Le retour des « Platform shoes »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 octobre 2018 10h28 | Ajouter un commentaire

 

Ce fut une découverte de la fashion week de Paris fin septembre, le retour des chaussures à semelles compensées, avec des look à faire pâlir les fashion victims des années 70.  Leur retour est régulièrement annoncé mais cette fois les « platform shoes » ont l’air bien décidées à quitter les podiums pour redescendre dans la rue…

Si vous avez entre 40 net 50 ans je ne doute pas que votre maman en portait quand vous étiez petits. C’était le must des années 70, impossible d’imaginer Gloria Gaynor, ou Stone de Stone et Charden cahussée de fins stilettos. A cette époque un peu folle les femmes portaient du haut, du solide, du massif. Les hommes aussi d’ailleurs souvenez-vous du look improbable de Siggy Stardust le personnage inventé par David Bowie. Aujourd’hui ses chaussures feraient pâlir de jalousie la plus branchées des « drag queens ».

Nées pendant la guerre.

Pourtant la chaussure à plateforme a une histoire un peu particulière. On oubliera la cothurne des acteurs de la Grèce antique avec leurs semelles de bois, ce pas vraiment l’inspiratrice, mais il y a quand même un point commun les matériaux. En effet à l’époque  contemporaine les chaussures à semelles épaisses ont fait leur apparition à Paris pendant la guerre. Le cuir était réservé aux bottes des militaires, et les femmes ont du se débrouiller pour leurs chaussures, d’où l’invention de chaussures à semelles de liège ou de bois. Or ces matériaux nécessitent une certaine épaisseur sinon ils cassent ou prennent l’eau. Les élégantes de l’occupation ont donc marché haut perché. Evidement après la guerre on s’est dépêché d’oublier ces modèles porteurs de mauvais souvenirs, et notamment sous l’impulsion de Christian Dior on est revenu à des chaussures tout en finesse.

 

Le retour des années 70.

Au début des années septante, un  revival des années 40, la mode des fripes, et les gouts de babas cools pour les matières naturelles ( Liège, bois, mais aussi corde)  ont fait revenir la platform shoe dans le paysage et là ce fut l’exclusion ! Ce fut alors une décennie de semelles compensées,  pas moyen de se chausser autrement. Parmi les égéries de cette mode Paloma Picasso et la célèbre Loulou de la Falaise collaboratrice d’Yves Saint  Laurent.  Contrairement  à ce qu’on l’on pourrait croire il n’est pas difficile de marcher avec ces chaussures. Grâce  à leurs semelles épaisses elles sont plutôt confortables et plus stables que des escarpins. Côté élégance avec des chaussures massives le mollet n’en parait que fin, et surtout ça donne une allure déterminée aux femmes qui d’un coup dominent la situation.

 

Sexy or not sexy ?

Si les femmes aiment les hommes apprécieraient beaucoup moins, comme le dit le célébré chausseur Pierre Hardy dans le Figaro « je ne suis pas convaincu que les hommes apprécient. Ce n’est pas pensé pour être sexy, ce n’est pas une arme de séduction. »

En revanche ça donne de la hauteur sur les podiums à Paris en septembre c’était autour 14 centimètre dont 5 pour les semelles, y compris chez Saint Laurent. Chez Sergio Rossi on se contentait de 12,5 centimètres…C’est déjà pas mal essayez-voir !

Mesdemoiselles préparez- vous ! Vous allez enfin redécouvrir ce qui faisait tout le charme disco de vos grandes mères.

Remaniement : Castaner, Riester et rien…

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 octobre 2018 08h46 | Ajouter un commentaire

Après quinze jours d’atermoiement Emmanuel Macron a enfin annoncé la composition de son nouveau gouvernement. Un remaniement beaucoup moins spectaculaire que celui qu’on attendait, et qu’il à peine justifié lors de son allocution à la télévision. Préférant rappeler qu’avant tout il gardait le cap défini lors de son élection.

 

Castaner l’homme à tout faire.

