Macron lâche 10 milliards.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 décembre 2018 10h03 | Ajouter un commentaire

En France Emmanuel Macron a pris la parole hier soir en direct à la télévision. Lors de cette allocution de 13 minutes, le président de la République a réalisé un mea culpa au sujet de son attitude et déployé une série de mesures pour tenter de calmer la colère qui s’exprime depuis plusieurs semaines. La décision la plus représentative est l’augmentation du salaire minimum de 100 euros. Mais il n’est pas sûr que cela suffise à renvoyer les gilets jaunes dans leurs foyers.

 

Visiblement tendu et conscient de l’enjeu, Emmanuel Macron a commencé son discours en dénonçant les violences des deux derniers samedi, « il n’y aura aucune indulgence » a-t-il dit, il ne pouvait pas faire moins. Mais très vite  il est passé au concret et il effectivement annoncé plusieurs mesures à destination des revenus les plus modestes : augmentation du salaire minimum de 100 euros, il passerait donc  (environ) de 1300 à 1400 euros net, ce n’est pas négligeable ;  les hausses de cotisations sociales sont supprimées pour les petites retraites ; comme sous Nicolas Sarkozy les heures supplémentaires vont de nouveau être défiscalisées…souvenez-vous travailler plus pour gagner plus ! Et le président a également demandé aux chefs d’entreprises qui le peuvent d’accorder des primes de fin d’année.

Des concessions suffisantes ?

C’est indubitablement du concret qui aurait probablement suffit à calmer le jeu il y a encore quinze jours. Mais ce pouvoir court après le temps ! Quand il annoncé la suppression de l’augmentation des taxe sur les carburants, il avait là aussi 15 jours de retard sur les revendications. Cette fois tout dépend de l’impact qu’auront ces annonces. L’augmentation du salaire minimum concerne quelques 5,5 millions de français, c’est pas mal ; le gel des cotisations sur les retraites ça  va plaire aux retraités qui sont nombreux sur les barrages ;  les heures supplémentaires vont profiter à cette classe de techniciens et de cadres qui travaillent beaucoup… Et puis on verra combien de patrons offrent des primes.

Pas touche à l’ISF !

En revanche pas question de rétablir l’impôt sur la fortune, l’ISF. Emmanuel Macron a peut-être manqué là l’occasion de se défaire de son image de président des riches. Mais ces mesures généreuses vont coûter de l’ordre de 10 milliards d’euros au budget de la  France, qui v a peut-être sortir de la règle des 3% de déficit. De quoi fâcher els milieux d’affaire. Leur rétablir  l’ISF aurait peut-être été suffisant pour les faire descendre eux aussi dans la rue ? Après les gilets jaunes …les cols de vison.

Une crise de la représentation.

Par ailleurs président a essayé de rencontrer les revendications qui portent sur la représentation politique, largement mise en cause ces derniers  jours  avec une vraie demande de démocratie directe. Il promet d’introduire une dose de proportionnelle et de tenir compte du vote blanc. Mais surtout il va entamer une large concertation avec les élus de terrain, les maires, les seuls élus en qui les Français ont encore confiance. Au final ces mesures vont satisfaire une partie des manifestants, 50 % des français ont trouvé le président convainquant.

50% de gens en moins sur les barrages et dans la manifestation ça suffira peut pour éteindre progressivement  les flammes… jaunes.

Minoritaire pourquoi pas ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 décembre 2018 09h54 | Ajouter un commentaire

La Belgique dispose depuis hier d’un gouvernement minoritaire. C’est un cas de figure extrêmement rare dans notre pays, mais qui se rencontre plus souvent dans les autres démocraties. Il y a même des gouvernements comme aux Etats Unis, qui sont le plus souvent en situation minoritaire, face à leurs députés. Tout est une question de négociation, ou de rapport de force entre l’exécutif et le parlement.

 

Pedro Sanchez chef du gouvernement ( minoritaire) espagnol.

