L’oiseau blanc a vaincu l’Atlantique

Par Christophe Giltay dans Divers , le 17 octobre 2017 17h43 | Ajouter un commentaire

La ville de Paris a relancé la polémique concernant l’histoire du premier vol transatlantique. En installant une plaque de rue, Anne Hidalgo la maire de Paris, a attribué cet exploit aux aviateurs français Nungesser et Coli.  Détrônant ainsi l’américain Charles Lindbergh.. .Le problème c’est qu’il n’y aucune preuve de la réussite des aviateurs français, dont on n’a jamais retrouvé l’avion, le célèbre « Oiseau blanc ».  

Nungesser et Coli à bord de "l'Oiseau blanc."

Nungesser et Coli à bord de « l’Oiseau blanc. »

 

Lundi 16 Octobre Anne Hidalgo a apposé les nouvelles plaques de la rue Nungesser-et-Coli, dans le XVIe arrondissement de Paris, sous leurs noms les deux hommes ne sont plus désignés comme : ces « aviateurs disparus au cours de la traversée de l’Atlantique Nord en 1927 ». Mais désormais ils sont devenus des héros de l’aviation qui « ont traversé l’Atlantique les 8 et 9 mai 1927 à bord de l’Oiseau blanc ».

Pourtant on n’a jamais retrouvé l’ « Oiseau blanc » qui a été aperçu de façon certaine pour la dernière fois le 8 mai 1927 à 6h48 au large d’Etretat, depuis on le cherche…

Abattu par les gardes côtes.

Des dizaines d’historiens se sont penché sur la question. Bernard Decré, un passionné d’aéronautique a émis une hypothèse considérée comme plausible. « L’Oiseau blanc » aurait réussi sa traversée et serait arrivé à hauteur de Terre Neuve au Canada le 9 mai 1927. Mais il aurait été abattu par erreur, ou intentionnellement par des gardes côtes américains qui l’auraient pris pour un avion de trafiquants d’alcool en provenance de saint Pierre et Miquelon deux îles françaises voisines de Terre Neuve. C’était l’époque de la prohibition aux Etats Unis, Saint Pierre et Miquelon où l’alcool n’était pas interdit ( la France !) était devenu la plaque torturante d’un important trafic. Or l’« Oiseau blanc » dont l’empennage était peint en bleu blanc rouge, portait également sur la carlingue la cocarde personnelle de Nungesser, aviateur héros de la grande guerre.  Soit : une tête de mort aux tibias entrecroisés, surmontée par un cercueil entouré de deux chandeliers, le tout dessiné dans un cœur noir . Un vrai drapeau de pirate que les gardes côtes auraient pu ressentir comme une provocation. Plusieurs expéditions au large de Saint Pierre et Miquelon n’ont pas permis de retrouver la moindre trace de l’appareil.

 A court de carburant ?

 Une autre hypothèse évoque une dépression sur l’Atlantique qui aurait pu contraindre l’équipage à un long détour. L’avion serait ainsi arrivé en vue de Terre Neuve au bout de ses réserves de carburant, il se serait abîmé en mer ou crashé sur la côte au Canada ou dans l’Etat du Maine.  Depuis 1927  des dizaines d’expéditions ont recherché « l’Oiseau blanc », un mystérieux moteur aurait été retrouvé en 1951 puis déplacé en 1974. Mais on ne sait pas aujourd’hui où il se trouve. Un navire américain aurait repêché des ailes en août 1927, mais on ne sait pas ce qu’il en a fait.

Une chose est sure une douzaine de témoins ont affirmé aux équipes de l’association « A la recherche de l’Oiseau Blanc » avoir vu un avion blanc depuis Terre Neuve le matin du 9 mai 1927. Or à l’époque les avions étaient plutôt rares. C’est sur base de ces témoignages qu’en 2015  la Fédération aéronautique internationale a décidé de reconnaitre l’exploit des deux pilotes français.

Officiellement vainqueurs…mais…

Désormais Nungesser et Coli ont officiellement retraversé l’Atlantique quinze jours avant Lindbergh, qui reste néanmoins le premier à avoir réussi la traversée  en solitaire, de New York à Paris.

