Hillary 1, Donald 0

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 septembre 2016 09h37 | Ajouter un commentaire

Ce matin la plupart des commentateurs estiment qu’Hillary Clinton a dominé le débat qui l’a opposée hier soir à Donald Trump. La chaîne CNN a interrogé 521 électeurs potentiels qui ont trouvé à 62% contre 27 qu’Hillary Clinton avait gagné .

Alors a-t-on assisté hier au tournant de la campagne ?

trump_and_clinton

 

Je vous répondrai le 8 Novembre au soir du scrutin, parce que jusque-là tout est possible. D’ailleurs le sondage de CNN à chaud n’a qu’une valeur relative il va falloir attendre les autres enquêtes d’opinions sur des panels plus larges pour voir si la maitrise d’Hillary Clinton l’a réellement emporté sur l’agressivité (contenue) de Donald Trump…

L’écran bleu des nuits blanches.

Quant à moi je vais vous faire un aveu, je m’étais juré de ne pas regarder ce débat en direct et de ne le faire que ce matin. Ca n’a pas raté à trois heures du matin je n’ai pas pu m’empêcher d’allumer la télévision. Que voulez-vous on ne se refait pas. Une fois devant j’ai bien essayé d’assister au duel avec un regard objectif,  mais  j’avoue que pendant cette campagne  je n’arrive pas être objectif, tant Donal Trump me semble incongru dans cette élection.

Deux styles

Et c’est à mon avis ce qui est ressorti du débat de cette nuit. Il y avait d’un coté une politique professionnelle qui a œuvré toute sa vie pour se trouver là ou elle est. Et en face une sorte d’incarnation hyperbolique du rêve américain. Argent grande gueule, patriotisme de bistrot…le fruit des amours coupables de John  Wayne et de Citizen Kane.

Rêve américain ou pas ?

Or Donald Trump n’est pas ce qu’on appelle un self made man, il n’a pas trouvé une aiguille dans la rue à Wall Street alors qu’il cirait de chaussures. C’est le fils d’un magnat de l’immobilier. Il est lui-même d’une certaine manière issu de l’establishment. D’entrée de jeu, Hillary Clinton a fait allusion au sérieux coup de pouce de 14 millions de dollars que Donald Trump a reçu de son père pour bâtir son empire, bien plus qu’il ne l’admet en général.

Son parcours repose en grande partie sur une imposture : « je suis le vrai américain, je parle la langue du peuple, Hillary c’est la caste de Washington ! » BilleveséeS que tout cela…

Citizen Kane

Citizen Kane

 

Rosebud.

Ça me rappelle d’ailleurs William Randolph Hearst le modèle de Citizen Kane, grand éditeur de la presse américaine et qui disait à ses journalistes : « je ne laisserais pas la vérité me gâcher un bon sujet ! » Trump c’est un peu ça je ne laisserai pas la vérité me gâcher eu bonne campagne. Sauf qu’hier il est tombé sur un os, une femme politique qui a une longue expérience et a bossé ses dossiers.

Un métier.

Car la politique c’est un métier, et gagner une élection c’est peut être plus difficile que gagner de l’argent.

D’ailleurs dans le film d’Orson Welles Citizen Kane perd les élections…

Le « swatting » ou l’art imbécile de gêner la police

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 septembre 2016 10h19 | Un commentaire>

La fausse alerte à l’attentat qui a mobilisé les forces de l’ordre à Paris, samedi, provoquant l’évacuation d’un quartier, était le fait d’adolescents à la recherche de « buzz ». L’un d’entre eux a été arrêté hier.  Il s’agissait d’adeptes du « swatting », une pratique connue du milieu des youtubeurs et des joueurs de jeux vidéo en ligne. Or la justice française est particulièrement sévère avec les swatteurs.

swata

Le swatting , tiré de SWATT le nom d’un service d’urgence aux Etats-Unis, est un phénomène né en Amérique en 2007. Il consiste à mobiliser le plus de forces de l’ordre possible sur une fausse information, pour faire le « buzz », pour harceler quelqu’un ou tout simplement le gêner. Par exemple vous jouez en ligne avec un adversaire et pour l’embêter vous lui envoyer les forces spéciales; ou alors vous avez envie de vous venger d’un « people » qui vous déplait et vous annoncez qu’il possède une bombe chez lui, ou des armes, ou de la drogue et il voit débarquer la police et la brigade anti-stup’, c’est arrivé notamment à Justin Bieber.