 

Tout ça pour ça, c’est la phrase d’accroche qu’on retrouve le plus souvent dans les éditoriaux de la presse française ce matin. Quinze jours de réflexion pour annoncer l’arrivée de : Fresneau, Attal, Wagon, Guillaume, Nuñez, Dubos ou Pannier-Runacher…Vous ne les connaissez pas ? Moi non plus…Mais les français pas plus. Ce sont d’illustres inconnus bien loin du choc médiatique dont certains avaient rêvé. Une exception le nouveau ministre de la culture Franck Riester, un peu plus médiatisé pour avoir été longtemps dans la bande à Sarkozy. Il a commencé sa carrière au service de l’ancien champion olympique du 110 mètres haies Guy Drut, devenu ensuite homme politique. Ca lui aura peut-être appris à mieux franchir les obstacles que notre semi compatriote et célèbre éditrice Françoise Nyssen qui s’est crachée au ministère de la culture. Laurent Joffrin de libération fait, à juste titre, remarquer à son sujet que « le métier politique suppose des compétences particulières qui s’apprennent le plus souvent au contact des électeurs et non des lecteurs. »

Macron au 20h.

Le soir même le président se fendait d’une allocution solennelle à la télévision. Allocution ( et non pas interview, c’est plus facile) où il s’est voulu modeste pour une fois, il a reconnu notamment un peu d‘arrogance, et des erreurs de communication…Mais pas question de changer de cap et on jugera au résultat. Il a raison, on juge toujours au résultat, François Hollande pourrait lui en parler. A noter que des informateurs bien informés attribuent cette contrition présidentielle à l’influence de Brigitte qui lui aurait passé un savon maison après l’affaire Benalla. Les murs l’Elysée en auraient tremblé…Epouser sa prof, c’est se condamner à repasser à vie ses examens…

Poly-castaner.

Pour le reste on connait enfin le tant attendu nouveau ministre dès l’intérieur, et ce n’est qu’une demi surprise puisqu’il s’agit de Christophe Castaner dont le nom avait circulé dès le début. Christophe Castaner ancien PS, devenu fidèle d’entre les fidèles d’Emmanuel macron et qui en deux ans a occupé successivement ou simultanément les postes de porte-parole du candidat, porte-parole du gouvernement, ministre des relations avec le parlement et chef du parti majoritaire «  La République en marche » ! Comme on dit dans son pays le sud-ouest :  « et si la terre est argileuse il fera aussi quelque briques… »

Moi j’ai une suggestion pour Emmanuel Macron qui sera tôt ou tard confronté à un nouveau remaniement, il devrait cloner Christophe Castaner !

Manu cherche ministre désespérément

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 octobre 2018 09h50 | Ajouter un commentaire

La France attend toujours son nouveau gouvernement qui ne verra pas le jour avant samedi. La presse française se perd en conjectures sur les causes de ce retard. L’une des causes serait tout simplement le manque de candidats ministres « Macron-compatibles ».

 

Hôtel de Beauvau, siège du ministère français de l’Intérieur.

 

En apparence ça peut paraitre bizarre, on sait à quel point l’homme (et parfois la femme) politique a tendance à se ruer sur les ministères comme la vérole sur le bas clergé. Mais cette fois ça coince…ça coince parce que justement le gouvernent d’Emmanuel Macron voulu rompre avec la politique traditionnelle en étant «  en même temps » formule consacrée de droite et de gauche. Depuis 18 mois il arrive à peu près à tenir cette ligne, car en fait il n’a pas de passé politique, il n’a jamais milité dans aucun parti, il n’a jamais été élu nulle part.

Et quand il a été ministre c’est par la volonté seule du Président Hollande.

Manu du centre, Eddy de droite.

Le problème c’est qu’Edouard Philipe son premier ministre est lui un homme politique classique, un élu local maire du Havre pendant des années. C’est un libéral social, pro européen, dans la lignée d’Alain Juppé dont il est très proche. Logiquement il propose donc des candidats ministres issu de cette mouvance. Or Gérard Colomb, qui a quitté le ministère de l’Intérieur était un ancien socialiste, lui aussi d’ailleurs, élu local et maire d’une grand ville, Lyon. Pour conserver ses deux jambes l’une de droite et l’autre de gauche, Emmanuel Macron cherche donc un candidat plutôt de gauche, mais il en trouve pas. Ceux à qui il s’est adressé  (dont le PS Mathieu Klein) ont refusé. L’heure des débauchages est terminée,  les socialistes restent désormais au PS, ou à la retraite, mais en tout cas ils ne se mettent pas « En Marche ».

