Trump “ Person of the Year”

Par Christophe Giltay dans Divers , le 8 décembre 2016 11h13 | Ajouter un commentaire

Donald Trump a été désigné mercredi personnalité de l’année par Time magazine « C’est un grand honneur, cela signifie beaucoup », a réagi l’homme d’affaires sur la chaîne NBC. Cette désignation ne fait pas l’unanimité aux Etats Unis, notamment chez ses opposants qui continuent à défiler aux cris de « ce n’est pas notre président. ».
Trump Person

 

 

Il faut savoir qu’être désigné personnalité de l’année par le magazine Time ce n’est pas recevoir le prix Nobel de la paix, ni le titre de « plus chic type de l’univers ». Le magazine choisit simplement la personnalité qu’il considère comme la plus influente de l’année écoulée, et ce depuis 1927 ( Charles Lindbergh), « pour le meilleur ou pour le pire ».

Un large panel.

Alors bien sûr dans la liste vous avez effectivement des prix Nobel de la paix et des chics types : Gandhi en 1930 Martin Luther King en 1963.

Mais le plus souvent ce sont des dirigeants politiques désignés indépendamment de leurs idées pas toujours démocratiques. Ainsi en 1931 le français Pierre Laval qui sera le premier ministre de Pétain pendant la guerre, avant d’être fusillé à la libération. Mais aussi, excusez du peu, Adolf Hitler en 1938, et  Joseph Staline en 1939 et en 1942. De l’autre côté Churchill en 40 et en 49 et le général De Gaulle en 1958… Quant à F.D. Roosevelt, il fit la une en 1932 et 1934…d’ailleurs quasiment  tous les présidents américains depuis les années trente ont eu cet honneur (hormis Gérald Ford).

De Khomeiny à Bill Clinton.

Plus proche de nous l’ayatollah Khomeiny en 79, Vladimir Poutine en 2009 ou Angela Merkel l’an dernier. A noter que parfois le titre est attribué à de organismes, ou des groupes ainsi en 1956 les révoltés Hongrois, ou même carrément à la terre en 1988.

Parfois Time est un peu facétieux en honorant en 1936 Wallis Simpson l’américaine divorcée que voulait épouser le roi Edouard VIII d’Angleterre et pour laquelle il abdiqua. Mieux en 1998  quand le titre fut attribuée conjointement à Bill Clinton au le procureur Kenneth Starr qui voulait le destituer pour une histoire de cigare. Je pense que c’est parce qu’ils n’ont pas  osé choisir carrément Monica Lewinsky.  Le top est à mon avis le choix de 2006 :  « YOU » c’est-à-dire vous en anglais. Bref nous les lecteurs, les gens, les humains. Il faut dire que cette année-là un sondage sur internet avait donné premier Hugo Chavez et deuxième le président iranien de l’époque Mahmoud Ahmadinejad. Depuis ils ne font plus de sondage.

Un choix logique.

Bref Trump «  Person of the year » c’est tout à fait logique d’autant que les articles qui lui sont consacrés sont très critiques,  et que le sous-titre du magazine est : « le président des Etats désunis… » Ce à quoi Donald Trump a répondu qu’il était très honoré, mais que comme il n’était pas encore prédisent il n’avait « désuni » personne, affirmant que la vie lui avait appris l’humilité… première info !

Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir,  mais depuis qu’il fait la une de Time,  Donald Trump commence à parler  comme un homme politique…

 

Moi plus président !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 décembre 2016 12h00 | 2 commentaires

D’après un sondage publié ce matin 82% des Français approuvent la décision de François Hollande de ne pas se représenter à l’élection présidentielle. C’est néanmoins n séisme politique car jamais sous la Vème République un président n’avait renoncé à briguer un second mandat, quitte à se faire battre comme Giscard en 1981 et Sarkozy en 2012.

hollande renonce

 

Il était 20h pile quand François Hollande est apparu à la télévision, la mine grave. Le suspens a duré quelques minutes pendant lesquelles il a tiré un bilan positif de son mandat et déclaré que la condition qu’il avait mise, l’inversion de la courbe du chômage était désormais remplie…La conclusion fut un véritable coup de tonnerre :

« Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle »

Le ton était solennel et triste d’après les témoins il régnait dans le studio N°2 de l’Elysée une ambiance de plomb.

