Remaniement : trois verts pour un Ayrault

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 février 2016 18h19 | Ajouter un commentaire

Le remaniement ministériel attendu s’est donc produit jeudi en fin d‘après-midi avec deux retours: celui de l’ancien premier ministre Jean Marc Ayrault, et celui des écologistes qui récupèrent trois portefeuilles.

Jean Marc Ayrault.

Jean Marc Ayrault.

Sa fille cinéaste lui a consacré un documentaire, « Mon père ce Ayrault », avec évidemment un jeu de mot … Un héros somme toute modeste qui après avoir quitté Matignon est tout simplement retourné vivre chez lui en Loire Atlantique gardant juste son mandat de député et reprenant la route l’été avec son combi Volkswagen, souvenir de ses années de jeunesse .

Un germanophile.

Il y a tout un monde entre l’ancien maire de Nantes et Laurent Fabius son flamboyant prédécesseur, fils d’un grand antiquaire, bardé de diplômes et qui fut longtemps le favori de François Mitterrand. Jean Marc Ayrault a lui commencé sa carrière comme modeste professeur d’allemand, mais sa maitrise de la langue de Goethe et son maintien sobre et modeste devraient lui servir dans ses relations avec Berlin, on dit d’ailleurs qu’Angela Merkel l’appréciait beaucoup quand il  était Premier Ministre. Par ailleurs son retour au gouvernement est une main tendue à la gauche du PS, ses positions économiques sont en effet beaucoup moins libérales que celles du duo Valls-Macron.

Que trois verts s’épanouissent.

L’autre retour est celui des écologistes. Trois portefeuilles pour les verts mais deux pour des dissidents Jean Vincent Placé et Barbara Pompili et un, le logement, pour la secrétaire nationale du parti EELV (Europe Ecologie Les Verts ) Emmanuèle Cosse, qui ces derniers temps était en désaccord avec la direction des verts opposés au retour au pouvoir…

Pour le reste comme prévu Jean Michel Baylet le chef des radicaux de gauche obtient un ministère, l’Aménagement du territoire, 23 ans après avoir quitté son poste de secrétaire d’Etat au tourisme dans le gouvernement Bérégovoy ça ne nous rajeunit pas.

Pellerin prend la route.

Plusieurs départs dont celui de Fleur Pellerin remplacée à la culture par la conseillère culture de François Hollande, Audrey Azoulay, grande spécialiste de la question des intermittents du spectacle. On notera également la création d‘un secrétariat d’Etat à l’aide aux victimes, une création rendue nécessaire par l’actualité douloureuse de ces derniers mois. A noter que le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian et la ministre de l’environnement Ségolène Royal restent en place, tout comme Emmanuel Macron. Enfin François Hollande a nommé trois hommes et sept femmes, histoire de rétablir la parité.

Voilà au moins une promesse qu’il aura tenue…

 

 

 

Liste des arrivées et des départs :

 

Jean-Marc Ayrault (PS) ministre des Affaires étrangères Emmanuelle Cosse ( EELV) ministre du Logement. Jean-Michel Baylet (PRG) ministre de l’Aménagement du territoire. Audrey Azoulay (PS) ministre de la Culture et de la Communication. Jean-Vincent Placé (Vert dissident)  secrétaire d’État chargé de la Réforme de l’État

Barbara Pompili (Vert dissident) secrétaire d’Etat chargée des Relations internationales sur le climat. Juliette Méadel (PS) secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes. Ericka Bareigts ( PS) secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité réelle. Hélène Geoffroy ( PS) secrétaire d’État chargée de la Ville. Estelle Grelier ( PS) secrétaire d’État chargée des Collectivités territoriales.
 Laurent Fabius (Affaires étrangères) , Marylise Lebranchu (Fonction publique) et Fleur Pellerin (Culture) quittent le gouvernement.

Hollande remanie

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 février 2016 10h08 | Ajouter un commentaire

Journée de grandes manœuvres pour François Hollande. Il va très probablement annoncer un remaniement ministériel dans la matinée, et ce soir il sera en direct sur les principales chaînes de télévision françaises. Hier l’Assemblée Nationale a adopté à une grande majorité la déchéance de nationalité qui faisait tant débat.

