Edito: Emmanuel Macron, le danger de l’arrogance

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 avril 2017 07h21 | 3 commentaires

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Après deux jours de flottement dans sa campagne Emmanuel Macron va repartir dès aujourd’hui sur le terrain, avec une visite dans sa région natale d’abord, à Amiens, et ensuite à Arras. Hier le président de la République l’a mis en garde, car rien n’est encore gagné. Il faut dire que la moitié des électeurs qui l’ont choisi au premier tour, ne l’ont pas fait par adhésion à son projet, mais uniquement pour écarter Marine Le Pen.

« Je pense qu’il convient d’être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n’est fait parce qu’un vote ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie », voilà la leçon lancée depuis Laval par François Hollande. Une leçon qui n’a pas eu l’air de plaire beaucoup à Emmanuel Macron quand on l’a évoquée hier soir sur le plateau de France 2. Et pourtant ce qui le menace le plus le candidat d’En marche, c’est l’arrogance. Le New York Times lui même le mettait en garde hier matin contre une attitude à la Hillary Clinton, qui a sous estimé son adversaire au point de perdre l’élection.

 

Le maître des horloges

Il se défend en disant qu’il reste lui même, qu’il n’est pas soumis au rythme des médias, qu’il est le maître des horloges. Certes, mais il doit prendre conscience qu’il n’est plus au premier tour. J’ai assisté le 17 avril à l’un de ses grands meeting à Bercy devant 20 000 personnes, c’est très coloré, très animé, très jeunes, très geek… Mais désormais il s’agit de parler à une autre France, moins jeune, moins urbaine, moins fan de nouvelles technologies. Une France qui a plus besoin d’être rassurée que bousculée.

 

L’ordre et le mouvement

Or Marine Le Pen a démarré ce second tour avec finesse en quittant la tête de son parti et en se présentant comme la candidate du peuple, et même de la défense des acquis sociaux. Un martien qui débarquerait dans cette campagne pourrait la prendre pour une candidate de gauche, engagée dans une lutte de résistance face à un jeune libéral qui veut tout casser. Or si les sondages sont toujours aussi bon pour Macron, dans un rapport 60-40, on est loin du raz de marée. Il suffirait de pas grand chose pour que les positions se rapprochent.

 

Attention à l’abstention

Si par exemple la participation n’atteignait que 70% au second tour ( contre 80 au premier), Marine le Pen pourrait être à 50% des voix. Le non-choix de Jean Luc Mélenchon et de sa France insoumise qui laisse la porte ouverte au vote blanc ou à l’abstention, pèse comme une menace sur la candidature Macron. François Hollande a raison, Emmanuel Macron doit maintenant grandir… Endosser le costume de président et laisser au placard celui de start-upper.

Trump frappe Bachard.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 avril 2017 08h11 | 3 commentaires

Les États-Unis ont tiré dans la nuit 59 missiles Tomahawk contre une base aérienne syrienne. Il s’agit d’une riposte à une attaque chimique présumée que le président américain avait qualifiée hier de «honte pour l’humanité».

Trump poing

Il y a presque 102 ans jours pour jour, le 22 avril 1915 à Ypres l’armée allemande menait la première attaque massive aux gaz, elle a fait 10 000 morts et fait rentrer dans le vocabulaire eu nouveau mot l’ypérite, un gaz mortel parmi les plus terribles. Bien sûr on s’était déjà servi d’armes chimiques dans l’histoire, notamment pendant la guerre des boers, mais ce fut la première utilisation industrielle de cette abomination.

 Des armes interdites.

Déjà condamnée par le traité de Versailles en 1919, les armes chimiques sont interdites par une convention internationale datant de 1997 et signée quasiment par tous les Etats du monde.

La Belgique, ypérite oblige fut et reste l’un des pays le plus opposé à ce type d’arme. Je pense donc qu’en tant que belge on peut se féliciter de la réaction américaine, les armes chimiques sont interdites celui qui s’en sert doit être immédiatement puni. On peut regretter que Donald Trump soit passé à l’action sans hésitation, alors qu’en 2013, Barack Obama, pourtant sollicité par la France, avait finalement refusé de riposter militairement au franchissement d’une ligne rouge qu’il avait lui-même tracée…

Des Russes à ménager.

