L’étrange passation de pouvoir des présidents français

Par Christophe Giltay dans Divers , le 12 mai 2012 16h44 | Ajouter un commentaire

 

Aux Etats-Unis et dans la plupart des pays les présidents prêtent serment et les rois sont sacrés. Mais en France ni l’un, ni l’autre. Une simple passation de pouvoir, mais où il n’y pas de moment « magique » où l’élu du peuple devient d’un coup le Président.  Quand le conseil constitutionnel  proclame les résultats de l’élection dans la salle des fêtes de l’Elysée, il est déjà en fonction, le huissier l’a annoncé sous son nouveau titre. Alors ? Transmission du code nucléaire ? Poignée de main dans la cour de l’Elysée ? Où trouver le geste symbolique ?  Qui fait, comme disait Pierre Desgraupes, « d’un français comme les autres le seul français différent des autres ? »  

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Extraits de «  La France choisit son roi » par Christophe Giltay, préface Philippe Alexandre aux éditions : la Renaissance du livre. 

 

 

Quand devient-on Président ? Quand on est élu, ou plutôt quand on prend ses fonctions ? À quel moment l’onction du suffrage universel devient-elle effective, à quoi ça se voit ?

Où est le moment magique ? Car ce moment est magique. A une certaine seconde c’est homme n’est rien, se ordres ne sont pas suivis, la déférence ne lui est pas due. A la seconde suivante, il ordonne, tranche, exige et on lui dispense moult courbettes d’approbation.

 

On s’amuse parfois à rappeler que le jour de son investiture, le général de Gaulle a planté là son prédécesseur  René  Coty,  face à l’arc de triomphe, où ils venaient de déposer ensemble une gerbe au soldat inconnu. Ils étaient arrivés dans la même voiture, mais  une fois le geste accompli, le général s’est retourné vers son prédécesseur pour lui dire tout simplement, « au revoir monsieur Coty. »  Et il a invité Georges Pompidou à l’accompagner dans la limousine décapotable pour descendre les Champs Elysées. Heureusement le protocole est bien fait en France,  le président Coty n’est pas resté longtemps sur le carreau, on eut vite fait de lui trouver une voiture pour le ramener chez lui.

 

Mais le général de Gaulle est un cas à part, pour paraphraser justement la formule de René Coty quand il l’a accueilli à l’Elysée, le « premier en France » était déjà depuis longtemps le « premier des Français ».

 Certains ne deviennent  jamais tout à fait président  à défaut de se trouver bien dans le costume, le général lui, l’était déjà avant de l’endosser.

Pour les autres, ceux qui n’ont pas eu rendez-vous avec  l’histoire un jour de juin 40, a quel instant se loge le subtil moment de transition ?

 La « transfiguration » du président ?

 

Pas de couronne à coiffer, pas de sceptre à lever, pas même de prestation de serment à l’américaine :   Aux Etats-Unis les choses sont claires, le président  prononce la formule rituelle : «  I do solemnly swear that I will faithfully execute the office of  President of the United States, and will to the best of my ability preserve, protect and defend the Constitution of the United States.”( Je jure solennellement que je remplirai fidèlement les fonctions de président des États-Unis, et au mieux de mes capacités,  de préserver, protéger et défendre la Constitution des État-Unis)

 

   Et il entre aussitôt en fonction

 

En France seul Louis Napoléon Bonaparte a prêté serment en 1848. Tous les autres Présidents de la République ont été simplement investis.  Une cérémonie qui dure toute la journée, avec discours à l’Elysée, visite à l’Arc de Triomphe, descente des Champs Elysées et éventuellement cérémonie de recueillement dans un lieu historique. 

 

Mais dans cette journée à quel instant  précis se produit le basculement ?