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317 voix pour 199 contre l’inscription de la déchéance de nationalité dans la constitution, a été adoptée avec une majorité confortable. Alors bien sûr les opposants parlent de gâchis et évoquent l’unanimité qu’on aurait pu espérer après le discours de Francois Hollande devant le congrès. Il a néanmoins réussi à faire voter une partie de la droite sur son projet, et c’est bien la manœuvre qu’il voulait réussir. Maintenant on est encore loin de la fin de ce débat, le texte doit passer au Sénat, puis repasser devant l’Assemblée et ce n’est qu’alors que François Hollande convoquera ou non le Congrès, c’est à dire l’ensemble des parlementaire pour faire entrer ce texte dans la constitution. Il faudra alors rassembler 3/5ème des voix, des députés et des sénateurs ensemble.

N’en doutez pas le président sera très largement interrogé à ce sujet ce soir à la télévision.

Grand ou petit remaniement ?

L’autre sujet du jour c’est bien le remaniement ministériel, rendu obligatoire par le départ de Laurent Fabius. Alors les spéculations vont bon train : petit remaniement, grand remaniement…

Une chose est quasiment sûre, le président des radicaux de gauche Jean Michel Baylet va entrer au gouvernement pour un portefeuille qui reste à déterminer. On parle de l’agriculture, à la place de Le Foll, c’est fou ! Pour le reste c’est le flou aux Affaires Etrangères le nom les plus souvent cités sont ceux de Ségolène Royal et Jean Marc Ayrault, l’ancien premier ministre. Si Ségolène quittait l’environnement, un vert pourrait lui succéder. Mais là c’est l’inconnue un vert du parti des verts ou un verts dissident ? C’est un peu le verre à moitié plein…

On évoque aussi le cas du ministre de la défense Jean-Yves Le Drian qui cumule son ministère avec la présidence de la région Bretagne, restera –t-il ? partira-t-il ? Choisira-t-il les embruns ou les Rafales ?

Une admonestation pour macron ?

Enfin ce matin certains facétieux imaginaient que le jeune et brillant ministre de l’économie Emmanuel Macron pourrait prendre la porte. Hier il s’est permis à son tour de critiquer le projet de déchéance de nationalité, disant que ça lui posait un problème psychologique. Je pense que ça n’ira pas jusqu’au limogeage, mais il se prendra surement un petit remontage de bretelle sur le thème, « tes états d’âmes tu les gardes pour toi. »

Aller plus que quelques heures à patienter pour tous ce ministres putatifs qui ont passé la nuit à côté d’un coup téléphone…qui pour la plupart n’a pas sonné…

Laurent Fabius devient sage

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 février 2016 08h51 | Ajouter un commentaire

Le remaniement ministériel annoncé depuis plusieurs semaines en France devrait se produire aujourd’hui. Avec comme principale information le départ de Laurent Fabius, le dernier éléphant de la mitterrandie.

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L’annonce devrait être faite juste après le conseil des ministres Laurent Fabius qui aura 70 ans au mois d’août va tirer sa révérence. Il deviendra président du conseil constitutionnel, un club de sages qui vérifie la constitutionnalité des lois et la régularité des élections, mais ce ne sera plus vraiment de la politique active.

Le club des ex.

D’ailleurs le conseil constitutionnel ça commence à faire un peu association de retraités du pouvoir, puisque les anciens présidents en sont membres de droit. Giscard , 90 ans aux fraises, y siège régulièrement, Sarkozy y est allé un peu mais s’est mise en congé depuis qu’il a repris du service chez « Les Républicains ». Quand à Chirac on l’y a vu tant que son état de santé le permettait. A noter qu’o y trouve aussi un autre ancien premier ministre Lionel Jospin, ainsi que Michel Charasse longtemps ministre du budget de François Mitterrand. Ils vont avoir des trucs à se raconter car Fabius était le dernier représentant de la première équipe à avoir gouverné avec François Mitterrand. Il est devenu ministre pour la première fois le 22 mai 1981, le jour où tonton a pris ses fonctions. Trois ans plus tard, le sphinx en fera même son premier ministre, il disait «  le jeune premier ministre que j’ai donné à la France. »

Un destin loupé.