Ces frappes auraient fait quatre morts, c’est bien sur quatre mort de trop la guerre n’est jamais belle même quand elle juste. Il semblerait que les Américains savaient où se trouvaient les troupes russes sur la base et ait pris soin de les épargner… D’ailleurs il y aurait eu de « multiples conversations » avec les Russes jeudi via la ligne spéciale qui leur permet de signaler leurs opérations et d’éviter par exemple que leurs avions ne se trouvent en conflit dans le ciel syrien. Ce qui n’a pas empêché les Russes ( c’est de « bonne guerre ») de dénoncer une violation du droit international, «  une agression contre un Etat souverain » a déclaré Vladimir Poutine.

Et maintenant ?

Ces frappes étaient donc nécessaires pour autant elles ne règlent rien. L’opposition au régime se félicite et appelle à d’autres actions de ce type. Mais les américains ont été clairs : il s’agit d’une action ponctuelle, les Etats Unis ne vont pas se mettre tout d’un coup à appuyer massivement les adversaires de Bachard el Assad, d’autant qu’il y a les Russes en face.

Non ! C’était ce qu’on pourrait aller une opération de police internationale, sanctionnant un régime qui a fauté comme l’a dit Trump contre l’humanité toute entière.

Retour à l’ONU.

Ce conflit ne se règlera pas par les armes, il faut que les discussions reprennent que les hommes se parlent, et notamment au conseil de sécurité de l’ONU. La Russie y a un rôle majeur à jouer, en lâchant Bachard, sans pour autant donner raison aux terroristes. Car c’est bien là tout le dilemme, ce régime est odieux, mais la plupart de ses adversaires le sont également à des titres divers.

Au fond dans ce marigot on n’a pas d’amis ! Ça ne veut pas dire qu’il faut renoncer à trouver un jour je chemin de la paix …mais il sera long…et il ne se tracera pas à coup de missiles.

Dans l’Orient compliqué, il faut se garder des idées simples.

François Fillon dans le cabinet noir.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 mars 2017 16h05 | 3 commentaires

C’est du jamais vu en campagne électorale et l’échange restera probablement dans les annales de la télévision. Hier soir sur le plateau de L’Émission politique de France 2, François Fillon et l’écrivaine Christine Angot se sont violemment affrontés, bien au-delà des altercations qui opposent parfois les hommes politiques entre eux. Par ailleurs François Fillon a accusé François Hollande de tous les maux qui l’accablent, et qu’il aurait orchestrés depuis un mystérieux cabinet noir.

Fillon soucieux

 

Il faut savoir que Christine Angot est une hollandiste de stricte obédience s’il n’en est qu’une ce sera celle-là ! Elle a même publié dans la presse une tribune pour demander à François Hollande de de présenter malgré tout. Demande poliment refusée par le président. Hier donc, invitée mystère de l’émission politique, elle attaqué François Fillon bille en tête…

Bras de fer.

«Vous vous êtes mis dans la situation d’avoir, pour des costumes ou autre, des services à rendre», «est-ce que vous comprenez que le fameux Front républicain est mis en danger. On ne comprend pas pourquoi vous ne vous êtes pas retiré», réponse de Fillon : «De quel droit vous me condamnez? De quel droit vous estimez que l’emploi de mon épouse était illégal et indécent?» a chargé l’ancien premier ministre. «C’est trop facile … on est dans un pays de droit. Ce n’est pas parce qu’un journal a décidé de m’accuser que je suis coupable et moi je ne le suis pas. »

Christine Angot

Christine Angot

 

«Votre parole est malhonnête», reprend Angot et Fillon de répondre «Vous osez me traiter de malhonnête ? » et Angot en rajoute en reprochant à François Fillon de faire du chantage au suicide en comparant son cas à celui de Pierre Bérégovoy, l’ex premier ministre socialiste qui s‘était suicidé en 1993 après une violente campagne de presse suivie d’une défaite électorale.

