Un attentat par jour

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 juin 2017 09h31 | 2 commentaires

edito2

Il y a bien des similitudes entre la tentative d’attentat hier soir à Bruxelles et celle de Paris sur les Champs Elysées lundi après midi. On a l’impression d’assister à une sorte de baroud d’honneur de l’organisation terroriste « Etat islamique », au moment où ses troupes reculent sur le terrain en Irak et en Syrie.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais si l’on ajoute Londres à Paris et Bruxelles on en est en ce moment quasiment à un attentat par jour, et encore je ne parle pas de ceux qui frappent Bagdad, Kaboul ou la Syrie… Et bien sûr ça ne va pas s’arrêter. On peut se féliciter que les terroristes de Paris et de Bruxelles aient connu l’échec. On sait encore peu de choses sur celui de Bruxelles, mais à Paris, il apparait qu’il s’agissait d’un radicalisé, fiché S, et qui possédait un permis de port d’arme car il pratiquait le tir sportif, on croit rêver !

Des bombes artisanales

S’il n’y a pas eu de morts sur les Champs Elysées, c’est un coup de chance. Si l’homme n’avait pas voulu faire exploser sa voiture, mais s’était contenté d’une attaque avec des armes de poing il aurait pu reproduire le scénario du mois d’avril qui avait provoqué la mort d’un policier, pratiquement au même endroit sur les Champs Elysée.

A Bruxelles comme à Paris la mise à feu de l’engin explosif n’a pas provoqué l’effet escompté et c’est tant mieux. Visiblement ces terroristes qui se mobilisent d’eux mêmes ne bénéficient pas d’un artificier chevronné , comme les commandos de Paris et de Bruxelles fin 2015 et début 2016.

Cela ne veut pas dire qu’ils sont inoffensifs. Cela ne veut pas dire qu’il faut considérer comme banal le fait que nos policiers, ou nos militaires abattent régulièrement des hommes menaçants , aux portes du Louvres à Paris ou dans la gare centrale à Bruxelles. Rendez-vous compte, si ce qui s’est passé hier était arrivé il y a encore 18 mois, on en aurait été traumatisé. Mais depuis le monde a changé, la vie a changé…

Faites de la musique

Ce soir en France, en Belgique ce week-end, ce sera la fête de la musique. Irons-nous à la fête de la musique sans arrière-pensée ? Bien sûr que non. La fête de la musique qui a été créée à une époque de légèreté, se tiendra désormais derrière des blocs de béton, sous la protection de militaires en armes. Et pourtant il faut continuer à faire de la musique, ils seraient trop contents que l’on cède à la peur.

La paix sera politique

Mais il ne s’agit pas uniquement d’une question de dignité et de courage, la seule solution viendra d’un règlement du conflit, là bas… si loin… où meurent tant de gens, civils, militaires, terroristes, journalistes…

Une fois le prétendu État islamique vaincu sur le terrain il faudra une solution politique. Sinon ces soldats perdus continueront à essayer de frapper derrière nos lignes, dans nos gares, nos musées, nos rues et nos promenades… indéfiniment.

La voiture de Lady Di était une épave

Par Christophe Giltay dans Divers , le 31 mai 2017 07h57 | 5 commentaires

photoa

Un livre publié aujourd’hui en France ( « Qui a tué Lady Di » chez Grasset) révèle que la voiture dans laquelle est morte la princesse Diana le 31 Août 1997 était en fait une épave, un cercueil roulant, qui aurait dû être retirée de la circulation. Cette information importante est-elle de nature à relancer l’enquête sur les causes du drame ?

Le 31 Août 1997 j’étais à Paris, à l’entrée du tunnel de l’Alma où je suis arrivé un peu avant 5 heures du matin. La voiture, une Mercedes 280 S, était encore là, fracassée contre un pilier de béton. Je l’ai vu emmenée sur un plateau, l’avant n’était plus qu’un amas de tôle broyée, imaginez la violence du choc: elle était passée en une seconde de 150 km/h à 0.