Des élus un peu trop tendre.

C’est là que la recomposition macronienne atteint ses limites. Un parti politique classique c’est aussi un vivier de personnalités, d’élus de terrain qui se sont aguerris au contact de l’électeur. Regardez ce qui se passe en Belgique, hormis deux ou trois exceptions aucun ténor politique n’est absent des élections communales, car c’est la base même de la vie publique. Or parmi les très nombreux députés macroniens élus l’an dernier ( 308), il y a une majorité de novices (169) portés par la vague présidentielle. De sympathiques trentenaires, venus de la société civile, souvent bardés de diplômes et de certitudes, mais qui n’ont jamais distribué le moindre tract sur un marché. Sur le moment ça paraissait sympathique, seulement quand les vrais problèmes arrivent on se rend compte que ça manque de profils « capés ».

A saisir Hôtel place Beauvau !

Edouard Philippe a donc beau jeu de proposer quelques-uns de ses copains de droite…et Manu s’arrache les cheveux, entre des socialistes qui refusent et des « En Marche » qui ne font pas le poids. Je vous rassure néanmoins, le ministère de l’intérieur est l’un de postes les plus prestigieux de la République, et je ne doute pas que l’une ou l’autre pointure finira par accepter.  Par sens du devoir bien sûr…

 

 

 

Jacques Brel était flamand

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 octobre 2018 09h41 | Un commentaire>

Il y a quarante ans Jacques Brel disparaissait emporté par un cancer. Toute la journée de nombreux hommages vont lui être rendus en Belgique, en France et dans bien d’autres endroits. Ce matin nous tranchons une question fondamentale, malgré ses chansons très dures contre les flamingants, Jacques Brel était bien d’origine Flamande !

 

Jacques Brel en 1977
(Photo Jean Michel Deligny)

 

Ça peut paraitre un peu spécieux comme débat, mais c’est le genre de question qui a hanté mon enfance.

Petit Belge émigré en France, on me posait la question régulièrement :

« – Alors Brel Flamand ou Wallon ? »

« – Euh… disons Bruxellois, Belge bilingue, auteur francophone, grande figure de la chanson française… »

 

«  – Oui mais « le plat pays » c’est pas les Ardennes… il le dit lui-même

Mijn Vlakke Land ! »

«  – …le plat pays qui est le mien … oui… »

« – Et Marieke …elle s’appelle pas Germaine… »

«  – Non mais y’a Mathilde qu’est revenue quand même… »

« – C’est ça ! Et « chez ces gens-là… » c’est Frida qu’est belle comme un soleil…Frida prénom plutôt germanique… »

«  – Oui mais j’attends Madeleine… »

«  – Et puis y’a les Flamandes … »

Les Flamandes dansent sans rien dire
Sans rien dire aux dimanches sonnants
Les Flamandes dansent sans rien dire
Les Flamandes ça n’est pas causant.

Un malentendu autour des Flamandes.

On pourrait continuer comme ça longtemps jusqu’à sa dernière charge contre les flamingants dans son ultime disque en 1977. ( Les F…)

…et je vous interdits de forcer nos enfants qui ne vous ont rien fait à aboyer flamand… 

En fait tout repose sur un malentendu. La chanson «  les Flamandes » quand on l’écoute calmement est plutôt sympathique, gentiment moqueuse et décrit une vie villageoise d’autrefois, déjà révolue quand elle sort en 1959. Mais les flamingants l’ont mal prise et en ont fait une polémique. C’est eux que Brel attaque par la suite. Comme me l’a dit un jour sa fille France Brel, il n’attaquait pas les Flamands mais les flamingants. D’ailleurs son inspiration était largement flamande et je vous renvoie à « Mon père disait »,  très belle chanson sur la Flandre.

C’est le vent du nord
Qu’a raboté la terre
Autour des tours
Des tours de Bruges
Et qui fait qu’nos filles
Ont l’regard tranquille
Des vieilles villes
Des vieilles villes. 

Zandvoorde berceau de la famille.