Fillon se défend : «Je n’ai pas dit ça Madame. Vous ne pouvez pas comprendre que je sois blessé par des accusations mensongères?», Angot : «Oh c’est triste, vous me faites de la peine…De l’autre côté de l’écran, les gens sont dans le même état que moi», et Fillon de conclure en mettant les rieurs de son côté «On verra madame ce que diront les Français au moment de l’élection. Le coiffeur de François Hollande, ça ne vous a pas choqué naturellement?»…en fait c’est plutôt François Hollande qui était l’invité surprise de l’émission…

Le cabinet noir

François Fillon a accusé le Président de la République d’être à l’origine des fuites qui ont déclenché le Pénélopegate et il demandé qu’on ouvre une enquête sur les prétendus agissements de Francois Hollande révélée par un livre à paraitre dont le titre est « Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat »… Ce livre révélerait que François Hollande se ferait communiquer, comme en son temps François Mitterrand, toutes les écoutes téléphoniques pour s’en servir politiquement.

« On cherchait un cabinet noir, on l’a trouvé, en tout cas, à travers ces allégations »… « Moi, ce soir, solennellement, je demande qu’il y ait une enquête d’ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c’est un scandale d’Etat »…

« Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l’histoire récente de la Ve République, un chef d’Etat n’est jamais aussi loin dans l’illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité »

Démenti.

Dans un communiqué publié par l’Elysée, le président de la République a  « condamné avec la plus grande fermeté les allégations mensongères de François Fillon… Depuis 2012, et c’est un fait établi, l’exécutif n’est jamais intervenu dans aucune procédure judiciaire et a toujours respecté strictement l’indépendance de la magistrature ».

Un peu plus tard c’est carrément l’un des auteurs du livre Didier Hassoux qui a démenti les informations de François Fillon :

« On n’a jamais écrit ça. On n’a jamais écrit ça…. La seule personne qui croit en l’existence d’un cabinet noir à l’Elysée, c’est François Fillon ».

Le candidat fantôme.

Bref un sacré mic mac…

Je me dis parfois que cette envie d’en découdre avec Hollande traduit un regret profond : celui de ne pas l’avoir comme adversaire. C’aurait été tellement bien un bon vieil affrontement gauche droite, Hollande le sortant défendant son bilan d’un côté, et de l’autre Fillon dénonçant ce même  bilan et préparant l’alternance ….à  l’ancienne quoi !

Et pendant que Fillon ferraille avec Hollande, Emmanuel Macron, rejoint par le  ministre de la défense Jean Yves le Drian, passe devant Marine le Pen dans les sondages, et devient l’ultra favori !

Hé oui monsieur Fillon on a changé d’époque…

Présidentielle : 8 candidats qualifiés !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 mars 2017 08h56 | 3 commentaires

Dans la présidentielle française, c’est la dernière ligne droite pour le dépôt des candidatures. Les prétendants à l’Elysées doivent avoir réuni les 500 signatures d’élus nécessaires le 17 mars au plus tard, soit vendredi. Pour l’instant seuls 8 candidats répondent aux critères de qualification, mais 2 ou trois autres pourraient encore les rejoindre d’ici vendredi.

 

Oscar Temaru 82 signatures !

Oscar Temaru 82 signatures !

Pour disputer l’élection présidentielle française, il faut être parrainé par au moins 500 élus, nationaux ou locaux. Au total la France compte quelque 47 000 élus dont 36000 maires, donc a priori «  y’en a pour tout le monde ! » Sauf que ce n’est pas si simple… D’abord il ne faut pas que plus 50 de ces signatures proviennent d’un même département,  et il est obligatoire qu’au moins  30 départements ou collectivités d’outre-mer soit représentés. Un potentat local ne pourrait se satisfaire de sa notoriété sur son territoire. On a par exemple le cas d’Oscar Temaru le leader indépendantiste de Tahiti, il ne peut être uniquement désigné par des élus tahitiens, pour l’instant il plafonne à 82 signatures.

Le dilemme des parrains.

A noter qu’un élu ne peut parrainer qu’un seul candidat. Statistiquement on pourrait donc se retrouver avec environs 80 candidats qualifiés. Mais les parrainages sont publics et donc a priori pas question pour un élu d’un grand parti de soutenir ostensiblement un autre candidat que celui de son parti, il subirait des sanctions. Quant aux maires non-inscrits certains ont peur de représailles de la part d’élus plus importants qui pourraient par exemple les priver de subventions régionales. Ainsi des candidats pourtant très bien placés dans les sondages comme Marine le Pen ont toujours plus de mal à réunir les signatures nécessaires, que les représentants des grands partis traditionnels.