Une scène surréaliste

Pendant quelques minutes l’accès au tunnel est resté libre, je suis descendu, il restait des débris de verre, des morceaux de caoutchouc et même une fiche d’entretien, vous savez, ces fiches qu’on colle sous le capot pour indiquer qu’on a changé l’huile et le liquide de frein. La police n’avait pas encore tout ramassé…

C’est là que s’est produit une scène qui reste dans ma mémoire. Les belles de nuit qui tapinaient avenue Georges V avaient cueilli sur le talus, malgré leur talons aiguilles et leurs minijupes, quelques fleurs qu’elles ont déposées sur le macadam en pleurant.

Un tunnel dangereux

Ce tunnel je le connais bien, il est dans le prolongement du cours Albert 1er, le long de la Seine et il plonge sous terre, ironie de l’histoire à la hauteur de la place de la Reine Astrid, morte elle aussi dans un accident de voiture (le 29 août 1935, 62 ans auparavant presque jour pour jour).

C’est un tunnel qui n’est pas dans l’axe, il est en léger virage sur la gauche et juste avant l’entrée il y a une petite bosse qui fait légèrement sursauter les voitures.  A 50 à l’heure on le ressent à peine, mais à haute vitesse c’est autre chose. Plusieurs journalistes ont reconstitué le parcours avec des pilotes au volant. Ainsi Jean-Pierre Beltoise pour une chaîne de télévision  française, puis Thierry Boutsen pour RTL TVI, ont emprunté le tunnel avec une voiture du même type. A 70-80 à l’heure, l’un comme l’autre ont senti un délestage à l’entrée du tunnel et ont dû corriger la trajectoire. Mais au volant le soir du 31, il n‘y avait ni Boutsen, ni Beltoise, mais Henri Paul, le chef de la sécurité du Ritz, lancé à 150 avec 1,82 grammes d’alcool dans le sang…

Un cercueil roulant

On sait donc désormais que la voiture était une épave recyclée illégalement, qu’elle avait comme on dit « un loup », qu’elle ne tenait pas la route. C’est important de le savoir, mais ça renforce la thèse de l’accident : vitesse excessive, alcoolémie du chauffeur, dangerosité du tunnel, voiture pourrie… C’était écrit !

C’est peut-être pour cette raison d’ailleurs que les enquêteurs anglais qui avaient découvert cette information sur la voiture n’ont pas creusé la piste. Maintenant ceux qui croient à la thèse de l’assassinat continueront d’y croire, un mythe ne peut pas mourir d’un banal accident.

A bon entendeur…

Une dernière chose…Pour ceux qui prendront leur voiture aujourd’hui, le seul à voir survécu à ce choc effroyable fut Trevor le garde du corps, le seul à avoir mis sa ceinture. Et pourtant il était assis à la place du mort !

Manchester, un nouveau Bataclan

Par Christophe Giltay dans Divers , le 23 mai 2017 08h48 | 4 commentaires

manchesteru

Manchester…

Qu’évoquait pour nous jusqu’à présent le nom de Manchester ? Une prestigieuse équipe de football, une grande ville industrielle du XIXee siècle. Une cité aux briques rouges et aux activités culturelles très développées. Une vie nocturne animée par de nombreux groupes de rock locaux.

Désormais il faudra penser à Manchester comme à une ville frappée elle aussi par le terrorisme, comme Bruxelles, comme Paris, comme Nice, comme Berlin, comme Madrid, comme Londres, comme Boston et tant d’autres…

Un nouveau Bataclan me suis-je dis ce matin, en entendant à la radio, les témoignages des survivants, le grand bang, la fuite éperdue, les blessés qu’on évacue… les morts… pour la plupart des jeunes, des adolescents, des enfants….
Effroi, terreur, sidération, colère… et bien sûr compassion, solidarité, fraternité… Ce sont nos frères, nos frères humains.

Les maires de Paris et Nice ont immédiatement envoyé un message de soutien, n’en doutons Bruxelles et les autres suivront… Oui nous les soutenons, oui nous les comprenons, oui ce drame nous touche !

Pourquoi ? Pourquoi ?