En fait la famille de Brel était originaire d’un petit village de Flandre occidentale Zandvoorde . Son père Romain y est né avant de partir en 1911 faire sa vie au Congo avant de s’installer à Schaerbeek en 1926 où Jacques a vu le jour en 1929. Le grand-père de Jacques Brel, Jean-Augustin y a été bourgmestre de 1833 à 1885. Son oncle aussi a été bourgmestre de la localité de 1926 à 1966. Pas rancunier les habitants de Zandvoorde ( et de toute l’entité Zonnebeke, ) lui rendent hommage ces jours-ci et jusqu’au 14 Octobre avec un parcours à travers toute la commune, animés par de nombreux artistes. Il paraît même qu’on y chantera une version en « West flamand » de « Ne me quitte pas »… « Lat mu nu nie vooln ».

Mais ça c’est peut être une forme de vengeance…

La République honore Aznavour

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 octobre 2018 09h19 | Ajouter un commentaire

Un hommage national sera rendu à Charles Aznavour aux Invalides à Paris, en présence d’Emmanuel Macron et des autorités arméniennes. Plus de 2.000 personnes sont attendues pour cette cérémonie officielle, solennelle et très encadrée….Assez loin du rassemblement populaire qu’on a connu pour les obsèques de Johnny Hallyday.

Eddy Mitchell et Laurent Gerra aux Invalides pour Charles Aznavour.

 

On n’est pas du tout dans le même scénario. Mais souvenez-vous il y avait eu débat autour de Johnny, Hommage national ? Hommage populaire ? On avait finalement tranché pour un hommage populaire champs avec une couleur officielle puisqu’Emmanuel Macron avait prononcé un discours devant l’Eglise de la Madeleine. Il est vrai que dans la cour des Invalides, Johnny Hallyday ça aurait fait un peu bizarre, ce n’est pas vraiment une enceinte pour rocker.

Honneurs militaires et civils.

L’hôtel des Invalides été construit sous Louis XIV pour accueillir des militaires blessés ou indigents. C’est avec le Panthéon l’un des hauts lieux de la nation Française. On y trouve encore aujourd’hui un hôpital militaire, le musée de l’armée, et une cathédrale, Saint Louis des Invalides où se trouve le tombeau de Napoléon 1er. Plusieurs chefs militaires français, Foch, Lyautey Leclerc… reposent également aux Invalides… Et puis surtout il y a cette cour immense, impressionnante, et où la République rend hommage à ses héros qu’il soient issus du monde militaire ou civil. Ainsi régulièrement les soldats tombés en Afghanistan, ou au Mali sont honorés par une cérémonie aux Invalides.  Coté personnalités ces dernières années on y a accompagné ( entre autres)  le résistant et ambassadeur Stéphane Hessel, auteur d’ « Indignez-vous ! », l’ancien premier ministre Pierre Mauroy, Simone Veil, ou encore Jean d’Ormesson.

La cour des grands.

On se souvient d’ailleurs du contraste entre la cérémonie de Jean d’Ormesson et celle de Johnny morts pratiquement le même jour. Rassemblement de fans sur les Champs Elysées, pour l’un, gratin de la République pour l’autre. Même s’il a écrit pour Johnny ( retiens la nuit ) pour ses obsèques Charles Aznavour,  joue dans la cour de Jean d’Ormesson et de Simone Veil, dans la cour de la France officielle. On entendra sa musique : « Emmenez-moi » ; on lui rendra les honneurs militaire ; on jouera les hymnes nationaux de ses deux patries (France et Arménie) . Le Premier Ministre arménien, puis le Président Macron prononceront  un éloge funèbre .Certes seuls quelques admirateurs pourront participer à cette cérémonie, et il y aura des déçus, mais quelle formidable revanche, pour le petit arménien pauvre, pratiquement autodidacte et qui en a terriblement  bavé pour réussir !

Un saltimbanque, chanteur, auteur et comédien que la France honore, comme ses généraux, ses hommes d’Etat et ses grands écrivains.

« Je me voyais déjà en haut de l’affiche… ».

Il y est arrivé, et encore bien plus haut .