Fillon 2953 !

Au dernier bilan établi le 14 mars par le conseil constitutionnel, 8 candidats ont obtenus les 500 signatures. Sans surprise François Fillon est en tête avec 2953 parrains, logique il représente un grand parti qui possède beaucoup d’élus.

Même chose pour Benoît Hamon qualifié avec 1717 signatures. Juste derrière on trouve Emmanuel Macron avec 1548 , or lui n’a pas de grand parti à son service !  Vient ensuite le souverainiste Nicolas Dupont Aignan  672 signatures , il est très bien implanté dans les régions et soutenus par de nombreux maire non inscrit.

Le Pen 618 !

Un autre candidat de la droite de la droite François Asselineau a lui recueilli 569 parrainages. Chiffre à rapprocher de celui de marine Le Pen, 618 . Bien qu’elle soit en tête de sondages au premier tour et que son parti ait remporté plusieurs élections locales, coté parrainage elle ne joue pas encore dans la cour de grands. Ainsi Nathalie Arthaud la trotskyste héritière d’Arlette Laguiller est à 623. Mieux que l’autre trotskyste Philippe Poutou, 357 seulement. Le 14 mars Mélenchon avait atteint 666 signatures…(Est-ce le chiffre de l’ante Macron ?)

MAM 53 !

A noter que les francs-tireurs ne sont pas les bienvenus dans cette compétition. Par exemple MAM, Michèle Alliot Marie, ancienne présidente du RPR, ancienne ministre de défense de l’intérieur, de la justice et même des Affaires étrangères, n’a recueilli que 53 signatures ; quant à Rama Yade, l’emblématique secrétaire d’Etat aux droits de l’homme des débuts du quinquennat Sarkozy, seuls 217 élus la soutiennent.

L’écrivain Alexandre Jardin n‘a aucune chance avec ses 107 signatures, tout comme la candidate de la primaire citoyenne Charlotte Marchandise 71 signatures. En revanche l’inclassable Jacques Cheminade est à 469, il peut encore se qualifier, c’est moins sur pour le député marcheur Jean Lassalle actuellement à 453….

Hollande 500 ?

A noter que 302 élus ont accordé leur soutien à Alain Juppé alors qu’il n’est pas candidat. Pour la petite historie sachez que François Hollande a fait bloquer 500 signature d’élus socialistes au cas où… alors là ce serait vraiment la surprise du chef !

Fillon habillé pour l’hiver.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 13 mars 2017 08h52 | 3 commentaires

Une nouvelle casserole à accrocher à la candidature de François Fillon. D’après le journal du dimanche, depuis 2012, le candidat de la droite à la présidentielle aurait reçu en cadeau pour 48 500 euros de costumes sur mesure, achetés chez un tailleur réputé de Paris.

Fillon en "Forestière"

Fillon en « Forestière »

Le Journal du dimanche a révélé qu’un « ami généreux » avait  signé un chèque de 13 000 euros, le 20 février, pour régler le montant de deux costumes sur-mesure, chez le tailleur Arnys, à Paris. « J’ai payé à la demande de François Fillon. Et sans d’ailleurs en avoir le moindre remerciement depuis », a déclaré le mystérieux mécène, qui pour l’instant souhaite rester anonyme.

Le journal a alors fait son enquête et découvert que François Fillon était un très bon client de ce célèbre tailleur de la rue de Sèvres à Paris. Faut-il y voir un symbole ? Ce tailleur fut autrefois celui de deux anciens présidents…Valery Giscard d’Estaing et de François Mitterrand.

Le style « paysan chic »

Arnys c’est le style chic gentlemen Farmer, son bestseller est une veste nommée «La Forestière », une veste droite inspiré des costumes de garde-forestier du 19ème siècle, avec un col court, qui se porte relevé. Prix 5000 euros pièces, François Fillon en aurait acheté deux, car comme dit un de ses amis même quand il est décontracté il est habillé. En 2010 il valait même reçu le prix de l’homme politique le mieux stylé. Tout ça n’est pas bien grave il a le droit d’être coquet… Sauf que visiblement ce n’est pas lui qui paye.

Un mystérieux donateur.

