Que va dire Salah Abdeslam ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 28 avril 2016 10h02 | 2 commentaires

Depuis 1995, Salah Abdeslam est le seul terroriste qui aura à répondre d’un attentat majeur en France. Il peut collaborer comme l’annonce ses avocats, il peut aussi se lancer dans un partie de poker menteur.

 

La prison de Fleury-Mérogis où se trouve Salah Abdeslam

La prison de Fleury-Mérogis où se trouve Salah Abdeslam

 

Il parait que lors d’un de ses premiers interrogatoires Salah Abdeslam sera confronté au trombinoscope de Daesh établi par les services secrets français.  Environ  trois cent photos de responsables de l’organisation prises en Syrie en Irak ou en Europe et on lui demandera de les identifier. S’il veut bien… Or rien n’est moins sûr.

Mutisme…ou pas ?

Ce n’est pas le moindre des paradoxes. Si ses avocats depuis son arrestation annoncent qu’il va collaborer, en fait il ne collabore pas, ou très peu. En Belgique il s’est tu au bout de deux jours après les attentats du 22 mars. En France, alors que son conseil Frank Berton avait déclaré sur toutes les télévisions qu’il le défendait justement parce qu’il voulait parler, quelle ne fut pas la surprise de l’entendre hier soir annoncer à la presse que Salah Abdeslam faisait usage de son droit au silence, parce qu’il était fatigué par un transfert musclé ! On le voit ça ne va pas être simple…

 Quelle stratégie ?

Alors simple stratégie de petit délinquant sur le thème : « c’est pas moi m ’sieur, ces armes je ai trouvées par terre ». Il existerait d’ailleurs des stratégies mise au point par Daesh, par exemple pour les jeunes occidentaux qui rentrent au pays après être allé en Syrie. Ils expliquent dans leurs interrogatoires qu’à l’origine ils sont parti  pour faire de l’humanitaire. Quand ils n’ont pas été expulsés par la Turquie, ils jurent tous être rentrés volontairement. Tous repentis ! Rares sont ceux qui assument leurs actes.  Heureusement ce ne sera pas le cas pour Salah Abdeslam, puisque les preuves de son implication existent.

Second couteau ?

 Tout va maintenant se jouer dans le bureau des juges antiterroristes. Ses avocats cherchent encore un correspondant de poids à Paris qui renforcerait la crédibilité de la défense. Plusieurs ténors du barreau ont refusé dont Eric Dupont- Moretti (acquittator), notamment par ce qu’ils défendent déjà des familles de victimes. L’idée est de bâtir une défense crédible qui va essayer de faire repasser Salah Abdeslam pour un simple exécutant, et pas une tête pensante. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre l’histoire du cerveau digne d’un cendrier vide de Sven Mary, et de la position de Frank Berton, «  il doit assumer ses actes mais pas payer pour les autres… »

Une forte attente.

Le problème c’est qu’en face les familles des victimes attendent beaucoup de ce qu’il pourrait révéler, avec l’espoir de comprendre ce qui est  arrivé à leurs proche ; de donner un sens à ce malheur ! Pourquoi ! Pourquoi ! Mais pourquoi !

Hélas il n’existe peut-être pas de réponse claire, intelligente, satisfaisante à cette lancinante question.

Sarko mord la nuit

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 avril 2016 09h44 | 3 commentaires

Pour Nicolas Sarkozy, les participants à Nuit debout «n’ont rien dans le cerveau». Lors d’un discours prononcé à Nice, où il était en déplacement, l’ex président s’en est pris violemment aux jeunes qui occupent la place de la République depuis le 31 mars.  

FRANCE2012-ELECTIONS-UMP-SARKOZY-MEETING

 

Et voilà le retour de Sarkozy ! Après quelques jours de vacances en Inde, où il a rencontré de nombreux responsables pour a-t-il dit préparer l’avenir,  le président de « Les républicains »  a repris la route en France dans ce qui n’est pas encore sa campagne présidentielle, mais commence sérieusement à y ressembler.

La nuit debout.