 

 

Collomb démissionne de la Macronie

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 octobre 2018 07h14 | 2 commentaires

Les ennuis s’accumulent pour Emmanuel Macron. Après la démission il y a un mois de Nicolas Hulot, son ministre de l’environnement, c’est maintenant le ministre de l’intérieur Gérard Collomb qui quitte le gouvernement français. Ca c’est fait dans des conditions très particulières car dans un premier temps le président a cherché à le retenir… en vain !  

L’affaire s’est déroulée en trois temps. D’abord Gérard Collomb annonce sa démission il y a 48 heures sous le prétexte qu’il veut se consacrer aux élections municipales dans la ville de Lyon, dont il veut redevenir le maire. Sauf que dans un premier temps il avait annoncé cette démission pour Juin 2019 après les européennes. Pourquoi tout d’un coup cette précipitation ?

Une valse à trois temps

Dans la soirée Emmanuel Macron fait savoir qu’il refuse cette démission. Ca fait partie de ses prérogatives: en France c’est le président qui nomme les ministres et met fin à leurs fonctions. Mais hier dans une interview au Figaro Gérard Collomb persiste et signe, « ma démission est toujours d’actualité ». Dans la nuit Macron cède. Gérard Collomb quitte l’intérieur et il est remplacé provisoirement  par le premier ministre qui va cumuler les deux fonctions, en attendant la nomination d‘un successeur.

La fin d’une (courte) époque

Cette démission est un camouflet, une insulte mais surtout un échec pour Emmanuel Macron. Car Gérard Collomb fut le premier ténor politique à le soutenir dès 2016. Maire PS de Lyon la deuxième ville de France Gérard Collomb n’a pas hésité à rompre avec son parti à un moment où François Hollande pouvait encore se présenter. Il a cru en Macron et son ralliement a donné de la crédibilité à ce jeune candidat qui venait de nulle part. Or cette démission va produire l’effet inverse, le charme est rompu.

L’affaire Benalla

Alors pourquoi ? Les élections municipales ne sont qu’un prétexte, elles auront lieu en 2020. Non, Gérard Collomb a été meurtri par l’affaire Benalla quand il du répondre aux questions de la commission parlementaire alors qu’il ne savait rien de l’affaire, gérée de A à Z par l’Elysée. Vous me passerez l’expression, on l’a pris pour un con et il n’a pas aimé. Mais plus encore, cette démission marque un véritable désaccord sur la politique menée. Gérard Collomb ne veut plus être la caution de gauche de celui qui apparaît de plus en plus comme le président des riches. Quant à Macron qui croyait avoir tué la politique traditionnelle, elle le rattrape à toute vitesse.

La politique est un métier

En politique il ne suffit pas d’être le premier de la classe, il faut aussi connaitre la subtilité de la partie comme au poker. Or il est totalement dépourvu d’expérience en politique politicienne. Avec Hulot tout aussi novice ça passe encore, mais pas avec un vieux renard de 71 ans. Il est désormais au  pied du mur et ne s’en sortira probablement pas avec un petit remaniement comme avec Hulot ou Laura Flessel. Sa meilleure option pour rebondir serait de changer profondément son équipe pour démarrer une nouvelle étape. Mais il doit se méfier, car comme disait un autre vieux renard, Jacques Chirac : « Les merdes (ou les emmerdes il y a plusieurs versions) ça vole toujours en escadrille »

 

 

La Belgique à l’ONU.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 septembre 2018 10h26 | Ajouter un commentaire

 

Le premier ministre Charles Michel va s’exprimer aujourd’hui à la tribune de l’ONU, devant l’Assemblée Générale. Ce discours intervient alors que la Belgique va occuper à partir du premier janvier un siège au conseil de sécurité de l’ONU. Ce n’est  pas qu’un poste honorifique, car malgré sa taille en matière de diplomatie la Belgique joue dans la cour des ( presque) grands.

 

La salle du conseil de sécurité de l’ONU.

 

On ne va pas se la jouer, mais il faut se rendre compte, et je l’ai constaté moi-même à l’ONU, qu’effectivement la Belgique est un pays qui compte sur la scène internationale. Ce retour au conseil de sécurité n’est pas dû au hasard. Ce siège a été accordé à la Belgique pour deux ans, par 181 voix sur 188 votants… Excusez du peu !

Une grande tradition diplomatique.