En matière de gouvernement minoritaire en Europe, il y a un cas encore plus représentatif que l’exemple Belge, c’est l’Espagne. Depuis la motion de censure qui a renversé le gouvernement Rajoy en juin dernier, l’Espagne est dirigée par un gouvernement ultra minoritaire. Le cabinet de Pedro Sanchez qui rassemble uniquement des socialistes ne dispose que de 84 député sur 350, soit 24% de sièges, proportionnellement c’est beaucoup moins que le gouvernement Michel 2. Pourtant ce gouvernement espagnol fonctionne, alors que les législatives n’auront lieu qu’en 2020…

Le pour et le contre.

Pourquoi ? Tout simplement parce que le problème d’un gouvernement minoritaire n’est pas tant d’avoir une majorité « pour » que de ne pas avoir de majorité « contre ». Ainsi actuellement en Espagne compte tenu de l’émiettement  politique, avec une dizaine de partis qui ne s’entendent pas entre eux, que le gouvernement a peu d risque d’être renversé malgré son faible nombre de députés. En Belgique ce sera pareil…Si par exemple écolo déposait une motion de défiance contre Michel 2, elle serait votée par le PS, Groen, et le SPA, mais pas par la NVA et la droite flamande. Donc cette motion ne passerait pas. On dit depuis hier que pour terminer la législature, le gouvernement va avoir besoin de l’appui extérieur de la NVA. Oui pour faire passer le budget et quelques autres mesures, mais pour le reste il suffit que la NVA s’abstienne.  En fait le gouvernement ne risque rien, à moins de voir se lever une coalition contre lui qui irait du PTB au Vlaams Belang,  ce qui  bien sûr inconcevable.

Minoritaire mais stable.

Un gouvernement minoritaire ça fait partie du jeu démocratique, ainsi aux Etats unis, depuis les récentes élections dite de mid-term, Donald Trump est minoritaire à la chambre des représentants. Le cas est différents de la Belgique ou de l’Espagne car le président tient sa légitimité de sa propre élection, mais pour faire voter des lois il doit désormais négocier au cas par cas. Ce fut le cas aussi en France avec le gouvernement de Michel Rocard de 1988 à 199. Il lui manquait quelques sièges pour avoir la majorité  mais son gouvernement n’a jamais été renversé car les communistes et les gaullistes n’ont  jamais voté ensemble contre lui.

En résumé : un gouvernement minoritaire, c’est peut être un truc un peu bizarre mais c’est pas une maladie honteuse !

 

 

ONU : La Belgique tient ses promesses.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 décembre 2018 08h48 | Ajouter un commentaire

 Charles Michel se rendra donc bien à Marrakech les 10 et 11 décembres pour marquer l’adhésion de la Belgique au pacte mondial des Nations Unies pour des «migrations sûres, ordonnées et régulières». Il respectera ainsi la promesse qu’il avait faire à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies.

 

Siège de l’ONU à New York

 

Le Premier Ministre  l’a dit, l’a martelé, l’a répété, la Belgique doit tenir ses promesses au niveau international. Vous me direz pourquoi ? D’autres dont l’Italie se sont retirés de ce pacte après l’avoir approuvé dans un premier temps… C’est vrai ….8 pays européen dont certains avaient été parmi les négociateurs, et c’est loin d’être à leur honneur. Tous ces pays comptent dans leur majorité des partis populistes ou souverainistes qui ont obtenu gain de cause en racontant n’importe quoi sur ce pacte, comme l’a fait ces derniers jours la NVA.

Un pacte non contraignant.

Ce pacte qui n’est en aucun cas contraignant vise comme son nom l’indique à aboutir à des «migrations sûres, ordonnées et régulières». Il prévoit également l’amélioration des conditions de vie dans les pays de départ pour éviter des migrations exclusivement économiques. C’est une sorte de déclaration d‘intention, d’objectif à atteindre. Contrairement à ce que dit la NVA et d’autres partis nationalistes, les migrants ne pourront pas utiliser ce pacte devant les tribunaux pour s’installer dans des pays où l’on ne veut pas d’eux. De la même manière ce pacte n’ouvre aucun droit particulier. Chaque pays conserve ses propres procédures quant à l’accueil ou non des migrants.

Un passé prestigieux.