Et hier on a donc retrouvé le Sarkozy pugnace et schématique, celui qui promettait autrefois de nettoyer la racaille de la banlieue à coup de Karcher. Sa cible le mouvement « Nuit debout », qui occupe depuis trois demains la place de la République à Paris. Je vous en ai déjà parlé, c’est un mouvement essentiellement jeune, plus ou moins encadré par des courants anticapitalistes, anarchistes ou  d’extrême gauche comme la revue Fakir. Un mouvement représentatif aussi d’une jeunesse urbaine, souvent diplômée et aux antipodes de la jeunesse de la banlieue.  C’est un peu Mickey 3d et Manu chao, plutôt que le rap, et la techno. La nuit debout que l’on compare aux indigné en Espagne, souffre d’un manque de leader identifié et surtout d’une organisation  responsable, d’où un certain nombre de débordements (N’est-ce pas monsieur Finkielkraut ? )  Et ce sont ces débordements qui ont nourri la réflexion de Nicolas Sarkozy.

Rien dans le cerveau.

Pour Nicolas Sarkozy les nuitdeboutistes  sont «des gens qui n’ont rien dans le cerveau» et qui prétendent «donner des leçons à la démocratie française». «Nous ne pouvons plus accepter des syndicats qui se comportent comme des partis politiques, nous ne pouvons plus accepter une école où on ne respecte plus rien et où il n’y a plus d’autorité, nous ne pouvons pas accepter que des lycéens manipulés bloquent des lycées pour protester contre une loi des lycéens manipulés bloquent de lycées pour protester contre une loin dans laquelle il n’y a rien»...

Des accents de campagne.

Le ton est donné vous avez compris la campagne de Sarkozy sera à droite et bien à droite. La « nuit debout » n’est qu’un prétexte il a en ligne de mire Alain Juppé sont adversaire au sein du parti qu’il considère comme trop centriste, et bien sûr  Marine le Pen, dont il espère toujours capter un part de l’électorat,

On peut donc s’attendre à une campagne de Sarkozy complétement décomplexée qui n’évitera aucun des thèmes cher au FN,  à commencer par l’immigration. Le produit à vendre sera un truc du genre : « avec Sarko vous avez les idées du FN, sans les fachos »… car lui bien sûr est républicain et démocrate. Le problème c’est que c’est aussi ce que dit Marine Le Pen : « avec moi vous avez les idées de papa  sans  Vichy ! » … ça promet !

J’ai bien l’impression que la campagne présidentielle de 2017 ne sera pas cool, mais alors pas cool du tout…

Il y a 14 ans le 21 avril !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 21 avril 2016 09h12 | Ajouter un commentaire

Dans un an en France à quelques jours près se déroulera le premier tour de l’élection présidentielle. Tous les sondages donnent Marine Le Pen présente au second tour et ça ne surprend plus personne …Or il y a 14 ans le 21 avril 2002, à la surprise générale, Jean-Marie Le Pen accédait au second tour de l’élection présidentielle en éliminant le premier ministre Lionel Jospin. Ni les sondages ni les médias et encore moins les politiques, n’avaient anticipé ce résultat.

 

Lionel Jospin le 21 avril 2002

Lionel Jospin le 21 avril 2002

 

On avait appelé ça le choc, le traumatisme, le séisme du 21 avril, et j’entends encore le chef du parti socialiste de l’époque disant qu’il faudrait agir pour que jamais ça ne se reproduise… Il s’appelait François Hollande ! Or si la situation ne se retourne pas en sa faveur ces prochains mois, il subira 15 ans plus tard le même sort que Lionel Jospin : éliminé par le candidat du Front National !

Jospin trop sûr de lui.

On s’interroge encore sur l’aveuglement du premier ministre Lionel Jospin qui était le favori de cette présidentielle. Il venait de gouverner 5 ans en cohabitation avec Jacques Chirac, il avait bénéficié d’une croissance forte, le chômage était en baisse, son bilan était positif, il avait pris des mesures comme les 35 heures qui avaient déplu au patron mais beaucoup plu aux Français. Sur le papier c’était du velours !

Les trois erreurs.

Mais il a commis trois erreurs, la première croire qu’une élection est jouée avant le scrutin. La seconde négliger le fait qu’il y avait d’autres candidatures de gauche, Chevènement , Taubira, le communiste Robert Hue, Mamère pour les verts, plus trois candidats d’extrême gauche dont Besancenot et Laguillier… autant de voix ( plus de 5 millions) qui lui ont manqué au premier tour. La troisième : faire campagne uniquement contre Chirac, comme s’il était déjà au second tour, et que le premier n’était qu’une formalité. Le soir du scrutin il ‘en revenait pas, souvenez-vous de sa tête quand il annoncé qu’il était battu et qu’il se retirait de la vie politique !