Fabius avait alors 38 ans, et l’on croyait à l’époque qu’il serait un jour lui aussi président. L’histoire ne s’est pas écrite ainsi et le successeur socialiste de François Mitterrand ce ne fut aucun de ce qu’on appelait les éléphants du PS. Ni Fabius, ni Rocard ni Jospin, ni Mauroy, ni Delors, mais un certain Hollande qui en 1981 n’était qu’un jeune et obscur conseiller du président, qui lui préférait d’ailleurs parait-il sa copine, une certaine Ségolène… Devenu sage Fabius pourra méditer sur son destin pas tout à fait abouti, alors qu’à droite , c’est son alter ego, Alain Juppé  même âge même études, presque parcours, ( lui aussi fut premier ministre, ministre des affaires étrangères, chef de son parti etc…) qui est maintenant en tête des sondages.

Qui au Quai ?

La question qui agite le microcosme politique c’est : qui va remplacer Fabius au Quai d’Orsay ?

Justement on évoque Ségolène Royal ce qui aurait le mérite de libérer l’environnement pour un écologiste. Ainsi François Hollande pourrait élargir son spectre politique à 15 mois de la présidentielle. Quant à Ségolène royal, elle deviendrait alors N° 2 du gouvernement derrière Manuel Valls, et à défaut de première dame…première femme !

La réforme constitutionnelle est lancée

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 février 2016 08h50 | Ajouter un commentaire

A Paris l’Assemblée Nationale a voté dans la nuit l’article 1er du projet de révision constitutionnelle qui prévoit d’inscrire dans la loi fondamentale le régime de l’Etat d’urgence. Place maintenant à l’article 2 sur la déchéance de nationalité.

assemblée nationale

 

 

Cet article a été voté un peu après 22 h, dans une assemblée aux trois quart vide par 103 voix pour et 26 voix contre, 441 députés étaient absents ! Tout ça pour ça ! Après 7 semaines de débat intense sur la place publique, de déchirement sur les valeurs de la France le sens de la constitution, la défense des libertés etc. … Les ¾ des députés n’ont pas pris part au vote ! On est loin de la belle unanimité du 16 novembre quand Francois Hollande avait prononcé son discours devant le congrès réuni à Versailles. Car le projet de loi qui est examiné ces jours-ci, est la traduction légale de ce qu’il avait proposé ce jour-là, sous les applaudissements unanimes des parlementaires.

La déchéance.

Donc hier soir adoption de l’intégration de l’état d’urgence dans la constitution, puis début des discussions sur l’article 2, qui prévoit la déchéance de nationalité. Là on rentre dans le dur, rien qu’hier soir les orateurs se sont succédés à la tribune pendant trois heures…et ça recommence aujourd’hui ! 70 députés prendront la parole sur ce dossier auquel les Français ne comprennent plus rien. Au début ça devait passer comme une lettre à la poste : on déchoit de leur nationalité française les terroristes condamnés. Une grande majorité de la droite et de la gauche étaient d’accord, tout comme 85% des Français.  C’est alors que les difficultés ont commencé quand on s’est rendu compte que ça ne pouvait concerner que les binationaux, puisqu’en vertu du droit international, on n’a pas le droit de créer des apatrides.

Le dérapage.

Et c’est là que les choses ont dérapé, toute une série de socialistes la ministre de la justice Christiane Taubina en tête, ont crié au déni de l’égalité et des valeurs de la République. Là-dessus une partie de la droite a demandé que la déchéance s’applique à tous ; puis d’autres ont estimé que c’était un piège que Hollande tendait à la droite ; puis des socialistes frondeurs en ont profité pour manifester leur opposition à Manuel Valls ; puis certains « Les Républicains » s’en sont pris à Nicolas Sarkozy qui soutient la réforme, ainsi François Fillion et Nathalie Kosciusko-Morizet ont appelé à voter non ! Bref le binz ! Et désormais le gouvernement n’est plus sûr du tout d’obtenir les trois cinquièmes des voix nécessaires en France pour une réforme constitutionnelle. La plupart des observateurs pensent que c’est fichu et s’interrogent sur la manière dont François Hollande va sortir du piège.

Quelle solution ?

Retirer le projet ce serait se couvrir de ridicule, la solution finalement ce serait de laisser les députés en débattre et puis voter, et si le vote est négatif, le président pourra toujours dire qu’il a respecté la décision du parlement. Certes il pourrait aussi essayer de passer en force avec un referendum, façon De Gaulle… Mais par les temps qui courent ce serait surement la meilleure manière de partir à la retraite anticipée !