Pourquoi est-ce si important que la Belgique tienne sa promesse ? Parce que la Belgique pèse sur la scène internationale, un poids sans commune mesure avec sa taille ni même si population. Elle le doit à l’histoire, à son passé de puissance coloniale, à son attitude pendant les deux guerres mondiales, au fait qu’elle est signataires de pratiquement tous les traités importants, et parfois depuis très longtemps comme la première convention de Genève en 1864, ou le traité de l’Antarctique de 1959 qui ne comptait au début que 12 signataires. La Belgique est membre fondateur de l’Union européenne, et fut parmi le premier pays à entrer à l’ONU, et je vous rappelle que nous allons occuper un siège au conseil de sécurité dès l’année prochaine.

Un présent efficace.

Ce passé prestigieux est confirmé de nos jours par une activité diplomatique de haut niveau, et de grande qualité, qui fait que la Belgique jouit d’une excellente réputation à l’international. C’est  un pays sérieux que l’on consulte sur la région des grands lacs , qu’on suit dans son combat contre les mines ou les armes chimiques, et qui joue un rôle discret mais efficace dans les grands débats internationaux.

En tenant sa promesse Charles Michel s’inscrit dans cette tradition et montre, à l’ONU et au monde, que la Belgique reste un pays fiable …et par les temps qui courent ce n’est pas si fréquent !

Gilets jaunes la fin ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 22 novembre 2018 08h44 | 2 commentaires

Cette nuit à Feluy des affrontements violents ont opposé environ quatre cent casseurs aux forces de l’ordre. Selon tous les témoignages les manifestants n’ont plus grand-chose à voir avec les gilets jaunes et leurs revendications. Pour autant peut-on dire que ces débordements sont tout simplement en train de tuer le mouvement ?

 

Il faut se souvenir qu’à l’origine ce mouvement est né en France et devait se limiter à une seule journée de manifestation le 17 novembre, journée d’ailleurs qui fut un succès avec 282 000 participants dans l’hexagone. Depuis on est un peu dans les prolongations de cette mobilisation. D’abord il y a eu les irrédentistes, puis les acharnés  et maintenant les casseurs, en Belgique mais aussi en France où l’on signale de nombreux incidents. Ces débordements discréditent forcément le discours initial, et l’on voit d’ailleurs sur les réseaux sociaux toute une mobilisation anti gilets jaunes, qualifiés au mieux de beauf au pire de brutes…

 La fièvre et le thermomètre.

A mon avis ce serait une grave erreur de tomber dans ce piège et d’en conclure que parce que le mouvement a dérapé, les revendications initiales n’avaient aucune valeur. Casser le thermomètre n’a jamais fait tomber la fièvre. Il y a eu indubitablement un cri de douleur de la part d’une population qui se sent abandonnée voire méprisée par les élites actuelles. C’est d’autant prégnant en France, qu’on y cultive depuis la révolution française un  fort sentiment d’égalité. Or il ne faut pas confondre l’égalité et l’égalité des chances concept régulièrement mis en avant par les gouvernements dit moderne et d’inspiration libérale comme celui d’Emmanuel Macron.

L’égalité.

L’égalité la vraie, c’est celle qui traite tout le monde de la même manière, ceux qui ont  réussi comme ceux qui ont moins réussi, ceux qui vivent en ville et ceux qui vivent à la campagne, ceux qui ont fait des études et ceux qui n’en n’ont pas faites. Or jusque dans les années 80, l’égalité ou du moins le sentiment d’égalité était une réalité en France, notamment grâce à des services publics très bien implanté. Il y avait une poste dans le moindre village, une maternité dans le moindre chef-lieu, des gares un peu partout etc… La volonté de rationaliser les comptes publics et de limiter les dépenses ont fait voler en éclat cette égalité de traitement.

 Les territoires en question.

Là-dessus s’est greffée un mouvement de gentrification des centres villes qui a fait que peu à peu les classes populaires se sont éloignées pour trouver de logements plus abordables. D’où ces banlieues dites « rurbaines » où s’alignent à l’infini des lotissements pavillonnaires, où l’on doit faire ses courses dans les centres commerciaux,  et aller travailler en ville avec le seul moyen de transport disponible la voiture. Alors quand ceux qui ont réussi expliquent à ceux qui ont moins réussi qu’ils sont d’infâmes pollueurs qui n’ont rien compris au monde moderne, « y’a comme un défaut »…et ça pète !