Deux ans de prison

L’adolescent arrêté hier s’est vanté sur Facebook d’avoir je cite « fait déplacer des hélicos, le gouvernement, 50 voitures de flics » tout en se réjouissant que son exploit ait été relayé sur Twitter, Periscope, Facebook et BFMTV. Il a aussi fait profiter ses copains de son appel à la police en direct sur Skype.

Le problème pour lui est qu’il est désormais l’objet d’une enquête pour « dénonciation de crime imaginaire » et « divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse ». Il risque deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Et c’est pas du bluff !

Déjà des condamnations

Cet été, un adolescent a été condamné à cette peine maximale pour avoir provoqué l’arrestation d’un joueur de jeux vidéo en direct, ainsi que celle de sa compagne. Deux autres personnes ont été condamnées à six et dix-huit mois de prison avec sursis pour avoir partagé la vidéo sur Internet.

Vous trouvez ça sévère? Pas moi ! D’abord parce que c’est imbécile, crétin et totalement irresponsable de faire déplacer inutilement des forces de sécurité, alors que par les temps qui courent elles ont bien d’autres chats à fouetter.

Ensuite parce que le swatt, c’est tout simplement criminel. En France, le père d’un journaliste de Rue 89, qui ne plaisait pas à un hacker a vu débarquer le GIGN chez lui. Cardiaque il est mort d’un infarctus.

Alors deux ans de prison, c’est pas cher payé !  À bon entendeur, salut !

Jacky Ickx est un modèle pour François Fillon

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 septembre 2016 09h22 | Ajouter un commentaire

François Fillon était hier soir à Bruxelles pour rencontrer les Français de Belgique. Il y a environ 250 000 français en Belgique dont 50 000 à Bruxelles la Belgique est donc incontournable pour tout candidat à la présidentielle, un peu comme une grande ville de province. Il a présenté aux électeurs son programme économique et nous a fait une sympathique confidence sur son admiration pour le plus grand pilote belge de l’histoire.

François Fillon

François Fillon

 

François Fillon est un personnage atypique dans cette campagne, il est parti pratiquement le premier, il y a plus d’un an, Il a écrit un bouquin « Faire »  qui se vend très bien (50 000 exemplaires ), mais surtout il tient un discours original. Il souhaite une rupture libérale et la fin d’un certain modèle français fondé sur des interventions de l’Etat dans l’économie, et un service public pléthorique. Il veut diminuer drastiquement le nombre de fonctionnaires,  et comme il dit libérer l’économie.

Influence britannique ?

A bien des égards c’est une politique Thatchérienne qu’il propose à la France. Peut-être est-il influencé en cela par son épouse Pénélope qui est galloise. Ça il ne me l’a pas dit, en revanche il m’a confié que Pénélope était furieuse après le Brexit et qu’elle considérait que ses partisans, dont Boris Johnson, avaient fait une campagne mensongère.

L’Europe du général.

François Fillon estime que pour relancer l’Europe, il faudrait se concentrer sur la zone euro, adopter un gouvernement économique commun et renforcer la coopération entre les Etats membres en matière de sécurité et de défense. Il souhaite d’ailleurs une réforme de Schengen. En revanche pour lui il doit s’agir d’un accord entre Etats, et pas d’un pouvoir supra national. En cela il est en accord avec le  Général De Gaulle qui considérait que l’Europe devait être une Europe des nations.

Jacky Ickx au Grand Prix historique de Monaco

Jacky Ickx au Grand Prix historique de Monaco

 

 

 

Un modèle Belge.

Quant à la primaire les sondages le donnent très bas, quatrième derrière Juppé, Sarkozy et Le Maire, mais il garde le moral car il a en tête un modèle sportif.  Un modèle belge !

Il faut savoir que François Fillon et né au Mans et qu’il est passionné de course automobile a dore la course automobile. Nous avons donc évoqué ensemble les 24h du mans de 1969 :

«  En 1969, Jacky Ickx qui part le dernier et qui arrive premier. J’ai toujours considéré que c’était un modèle pour la compétition politique dans laquelle je suis engagé.

C’est une épreuve d’endurance comme la primaire que j’ai engagée et au passage j’ai une immense admiration pour Jacky Ickx que vois souvent qui est un formidable pilote, cultivé, et avec un palmarès exceptionnel. »

Sarko Merckx, Fillon Ickx.