La vérité historique est donc rétablie. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, et la soixantaine de villes françaises qui possèdent des rues Nungesser et Coli vont pouvoir changer leurs plaques comme Paris. !

Oui sauf qu’il y a un problème…

En vérité ce ne sont ni Nungesser et Coli, ni Lindbergh qui ont retraversé les premiers l’Atlantique sans escale à bord d’un « plus lourd que l’air ». L’exploit été réalisé 9 ans auparavant par deux britanniques.

Deux précurseurs britanniques.

Le capitaine John Alloc et le lieutenant Arthur Whitten Brown ont décollé de Terre-Neuve, dans la fin de l’après-midi du 14 juin 1919 à bord d’un bombardier Vickers reconditionné. Ils ont touché terre (en cassant leur avion ) dans le Connemara en Irlande à 8h40 le 15 juin suivant.

Célébré mondialement à l’époque leur exploit a été ensuite occulté par celui de Lindbergh qui ne s’est pas posé en plein champ en Irlande, mais au Bourget devant 200 000 personnes.

Rendons donc justice à Alloc et Brown.

Quant à Nungesser et Coli ils resteront, peut-être à jamais, les héros d’un des plus grands mystères de l’histoire de l’aviation.

Macron n’aime pas le « bordel »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 octobre 2017 10h10 | 2 commentaires

Emmanuel Macron s’est livré hier à un nouveau dérapage verbal, alors qu’il visitait en Corrèze le site d’une entreprise en restructuration… Attendu par des manifestants il a fustigé ceux qui « foutent le bordel » au lieu de chercher du travail. Une déclaration de plus qui écorne son image, de moins en moins  consensuelle.

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Hier Emmanuel Macron était en déplacement en Corrèze, autrefois fief de Jacques Chirac puis  de François Hollande.  Dans un centre de formation il s’est heurté à une manifestation 150 salariés d’une usine sur le point de fermer dans le département voisin La Creuse. Des heurts ont éclaté obligeant les forces de l’ordre à intervenir.

Un aparté.

Et c’est là que les caméras de BFM TV ont enregistré un aparté étonnant entre le Président de la République et le Président de la région Nouvelle Aquitaine. Ce dernier lui a dit qu’il avait du mal à trouver des candidats pour occuper des emplois dans une fonderie située à trente kilomètres de là. Ce à quoi le président a répondu : «  Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas. Parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n’est pas loin de chez eux. »

Un tollé.

Immédiatement ces propos ont déclenché des réactions à gauche : sur Twitter le Parti socialiste a appelé le président de la République «à rester maître de son langage et à respecter les Français». Du côté de La France insoumise, le parti de Jean Luc de Mélenchon , le député du Nord  Adrien Quatennens a estimé que «chercher du boulot, Macron ne sait pas ce que c’est. Le bordel, c’est lui!». Bien sûr le porte-parole d’Emmanuel Macron, l’ancien journaliste Bruno Roger-Petit s’est fendu d’un communiqué où il affirme qu’on a mal compris et qu’il s’agit d’une citation « tronquée sortie de son contexte. Emmanuel Macron a rappelé écrit- il que la recherche de solutions en matière d’emploi dépend de la responsabilité de tous les acteurs.. » . C’est peut-être le sens profond mais il ne l’a pas dit comme ça….

Plus Sarko que Hollande.

La presse ce matin se faisait une joie de rappeler les précédents : En mai 2016, alors ministre de l’Économie, il déclare que «le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler». Puis lors de l’inauguration d’un campus en juillet dernier: «Une gare, c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien». Enfin, en septembre, en Grèce: «Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes».

C’est un langage cash, plus proche du trader que du Président, et qui n’est pas sans rappeler celui de Nicolas Sarkozy, avec ses « Kärcher » et ses « casse-toi pauv con ». Ca tombe bien ces derniers temps Macron fréquente plus Sarko que Hollande à qui il reproche, malgré sa retraite, de faire trop de politique.