 

J’y songe et puis j’oublie…

On a beaucoup analysé ce qui s’était passé, et on a beaucoup dit qu’il fallait s’occuper de ces Français qui se pensaient abandonnés par les élites et qui trouvaient refuge dans le vote FN. On beaucoup parlé, beaucoup promis, beaucoup dit « y’a ka faut kon » On a d’ailleurs pu croire un moment que tenir un discours de droite dure assécherait le FN. En 2007 face à Sarkozy et Ségolène Royal, Jean Marie  Le Pen n’a fait que 10% . Sarkozy avait repris certains de se thèmes de prédilection comme l’immigration et Ségolène Royal avait réintroduit le drapeau français et la Marseillaise dans ses meetings.

Mais sur le fond rien ou pas grand-chose… des zones entière du territoire français se sont retrouvées abandonnées : fermeture des services publics, des casernes, des petites maternités, délocalisation des entreprises, etc… Tout ça au nom de la rigueur budgétaire et de la mondialisation.

Une France à deux vitesses.

Les géographes l’ont bien montré aujourd’hui il y a deux France, celle des métropoles qui marche bien, à l’aise dans la mondialisation, et celle des territoires périphériques qui désespère et vote FN.

Pour la présidentielle de 2017, la grande différence avec 2002, c’est qu’au deuxième tour Jean Marie Le Pen n’avait aucune chance d l’emporter, Chirac a gagné avec 82%.Cette fois ce sera beaucoup, beaucoup, beaucoup plus serré…et la possibilité d’une victoire de Marine le Pen est maintenant bien réelle.

Et si Trump était l’allié d’Hillary ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 20 avril 2016 08h43 | Un commentaire>

Les primaires de New York  ont confirmé que, sauf événement extraordinaire, c’est bien Hillary Clinton et Donald Trump qui s’affronteront pour la Maison Blanche. En apparence les relations sont très mauvaises entre les deux candidats… Mais ce n’est peut-être qu’une apparence, un article du Figaro rappelle ce matin que les Trump et les Clinton se sont longtemps fréquentés.

 

Les Clinton invités au mariage de Donald Trump.

Les Clinton invités au mariage de Donald Trump.

Le Figaro publie une belle photo prise sur un terrain de golf, on y voit une dizaine de quinquagénaires américains, visiblement assez aisés, qui posent le club à la main après une partie qu’on imagine  sympa. Au milieu Bill Clinton,  et à sa droite coiffé d’une casquette rouge, Donald Trump !  Photo prise en 2008, sur un green qui d’ailleurs appartient au milliardaire.

Des voisins New yorkais.

Donald Trump a longtemps côtoyé les Clinton en bon voisin dans la haute société new yorkaise. Il était d’ailleurs à l’époque un des soutiens les plus fidèles du parti démocrate, oui, oui, démocrate ! Le parti des Clinton. Donald Trump a fait cinq dons d’un montant total de 4.100 dollars à la campagne d’Hillary Clinton pour le Sénat, où elle a représenté New York de 2001 à 2009. Sur le site de la fondation Clinton, l’ONG humanitaire fondé par Bill après son départ de la maison blanche, le nom de Donald J. Trump apparaît dans la liste des donateurs qui ont donné entre 100 000 et 250 000 dollars. Cerise sur le gâteau, en 2005, les époux Clinton ont assisté en Floride au mariage de Donald Trump avec son épouse actuelle Mélanie…

Juste des connaissances.

Je n’ai jamais été amie avec Donald Trump se défend Hilary Clinton, en expliquant que quand elle était sénatrice de New York, elle rencontrait forcément beaucoup de monde : « C’était quelqu’un que nous connaissions tous à New York. Il soutenait beaucoup des causes qui me sont chères.»

Donald Trump de son côté explique qu’il finance des tas de trucs et que quand on lui demande de l’argent il donne, alors pourquoi pas aux Clinton ? Quant au mariage il les aurait invité un peu par hasard en lançant « et bien venez à mon mariage ! » au cours d’une réception.