Pourquoi ? Parce que la Belgique est un partenaire sérieux sur la scène internationale, qui dispose de 117 postes diplomatiques dont 82 ambassades. C’est l’une des plus anciennes nations à exercer une activité internationale moderne puisque notre ministère des affaires étrangères a été créé dès 1831. A noter  que la Belgique est pratiquement membre fondateur de tous les organismes internationaux et signataire de la plupart des grands traités. Ainsi par exemple nous avons participé aux premiers accords de Genève de 1864, qui sont à l’origine du droit humanitaire. Autre exemple, nous sommes parmi les 12 signataires du traité de l’Antarctique de 1959  qui a démilitarisé ce continent, et en a fait un bien commun à toute l’humanité. Pays fondateur de l’union européenne, représenté à l’ONU depuis décembre 1945, membre de l’OTAN, de l’Union postale universelle, de l’agence spatiale européenne, de l’organisation internationale de la francophonie, de l’OCDE, du FMI …etc. … etc…etc…

L’art du compromis.

Par ailleurs son statut d’ancienne puissance coloniale au Congo, ou mandataire au Rwanda et au Burundi lui confère aujourd’hui encore une influence et une expertise  recherchée pour l’Afrique centrale… Enfin la Belgique a une réputation de pays de compromis, capable de faire s’entendre entre elles des parties divisées et ça bien sûr en diplomatie  c’est fondamental … Enfin Bruxelles accueille le siège l’OTAN et une partie des institutions européennes ce qui crée forcément une proximité ( on se croise en ville, on participe aux même réceptions, on assiste aux mêmes spectacles). Ainsi la Belgique joue en Europe un rôle sans commune mesure avec son poids géographique.

Un faux petit pays.

Je dis géographique… Car démographiquement nous ne sommes pas un si petit pays. Sur les 28 pays de l’Union Européenne, avec nos 11 millions d‘habitants nous sommes en milieu de tableau. La Belgique est par exemple plus peuplée que le Portugal, la Grèce, la Suède, l’Autriche, la Hongrie, la république Tchèque, la Slovaquie, la Finlande, l’Irlande, le Danemark… 141ème pays du monde ( sur 197) par sa superficie, la Belgique en est le 80ème par sa population,  le 25ème par son PIB, et le 22ème par son indice de développement humain. .

Donc quand le premier ministre belge s’exprime à l’ONU, ce n’est pas au nom d’un petit pays, mais d’une grande nation… diplomatique.

Marine n’ira pas chez le psy

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 septembre 2018 07h55 | Ajouter un commentaire

Marine Le Pen a refusé de se soumettre à une expertise psychiatrique ordonnée par la justice. Cette expertise fait partie d’une procédure ouverte à son encontre, car elle a publié sur Tweeter en 2015 des images de victimes de Daesh.  

 

C’est une histoire qui a première vue pourrait paraitre abracadabrantesque… La justice française a demandé à Marine Le Pen de se soumettre à un examen psychiatrique. Je sais j’en connais parmi vous qui pense que « c’est pas trop tôt », et j’en connais d’autres qui auraient plutôt vu le père livrés aux « Psy ». Mais ici il ne s’agit pas de dérapage verbal ; de détail de l’histoire ; de Durafour crématoire ; ni même de plantage lamentable lors d’un débat présidentiel , il s‘agit de Twitter.

Des photos insoutenables.

En 2015, la présidente de ce qui est aujourd’hui le Rassemblement ( et plus le Front ) National, publie sur Twitter des clichés d’exécutions commises par l’Etat islamique. C’est un classique de l’extrême droite. Dans les années 60 pendant la guerre d’Algérie, de journaux proches de son père ont publié des photos de cadavres de militaire français horriblement mutilés. Le père ( ancien officier au 1er régiment étranger parachutiste)  avait d’ailleurs utilisé certains de ses clichés pour se défendre lorsqu’on l’accusait d’avoir torturé en Algérie. L’idée est simple l’armée a peut-être commis des trucs terribles, par nécessité,  mais ceux d’en face étaient pires…

Marine refuse.