 

Est-ce quand le Président  raccompagne son prédécesseur dans la cour d l’Elysée et salue sa voiture qui s’éloigne ?  Est-ce  un peu plus tard quand le président du conseil constitutionnel proclame dans la salle des fêtes de l’Elysée les résultats de l’élection et que le grand chancelier de la légion d’honneur lui présente le grand collier ? Est ce au moment ou retentissent les 21 coups de canons tirés depuis l’esplanade des Invalides ?

Je me souviens de  l’investiture de Jacques Chirac en 1995, Roland Dumas président du conseil constitutionnel, après avoir rappelé les résultats du second tour de l’élection, avait prononcé cette phrase, « le conseil vous a donc proclamé président de la République Française à compter de la cessation des fonctions de monsieur François Mitterrand. »

  Donc si l’on comprend bien, le nouveau président est président quand le précédent ne l’est plus. Plus qu’une prestation de serment ou qu’une investiture, il s’agit presque d’une simple passation de pouvoir. Sans vouloir filer la métaphore jusqu’à l’extrême nous sommes un peu dans le « le roi est mort vive le roi ! ». Sauf que le roi était sacré à Reims, oint de l’huile de la sainte ampoule, mélangée au saint Chrême

 

 A défaut de sacre présidentiel, ce serait donc au moment où le président du conseil constitutionnel proclame les résultats  que l’onction se produirait et que l’homme ordinaire se retrouverait d’un coup successeur des rois.

Mais rien n’est simple, car quelques secondes auparavant, avant même la proclamation, quand l’impétrant a pénétré dans la salle des fêtes accompagné par  le premier ministre, le président du Sénat et celui de l’Assemblée Nationale, on a entendu l’huissier annoncer : « Monsieur le Président de la République ! »  Et Roland Dumas  a d’ailleurs commencé son discours en s’adressant à Jacques Chirac par ces mots : « Monsieur le Président de la République. »  C’est donc qu’il l’était déjà …Mais alors depuis quand ?

 

Pour l’élection de Jacques Chirac, j’ai ma petite idée, mais laissez- moi vous narrer trois anecdotes significatives qui se sont produites lors de l’accession de François Mitterrand à la magistrature suprême. La première date du 10 mai 1981, je la tiens de là bouche même du chauffeur de François Mitterrand, Pierre Tourlier. Le candidat socialiste s’était rendu dans son fief de Château Chinon pour attendre  les résultats du second tour. Il était comme à son habitude  descendu à l’Hôtel du vieux Morvan, où il louait une chambre à l’année.

 Une fois la victoire assurée, il est sorti sur la terrasse de l’hôtel pour saluer la foule. Puis il a prononcé son premier discours de vainqueur,  retransmis en direct par la télévision….

   …En cet instant VGE a encore 11 jours à passer à l’Elysée, la passation de pouvoir n’aura lieu que le 21 mai.  Il n’y a pas de règle en France, la date ultime pour l’investiture c’est le jour anniversaire de la prise de fonction du prédécesseur, mais elle peut avoir lieu avant. En général ça se passe environ 10 jours après le second tour, c’est le délai légal pour la publication définitive des résultats par le conseil constitutionnel. (Cette année ça se fera le 15 mai, soit 9 jours après l’élection de François Hollande. )

Le soir du 10 Mai 1981, Mitterrand malgré l’emphase de son discours n’est toujours qu’un candidat vainqueur, et pourtant un évènement symbolique va se produire peu après.  François Mitterrand monte dans sa voiture pour rentrer à Paris. Comme à son habitude il s’installe à l’avant à côté de son  chauffeur, Pierre Tourlier. A l’arrière prennent place Danièle Mitterrand et sa sœur Christine Gouze-Réal, à la ville Mme Roger Hanin.