En fait les premiers disent liberté ! Les seconds égalité ! Il faudrait peut-être chercher la solution dans le troisième terme : fraternité !

 

 

Le retour des « Platform shoes »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 octobre 2018 10h28 | Ajouter un commentaire

 

Ce fut une découverte de la fashion week de Paris fin septembre, le retour des chaussures à semelles compensées, avec des look à faire pâlir les fashion victims des années 70.  Leur retour est régulièrement annoncé mais cette fois les « platform shoes » ont l’air bien décidées à quitter les podiums pour redescendre dans la rue…

Si vous avez entre 40 net 50 ans je ne doute pas que votre maman en portait quand vous étiez petits. C’était le must des années 70, impossible d’imaginer Gloria Gaynor, ou Stone de Stone et Charden cahussée de fins stilettos. A cette époque un peu folle les femmes portaient du haut, du solide, du massif. Les hommes aussi d’ailleurs souvenez-vous du look improbable de Siggy Stardust le personnage inventé par David Bowie. Aujourd’hui ses chaussures feraient pâlir de jalousie la plus branchées des « drag queens ».

Nées pendant la guerre.

Pourtant la chaussure à plateforme a une histoire un peu particulière. On oubliera la cothurne des acteurs de la Grèce antique avec leurs semelles de bois, ce pas vraiment l’inspiratrice, mais il y a quand même un point commun les matériaux. En effet à l’époque  contemporaine les chaussures à semelles épaisses ont fait leur apparition à Paris pendant la guerre. Le cuir était réservé aux bottes des militaires, et les femmes ont du se débrouiller pour leurs chaussures, d’où l’invention de chaussures à semelles de liège ou de bois. Or ces matériaux nécessitent une certaine épaisseur sinon ils cassent ou prennent l’eau. Les élégantes de l’occupation ont donc marché haut perché. Evidement après la guerre on s’est dépêché d’oublier ces modèles porteurs de mauvais souvenirs, et notamment sous l’impulsion de Christian Dior on est revenu à des chaussures tout en finesse.

 

Le retour des années 70.

Au début des années septante, un  revival des années 40, la mode des fripes, et les gouts de babas cools pour les matières naturelles ( Liège, bois, mais aussi corde)  ont fait revenir la platform shoe dans le paysage et là ce fut l’exclusion ! Ce fut alors une décennie de semelles compensées,  pas moyen de se chausser autrement. Parmi les égéries de cette mode Paloma Picasso et la célèbre Loulou de la Falaise collaboratrice d’Yves Saint  Laurent.  Contrairement  à ce qu’on l’on pourrait croire il n’est pas difficile de marcher avec ces chaussures. Grâce  à leurs semelles épaisses elles sont plutôt confortables et plus stables que des escarpins. Côté élégance avec des chaussures massives le mollet n’en parait que fin, et surtout ça donne une allure déterminée aux femmes qui d’un coup dominent la situation.

 

Sexy or not sexy ?

Si les femmes aiment les hommes apprécieraient beaucoup moins, comme le dit le célébré chausseur Pierre Hardy dans le Figaro « je ne suis pas convaincu que les hommes apprécient. Ce n’est pas pensé pour être sexy, ce n’est pas une arme de séduction. »

En revanche ça donne de la hauteur sur les podiums à Paris en septembre c’était autour 14 centimètre dont 5 pour les semelles, y compris chez Saint Laurent. Chez Sergio Rossi on se contentait de 12,5 centimètres…C’est déjà pas mal essayez-voir !

Mesdemoiselles préparez- vous ! Vous allez enfin redécouvrir ce qui faisait tout le charme disco de vos grandes mères.

