Archives du février, 2011

Remaniement à Paris : nouveau come back pour Alain Juppé le phœnix de la politique française…

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 février 2011 11h33 | Comments Off on Remaniement à Paris : nouveau come back pour Alain Juppé le phœnix de la politique française…

  

Après des semaines de polémique autour de son voyage en Tunisie Michèle Alliôt Marie, ministre française des affaires étrangères a finalement démissionné. Nicolas Sarkozy a nommé à sa place Alain Juppé, une véritable résurrection politique pour le maire de Bordeaux.

 

alain_juppe_et_jacques_chirac

Un fidèle de Chirac.

 

On dit parfois qu’il n’y a pas de mort en politique, Alain Juppé en est l’exemple vivant, lui qui comme l’oiseau mythique renait sans cesse de ses cendres. Alain Juppé c’est tout d’abord un surdoué de la politique, à l’image de son condisciple de l’ENA Laurent Fabius. Ministre du budget dans le gouvernement Chirac de 84 à 86, il est ensuite ministre des affaires étrangères dans celui d’Edouard  Balladur entre 1993 et 1995.  A époque il est l’un des rares gaullistes à ne pas lâcher Jacques Chirac,  pour rejoindre le précieux Edouard que tous les sondages annoncent vainqueur à la présidentielle de 1995. Bien lui en pris,Chirac élu il se retrouve à Matignon, il a alors 49 ans et tous les espoirs lui sont permis.

 

Alain la scoumoune.

 

Hélas pour lui la dissolution calamiteuse de l’Assemblée Nationale en 1997, le propulse dans l’opposition alors que Lionel Jospin lui succède à Matignon. Il se replie alors sur la mairie de Bordeaux attendant des jours meilleurs. A sa grande époque Chirac, disait souvent :  «  les merdes ça vole en escadrille », Juppé va en avoir la preuve quand en 2004 il est condamné dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Déclaré inéligible pour un an, privé de ses mandats il se retrouve professeur d’université exilé au Québec. On croit à la fin de sa carrière lui qui avait écrit un livre intitulé : «  la tentation de Venise » où il évoquait son envie parfois de tout quitter,  pour s’installer dans la lagune.

 

Le retour raté. tentation-de-venise

 

Surprise !  En 2007 en pleine  vague «  Al Gorienne », Nicolas Sarkozy soucieux de se ménager les chiraquiens, lui réserve un grand ministère de l’ écologie et un poste de N° 2 du gouvernement…Il s’annonce comme un des piliers de la nouvelle équipe Sarkozy, et là fatalitas !

Six semaines plus tard Juppé est battu aux législatives qui suivent la présidentielle…selon la tradition républicaines il démissionne du gouvernement. Là on le croit vraiment fini, il parle  de retourner au Québec. Il se fait néanmoins réélire à la mairie de Bordeaux en 2008 et reconstruit peu à peu son influence.

 

Le recours ?

 

Il revient au gouvernement comme ministre de la défense fin 2010, juste à temps pour se trouver au premier plan quand éclatent les révolutions au Moyen Orient. Il réapparait dans les médias, au moment où MAM s’effondre. On retrouve son ton posé, sa compétence, sa rigueur d’homme droit dans ses bottes…

Le  retour au ministère des affaires étrangères marque une nouvelle résurrection. Agé aujourd’hui de 65 ans, il apparaît tout d’un coup comme incontournable pour la prochaine présidentielle, soit comme futur premier ministre aux côtés de Nicolas Sarkozy, soit comme champion de la droite si Sarko décidait de jeter l’éponge.

Chirac disait autrefois de lui  : « Il est le meilleur d’entre nous »…En tout cas, le meilleur pour les come back ! 

 

 

 

 

 

Xynthia, un an après les questions demeurent.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 février 2011 19h47 | Comments Off on Xynthia, un an après les questions demeurent.