  La voiture prend la route de Paris, Daniel Mitterrand entonne l’internationale, accompagnée par sa sœur.  François Mitterrand reste silencieux perdu dans ses pensées. Arrive le péage de l’autoroute. Là des motards de la gendarmerie attendent la voiture. Un des gendarmes se penche vers le chauffeur «  Nous avons reçu l’ordre du préfet de vous accompagner jusqu’à Paris. » 

Immédiatement, quelques dizaines de minutes à peine après son élection,  le représentant de l’Etat dans le département, avait envoyé au futur président les premiers signes de son importance, de son autorité, de sa majesté…

 

« Ca va durer longtemps ? » Aurait dit François Mitterrand à son chauffeur alors que le cortège fonçait sur l’autoroute. Il lui aurait répondu quelque chose comme « il va falloir vous y habituer ».

Pendant  14 ans François Mitterrand n’a plus circulé sans escorte. Ce soir là il s’est permis une petite facétie. A l’entrée de  Paris, alors que les motards prenaient le chemin du siège du PS rue de Solferino, François Mitterrand à lancé à son chauffeur, « à la maison ! », et Tourlier, pour la dernière fois avant longtemps, a semé les motards.

Autre anecdote liée au premier jour du mandat de François Mitterrand. Celle-ci est rapportée par Jacques Attali dans « verbatim ». Une fois Giscard parti, le nouveau président s’installe dans son bureau accompagné par Jacques Attali son conseiller spécial, qui sera son plus proche collaborateur. En ces premières minutes le palais est encore hostile, le personnel, des secrétaires aux gardes en passant par les huissiers,  ne sait que penser de ces nouveaux maîtres ces « socialo communistes », qui n’avaient plus occupé le pouvoir depuis 23 ans. Les conseillers socialistes errent dans les couloirs, à la recherche de leurs bureaux, ( qu’ils se disputent parfois chèrement), et se sentent encore comme des intrus.

 On apporte au nouveau président les premiers télégrammes de félicitation, il en ouvre un au hasard, il vient du roi Juan Carlos d’Espagne. Il se tourne alors vers son conseiller spécial et lui dit «Comme c’est gentil ! J’aimerais lui parler, vous pouvez voir ça ?». Oui, bien sûr ! Mais au fait  mais comment appelle-t-on le roi d’Espagne ? Un simple citoyen ne téléphone pas au  roi d’Espagne, « le roi n’est pas mon cousin dit la formule populaire ». Et bien si ! Quand on devient Président de la République Française, le roi est tout d’un coup votre cousin. Attali décroche  un des téléphones posés sur le bureau, à l’autre bout du fil une secrétaire. Il se présente :  « je suis le conseiller spécial du Président,  il souhaiterait parler au roi d’Espagne. »  Quelques seconde de silence, et il entend la secrétaire lui dire: «  je vous le passe sur quel poste ? »

 C’est là qu’il a compris que l’aventure avait vraiment commencé. 

 

Troisième anecdote juste pour le plaisir, car elle est très célèbre. Le même jour, après une journée très chargée qui l’avait vu notamment au Panthéon pour une cérémonie mémorable, François Mitterrand une fois rentrée chez lui retire son costume et comme on dit le « met au linge ». Le costume part au pressing, avec dans une poche de la veste,  le code de la bombe atomique française. 

 Depuis l’accession de la France à la la force de frappe nucléaire, le président garde sur lui les codes nécessaires au déclenchement de la bombe atomique. Il est suivi en permanence par un officier qui porte dans une mallette les moyens de transmission, qui  permettraient, à tout moment  au Président de transmettre le code. C’est pourquoi bien des présidents ont porté ce code accroché à une chaine, autour du cou. Lors du traditionnel entretient de passation pouvoir, François Mitterrand eu la surprise de voir VGE tomber la veste puis la chemise, pour retirer cette chaine, et lui tendre en lui signalant l’importance de la carte qui y était attachée. Peu désireux de se déshabiller devant Giscard , Mitterrand a empoché l’objet, puis l’a oublié. C’est ainsi que le propriétaire d’un pressing a été réveillé par deux motards de la préfecture de police qui avaient reçu l’ordre de récupérer le costume, et surtout son contenu.