Remaniement : Castaner, Riester et rien…

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 octobre 2018 08h46 | Ajouter un commentaire

Après quinze jours d’atermoiement Emmanuel Macron a enfin annoncé la composition de son nouveau gouvernement. Un remaniement beaucoup moins spectaculaire que celui qu’on attendait, et qu’il à peine justifié lors de son allocution à la télévision. Préférant rappeler qu’avant tout il gardait le cap défini lors de son élection.

 

Castaner l’homme à tout faire.

 

Tout ça pour ça, c’est la phrase d’accroche qu’on retrouve le plus souvent dans les éditoriaux de la presse française ce matin. Quinze jours de réflexion pour annoncer l’arrivée de : Fresneau, Attal, Wagon, Guillaume, Nuñez, Dubos ou Pannier-Runacher…Vous ne les connaissez pas ? Moi non plus…Mais les français pas plus. Ce sont d’illustres inconnus bien loin du choc médiatique dont certains avaient rêvé. Une exception le nouveau ministre de la culture Franck Riester, un peu plus médiatisé pour avoir été longtemps dans la bande à Sarkozy. Il a commencé sa carrière au service de l’ancien champion olympique du 110 mètres haies Guy Drut, devenu ensuite homme politique. Ca lui aura peut-être appris à mieux franchir les obstacles que notre semi compatriote et célèbre éditrice Françoise Nyssen qui s’est crachée au ministère de la culture. Laurent Joffrin de libération fait, à juste titre, remarquer à son sujet que « le métier politique suppose des compétences particulières qui s’apprennent le plus souvent au contact des électeurs et non des lecteurs. »

Macron au 20h.

Le soir même le président se fendait d’une allocution solennelle à la télévision. Allocution ( et non pas interview, c’est plus facile) où il s’est voulu modeste pour une fois, il a reconnu notamment un peu d‘arrogance, et des erreurs de communication…Mais pas question de changer de cap et on jugera au résultat. Il a raison, on juge toujours au résultat, François Hollande pourrait lui en parler. A noter que des informateurs bien informés attribuent cette contrition présidentielle à l’influence de Brigitte qui lui aurait passé un savon maison après l’affaire Benalla. Les murs l’Elysée en auraient tremblé…Epouser sa prof, c’est se condamner à repasser à vie ses examens…

Poly-castaner.

Pour le reste on connait enfin le tant attendu nouveau ministre dès l’intérieur, et ce n’est qu’une demi surprise puisqu’il s’agit de Christophe Castaner dont le nom avait circulé dès le début. Christophe Castaner ancien PS, devenu fidèle d’entre les fidèles d’Emmanuel macron et qui en deux ans a occupé successivement ou simultanément les postes de porte-parole du candidat, porte-parole du gouvernement, ministre des relations avec le parlement et chef du parti majoritaire «  La République en marche » ! Comme on dit dans son pays le sud-ouest :  « et si la terre est argileuse il fera aussi quelque briques… »

Moi j’ai une suggestion pour Emmanuel Macron qui sera tôt ou tard confronté à un nouveau remaniement, il devrait cloner Christophe Castaner !

Manu cherche ministre désespérément

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 octobre 2018 09h50 | Ajouter un commentaire

La France attend toujours son nouveau gouvernement qui ne verra pas le jour avant samedi. La presse française se perd en conjectures sur les causes de ce retard. L’une des causes serait tout simplement le manque de candidats ministres « Macron-compatibles ».

 

Hôtel de Beauvau, siège du ministère français de l’Intérieur.

 

En apparence ça peut paraitre bizarre, on sait à quel point l’homme (et parfois la femme) politique a tendance à se ruer sur les ministères comme la vérole sur le bas clergé. Mais cette fois ça coince…ça coince parce que justement le gouvernent d’Emmanuel Macron voulu rompre avec la politique traditionnelle en étant «  en même temps » formule consacrée de droite et de gauche. Depuis 18 mois il arrive à peu près à tenir cette ligne, car en fait il n’a pas de passé politique, il n’a jamais milité dans aucun parti, il n’a jamais été élu nulle part.

Et quand il a été ministre c’est par la volonté seule du Président Hollande.

Manu du centre, Eddy de droite.

