La pire journée d’Hillary

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 janvier 2017 15h57 | Ajouter un commentaire

Parmi les invités de marque à l’investiture de Donald Trump, Hillary Clinton bien obligée d’être là, fair play démocratique oblige. Ce sera après celles de Bill, de Georges W Bush, et de Barack Obama, sa septième investiture. Mais jusqu’au scrutin de Novembre elle a cru que ce serait la sienne…

hillary-clinton

 

Elle sera là, à quelques mètres de Donald Trump, présente à la fois comme ancienne adversaire, ex secrétaire d’Etat, et first lady de Bill Clinton. Elle sera là, souriante et digne, mais ce sera surement l’une des épreuves les plus dures de sa vie. Car il ne s’agit pas seulement d’assister à l’avènement d’un adversaire, c’est au fond banal dans la vie politique, mais bien de saluer le triomphe de celui qui a mis fin définitivement à l’ambition de toute une vie.

Durant sa campagne Hillary Clinton a répété inlassablement que son ambition était de briser le plafond de verre qui empêche les femmes d’accéder aux plus hautes responsabilités. Mais là elle ne s’est pas heurtée au plafond de verre, elle s’est littéralement fracassée contre un mur de béton.

L’occasion ratée de 2008.

Déjà en 2008, Barack Obama un quasi inconnu alors, lui avait barré la route lors des primaires démocrates. Mais il était jeune, talentueux et …noir ! Certains ont dit à l’époque que finalement pour les américains élire un noir était moins subversif que choisir une femme.

Courageusement elle s’était mise à son service comme secrétaire d’Etat, puis avait repris le combat.

Une rude campagne.

Elle dut d’abord défaire un candidat improbable, le socialiste Bernie Sanders qui,  très populaire chez les jeunes, l’a contrainte à des primaires épuisantes. Puis vint le match final…l’apothéose promise…

Sur le papier elle était imbattable, compétente, expérimentée, préparée depuis l’Université, soutenue par Bill et Barack, plus toute l’intelligentsia américaine, plus toutes les vedettes d’Hollywood  et du show biz, plus Michelle Obama qui venait enchanter  ses meetings.

La plus humiliante des défaites.

Donnée gagnantes dans la plupart des sondages, elle fut même victorieuse au vote populaire, elle a réuni 2,1 million de voix de plus que Trump, elle s’est néanmoins crashée.

Et pas face à un brillant républicain, ancien sénateur, gouverneur, ou maire de New York. Non ! Mais face à tout ce qu’elle déteste, un beauf, macho, violent, vulgaire, qui l’insultée, lui a promis la prison, n’a aucune culture politique et qui conçoit la vie comme un rapport de force. Bref le pire de ses ennemis.

Un espoir…

A 69 ans, sa carrière politique est désormais terminée. Il lui reste une ambition, un espoir…

Assister dans quatre ou huit ans à une autre investiture, celle enfin de la première femme présidente des Etats-Unis…

Mais elle ne s’appellera pas Hillary.

Yes we can toujours…

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 janvier 2017 09h53 | Un commentaire>

Hier soir lors de son ultime discours à Chicago  le président Obama a évoqué l’état de la démocratie américaine, plutôt que la défense de son bilan. Une réflexion profonde à mille lieues des slogans simplistes de Donald Trump.

obama
«Je ne vais pas m’arrêter. Je serai là avec vous pour le restant de mes jours. Et je vous demande une dernière chose, la même qu’il y a huit ans – de croire en votre capacité de changer les choses. Yes we can! Oui nous le pouvons! Oui nous l’avons fait!»… Et le centre de conférence Mac Cormick de Chicago plein à craquer chavire de bonheur, de bonheur, mais aussi de nostalgie, car c’est fini…

Une idée de la démocratie.

Dans neufs jours Barack Obama va laisser la place à Donald Tromp son antithèse, et hier soir le contraste était frappant. Le président sortant a parlé en homme politique qui assume un certain élitisme intellectuel, il a notamment appelé de ses vœux « un nouveau contrat social», car «les inégalités extrêmes corrodent l’idée démocratique». Pour lui la «bataille des idées» ne peut se tenir que «sur une acceptation élémentaire des faits et de la science». Concernant la lutte contre le terrorisme : «nous devons nous garder d’affaiblir les valeurs qui font ce que nous sommes… notre démocratie est en péril lorsque nous la tenons pour acquise».