 

 

 

 

Dernière minute : Sarko est pour !

 

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Nicolas Sarkozy a appelé mardi les députés LR à voter pour la déchéance de nationalité car « on nous demandera des comptes » en cas de nouveaux attentats, a-t-il déclaré, critiquant « ceux qui ont changé d’avis » en ciblant François Fillon lors de la réunion de groupe à l’Assemblée, selon des participants.

« Que ceux qui ont toujours été contre votent contre, d’accord. Mais que ceux qui ont soutenu la déchéance par le passé changent d’avis, ça non! François, j’ai lu ce que tu as déclaré. J’aurais préféré que tu viennes le dire au bureau politique où nous en avons débattu deux heures et où tu n’étais pas », a dit le président des Républicains. En cas de nouveaux attentats en France, « on nous demandera des comptes. Les arguments des constitutionnalistes sont justes, mais ils seront balayés par les médias » (AFP)

 

 

 

Cahuzac face à ses mensonges

Par Christophe Giltay dans Divers , le 8 février 2016 09h25 | Un commentaire>

 

Un peu plus de trois ans après les premières révélations sur sa situation financière, l’ancien ministre français du budget, Jérôme Cahuzac comparaitra ce matin devant le tribunal correctionnel de Paris. La justice lui reproche d’avoir dissimulé un compte à l’étranger.

 

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Jérôme Cahuzac c’est l’homme politique, populaire, efficace, séducteur promis à tous les succès mais qui a succombé aux mirages de l’argent.

L’ascension.

Pourtant tout avait bien commencé…fils de résistants, entré au PS à 25 ans en 1977 dans la mouvance de Michel Rocard, il a mené une belle carrière de chirurgien cardiologue tout étant conseiller d’un ministre socialiste sur les questions de santé. Après la campagne présidentielle de Lionel Jospin en 1995 il décide d’entrer dans la politique active. Il est élu député pour la première fois en juin 1997, puis devient maire de Villeneuve-sur -Lot, en 2001, un poste qu’il quittera en 2012 pour entrer au gouvernement de Jean Marc Ayrault comme ministre du budget… Jusque-là beau parcours !

 La fraude.

Sauf que simultanément il poursuit de manière singulière sa vocation de médecin. Alors qu’il est cardiologie, il va flairer la bonne affaire au début des années 90 : avec son épouse dermatologue il crée une clinique spécialisée dans les implants capillaires. Dans le même temps il commence une carrière de consultant auprès de laboratoires pharmaceutiques et là l’argent coule à flot. Il va alors mettre sur un pied un système de fraude fiscale en planquant son fric à l’étranger. 600 000 euros d’abord sur un compte en Suisse puis  à Singapour quand la Suisse commence à lever son secret bancaire. L’enquête révèlera que sa femme, dont il est désormais divorcé, a mis de côté 2,5 millions dans l’île de Man.

 Le mensonge.

Le système se craquèle en décembre 2012 quand le journal en ligne Médiapart l’accuse de fraude fiscale, et d‘avoir détenu jusqu’en  2010, un compte en Suisse. Et là Cahuzac va entrer dans ce qu’il appelle lui-même la spirale du mensonge. Avec une superbe assurance il va mentir à tout le monde, et d’abord aux médias : On se souvient de son interview avec Jean Jacques Bourdin sur BFM TV,  le journaliste lui demande : « les yeux dans les yeux est ce que vous avez eu un compte en Suisse ? ». Il répond : « je n’ai pas, je n’ai jamasi eu de compte en Suisse… à aucun moment ! »  Et quand on lui demande s’il envisage de démissionner il lance : « pourquoi démissionner quand on se sent innocent ? Pourquoi céder à ceux qui vous convoquent au banc de l’infamie je ne céderai pas ! » Cette superbe il va également l’afficher à l’Assemblée Nationale en mentant devant tous les députes et devant le gouvernement, lors d’une séance de questions : «  Je n’ai pas je n’ai jamais eu de compte à l’étranger… j’ai saisi la justice d’une plainte en diffamation…et c‘est devant la justice que je m’expliquerai… »

La chute.