Le problème c’est qu’Edouard Philipe son premier ministre est lui un homme politique classique, un élu local maire du Havre pendant des années. C’est un libéral social, pro européen, dans la lignée d’Alain Juppé dont il est très proche. Logiquement il propose donc des candidats ministres issu de cette mouvance. Or Gérard Colomb, qui a quitté le ministère de l’Intérieur était un ancien socialiste, lui aussi d’ailleurs, élu local et maire d’une grand ville, Lyon. Pour conserver ses deux jambes l’une de droite et l’autre de gauche, Emmanuel Macron cherche donc un candidat plutôt de gauche, mais il en trouve pas. Ceux à qui il s’est adressé  (dont le PS Mathieu Klein) ont refusé. L’heure des débauchages est terminée,  les socialistes restent désormais au PS, ou à la retraite, mais en tout cas ils ne se mettent pas « En Marche ».

Des élus un peu trop tendre.

C’est là que la recomposition macronienne atteint ses limites. Un parti politique classique c’est aussi un vivier de personnalités, d’élus de terrain qui se sont aguerris au contact de l’électeur. Regardez ce qui se passe en Belgique, hormis deux ou trois exceptions aucun ténor politique n’est absent des élections communales, car c’est la base même de la vie publique. Or parmi les très nombreux députés macroniens élus l’an dernier ( 308), il y a une majorité de novices (169) portés par la vague présidentielle. De sympathiques trentenaires, venus de la société civile, souvent bardés de diplômes et de certitudes, mais qui n’ont jamais distribué le moindre tract sur un marché. Sur le moment ça paraissait sympathique, seulement quand les vrais problèmes arrivent on se rend compte que ça manque de profils « capés ».

A saisir Hôtel place Beauvau !

Edouard Philippe a donc beau jeu de proposer quelques-uns de ses copains de droite…et Manu s’arrache les cheveux, entre des socialistes qui refusent et des « En Marche » qui ne font pas le poids. Je vous rassure néanmoins, le ministère de l’intérieur est l’un de postes les plus prestigieux de la République, et je ne doute pas que l’une ou l’autre pointure finira par accepter.  Par sens du devoir bien sûr…

 

 

 

Jacques Brel était flamand

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 octobre 2018 09h41 | Un commentaire>

Il y a quarante ans Jacques Brel disparaissait emporté par un cancer. Toute la journée de nombreux hommages vont lui être rendus en Belgique, en France et dans bien d’autres endroits. Ce matin nous tranchons une question fondamentale, malgré ses chansons très dures contre les flamingants, Jacques Brel était bien d’origine Flamande !

 

Jacques Brel en 1977
(Photo Jean Michel Deligny)

 

Ça peut paraitre un peu spécieux comme débat, mais c’est le genre de question qui a hanté mon enfance.

Petit Belge émigré en France, on me posait la question régulièrement :

« – Alors Brel Flamand ou Wallon ? »

« – Euh… disons Bruxellois, Belge bilingue, auteur francophone, grande figure de la chanson française… »

 

«  – Oui mais « le plat pays » c’est pas les Ardennes… il le dit lui-même

Mijn Vlakke Land ! »

«  – …le plat pays qui est le mien … oui… »

« – Et Marieke …elle s’appelle pas Germaine… »

«  – Non mais y’a Mathilde qu’est revenue quand même… »

« – C’est ça ! Et « chez ces gens-là… » c’est Frida qu’est belle comme un soleil…Frida prénom plutôt germanique… »

«  – Oui mais j’attends Madeleine… »

«  – Et puis y’a les Flamandes … »

Les Flamandes dansent sans rien dire
Sans rien dire aux dimanches sonnants
Les Flamandes dansent sans rien dire
Les Flamandes ça n’est pas causant.

Un malentendu autour des Flamandes.