Un goût de trop peu…

On est loin des tweets de 140 caractères et des formules à l’emporte-pièce propre à Donald Trump. Et pourtant c’est Donald Trump demain qui portera la parole de l’Amérique et céder le pouvoir à un tel successeur c’est, qu’on le veuille ou non, un échec pour Barack Obama. Certes la situation économique des Etats-Unis est meilleure qu’à son arrivée en pleine crise ; certes il a réussi à mettre sur pied le système de santé surnommé « obamacare » que Trump veut déjà abolir ; certes il a légalisé le mariage gay, sans oublier l’accord nucléaire avec l’Iran, la réconciliation avec Cuba, ou la neutralisation de Ben Laden. Mais, il reste comme un goût de trop peu… lui-même d’ailleurs l’a reconnu hier soir.

La question raciale.

On pensait qu’avec son élection l’Amérique allait rentrer dans une ère post raciale, il a ramené ses partisans à la réalité : «Aussi bien intentionnée qu’elle soit, cette vision n’a jamais été réaliste…  La race reste une force puissante et qui souvent divise. Nous ne sommes pas là où nous devrions être. Les cœurs doivent changer». Et il a alors évoqué  «  le type blanc d’âge moyen qui voit tous ses repaires disparaitre dans une économie difficile et une société multiculturelle. »Ce petit blanc de l’Amérique profonde qui a porté Trump au pouvoir. En conclusion il a demandé à ses amis, face au nouveau pouvoir d’être vigilant mais de ne pas avoir peur.

Un injuste parfum de déception.

J’imagine le désarroi de tous ceux que Barack Obama a tant fait rêver il y a 8 ans. J’imagine la déception de ceux qui s‘étaient réjouis de son prix Nobel en 2009 à peine élu, comme un pari sur l’avenir.

Que restera-t-il de Barack Obama dans l’histoire ? Pas mal de choses peut être… à commencer par son élection…Celle du premier président noir des Etats-Unis !

Charlie, deux ans déjà…

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 janvier 2017 09h43 | 6 commentaires

Samedi ce sera le deuxième anniversaire de l’attaque contre Charlie Hebdo. Deux ans plus tard le magazine existe toujours, mais la vie de sa rédaction radicalement changé, placée sous haute sécurité 24h sur 24. Attaqué régulièrement depuis deux ans le journal en est à se demander si sa liberté d’expression totale est encore possible dans l’univers médiatique d’aujourd’hui.

Charlie deux ans

 

Ce matin le journal Libération publie le récit de la visite d’un journaliste italien au nouveau siège de Charlie Hebdo. C’est l’endroit le plus secret de Paris, un véritable bunker où l’on entre par plusieurs sas,  où se tiennent des hommes armés.  La description, forcément imprécise pour des raisons de sécurité, fait penser à l’entrée dans un abri anti atomique.  L’un des détails les plus impressionnants est ce gilet pare-balles au pied des bureaux. On conseille à chacun de le porter systématiquement à l’extérieur, et pas question de sortir de chez soi sans gardes du corps. Les « Charlie » continuent… mais c’est dur !

Qui va nous défendre ?

Dans une interview à l’AFP, le rédacteur en chef Riss a confié ses doutes… demain dit-il « si on fait un dessin en une sur Mahomet qui va nous défendre  ? Personne, à part un ou deux intellectuels. On nous dira : vous êtes fous, vous l’avez bien cherché. Depuis deux ans, les gens sont devenus bien plus frileux. Avec ce qui s’est passé, mine de rien, les gens ont compris le message : +il ne faut pas faire ça+ ». Et Riss ajoute : « avant, on nous disait de faire attention aux islamistes, et maintenant il faut faire attention avec les islamistes, les Russes, les Turcs.Ca révèle un climat de susceptibilité voire d’intolérance plus grand qu’avant. Avec le développement des médias sociaux, tout est viral, tout prend une dimension hystérique. Vous faites un dessin sur un tremblement de terre en Italie, et c’est la guerre civile. Alors que des dessins comme ça on en a fait plein avant et tout le monde s’en foutait. ….maintenant on a l’impression que le monde entier surveille ce qu’on fait. Comme si la liberté que Charlie, même exercée modestement, était de trop.  »

La satire assumée.