En 2011 j’avais accompagné le premier ministre Yves Leterme en visite officielle à Paris Il avait offert à Sarkozy un livre sur Eddy Merckx son idole de jeunesse, et à Francois Fillon bien sur un livre sur Jacky Ickx …Nous verrons à la fin des primaires en novembre  qui (face à Juppé) l’aura emporté entre le fan du « cannibale » et celui de « Monsieur le Mans. »

Un tribunal corse a validé l’arrêté anti-burkini

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 septembre 2016 10h00 | 3 commentaires

La polémique sur le burkini est relancée en France. Alors que le conseil d’Etat a invalidé plusieurs arrêtés municipaux interdisant cette tenue sur la plage, en Corse le tribunal administratif de Bastia  a validé l’arrêté « anti-burkini » de la commune de Sisco.

proces
Sisco, c’est cette commune corse où une rixe a opposé le 13 août une famille maghrébine aux habitants du village. On avait dit à l’époque que le port du burkini était à l’origine de l’incident. Il n’en est est rien. L’enquête a démontré que des jeunes du village et les hommes de la famille se sont affrontés car la famille voulait en quelque sorte privatiser son coin de plage en y interdisant le passage. Les choses avaient dégénéré et à la fin des villageois venus en renfort avaient incendié les véhicules des Maghrébins. Cette affaire sera jugée le 15 septembre.

Un arrêté du maire

A la suite de ces incidents  le maire de la commune avait alors pris un arrêté anti-burkini, décision immédiatement attaquée par la LDH, la ligue des droits de l’homme, devant la justice.
Mais, et c’est la surprise, le tribunal administratif a donné raison au maire de Sisco, estimant que le burkini pouvait constituer un trouble à l’ordre public. La LDH va faire appel devant le Conseil d’Etat mais en attendant l’arrêté est valable.

Le tribunal a considéré que porter un burkini était une sorte de provocation qui pouvait engendrer une réaction violente. Le maire estime d’ailleurs que sa population est tellement remontée qu’il pourrait y avoir des morts. C’est vrai que l’on est en Corse, où le niveau de violence quotidienne est disons assez élevé…

Une question qui s’envenime

Quant au fond, cette histoire de burkini est en train de se compliquer. On pouvait estimer à l’origine que ce n’était jamais que l’apparition sur les plages d’une tenue « moderne » (inventée en Australie en 2004) , pour un comportement de « bledard ». Dans le bled les femmes se baignent habillées, ça n’a rien de nouveau. Sauf qu’aux yeux de Français plus habitués au monokini qu’au burkini, ces moeurs du bled sur les plages françaises ça fait bizarre.

Baignade ou provocation ?

A l’origine donc, rien de politique, sauf que depuis que la polémique a éclaté il y a maintenant des femmes qui portent le burkini de manière revendicative, un peu comme d’autres la burqa. Et il est impossible de distinguer les provocatrices des simples baigneuses.

C’est pourquoi quelqu’un comme Manuel Valls par exemple est contre le burkini, au nom du respect de la laïcité.

On verra ce que décide le conseil d’Etat. En attendant une chose est sûre, l’arrivée de l’automne puis l’hiver devrait calmer le jeu au moins jusqu’au printemps.

L’ambitieux Macron

Par Christophe Giltay dans Divers , le 31 août 2016 17h25 | Un commentaire>

Après des mois de rumeurs, le ministre français de l’économie Emmanuel Macron a finalement présenté sa démission. Un nouveau coup dur pour François Hollande qui va peut-être devoir compter avec un nouveau rival pour la présidentielle de 2017.

Macron

Lors de son dernier discours de ministre Emmanuel Macron a annoncé son intention de construire pour l’an prochain «  un projet qui servira uniquement l’intérêt général » et il a ajouté « le seul moment où un tel projet peut être présenté, c’est une campagne présidentielle. »  Si ce n’est pas une déclaration de candidature ça y ressemble beaucoup…

Le non socialiste.

A 38 ans cet ancien inspecteur des finances devenu ensuite banquier est une sorte d’OVNI politique. Il n’a jamais été élu à aucune fonction, Il doit tout à François Hollande qui en a fait son conseillent avant de l’élever au rang de ministre il y a deux ans. Pourtant depuis plusieurs mois il se comportait en électron libre au gouvernement, provoquant une irritation grandissante de son mentor, et je ne vous parle pas du PS, qui le voue aux gémonies depuis longtemps mais surtout depuis qu’il a déclaré en visite au « Puy du fou » qu’il n’était pas socialiste. Certains ont voulu y voir une provocation, en fait c’était un message : s’il était candidat il ne se soumettrait pas à la primaire socialiste, il irait seul comme un grand.