On pourrait continuer comme ça longtemps jusqu’à sa dernière charge contre les flamingants dans son ultime disque en 1977. ( Les F…)

…et je vous interdits de forcer nos enfants qui ne vous ont rien fait à aboyer flamand… 

En fait tout repose sur un malentendu. La chanson «  les Flamandes » quand on l’écoute calmement est plutôt sympathique, gentiment moqueuse et décrit une vie villageoise d’autrefois, déjà révolue quand elle sort en 1959. Mais les flamingants l’ont mal prise et en ont fait une polémique. C’est eux que Brel attaque par la suite. Comme me l’a dit un jour sa fille France Brel, il n’attaquait pas les Flamands mais les flamingants. D’ailleurs son inspiration était largement flamande et je vous renvoie à « Mon père disait »,  très belle chanson sur la Flandre.

C’est le vent du nord
Qu’a raboté la terre
Autour des tours
Des tours de Bruges
Et qui fait qu’nos filles
Ont l’regard tranquille
Des vieilles villes
Des vieilles villes. 

Zandvoorde berceau de la famille.

En fait la famille de Brel était originaire d’un petit village de Flandre occidentale Zandvoorde . Son père Romain y est né avant de partir en 1911 faire sa vie au Congo avant de s’installer à Schaerbeek en 1926 où Jacques a vu le jour en 1929. Le grand-père de Jacques Brel, Jean-Augustin y a été bourgmestre de 1833 à 1885. Son oncle aussi a été bourgmestre de la localité de 1926 à 1966. Pas rancunier les habitants de Zandvoorde ( et de toute l’entité Zonnebeke, ) lui rendent hommage ces jours-ci et jusqu’au 14 Octobre avec un parcours à travers toute la commune, animés par de nombreux artistes. Il paraît même qu’on y chantera une version en « West flamand » de « Ne me quitte pas »… « Lat mu nu nie vooln ».

Mais ça c’est peut être une forme de vengeance…

La République honore Aznavour

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 octobre 2018 09h19 | Ajouter un commentaire

Un hommage national sera rendu à Charles Aznavour aux Invalides à Paris, en présence d’Emmanuel Macron et des autorités arméniennes. Plus de 2.000 personnes sont attendues pour cette cérémonie officielle, solennelle et très encadrée….Assez loin du rassemblement populaire qu’on a connu pour les obsèques de Johnny Hallyday.

Eddy Mitchell et Laurent Gerra aux Invalides pour Charles Aznavour.

 

On n’est pas du tout dans le même scénario. Mais souvenez-vous il y avait eu débat autour de Johnny, Hommage national ? Hommage populaire ? On avait finalement tranché pour un hommage populaire champs avec une couleur officielle puisqu’Emmanuel Macron avait prononcé un discours devant l’Eglise de la Madeleine. Il est vrai que dans la cour des Invalides, Johnny Hallyday ça aurait fait un peu bizarre, ce n’est pas vraiment une enceinte pour rocker.

Honneurs militaires et civils.

L’hôtel des Invalides été construit sous Louis XIV pour accueillir des militaires blessés ou indigents. C’est avec le Panthéon l’un des hauts lieux de la nation Française. On y trouve encore aujourd’hui un hôpital militaire, le musée de l’armée, et une cathédrale, Saint Louis des Invalides où se trouve le tombeau de Napoléon 1er. Plusieurs chefs militaires français, Foch, Lyautey Leclerc… reposent également aux Invalides… Et puis surtout il y a cette cour immense, impressionnante, et où la République rend hommage à ses héros qu’il soient issus du monde militaire ou civil. Ainsi régulièrement les soldats tombés en Afghanistan, ou au Mali sont honorés par une cérémonie aux Invalides.  Coté personnalités ces dernières années on y a accompagné ( entre autres)  le résistant et ambassadeur Stéphane Hessel, auteur d’ « Indignez-vous ! », l’ancien premier ministre Pierre Mauroy, Simone Veil, ou encore Jean d’Ormesson.

La cour des grands.