Pourquoi ces lâches frappent-ils au coeur de nos villes? au coeur de nos fêtes…
Justement pour tuer la fête, pour détruire nos valeurs, notre mode de vie, notre démocratie, pour nous faire peur! Pour nous transformer en population assiégée, le doigt sur la gâchette derrière nos murets de béton , nos barrières Nadar, nos portiques de sécurité…

Et néanmoins frappés par surprise , dans le dos, par des fous qui croient ainsi gagner leur paradis.

Il faudra dire et redire qu’il ne nous vaincrons pas, que nous ne changerons pas, que la vie l’emportera… Et comme le disait le mari d’une des victimes du 22 mars… qu’ils n’auront pas notre haine !

Macron : Un Président vraiment normal.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 15 mai 2017 08h55 | Un commentaire>

Emmanuel Macron a pris ses fonctions hier au cours d’une cérémonie très solennelle qui a respecté scrupuleusement tous les codes de la Vème République et même un peu plus… On peut y voir le signe qu’Emmanuel Macron sera un président « normal » ce qui ne veut pas dire banal.

macron

 

On a beaucoup disserté sur l’expression président normal, utilisée par François Hollande lors de son débat avec Nicolas Sarkozy en 2012. On a cru qu’il voulait dire que le président devait se comporter comme un homme normal, mais c’était un contre sens. ( L’élection à la Présidence de la République  fait : « d’un français comme les autres, le seul français différent des autres. (Pierre Desgraupes « Adresse Elysée »). Le propos de François Hollande s’adressait en fait à la façon dont Nicolas Sarkozy avait exercé la fonction présidentielle : touche à tout, vibrionnant, considérant que son premier n’était qu’un collaborateur etc…

Pas normal, banal.

Normal pour Hollande ça voulait dire revenir à la pratique classique de la présidence, notamment dans sa relation avec le premier ministre, mais on l’a mal compris et comme en plus il a début manifesté  la volonté de ne pas occuper la fonction avec tout le faste et la majesté nécessaire, du normal on a glissé au banal. Ses déboires conjugaux, ses gaffes de communication comme dans l’affaire Léonarda, sa tendance à trop parler aux médias et à laisser publier des livres qui le dévoilaient trop, ont fait le reste.

Sans oublier que François Hollande, en vrai socialiste, n’avait pas forcément une conception jupitérienne de la fonction. Souvenez-vous des paroles de l’internationale, il n’y a pas de sauveur suprême, ni César, ni tribun. Or le Président de la République Française c’est un peu le sauveur, le César, le tribun…

Le commandant en chef.

Emmanuel Macron lui a décidé d’assumer ce statut de monarque républicain. Ainsi hier la remontée des Champs Elysées dans un command car, alors que le président ne fait ça habituellement que le 14 juillet, ça signifiait tout simplement à l’américaine qu’il était non seulement le président mais aussi  le commandant en chef. Et c’était d’autant plus important  tout comme sa visite à l’hôpital militaire, qu’Emmanuel Macron est le premier président à n’avoir pas effectué son service militaire, quand il a eu l’âge il n’existait plus.

Adresse Elysée.

Autre signes : l’annonce qu’il habitera à l’Elysée et le fait que Brigitte Macron assumera un vrai rôle de premier e dame. Souvenez-vous  que Cécilia Sarkozy puis Valérie Trierweiler, avaient refusé dans un premier temps ce statut : « Je ne me vois pas en First lady. Cela me rase. Je ne suis pas politiquement correcte » disait l’une , « je trouve l’expression première dame désuète , je suis la première journaliste de France disait l’autre… » Enfin  François Hollande avait annoncé qu’il vivrait chez lui, qu’il prendrait le train et pas l’avion présidentiel. etc….etc…Au final il a fini, comme tous ses prédécesseurs, par  habiter à l’Elysée, et par utiliser tous les moyens mis à sa disposition, car ils sont faits pour ça !  C’est pourquoi en acceptant toutes les grandeurs et pas uniquement les servitudes de la fonction…

Emmanuel Macron sera un président normal.

Macron au boulot !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 mai 2017 21h46 | Un commentaire>

belgaimage-116104393-preview

Alors qu’il ne prendra ses fonctions que dimanche, Emmanuel Macron, le président élu, n’a que peu de temps pour accomplir plusieurs tâches urgentes: constituer son prochain gouvernement et son cabinet de l’Elysée, préparer la passation de pouvoir et désigner les candidats investis pour les législatives de juin.