Il est difficile d’établir l’origine des fonds qui lui a permis de régler les 48 000 de costumes Arnys depuis 2012, car 35000 euros auraient été payés en liquide , excusez du peu ! Une chose est sûre, tout ou partie a donc été payée par cet ami mystérieux. Et là « y ‘a comme un défaut dirait Fernand Raynaud ! » En France les hommes politiques doivent déclarer tout don supérieur à 150 euros, or Francois Filon n’a pas déclaré ses costumes. En revanche s’il s ‘agit d’un cadeau privé fait par un ami ou un membre de la famille, on reste dans le domaine de la vie privée, et il n’y pas de limite.

Ami ou connaissance ?

C’est pourquoi l’identité du mystérieux donateur peut être révélatrice, entre une simple connaissance et un vrai proche il y a une différence essentielle. C’est la ligne de défense de Fillon : « Un ami m’a offert des costumes en février. Et alors ? » «  J’observe que ma vie privée fait l’objet d’enquêtes en tous sens et que ce traitement m’est réservé. Mes faits et gestes sont scrutés tous les jours dans l’intention évidente de me nuire pour m’écarter  » de la course à la présidentielle ». Dont acte !

Une certaine conception de la frugalité.

Bon… comment dire ? En deux mots : c’est normal qu’un homme politique soit correctement habillé, ça fait partie du job, les costumes sont élus vêtement de travail, d’ailleurs il aurait pu s’en acheter sur le budget de la campagne en les déclarants,  comme des frais professionnels. Il y a juste un truc qui n’a pas l’air de troubler le candidat, mais qui à mon avis interpelle les Français, et creuse un peu plus le fossé entre la base et les élites… dans le genre marqueur social…

Le prix !

Justice : la campagne dérape

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 février 2017 15h37 | 4 commentaires

Une atmosphère malsaine est en train d’envahir la campagne présidentielle française. Marine Le Pen et François Fillon multiplient les attaques contre la justice et contre les institutions qui seraient sorties de leur neutralité. Un jeu qui pourrait s’avérer dangereux pour l’après présidentielle.

marine 2

Ils y vont fort …La présidente du FN a prévenu dimanche à Nantes qu’elle réclamerait des comptes aux fonctionnaires et personnels du monde judiciaire qui participent selon elle à une entreprise de déstabilisation «illégale» de sa campagne. Je vous rappelle que la semaine dernière elle a profité de son immunité parlementaire pour refuser de se rendre à une convocation de la police au sujet de l’affaire des emplois fictifs du parlement européen.

Elle a trouvé un allié de circonstance en Francois Fillon… Après les destructions de la manifestation anti-le Pen samedi à Nantes, il a accusé le gouvernement d’avoir installé un «climat de quasi-guerre civile» . Il avait déjà crié au «coup d’Etat institutionnel il y a quelques jours ? Accusant le gouvernement derrière les fuites du Pénélopegate.

Recadrage présidentiel.

François Hollande a réagi lors d’un discours prononcé devant le grand orient de France, « Je n’accepterai jamais qu’on puisse mettre en cause les fonctionnaires dans notre République au prétexte qu’ils appliquent la loi et qu’ils font en sorte que la justice puisse travailler »
Le ministre de la justice Jean-Jacques Urvoas a regretté « une forme de pression qui est exercée sur les juges ». « Les magistrats sont des citoyens qui ont prêté serment » et « ils ne se positionnent que par rapport à la loi », avant d’inviter marine Le Pen à « refaire des études de droit ».

La trumpisation.

A peu de chose près on se retrouve devant une stratégie à la Trump qui, n’arrête pas de critiquer les services officiels américains, en France c’est du jamais vu. Enfin presque…

Il est vrai que durant son quinquennat Nicolas Sarkozy et son parti ont entretenu des relations très tendues avec la justice, relations qui se sont encore dégradées ensuite surtout après le fameux épisode du « mur des cons » en 2013. Ce mur, filmé discrètement par un journaliste qui l’avait ensuite publié sur le net était en fait un panneau accroché à l’intérieur des locaux du syndicat de la magistrature (plutôt à gauche) sur lequel avaient été collés, de 2005 à 2012, les portraits de dizaines de personnalités, plutôt de droite. La plupart des anciens ministres de la justice mais également Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Nadine Morano, Christine Boutin, Luc Chatel, le criminologue Alain Bauer, l’ancien entraîneur du XV de France Bernard Laporte etc…Depuis la droite considère que la magistrature est vendue à la gauche et que les enquêtes qui visent les siens  sont forcément partiales.