 C’est la fanfaronnade de trop car la justice enquête et découvre la vérité. Il démissionne le 19 mars 2013. Mis en examen le 2 avril il reconnait sur sa page internet détenir un compte à l’étranger et demande pardon au président Hollande. Le scandale entache toute la classe politique

Poursuivi pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale, et pour avoir sous-estimé sa déclaration de patrimoine en entrant au gouvernement, Jérôme Cahuzac risque une peine de sept ans de prison et 2 millions d’euros d’amende. Mais déjà ses avocats ont prévu une bataille procédurière qui pourrait retarder le procès de plusieurs mois.

Monsieur Hulot refuse un portefeuille

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 février 2016 10h33 | Un commentaire>

Alors que des rumeurs le voyaient déjà ministre lors du prochain remaniement, Nicolas Hulot a coupé court le jeudi 4 février sur Twitter. Il refuse le portefeuille que François Hollande lui avait proposé quelques jours plus tôt.

Hulot

 

«Nicolas Hulot n’entrera pas au gouvernement. Il remercie le Président de la confiance qu’il n’a cessé de lui accorder», annonce le compte tweeter de l’ancien présentateur….et voilà un nouveau plan de François Hollande qui tombe à l’eau ! Nicolas Hulot aurait pu être le joker, que dis-je la carte maitresse du remaniement gouvernemental que le président prépare pour la mi-février.

Fabius au conseil.

On en connait l’information principale le ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius va quitter son poste pour devenir président du conseil constitutionnel. S’ensuivra ou devrait s’ensuivre un jeu de chaises musicales…Ainsi Ségolène Royal est pressentie pour quitter l’environnement et prendre les Affaires Etrangères. D’ où l’idée de créer un grand ministère autour de l’environnement pour Nicolas hulot. Ça aurait eu le mérite de satisfaire la tendance verte de l’opinion publique sans avoir à négocier avec le parti EELV (Europe Ecologie Les Verts), très divisé au sujet de François Hollande, et très partagé quant à un retour au gouvernement. Et là patatras ! La belle architecture s’effondre.

Toujours courtisé jamais marié !

Coté gouvernement s’il l’on veut des verts il faudra donc en passer par leur parti. Quant à Nicolas Hulot , ce n’est pas la première fois qu’il était pressenti pour un portefeuille, Nicolas Sarkozy et même Jacques Chirac l’avaient déjà approché.

Mais il entretient une relation étrange avec la classe politique. En 2007 il avait fait signer une charte écologique à tous les candidats la présidentielle, sans l’être lui-même. En 2012 il avait participé aux primaires des verts et s’était fait abattre par l’ancienne juge Eva Joly. Hulot échaudé craint l’eau froide ! Il a déjà annoncé qu’il ne participerait pas à la primaire de la gauche que certains appellent de leurs vœux…

Pour autant sera-t-il absent de l’élection présidentielle ?

Candidat ou pas ?

Cette élection ne nécessite pas le soutien d’un parti, comme le voulait le général De Gaulle c’est un homme ou une femme seule qui se présente devant la Nation… Avec un parti on peut compter sur un appareil et des militants. Mais Nicolas Hulot dispose d’une association et de nombreux sympathisant, et puis surtout il est populaire, il bénéficie de 50% d’opinions favorables dans les sondages, quand Nicolas Sarkozy et François Hollande tournent autour de 22- 23….

Il y en a d’autres que ça griseraient…

Vous le direz peut-on imaginez qu’un ancien animateur de télévision devienne président ?

Pourquoi pas, depuis Sarkozy les présidents sont bien devenus des animateurs de télévision

Le livre surprise de Taubira

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 février 2016 10h47 | 2 commentaires

Dans «Murmures à la jeunesse», essai d’une centaine de pages, l’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira affirme son opposition à la déchéance de nationalité pour les terroristes. Une proposition portée par le gouvernement qu’elle vient de quitter.

Taubira

Le livre de Christiane Taubira , « Murmures à la jeunesse » ( édition Philippe Rey) est sorti dans les librairies hier matin, moins d’une semaine après sa démission, et la veille de son anniversaire…car elle née un deux février ! Alors bon anniversaire Mme Taubira !

Une surprise.