Pour autant pas question de changer de ligne éditoriale, et notamment le combat contre l’intolérance religieuse : «  On revendique » dit Riss, « le droit de ne pas croire, de l’exprimer et de formuler des critiques contre les religions. »

En fait tout repose sur un quiproquo. Avant le drame du 7 janvier  peu de gens connaissaient Charlie hebdo, le magazine avait environ 30 000 lecteurs, un public spécifique et qui appréciait son genre d’humour. Son exposition universelle a tout d’un coup révélé son existence au monde, ainsi que son style effectivement très corrosif et pas du tout politiquement correct.

Difficile liberté.

Des gens de bonne foi qui se sont abonnés par solidarité ont pu être choqués. Mais il ne faut pas lire Charlie comme n’importe quel journal. La satire par essence doit susciter une réaction et donc c’est volontairement qu’elle choque, parfois jusqu’à l’écœurement…

C’est ça aussi la liberté d’expression… la liberté de la presse.

Elle n’est pas forcément sage et bien élevée…

Habemus Mac Do

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 janvier 2017 13h21 | Ajouter un commentaire

Une vraie révolution pour l’Eglise catholique….Un restaurant McDonald’s a ouvert à deux pas d’une entrée de la Cité du Vatican et de la place Saint-Pierre, malgré l’opposition de plusieurs cardinaux et des restaurateurs du quartier.

mac do

 

Vade retro Mac Donas, voilà ce qu’on peut entendre dans les couloirs du Vatican depuis l’installation d’un mac do de 500 mètre carré à un jet de pierre de la place St Pierre… Plus près ce ne serait pas possible, on serait carrément à l’intérieur du Vatican. Ce fast food est en effet situé à moins d’une minute à pied de la porte Sainte Anne , par laquelle les voitures entrent dans la cité. Pour vous donner une idée, le Mac Do est installé dans un bâtiment qui appartient au Vatican, où se trouvent deux ambassade près le Saint Siège, dont celle du Chili et où habitent sept Monsignore. D’ailleurs c’est dans ce même immeuble que vivait le cardinal Ratzinger avant de devenir Benoit XVI.

Les cardinaux voient rouge.

La polémique a connu son paroxysme en octobre quand le cardinal, Elio Sgreccia, a exprimé toute sa colère dans une interview à la La Repubblica. Il y évoquait  une décision “douteuse, aberrante et irrespectueuse”.

“Cela revient à proposer aux touristes et aux pèlerins de la nourriture qui, au-delà d’être qualitativement très loin de la cuisine romaine traditionnelle, n’est pas bonne pour la santé des consommateurs. Une nourriture que je ne mangerai sous aucun prétexte.”

Autre opposition bien sur celle des restaurateurs du quartier qui redoutent que les touristes se détournent des bucatini all’amatriciana au profit du cheeseburger…

Mac Do chic.

Il faut dire que c’est n’importe quel Mac Donald c’est un « Mac café » un concept développé en France après l’attaque du Mac Do de Millau par José Bové en 1999. Les Américains s’étaient alors dit qu’ils devaient s’adapter à une culture gastronomique forte. Ils appliquent désormais à l’Italie ce qu’ils ont fait en France. Le Mac Do du Vatican arbore une élégante façade en pierre grise, et l’enseigne est discrète de couleur dorée. Pour peu on se croirait devant une boutique de luxe, à l’intérieur le mobilier est design et l’on y propose en plus des hamburgers, du véritable expresso et des pâtisseries.  Pour bien connaitre ce quartier, envahi de boutiques de souvenirs, d’épiceries de nuit et de « trattoria » pour touristes ça n’a rien de choquant.

Une bonne affaire…légale …

Le cardinal Domenico Calganio, patron de l’ASPA, la société qui gère les biens du Vatican a bien précisé qu’il n’y avait aucune raison de revenir en arrière sur un accord conclu en toute légalité. C’est le mot légalité qui est important…Ainsi le Vatican percevra de Mac Donald, en toute légalité, 30 000 euros par mois de loyer. Pendant longtemps le Vatican considérait que l’argent n’avait pas d’odeur… Désormais l’odeur du hamburger est un compromis acceptable…Il y en a d’autres, depuis quelques semaine via della conciliazione, en face du Vatican un hard rock café s’est installé dans une ancienne librairie religieuse, et là encore en toute légalité.