Demain quelle légitimité ?

Mais ce qui arrive ces jours-ci est plus grave qu’une simple critique en partialité. On a deux candidats à la présidence, Marine Le Pen et François Fillon qui font partie des favoris et qui discréditent publiquement l’autorité judiciaire et même ‘l’autorité de ‘l’Etat…

Alors bien sûr c’est pour établir un rapport de force et intimider les magistrats pour qu’ils cessent de les poursuivre au moins jusqu’à la tenue des élections…

C’est tout simplement jouer avec le feu. Car demain l’un des deux pourrait être élu président de la République et devenir d’un coup le garant de ces institutions.. C’est ce que leur a rappelé non sans malice, hier dans une interview un certain Emmanuel Macron…

 

Macron décolle.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 février 2017 16h49 | 2 commentaires

La campagne de l’élection présidentielle française est peut-être en train de se décanter. Emmanuel Macron profite du ralliement de François Bayrou, et le maintien de Mélenchon handicape le PS Benoit Hamon.

Macron

 

Un sondage publié ce matin 27 février pour le Figaro RTL et LCI est sans appel. Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour avec 27% des intentions de vote, devant Emmanuel macron 25%, François Fillon 20% Benoit Hamon 14% et Jean Luc Mélenchon 10%. Ce qui traduit plusieurs phénomènes :

La Marine insubmersible.

Marine le Pen semble définitivement hors atteinte par les affairées judicaires. La mise en examen de sa cheffe de cabinet dans le dossier des emplois fictifs du parlement européen n’a strictement aucune influence sur les intentions de vote en sa faveur. La technique de la victimisation fonctionne comme autrefois avec son père.

Macron Bayrou, ticket gagnant !

Emmanuel Macron fait un bond en avant depuis son alliance avec François Bayrou les 22 et 23 Février. Il gagne 5% d’intentions de  vote effaçant d’un coup  les revers subis après ses déclarations maladroites sur la colonisation et le mariage pour tous. 73% des électeurs de Bayrou sont prêts à voter Macron contre 11% qui se rallient à François Fillon.

Fillon encalminé.

Le candidat des Républicains reste stable à 20%. Il a survécu au Pénélopegate et à l’ouverture d’une information judiciaire. Il contre-attaque en dénonçant un climat de « quasi-guerre civile » entretenu selon lui par le gouvernement, en vain. Il mobilise le noyau dur de son parti, mais il n’arrive plus à élargir sa base électorale. Il est au maximum ou presque avec 20 %. Avec un tel chiffre il y a une semaine il pouvait se qualifier au second tour, ce n’est désormais plus le cas.

Hamon rose, vert mais pas rouge.

Benoit Hamon, le socialiste, a enregistré de weekend le ralliement de l’écologiste Yannick jabot, c’est appréciable mais le candidat du front de gauche jean Luc Mélenchon Luia confirmé qu’il maintiendrait sa candidature quoiqu’il arrive. Ensemble ils rassembleraient 24% des voix, seuls c’est 14 pour l’un et 10 pour l’autre. En clair la défaite de la gauche est assurée.

Un scénario inédit.

Pour la première fois depuis els débits de la Vème république la présidentielle pourrait se jouer sans aucun représentants des deux grandes familles politiques françaises : les gaullisto-républicains et les socialistes.

Cela dit il reste 60 jours, en 60 jours il peut s’en passer des choses. Il y a 60 jours Valls faisait encore partie des favoris et François Fillon avait course gagnée…

 

Le rose et le vert.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 février 2017 09h29 | 2 commentaires

C’est le temps des alliances dans la campagne présidentielle française, après le rapprochement entre en Bayrou et Macron, le candidat écologiste Yannick Jadot a annoncé hier soir qu’il se retirait au profit du socialiste Benoit Hamon….et pendant ce temps Marine Le Pen caracole toujours en tête.

