel sur le nucléaire français n’a pas changé d’un iota.

Ainsi le Communiqué de l’Elysées publié hier après le conseil des ministres nous apprend que : Le président Sarkozy a déclaré que la France avait « fait le choix de l’énergie nucléaire, qui constitue un élément essentiel de son indépendance énergétique et de la lutte contre les gaz à effet de serre. »

Les verts contre, les roses pour.

Propos largement dénoncés par les verts et par des associations comme Greenpeace qui exige sur le champs l’arrêt de 16 centrales sur les 58 que compte la France, et quand un homme politique d’importance comme Dominique de Villepin, réclame un examen sur la sécurité des centrales française, il se fait renvoyer vertement dans les cordes par son successeur à Matignon, pour François Fillon, ouvrir ce débat maintenant est indigne.

La position est la même au parti socialiste la députée Aurélie Filipetti en charge des questions d’énergie au PS a estimé que son parti devait changer d’attitude par rapport au nucléaire, une attitude qu’elle estime dépassée.

Contre offensive immédiate de Martien Aubry, la patronne du parti : « Si des gens ont besoin de faire parler d’eux, c’est leur problème. Le nucléaire, c’est beaucoup plus sérieux que cela. »

Des réacteurs aux frontières.

Circulez y ‘ a rien a voir et de toute façon les centrales françaises sont les meilleures du monde les plus sûres etc…Donc pas question en France d’ouvrir un débat sur même l’éventualité de sortir un jour du nucléaire.

Dans la mesure ou les deux principaux partis sont d’accord, cette positions est tout à fait tenable, sauf qu’on imagine mal la France rester seule en Europe à défendre le choix du tout nucléaire et à refuser de s’interroger sur le niveau de sécurité de ses centrales. De nombreux réacteurs français sont installés, (est-ce un hasard ?) tout près des frontières, Fessenheim à un jet de pierre de l’Allemagne, Cattenom à moins de 10 km du Luxembourg sans oublier Gravelines et Chooz aux portes de la Belgique.

Demain c’est peut être Bruxelles ou Berlin qui obligeront Nicolas Sarkozy à revoir sa position.

 

 

Marine Le Pen en tête, info ou intox ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 mars 2011 06h48 | 8 commentaires

En France, la polémique fait rage sur la pertinence des sondages « Harris interactive » donnant Marine le Pen en tête au premier tour de la prochaine élection présidentielle, d’autres instituts ne la placent pas aussi bien, alors info ou intox ?

 

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Ni info ni intox, les sondages ne sont tout simplement pas une science exacte. Que reproche-t-on à l’institut « Harris interactive », d’avoir rémunéré les  sondés à travers un jeu concours, d’avoir réalisé ce sondage par internet, et d’avoir appliqué une clef de redressement aux chiffres du FN…

 

Marine première ou troisième ?

 

Traditionnellement les gens n’osent pas avouer qu’ils votent Front National, selon les instituts les chiffres sont alors corrigés, en général on les multiplie par deux…d’où une  certaine imprécision.

Hier l’IFOP, a donné Marine troisième dans tous les cas sauf si Ségolène Royal était la candidate socialiste, dans cette perspective la patronne du FN arriverait seconde derrière Sarkozy. Mais ce n’est pas ça le plus intéressant, quelques soient ses adversaires, l’IFOP  donne Marine Le Pen  à 20% des voix et plus, ce qui est très élevé. Son père en 2002 s’était qualifié avec 16,8% des voix seulement.

En fait tout dépend du nombre de candidats dans chaque camp. S’il y en a peu, la barre de qualification peut se trouver très haut.

 

Moins il y a de convives, plus les parts sont grandes.

 

Si Dominique de Villepin ne se présente pas, Nicolas Sarkozy récupère ses voix potentielles et tourne autour de 28-30% en revanche si Villepin est candidat et si d’autres personnalités de droite comme Nicolas Dupont Aignan  entrent en lice, le score du président sortant au premier tour sera d’autant plus faible. Même scénario côté socialiste, plus il y a de candidats à gauche moins le champion du PS rassemble de voix au premier tour.

Si en 2002, Lionel Jospin n’avait pas affronté son  ancien ministre Jean Pierre Chevènement et la radicale Christiane Taubira, il aurait passé la barre haut la main.

 

Marine est haut.

 

 Ce que nous apprennent les sondages de ces derniers jours, c’est que Marine Le Pen se situe entre 20 et 25%. Pour être sûr de l’éliminer il faut donc faire plus. Ce que nous disions ces derniers jours reste vrai, il n’y a pas deux mais trois favoris à cette élection présidentielle. Maintenant c’est aux grands partis de trouver les solutions pour ne pas se faire devancer par la candidate du Front National.