Un secret bien gardé.

La plupart des collaborateurs du président n’avaient été averti que dans la journée. L’entourage de Manuel Valls assure que François Hollande aurait averti le premier Ministre lors de leur déjeuner de lundi, mais d’après certains de ses proches il n’aurait pris sa décision que mercredi. Une conversation avec Ségolène Royal et leurs quatre enfants auraient été décisive. Ils l’ont dissuadé de se présenter s’il n’avait pas le sentiment de pouvoir l’emporter. De plus  après la déclaration de Manuel Valls le weekend dernier qui se disait prêt, il était persuadé qu’il ne pourrait pas rassembler la gauche, au contraire sa candidature aurait pu provoquer une guerre fratricide.  Peut-être a t-il également senti après les échecs de Sarkozy  et Juppé à droite,  de Cécile Duflot chez les Verts ( sans parler d’Hillary Clinton) , que l’époque n’étaient pas aux sortants.

Valls candidat ?

Manuel Valls pourrait annoncer sa candidature dès ce weekend, peut être lors du meeting de la belle alliance populaire qui se tiendra samedi à l’appel du PS. Pour autant la personnalité du Premier Ministre ne fait pas l’unanimité à gauche, d’autres candidats pourraient se déclarer, comme Christiane Taubira, Najat Vallaud Belkacem et pourquoi pas Anne Hidalgo la Maire de Paris. Par ailleurs certains hollandistes de poids, y compris des ministres de l’actuel gouvernement  (Royal ?) pourraient rejoindre Emmanuel Macron.

En renonçant à se présenter François Hollande a rebattu les cartes et ouvert le jeu… la partie ne fait que commencer !

Bayrou tacle Fillon.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 décembre 2016 08h08 | 3 commentaires

Nouveau rebondissement dans la campagne pour l’élection présidentielle en France, le centriste François Bayrou refuse de se rallier à François Fillon. Il pourrait se déclarer lui-même candidat.

Bayrou rtl

C’était hier soir dans le journal de France 2. Le maire de Pau s’est nettement démarqué du programme de François Fillon.

Soutien d’Alain Juppé à la primaire il a littéralement taclé l’ancien premier ministre. «J’ai de l’amitié pour François Fillon depuis longtemps et je veux l’alternance. Le projet de Fillon est dangereux pour l’alternance», il a ensuite cité le libéral historique Alain Madelin qui aurait déclaré au sujet du candidat de la droite : «C’est Robin des Bois à l’envers. Au lieu de prendre aux riches pour donner aux pauvres, il prend aux pauvres pour donner aux riches!» et Bayrou d’ajouter «ceux qui ont moins auront moins, et ceux qui ont plus auront plus» .

Il a notamment cité la disparition de l’impôt sur la fortune, la hausse de la TVA et la suppression 500 000 postes de fonctionnaires. Proposition qui ne passe pas dans une France, où tout le monde rêve plus ou moins de devenir fonctionnaire.

Jamais trois sans quatre.

François Bayou ne s’est pas encore déclaré mais disons que sa candidature est plausible, ce serait alors la quatrième fois qu’il se lancerait dans la course. Il a toujours obtenu des résultats honorables, atteignant même 18,5% en 2007 année où il avait fini troisième. On se souvient de son débat avec Ségolène Royal et un moment la candidate socialiste avait envisagé de le nommer premier ministre en cas de victoire. Mais au final il n’avait pas appelé à voter pour elle au second tour, ce qu’il a fait en revanche en 2012 pour François Hollande, déclenchant la colère et même la haine de Nicolas Sarkozy, persuadé qu’il lui doit sa défaite à l’époque. D’ailleurs pendant la campagne de primaires Sarkozy avait fait de Bayrou ( qualifié de traître)  une cible, cherchant à atteindre Juppé à travers son allié centriste.

Un axe Macron-Bayrou-NKM ?