Emmanuel Macron a donné la priorité à la désignation des 577 candidats de son parti , « la République en marche », pour les prochaines législatives. Tout doit être bouclé jeudi 11 mai. C’est à dire que, comme il l’avait annoncé dans l’entre-deux-tours, les socialistes ou les Républicains qui souhaiteraient le rejoindre n’auront que 48 heures pour se décider. Ils devront bien sûr démissionner de leur parti d’origine.

Le dilemme des sortants

Cela constitue une pression terrible pour les membres des deux grands partis qui auraient bien aimé laisser passer l’élection et se rallier ensuite en fonction des résultats. Un peu comme on le fait en Belgique. Mais en France la logique est différente, on s’allie avant l’élection et non après. Il y a en ce moment pas mal de députés sortants qui doivent avoir du mal à dormir sur le thème : j’y vais, j’y vais pas… Officiellement les partis appellent à faire campagne sous leur bannière, mais des poids lourds pourraient faire défection, par exemple Manuel Valls au PS ou Bruno le Maire chez les Républicains.

Matignon à droite

La deuxième priorité d’Emmanuel Macron ce sera de choisir un Premier Ministre qui sera nommé dès sa prise de fonction dimanche. Beaucoup de noms circulent et hier soir celui du maire  » les Républicains » du Havre, Edouard Philippe 46 ans, était le plus souvent cité. La rumeur court que le président nommerait un premier ministre de droite, pour affaiblir les Républicains. Ils constituent un danger car ils pourraient mobiliser aux législatives pas mal d’électeurs frustrés de la défaite de François Fillon. On parle aussi de l’ancien maire de Valenciennes Jean Louis Borloo, dont la nomination pourrait carrément faire éclater le grand parti de droite.

L’Elysée à gauche

Quant aux gens de gauche ils seront aussi présents au gouvernement on parle notamment de Jean Yves Le Drihan, l’actuel ministre de la Défense pourrait garder son portefeuille ou passer aux Affaires Etrangères. Le cabinet du président à l’Elysée pourrait récupérer certains hollandistes, ainsi Emmanuel Macron reprendrait des collaborateurs qui travaillaient avec lui au ministère de l’économie.

Beaucoup d’appelés

Il y aura des déçus car les postes sont en nombre limité, ainsi le gouvernement ne devrait pas excéder le chiffres de 15 ministres ce qui est peu en France. Comme toujours quand se constitue un nouveau pouvoir, il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus…

La tentation de l’abstention

Par Christophe Giltay dans Politique , le 2 mai 2017 07h39 | 7 commentaires

Les candidats à la présidentielle française sont entrés dans la dernière ligne droite. Il reste quatre jours de campagne avec un moment clé: le débat à la télévision qui aura lieu mercredi soir. Actuellement, les sondages donnent toujours Emmanuel Macron largement en tête avec 59 % des intentions de vote , contre 41% pour Marine Le Pen. Reste l’inconnue de la participation qui pourrait bouleverser les pronostics.

blog

« J’y vais où j’y vais pas ? » Cette question taraude de nombreux Français, confrontés à un choix qui ne les satisfait pas. Emmanuel Macron ne bénéfice pas comme Jacques Chirac en 2002 d’un rejet massif du Front National. A l’époque Jean-Marie Le Pen n’avait quasiment pas gagné de voix entre les deux tours et le président sortant l’avait battu avec 82% des suffrages. Les Français, à part les électeurs FN convaincus, avaient massivement voté Jacques Chirac pour contrer Le Pen.

Marine le Pen double ses voix

Cette fois on en est loin, les sondages donnent Marine Le Pen autour de 40%, alors qu’elle avait réalisé 21% au premier tour. Autant dire qu’elle va doubler son nombre de voix. Quant à Emmanuel Macron, il y a toute une partie des électeurs de gauche, chez Mélenchon mais aussi chez les socialistes qui rechignent à voter pour lui, car ils le voient comme un candidat de droite, ou du moins un candidat qui défend les idées libérales et mondialisées qui effrayent bien des Français.