Déjà du temps de Bill.

Peut-être mais cette relation « mondaine » a duré des années. Donald Trump fut plusieurs fois invité à la Maison Blanche au cours des deux mandats de Bill Clinton. En 2012 Donald Trump déclarait encore à la chaine Fox news au sujet des  Clinton : « Je les apprécie beaucoup, son mari et elle. Je pense qu’elle travaille très dur».

On est loin des invectives d’aujourd’hui. Trump répète que sa rivale a été «la pire secrétaire d’État de l’histoire des États-Unis». De son côté Hillary dénonce un «raciste», «misogyne», qui divise le pays. Mais en coulisse leur deux filles sont très proches, Chelsea Clinton, et Ivanka Trump, sont amies depuis des années. Elles se sont connues par l’intermédiaire de leurs maris et elles partagent beaucoup de choses entre jeunes mamans qui vivent à Manhattan.

Trump cheval de Troie d’Hillary ?

Ces liens sont tellement évidents que Jeb Bush, rival malheureux de Trump, a laissé entendre dans un tweet publié le 8 décembre 2015 que la candidature du milliardaire était en fait une manœuvre, un complot du clan Clinton et de leur ami Trump pour saboter le camp républicain et empêcher une candidature crédible…

« Maybe Donald negotiated a deal with his buddy @HillaryClinton. Continuing this path will put her in the White House »

Évidement c’est un peu capillotracté (surtout quand on pense à la coiffure de Trump) mais j’en connais qui seraient prêts à le croire !

La nuit debout…contre Finkielkraut !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 18 avril 2016 14h04 | 2 commentaires

Il y a du pour et du contre dans le désormais fameux mouvement « nuit debout » qui se tient place de la République à Paris depuis le 31 mars. On a pu dénoncer les casseurs qui s‘en sont pris aux vitrines est aux voitures, mais les débatteurs ne sont pas non plus des enfants de chœur…Samedi soir ils ont chassé le Philosophe Alain Finkielkraut qui était venu assister à leurs débats…

Alain Finkielkraut place de la République

Alain Finkielkraut place de la République

Les « nuitsdeboutistes » ont leurs têtes ! Samedi soir ils ont accepté que l’ancien ministre des finances grec Yannis Varoufakis prenne la parole devant leur assemblée, mais après vote et juste pour 5 minutes. Dans la même soirée Alain Finkelkraut, philosophe et académicien, n’a pas eu ce privilège il a été vertement chassé de la place.

Facho contre Gnagnagna !

Sur une vidéo prostrée sur les réseaux sociaux on lui lance des «casse toi », «facho» et autres insultes. On entend également des crachats. Finalement protégé par un service d’ordre improvisé, Fink comme on l’appelle, a battu en retraite accompagné de son épouse qui compare ce qu’ils ont vécu à une sorte de lynchage. Rassurez-vous Finkielkraut en s’est pas laissé faire, sur la même vidéo on l’entend crier : «saloperies», «fascistes» et… « »Gnagnagna », pauvre conne» à une jeune femme qui l’insultait. Une personne l’interpelle en lui demandant de «ne pas en rajouter», ce à quoi il répond : «Je me fais insulter, je peux répondre aussi. Je suis un être humain. »

Effet négatif.

Cette altercation bien entendu fait le buzz. Sur tweeter de jeunes communistes se réjouissent de l’avoir chassé, alors que l’essayiste Caroline Fourest qui n’est pas du tout « finkielkratienne » a pris sa défense qualifiant l’attitude des « nuitsdeboutistes » de « comportement de salauds », et elle rajoute que cet incident décrédibilise le mouvement. C‘est d’autant plus vrai que la droite et l’extrême droite en ont profité pour foncer dans la brèche, Marine le Pen en tête affirmant que les occupant de la place de la République avaient montré là leur vrai visage, sur le mode : « Il prônent la tolérance et le dialogue, mais en fait ils sont sectaires  et intolérants . »

Désenchantement.

Il est vrai que ce mouvement commence à prendre un tour inquiétant… Tout d’abord son côté informel a séduit, ils n’étaient téléguidé ni manipulé par aucun syndicat ni aucun parti. Mais justement ce manque d’encadrement commence à se faire sentir, et là franchement ça devient du n’importe quoi, même si les insultes furent le fait d’une minorité.