Certes …mais lui n’en fait peut-être pas assez…

Catalogne : l’Espagne face à son histoire.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 octobre 2017 10h20 | Un commentaire>

Des dizaines de blessés, des charges policières, des écoles prises d’assaut, la répression espagnole à l’encontre du référendum catalan a été extrêmement violente. Les images d’électeurs ensanglantés ont choqué beaucoup de monde, notamment parce qu’il s’agit de faits qui se sont déroulés dans un pays de l’union européenne que l’on pensait libéré de ses vieux démons.

catalogne

 

En regardant ces images j’ai beaucoup pensé à mon copain Carlos. Carlos était un étudiant originaire de Burgos, donc Castillan , pas Catalan, il était lecteur d’espagnol dans un lycée à Lille, où j’étais moi-même étudiant. J’ai passé avec lui la nuit du 23 février 1981, accroché à la radio pendant le coup d’Etat du colonel Tejero qui avait pris en otage au parlement l’ensemble des députés espagnols. Carlos était paniqué  il pensait qu’il ne retournerait jamais en Espagne  qu’il allait comme tant d’autres de ses compatriotes après la guerre civile, vivre une vie d’exilé en France.

La Guardia civil

Il était assez âgé pour avoir connu le franquisme et il me racontait comment  un jour de 1975 pendant une manifestation contre la peine de mort  il avait été embarqué par la garde civile, tabassé, mis au secret. C’est grâce aux relations de son père, un notable, qu’il avait pu s’en sortir. Tejero était un colonel de la garde civile nostalgique du franquisme… On se souvient que dans la nuit le refus du roi de rejoindre le camps des insurgés avait mis fin à l’aventure. Au petit matin, Carlos était rassuré et persuadé que l’Espagne avait enfin tourné la page de ses heures noires. En 1986 elle adhérait à la communauté européenne, s’ancrant définitivement dans la modernité démocratique.

La Guardia civil.

Et puis hier ces images de « robocops » qui frappent des vieilles dames et des pères de famille le visage en sang, et dans le dos des « robocops » un nom : Guardia civil.  Comme si rien n’avait changé comme si le passé s’était tout d’un coup invité à table.  Je me suis dit où est Carlos, qu’en pense-t-il ?  Comme il n’est pas Catalan je ne suis pas sûr qu’il soit partisan de l’indépendance … mais je sais qu’il n’approuve pas les coups matraques de la Guardia civil qu’il a subi en son temps…

La Guardia civil.

Comment le premier ministre espagnol n’a t-il pas imaginé que le monde entier allait appliquer cette grille de lecture, le retour du franquisme ! Comment n’a t-il pas imaginé qu’on lui renverrait l’image d’un Royaume uni capable d’accepter en 2014 un referendum sur l’Ecosse. C’est d’autant plus fou que comme en Ecosse le referendum  aurait probablement été perdu par les indépendantistes, beaucoup de Catalans se sentent Espagnols. Or aujourd’hui compte tenu des circonstances le président catalan Carles Puigdemont revendique une victoire à 90% , et désormais il pourrait s’en targuer  pour proclamer unilatéralement l’indépendance…et après on fait quoi ? La guerre civile ? Comme en 36 ?

Mariano Rajoy a démontré hier à l’Europe et au monde que l’on peut avoir juridiquement raison …et politiquement tort.

Macron perd les sénatoriales

Par Christophe Giltay dans Divers , le 25 septembre 2017 09h56 | Un commentaire>

 Premier revers électoral  pour Emmanuel Macron et son parti la « République en Marche ». Lors des élections sénatoriales, le parti du président n’a pas réussi à percer et à même perdu un siège. La droite classique s’est renforcée et le parti socialiste a limité les dégâts. Après la présidentielle puis les législatives largement remportées par la vague macronienne,  on a un peu l’impression de revenir dans « le monde d’avant. »

Le palais du Luxembourg siège du Sénat français.

Le palais du Luxembourg siège du Sénat français.

 

Ralentir le rythme, tempérer les ardeurs, c’est un peu à ça que ça sert un Sénat, la chambre haute, où les élus souvent plus âgés, sont réputés plus sages et plus pondérés qu’à la chambre basse.

De surcroit en France Sénat n’est pas élu au suffrage universel direct. Il est renouvelé par moitié tous les trois ans, par un collège de 76.359 « grands électeurs » parlementaires, maires, et élus locaux…Ainsi hier 171 des 348 sièges étaient remis en compétition.

Victoire de la droite.