Le positionnement très à droite de François Fillon laisse indubitablement un espace au centre, espace occupé pour l’instant par Emmanuel Macron. Peut-on imaginer un rapprochement entre les deux hommes ? Certains rêvent d’une sorte de résurrection de l’UDF le parti de Valéry Giscard d’Estaing qui mordait à la fois sur le centre droite et le centre gauche. Il est vrai qu’il existe une sorte de nébuleuse Macron, NKM , Bayrou… Réformatrice sur l’économie mais intransigeante sur les valeurs républicaines d’ouverture et de tolérance. Mais ces convergences d’idées ne font pas forcément un programme politique. D’autant qu’il existe un déjà parti centriste  l’UDI qui après son congrès se ralliera très probablement à François Fillon. Comme le disait autrefois Marie France Garaud , célèbre conseillère de Jacques Chirac à ses débuts : « les centristes c’est un problème qui se règle à coups de portefeuilles ! ». De portefeuilles ministériels bien sûr…

 

Débat : Fillon l’emporte

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 novembre 2016 10h59 | Un commentaire>

57% des Français estiment que François Fillon a été plus convaincant hier soir lors du débat qui l’a opposé à Alain Juppé, pour la désignation du candidat de droite à l’élection présidentielle. Les deux hommes sont restés courtois l’un avec l’autre malgré quelques moments de tension, notamment sur l’avortement. A deux jours du scrutin on peut dire que les jeux sont faits.

fillon-juppe-dernier-debat-primaire-droite_5751977

 

C’était un peu étrange ce débat doit droite, quand on est habitué aux duels gauche droite. Les deux hommes se sont tutoyés, tout était dans la nuance, on a entendu plus de « je suis d’accord mais… » Que de véritable désaccords. Sauf sur les sujets qui fâchent comme la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires préconisée par François Fillon, contre 250 000 quand même chez Juppé.

Thatcher contre Chirac.

Il est apparu que François Fillon avait un programme radical de changement de la société française dans un sens beaucoup plus libéral, thatchérien dirons certains, alors qu’Alain Juppé reste dans les classiques de la droite, avec une approche disons gaullisto- chiraquienne du problème. Ca s’est vu notamment quand ils ont abordé la question du temps de travail chez les fonctionnaires. Alain Juppé veut le relever à 39 heures au lieu de 35, mais « pas de façon brutale ». Alors que François Fillon propose 39 heures payées 37. (Et là comme dirait Raoul Volfoni c’est du brutal !)

Mai 68

Il y a eu des moments presque cocasses notamment quand les eux hommes ont reconnu qu’ils avaient manifesté pendant mai 68. Avant de se reprendre en disant que la plus grande manifestation à laquelle ils avaient participé dans leur vie était celle qui défendait l’école privée en 1984, ils y étaient d’ailleurs ensemble…

Avortement

On s‘attendait à une passe d’arme un peu violente sur les sujets de société comme l’avortement, dont François Fillon a dit un jour qu’il y était personnellement opposé.  Mais Alain Juppé fut moins agressif que dans les interviews qu’il a données en début de semaine. François Fillon a répondu qu’il ne reviendrait pas sur cette loi et que le procès qui lui était fait n’était pas correct. Il y a bien eu une nuance quant à savoir s’il s’agissait d’un droit fondamental ou pas : pour Juppé oui, pour Fillon non, mais pour ce dernier c’est  néanmoins un droit ! Vous me direz qu’il a dû à ce moment  perdre quelques-uns des catholiques pratiquants qui le soutiennent…

Pas forcément puisque cette semaine le, pape François a accordé à tous les prêtres la faculté d’absoudre ce qu’il appelle le « péché d’avortement ». Et ce genre de pêché peut arriver aussi dans les meilleures familles.

Ni rêve, ni peur.

Au final François Fillon est apparu plus clair et maitrisant mieux son programme et si 57 % des français, de tous les Français, l’ont trouvé plus convaincant, c’est surtout le cas de 71% des électeurs de la droite et du centre… Donc selon toute vraisemblance c’est plié !