Clin d’œil ?

Ironie de l’histoire ( et je ne suis pas sûr que ce soit un hasard), depuis la rue où est situé le Mac Do, on aperçoit la sévère tour médiévale qui abrite la banque du Vatican

Et si Hollande « y allait » quand même ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 janvier 2017 08h01 | Ajouter un commentaire

Le mois dernier le chômage a nouvelle fois baissé en France.C’est la première fois depuis la crise de 2008 , que le chômage baisse de manière pendant trois mois consécutivement. Ainsi François Hollande a-t-il finalement tenu sa promesse  » d’inverser la courbe du chômage ». Certains de ses proches se mettent à rêver…et si finalement le président changeait d’avis et se lançait dans la course pour la présidentielle ? 

Hollande et ses nouvelles lunettes.

En viste dans une PME du Val d’Oise, le président a commenté ces bons résultats, sans faire de triomphalisme :

«La baisse du chômage se confirme mais rien n’est joué, rien n’est fait», a-t-il affirmé. «Même s’il faut faire attention parce que, le mois prochain, il y aura peut-être une augmentation, c’est vrai que la tendance des trois derniers mois, c’était inconnu depuis 2008». Interrogé sur le fait de savoir si, du même coup, il nourrissait des regrets pour la présidentielle , François Hollande a assuré que «non, ça n’a rien à voir. C’est la satisfaction du travail engagé. Pas accompli mais engagé…« On verra au mois de mai, on n’a pas encore dit notre dernier mot…»

On verra quoi ?

C’est ce « on verra » qui tout de suite déclenché les commentaires : « on verra… » Pris au sens premier, ça veut dire on verra à la fin, on tirera le bilan, ce n’est qu’au mois de mai qu’on verra finalement si j’ai réussi.

On peut aussi l’interpréter différemment : « si ça continue on verra, je pourrais alors me présenter. »

Peu probable.

Alors ? Sincèrement c’est très improbable, d’abord parce que si François Hollande connait un regain de popularité et de crédibilité c’est justement parce qu’il n’est pas candidat. Les Français lui en sont reconnaissants. Ensuite le processus du choix d’un candidat de gauche est lancé, et c’est Manuel Valls l’ex premier ministre qui porte le bilan du gouvernement, même s’il ne fait pas l’unanimité chez les socialistes et surtout chez les hollandistes. Enfin une candidature ça se prépare et les équipes qui avaient commencé à travailler autour de lui sont maintenant dispersées, puisqu’il a annoncé sont renoncement.

Formellement possible.

Cela dit sur le plan strictement légal tout est encore possible. La date limite des candidatures se situe mi mars. François Hollande a encore un peu de temps pour changer d’avis. François Mitterrand en 1988 c’était déclaré début mars, et en 1974 Valéry Giscard d’Estaing avait mené une campagne éclair de 40 jours. Donc sur le papier tout est possible. Les plus proches des hollandistes, comme Stéphane Le Foll, qui défend jour après jour la politique de son chef en rêvent encore.

L’ultime recours ? 

Il faudrait des circonstances exceptionnelles, que la primaire socialiste se passe mal, que le candidat désigné s’effondre dans les sondages, ou encore que le match entre lui et Emmanuel Macron, élimine toute chance pour la gauche d’accéder au second tour laissant la voie libre à un match Fillon Le Pen. Alors pour peu que l’opinion frémisse ( on se souvient du « tonton laisse pas béton » de Renaud en 88 ) le président pourrait sortir de sa retraite et se présenter comme le recours. A condition que les autres se retirent.

Autant dire qu’il y a vraiment très, très, très peu de chance que ça se produise…

On verra !