Rénovateur.

Par ailleurs dans son dernier discours en faisant le bilan de son action il a déclaré «  J’ai touché du doigt les limites de notre système politique  ».

Là aussi c’est un message, il veut sortir des clous rénover le système, proposer autre chose. Et là effectivement c’est un peu ce que réclament les français qui ne sont pas particulièrement excités par le match qu’on leur promet : Juppé, Sarkozy, Hollande. Des hommes entrés en politique il y a quarante ans et qui ont tous exercé le pouvoir sans grand succès.

Macron combien de divisions ?

Il se dit de gauche, en fait c’est ce qu’on appelle un social libéral, son titre gloire au gouvernement fut d’avoir libéré le transport en autocar sur les liaisons entre les grandes villes. Depuis les compagnies d’autocar ont fleuri j’en double régulièrement sur l’autoroute Paris-Bruxelles.

Génial me direz-vous on peut voyager moins cher ! Peut être, mais on pourrait aussi vous rétorquer qu’il a en quelque sorte réinventé la troisième classe, et que sa logique est celle du libéralisme mondialisé et de son avatar le low cost : « Vos salaires n’augmentent plus  mais pas d’inquiétude vous aller pourvoir consommer moins cher ». Pas sûr que ça fasse rêver…

Une histoire d’amour.

 Côté vie privée, le fait qu’il ait épousé son ex prof de français plus âgée que lui de 19 ans, lui confère une indiscutable popularité dans l’électorat féminin. Il ne s’en cache pas, il en joue même, expliquant parfois que le weekend il  s’occupe de ses « petits enfants », en fait ceux de son épouse sept  fois grand-mère.  Je vous le dis c’est un OVNI…

Le meurtre du père.

Maintenant osera-t-il se présenter si Hollande le fait ?  Je ne pense pas, il passerait pour Brutus assassinant César « toi aussi mon fils ! »… En revanche si le président renonçait il y aurait alors un espace à la droite de la gauche, à la gauche de la droite… c’est-à-dire a peu près nulle part.

Mais dans une France paumée, comme aurait pu dire Raymond Devos : « nulle part c’est déjà quelque part ! »

Tremblay : le restaurateur a mis les voiles !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 30 août 2016 07h38 | 2 commentaires

C’est la polémique de la rentrée en France. Un restaurateur de la région parisienne a refusé de servir deux femmes voilées et leur a demandé de sortir de son établissement. L’affaire a fait scandale sur le net et depuis il a présenté ses excuses à la communauté musulmane. Mais cet incident, dans le prolongement de « l’affaire du burkini » est révélateur d’un climat qui se dégrade dans la société française. 

 

L'intérieur du restaurant "Le Cénacle".

L’intérieur du restaurant « Le Cénacle ».

 

Samedi soir au restaurent « le Cénacle » à Tremblay en France, deux femmes qui portent le voile mais pas une burka ou un niqab, se font expulser par le patron. L’une d’elle a enregistré leur conversation sur son portable…

« C’est Parce qu’on a mis des bombes, Monsieur ?  »

« Madame, les terroristes sont musulmans et tous les musulmans sont terroristes ! Cette phrase-là veut tout dire.

Des gens comme vous, je n’en veux pas chez moi. » 

160 000 vues.

Les deux clientes sortent et préviennent immédiatement le CCIF le Collectif contre l’islamophobie en France. Elles postent également la conversation sur internet.  Et là c’est le buzz, en quelques heures la vidéo est visionnées 160 000 fois et les commentaires des déchainent. Un appel au boycott de l’établissement est lancé, dès le dimanche après-midi une vingtaine de jeunes du quartier viennent demander des comptes au restaurateur qui finit par s’excuser platement devant les caméras de BFM TV. Il explique qu’il a pété un câble parce qu’un de ses amis est mort au Bataclan, et il affirme que ses propos ont dépassé sa pensée etc…

Poursuites et plaintes.

Sur les images il a effectivement l’air très mal dans ses baskets, et depuis il a quitté la ville pour échapper à la pression. Il faut dire que l’affaire est remontée jusqu’à la ministre française du droits des femmes ; que le parquet d Bobigny a ouvert une enquête pour discrimination à caractère religieux ; et que les deux jeunes femmes ont porté plainte hier.