Le résultat donne une nette victoire aux partis de la droite classique, « Les Républicains » comptent désormais 159 sénateurs, soit 17 de plus, les centristes de l’UDI seront désormais 50 dans l’hémicycle, 8 de plus, enfin quatre non-inscrits porteront la majorité sénatoriale à 213 élus de la droite et du centre sur 348 sièges. Les socialistes limitent les dégâts, ils perdent 5 siège et en conservent 81. Quant aux Macroniens de la « République en Marche » ils passent de 29 à 28 Sénateurs…

C’est donc une claque car ils espéraient une percée, bref on est revenu dans la politique traditionnelle avec le bon vieux clivage droite gauche.

Scrutin indirect.

Ce revers s’explique d’abord par le mode de scrutin, comme les électeurs sont eux même des élus issus des scrutins locaux, le résultat reflète le rapport des forces des dernières élections municipales et départementales. Or à l’époque « La République en Marche » n’existait pas, son groupe au Sénat est constitué d’élus Modem et de dissidents d’autres partis. Ensuite le gouvernement a pris toute une série des mesures qui déplaisent aux élus locaux notamment la suppression de 300 millions d’euros de dotations aux collectivités.

Un caillou dans la chaussure.

Emmanuel Macron se retrouve donc avec un Sénat qui lui est opposé. Ca ne l’empêchera pas de gouverner, car en France l’Assemblée a toujours le dernier mot… Mais le Sénat peut retarder le vote des lois, les amender, demander une relecture et puis surtout Emmanuel Macron a besoin des sénateurs pour faire voter la réforme constitutionnelle qu’il appelle de ses voeux.

Or pour ce faire il a besoin d’une majorité des 3/5eme au Congrès ( le rassemblement à Versailles de tous les parlementaires députés et sénateurs. )

Ce qu’il n’a pas …

Il a bien menacé d’utiliser le referendum, mais c’est la bombe atomique, on n’en use qu’avec parcimonie, et parfois ça vous pète à la gueule.

Moralité le TGV Macron pourrait bien ces prochains mois être ralenti par le train des sénateurs.

Brigitte redécore l’Elysée.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 septembre 2017 07h55 | Comments Off on Brigitte redécore l’Elysée.

A l’occasion des journées européennes du patrimoine, le palais de l’Elysée a reçu 20 000 visiteurs, dont plusieurs centaines ont été accueilli directement par Emmanuel Macron. Certains d’entre d’eux ont peut être remarqué que le nouveau couple présidentiel avait décidé de redécorer le « château. »

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Les présidents ont toujours entretenu une relation compliquée avec l’Elysée, peut-être parce que c’est là que Napoléon a signé son abdication quelques jours après Waterloo. Le général de Gaulle par exemple n’aimait pas du ce palais dit « de la main gauche » qui avait appartenu à la Pompadour, il aurait référé s’installer dans le donjon du château de Vincennes, ancienne résidence royale,  mais on l’on en a dissuadé en lui expliquant que ça aurait couté trop cher. Argument porteur car le général dit la légende, payait lui-même son électricité, et madame de Gaulle, tante Yvonne, faisait retourner les tentures plutôt que de les remplacer…

La salle des fêtes

La salle des fêtes

Le style Brigitte.

Brigitte Macron n’a pas ces pudeurs, elle a fait retirer les lourds rideaux de la salle des fêtes pour qu’y entre la lumière du jardin, elle également demandé qu’on change des tapis, des tapisseries et une partie du mobilier considéré comme vieillot. Elle a fait appel au mobilier national et à la manufacture des Gobelins ; elle a commandé un nouveau service de table à Sèvres ; elle a également visité le Fonds national d’art contemporain. C’est la première fois qu’une épouse de président se rend sur place depuis Claude Pompidou, elle avait ensuite décoré les murs du palais d’œuvres du XXème siècle que Giscard s’était empressé de faire disparaitre à son arrivée cinq ans plus tard.

Potager et nouveau bureau.

Si madame Chirac s’occupait personnellement de rosiers du parc, Brigitte Macron aurait l’intention d‘y installer un potager, un peu comme Michelle Obama à la maison blanche. Emmanuel Macron s’est fait quant à lui aménager un espace à côté du bureau officiel, dans le salon occupé autrefois par les conseillers de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. Il préfère travailler dans ce lieu plus sobre que dans le décor Louis XV de l’ancien bureau du général de Gaulle, utilisé pourtant par tous ses successeurs sauf Giscard.