Pourquoi les Russes détestent Gorbatchev

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 décembre 2016 13h39 | 2 commentaires

Il y a 25 ans disparaissait l’Union Soviétique. Le 25 décembre 1991 Michael Gorbatchev cédait le pouvoir à Boris Eltsine et le drapeau Russe remplaçait le drapeau rouge sur le Kremlin. Ironie du sort ou injustice de l’histoire Gorbatchev, l’homme de la « pérestroïka » ( reconstruction) , est considéré comme un héros en occident, alors que les Russes le détestent. Pour eux la fin de l’URSS fut une catastrophe, 56% des Russes regrettent désormais ce régime.

Gorbatchev

 

La nostalgie de l’URSS s’amplifie au fur et à mesure que s’estompe son souvenir concret. Les Russes magnifient Gagarine et la victoire sur le nazisme, ils regrettent le plein emploi, les crèches, les associations de jeunesse, les vacances bon marché et le système de santé. Mais ils ont oubliés les pénuries, le KGB, le goulag et les crimes de Staline.

Le KGB voulait sauver l’URSS.

Un mot sur le KGB justement…le 8 décembre 1991, à Minsk en Biélorussie , Boris Eltsine et ses homologues Biélorusses et Ukrainien ont créé la CEI, la communauté des Etats indépendants qui avait pour but de remplacer l’URSS . Le KGB de Biélorussie a alors proposé à Michael Gorbatchev d’arrêter les trois hommes à Minsk pour empêcher la création de la CEI. Mais Gorbatchev a refusé, voulant éviter un bain de sang. Quinze jours plus tard il quittait le pouvoir.

Gorby le maudit.

 Quant au désamour des Russes pour l’ancien président il doit beaucoup à l’attitude des occidentaux. En 1991 80% des Russes étaient pro-occidentaux, aujourd’hui ils ne sont plus que 20%. Pourquoi ? Parce que l’occident n’a pas tenu les promesses faites à Gorbatchev. En échange de son accord pour la réunification de l’Allemagne, les Américains avaient promis qu’ils n’éteindraient pas l’OTAN vers l’Est. Or ils ont fait tout le contraire, intégrant notamment les pays Baltes et la Pologne. De même qu’ils ont favorisé l’apparition de cette oligarchie de milliardaires qui a dépecé et pillé les industries et les richesses minières de l’ex URSS, plutôt de soutenir les vrais démocrates Russes.

Gorby le traître.

 D’après l’écrivain et ex diplomate Vladimir Fédérovski les Russes en ont donc déduit que ce n’est pas le communisme que les occidentaux voulaient détruire, mais la Russie elle-même. Un boulevard s’ouvrait donc pour Vladimir Poutine l’homme ( ex agent du KGB) qui s’est donné pour mission de restaurer la grandeur de la Russie, celle des Tsars, mais aussi celle de l’URSS. Poutine qui jouit d’une immense popularité  a contrario de Gorbatchev considéré comme, un imbécile, un incompétent, voire un ennemi du peuple qu’il faudrait juger pour haute trahison.

Gorby l’oublié.

 Pour financer sa fondation consacrée à l’environnement Gorbatchev est désormais contraint de faire de la publicité pour des pizzas ou des bagages de luxe. Heureusement qu’il lui reste son prix Nobel de la paix. Pourtant s’il avait mis son intérêt personnel en avant, il aurait pu essayer de réformer la Russie à la manière de Deng Xioaping la Chine. Libérer l’économie tout en maintenant un régime de fer. C’est d’ailleurs les instructions que lui avait données son mentor Youri Andropov.

Mais il n’a pas voulu libérer la Russie à moitié…

N’en doutez pas, un jour l’histoire lui rendra raison !

Hollande preste son préavis

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 décembre 2016 09h36 | Un commentaire>

En France La campagne pour les primaires socialistes bat son plein. Avec un nouveau candidat Vincent Peillon ex ministre d l’éducation nationale. Pour l’instant les sondages semblent dessiner un match entre Manuel Valls et Arnaud Montebourg, mais la primaire de la droite le mois dernier a démontré que les surprises étaient toujours possibles…Et pendant ce temps que devient François Hollande ? Va-t-il entamer une vie de retraité ?

 

François Hollande à l'inauguration de Lascaux 4, le 10 décembre.

François Hollande à l’inauguration de Lascaux 4, le 10 décembre.