Il faudrait pour inverser les choses une mobilisation massive des électeurs de gauche en faveur d’Alain Juppé, mais honnêtement je n’y crois pas. Pour deux raisons :

Juppé ne fait pas rêver, et malgré ses gros sourcils, Fillon ne fait pas peur…

François Fillon, pilote d’endurance

Par Christophe Giltay dans Histoire, Politique , le 21 novembre 2016 08h29 | 2 commentaires

François Fillon a donc remporté haut la main le premier tour des primaires de la droite en France. Même si tout le monde avait constaté sa remontée ces derniers jours, personne n’avait imaginé qu’il arriverait en tête, et surtout avec une telle avance. Alors comment expliquer cette victoire ?

fillon

François Fillon ancien député du Mans, a toujours dit que comme les 24h, les primaires de la droite « étaient une course d’endurance et non un sprint… » Rappelant régulièrement dans ses réunions publiques la course de Jacky Ickx en 1969, quand il était parti dernier pour arriver premier.
Désormais il lui faut transformer l’essai, mais il a tellement d’avance qu’il a vraiment peu de chances de perdre au second tour, il faudrait un retournement de l’opinion de droite , ou alors un vote massif d’électeurs de gauche en faveur d’Alain Juppé. D’autant plus que Nicolas Sarkozy lui a apporté son soutien.

Un programme très à droite

Comment expliquer ce succès alors que le programme de François Fillon est peut être le plus libéral de tous sur le plan économique, et l’un des plus sévères sur les questions de sécurité ? Il est par exemple favorable à la déchéance de nationalité pour les jihadistes. Quant aux questions sociétales il est très conservateur, ainsi contrairement à tous les autres candidats de la primaire il envisage d’amender la loi sur le mariage pour tous. Non pas la supprimer, mais par exemple supprimer ou limiter la possibilité d’adopter pour les couples homosexuels. Ainsi il fédère les secteurs économiques, les partisans d’une politique sécuritaire, mais aussi les mouvements catholiques traditionnels.

Plus rassurant que Sarkozy

Son programme est assez proche de celui de Sarkozy, mais lui n’est pas bling bling, il ne traite pas les gens de « pauv’ con », il ne menace pas de nettoyer les banlieues au karcher, il ne divorce pas etc etc…toutes choses qui vous me passerez l’expression « rassure le bourgeois ». S’il fallait comparer François Fillon à une grande figure de l’histoire contemporaine, je dirais que c’est un peu le Georges Pompidou de Nicolas Sarkozy…

Un nouveau Pompidou ?

En 1969, (tiens, toujours 69…) les Français avaient chassé le général de Gaulle en répondant ‘non’ à son référendum, puis avaient élu triomphalement Georges Pompidou pour lui succéder. Or Pompidou c’était son ancien premier ministre, exactement sur la même ligne politique. Mais contrairement au général, il était beaucoup plus « conforme » et ne risquait pas d’aller à Montréal crier « vive le Québec libre ! »…

Des ruptures, oui mais pas trop !

Les Français aiment bien les révolutions, les ruptures, les grands hommes qui secouent le cocotier… mais pendant un temps seulement ! Ensuite ils ne rêvent que d’être gouvernés bourgeoisement. Après Napoléon, Louis XVIII ; après De Gaulle, Pompidou ; après Sarkozy, Fillon.
Cela dit la course n’est pas terminée, il reste un second tour des primaires puis l’élection proprement dite au printemps prochain… Mais Fillon a des réserves, Jacky Ickx n’a-t-il pas gagné 6 fois les 24h du Mans ?

Débat : Taisez-vous Pujadas !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 novembre 2016 08h15 | 5 commentaires

Hier soir a eu lieu le dernier débat des primaires de la droite en France. Un débat assez convenu où chacun des candidats est resté sur ses positions. Les échanges sont restés polis sauf avec les journalistes qui en ont pris pour leur grade. Par ailleurs François Fillon continue sa remontée et une surprise n’est plus à exclure au premier tour dimanche.

 

juppé fillon

 

Tous les sondages publiés ce matin, donnent François Fillon vainqueur du débat,  en tout cas c’est lui qui est apparu comme le plus crédible aux yeux des Français . Viennent ensuite selon les instituts Alain Juppé puis Nicolas Sarkozy ou le contraire.