 

La sanction des cantons.

 

Un premier test grandeur nature aura lieu dans quelques jours avec les élections cantonales, qui élisent les assemblées départementales. Si le FN réalise un bon score dans ces élections locales qui généralement ne lui sont pas favorables, on aura la confirmation de ce que nous prédisent les sondages.

Car le meilleur des sondages, celui qui ne souffre aucune contestation, c’est tout simplement : une élection !

Fallait-il juger Jacques Chirac ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 mars 2011 05h56 | 8 commentaires

Le tribunal correctionnel de Paris a reporté hier en raison d’un problème de procédure le procès de Jacques Chirac, poursuivi dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Les faits datent d’avant 1995, et on se demande si ce procès aura lieu en jour…au fond : fallait-il juger Jacques Chirac ? 

 

Jacques Chirac au temps de sa splendeur

Jacques Chirac au temps de sa splendeur

 

Fallait-il juger Jacques Chirac, la question est plus que jamais pertinente quand on sait que le procès pour les emplois fictifs de la ville de Paris est reporté au 20 juin, et que ce ne sera très probablement qu’une nouvelle audience pour rien. Les avocats des co-inculpés de l’ancien président ayant déposé des conclusions pouvant aboutir à appliquer la prescription à l’essentiel des faits reprochés, à celui qui fut durant 18 ans maire de Paris.

Trop tard.

Ces derniers jours des personnalités les plus diverses se sont exprimées pour dire que ce procès vient trop tard et qu’il n’ a plus de sens,  à commencer par Lionel Jospin, qui trouve étrange qu’on juge un homme de près de 80 ans retiré des affaires depuis des années, pour des faits si anciens.

Même le journaliste Edwy Plenel ancien rédacteur en chef du Monde, et qui fut dans les années 90 à l’origine de biens des révélations, estime qu’on devrait tout au plus administrer à Jacques Chirac un très symbolique « rappel à la loi » comme on le fait pour les adolescents primo délinquants quand ils ont commis de faits peu répréhensibles.

La victoire de Roland Dumas.

Les plus acharnés diront que passer l’éponge ce serait finalement donner raison à tous ceux qui durant des années ont œuvré pour retarder ce procès, notamment Roland Dumas qui en tant que président du conseil constitutionnel avait publié cet avis célèbre selon lequel un président de la République ne pouvait être jugé pendant son mandat , même pour des faits antérieurs à sa prise de fonction.

Cet avis avait permis à Jacques Chirac, de refuser de se rendre aux rendez vous du juge Halphen qui pourtant ne l’avait convoqué que comme témoin.

Les deux corps du Roy.

Le corps du Roy, à la fois chair et symbole.

Le corps du Roy, à la fois chair et symbole.

 

 

 

Ces gens n’ont pas tort, mais voilà en France le président de la République n’est pas quelqu’un d’ordinaire, il a conservé un peu de la majesté royale…il a, comme l’a illustré une  thèse célèbre de Kantorowicz sur la monarchie, deux corps, un corps humain et un corps symbolique qui incarne la Nation.

Ce deuxième corps est bien sûr inviolable…et par conséquent le premier l’est aussi. C’est  en 1995 que ces affaires auraient du être jugées, afin que les français décident en connaissance de cause  si Jacques Chirac méritait de devenir leur chef. Une fois élu, il fut en quelque sorte, mis au dessus de la condition humaine par l’onction, non pas du saint chrême mais du suffrage universel.

Chirac n’est pas Saddam

Il y a des  pays ou l’on juge les anciens présidents… Fujimori au Pérou, Katzav en Israël, sans parler de Saddam Hussein, mais Jacques Chirac  n’a violé,  ni assassiné personne, n’a pas commis de haute trahison, n’a pas pactisé avec l’ennemi, n’a pas provoqué de massacres, n’a pas ordonné de crimes contre l’humanité. Juste quelques malversations pour financer le salaire de ses conseillers et des cadres de son parti…et encore en connaissait-il le détail ?

Mani pulite

 On a connu en France dans les années 90, à l’exemple de l’Italie, une sorte d’opération « mani pulite », mains propres. Un certains nombre de politiques de droite comme de gauche en ont fait les frais.

Le temps a passé, certains juges vedettes ont changé de métier , d’autre ont écrit des livres…et black jack, le flamboyant Maire de Paris, est devenu un  vieux président à la retraite, dur d’oreille, et un peu perdu….

Comme le temps passe !