 

L’agenda de François Hollande n’a rien à voir avec celui d’un retraité. Il sera bien sûr aujourd’hui à Bruxelles pour le sommet européen, et son programme international est également très chargé pour les prochaines semaines : sommet France Afrique au Burkina-Faso (13 et 14 janvier), puis visite à Lisbonne (le 28 janvier) et à Malte (début février). En mars, il se rendra en Serbie et en Albanie, avant de se lancer, à la fin du mois, dans une grande tournée asiatique (Indonésie, Malaisie et Singapour)…

Bref s’il a en partie raté son quinquennat, il est bien décidé à réussir sa sortie et à exploiter jusqu’au bout les pouvoir et les privilèges que confère la fonction de  Président de la République française…

Moins de journalistes.

Le 12 décembre il donnait une réception fastueuse à l’Elysée en l’honneur du président grec en visite officielle. Le Figaro l’a décrite dans son édition du 14 : 70 invités dans le jardin d’hiver, chandeliers, porcelaine de Sèvres, cristal de Baccarat, les meilleurs vins français. François Hollande était assis à côté de la chanteuse Nana Mouskouri, à la table d’honneur… excusez du peu !

Alors évidement il y a moins de journaliste qui suivent ses déplacements et ses activités. A peu près deux fois moins. Les autres se sont répartis entre les candidats à la primaire socialiste. Quant aux derniers fidèles des salons de l’Elysée ils attendent une petite phrase persuadés que le président et ancien premier secrétaire du PS ne pourra pas s’empêcher d’intervenir dans la campagne. Pour l’instant ce n’est pas le cas, il a d’ailleurs fait savoir à ses conseillers que ceux qui s’engageraient derrière un candidat devrait quitter son service.

Du pain sur la planche.

A l’image de Bernard Cazeneuve le nouveau Premier ministre qui a prononcé un discours très offensif pour son investiture à l’Assemblée Nationale, François Hollande est persuadé qu’il peut faire quelque chose des 5 mois qui lui restent.  Et notamment défendre son bilan.

Sa sortie ne devrait rien à voir avec celles, crépusculaires, de Chirac et deMitterréand qui étaient âgés et malades après 12 et 14 ans de pouvoirs. François Hollande lui n’a que 62 ans et 5 ans d’Elysée derrière lui. Il est donc en pleine forme… Trop en forme pour se contenter d’inaugurer les chrysanthèmes. Depuis son discours de renoncement il respecte une sorte de délais de viduité, de deuil… Mais il va bientôt reprendre la parole, et il devrait expliquer ses intentions à la télévision lors des vœux du Nouvel an le 31 décembre.

Le retour en grâce.

Un se proches qui se voulait drôle a déclaré l’autre soir que son ambition était de redevenir, avant la fin de la présidentielle, le socialiste le plus populaire de France. Sait-on jamais ?  D’ailleurs  il a commencé à remonter dans les sondages 14% points en quinze jours ! Ne cherchez pas de logique à tout ça,  » y’en n’a pas ! » 

Remy Dick, 22 ans, plus jeune maire de France.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 décembre 2016 08h54 | Comments Off on Remy Dick, 22 ans, plus jeune maire de France.

En France la ville de Florange, 11 700 habitants, vieux bastion industriel Lorrain, vient de décider de changer son image en élisant le plus jeune maire de France. Remy Dick a 22 ans, c’est un enfant du pays prêt à faire entrer sa ville dans une nouvelle ère…

Remy Dick

 

J’avoue que quand j’ai vu cette info je suis un peu tombé des nues car Florange c’est tout un symbole, si on devait la comparer à une ville belge ce serait Seraing. A Florange ce qu’on voit, ou plutôt ce qu’on voyait en arrivant c’étaient les hauts fourneaux et toute la ville vivait de la sidérurgie. Un monde dur,  mais les gens en étaient fiers. Et puis monsieur Mittal est passé par là,  et on a connu à Florange la même évolution que dans le bassin liégeois, avec la fermeture de la phase à chaud. 800 ouvriers ont dû partir à la retraite ou changer d’emploi…

Les promesses de Hollande.