Dimanche, La France commémore le premier anniversaire de Xynthia. La terrible tempête a fait 53 victimes dans la nuit du 27 au 28 février 2010 

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Un an après des quartiers entiers sont toujours à l’état de désolation, notamment dans la petitie commune qui s’appelle, ironie du destin, la Faute sur mer….les herbe folles ont poussé dans les jardins, et les maison jamais nettoyées ni reconstruites semblent figées au mompent de la catstrophe. Les images font un peu penser, à la Nouvelle Orléans aprers le cyclone Katrina. Quatre cent de ces maisons vont être détruites, parce que bâties en zone inondables…

 

Un petit coin de paradis.

 

D’apres les témoignages les indemnités ont été correctes, mais rien ne pourra compenser le préjudice moral…c’était en effet un petiti coin de paradis à quelques centaines de mètres de la plage, des lotissement de villas confortables pour la plupart achetées par des citadins, qui avaient décidé de finir leurs jours au bord de la mer. Encore aujourd’hui voilà ce qu’on peit lire sur la page d’accueil du site de la commune :

 

 Vous rêvez de soleil, de sable fin, d’air marin, de balades en forêt et de détente… ne cherchez plus… Entre mer et rivière, caressée par l’Océan , bordée d’une plage de sable fin.
Une presqu’île vous attend : LA FAUTE SUR MER en VENDEE

 

Un ancien golfe.

 Le problème c’est que personne  n’avait rappelé à ces nouveaux venu que la région de la Faute et de sa commune voisine  l’Aiguillon sur mer, étaient autefois une baie, presque un golfe. A partir du moyen age,puis  surtout sous Henri IV des ingénieurs notamment flamands et hollandais ont progressivement  asséché ce golfe à coup de digues et des canaux. Mais jusqu’aux années 1960,  on ne construisait pas dans les zones les plus basses qui ne sont rien d’autres que des polders. Le soir de la tempête les digues ont cédé et l’eau a repris ses droits, la côte a étét redessinée en quelques heures; les habitants ont été piégés dans leurs maisons…la plupart des victimes sont mortes noyées sans avoir pu atteindre les étages supérieurs ou le toit. Rien qu’à la Faute sur mer 29 morts ! Vous vous souvenez peut être de cette l’interview hallucinante d’un homme désemparé, qui montrait à la caméra les maisons  de ses voisins : « là ils sont morts,  là un couple d’ami, ils sont morts, dans cette famille au coin , il y a des morts…

 

Pourquoi ?

 

On s’interroge pourquoi a -t-on laissé construire des maisons dans ces zones dangereuses ?

Un jour il ya aura des procès et peut être une vérité judiciaire..la vérité himaine est plus simple:

Des communes qui ont besoin d’argent et d’habitants, des gens qui rêvent de vivre au bord de la mer…et surtout  l’orgueil infini des hommes de notre temps qui pensent avoir maîtrisé la nature. La nature qui d’Haïti à la Nouvelle Zélande, du Brésil à la Vendée leur démontre chaque jour le contraire.

 

 

 

 

 

De Pompon à Sarko: mon ami Kadhafi !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 février 2011 17h37 | 3 commentaires

Pompidou et le Colonel à Paris en 1973

Pompidou et le Colonel à Paris en 1973

 

 

 

Le président  Nicolas Sarkozy a réclamé l’arrêt immédiat des violences en Libye, mais comme lors de la crise tunisienne, la position de la France est inconfortable, car Paris a toujours entretenu des relations ambigües avec le Colonel, guide suprême de la Jamâhîriyya ….

Il n’y a pas si longtemps en décembre 2007 Nicolas Sarkozy recevait Mouammar Kadhafi à Paris avec un faste rarement déployé. Il fallait voir l’interminable limousine blanche du leader libyen se garer devant la garde républicaine dans la cour de l’Elyséee, on se serait cru dans un décor de film…

 

Un accueil royal.