Marine a sur son père l’avantage de ne pas avoir été mêlée directement à ce genre de conflits, mais elle a gardé les réflexes de communication. évidemment elle s’est insurgée contre la décisionnel la justice… toujours sur Twitter : « Je croyais avoir eu droit à tout : eh bien non ! Pour avoir dénoncé les horreurs de Dach par tweets, la « justice » me soumet à une expertise psychiatrique ! Jusqu’où ont-ils allé ?!» Elle refuse bien sûr de s’y rendre et met le juge au défi de la contraindre…d’autant qu’elle est couverte par son immunité parlementaire…Dans ce combat elle n’est pas seule, l’un de se plus farouches adversaires a pris sa défense, Jean-Luc Mélenchon qui s’est  élevé contre cette procédure, y voyant une «psychiatrisation de la décision politique».

Une histoire de fou.

En fait il n’y a rien de politique dans cette histoire c’est tout simplement la procédure, pour quelqu’un qui comme Marine Le Pen est inculpée pour : « diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité, accessible à un mineur».

L’examen vise notamment à vérifier «si elle est en mesure de comprendre les propos et de répondre aux questions». En clair vérifier qu’elle n’est pas débile, elle apprécié modérément, mais les juges répondent qu’ils ne font qu’appliquer la loi.

On pourrait s’arrêter là, sauf que la France est en grand déficit, et même en pénurie d’experts psychiatres. Or il y a suffisamment de crimes commis par des tordus, pour laisser les psys bosser avec de vrais cas qui relèvent de leurs compétences.

Expertiser Marine le Pen, ce serait juste une perte de temps.

Monsieur Jean Piat

Par Christophe Giltay dans Divers , le 19 septembre 2018 08h18 | Ajouter un commentaire

Le comédien Jean Piat, monstre sacré du théâtre français qui avait marqué les esprits dans le feuilleton télévisé « Les Rois maudits » en 1972, est mort mardi soir à Paris à quelques jours de ses 94 ans. Ancien de la comédie française il avait souvent joué en Belgique où il était très populaire.

Jean Piat « Comte Robert » dans les « Rois Maudits »

Je vous parle d’un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaitre. Les « Rois Maudits » un incroyable feuilleton télévisé diffusé à l’ORTF de décembre 1972 à janvier 1973. 6 épisodes qui ont marqué toute une génération. Les séries en ce temps-là c’était du lourd : décors de théâtre, scénario Maurice Druon, de l’Académie Française, l’auteur du chant des partisans « ami entends-tu… » Réalisation Claude Barman  incontournable de la télé française à l’époque, notamment auteur de 45 épisodes du commissaire Maigret… les comédiens pour la plupart venu de la comédie française dont l’immense Louis Seigner le grand père de Mathilde et d’Emmanuelle.

Robert d’Artois.        

Et puis et puis… L’extraordinaire, le lumineux, le fabuleux Jean Piat dans le rôle de Robert d’Artois. Un seigneur du Nord de la France qui cherche en vain à récupérer ses terres après la bataille des éperons d’or. Tout ça sur fond de guerre de cent ans et de malédiction des Templiers. Jean Piat fait de Robert d‘Artois un personnage sulfureux au sourire ravageur,  plein de moquerie et de séduction… J’ai connu des dames tombées alors sous son charme et qui l’était toujours 40 ans plus tard.

Jeune jusqu’à 90 ans.

Et pourtant en 1972 Jean Piat avait déjà 25 ans de Comédie Française  derrière lui. Né en 1924, il a toujours paru plus jeune que son âge… Les yeux bleus peut-être ?  A ce tire c’était un peu le Jean d’Ormesson des comédiens, d’ailleurs n’était-il pas le compagnon de l’écrivaine Françoise Dorin ?

Difficile de retracer brièvement une telle  carrière. On retiendra qu’il faut aussi un grand Cyrano de Bergerac, et qu’il  vouait une admiration sans borne à Sacha Guitry avec lequel il avait joué au cinéma dans :  « Le diable boiteux » et dans « Napoléon… ». Il lui avait  consacré un livre en 2002, «  je vous aime bien monsieur Guitry ». Comédien, écrivain, metteur en scène, il prêtait aussi sa voix au doublage, par exemple à Peter O’ Toole dans Laurence d’Arabie.

Proche des Belges.