Vous vous souvenez peut être qu’en Florange fut au cœur de la campagne présidentielle de 2012. François Hollande avait promis de faire rouvrir au moins un haut fourneau, et de faire voter une loi favorisant la reprise d’une usine quand un propriétaire souhaitait la fermer. Mais voilà rien ne s’est passé comme prévu, et le dernier haut fourneau s’est éteint en avril 2013. Ce fut la fin d’une activité qui avait duré plus de 60 ans, la fin d’un monde…

Le changement.

Depuis de l’eau a passé sous les ponts, le très médiatique leader syndical Edouard Martin est devenu député européen, et la ville de Florange vient donc d’élire un jeune maire de 22 ans Remy Dick. Choix à la faveur d’une crise politique qui a vu démissionner le précédent maire, un « les Républicains ». Tant qu’à faire les membres de la majorité municipale ont décidé d’élire le plus jeune d‘entre eux …

Ascenseur social

Mais ce n’est pas n’importe qui fils d’ouvrier, évidement dans cette région, il a bénéficié de ce qu’on appelle l’ascenseur social. Car il a suivi toute ses études primaires et secondaires à l’école publique dans sa région, à Florange puis Fameck, c’est juste à côté, avait d’errer dans la prestigieuse école de Science po Paris, grâce à un  système qui réserve un certain nombre de place aux étudiant venus de régions ou de quartier en difficulté. Un dispositif qui permet de tempérer la reproduction sociale courante dans les grandes écoles parisiennes. Rémy est en Master 2 et il continuera aller deux jours par semaine à Paris pour suivre ses cours et finir son cursus.

Le début d’un parcours.

Après il aimerait intégrer l’ENA… l’Ecole Nationale d’Administration qui a formé la plupart de politique français dont Giscard, Chirac, Hollande, Juppé, Fabius, Jospin etc… Mais pas François Fillon son modèle. Quand on lui demande ce qu’il veut pour sa ville Remy répond :

« A court terme, je tiens à donner de Florange et la vallée de la Fesch une image plus dynamique, tournée vers l’avenir. Donner un coup de punch à la ville, être plus connecté, encourager les initiatives innovantes »…

Changer la Fensch

Bernard Lavilliers chantait autrefois

La vallée d’la Fesch ma chérie

C’est l’Colorado en plus petit

Y’a moins de chevaux et de condors

Mais ça fait quand même autant de morts

Remy rêverait pus tôt d’y voir un jour une sorte de « Silicon valley » passer du Colorado à la Californie… De Lavilliers à Julien Clerc…

 

 

Bernard Lavilliers Fensch Vallée

Julien Clerc la Californie :

Trump “ Person of the Year”

Par Christophe Giltay dans Divers , le 8 décembre 2016 11h13 | Un commentaire>

Donald Trump a été désigné mercredi personnalité de l’année par Time magazine « C’est un grand honneur, cela signifie beaucoup », a réagi l’homme d’affaires sur la chaîne NBC. Cette désignation ne fait pas l’unanimité aux Etats Unis, notamment chez ses opposants qui continuent à défiler aux cris de « ce n’est pas notre président. ».
Trump Person

 

 

Il faut savoir qu’être désigné personnalité de l’année par le magazine Time ce n’est pas recevoir le prix Nobel de la paix, ni le titre de « plus chic type de l’univers ». Le magazine choisit simplement la personnalité qu’il considère comme la plus influente de l’année écoulée, et ce depuis 1927 ( Charles Lindbergh), « pour le meilleur ou pour le pire ».

Un large panel.

Alors bien sûr dans la liste vous avez effectivement des prix Nobel de la paix et des chics types : Gandhi en 1930 Martin Luther King en 1963.

Mais le plus souvent ce sont des dirigeants politiques désignés indépendamment de leurs idées pas toujours démocratiques. Ainsi en 1931 le français Pierre Laval qui sera le premier ministre de Pétain pendant la guerre, avant d’être fusillé à la libération. Mais aussi, excusez du peu, Adolf Hitler en 1938, et  Joseph Staline en 1939 et en 1942. De l’autre côté Churchill en 40 et en 49 et le général De Gaulle en 1958… Quant à F.D. Roosevelt, il fit la une en 1932 et 1934…d’ailleurs quasiment  tous les présidents américains depuis les années trente ont eu cet honneur (hormis Gérald Ford).