Et la suite ?

Là où les indignés espagnol ont créé un parti « podemos » aujourd’hui largement représenté au parlement, ils sont incapable de s’organiser, ou alors ils ne le souhaitent pas. Mais privé d’interlocuteur représentatif, le pouvoir n’aura bientôt plus qu’une solution devant les dérapages, siffler la fin de la récréation et faire évacuer la place par les CRS.

Quitte à décevoir bien des jeunes qui rêvaient d’un autre monde …

 

Burqa et niqab : 1500 PV en 5 ans

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 avril 2016 14h51 | 2 commentaires

Il y a 5 ans entrait en vigueur en France la loi interdisant la dissimulation du visage en public, dite loi sur la Burqa. 5 ans après le bilan fait état d’environ 1500 amendes, mais la plupart ont été payées par un homme d’affaires algérien opposé à la loi.

Niqab

En 5 ans la police a donc dressé un peu plus de 1500 PV, soit environ trois cent par an, avec des variantes en 2014 c’était plutôt 350 en 2015, 250… Ce qui globalement n’est pas grand-chose, d’ailleurs les syndicats de police le disent sans ambages, la verbalisation du voile intégral n’est pas la préoccupation principale des policiers, d’autant que parfois ça peut dégénérer ainsi en 2013 à Trappes, l’interpellation d’une femme intégralement voilée avait déclenché plusieurs jours de violences urbaines.

Un symbole.

Il s’agit d’une loi tout à fait symbolique parce qu’en fait elle ne concerne que très peu les quelque 4 millions de musulmans qui vivent en France. En effet durant ces cinq années ces amendes n’ont concerné qu’un peu plus de 600 femmes, la plupart sont récidivistes, jeunes, et aux deux tiers fraichement converties. Le port du niqab ou de la burqa en France c’est plus une affaire de provocation ou de militantisme qu’un véritable fait de société. D’ailleurs d’après le rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, en 2015 deux femmes comptabilisaient à elles seules une cinquantaine de verbalisations…

Porteuses pas payeuses.

Des amendes qu’elles n’ont d’ailleurs pas payées car un homme s’est donné pour mission de régler toutes ces amendes : Rachid Nekkaz un français d’origine algérienne qui a l’an dernier renoncé à sa nationalité française, pour se présenter à la présidentielle en Algérie. Il affirme qu’il a payé 894 amendes en France et 120 en Belgique.

Ce promoteur immobilier qui a fait fortune en revendant sa « Start up », est un personnage étrange, partisan d’un islam libéral, qui est contre le port du voile, mais s’oppose à la loi au nom de la liberté. « Je suis un musulman laïc, opposé au niqab. Ce que je défends, c’est la liberté pour les femmes de le porter ou non »[].

Un original ?

Rachid Nekkaz avait proposé avant les attentats de janvier de racheter « Charlie Hebdo » pour le sauver de la faillite, et après les attentats il a condamnés ces actes pour lui contraire à l’islam ! Son comportement intrigue à tel point que l’an dernier Valérie Pécresse l’actuelle présidente de la région Ile de France avait déposé un projet de loi pour empêcher qu’un tiers puisse payer l’amende de quelqu’un d’autre… mais jusqu’à présent il paye toujours !

Une loi opportuniste désormais dérisoire…

 Au final cette loi votée en grande pompe sous Nicolas Sarkozy est devenue presque anecdotique, voire dérisoire face aux drames qu’on a vécu. C’est peut être sur d’autre types de signes d’adhésion à l’islam radical qu’il aurait fallu faire porter l’effort…

Salah: la France patiente

Par Christophe Giltay dans Politique , le 10 avril 2016 11h06 | Un commentaire>

L’annonce que Salah Abdeslam ne serait pas transféré en France avant plusieurs semaines, a surpris les médias hexagonaux. Mais pour l’instant les réactions ne sont pas particulièrement négatives. En France on estime d’ailleurs que ça permettrait de mieux préparer son accueil sous haute sécurité.

salas

Passé un premier moment d’étonnement après les déclarations de son avocat à la sortie de la chambre du conseil, les médias français n’ont pas à ma grande surprise déclenché un nouveau tir de barrage façon belgium bashing. On a plutôt affaire à d’honnêtes tentatives d’explication.