Alors pourrait-on  dire qu’un président devient président au moment ou il détient ce fameux code ? Il entre alors dans le club très fermé des cinq chefs d’Etat  ou de gouvernement, qui disposent des moyens d’exterminer la planète entière.  Comme disent les américains c’est à ce moment là que celui qui n’était qu’un simple citoyen,  devient le « commandant en chef. » 

Sur le plan pratique ce n’est pas faux. On pourrait donc dire globalement que le Président devient  le Président, quand il est proclamé, qu’il possède la clef du code nucléaire, et que sa secrétaire lui passe tout naturellement le roi d’Espagne.

 

J’ai pourtant assisté à une passation pouvoir beaucoup plus, immatérielle, beaucoup plus symbolique, et pourtant  étrangement forte. Et là encore il y a une histoire de motards.

Le matin du 17 mai 1995, un peu avant 11 heures, une vieille CX anthracite, immatriculée,  19 FLX 75 quitte l’hôtel de ville par la porte arrière. Elle remonte lentement la rue de Rivoli, déserte, la circulation a été interrompue par la police. Mais la CX s’arrête ostensiblement aux feux rouges. A l’intérieur Jacques Chirac sourit, il n’est encore que le Maire de Paris.

La CX, atteint la place de la Concorde, et là encore elle s’arrête au feu rouge, comme s’il n’y avait pas urgence, puis elle s’engage sur les Champs Elysées. Je revois encore l’image de cette voiture seule sur l’immense avenue…et soudain une douzaine de motos surgissent des allées et viennent, en formation officielle, prendre position autour de la voiture. La moto de tête arbore le pavillon personnel du Président. Jacques Chirac n’est plus Maire de Paris. Il vient d’un seul coup, de changer de dimension.

Là, je vis l’instant magique, avant la proclamation, avant les coups de canon, la garde s’était mise aux ordres de son nouveau chef…

 

 

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Martine Aubry ministre de la culture ?

Par Christophe Giltay dans Divers , le 11 mai 2012 09h14 | Un commentaire>

 François Hollande a confirmé qu’on connaitrait dès mercredi prochain la composition du prochain gouvernement français.  Cette composition pourrait réserver bien des surprises. Par exemple Martine Aubry, la patronne du PS, n’irait pas à Matignon, mais pourrait hériter du ministère de la culture…

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La première fois  que j’ai entendu cette  hypothèse c’était avant le premier tour, et j’avoue que ça m’a fait sourire.  Quoi la patronne du parti présidentiel ?  Dans ce ministère, certes prestigieux surtout en France,  mais qui ne dispose même pas de 1% du budget de l’Etat !  Ce n’est pas sérieux.

 Bon qu’elle ne devienne pas premier ministre c’est possible, mais alors au moins, un ministère régalien, la justice, l’intérieur, la défense, ou le redoutable minière des finances qui tient les cordons de la bourse. «  Non  croyez-moi m’a répondu mon interlocuteur, c’est plausible. » J’ai un peu dormi là-dessus,  d’autant que Martine Aubry a démenti plusieurs fois la  rumeur dans la presse, rappelant que ça lui aurait plus à l’époque de Lionel Jospin, mais qu’il est trop tard… place aux jeunes !

Culture et jeunesse !