Jadot

 

On l’attendait depuis plusieurs jours, l’annonce est tombée dans la soirée, il n’y aura pas de candidat écologiste à l’élection présidentielle cette année, Yannick Jabot préfère se retirer et passer un accord avec Benoit Hamon. En échange de leur soutien les écologistes ont obtenu un certain nombre de garanties comme l’arrêt du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une sortie du nucléaire en 25 ans, et l’instauration de la proportionnelle aux législatives.

Une bonne affaire ?

Difficile d’estimer combien de voix ce ralliement va rapporter au candidat e la gauche. En 2012 Eva Joly avait décroché 2,3% des voix et le meilleur score qu’un vert ait jamais réalisé à la présidentielle, ce fut 5,2% avec Noël Mamère en 2002.

Donc disons à la louche 3-4 % ce qui n’est pas négligeable car après un bon début Hamon stagne dans les sondages autour de 14-15%, trop bas pour disputer la qualification pour le second tour… et le soutien des verts n’y suffira pas. La seule solution pour la gauche ce serait un rapprochent entre Hamon et Mélenchon. Le candidat du Front de gauche a dit sur France 2 qu’il ne fermait pas la porte, le problème c’est que ni l’un ni l’autre ne sont prêt à abandonner la course…

Les bonnes affaires de Marine.

Quant à Marine le Pen toujours en tête avec des score de l’ordre de 26-27% , elle ne souffre pas de l’affaire dite des emplois fictifs au parlement européen. Pourtant sa cheffe de cabinet Catherine Griset a été mise en examen. On lui reproche d’avoir touché un salaire d’attaché parlementaire européen, pour travailler avec sa patronne à Bruxelles et à Strasbourg, alors qu’en fait son bureau se trouve au siège du parti à Paris. Censée résider à Bruxelles, elle n’y a jamais loué ou acheté aucun bien et sa fille a toujours été scolarisée à Garches près de Paris.  Marine le Pen a refusé de rembourser les quelque 300 000 euros de salaires perçus et comme on dit l’enquête continue…

Toujours en tête.

Cette affaire ne fait pas baisser ses intentions de vote dans les sondages. Pourquoi ? Parce que ses électeurs considèrent que c’est un coup monté, c’est la bonne vieille technique de la victimisation qu’utilisait autrefois son père. Plus on les attaque plus ça renforce les convictions de leurs électeurs. C’est un phénomène qu’on a connu également avec Donald Trump.

Ensuite ça se passe au parlement européen, avec de l’argent européen. Et contrairement au Pénélope gate, les gens pensent que l’argent européen, ce n’est pas l’argent du contribuable. Comme de surcroit l’Europe a mauvaise presse c’est tout juste si on n’entend pas des réflexions, du genre « c’est bien fait pour eux !  »

Hélas bonnes gens… l’argent européen c’est aussi notre argent !

Bayrou rejoint Macron

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 février 2017 10h09 | 3 commentaires

 Nouveau coup de théâtre dans la campagne des présidentielles en France. François Bayrou a annoncé hier sa décision de ne pas se présenter à la présidentielle, préférant proposer «une offre d’alliance» à Emmanuel Macron. Une offre que ce dernier a acceptée.

Bayrou rtl

François Bayrou était face à un choix cornélien, soit il suivait ce qu’il appelle sa pente naturelle et il s’engageait dans la bataille, soit il soutenait Macron, le candidat qui est le proche de ses idées et de son parcours, lui qui toute sa carrière a cherché à construire des ponts entre la droite modérée et la gauche raisonnable…

Ni césar, ni tribun…

Les sondages ne le donnaient qu’à  6% mais il aurait pu pourrait croire en son étoile et s’imaginer opérant une percée grâce à une blitzkrieg de quelques semaines. Il aurait longuement hésité, à tel point qu’hier encore certains de ses proches pensaient qu’il irait….C’est tout à son honneur d’avoir choisi la raison plutôt que l’ambition.

En effet sa candidature aurait sans nul doute affaibli considérablement celle d’Emmanuel Macron, favorisant François Fillon. Or Marine le Pen si elle continue à progresser est en mesure de battre Fillon, dont le programme, très libéral sur le plan économique n’est pas rassembleur, alors que Macron lui pourrait catalyser au second tour les voix de droite et de gauche dans une sorte de front républicain .

Une alliance atypique.