Le client est roi.

Car au-delà des propos insultants et discriminatoire un restaurateur n’a tout simplement pas le droit de refuser de servir un client. Il ne peut pas le faire sur le fondement d’un motif discriminatoire tel que la religion, la race, l’orientation sexuelle, un handicap, ou en raison de la présence d’enfants, les seules raisons valables pour refuser un client dans un restaurant sont des motifs d’ordre public, s’il le client est ivre, ou s’il ne porte pas une tenue correcte, s’il arrive nu par exemple ou alors en burka interdite en France dans l’espace public… Mais ce n’était pas le cas, ce type est donc totalement indéfendable !!!! Même s’il est peut être tombé dans un piège !

Un testing ?

A écouter l’enregistrement la grande maitrise, la politesse et le calme de deux jeunes femmes me font penser qu’il a dû subir ce qu’on appelle un testing, comme le font certains associations dans les boites de nuit. Il s’est peut-être vanté un jour qu’il refuserait de servir une femme voilée et quelqu’un a pu le prendre au mot.

Mais même si c’était un piège et qu’il est tombé dedans…

C’est bien fait pour lui !

 

Sarkozy rattrape Juppé !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 août 2016 17h27 | Un commentaire>

Cela  fait maintenant une semaine que Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de redevenir président de la République. Depuis il a  multiplié les interventions sur terrain et dans les médias, et cela semble-t-il s’avère payant : un sondage publié ce matin par le Figaro le donne à égalité avec son principal adversaire à droite Alain Juppé.

sarko sourire

 

 A lire ce sondage TNS Sofres, Nicolas Sarkozy progresse nettement et fait maintenant jeu égal au premier tour avec Alain Juppé 34% chacun. Au second tour, Juppé est toujours en tête avec 55% mais là aussi, l’écart se resserre entre les deux favoris pour le primaire de droite. Pour mémoire en juin, le maire de Bordeaux était crédité de 61% des intentions de vote contre 39% pour Nicolas Sarkozy. Les autres prétendants sont dans les choux , le Maire 1è%, Fillon 9, Nathalie Kosciusko-Morizet 2,5. Donc la candidature du parti « Les Républicains » se jouera sauf miracle entre l’ancien Président et l’ancien Premier Ministre de Jacques Chirac.

Napoléon contre Louis-Philippe.

Elle se jouera aussi entrer deux conceptions de la droite française dite démocratique : la tradition bonapartiste, le chef autoritaire et tranchant, mais aussi volontaire et visionnaire, et la tradition dite orléaniste, certes libérale sur le plan économique, mais plus centriste sur les questions sociales et sécuritaires.

La référence historique est assez claire, le panache de Napoléon contre les rondeurs de Louis Philippe d’Orléans qu’on surnommait le roi bourgeois. D’ailleurs ces derniers jours les déclarations de l’un et de l’autre traduisaient bien cette différence, quand Sarkozy déclare qu’il ne sera pas le candidat de l‘eau tiède, surtout en matière de sécurité et d’immigration, Juppé affirme que ’il refusera d’instrumentaliser les peurs et de flatter les bas instincts.

Mobiliser ou rassembler ?

Ces stratégies traduisent d’un côté le désir de mordre sur l’électorat du Front National, et de l’autre celui de rassembler au plus large, y compris jusqu’à la gauche.

On serait au deuxième tour de la présidentielle la stratégie de Juppé serait la bonne, mais on en est très loin ! Pour l’instant il s’agit de désigner le candidat de droite, dans cette perspective le discours de Sarkozy pourrait s’avérer payant, l’électorat du parti les républicains étant plus bonapartiste que l’ensemble de la population française.

Pas de cadeaux !

D’autant qu’on peut s’attendre de la part de Sarkozy à une campagne sans pitié, on peut compter sur lui pour marteler les deux handicaps d’Alain Juppé: son Age 71 ans et son bilan de périmer ministre entre 1995 et 1997, mandat traversé de grèves violentes et qui s’était conclu par une défaite aux législatives de 1997 face au socialiste Lionel Jospin.

Et pendant que le match des primaires se déroule à droite, dans les tribunes Marine Le Pen et François Hollande comptent les coups, en espérant que les deux rivaux arrivent épuisés sur la véritable ligne de départ.