Une question de termes

En droit français le terme « chambre du conseil » a conservé son sens premier, ça désigne à l’origine une pièce (une chambre) du tribunal. La chambre du conseil c’est donc une pièce où l’on se réuni « en conseil », c’est à dire en petit comité. Il ne s’agit pas comme en Belgique d’une audience spécifique qui agirait comme une sorte de première instance de la chambre des mises en accusation. C’est tout simplement un type d’audience restreint, non ouvert au public, qui peut parfois même tenir dans le bureau du juge. Mais elle n’étudie pas forcément la détention d’un prévenu.

L’affaire de Forest

Une fois l’explication juridique passée, les journaux ont ensuite expliqué les motivations : la justice belge a encore besoin d’entendre Salah Abdeslam dans l’affaire de l’assaut de Forest le 15 mars, et puis bien entendu d’essayer de comprendre s’il possédait suffisamment d’informations qu’il aurait pu transmettre pour éviter les attentats du 22 mars. Ce qui dans l’affirmative pourrait encore compliquer les choses car il pourrait alors être inculpé de complicité… On n’en est pas là…

Un délais utile

En fait ce nouveau délais arrange un peu les autorités françaises qui n’ont pas encore tout à fait décidé des conditions d’accueil de Salah Abdesalm. Le transfert devrait être assuré par le GIGN, les forces spéciales de la gendarmerie, il pourrait se faire par hélicoptère et non pas par la route. Cette semaine un autre détenu dangereux réclamé par la France a été transféré par hélicoptère depuis Bruges et l’opération a certainement servi de répétition. Ensuite il faudra décider dans quelle prison il sera conduit. On parle de deux établissements parmi les plus grands et les plus modernes: Fresne ou Fleury Mérogis.

Placé ensuite à l’isolement dans une des 144 cellules dites «lisses» du parc carcéral français, il pourrait se voir confisquer ses vêtements au profit d’un «kit pyjama» composé d’habits en papier. «Toutes les mesures de protection et de surveillance seront mises sur cette personne» pour garantir «qu’il n’y ait pas de chaise vide au procès», a déclaré le ministre de la justice Jean-Jacques Urvoas.

Une détention sur mesure ?

Donc pas de vêtements qu’on pourrait déchirer pour en faire une corde, par de meubles aux coins saillants, contre lesquels on pourrait se précipiter, pas de couverts tranchants etc… On envisage même une surveillance vidéo 24h sur 24 comme cela existe dans d’autres pays, mais pour l’instant en France ce n’est pas légal. Il faudrait changer la loi.

Le délais de quelques semaines pourrait donc être mis à profit par le gouvernement français pour créer un statut sur mesure destiné aux terroristes de Daesh. Une sorte de « Guantananmo à la française », mais qui serait limité à un nombre restreint de cellules, dans une ou plusieurs prison(s).

Prostitution : le client à l’amende.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 6 avril 2016 17h27 | Un commentaire>

La nouvelle loi française sur la prostitution a été adoptée hier à l’Assemblée Nationale, malgré une manifestation de prostituées qui se déroulait sous sa fenêtre. La mesure la plus emblématique est la pénalisation du client qui devra, s’il a acheté un acte sexuel, payer une amende de 1500 euros !

 

prostitution

 

 « Clients pénalisés, putes assassinées »… « Où ? Quand ? Comment ? Combien je prends ? Ce choix me revient, mon corps m’appartient ».

Voilà quelques-uns des slogans que lançaient une soixantaine de travailleuses et de travailleurs du sexe à la porte de l’Assemblée. Un petit groupe car leur combat était perdu d’avance. Après deux ans et demi de vifs débats l’adoption définitive du texte, porté par la majorité socialiste, ne faisait aucun doute.

Sa principale mesure concerne la pénalisation du client, le texte prévoit en effet que : «L’achat d’acte sexuel sera sanctionné par une amende de 1500 euros ,portée à 3750 euros en cas de récidive.  »

Féministes pour, prostituées contre !