On se souvient d’ailleurs du contraste entre la cérémonie de Jean d’Ormesson et celle de Johnny morts pratiquement le même jour. Rassemblement de fans sur les Champs Elysées, pour l’un, gratin de la République pour l’autre. Même s’il a écrit pour Johnny ( retiens la nuit ) pour ses obsèques Charles Aznavour,  joue dans la cour de Jean d’Ormesson et de Simone Veil, dans la cour de la France officielle. On entendra sa musique : « Emmenez-moi » ; on lui rendra les honneurs militaire ; on jouera les hymnes nationaux de ses deux patries (France et Arménie) . Le Premier Ministre arménien, puis le Président Macron prononceront  un éloge funèbre .Certes seuls quelques admirateurs pourront participer à cette cérémonie, et il y aura des déçus, mais quelle formidable revanche, pour le petit arménien pauvre, pratiquement autodidacte et qui en a terriblement  bavé pour réussir !

Un saltimbanque, chanteur, auteur et comédien que la France honore, comme ses généraux, ses hommes d’Etat et ses grands écrivains.

« Je me voyais déjà en haut de l’affiche… ».

Il y est arrivé, et encore bien plus haut .

 

 

Collomb démissionne de la Macronie

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 octobre 2018 07h14 | 2 commentaires

Les ennuis s’accumulent pour Emmanuel Macron. Après la démission il y a un mois de Nicolas Hulot, son ministre de l’environnement, c’est maintenant le ministre de l’intérieur Gérard Collomb qui quitte le gouvernement français. Ca c’est fait dans des conditions très particulières car dans un premier temps le président a cherché à le retenir… en vain !  

L’affaire s’est déroulée en trois temps. D’abord Gérard Collomb annonce sa démission il y a 48 heures sous le prétexte qu’il veut se consacrer aux élections municipales dans la ville de Lyon, dont il veut redevenir le maire. Sauf que dans un premier temps il avait annoncé cette démission pour Juin 2019 après les européennes. Pourquoi tout d’un coup cette précipitation ?

Une valse à trois temps

Dans la soirée Emmanuel Macron fait savoir qu’il refuse cette démission. Ca fait partie de ses prérogatives: en France c’est le président qui nomme les ministres et met fin à leurs fonctions. Mais hier dans une interview au Figaro Gérard Collomb persiste et signe, « ma démission est toujours d’actualité ». Dans la nuit Macron cède. Gérard Collomb quitte l’intérieur et il est remplacé provisoirement  par le premier ministre qui va cumuler les deux fonctions, en attendant la nomination d‘un successeur.

La fin d’une (courte) époque

Cette démission est un camouflet, une insulte mais surtout un échec pour Emmanuel Macron. Car Gérard Collomb fut le premier ténor politique à le soutenir dès 2016. Maire PS de Lyon la deuxième ville de France Gérard Collomb n’a pas hésité à rompre avec son parti à un moment où François Hollande pouvait encore se présenter. Il a cru en Macron et son ralliement a donné de la crédibilité à ce jeune candidat qui venait de nulle part. Or cette démission va produire l’effet inverse, le charme est rompu.

L’affaire Benalla

Alors pourquoi ? Les élections municipales ne sont qu’un prétexte, elles auront lieu en 2020. Non, Gérard Collomb a été meurtri par l’affaire Benalla quand il du répondre aux questions de la commission parlementaire alors qu’il ne savait rien de l’affaire, gérée de A à Z par l’Elysée. Vous me passerez l’expression, on l’a pris pour un con et il n’a pas aimé. Mais plus encore, cette démission marque un véritable désaccord sur la politique menée. Gérard Collomb ne veut plus être la caution de gauche de celui qui apparaît de plus en plus comme le président des riches. Quant à Macron qui croyait avoir tué la politique traditionnelle, elle le rattrape à toute vitesse.

La politique est un métier

En politique il ne suffit pas d’être le premier de la classe, il faut aussi connaitre la subtilité de la partie comme au poker. Or il est totalement dépourvu d’expérience en politique politicienne. Avec Hulot tout aussi novice ça passe encore, mais pas avec un vieux renard de 71 ans. Il est désormais au  pied du mur et ne s’en sortira probablement pas avec un petit remaniement comme avec Hulot ou Laura Flessel. Sa meilleure option pour rebondir serait de changer profondément son équipe pour démarrer une nouvelle étape. Mais il doit se méfier, car comme disait un autre vieux renard, Jacques Chirac : « Les merdes (ou les emmerdes il y a plusieurs versions) ça vole toujours en escadrille »