 

Pendant cinq jours le guide de la révolution a profité des charmes de la République, on a même rouvert pour lui les chasses présidentielles de Rambouillet alors que depuis Jacques Chirac cette activité proposée autrefois aux chefs d’état invités, était tombée en déshérence. On se rappelle aussi de la tente bédouine dressée dans le parc de l’hôtel de Marigny résidence officielle des hôtes étrangers. La presse a beaucoup glosé à l’époque sur les raisons de cet accueil, on a avancé la signature de contrats dans le domaine militaire et nucléaire, on a aussi dit que c’était une contrepartie à la libération des cinq infirmières bulgares, condamnées à mort en Libye et libérées avec la participation de Cecilia Sarkozy…

 

Pompidou déjà.

 

Ce n’était pas la première fois que Kadhafi chassait sur les terres présidentielles en novembre 1973 le président Pompidou, lui-même grand chasseur, l’avait accompagné sur le terrain. A l’époque la France chouchoutait ce jeune leader austère et charismatique, elle espérait remplacer en Libye les américains chassés par la révolution. Elle lui a vendu de Mirages V les mêmes qu’à l’armée belge puis des Mirages F1, et elle a  envoyé sur place des instructeurs pour former les pilotes libyens….Depuis c’est une  relation de rejet et de fascination. La France a toujours cru qu’elle pouvait utiliser Kadhafi comme intercesseur dans de nombreuses affaires de terrorismes comme des prises d’otages en fermant les yeux sur ses responsabilités dans d’autres crimes, comme l’attentat contre le DC 10 d’UTA.

 

Tonton et les amazones.

 

Même lors de la crise du Tchad, quand  les deux pays se sont presque affrontés militairement, Kadhafi avait conservé tout son pouvoir de fascination. François Mitterrand l’avait ainsi rencontré face à face en Crète en Novembre 1984. Il se disait très impressionné par ses gardes du corps féminines. Mitterrand qui avait refusé aux américains  le survol du territoire français lorsqu’ils ont bombardé Tripoli en 1986.

 

La république aime les César.

 

 Saddam Hussein, Ben Ali, Moubarak, ont aussi en leur temps séduit leurs homologues français. Un peu comme si  les présidents de la Vème République, investis d’un pouvoir personnel unique dans le monde occidental, avaient du mal, à imaginer qu’un grand leader peut parfois déraper… jusqu’à l’absurde… jusqu’à l’horreur…

 

Les amazones.

Les amazones.

DSK: le chemin est long du FMI à l’Elysée.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 février 2011 10h21 | Comments Off on DSK: le chemin est long du FMI à l’Elysée.

« Je suis directeur général du fond monétaire international et rien d’autre... »Voilà en substance ce qu’a dit hier soir Dominique Strauss Khan invité du journal de France 2.

 

Dominique Strauss-Kahn

Dominique Strauss-Kahn

 

 

 

 

 

 

 

Une interview très attendue et presque tragi- comique, dans la mesure, où le journaliste Laurent Delahousse n’arrivait pas à poser clairement la question que tout le monde espérait.

On avait l’impression que DSK avait exigé de ne parler  

que du FMI et rien que du FMI, devoir de réserve oblige.

Son interlocuteur a multiplié les circonvolutions en vain…

 

Le cas Delors.

 

 On retiendra cette évocation de la célèbre interview de Jacques Delors par Anne Saint Clair (Mme Strauss Khan) en 1994, alors que favori des sondages ( comme DSK aujourd’hui) il avait refusé d’être le candidat socialiste à la présidentielle…

DSK répond qu’il a regretté à l’époque le choix de Jacques Delors, mais quand le journaliste a insisté pensant avoir trouvé la faille, il a ajouté d’un ton sans appel : « C’est de l’histoire. »

 

La leçon du directeur .

 

Dominique Strauss Kahn a donc parlé en directeur général du FMI ce qui lui permis de faire la leçon aux hommes politiques du monde entier, et aux français en particulier. Il a prononcé notamment une tirade qui restera dans les mémoires, quand Laurent Delahousse lui a fait écouter une déclaration très critique d’un député de droite qui le qualifiait de candidat des bobos,  DSK a refusé d’entrer dans la polémique et s’est lancé dans une formule sentencieuse du

genre : « quand les hommes politique feront le travail pour lequel ils ont été élus par les citoyens, plutôt que de se consacrer avant tout à leur réélection, les choses iront mieux. »

 

Un ton (presque) présidentiel.