 

Le bureau du président

Le bureau du président

La résidence normale.

Ces changements bouleversent un peu la vie du palais qui était resté en l’état sous François Hollande, il n’avait  fait procéder qu’à quelques travaux d’entretien, (toiture, électricité)  et s’était après un an de mandat résigné à habiter au palais. Car malgré toutes les déclarations de campagne il est impossible à un président de continuer à habiter dans son logement en ville. Un président normal  habite normalement à l’Elysée.

A noter que les premières dames et les présidents ont aujourd’hui beaucoup plus de pouvoir sur leur décor Elyséen qu’autrefois.

Le journal « le Monde » rappelait samedi quand que dans  les années 50, Mme René Coty avait souhaité déplacer quelques  meubles. Comme le personnel faisait la sourde oreille et elle l’avait fait elle-même avec ses enfants…

Le lendemain tous les meubles avaient repris leur place !

RTL TVI : trente ans !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 septembre 2017 08h10 | Comments Off on RTL TVI : trente ans !

 

Il y a trente ans naissait RTL-TVI. Ce fut plus qu’une déclinaison belge de RTL Télévision, l’antique Télé Luxembourg, ce fut véritablement la création d’une nouvelle chaine, dans un univers médiatique belge qui ne connaissait pas la télévision privée. Ce fut aussi une grande  aventure humaine, et ceux qui l’ont vécue, dont votre serviteur en gardent des souvenirs puissants.

 

TVI 1987

 

Ce que je retiendrais et qui fait à mon avis la grande singularité de cette aventure, c’est que nous étions une équipe jeune, voire très jeune. Le patron avait quarante ans et je pense et la moyenne d’âge de la rédaction n’atteignait pas les trente ans, moi-même j’en avais 26. A ces âges tout est possible, on  faisait des choses qu’on nous aurait confiées quinze ans plus tard sur une autre chaine de télévision…

Felipe.

Ainsi mon deuxième jour à RTL j’ai interviewé Felipe Gonzales. Bon d’accord je sais ça fait ancien combattant…Quand je raconte cette histoire aux jeunes journalistes il y en a toujours un pour dire : « ouah !  et il jouait où encore au Barca ou au Réal ?  En général je réponds que Felipe Gonzalez ce n’était pas Platini… et là on me répond Plati qui ? Et c’est alors que je comprends qu’ils me charrient.

Tant pis j’égrènerai avec vous quelques souvenirs de journalistes, car je ne vous parlerai pas des amours des speakerines quoique… Comme nous étions jeunes et que nous passions beaucoup de temps ensemble on s‘est pas mal reproduits entre nous.

Je me souviens.

Je vais vous le faire façon Georges Perec :

Je me souviens de la première nuit de la première guerre du golfe en janvier 1991, et de ces images vertes du ciel de Bagdad strié par les bombardements alliés et les tirs de DCA… Je me souviens en 1993 de la mort du roi Baudouin, le 31 juillet et de notre reporter Francois Aman qui part dans la nuit apprendre la nouvelle aux Belges sidérés, je vois encore ce policier dans sa voiture qui prend sa radio : « appel à toutes les voitures le roi Baudouin est mort.»…Je me souviens en avril 1994 du premier jour du génocide rwandais. A 7 heures du matin nous avions joins au téléphone la première ministre du Rwanda  quelques minutes avant qu’elle ne soit assassinée tout comme les paras belges qui la protégeait …je me souviens de la mort de Diana à Paris le 31 aout 1997  et des belles de nuit qui, à 5 heures du matin, jetaient des fleurs dans le tunnel de l ‘Alma …

Du 11 septembre au 7 janvier…

Je me souviens du 11 septembre 2001 et d’Alexandre un monteur qui déboule dans la salle des cameramen en disant : « regardez vite CNN il se passe quelque chose à New York…Je me souviens du 7 janvier 2015 quand j’ai vu la première dépêche annonçant l’attaque contre Charlie hebdo, et de notre stupéfaction : « ils ont tué Cabu et  Wolinski… »

Je me souviens de tant de choses que ça ne m’étonnerait pas de voir Wilfried Martens entrer à 7h45 dans le studio de Bel RTL pour y être l’invité du matin…

Wilfried Martens… Wilfried Martens… Il jouait où encore ? A Anderlecht ou à Bruges ?