Michel Rocard était le fils du professeur Tournesol

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 juillet 2016 12h03 | 2 commentaires

Homme politique qui a marqué la France, ancien Premier Ministre , Michel Rocard fut aussi le fils d’un grand scientifique passionné de radiesthésie qui avait en partie inspiré à Hergé le professeur Tournesol.

 

Yves et Michel Rocard. le jour où le fils a décoré le père.

Yves et Michel Rocard. le jour où le fils a décoré le père.

 

Les hommages se sont succédés à la mort de Michel Rocard, rappelant sa droiture, sa fidélité, sa force de conviction, et bien sûr son intelligence. Le père de la deuxième gauche qui voulait concilier utopie et réalité fut une icône de la gauche qui ne consentit jamais aux basses manoeuvres politiciennes nécessaires à la conquête du pouvoir. A mille lieues d’un François Mitterrand pour qui, à l’instar du prince de Machiavel, la fin justifiait toujours les moyens.

Mitterrand le littéraire, Rocard le scientifique.

 Hormis la place de la morale en politique, un autre point différenciait radicalement les deux hommes : leur culture. Mitterrand était un littéraire pur et dur, nourri de Balzac, de Mauriac et… de Léon Bloy. Rocard, bien que diplômé de Science Po et doté d’une tronche à la Camus, avait en lui, par goût et par héritage tout un bagage scientifique. Il fut très surpris un jour où il patientait dans la bibliothèque personnelle de François Mitterrand rue de Bièvre de n’y avoir trouvé aucun livre de science, et surtout pas un manuel d’économie.

La star des sondages.

Longtemps de la fin des années 70 au milieu des années 90 Michel Rocard a surfé sur les sondages d’opinion, au point qu’on lui promettait l’Elysée. L’habileté manoeuvrière de François Mitterrand en décida autrement, et son bâton de Maréchal restera l’hôtel Matignon qu’il occupa, dans une dangereuse cohabitation avec le Sphynx, de 1988 à 1991. Finalement sa seule tentative présidentielle fut celle de 1969, quand candidat d’un groupuscule le PSU ( Parti Socialiste Unfié), il avait recueilli 3,6% des voix.

Une diction à la Jouvet.

 Ces dernières années c’est toujours avec plaisir que ceux qui avaient cru en lui le revoyait de loin en loin à la télévision, répondre aux questions de son ton docte et professoral, avec ses lenteurs puis ses accélérations surprenantes, un ton à la Louis Jouvet dans le docteur Knock.

Formules complexes et définitives, fulgurance de la pensée, développements parfois incompréhensibles faits de digressions et de retours en arrière, rien n’étais jamais trop complet dans le discours de Michel Rocard. On peut aussi imaginer qu’il tenait aussi ce sens de la précision de son modèle en politique Pierre Mendès France, dont le général De Gaulle avait dit un jour, sortant épuisé d’un entretien avec lui,  » je ne laisserai plus jamais personne me parler d’économie pendant plus de 20 minutes. »

Mitterrand aurait pu dire la même chose de Rocard, sauf que selon l’ancien premier ministre, leur animosité respective était telle qu’ils travaillaient vite et bien, pour écourter les têtes à têtes.

Hamster érudit.

 20 minutes pour Michel Rocard c’était le début du commencement de l’élaboration du propos liminaire. Mais si le verbe était brumeux à force de se vouloir précis, la pensée était claire et les chiffres avérés. Je me souviens encore d’une séance de question à l’Assemblée Nationale en mars 1983 alors qu’il venait d’être nommé ministre de l’agriculture le matin même. Il a répondu avec une maestria impressionnante à une question très pointues d’un député rural sur les poules pondeuses.

Je l’entends encore égrener les chiffres : «  les poules pondeuses ceci… et les poules pondeuses cela… néanmoins les poules pondeuses » …on se doutait bien que c’était un expert du ministère qui avait rédigé la réponse, mais il s’était emparé du sujet avec un tel brio, qu’on le soupçonnait d’être détenteur d’une thèse d’Etat sur le destin des poules pondeuses.

Ce n’est pas un hasard si son totem chez les scouts était : « Hamster érudit ».

Le fils du professeur.

 Michel Rocard avait de qui tenir, son père Yves Rocard fut l’un des plus grands phycisiens français du XXème siècle. Professeur au Collège de France, résistant, engagé aux côtés du génral De Gaulle pendant la seconde guerre mondiale il est condidéré comme l’un des pères de la bombe atomique française. Mais dans le même temps, et malgré les réticences de ses confrères, il se passionna pour la radiesthésie, les sourciers et les pendules.