C’est ce qu’on appelle un bon coup d’édition, le  livre a été écrit et imprimé dans le plus grand secret. N’y cherchez pas les mêmes révélations croustillantes que dans celui de Valérie Trierweiler, non ! Avec Christiane c’est du  sérieux, et ce n’est pas un livre de  politique politicienne c’est le livre d’une intellectuelle nourrie par sa lecture des poètes, elle cite bien sûr Aimé Césaire son préféré ( avec Léon-Gontran Damas) mais aussi Paul Eluard, Oum Kalthoum, Billie Holliday, Pablo Neruda…

Hollande épargné.

Ce n’est pas non plus un règlement de compte. Elle ne mentionne pas du tout Manuel Valls, quant à François Hollande désigné par sa fonction de président il est traité avec bienveillance dans la première partie consacrée à la lutte contre Daesh, et aux attentats de janvier et de novembre à Paris. C’est un petit livre qui fait moins de cent pages 94 exactement, divisé en trois parties : D’abord le constat du terrorisme où elle explique comment le gouvernement en est venu à envisager la déchéance de la nationalité.

Une belle plume.

Puis ensuite une longue explication où elle détaille son opposition au projet qu’elle considère comme absurde et contreproductif. Je la cite …et vous allez voir elle a de la plume :

« Faute de fabriquer une appartenance plausible et accueillante, la République laisse du champ à l’endoctrinement par les marionnettistes sans scrupules qui, bafouant toute probité, parviennent à berner les esprits désemparés en assenant : “vous ne serez jamais plus algériens, marocains, tunisiens, maliens, sénégalais, et vous ne serez jamais français. Soyez musulmans, c’est votre seule identité stable et légitime. » Pour l’ancienne ministre cette déchéance potentielle risque de plonger tous les immigrés naturalisés dans l’insécurité. Tout en envoyant un message négatif au monde : les Français ne sont pas capables de s’occuper de leurs nationaux, alors ils les « dénationalisent. »

Lucidité et espérance.

Enfin la dernière partie consiste en un message d’espoir dans l’avenir. Elle s’adresse à la jeunesse qu’elle invite à jouir de la beauté partout, tout le temps, dans la nature comme dans la culture …

Enfin à destination de la génération qui est « aux affaires » : elle cite un extrait du discours d’Albert Camus lors de sa réception du Prix Nobel de littérature en 1957 : « Chaque génération sans doute se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse »

Bientôt la liberté pour Mme Sauvage

Par Christophe Giltay dans Divers , le 1 février 2016 09h50 | Ajouter un commentaire

Deux jours après avoir reçu à l’Elysée ses filles et ses avocates, François Hollande a accordé dimanche la grâce présidentielle à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent.

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La nouvelle est tombée dimanche en fin de journée. A 18h, le président de la République recevait une nouvelle foi les avocates de Catherine Sauvage pour leur annoncer la nouvelle. Le communiqué  de l’Elysée a été publié peu avant 20 heures :

« Face à une situation humaine exceptionnelle », le chef de l’Etat a voulu « rendre possible, dans les meilleurs délais, le retour de Mme Sauvage auprès de sa famille » mais « dans le respect de l’autorité judiciaire.

Les limites d’un privilège

Noter bien cette formule : « dans le respect de l’autorité judicaire… » En effet François Hollande n’est pas favorable par principe au droit de grâce, un privilège hérité des rois de France. Ça fait un peu Saint Louis randonnant la justice sous son chêne à Vincennes. Or Catherine Sauvage a été condamnée par deux fois en première instance, puis en appel, à 10 ans de prison pour avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012, après 47 ans d’enfer conjugal.

Ménager la justice.

Ses avocates avaient plaidé la légitime défense, mais en droit français cette légitime défense ne peut être reconnue que si elle concomitante et proportionnelle à l’attaque. Or le juges et le jury populaire avaient estimé que le temps d’aller chercher le fusil, après avoir été battue une Xième fois, faisait tomber la concomitance, sans parler de la proportionnalité, coups d’un côté fusil de l’autre. Le président était donc face à un dilemme, d’un côté le respect de la chose jugée…(par deux fois !!!!) de l’autre la situation atroce vécue par Mme Sauvage et ses filles, elles aussi maltraitées et violées par leur père.