 

 Au final, un discours au-dessus de la mêlée qui cherche à élever le débat, on aurait dit un discours de président ….DSK a peut être déçu ceux qui souhaitaient qu’il se déclare sans tarder, mais avec ce numéro de super expert il a rajouté une pierre à sa stature d’homme d’Etat . Il faut laisser du temps au temps disait autrefois François Mitterrand. S’il n’est pas encore en course DSK est passé hier d’une candidature possible à une candidature… probable.

 

MAM: au nom du père.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 février 2011 15h31 | Un commentaire>

Bernard Marie et sa fille Michèle.

Bernard Marie et sa fille Michèle.

 

La presse française critique le maintien de Michèle Alliot Marie au gouvernement. Bien que complètement discréditée par les dernières révélations du canard, MAM a contre attaqué, forte du soutien de Nicolas Sarkozy…

 

 

« Vous avez beau répéter des mensonges  ça n’en fera pas des vérités ! »

Réponse de Michèle Alliot Marie hier à l’Assemblée Nationale aux députés qui l’interrogeaient sur les nouvelles révélations du « Canard enchaîné ». A un autre contradicteur,  la ministre des affaires étrangères a ajouté qu’elle estimait abject qu’on utilise ses parents pour l’atteindre politiquement.

 

Un achat opportun.

 

Le journal satirique a révélé hier matin que le père de la ministre, Bernard Marie, 94 ans , lui-même ancien député, avait  acheté en Tunisie les parts de leur ami Aziz Miled, dans une société civile immobilière locale. La transaction aurait eu lieu le 30 décembre, alors que la révolution du jasmin durait déjà depuis cinq  jours…

MAM s’est défendue becs  et ongles, et elle peut se targuer du soutien du président de la république qui, privilège rare, lui a fait passer un petit mot manuscrit pendant le conseil des ministres.

 

Doit-elle démissionner ?

 

Ce matin une partie de la presse s’étonne de la situation et rappelle que dans la plupart des pays européens, Italie de Berlusconi mise à part, un ministre pris dans une telle tourmente aurait déjà démissionné.

Il se murmure que Nicolas Sarkozy a envisagé un moment de remplacer MAM par Alain Juppé, mais à presque un an de la présidentielle il a  besoin de tous les courants de sa majorité et MAM ancien chef du RPR,  (ex parti de Chirac) , représente une aile importante du mouvement gaulliste.

Le président  est  d’ailleurs persuadé que l’opinion publique est versatile et que cette affaire finira par se tasser, ce n’est  pas forcément  faux.

 

 Quelle voix pour la France ?

 

Restent  la morale et l’image de la diplomatie française à l’étranger.

Tôt ou tard Michèle Alliot Marie réagira  au nom de la France  sur les manifestations en Iran, en Libye ou au Yémen…

Quel poids,  quelle crédibilité conserve-t-elle avec de telles casseroles attachées à ses basques ?

Vous vous souvenez peut être du vieil adage romain, «Caesaris mulier non fit suspecta !» «La femme de César ne doit pas être soupçonnée !»

…. On ne doit pas soupçonner non plus….la ministre de César.

 

Mexique-France: Faut-il faire la guerre pour Florence Cassez ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 16 février 2011 15h05 | 6 commentaires

La tension diplomatique s’est accentuée mardi 16 février entre Paris et Mexico, après l’annonce du retrait du gouvernement mexicain de l’Année du Mexique en France. Nicolas Sarkozy venait d’annoncer sa décision de dédier cet événement à Florence Cassez, cette jeune française condamnée à purger 60 ans de prison au Mexique.

Florence Cassez condamnée à 60 ans de prison.