Au royaume des aveugles…

Ces abstentionnistes en puissance estiment que de toute façon il y aura assez d’électeurs pour le porter à l’Elysée, et j’ai même entendu une proche de Mélenchon affirmer qu’il fallait battre Le Pen mais en donnant le moins de voix possible à Macron ! C’est le genre de raisonnement qui pourrait tout simplement faire élire la candidate du Front National. D’autres se rassurent en estimant que les législatives du mois de juin rebattront les cartes. Jean-Luc Mélenchon en personne laisse planer le doute puisqu’il prétend qu’il peut gagner ces législatives, et donc devenir le Premier ministre du futur président, quel qu’il soit.

Le mirage des législatives

Ça s’appelle jouer avec le feu, car la constitution française donne des pouvoirs immenses au Président de la République. C’est lui seul qui nomme le Premier ministre et celui-ci n’a pas besoin d’être investi par le parlement. Il peut gouverner sans une majorité claire en trouvant des alliés au coup par coup, et si jamais il est renversé par le vote d’une motion de censure, le Président peut dissoudre l’Assemblée Nationale et renvoyer tout le monde devant les électeurs, en demandant qu’on lui donne cette majorité… et alors…

Dimanche 7 mai, ceux qui n’iront pas voter ou ceux qui voteront blanc, voteront Le Pen.

Tout simplement.

Edito: Emmanuel Macron, le danger de l’arrogance

Par Christophe Giltay dans Divers , le 26 avril 2017 07h21 | 4 commentaires

macron7

Après deux jours de flottement dans sa campagne Emmanuel Macron va repartir dès aujourd’hui sur le terrain, avec une visite dans sa région natale d’abord, à Amiens, et ensuite à Arras. Hier le président de la République l’a mis en garde, car rien n’est encore gagné. Il faut dire que la moitié des électeurs qui l’ont choisi au premier tour, ne l’ont pas fait par adhésion à son projet, mais uniquement pour écarter Marine Le Pen.

« Je pense qu’il convient d’être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n’est fait parce qu’un vote ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie », voilà la leçon lancée depuis Laval par François Hollande. Une leçon qui n’a pas eu l’air de plaire beaucoup à Emmanuel Macron quand on l’a évoquée hier soir sur le plateau de France 2. Et pourtant ce qui le menace le plus le candidat d’En marche, c’est l’arrogance. Le New York Times lui même le mettait en garde hier matin contre une attitude à la Hillary Clinton, qui a sous estimé son adversaire au point de perdre l’élection.

 

Le maître des horloges

Il se défend en disant qu’il reste lui même, qu’il n’est pas soumis au rythme des médias, qu’il est le maître des horloges. Certes, mais il doit prendre conscience qu’il n’est plus au premier tour. J’ai assisté le 17 avril à l’un de ses grands meeting à Bercy devant 20 000 personnes, c’est très coloré, très animé, très jeunes, très geek… Mais désormais il s’agit de parler à une autre France, moins jeune, moins urbaine, moins fan de nouvelles technologies. Une France qui a plus besoin d’être rassurée que bousculée.

 

L’ordre et le mouvement

Or Marine Le Pen a démarré ce second tour avec finesse en quittant la tête de son parti et en se présentant comme la candidate du peuple, et même de la défense des acquis sociaux. Un martien qui débarquerait dans cette campagne pourrait la prendre pour une candidate de gauche, engagée dans une lutte de résistance face à un jeune libéral qui veut tout casser. Or si les sondages sont toujours aussi bon pour Macron, dans un rapport 60-40, on est loin du raz de marée. Il suffirait de pas grand chose pour que les positions se rapprochent.

 

Attention à l’abstention

Si par exemple la participation n’atteignait que 70% au second tour ( contre 80 au premier), Marine le Pen pourrait être à 50% des voix. Le non-choix de Jean Luc Mélenchon et de sa France insoumise qui laisse la porte ouverte au vote blanc ou à l’abstention, pèse comme une menace sur la candidature Macron. François Hollande a raison, Emmanuel Macron doit maintenant grandir… Endosser le costume de président et laisser au placard celui de start-upper.