Le retour de Fillon.

Voilà qui complique les choses, on pensait depuis plusieurs semaines que le match se jouerait à deux, Sarko-Juppé et voilà que Fillon est revenu dans le peloton de tête. Ainsi qu’il l’avait annoncé, calquant son parcours sur celui de Jacky Ickx au 24h du mans 1969, parti dernier arrivé premier ! Ainsi l’ancien premier ministre pourrait bien éjecter dimanche celui qui le considérait comme un simple collaborateur…..On n’en est pas là et l’exemple américain nous a montré la limite des sondages.

Haro sur les plumitifs !

D’ailleurs  on a assisté hier à une dérive Trumpienne assez intéressante…Alors qu’ils évitaient soigneusement de s’étriper,  les candidats s’en  sont pris durement aux journalistes qui les interrogeaient. D’abord David  Pujadas s’est ramassé  une remarque cinglante de Nicolas Sarkozy quand il a voulu l’interroger sur les accusations de Ziad Takkeddine qui affirme lui avoir remis des valises d’argent libyen entre 2006 et 2007.

Réponse de l’ex  : «Quelle indignité. Nous sommes sur le service public. Vous n’avez pas honte de donner de l’écho à un homme qui a fait de la prison, a été condamné à d’innombrables reprises pour diffamation, et qui est un menteur? Ça n’est pas l’idée que je me fais du service public, c’est une honte ». Circulez y’a rien à voir ! On se serait cru, il y a 25 ans avec Mitterrand et Hugues le Paige de la RTBF. Le Belge avait eu l’outrecuidance de l’interroger sur les écoutes de l’Elysée, le sphinx lui avait lancé «  si j’avais su que vous étiez comme ça…je n’ai pas de temps à perdre sur de sujets pareils… » avant de mettre fin à l’interview.

Le Maire comme Marchais

Hier soir Jean Pierre Elkabbach a aussi entendu les balles siffler quand il a fait remarquer à Bruno Le Maire que sa campagne ne fonctionnait pas. Réponse de Lemaire : «Qu’est-ce qui vous dit que ça ne va pas fonctionner? (…) M. Elkabbach, je suis candidat à la primaire. Ça mérite le respect de votre part, et je n’ai pas à recevoir de leçon de votre part»… Là aussi souvenir, souvenir, ça m’a rappelé le leader communiste Georges Marchais en 1978, renvoyant le même Elkabbach dans les cordes avec le célèbre «  taisez-vous Elkabbach ! »

Fillon dit non.

Enfin lors de la conclusion du débat François Fillon refusé la parole libre que Pujudas lui proposait pour selon son expression « guerroyer ».

«Vous êtes en train de nous couper la parole sur des sujets fondamentaux, alors qu’on ne veut pas. C’est tout le problème de la conception que vous avez de plus en plus de ces débats: vous cherchez le spectacle, et pas le fond. »

Cool… J’en entends déjà deux ou trois nous expliquer lundi que s’ils ont perdu c’est la faute des journalistes …

Trump: le loup dans la bergerie

Par Christophe Giltay dans Politique , le 10 novembre 2016 13h04 | 6 commentaires

donaldtrump

Il y a 24 heures le monde apprenait avec sidération l’élection de Donald Trump. Depuis les choses se sont accélérées, et ce matin déjà on verra celui qu’on appelle désormais le président Trump rentrer de plain-pied dans sa fonction. Barack Obama, au pouvoir jusqu’au 20 janvier, va lui faire visiter la Maison Blanche, et discuter avec lui de la transition.  On a l’impression qu’une certaine normalité est en train de s’installer et que dans le droit fil de son discours d’acceptation Donald Trump est, du moins en apparence, un président comme les autres.

En le recevant à la Maison Blanche tout à l’heure, Barack Obama va en quelque sorte adouber Donald Trump, il va le faire rentrer dans ce monde politique qu’il a combattu avec une violence extrême pendant 18 mois…

 

Les Républicains à Canossa

Car avant de triompher d’Hillary Clinton, Donald Trump avait éliminé tous ses adversaires républicains, sans épargner ni les coups bas, ni les insultes. Et pourtant, à part la famille Bush, ils sont tous venus à résipiscence et ont fait allégeance au « grand Moghol », ainsi que le surnomment ses gardes du corps.
On verra d’ailleurs dès aujourd’hui les experts et les élus du parti Républicain, se mettre à son service pour constituer ce qu’on appellera bientôt l’administration Trump.