Les conditions que Bayrou a posée, notamment sur la moralisation de la vie politique sont tout à fait recevables par Emmanuel Macron, quant au seul point qui les divise : le recours à la proportionnelle pour les législatives, Bayrou n’en a pas fait une condition sine qua non, demandant simplement qu’on ouvre le débat. Les deux hommes vont se rencontrer dès aujourd’hui, il faut maintenant voir quelle forme prendra cette campagne commune, mais elle ne ressemblera surement à rien de ce qu’on  a connu précédemment. Il en s‘agira pas d’une alliance entre partis où l’on se répartirait les postes… On verra. …

Macron relancé.

En tout cas comme le disait Emmanuel Macron c’est un véritable tournant de la campagne. Sa candidature qui s’essoufflait un peu est maintenant relancée, et (est-ce un hasard ?) cette alliance se forme le jour même où la cheffe de cabinet de Marine le Pen est mise en examen dans l’affaire de emplois fictifs du parlement européen.

Le Front National est à son tour rattrapé par les affaires…

Or la principale qualité que les Français reconnaissent à François Bayrou, le désormais allié de Macron … c’est l’honnêteté !

Le Pen à Beyrouth, Macron à Londres.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 février 2017 08h51 | 2 commentaires

La campagne française se tenait hier à l’étranger avec le déplacement d’Emmanuel Macron à Londres et celui de Marine le Pen au Liban. Marine le Pen qui a fait l’évènement en refusant de porter le voile pour rencontrer le grand mufti.

Macron à Londres pour venger Jeanne ?

Macron à Londres pour venger Jeanne ?

 

L’image a fait le tour du monde, CNN la diffusait en boucle hier après-midi… Marine le Pen dans l’entrée de l’immeuble où elle devait rencontrer le grand Mufti, principale autorité religieuse sunnite au Liban…quand elle est arrivée sur place on lui a tendu un voile qu’elle a refusé.   « On ne me met pas devant le fait accompli …  La plus haute autorité sunnite du monde n’avait pas eu cette exigence, par conséquent je n’ai aucune raison de… Mais ce n’est pas grave, vous transmettrez au grand mufti ma considération mais je ne me voilerai pas », A-t-elle déclaré à la presse avant de repartir aussitôt

La laïcité en bandoulière.

Elle faisait référence à sa visite en mai 2015 en Égypte où elle avait rencontré Ahmed al-Taleb, le grand imam de la mosquée d’Al-Azhar au Caire. Une attitude et surtout un beau coup de pub, car elle avait été prévenue qu’on lui demanderait d’emporter ce voile. Elle s’est néanmoins rendue au rendez-vous ce qui lui a permis de faire ce clash devant les caméras, pour le plus grand bonheur de ses partisans, mais pas seulement car de nombreuses françaises laïques peuvent se retrouver dans ce geste. Bref c’est un moyen de plus d’élargir son électorat, en accord avec ses promesses de campagne : lors de la présentation de ses 144 engagements présidentiels à Lyon, début février, la candidate avait promis de «promouvoir la laïcité», de «lutter contre le communautarisme» et d’inscrire dans la Constitution le principe selon lequel la République ne «reconnaît aucune communauté».

Macron tance May.

Quant à Emmanuel Macron il était à Londres pour rencontrer quelques-uns des 200 00 français qui y vivent. Là encore on est en plein dans le personnage : le jeune et brillant haut fonctionnaire qui parle parfaitement l’anglais, particulièrement à l’aise dans les élites mondialisées.

Tout habité de son importance il n’a hésité pas à faire la leçon à Theresa May, premier ministre britannique. Il fallait le voir hier à la sortie du 10 Downing Street expliquer qu’il l’avait mise en garde sur les modalités du Brexit, ee lui rappelant que la Grande Bretagne ne pourrait pas participer au marché unique sans une contribution financière à l’Union.

Rien n’est joué.

A dire vrai il s’est un peu comporté comme s’il était déjà président…Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, d’autant que pour la première fois depuis trois semaines les sondages donnent de nouveau Francois Fillon devant lui au premier tour. Le représentant de la droite semble avoir surmonté la crise du pénélope gâte, et l’absence de plan B semble remobiliser ses électeurs… Aujourd’hui à 16h30, lors d’une grande conférence de presse, un autre candidat pourrait entrer en lice : François Bayrou ! Le casting sera alors complet et le grand bal pourra commencer …