Paris : la police face aux bouchons.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 5 septembre 2017 07h49 | Comments Off on Paris : la police face aux bouchons.

Il n’y a pas qu’à Bruxelles que les plans de circulation provoquent la polémique, c’est aussi le cas à Paris, où en cette rentrée de nombreux axes ont été réduit à une seule voie pour laisser la place aux vélos. Les automobilistes râlent mais les policiers aussi qui arrivent de plus en plus tard sur les lieux d’intervention.

La BRI prête à affronter les embouteillages.

La BRI prête à affronter les embouteillages.

La prise de conscience du problème date du braquage de la bijouterie Cartier en novembre 2014. Coincée dans les embouteillages la BRI, la brigade de recherche et d‘intervention était arrivé au bout de 25 minutes. Or la bijouterie se trouve en plein cœur de la ville, à deux pas des Champs Elysées. Pire La brigade d’intervention s’est trouvée sur les lieux après le préfet et le ministre… vous imaginez !

Gênés à l’Hyper Cacher.

Deuxième prise de conscience plus grave encore, la prise d’otage de l‘Hyper Cacher par Amedy Coulibaly  le 9 janvier 2015. On ne l’a pas su à l’époque, mais bloquées sur le périphérique les premières équipes de la BRI ont dû abandonner leurs véhicules et ont couverts les deux cent derniers mètres à pied, avec leur matériel et leur armement lourd. Face à ces difficultés la BRI a donc décidé de s’équiper de 7 motos qui vont permettre des interventions rapides avant que les véhicules plus lourds n’arrivent à franchir les obstacles… La police réfléchit également à l’utilisation de la Seine comme axe de circulation, afin de pénétrer  au centre de Paris sans se heurter au plan vélo voulu par la maire  Anne Hidalgo.

Notre Drame de Paris.

Anne Hidalgo dont les décisions font l’objet de nombreuses attaques notamment dans un livre qui lui est consacré, au titre révélateur : Notre Drame de Paris… Comme en d’autres lieux ( suivez mon regard…) on lui reproche d’appliquer son plan de circulation sans tenir compte de l’avis des usagers et des communes voisines. Electoralement elle ne risque pas grand-chosent car à Paris intramuros moins d’un ménage sur deux dispose d’une voiture. Ce sont les gens de l’extérieur, banlieue et grande couronne, qui sont les plus embêtés. Ainsi 168 élus de la région lui ont adressé une lettre ouverte pour lui demander de revenir sur ses décisions… en vain… Il faut  savoir que le pouvoir régional  est de droite et Anne Hidalgo socialiste.

Henri IV assassiné à la faveur d'un embarras de circulation.

Henri IV assassiné à la faveur d’un embarras de circulation.

Le SAMU aussi.

Enfin les services de secours ont également leurs problèmes, le SAMU de Paris signale qu’en cas de crise cardiaque une minute de perdue, c’est 10% de chance de survie en moins. Cela dit l’urgentiste le plus célèbre de France le docteur Patrick Pelloux, interrogé sur le sujet par le Figaro, prend ça avec philosophie et rappelle qu’il a y toujours eu des embouteillages à Paris.

Ainsi c’est à la faveur d’un embouteillage provoqué par une charrette, que le 14 mai 1610 Ravaillac a pour monter sur le carrosse d’Henri IV pour l’assassiner.

La robe culte de Mireille Darc a une histoire très particulière…

Par Fabrice Cecchi dans Histoire, People , le 29 août 2017 09h59 | Comments Off on La robe culte de Mireille Darc a une histoire très particulière…

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L’actrice française Mireille Darc était une véritable icone du cinéma français des années 70, et si elle n’a pas vraiment tourné de chef d’oeuvre, il est peut être injuste de la réduire à une célèbre robe noire très décolletée dans le dos… En revanche ce ce qu’on sait peu c’est que cette robe ne lui pas été imposée, elle en fut même à l’origine.