 

Quand Barack reçoit Donald

Les discours d’Hillary Clinton et de Barack Obama hier ont fait office d’acceptation par le clan démocrate  oui nous reconnaissons la légitimité de cette élection, et Donald Trump sera bien notre président. La potion a du avoir un goût amer, d’autant que Trump avait longtemps laissé entendre qu’il ne se plierait pas en cas de défaite à cet exercice démocratique. La technique de base de Trump étant de ne jamais reconnaître une défaite. Vous me direz c’est justement pour ça qu’il gagne…

 

Un programme anti Obama

J’imagine Barack Obama recevant tout à l’heure dans le bureau ovale un homme qui a promis d’abroger sa réforme de la santé, d’expulser 11 millions d’illégaux, de construire un mur à la frontière mexicaine, de jeter Hillary Clinton en prison, de dénoncer l’accord de Paris sur le climat ainsi que celui sur le nucléaire iranien. Bref de détruire toute son oeuvre. Il va lui en falloir Barack, de l’esprit sportif et de l’abnégation… Car Trump reste Trump ! Et même si jusqu’au 20 janvier il va essayer de se tenir correctement, le tigre ne s’est pas transformé en chaton.

 

Un Président mais quel président ?

On essaye de se rassurer en disant: « Oui mais il sera entouré d’hommes expérimentés, d’experts, de diplomates… » Quand vous voyez le respect qu’il leur porte, vous pouvez imaginez jusqu’à quel point il va suivre leurs conseils ! Quant aux dirigeants étrangers comme il les méprise à peu près tous ( à part Poutine, les fauves se reconnaissent entre eux ) ça promet ! Et la Belgique n’y échappera pas …

 

Le « trou à rat » vous salue bien !

A noter d’ailleurs avec quel empressement nous avons félicité un homme qui a un jour qualifié notre capitale de « trou à rat » ( hellhole). Dans le genre j’ai préféré le discours de François Hollande qui a dit en gros : je le félicite parce que c’est la règle mais je n’en pense pas moins. Bref et pour employer une expression hollandienne justement, ne nous voilons pas la face, Donald Trump ne sera pas un président normal !

Le bilan de Barack.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 novembre 2016 08h36 | 3 commentaires

Barack Obama aura passé 8 ans à la Maison Blanche. Au début son slogan de campagne, « Yes we can » avait suscité bien des espoirs. Ses partisans s’attendaient à une  politique volontariste qui aurait changé les Etats Unis en profondeur. Deux mandats plus tard, le bilan est contrasté, il n’a pas tenu toutes ses promesses, mais aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur l’administration Obama peut s’enorgueillir de quelques belles réussites. Il quitte d’ailleurs la présidence avec 55% d’opinions favorables.

obama-yes-we-can_04-nov-08

A écouter les commentaires Barack Obama n’aurait rien accompli de vraiment mémorable. Il n’a pas fermé Guantanamo, il n’a pas réussi à limiter l’usage des armes aux Etats unis, il n’a pas mis fin aux interventions extérieures, il n’pas  réglé le conflit israélo palestinien. Et pourtant au début ce premier président noir avait suscité des espoirs  immenses, à-tel point qu’en signe d’encouragement il avait reçu le prix Nobel de la paix un an à peine après son accession au pouvoir…

Des avancées à l’intérieur.

Mais au fond que lui reproche-t-on au juste ? Hormis de n’avoir pas réalisé tous les rêves promis…

A l’intérieur alors qu’il affrontait les suites de la crise économique de 2008, il a réussi à imposer l’ « Obama care », une sécurité sociale pour tous, alors que Bill et Hillary Clinton avaient échoué sur le même dossier. De même c’est sous sa présidence que le mariage homosexuel été autorisé par la cour suprême.

Des succès à l’extérieur.