Pesant de tout leur poids médiatique dans la balance : la demande de grâce du comité de soutien (400 000 signatures) avec des dizaines de parlementaires , des grandes voix : Daniel Cohn-Bendit, Anne Hidalgo, NKM, Anny Duperrey, Eva Darlan… et la demande répétée des associations féministes pour qu’on prenne enfin en compte sérieusement la problématique des violences conjugales. Une femme meurt tous les trois jours en France sous les coups de son compagnon…

Abracadabra !

Finalement l’Elysée a trouvé la formule magique qui combine la compassion et les principes du président.

Il n’a donc pas gracié purement et simples Jacqueline Sauvage. Mais il a décidé par décret de supprimer sa peine de sureté de 5 ans. Ainsi compte tenu du temps déjà passé derrière les barreaux, près de quatre ans, elle peut dès aujourd’hui demander sa libération conditionnelle qui pourrait intervenir.

La différence avec une grâce pure et simple, c’est qu’au final ce n’est pas François Hollande qui prononcera la libération, mais un juge. Les formes sont donc respectées.

Vous me direz c’est un peu subtil, voire capillotracté !

Bien sûr…

Mais que voulez-vous François Hollande ressemble plus à François Mitterrand qu’à Saint Louis.

Quand Taubira s’en va

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 janvier 2016 09h58 | Ajouter un commentaire

Dans un sondage publié ce matin, 82% des Français se disent satisfait de la démission de Christiane Taubira. La très controversée ministre de la justice, a quitté le gouvernement  parce qu’elle était en désaccord avec la réforme qui prévoit la déchéance de nationalité, pour les terroristes.

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Christiane Taubira on aime ou aime pas, mais elle ne laisse personne indifférent. Vous en connaissez beaucoup vous des ministres français qui démissionnent et s’en vont en vélo dans les rues de Paris accompagné de leur garde du corps, également à vélo. C’était hallucinant de la voir avec son casque et son anorak pédalant tranquillement suivie par les journalistes juchés sur de grosses motos. Petit bout de femme, mais aussi boule d’énergie et de volonté, c’est comme on dit un caractère…Et aussi une tête qui vous cite Aimé Césaire de mémoire, dans son discours d’adieu : «  Il n’est pas question de livrer le monde aux assassins d’aube. » Ça m’a rappelé le président Pompidou qui récitait Paul Eluard dans ses conférences de presse…

Une cohérence politique.

Maintenant quelle signification politique pour ce départ ? Tout d’abord une plus grande cohérence pour le gouvernement qui désormais assume clairement sa ligne sociale libérale, c’est-à-dire plus proche du centre que des valeurs traditionnelles de la gauche. Apres les départ de Montebourg, de Filipetti, de Benoît Hamon et des écologistes, Taubira , nimbée de son aura d’accoucheuse du mariage pour tous, restait la caution, le symbole de l’ancrage à gauche du gouvernement . Cette fois c‘est fini !

Un tournant historique.

On peut dire qu’on change d’époque, en effet depuis la refondation du parti socialistes à Epinay en 1971, François Mitterrand puis Lionel Jospin avaient toujours essayé faire la synthèse entre les différentes tendances de la gauche en général et du PS en particulier. Et même quand il y avait des désaccords profonds, ça se faisait selon la jurisprudence de Jean Pierre Chevènement : « un ministre, ça ferme sa gueule, et si ça veut l’ouvrir, ça démissionne ! » Les apparences d’unité étaient sauves. C’est terminé la ligne de droite l’a emporté, à l’image d’ailleurs du glissement à droite de l’ensemble de la société française.

Vers un podemos français ?

Pour autant peut-on imaginer Christiane Taubira à la tête d’une sorte de Syriza ou de Podémos à la française, r    assemblant autour d’elle les déçus du hollandisme ? Rien n’est moins sûr  d’abord parce que si elle est une remarquable soliste, elle n’est pas forcément un bon chef d’orchestre, ainsi elle a usé quatre directeurs de cabinet en quatre ans. Je vous l’ai dit c’est un caractère ! Par ailleurs, on lui a assez reproché l’échec de Lionel Jospin en 2002 quand elle s’était présentée contre lui à la présidentielle, le privant d’un peu plus de 2% des voix, et de sa qualification pour le second tour. Ca m’étonnerait qu’elle recommence.

« Une nouvelle bonté ».