En revanche le délit de racolage passif sera supprimé et toute une série de mesures de réinsertion de prostituées seront prises, y compris la délivrance d’un titre de séjour aux prostituées étrangères qui s’engageraient dans un processus de sortie de la profession.

Le problème de cette loi, c’est que la plupart des associations de prostituée s’y opposent. Elles estiment que c’est une mauvaise manière d’aborder le sujet et que cette pénalisation du client va « accroître la répression policière » et « précariser les conditions de travail ».

De son côté « Médecins du monde » qui suit beaucoup de prostituées sur le terrain, a fait savoir aux parlementaires que de son point de vue :

« La pénalisation des clients pénalisera avant tout les personnes se prostituant. Pour conserver leur clientèle, elles devront d’autant plus se cacher. Pour protéger leurs clients, ce sont elles qui s’exposeront à plus de risques».

Objectif abolition.

 Mais rien n’y fait car le but c’est de supprimer, d’abolir la prostitution, considérée par les auteurs de la loi comme une des formes les plus abjectes d’exploitation des êtres humains. On estime qu’il y a en France environ 40 000 travailleuses et travailleurs du sexe.

Si le constat sur l’exploitation est largement partagé, le débat porte sur l’efficacité de la mesure.

En s’attaquant au client on ne réduira pas la misère sociale de celles ou de ceux qui se prostituent pour vivre, et ça ne détruira pas d’un coup de baguette magique les réseaux qui les exploitent.

Quant à la police elle estime que cette loi sera quasiment inapplicable, d’autant qu’aujourd’hui un grande partie de la prostitution se fait via internet.

L’enfer est dit-on pavé de bonnes intentions… là ce serait plutôt les pavés du trottoir….Car il faudra plus qu’une amende pour abolir le plus vieux métier du monde !

Présidentielle : déjà 10 candidats !

Par Christophe Giltay dans Divers , le 6 avril 2016 09h01 | Ajouter un commentaire

 A un an du scrutin dix candidats se sont déjà déclarés pour l’élection présidentielle de 2017, dont plus de la moitié étaient déjà en lice en 2012 ! Au risque d’alimenter le ras-le-bol des Français, qui réclament du renouvellement.

Jean Lassalle le député marcheur.

Jean Lassalle le député marcheur.

 

Dix candidats et là je vous parle des candidats sûr, pas des candidats aux primaires d’un parti, parce qu’alors là on dépasse déjà largement la vingtaine rien que si on compte tous les prétendants du parti « les Républicains… »

On prend les mêmes.

Sont candidats à un bail de 5 ans au palais de l’Elysée : 6 hommes et femmes déjà présent en 2012  : Marine Le Pen , Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière, c’est elle qui a succédé à Arlette Laguiller, Nicolas Dupont-Aignan , droite conservatrice, Philippe Poutou, du nouveau parti anticapitaliste, et Jacques Cheminade, complément inclassable mais qui se dit gaulliste de gauche. Un septième, l’écologiste Antoine Waechter était déjà en course il y a près de 30 ans, en 1988. Seuls trois des candidats pour 2017, font figure de petits nouveaux Paul Kulmbach et Bastien Baudot que je n’ai pas l’honneur de connaître, et le député du MoDem Jean Lassalle.

Le député chantant.

Jean Lassalle, bâti comme un rugbyman, est ce député qu’avait fait une grève de la faim à l’Assemblée Nationale pour éviter la délocalisation d’une entreprise de sa circonscription .C’est lui aussi qui avait réalisé un tour de France à pied pour rencontrer la population. Chaussures de marche, et béret basque sur la tête mais en costume cravate par respect pour l’électeur. Je ne vous dis pas l’état du costume, le soir à l’étape.

Le béarnais Jean Lassalle qui cultive un bel accent du sud-ouest entonna le 3 juin 2003 dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale «  se canta » l’hymne des occitans pour protester contre l’abandon de sa région par les pouvoirs publics .

«  Se canta » qui commence par ces paroles :

« Aqueros mountagnos aue tan hautes soun m’empéchoun dé bédé mas amours oun soun »… Ces montagnes qui sont si hautes m’empèchent de voir où sont mes amours. ( Texte attribué à Gaston Phébus et enregistré notamment par Marcel Amont… )

Peu de vedettes.