A tel point que si Tryphon Tournesol fut sans nul doute inspiré à Hergé par le professeur Auguste Piccard inventeur du ballon stratosphérique et du bathyscaphe, son amour pour les pendules et sa surdité lui viendraient d’Yves Rocard. De même que son intérêt pour l’énergie atomique ( Objectif lune) . Michel Rocard lui-même défendait cette thèse non sans fierté.

A noter que l’astrophysicien Francis Rocard, responsable du programme de la sonde Rosetta est le fils de Michel et le petit fils d’Yves.

Bref une famile de « têtes. »

Tourneur-fraiseur diplômé !

 Or Michel refusa de suivre la carrière scientifique que son père imaginait pour lui. Et c’est en secret contre la volonté paterrnelle, qui le voyait au pire à Polytechnique, qu’il s’inscrivit à Science Po avant de réussir le concours d’entrée à l’ENA. Décidé à ne pas financer ses études de  » bavard » son père lui avait coupé les vivres, avant ( pour lui apprendre à vivre), de le faire embaucher comme tourneur fraiseur au laboratoire de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) qu’il dirigeait.

Voilà ce que Michel Rocard confiait à ce sujet en 2013 lors d’une interview sur France Culture:  » J’avais un contremaitre qui m’avait pris en charge, de culture trotskiste, il s’était engagé dans les Brigades internationales pendant la guerre d’Espagne, avait été communiste ne l’était plus, c’était un militant ouvrier étonnant et il tient une place importante dans le fait que je suis devenu socialiste dans les années 47/48 dans les sous-sols de l’ENS ».

Michel Rocard n’était donc pas de ces énarques socialistes qui sont passés des banc de l’école aux bancs de l’Assemblée Nationale. Il savait ce qu’était une machine et un atelier…

De la géopolitique à la couleur des pingouins.

 Quant à l’héritage de Tournesol…Ceux qui ont eu l’occasion de discuter avec lui se souviendront qu’il était capable comme le professeur de s’embarquer dans une démonstration, sourd à toute interruption, sur les sujets les plus divers et les plus surprenants.

En 2009 il fut nommé par le président Sarkozy et son ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner : « Ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique ». Depuis il n’était pas rare qu’il commence une interview par un exposé sur le pourquoi de la couleur noire et blanche des pingouins.

( Le noir dans le dos capte la chaleur, le blanc sur le ventre est un excellent camouflage vu d’en bas…)

A plus de quatre-vingts ans le Hamster n’avait rien perdu de son érudition.

L’ombre de Daesh sur l’attentat d’Istanbul

Par Christophe Giltay dans Divers , le 29 juin 2016 17h55 | Comments Off on L’ombre de Daesh sur l’attentat d’Istanbul

Revenons sur l’attentat qui a frappé la Turquie mercredi soir. Le bilan est lourd 41 morts, 239 blessés dont 130 sont toujours hospitalisés.

istanbul

 

Pendant quelques années j’ai habité la commune de Schaerbeek c’est une commune où il y a une importante communauté turque, vivante, colorée, industrieuse. Dans certaines rues, il y a un petit air d’Istanbul justement, vous partez en voyage sans avoir quitté votre quartier

Ce matin je pense à eux, mes ex-voisins, je les imagine rivés sur les télévisions turques, non pas pour le football comme certains soir d’été, mais pour avoir de nouvelles… comme nous l’étions déjà à Bruxelles le 22 mars ou  à Paris le 13 Novembre.

Un allié de la coalition.

Certains ont peut-être perdu un membre de leur famille, un ami, une connaissance. Le mode opératoire de l’attentat ( terroristes arrivés en taxi, plusieurs explosions successives…) rappelle celui de Bruxelles et très vite le premier ministre turc a désigné Daesh comme responsable. Est-ce une conséquence de l’engagement de l’aviation turque dans la lutte contre le prétendu état islamique ? Est-ce une représailles 48 heures après la reprise de relations diplomatiques étroites avec Israël ?

Qu’importe ! Ils sont frappés comme nous le fûmes, de manière aveugle, barbare, incompréhensible…

Une Turquie contestée.

Alors bien sûr la Turquie d’aujourd’hui nous pose beaucoup questions. Le régime de Recep Erdogan reflète de moins en moins les valeurs démocratiques qui sont les nôtres. Le combat impitoyable qu’il mène contre les Kurdes, le refus obstiné de reconnaitre le génocide arménien, la dérive vers un régime personnel et autoritaire qui fait qu’on surnomme Erdogan « le Sultan », tout ça nous donne une image peu sympathique du pays.