Je pense que le moment venu elle se ralliera au président, le risque de voir Marine le Pen l’emporter est trop grand… Et puis au fond je la crois optimiste, d’ailleurs le poème de Césaire qu’elle a cité hier se termine par ce vers : « une nouvelle bonté ne cesse de croître à l’horizon ».

Par les temps qui courent il faut vraiment y croire…

 

 

 

Aimé Césaire

« Nouvelle bonté » en hommage à son ami le peintre Wifredo Lam

 

«  il n’est pas question de livrer le monde aux assassins d’aube          la vie-mort          la mort-vie les souffleteurs de crépuscule les routes pendent à leur cou d’écorcheurs comme des chaussures trop neuves il ne peut s’agir de déroute seuls les panneaux ont été de nuit escamotés pour le reste des chevaux qui n’ont laissé sur le sol que leurs empreintes furieuses des mufles braqués de sang lapé le dégainement des couteaux de justice et des cornes inspirées des oiseaux vampires tout bec allumé se jouant des apparences mais aussi des seins qui allaitent des rivières et les calebasses douces au creux des mains d’offrande

une nouvelle bonté ne cesse de croître à l’horizon « 

Monsieur le Président : « libérez Jacqueline ! »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 janvier 2016 09h01 | Ajouter un commentaire

En France la mobilisation en faveur d’une grâce présidentielle pour Jacqueline Sauvage, une femme condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari violent, prend de l’ampleur. Mais pour l’instant François Hollande privilégie la procédure plutôt que le recours à ce droit de grâce qu’il a hérité des rois.

Hollande scrutateur

Jacqueline Sauvage a été condamnée à 10 ans de prison pour avoir tué son ami de trois coups de fusils dans le dos, en 2012 après 47 ans d’enfer conjugal. Cette peine a été confiée en appel le 3 décembre, elle est donc exécutoire. En vertu des années passées en préventive et des remises de peine possibles, elle pourrait sortir de prison en 2018.

Monsieur le Président

Au cri de de « libérez Jacqueline ! » toute une mobilisation s‘est organisée autour de son cas, et ses filles ont notamment envoyé le 22 décembre une lettre au président Hollande pour lui demander d’exercer son droit de grâce présidentiel  : « Monsieur le Président, notre mère a souffert tout au long de sa vie de couple, victime de l’emprise de notre père, homme violent, tyrannique, pervers et incestueux« , avaient écrit Sylvie, Carole et Fabienne, elles mêmes victimes de leur père. Une pétition lancée sur internet a recueilli plus de 350 000 signatures.

Je vous fais une lettre

Toute une série de personnalités de droite comme de gauche se sont prononcées en faveur de la grâce : Anne Hidalgo la maire de Paris, Daniel Cohn-Bendit, les comédiennes Anny Duperrey et Eva Darlan, Valérie Pécresse la nouvelle présidente de la région parisienne, et même jean Christophe Lagarde le chef du parti centriste UDI, allié de Sarkozy, qui a également écrit au président pour lui demander de : « rétablir la justice… »

Que vous lirez peut-être

Les associations féministes de leur côté réclament un élargissement de la notion de légitime défense pour les femmes victimes de violences de la part de leur conjoint. C’est d’ailleurs ce qu’ont plaidé ses avocats lors du procès. L’idée d’une « légitime défense différée », pour les femmes battues. Dans l’état actuel du droit pour que la légitime défense soit reconnue, il faut que la riposte intervienne au moment de l’agression, et pas à la suite de 47 ans de souffrances. Pour les associations féministes la loi ne serait pas adaptée aux victimes de violences conjugales, souvent démunies et traversées de sentiments contradictoires face à leur bourreau qui est aussi leur compagnon et souvent le père de leurs enfants.

Si vous avez le temps.

L’entourage de François Hollande a fait savoir qu’il avait « bien entendu » le message mais qu’il fallait d’abord laisser faire la procédure. Le procès peut en effet faire l’objet d’une révision. Ce qui coince c’est que par principe François Hollande n’est pas favorable au droit de grâce, un privilège personnel dont les présidents ont hérité des rois de France. Pendant sa campagne il avait déclaré que ça ne faisait pas partie de sa conception du pouvoir. Peut-être, et certains diront que c’est tout à son honneur…

Mais il y a des fois ou un devoir moral peut l’emporter sur les convictions politiques … ou plus simplement la compassion sur les principes !