Florence Cassez condamnée à 60 ans de prison.


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Un grave incident diplomatique

 

Faut-il faire la guerre pour Florence Cassez ? Certes, une guerre toute diplomatique, mais il est rare que deux pays, plutôt dans le même camp, en arrivent à un tel niveau de crise pour un cas individuel. En effet nous ne sommes pas ici dans le cas Clotilde Reiss, cette étudiante retenue et jugée en Iran parce qu’elle avait participé à des manifestations de l’opposition. Le Mexique et la France sont des pays amis, en témoigne d’ailleurs cette année du Mexique en France qui s’annonçait comme une grande fête….

aL’année du Mexique en question

C’est Michèle Alliot Marie, la ministre des affaires  étrangères qui a lancé la première l’idée de boycotter cette manifestation. … Or c’est un truc énorme l’année du Mexique des dizaines d’événements dans toute la France du 1er janvier au 30 octobre dans les domaines les plus variés :  

Économie, Science, Éducation, Culture ,Tourisme, Gastronomie, Sport etc…

Elle a fait l’objet d’un accord  bilatéral entre la France et le Mexique, ce n’est pas une kermesse de village !  

Sarkozy au créneau.

Que s’est- il passé lundi ? Nicolas Sarkozy a reçu les parents de Florence Cassez, et comme la jeune femme s’est dite opposée au boycott, le président a tout simplement proposé de lui dédier l’année du Mexique . Evidemment à Mexico on n’a pas apprécié et on a décidé de ne plus participer à l’événement, autant dire de l’annuler.  Le téléphone a du chauffer entre les deux capitales, puisque l’ambassadeur du Mexique à Paris a fait une déclaration officielle rappelant  que son  pays participerait bien à l’année du Mexique si les « Conditions  ne changent pas » , comprenez si elle n’est pas  dédiée à Florence Cassez.

Je vous passe l’intervention d’acteurs culturels comme l’écrivain Carlos Fuentes qui demande qu’on ne mélange pas tout, un cas individuel et les relations entre deux grands pays et deux grandes cultures .  Mais voilà, à l’ère de l’émotion et de l’empathie, la photo d’une jeune femme emprisonnée, pèse plus que les représentations fabuleuses des dieux aztèques…

 La voie de la sagesse…

 A vrai dire je ne sais pas si Florence Cassez est coupable ou innocente… son histoire avec ce truand kidnappeur dont elle est considérée comme la complice n’est pas claire . Une chose est sûre il est impossible de comprendre de ce côté de l’atlantique qu’un juge condamne quelqu’un à 60 ans de prison.

Il existe une convention internationale pour favoriser le transfert des prisonniers dans leur pays d’origine, convention signée par  la France et le Mexique. Ce serait peut- être  la voie de la sagesse que le président mexicain accepte que Florence Cassez retourne en France, afin d’y purger une peine plus raisonnable. Mais tout ce bruit en a fait un symbole, et l’on peut craindre qu’il faille attendre un prochain président  à Mexico comme à Paris pour régler ce cas difficile.

Coup droit contre DSK .

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 février 2011 17h04 | Comments Off on Coup droit contre DSK .
DSK n'incarnerait pas la "vraie" France.

DSK n'incarnerait pas la "vraie" France.

La droite française a débuté les hostilités contre le favori des sondages, le socialiste Dominique Strauss Kahn dit DSK, actuel directeur général du fond monétaire international…

 

 

DSK au FMI.

 

L’attaque la plus simple, porte tout simplement sur son statut , son mandat de directeur général du FMI, il vient à échéance  à l’automne 2012, soit plusieurs mois après  la présidentielle, le porte-parole du gouvernement François Baroin a donc beau jeu de dire : « il a pris un engagement qu’il le respecte ! » propos complétés par une députée de l’UMP,  le parti du président… Valérie Rosso-Debord :  « s’il quitte la présidence du FMI en plein  G20 ce serait une faute contre la représentativité de la France et son poids dans le monde… »

 

Nicolas nous voilà !