Je vais la décrire pour les très rares parmi vous qui ne l’auraient pas vue dans le film le grand blond ou lors des hommages diffusés à la télévison depuis l’annonce de son décès. C’est une longue robe noire, très sage par devant, puisqu’elle se termine par un col roulé, et très coquine par derrière car elle dévoile la totalité du dos de Mireille Darc, sa séduisante chute de reins et surtout un bon tiers supérieur de ses fesses… Il paraît que son partenaire Pierre Richard n’avait pas été prévenu, et que quand elle s’est retournée devant lui, son regard époustouflé dans le film, ne doit rien à son talent d’acteur.

Une idée à elle

Lors de la sortie du « grand blond » en 1973, on n’a pas su que c’était Mireille Drac qui avait imposé cette robe à son réalisateur . A cette époque celle que Michel Audiard avait baptisé « la grande sauterelle » était confinée aux rôles de faire valoir dans ces films populaires de qualité française qui faisait la joie du grand public. C’étaient des films d’hommes où elle côtoyait Jean Gabin, Lino Ventura, Bernard Blier, Michel Constantin, Jean Lefevre ou Pierre Richard mais sans jamais en être elle même la vedette. Sur « Le grand blond avec une chaussure noire » elle n’avait que huit jours de tournage. Elle s’est alors demandée comment elle pourrait marquer les esprits. Elle s’est alors adressée à son ami le couturier Guy Laroche qui lui a imaginé cette tenue incroyable…

Surprise !

Elle n’en a pas parlé à son metteur en scène Yves Robert et c’est le jour du tournage, qu’elle lui a dit : « Au fait je ne t’ai pas montré la robe que je vais porter pour cette scène »… elle part se changer et revient se montrer à l’équipe… et là silence de mort…. Elle pense alors qu’elle s’est plantée et s’apprête à sortir de la pièce, mais le réalisateur lui lance : « attend on réfléchit ! » vous connaissez la suite.

Une partie du patrimoine

Cette robe est depuis entrée dans l’histoire du cinéma mais aussi de la haute couture puisque l’actrice en a fait don au musée du Louvres. Pourtant elle a vendu aux enchères l’essentiel de ses robes mais pas celle là : « je n’aurais pas supporté, de voir une autre paire de fesse dedans… » Et voilà comment Mirelle Darc a inventé un vêtement… culte.

Mauvais sondages pour Macron.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 août 2017 07h54 | Un commentaire>

Cent jours à peine après sa prise de fonction, Emmanuel Macron s’effondre  dans les sondages. Il a perdu 14 points en un mois et ne recueille plus que 40 % d’opinions favorables. Soit beaucoup moins que ses prédécesseurs à la même époque. Comment expliquer ce décrochage qui a littéralement fait chuter Jupiter de l’Olympe ?

Macron G20

 

Au même stade une centaine de jour après le début de sa présidence François Hollande était crédité de 54% d’opinions favorable et Nicolas Sarkozy de 69% Or je vous rappelle que tous les deux à la fin de leurs présidences respectives battaient des records d’impopularité…Pour Macron  ça promet !

Un allié et un général

Alors que s’est-il passé ? Tout d’abord, une suite de couac politique, le départ de son principal allié François Bayrou du gouvernement. Le clash avec son chef d’Etat-major, le général Pierre de Villers, qui protesté publiquement contre les coupes budgétaire et qui en réponse a été  limogé  par un président qui par ailleurs n’a même pas fait son service militaire.

L’APL et la loi travail.

Ensuite une gaffe avec la réduction de 5 euros de l’APL l’aide personnalisée au logement que touchent de très nombreux français et notamment des étudiant…et l’on retrouve alors une certaine arrogance de classe, de toute évidence les macroniens  ne sont pas  à 5 euros près, et n’ont pas de problème pour se loger. Enfin cette loi travail qui sera prise par ordonne c’est à dire sans débat et qui facilitera les licenciements paraît-il  pour  favoriser l’emploi. Un discours qui passe  mal… chez le  français moyen qui y voit au mieux un paradoxe et au pire une contradiction. Quant à ceux qui ont un peu travaillé la question ils constatent que ce genre de lois votées ailleurs crée surtout de l’emploi précaire, et qu’au final on remplace les chômeurs par des travailleurs pauvres. Un argument que martèle Jean Luc Mélenchon qui occupe la scène médiatique. De son côté le président s’est voulu adepte de la parole rare, ce qui fut peut être une erreur. D’ailleurs il va reparler politique, dès aujourd’hui à l’occasion d’un séminaire gouvernemental.