A l’extérieur il a signé un accord sur le nucléaire iranien ramenant l’Iran dans le concert des nations, même si cet accord continue à être contesté. Il s’est réconcilié avec Cuba, après 54 ans de rupture des relations diplomatiques. Alors qu’on le disait beaucoup moins interventionniste que ses prédécesseurs, il a soutenu l’action franco-anglaise en Libye contre Kadhafi et il a pris ses responsabilités en engageant les Etats Unis contre l’organisation terroriste état islamique en Irak et en Syrie. Enfin il a fait retrouver et neutraliser l’inspirateur des attentats du 11 septembre, Oussama ben Laden.

Des échecs.

Son plus grand échec, aura été l’impossibilité de réformer la vente des armes aux Etats Unis malgré des événements terribles comme la tuerie à l’école primaire de Sandy Hooke, où avaient péri 20 enfants de moins de 10 ans. En annonçant le drame à la télévision, Barack Obama avait écrasé quelques larmes, submergé par l’émotion. Mais les larmes du président n’auront pas fléchi le lobby des armes. De même les dernières années de sa présidence ont vu resurgir les tensions raciales  comme à Ferguson après la mort de Michael Brown, un jeune noir de 18 ans tué par un policier.

Un président pour l’histoire.

Alors que retiendra l’histoire de Barack Obama ? Au minimum son élection… Tout simplement son élection !

Le premier président noir des Etats Unis n’a pas accompli de miracles ?

C’était lui le miracle !

Valérie Pécresse à Matignon ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 novembre 2016 13h31 | Comments Off on Valérie Pécresse à Matignon ?

On parle beaucoup d’Hillary Clinton et de ses chances d’accéder à la Maison blanche…Mais en France une autre femme est en train de s’approcher du pouvoir : Valérie Pécresse la présidente de la région île de France. Elle vient d’apporter son soutien à Alain Juppé pour la présidentielle, en échange elle aurait obtenu la promesse de décrocher le poste de premier ministre en cas de victoire.

Valérie Pécresse

 

 » Il sont tous en train de me draguer, il va falloir que je choisisse sinon je vais passer pour une allumeuse ! «  Voilà ce que disait il y a quelques jours Valérie Pécresse au sujet des candidats à la primaire de la droite. Bruno Le Maire avait carrément dit qu’il lui promettrait Matignon avant de l’inviter à déjeuner. Elle avait déjà cassé la croute avec Sarkozy et Juppé, séparément bien entendu. Dans la foulée l’ancien Premier Ministre Jean Pierre Raffarin, soutien d’Alain Juppé, avait à son tour déclaré qu’elle avait tout à fait le profil pour occuper Matignon.

Alain Juppé.

Je vous rassure Valérie Pécresse n’est pas une allumeuse, voici ce qu’elle a déclaré ce matin dans une interview au Figaro: » j’ai décidé de soutenir dès le premier tour Alain Juppé. Il sera un président fort, qui saura réformer et restaurer l’autorité de l’État. « 

Comme toujours dans ces cas-là il y aura bien des déçus, à commence par François Fillon dont on la disait très proche et dont elle fut à deux reprises ministre. Mais voilà elle explique qu’elle a fait le choix de l’efficacité et qu’à son avis Alain Juppé est le seul à pouvoir battre Marine le Pen à plate couture. Quant au poste de Premier Ministre, elle dit bien sûr qu’elle ne demande rien, qu’elle n’est candidate à rien, et que la présidence de sa région lui suffit… mais tout le monde sait que c’est une poste qui ne se refuse pas.

Une première de la classe

Agée de 49 ans, mère de trois enfants, cette blonde élégante, est issue du meilleur monde a suivi ses études dans des institutions catholiques avant de faire HEC puis l’ENA et d’entrer à 25 ans au conseil d’Etat. Bref c’est une Rolls qui en 2015 a accédé à la présidence de la première région de France, chassant les socialistes qui y étaient installés depuis 17 ans.

L’île de France.