 

 On reste dans du classique, presque du courtois, en revanche, les propos de Christian Jacob, le patron des députés UMP  ressemblent à une polémique d’avant  guerre. 

A la question :

« DSK c’est le candidat des bobos ? « , il répond :

«  Il les incarne plutôt bien« , Pour lui, le patron du FMI « ce n’est pas l’image de la France, l’image de la France rurale, l’image de la France des terroirs et des territoires, celle qu’on aime bien, celle à laquelle je suis attaché ». 

Ces propos rappellent étrangement  ceux que tenaient avant-guerre la droite la plus dure à l’égard de gens qui comme le premier ministre du front populaire,  Léon Blum étaient de bourgeois de gauche, plutôt cosmopolites et urbains parlant des langues étrangères et de confession (comme on disait alors)  israélite … ce qui par le plus grand des hasards,  est également le cas de Dominique Strauss Kahn…

 

 

Le pays réel .

 

 Le porte-parole du PS, Hervé Hamon  a tout de suite fait le rapprochement … parlant d’ « arrières pensées aux relents très moisis… ».

On voit bien la stratégie,  elle s’ancre dans une vieille tradition française représentée  notamment par le concept de «  pays réel », développé par Charles Maurras. Mais il y a un hic ! Nicolas Sarkozy issu d’une famille hongroise, elle aussi cosmopolite, et ancien maire de Neuilly, la ville la plus riche de l’hexagone,  incarne assez mal  la France des paysans aux sabots profondément enfoncés dans le sol natal…

Leon Degrelle autre adepte du "pays réel".

Leon Degrelle autre adepte du "pays réel".

 

 

 

Ségolène on a besoin de toi !

 

On peut donc penser que le portes  flingues du président vont  se calmer sur le mode terroir, en revanche… avec le train de vie de DSK, son appartement  place des Vosges et sa berline de luxe , ils tiennent une piste du genre :  le plus bing des deux n’est pas celui qu’on croit !  

Par moment je me dis que l’UMP est entrée dans la campagne des primaires au PS et que son idée serait en quelque sorte de détourner les socialistes du candidat DSK,  pour qu’ils choisissent un autre champion, moins dangereux pour le président.   Bertrand, Guéant et Hortefeux pourraient peut être réenregistrer en choeur et « a cappella » le célèbre tube de la campagne de 2007… « Ségolène on a besoin de toi ! » 

 

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Sarkozy sur TF1: parole de Président !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 février 2011 08h42 | Un commentaire>

Nicolas Sarkozy a répondu pendant plus de deux heures et demie aux questions de neuf français soigneusement sélectionnés. Ce matin le sentiment est mitigé, plutôt que « parole de français » cette émission aurait du s’appeler « parole de président. »sarkozy

 

Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est surtout lui qui a parlé et quand les braves citoyens avaient quelque chose à dire, il les a écouté brièvement  pour répondre  à côté et en profiter pour dérouler son programme de futur candidat.

 

Attentif à la dépendance.

 

A dire vrai le seul moment  où il est apparu à la fois convainquant et attentif c’est quand il a dialogué avec ce photographe de 80 ans  qui consacre ses journées et ses nuits à s’occuper de nos épouse frappée d’Alzheimer, mais là il était dans sa zone de confort, même si on peut critiquer les modalités de son plan dépendance personne ne conteste l’importance et la gravité du sujet. Pour le reste il a manqué singulièrement de compassion, face à cette mère divorcée, ou à cet ouvrier soudeur de 56 ans,  qui essayaient de lui expliquer leurs difficultés de fin de mois….

 

Absence de contradicteur.