De Khomeiny à Bill Clinton.

Plus proche de nous l’ayatollah Khomeiny en 79, Vladimir Poutine en 2009 ou Angela Merkel l’an dernier. A noter que parfois le titre est attribué à de organismes, ou des groupes ainsi en 1956 les révoltés Hongrois, ou même carrément à la terre en 1988.

Parfois Time est un peu facétieux en honorant en 1936 Wallis Simpson l’américaine divorcée que voulait épouser le roi Edouard VIII d’Angleterre et pour laquelle il abdiqua. Mieux en 1998  quand le titre fut attribuée conjointement à Bill Clinton au le procureur Kenneth Starr qui voulait le destituer pour une histoire de cigare. Je pense que c’est parce qu’ils n’ont pas  osé choisir carrément Monica Lewinsky.  Le top est à mon avis le choix de 2006 :  « YOU » c’est-à-dire vous en anglais. Bref nous les lecteurs, les gens, les humains. Il faut dire que cette année-là un sondage sur internet avait donné premier Hugo Chavez et deuxième le président iranien de l’époque Mahmoud Ahmadinejad. Depuis ils ne font plus de sondage.

Un choix logique.

Bref Trump «  Person of the year » c’est tout à fait logique d’autant que les articles qui lui sont consacrés sont très critiques,  et que le sous-titre du magazine est : « le président des Etats désunis… » Ce à quoi Donald Trump a répondu qu’il était très honoré, mais que comme il n’était pas encore prédisent il n’avait « désuni » personne, affirmant que la vie lui avait appris l’humilité… première info !

Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir,  mais depuis qu’il fait la une de Time,  Donald Trump commence à parler  comme un homme politique…

 

Moi plus président !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 décembre 2016 12h00 | 2 commentaires

D’après un sondage publié ce matin 82% des Français approuvent la décision de François Hollande de ne pas se représenter à l’élection présidentielle. C’est néanmoins n séisme politique car jamais sous la Vème République un président n’avait renoncé à briguer un second mandat, quitte à se faire battre comme Giscard en 1981 et Sarkozy en 2012.

hollande renonce

 

Il était 20h pile quand François Hollande est apparu à la télévision, la mine grave. Le suspens a duré quelques minutes pendant lesquelles il a tiré un bilan positif de son mandat et déclaré que la condition qu’il avait mise, l’inversion de la courbe du chômage était désormais remplie…La conclusion fut un véritable coup de tonnerre :

« Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle »

Le ton était solennel et triste d’après les témoins il régnait dans le studio N°2 de l’Elysée une ambiance de plomb.

Un secret bien gardé.

La plupart des collaborateurs du président n’avaient été averti que dans la journée. L’entourage de Manuel Valls assure que François Hollande aurait averti le premier Ministre lors de leur déjeuner de lundi, mais d’après certains de ses proches il n’aurait pris sa décision que mercredi. Une conversation avec Ségolène Royal et leurs quatre enfants auraient été décisive. Ils l’ont dissuadé de se présenter s’il n’avait pas le sentiment de pouvoir l’emporter. De plus  après la déclaration de Manuel Valls le weekend dernier qui se disait prêt, il était persuadé qu’il ne pourrait pas rassembler la gauche, au contraire sa candidature aurait pu provoquer une guerre fratricide.  Peut-être a t-il également senti après les échecs de Sarkozy  et Juppé à droite,  de Cécile Duflot chez les Verts ( sans parler d’Hillary Clinton) , que l’époque n’étaient pas aux sortants.

Valls candidat ?

Manuel Valls pourrait annoncer sa candidature dès ce weekend, peut être lors du meeting de la belle alliance populaire qui se tiendra samedi à l’appel du PS. Pour autant la personnalité du Premier Ministre ne fait pas l’unanimité à gauche, d’autres candidats pourraient se déclarer, comme Christiane Taubira, Najat Vallaud Belkacem et pourquoi pas Anne Hidalgo la Maire de Paris. Par ailleurs certains hollandistes de poids, y compris des ministres de l’actuel gouvernement  (Royal ?) pourraient rejoindre Emmanuel Macron.

En renonçant à se présenter François Hollande a rebattu les cartes et ouvert le jeu… la partie ne fait que commencer !