L’ile de France un Etat dans l’Etat de 12 000 km2, et surtout de 12 millions d’habitants, soit plus que la Belgique. Autant vous dire que Valérie Pécresse sait gérer des dossiers complexes, même si la ville de Paris est restée socialistes, ce qui évidemment pose un certain nombre de problèmes. Par exemple quand Paris décide de piétonniser ses quais sans demande l’avis de la région… ( Toute ressemblance avec une situation que vous connaissez ne serait bien sûr que pure coïncidence !)

 L’atout féminin.

Bref Alain Juppé a maintenant un atout féminin dans son jeu, ce dont ne dispose pas Nicolas Sarkozy dont l’univers est plutôt masculin ( voire machiste )… A moins que Carla peut être ?

Le pape célèbre Luther en Suède.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 31 octobre 2016 09h44 | Un commentaire>

C’est une première depuis cinq siècles. Le pape François participera aujourd’hui en Suède, au lancement des cérémonies commémorant la naissance du protestantisme. C’est en effet le 31 octobre 1517, que Martin Luther a publié ses célèbres 95 thèses, qui ont donné naissance à la religion réformée.

pape colombe

 

 

Martin Luther un moine catholique allemand, professeur de théologie, qui voulait protester contre le commerce des indulgences, pratiqué à l’époque par le Vatican. Les indulgences étaient des remises de pêchés ou des réductions de la durée de séjour au purgatoire vendues aux fidèles en mal de rédemption. Luther considérait cette pratique contraire aux écritures.

Les 95 thèses.

Le 31 octobre 1517, il y 499 ans, Luther a écrit à Albert de Brandebourg, archevêque de Magdebourg et de Mayence pour protester contre cette dérive et provoquer un débat théologique. La légende dit qu’il aurait également placardé la liste de ses thèses sur la porte de la chapelle du château de Wittenberg. Le débat fit rage à tel point que Luther fut excommunié en 1521, devenant de facto l’inspirateur d’une nouvelle religion le protestantisme, ou religion réformée. Sa rupture avec le catholicisme tient au fait que pour Luther tout vient des textes et que seul le texte de la Bible doit inspirer les chrétiens, et non pas l’Eglise catholique en tant qu’institution, où les fidèles n’avaient accès aux textes qu’à travers les interprétations données par le dogme. L’invention de l’imprimerie quelques années auparavant, et la traduction de la bible, du latin aux langues dites «  vulgaires » : allemand français, anglais, facilite un accès au texte et permet au protestantisme de se développer.

Des différences fondatrices.

Les protestants contestent l’autorité du pape et de l’Eglise. Pour la majorité d’entre eux le sacrement de l’eucharistie qui représente la «présence réelle» du Christ, n’est qu’une présence symbolique. C’est la différence entre la transsubstantiation catholique ( le pain et le vin se transforment pendant l’office en vin et sang du christ) et la consubstantiation luthérienne (le pain et le vin restent du pain et du vin mais représentent el sang et le corps du christ…) De même la virginité de Marie est-elle récusée tout comme le culte des saints.

A l’époque moderne les protestants ont adopté plus facilement que les catholiques les évolutions de la société. Ainsi en Suède le pape sera a accueilli par le chef de l’église protestante locale qui est une femme, église qui compte par ailleurs deux évêques notoirement homosexuels. Sans oublier bien sûr que les pasteurs contrairement aux prêtres peuvent se marier.

Rapprochement de puis Vatican II.

Depuis le concile Vatican II, qui prône l’œcuménisme, les deux cultes se sont considérablement rapprochés. Benoît XVI notamment très connaisseur de l’œuvre de Luther le considérait comme un théologien majeur. D’ailleurs aujourd’hui l’église catholique reconnaitrait facilement une grande partie des 95 thèses de Luther, avec néanmoins toujours une réticence quant à l’accès direct au texte, pour éviter le fondamentalisme.

Un voyage contesté.

Inutile de vous dire que le broyage du pape en Suède pour célébrer Luther ne fait pas l’unanimité au Vatican , mais aucune des initiatives du Pape Francois ne fait l’unanimité au Vatican.

Peu lui en chaut, c’est lui le chef et le seul chef !

Ironie de l’histoire cette toute puissance est l’une des dérives que Luther reprochait au pape…