 On donnait plutôt ces jours-ci la jeune députée socialiste Aurélie Filipetti pour succéder à Frédéric Mitterrand.  ( Non pas Jack Lang, 73 ans aux fraises, lui-même n’en rêve plus…) . Mais voilà la rumeur revient et elle prend corps.  C’est alors que je me suis souvenu de la candidature de Martine Aubry à la primaire socialiste en juin 2011 lors de son  entrée en campagne elle avait déclaré : « La culture doit être mise en avant pour nous inspirer, nous faire grandir et nous réunir. » Et elle avait proposé d’augmenter de 30 à 50 % le budget de ce ministère. Par ailleurs François Hollande a déclaré à plusieurs reprise que la jeunesse serait la grande priorité de son quinquennat, il a aussi expliqué  qu’il n’y aurait que quinze ministères, mais que ce serait de grands départements ministériels avec plusieurs compétences. Enfin il a annoncé une stricte parité homme-femme dans le gouvernement. Et la les choses s’éclaircissent un peu : On pourrait imaginer Martine Aubry à la tête d’un grand minière de la culture et de la jeunesse, auquel on pourrait ajouter l’éducation. Elle se retrouverait alors avec le premier budget de la nation, et pourrait pourquoi pas occuper le rang de N°2 du gouvernement…

Succéder à Mitterrand…

Cette hypothèse suscite chez moi deux réflexions : d’abord il existe une vraie différence entre la gauche et la droite, en général la droite associe dans un même ministère la jeunesse et les sports.  Là ce serait la jeunesse et la culture, on n’est pas dans le même système de valeur. Ensuite on a beaucoup dit autrefois,  à Martine Aubry qu’elle succéderait un jour à Mitterrand… on avait simplement oublié de lui dire lequel…

 

 

 

 

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Hollande: A Président normal, homme exceptionnel

Par Christophe Giltay dans Divers , le 10 mai 2012 09h51 | Ajouter un commentaire

François Hollande  a manifesté la volonté d’exercer une présidence normale. Il a déjà  annoncé qu’il voulait continuer à habiter son domicile, et réduire le train de vie de l’Elysée.  De bonnes intentions qui seront  difficiles  à tenir.

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Il y en a une qui ne posera aucun problème c’est la diminution de la rémunération du chef de l’Etat. François Hollande a proposé de la baisser de 30%,  ce qui lui laisserait environ 13 000 euros nets par mois. Il faut se souvenir que Nicolas Sarkozy l’avait augmenté de 170%  en 2007,  mais à l’époque elle n’avait pas évolué depuis trente ans. D’ailleurs, quelque soit la somme c’est de l’argent de poche, tous les frais du Président sont pris en charge. On est bien loin du temps où le général de Gaulle, payait lui-même  l’essence de sa DS, quand il partait en weekend à Colombey- les- deux- églises.

Avion ou train ?

Autre volonté, limiter les voyages en avion. On se souvient que Nicolas Sarkozy pouvait prendre un Falcon pour faire 150 km,  et qu’il avait explosé le nombre d’heures de vols par rapport à son prédécesseur. Là encore tout dépend des circonstances. François Hollande affirme qu’il souhaite prendre le train, et somme toute ça parait logique,  pourquoi par exemple pour venir à Bruxelles au sommet européen, prendre un avion qui met 45 minutes, alors le train beaucoup moins cher couvre la distance en 1h20 ?  Oui…. mais dès hier soir, un conseiller de François  Hollande rappelait que la sécurité prévoit qu’en  cas de déplacement du chef de l’Etat en chemin de fer, des gendarmes sont postés sur tous les ponts et dans tous les tunnels, pour éviter les attentats.  Sur 300 kilomètres ça fait du monde !

Domicile privé ou public ?

 Il veut également continuer à habiter son appartement du XVème arrondissement, et ne pas vivre à l’Elysée. D’autres comme Giscard l’ont fait avant lui, mais là encore ce n’est pas si simple. Au début de son premier septennat François Mitterrand avait voulu rester dans sa maison de la rue de Bièvre,  conséquence la police a fermé la rue avec des barrières « Nadar »  durant14 ans. Les riverains devraient montrer leurs papiers pour rentrer chez eux.  Je ne suis pas sûr que les voisins de François Hollande apprécieraient.  Même chose pour les déplacements en voiture. Il existe de nombreuses images de Giscard ou de Pompidou, au volant de leur 504, l’un pour se rendre au port d’hiver et l’autre pour aller à la messe le dimanche. Mais la camera ne montre jamais les voitures de sécurité qui les suivaient en permanence .