Bref à part Marine le Pen et Jean Luc Mélenchon pas de poids lourd pour l’instant. Les Républicains choisiront leur champion en novembre, à noter que Nicolas Sarkozy ne s’est toujours pas déclaré ! Quant aux socialistes, certains parlent d’organiser des primaires de la gauche, mais si jamais François Hollande se représentait ça n’aurait aucun sens, il serait forcément le candidat…

Des nouveautés.

 L’Assemblée Nationale a adopté de nouvelles règles pour les fameuses 500 signatures d’élus nécessaires pour se représenter, dorénavant les élus devront transmettre leur parrainage au Conseil Constitutionnel, alors qu’auparavant ils pouvaient le remettre au candidat. Cela risque de compliquer la tâche des petits candidats, d’autant que dans les médias audiovisuels la règle de l’égalité absolue sera remplacée par celle de l’équité. Il reviendra désormais au CSA de veiller à un « traitement équitable » tenant compte notamment de la « représentativité » de chaque candidat (par les sondages et les résultats aux précédentes élections). Bref ce sera très difficile pour un inconnu de se faire une place, le renouvellement ce ne sera pas pour cette fois.

4ème « Nuit Debout. »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 avril 2016 08h56 | Ajouter un commentaire

Pour la quatrième nuit consécutive depuis la journée de mobilisation contre la loi travail le 31 mars, des centaines de personnes du mouvement  « Nuit Debout » ont occupé hier soir la place de la République à Paris

nuit debout 2

 

« Rêve général», «Préavis de rêve» «Que nul n’entre s’il n’est pas révolté», «Nul ne sort s’il n’est pas convaincu». Voilà quelques-uns des slogans très soixante-huitards que l’on peut lire sur la place de la République occupée depuis quatre jours par le mouvement « Nuit Debout… »

Un mouvement prémédité.

En apparence ce mouvement est né le 31 mars, après la grande manifestation contre la loi sur le travail dite loi El Komri, une  loi qui en France prévoit, notamment d’assouplir les conditions de licenciements. Une loi qui a braqué tout une partie de la jeunesse. Mais si une grande partie des occupants ont été motivés par le retrait de la loi, il s’agit en ait d’une opération préparée de longue date. D’après le quotidien Libération l’idée a germé fin février lors d’une réunion publique organisée par le journal alternatif Fakir.

Une infrastructure bénévole.

Et c’est vrai très vite le mouvement s’est organisé, diffusion du film « Merci patron », organisation de concerts donnés par des groupes « underground », et surtout infrastructure efficace. Très vite on a vu des tentes apparaitre, une librairie, une infirmerie, une cantine tenues par des bénévoles et surtout des lieux de discussion pour une assemblée générale permanente où toutes les décisions sont prises après de vifs débats.

Une dénonciation générale.

Au-delà du prétexte de loi El komri c’est toute dénonciation générale du système qui apparait. Je vous cite quelques extrait cité dans la presse : «On vient dénoncer une fausse démocratie, en créer une vraie, participative, directe. Il faut sortir du capitalisme, y’a plus que le pognon qui compte (…), «Ce qui nous unit, c’est qu’on en a marre de ce système»«Nous en avons marre des patrons qui nous exploitent, du système bancaire qui nous saigne jusqu’à la moelle et de ce système qui détruit notre environnement. »

Podemos or not podemos.

A noter qu’ils ont monté  une bonne structure de communication qui organise les interviews accordées aux différents médias venus du monde entier. Beaucoup y voient un parallèle avec le mouvement des indigné en Espagne, Mais pour l’instant pas questionne créer un parti politique comme podemos.

Que cherche-t-il ? Dans un premier temps créer une sorte de site d’occupation permanente un peu comme ce que font les zadistes ( de Z.A.D. zone à défendre ) sur le terrain du très controversé futur aéroport de Notre Dame des Landes.

Evacuation musclée ou pas ?

Seulement ils serait très surprenant que les autorités laissent une telle structure s’implanter en plein Paris de surcroît sur la très symbolique place de la république. Les policiers les ont déjà évacués à plusieurs reprises, mais à chaque fois ils reviennent !

Et avec l’arrivée des beaux jours, et de températures plus clémentes, il sera de plus en plus  facile de supporter la nuit sur la place. Les partisans de la « nuit debout » ne sont pas près de se coucher.