L’épouvantail disparu.

Mais tout ça ne suffit pas à expliquer la chute…La vérité est ailleurs !

Il faut se souvenir qui a choisi Emmanuel Macron et pourquoi…il n’pas été élu sur son programme par des militants fidèles, mais par un ensemble disparate de français venu de droite de gauche et du centre pour empêcher la victoire de Marien le Pen…Or il a complément explosé en débat  la présidente du Front National qui aujourd’hui ne fait plus peur à personne.

Il a d’une certaine manière trop bien réussi son coup, en détruisant l’épouvantail il a rendu leur liberté aux Français qui n’ont plus besoin de sa protection… et c’est ainsi que le sauveur de la France, se retrouve comme tout dirigeant à devoir  justifier ses décisions.

Bref, contrairement à ce qu’on a pu croire Emmanuel Macron n’est le Christ, ni Jupiter, mais un président… normal.

Un attentat par jour

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 juin 2017 09h31 | 2 commentaires

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Il y a bien des similitudes entre la tentative d’attentat hier soir à Bruxelles et celle de Paris sur les Champs Elysées lundi après midi. On a l’impression d’assister à une sorte de baroud d’honneur de l’organisation terroriste « Etat islamique », au moment où ses troupes reculent sur le terrain en Irak et en Syrie.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais si l’on ajoute Londres à Paris et Bruxelles on en est en ce moment quasiment à un attentat par jour, et encore je ne parle pas de ceux qui frappent Bagdad, Kaboul ou la Syrie… Et bien sûr ça ne va pas s’arrêter. On peut se féliciter que les terroristes de Paris et de Bruxelles aient connu l’échec. On sait encore peu de choses sur celui de Bruxelles, mais à Paris, il apparait qu’il s’agissait d’un radicalisé, fiché S, et qui possédait un permis de port d’arme car il pratiquait le tir sportif, on croit rêver !

Des bombes artisanales

S’il n’y a pas eu de morts sur les Champs Elysées, c’est un coup de chance. Si l’homme n’avait pas voulu faire exploser sa voiture, mais s’était contenté d’une attaque avec des armes de poing il aurait pu reproduire le scénario du mois d’avril qui avait provoqué la mort d’un policier, pratiquement au même endroit sur les Champs Elysée.

A Bruxelles comme à Paris la mise à feu de l’engin explosif n’a pas provoqué l’effet escompté et c’est tant mieux. Visiblement ces terroristes qui se mobilisent d’eux mêmes ne bénéficient pas d’un artificier chevronné , comme les commandos de Paris et de Bruxelles fin 2015 et début 2016.

Cela ne veut pas dire qu’ils sont inoffensifs. Cela ne veut pas dire qu’il faut considérer comme banal le fait que nos policiers, ou nos militaires abattent régulièrement des hommes menaçants , aux portes du Louvres à Paris ou dans la gare centrale à Bruxelles. Rendez-vous compte, si ce qui s’est passé hier était arrivé il y a encore 18 mois, on en aurait été traumatisé. Mais depuis le monde a changé, la vie a changé…

Faites de la musique

Ce soir en France, en Belgique ce week-end, ce sera la fête de la musique. Irons-nous à la fête de la musique sans arrière-pensée ? Bien sûr que non. La fête de la musique qui a été créée à une époque de légèreté, se tiendra désormais derrière des blocs de béton, sous la protection de militaires en armes. Et pourtant il faut continuer à faire de la musique, ils seraient trop contents que l’on cède à la peur.

La paix sera politique

Mais il ne s’agit pas uniquement d’une question de dignité et de courage, la seule solution viendra d’un règlement du conflit, là bas… si loin… où meurent tant de gens, civils, militaires, terroristes, journalistes…

Une fois le prétendu État islamique vaincu sur le terrain il faudra une solution politique. Sinon ces soldats perdus continueront à essayer de frapper derrière nos lignes, dans nos gares, nos musées, nos rues et nos promenades… indéfiniment.