Des sorties sans CRS ?

 

On sait qu’à la fin de son mandat, lors des visites en province de Nicolas Sarkozy, mille policiers  étaient parfois déployés pour sa protection.  Hollande a dit : c’est fini ! Il veut pouvoir aller directement au contact des français. Sauf que ses prédécesseurs l’ont tous fait… au début…

Au fil du temps l’impopularité s’accroit,  et les gentils passants sont peu à peu remplacés par de méchants manifestants, parfois armés d’œufs et de tomates. Il il faut alors les contenir derrière des barrières.

Pour continuer, durant 5 ans, à aller vers les gens sans protection, il ne faudra pas les décevoir.  

Moralité : pour rester un homme normal,  il faut être un Président exceptionnel.

 

 

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Sarkozy ne dira pas « au revoir »

Par Christophe Giltay dans Divers , le 9 mai 2012 06h58 | Ajouter un commentaire

 

 Après la très symbolique cérémonie du 8 mai, où l’on a pu voir les deux présidents côte à côte sous l’Arc ce triomphe, Nicolas Sarkozy va quitter progressivement la vie publique. Il ne devrait pas s’exprimer à la télévision avant son départ, contrairement à certains de ses prédécesseurs.

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« Au revoir », et puis Giscard  s’extrait difficilement de son fauteuil et se dirige vers la porte du fond, laissant le siège vide devant la caméra. Cette image qui se voulait solennelle, presque tragique, est devenue ridicule avec le temps, au point de servir de générique à une émission du samedi soir. Valéry Giscard d’Estaing qui n’imaginait pas la  défaite, a vécu la transition dans la prostration, puis la colère, jusqu’à ces adieux, où il souhaitait bonne chance aux français tout en promettant de revenir. Il était encore jeune 55 ans, il a recommencé une carrière politique à la  base, mais il n’est jamais revenu au sommet.

 

Des adieux sobres en général.

 

 Jacques Chirac a lui aussi fait des adieux télévisés, mais beaucoup plus sobre, demandant aux français de rester unis et solidaires. François Mitterrand avait hésité jusqu’au dernier jour, pour finalement se contenter d’un  message envoyé à l’AFP, mais les français on surtout retenu son dernier discours du nouvel an, où il évoquait sa mort prochaine : « je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas. » Enfin le Général De Gaulle qui a quitté le pouvoir après un referendum perdu, s’est contenté d’un communiqué à la sobriété toute militaire : « Je cesse d’exercer mes fonctions, cette décision prend effet aujourd’hui à midi. »

 

Sarko a tout dit.

 

Nicolas Sarkozy a lui choisi de partir en silence, son dernier discours public, restera celui de la défaite reconnue, dimanche soir. Un discours salué comme « fair play » et républicain, un discours où il a lancé un « je vous aime » à ses militants, et par delà au peuple français. 20 millions de téléspectateurs l’ont suivi en direct, visiblement il n’a rien à ajouter.

Son principal souci désormais est de réussir sa sortie. Il dira peut être quelques mots à ses ministres à l’issue du dernier conseil ce matin. François Fillon devrait lui présenter la démission de son gouvernement, et Nicolas Sarkozy lui demander d’assurer les affaires courante, jusqu’à la nomination de son successeur, le jour de la passation de pouvoir, le 15 Mai.

 

Passation le 15.

 

Là encore Nicolas Sarkozy a prévu de la jouer soft, il partira en voiture, tranquillement, après l’entretien traductionnel aux cours duquel il aura informé son successeur des dossiers en cours, et lui aura transmis le code de la bombe atomique.  