 

Quant aux magistrats en grève, ils étaient absents du plateau, ce qui lui permis de les égratigner , en comparant leur statut protégé à celui des ouvriers soumis au chômage technique. Contrairement à l’an dernier il n’y avait pas de syndicaliste, seul un jeune agriculteur s’est montré un peu « rentre dedans », attaquant de font les idées libérales du président, mais Nicolas Sarkozy n’a eu aucune difficulté à botter en touche, en noyant le propos dans des généralités sur les impératifs de l’alimentation humaine…genre : «  nous sommes 6 milliards bientôt 9 , il faudra bien nourrir tous ces gens… »

 

Une déférence logique.

 

  Le problème de ce genre d’émission c’est qu’il ya face au président neuf citoyens qui ne sont pas comme lui des professionnels de médias, et qui forcément lui vouent un certain respect et même une certaine déférence, c’est quand même le prédisent…il impressionne, on ne lui parle pas comme à n’importe qui…donc à chaque fois qu’ils voulaient porter la contradiction les interlocuteurs commençaient par une formule de politesse :

« m’sieur le président excusez moi de vous demandez pardon… »

C’est logique et c’est même nécessaire, il est normal qu’on respecte la fonction du chef de l’Etat, élu au suffrage universel, représentant de tous les français.

De la communication.

 

En démocratie, il existe une opposition et des journalistes. Mettez face à Sarkozy des adversaires politiques, le discours sera différent, faites le interviewer, pas par des peoples, mais par de vrais journalistes connaissant leurs dossiers, il sera moins à l’aise….Cette prétention à parler avec les « vraies gens » c’est du pipeau, de l’esbroufe de la poudre aux yeux…ce n’est pas de l’information c’est de la communication !

 

 

 

Vacances : Pour Fillon, MAM et les autres ce sera l’hexagone ou rien!

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 février 2011 18h35 | Comments Off on Vacances : Pour Fillon, MAM et les autres ce sera l’hexagone ou rien!

Nicolas Sarkozy doit participer jeudi soir à une émission de télévision très attendue face à 9 français, à l’origine il n’aurait pas du s’exprimer sur les vacances de ses ministres mais il aura du mal à éviter le sujet, même s’il semble avoir trouvé la parade idéale.

 

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni au Maroc

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni au Maroc

 

 

 

 

 

D’après le porte parole du gouvernement qui s’exprimait à l’issue du conseil, le président a annoncé à ses ministres qu’ils devraient désormais « privilégier la France » pour leurs vacances et soumettre leurs éventuelles invitations de l’étranger à une l’autorisation du chef du gouvernement.

 

Sarko chez M6

 

Les séjours hors de l’Hexagone seront désormais soumis à l’aval du Premier ministre et de la cellule diplomatique de la présidence afin d’examiner « leur compatibilité avec la politique étrangère de la France »… on passe un peu d’un  extrême à l’autre, mais il faut dire que la situation menaçait de s’emballer puisqu’après les vacances de MAM en Tunisie, celles de François Fillon en Egypte, on a appris que  le président avait lui passé  les fêtes dans un palais du roi du Maroc, heureusement pour lui que le printemps du monde arabe n’a pas encore atteint le royaume chérifien…

 

Les charmes de l’hexagone.

 

Terminées les douceurs du climat de l’Afrique du nord, désormais ce sera la France et rien que la France, à part peut être quelques rares exceptions… les médias français goguenards  s’en sont donné à cœur joie pour rappeler qu’Angela Merkel partait en général au Tyrol ou sur les plages de la mer baltique, décor austère et climat vivifiant.

J’imagine la scène : «  euh   monsieur le président cet été je peux partir avec tata Angela ? – Oui mais à condition que tu fasses tes devoirs de vacances… »

Je ne vois pans quel autre bon de sortie pourrait accorder Nicolas Sarkozy ou laors une une retraite spirituelle au val d’Aoste avec Benoit XVI…

 

L’alternative Wallonne.

La cascade de Coo, haut lieu du tourisme populaire en Belgique.

La cascade de Coo, haut lieu du tourisme populaire en Belgique.