Trump frappe Bachard.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 7 avril 2017 08h11 | 3 commentaires

Les États-Unis ont tiré dans la nuit 59 missiles Tomahawk contre une base aérienne syrienne. Il s’agit d’une riposte à une attaque chimique présumée que le président américain avait qualifiée hier de «honte pour l’humanité».

Trump poing

Il y a presque 102 ans jours pour jour, le 22 avril 1915 à Ypres l’armée allemande menait la première attaque massive aux gaz, elle a fait 10 000 morts et fait rentrer dans le vocabulaire eu nouveau mot l’ypérite, un gaz mortel parmi les plus terribles. Bien sûr on s’était déjà servi d’armes chimiques dans l’histoire, notamment pendant la guerre des boers, mais ce fut la première utilisation industrielle de cette abomination.

 Des armes interdites.

Déjà condamnée par le traité de Versailles en 1919, les armes chimiques sont interdites par une convention internationale datant de 1997 et signée quasiment par tous les Etats du monde.

La Belgique, ypérite oblige fut et reste l’un des pays le plus opposé à ce type d’arme. Je pense donc qu’en tant que belge on peut se féliciter de la réaction américaine, les armes chimiques sont interdites celui qui s’en sert doit être immédiatement puni. On peut regretter que Donald Trump soit passé à l’action sans hésitation, alors qu’en 2013, Barack Obama, pourtant sollicité par la France, avait finalement refusé de riposter militairement au franchissement d’une ligne rouge qu’il avait lui-même tracée…

Des Russes à ménager.

Ces frappes auraient fait quatre morts, c’est bien sur quatre mort de trop la guerre n’est jamais belle même quand elle juste. Il semblerait que les Américains savaient où se trouvaient les troupes russes sur la base et ait pris soin de les épargner… D’ailleurs il y aurait eu de « multiples conversations » avec les Russes jeudi via la ligne spéciale qui leur permet de signaler leurs opérations et d’éviter par exemple que leurs avions ne se trouvent en conflit dans le ciel syrien. Ce qui n’a pas empêché les Russes ( c’est de « bonne guerre ») de dénoncer une violation du droit international, «  une agression contre un Etat souverain » a déclaré Vladimir Poutine.

Et maintenant ?

Ces frappes étaient donc nécessaires pour autant elles ne règlent rien. L’opposition au régime se félicite et appelle à d’autres actions de ce type. Mais les américains ont été clairs : il s’agit d’une action ponctuelle, les Etats Unis ne vont pas se mettre tout d’un coup à appuyer massivement les adversaires de Bachard el Assad, d’autant qu’il y a les Russes en face.

Non ! C’était ce qu’on pourrait aller une opération de police internationale, sanctionnant un régime qui a fauté comme l’a dit Trump contre l’humanité toute entière.

Retour à l’ONU.

Ce conflit ne se règlera pas par les armes, il faut que les discussions reprennent que les hommes se parlent, et notamment au conseil de sécurité de l’ONU. La Russie y a un rôle majeur à jouer, en lâchant Bachard, sans pour autant donner raison aux terroristes. Car c’est bien là tout le dilemme, ce régime est odieux, mais la plupart de ses adversaires le sont également à des titres divers.

Au fond dans ce marigot on n’a pas d’amis ! Ça ne veut pas dire qu’il faut renoncer à trouver un jour je chemin de la paix …mais il sera long…et il ne se tracera pas à coup de missiles.

Dans l’Orient compliqué, il faut se garder des idées simples.

François Fillon dans le cabinet noir.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 24 mars 2017 16h05 | 3 commentaires

C’est du jamais vu en campagne électorale et l’échange restera probablement dans les annales de la télévision. Hier soir sur le plateau de L’Émission politique de France 2, François Fillon et l’écrivaine Christine Angot se sont violemment affrontés, bien au-delà des altercations qui opposent parfois les hommes politiques entre eux. Par ailleurs François Fillon a accusé François Hollande de tous les maux qui l’accablent, et qu’il aurait orchestrés depuis un mystérieux cabinet noir.