Homme du Nord (né à Lannoy près de Lille) Jean Piat entrainait une relation  chaleureuse avec le public belge, il venait pratiquement chaque année se produire en  Belgique, présentant ici les spectacles qu’il jouait à Paris. Je me souviens un soir à Woluwe Saint Lambert il y a une dizaine d’années où après 8 rappels le public ne le laissait pas partir. Il a fait rallumer la salle, s’est assis sur la scène et s’est mis à discuter avec les gens …

 

L’Artois.

Si un matin, tôt, traversant  les brumes de l’Artois sur l’autoroute du Nord, vous devinez au loin un grand seigneur qui chevauche tout de rouge vêtu. Ne cherchez pas… C’est le Comte Robert qui a enfin retrouvé sa terre.

Audin : geste historique de Macron

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 septembre 2018 13h32 | Ajouter un commentaire

Audin : geste historique de Macron

Emmanuel Macron a posé hier un geste que de nombreux Français attendaient depuis près de 60 ans. Le président de la République a reconnu, la responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, un jeune mathématicien torturé et tué par l’armée française en 1957 en Algérie.

Maurice Audin c’est le symbole des exactions commises par la France en Algérie pendant la guerre d’indépendance. C’est un personnage emblématique, célébré en Algérie comme un héros. Une place porte d’ailleurs son nom dans le centre d’Alger depuis1963. Maurice Audin, 25 ans lors de sa disparition, était un jeune professeur de mathématique à l’université d’Alger. Membre du parti communiste algérien  il était favorable à l’indépendance, mais ce n’était pas un activiste, il ne posait pas de bombe.  En revanche lui et sa femme avaient accueilli chez eux des membres du FLN en fuite.

Les paras maîtres d’Alger.

On est alors en pleine bataille d’Alger et le gouvernement français a donné les peint pouvoir à l’armée pour rétablir l’ordre. C’est la mission du général Massu, maître incontesté d’Alger.  Le destin de Maurice Audin bascule le 11 juin 1957 à 23 h. Une dizaine de parachutistes l’arrêtent  à son domicile. Josette son épouse a juste le temps de l’apercevoir, descendant l’escalier, encadré par deux militaires. Elle se souvient de ses dernières paroles : » Occupe-toi des enfants.  » (Ils en ont trois) Elle ne devait plus jamais le revoir.

L’impossible évasion.

Le 21 juin l’armée l’informe que son mari a réussi à s’enfuir à l’occasion d’un transfert en jeep. Il aurait sauté de la voiture avant de disparaitre dans la nuit. Il ne donnera jamais signe de vie, on en retrouvera jamais son cadavre. Commence alors l’affaire Audin. Dès le 4 juillet son épouse porte plainte pour homicide volontaire. Son combat va durer 61 ans. Des livres, des films, sont consacrés à l’affaires Audin, des hommes politiques, des intellectuels se mobilisent. L’avocat de Josette s’appelle Robert Badinter, mais rien n’y fait, car à la fin de la guerre d’Algérie la France a voté une loi d’amnistie qui couvre les crimes pendant le conflit.

 

Torture.

Au fil des années les témoignages s’accumulent, deux hommes arrêtés eux aussi par les parachutiste et détenus à la prison d’El Biar  sur les hauteurs d’Alger affirment avoir vu Audin torturé à l’électricité dans un triste état. Deux thèses circulent  alors : il aurait succombé à une séance de torture trop intense, ou il aurait été carrément assassiné par un  parachutiste trop zélé.

Hollande, puis Macron.

Pendant des décennies la version officielle ne change pas, Audin s’est évadé.  Jusqu’en 2014 quand Francois Hollande affirme : « Monsieur Audin ne s’est pas évadé, il est mort pendant sa détention. » Sans plus…

Le geste ultime viendra d‘Emanuel Macron qui a reconnu hier l’application de tortu en Algérie et qui a demandé pardon à Josette âgée aujourd’hui de 87 ans, pour la mort de son mari. Interrogée par le journal « le Monde », elle s’est dite satisfaite, mais pas heureuse, car il reste de questions  sans réponse :

« Mon combat n’est pas fini. Comment Maurice va-t-il été tué ? Quels sont les noms de ses tortionnaires ? Qu’a-t-on fait de son corps ? Nous ne le savons toujours pas. Il faudrait que des gens parlent enfin… »