Nos frères dans la douleur.

Mais ceux qui ont été touchés ce matin à l’aéroport ce sont nos alliés, nos amis, nos frères dans la douleur. Istanbul, Paris, Bruxelles même drame, même horreur, même souffrance, et même solidarité.

Quelle ironie cruelle ! Alors qu’un pays profondément européen l’Angleterre quitte l’Europe institutionnelle, un pays aux portes de l’Orient à qui nous n’avons toujours pas permis l’entrée, est tout d’un coup frappé d’un malheur qui l’ancre dans note camp.

Voilà de quoi réfléchir autour de la table du conseil européen… devant la chaise vide de David Cameron !

Brexit: blood, toil, tears and sweat

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 juin 2016 14h52 | Comments Off on Brexit: blood, toil, tears and sweat

Bruxelles accueille les 28 et 29 juin, le sommet européen, le premier depuis le vote du Brexit. Paris et Berlin pressent le Royaume-Uni d’entériner rapidement sa sortie de l’UE. Mais la France et l’Allemagne ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’onde. À l’Élysée, on souhaiterait une clarification rapide, alors qu’Angela Merkel serait plus disposée à laisser aux Anglais le temps d’organiser leur sortie.

 

union jack

 

«La responsabilité, c’est de ne pas perdre de temps…Rien ne serait pire que l’incertitude» Voilà ce qu’a déclaré François hollande hier à Berlin lors de la rencontre informelle avec Angela Merkel et Matteo Renzi. Il complétait ainsi les propos tenus juste avant par la chancelière allemande : « Nous avons une responsabilité pour les 27 pays membres…Nous devons essayer de les conduire sur une nouvelle voie».

Hit the road ( union) jack !

A première vue Berlin et Paris sont sur la même longueur d’onde, mais ce n’est qu’une apparence. La France tout comme la commission européenne veut un début de négociation avec l’Angleterre le plus rapidement possible. Une négociation qui ne s’annonce pas forcément douce, « ce ne sera pas un divorce à l’amiable » a déclaré Jean Claude Juncker le président de la commission. Paris est sensiblement sur la même ligne. François Hollande craint deux choses en cas d’enlisement : la contagion à d’autres pays par exemple le Danemark… Mais aussi l’ouverture en France d’un débat le bien-fondé de l’Europe. A contrario, si la situation se clarifiait vite le président pourrait essayer de prendre le leadership d’une refondation européenne, sur les bases des valeurs portées par les pères fondateurs.

Tu veux ou tu veux pas ?

Le problème c’est que seule l’Angleterre peut décider quand elle entame ce processus de sortie. L’article 50 qui prévoit le départ d’un Etat ne peut être invoqué que par le pays qui souhaite s’en aller. Il existe bien une procédure d’expulsion d’un Etat hors de l’Union mais uniquement dans des cas très précis, si par exemple il tournait le dos aux valeurs démocratiques de l’Europe pour devenir une dictature. Mais ce n’est pas le cas du Royaume Uni ! Donc pour l’instant Londres maitrise le calendrier, du moins le calendrier du top départ. On ne devrait rien voir venir avant la désignation d’un nouveau premier ministre le 7 septembre. C’est pourquoi Angela Merkel, plus pragmatique, apparaît moins pressée que François Hollande.

You say good bye I say hello

Ainsi deux camps se distinguent : d’un coté Hollande et Juncker qui veulent un divorce rapide et sec et de l’autres des modérés qui souhaiteraient un Brexit doux, où l’Angleterre ne serait pas tout à fait dehors. Une sorte de statut d’association à la carte. Il me revient d’ailleurs que même en Belgique les deux attitudes coexistent. Les Flamands seraient moins sévères avec les Anglais que les francophones. Il faut dire que la Flandre a beaucoup plus à perdre d‘un départ de de l’Angleterre que la Wallonie.

Va, je ne te hais point !

Au final cette incertitude qui inquiète tant François Hollande, risque bien de durer au moins jusqu’à la désignation du prochain premier ministre britannique le 7 septembre. Il va falloir patienter tout l’été…

Et le pire c’est qu’un Anglais, Chris Froome, pourrait bien gagner le tour de France !

 

 

 

Hit the road Jack !