Fillon soucieux

 

Il faut savoir que Christine Angot est une hollandiste de stricte obédience s’il n’en est qu’une ce sera celle-là ! Elle a même publié dans la presse une tribune pour demander à François Hollande de de présenter malgré tout. Demande poliment refusée par le président. Hier donc, invitée mystère de l’émission politique, elle attaqué François Fillon bille en tête…

Bras de fer.

«Vous vous êtes mis dans la situation d’avoir, pour des costumes ou autre, des services à rendre», «est-ce que vous comprenez que le fameux Front républicain est mis en danger. On ne comprend pas pourquoi vous ne vous êtes pas retiré», réponse de Fillon : «De quel droit vous me condamnez? De quel droit vous estimez que l’emploi de mon épouse était illégal et indécent?» a chargé l’ancien premier ministre. «C’est trop facile … on est dans un pays de droit. Ce n’est pas parce qu’un journal a décidé de m’accuser que je suis coupable et moi je ne le suis pas. »

Christine Angot

Christine Angot

 

«Votre parole est malhonnête», reprend Angot et Fillon de répondre «Vous osez me traiter de malhonnête ? » et Angot en rajoute en reprochant à François Fillon de faire du chantage au suicide en comparant son cas à celui de Pierre Bérégovoy, l’ex premier ministre socialiste qui s‘était suicidé en 1993 après une violente campagne de presse suivie d’une défaite électorale.

Fillon se défend : «Je n’ai pas dit ça Madame. Vous ne pouvez pas comprendre que je sois blessé par des accusations mensongères?», Angot : «Oh c’est triste, vous me faites de la peine…De l’autre côté de l’écran, les gens sont dans le même état que moi», et Fillon de conclure en mettant les rieurs de son côté «On verra madame ce que diront les Français au moment de l’élection. Le coiffeur de François Hollande, ça ne vous a pas choqué naturellement?»…en fait c’est plutôt François Hollande qui était l’invité surprise de l’émission…

Le cabinet noir

François Fillon a accusé le Président de la République d’être à l’origine des fuites qui ont déclenché le Pénélopegate et il demandé qu’on ouvre une enquête sur les prétendus agissements de Francois Hollande révélée par un livre à paraitre dont le titre est « Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat »… Ce livre révélerait que François Hollande se ferait communiquer, comme en son temps François Mitterrand, toutes les écoutes téléphoniques pour s’en servir politiquement.

« On cherchait un cabinet noir, on l’a trouvé, en tout cas, à travers ces allégations »… « Moi, ce soir, solennellement, je demande qu’il y ait une enquête d’ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c’est un scandale d’Etat »…

« Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l’histoire récente de la Ve République, un chef d’Etat n’est jamais aussi loin dans l’illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité »

Démenti.

Dans un communiqué publié par l’Elysée, le président de la République a  « condamné avec la plus grande fermeté les allégations mensongères de François Fillon… Depuis 2012, et c’est un fait établi, l’exécutif n’est jamais intervenu dans aucune procédure judiciaire et a toujours respecté strictement l’indépendance de la magistrature ».

Un peu plus tard c’est carrément l’un des auteurs du livre Didier Hassoux qui a démenti les informations de François Fillon :

« On n’a jamais écrit ça. On n’a jamais écrit ça…. La seule personne qui croit en l’existence d’un cabinet noir à l’Elysée, c’est François Fillon ».

Le candidat fantôme.

Bref un sacré mic mac…

Je me dis parfois que cette envie d’en découdre avec Hollande traduit un regret profond : celui de ne pas l’avoir comme adversaire. C’aurait été tellement bien un bon vieil affrontement gauche droite, Hollande le sortant défendant son bilan d’un côté, et de l’autre Fillon dénonçant ce même  bilan et préparant l’alternance ….à  l’ancienne quoi !

Et pendant que Fillon ferraille avec Hollande, Emmanuel Macron, rejoint par le  ministre de la défense Jean Yves le Drian, passe devant Marine le Pen dans les sondages, et devient l’ultra favori !