Vous me direz il y a peut être une autre destination qui serait compatible avec ce nouveau soucis de modestie : la Belgique ! Non pas les tentations « bling bling » de Knokke  le zoute  avec ses Ferrari rutilantes et ses blondes  ravalées… Mais bien la Wallonie ! Ainsi on peut inventer pour les ministres français un programme tout à fait comparable à l’Egypte : plutôt que le barrage d’Assouan la cascade de Coo, à la place des temples  de Louxor, les grottes de Han, le logement prévu non pas à l’hôtel Old Cataract mais un camping des bords de l’Ourthe, si possible en zone inondable…et enfin, transferts sur les sites assurés non pas en avion gouvernemental mais plus démocratiquement en bus des Tec, à condition qu’ils ne soient pas en grève. Par ailleurs  la Belgique présente un avantage diplomatique évident, quand la population manifeste ce n’est pas pour renverser le gouvernement,  mais pour en trouver un.

MAM et Fillon dans la même galère.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 février 2011 15h53 | Comments Off on MAM et Fillon dans la même galère.

Après MAM en Tunisie, le voyage de Fillon en Egypte fait scandale.

Le canard titre : un gouvernement qui décolle à plein tube ! Changez deux lettres au verbe et vous comprendrez …

fillon-et-mam 

Averti mardi que le canard allait sortir un article le premier ministre a essayé d’anticiper la crise en faisant publier dans l’après midi un communiqué complet : En clair il a passé ses vacances de Noël en Egypte, il a payé de sa poche le vol en avion de la République Française, mais l’appareil un Falcon 7X, est resté sur place avec son équipage aux frais de l’Etat. Une fois en  Egypte il a voyagé dans un appareil du gouvernent égyptien,

 et son séjour était pris en charge par l’Egypte…

Ce voyage comportait un côté officiel puisque le premier ministre a  rencontré le président Moubarak pendant une demi heure.

Les arguments  de sa défense sont simples :  le premier ministre n’est pas n’importe qui  partout où il va  il a besoin de son avion pour pouvoir rentrer en France en cas de crise. Autre argument, l’Egypte est un pays ami, il aurait été impoli de refuser son invitation.

 

Sur les traces de tonton.

 

Il y a  20 ans une telle affaire n’aurait pas fait une ligne dans les journaux, ce genre d’invitation entre chefs d’Etat est monnaie courante, et François Mitterrand, notamment a passé souvent ses vacances  en Egypte, en partie aux frais de Moubarak, y compris lors de son célèbre dernier séjour à l’hôtel Old Cataract quelques jours avant sa morts…mais voilà on a changé d’époque et ce qui était admis facilement autrefois devient aujourd’hui intolérable, peut être parce qu’en ces temps de crise la population ne supporte plus les privilèges que s’arrogent ses gouvernants ?

Il y aussi une hypocrisie à vouloir séparer le privé du public quand on occupe ce genre de fonction, personne ne s’offusque que le président des Etats  Unis se déplace en permanence avec Air Force One, il doit être joint et protégé à tout moment.

 

Les premiers ministres à la Lanterne !

 

 Politiquement l’affaire Fillon est moins choquante que celle de Michèle Alliot Marie, dans la mesure où François Fillon s’est rendu en Egypte avant les événements. Elle est simplement surprenante pour le commun des mortels qui ne bénéficie pas de ce genre d’avantages…

Au fond tout ça n’est pas très neuf, souvenez vous il y a quelques années du scandale des séjours de Jacques Chirac à l’île Maurice, tant et si bien qu’il avait finalement décidé de passer l’été dans sa résidence officielle de la côte d’azur le fort de Brégançon….

 Vous me direz François Fillon n’a pas cette chance. Le premier ministre français dispose bien d’un logement  de weekend, le pavillon de la Lanterne dans le parc du château à Versailles, le problème, c’est que depuis son élection Nicolas Sarkozy se le réserve…alors à défaut de Versailles le temple d’Abou Simmel, c’était pas si mal comme un lot de consolation …      

 

 

 

 

 

Le pavillon de la Lanterne à Versailles.

Le pavillon de la Lanterne à Versailles.