Hé oui monsieur Fillon on a changé d’époque…

Présidentielle : 8 candidats qualifiés !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 14 mars 2017 08h56 | 3 commentaires

Dans la présidentielle française, c’est la dernière ligne droite pour le dépôt des candidatures. Les prétendants à l’Elysées doivent avoir réuni les 500 signatures d’élus nécessaires le 17 mars au plus tard, soit vendredi. Pour l’instant seuls 8 candidats répondent aux critères de qualification, mais 2 ou trois autres pourraient encore les rejoindre d’ici vendredi.

 

Oscar Temaru 82 signatures !

Oscar Temaru 82 signatures !

Pour disputer l’élection présidentielle française, il faut être parrainé par au moins 500 élus, nationaux ou locaux. Au total la France compte quelque 47 000 élus dont 36000 maires, donc a priori «  y’en a pour tout le monde ! » Sauf que ce n’est pas si simple… D’abord il ne faut pas que plus 50 de ces signatures proviennent d’un même département,  et il est obligatoire qu’au moins  30 départements ou collectivités d’outre-mer soit représentés. Un potentat local ne pourrait se satisfaire de sa notoriété sur son territoire. On a par exemple le cas d’Oscar Temaru le leader indépendantiste de Tahiti, il ne peut être uniquement désigné par des élus tahitiens, pour l’instant il plafonne à 82 signatures.

Le dilemme des parrains.

A noter qu’un élu ne peut parrainer qu’un seul candidat. Statistiquement on pourrait donc se retrouver avec environs 80 candidats qualifiés. Mais les parrainages sont publics et donc a priori pas question pour un élu d’un grand parti de soutenir ostensiblement un autre candidat que celui de son parti, il subirait des sanctions. Quant aux maires non-inscrits certains ont peur de représailles de la part d’élus plus importants qui pourraient par exemple les priver de subventions régionales. Ainsi des candidats pourtant très bien placés dans les sondages comme Marine le Pen ont toujours plus de mal à réunir les signatures nécessaires, que les représentants des grands partis traditionnels.

Fillon 2953 !

Au dernier bilan établi le 14 mars par le conseil constitutionnel, 8 candidats ont obtenus les 500 signatures. Sans surprise François Fillon est en tête avec 2953 parrains, logique il représente un grand parti qui possède beaucoup d’élus.

Même chose pour Benoît Hamon qualifié avec 1717 signatures. Juste derrière on trouve Emmanuel Macron avec 1548 , or lui n’a pas de grand parti à son service !  Vient ensuite le souverainiste Nicolas Dupont Aignan  672 signatures , il est très bien implanté dans les régions et soutenus par de nombreux maire non inscrit.

Le Pen 618 !

Un autre candidat de la droite de la droite François Asselineau a lui recueilli 569 parrainages. Chiffre à rapprocher de celui de marine Le Pen, 618 . Bien qu’elle soit en tête de sondages au premier tour et que son parti ait remporté plusieurs élections locales, coté parrainage elle ne joue pas encore dans la cour de grands. Ainsi Nathalie Arthaud la trotskyste héritière d’Arlette Laguiller est à 623. Mieux que l’autre trotskyste Philippe Poutou, 357 seulement. Le 14 mars Mélenchon avait atteint 666 signatures…(Est-ce le chiffre de l’ante Macron ?)

MAM 53 !

A noter que les francs-tireurs ne sont pas les bienvenus dans cette compétition. Par exemple MAM, Michèle Alliot Marie, ancienne présidente du RPR, ancienne ministre de défense de l’intérieur, de la justice et même des Affaires étrangères, n’a recueilli que 53 signatures ; quant à Rama Yade, l’emblématique secrétaire d’Etat aux droits de l’homme des débuts du quinquennat Sarkozy, seuls 217 élus la soutiennent.

L’écrivain Alexandre Jardin n‘a aucune chance avec ses 107 signatures, tout comme la candidate de la primaire citoyenne Charlotte Marchandise 71 signatures. En revanche l’inclassable Jacques Cheminade est à 469, il peut encore se qualifier, c’est moins sur pour le député marcheur Jean Lassalle actuellement à 453….

Hollande 500 ?

A noter que 302 élus ont accordé leur soutien à Alain Juppé alors qu’il n’est pas candidat. Pour la petite historie sachez que François Hollande a fait bloquer 500 signature d’élus socialistes au cas où… alors là ce serait vraiment la surprise du chef !