Pour l’avenir, il se murmure qu’il reprendrait sa profession d‘avocat, mais le vert Daniel Cohn Bendit toujours facétieux, le voit devenir patron de TF1 ! On peut parier dans ce cas qu’on verra tôt ou tard,  une série avec… Carla Bruni…

 

 

 

 

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Deux Présidents pour le 8 Mai

Par Christophe Giltay dans Divers , le 8 mai 2012 06h20 | Ajouter un commentaire

François Hollande le président élu, participera aujourd’hui aux cérémonies commémorant le 67eme anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, aux côtés du Président Sarkozy toujours en fonction. C’est une tradition qui remonte à l’élection de 1995.

 

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En 1995, François Mitterrand avait proposé à Jacques Chirac, élu le 7 mai, de participer à l’arc de triomphe à la cérémonie commémorative du 8 Mai 1945. On se souvient des deux présidents côte à côte souriants, amicaux, à mille lieues de leurs rivalités d’autrefois. Il faut dire qu’en 1995, François Mitterrand avait décidé de ne pas se représenter, et que donc Jacques Chirac n’avait pas près de lui son ex rival, mais tout simplement son prédécesseur.

 

Fair play républicain.

 

Ce sera peut être un peu plus froid ce matin, mais pas forcément. Comme on dit, il est temps de jeter la rancune à la rivière, et François Hollande et Nicolas Sarkozy partagent désormais, le privilège d’avoir été choisis par les français pour devenir leur chef, pendant au moins 5 ans. Quand il rencontrait Valéry Giscard d’Estaing au cours de ses mandats, Mitterrand qui pourtant avait un été son plus redoutable adversaire politique, lui disait toujours : « vous seul pouvez me comprendre ». Cette cérémonie commémorative, c’est un peu une passation de pouvoir avant la date. Nicolas Sarkozy en accueillant son successeur, dans la famille restreinte des chefs de l’Etat, lui fait profiter d’un avant goût, de faste de pouvoir, et de devoir.

Les français aiment bien ces manifestations de loyauté républicaines, d’ailleurs l’un et l’autre quand ils ont évoqués leur adversaire dimanche soir, devant leurs militants, ont utilisé le mot respect. Vous devez respecter François Hollande le président élu, vous devez respecter Nicolas Sarkozy, car il a été président pendant 5 ans.

 

Un avenir assuré.

 

Après cette cérémonie, Nicolas Sarkozy va retourner à l’Elysée préparer son départ, et François Hollande à son quartier général préparer son arrivée. Son équipe travaille déjà sur les dossiers internationaux, et on sait qu’il rencontrera Angela Merkel dés le lendemain de son entrée en fonction, le 15 Mai.

 

Quant à Nicolas Sarkozy comme tous les anciens présidents, il va disposer, de 6 gardes du corps, d’une voiture de fonction, d’un chauffeur, d’un secrétariat, de locaux, tout ça pris en charge à vie par la République. Il deviendra également de droit et à vie , membre du conseil constitutionnel, et il touchera un salaire équivalent à celui qu’il recevait comme président. Enfin  Il gardera, tout comme Jacques Chirac et Valery Giscard d’Estaing, un rang protococolaire très important, le 5ème

 

 

dans l’ordre de préséance,  juste derrière le Président en fonction, le premier ministre et les Président de l’Assemblée et du Sénat, mais devant les membres du gouvernement. Comme quoi, même s’il a perdu le pouvoir, quand il quitte l’Elysée, le président ne redevient pas tout à fait, un francais comme les autres .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pourquoi Bayrou vote Hollande

Par Christophe Giltay dans Divers , le 4 mai 2012 08h20 | 13 commentaires

C’est événement historique dans la vie politique française, le candidat centriste du premier tour François Bayrou, a annoncé qu’il voterait personnellement pour François Hollande, même s’il ne donnait pas de consigne de vote. Il a justifié sa décision par la droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy qui cherche à séduire les électeurs du Front National.

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« La ligne qu’a choisie Nicolas Sarkozy est violente, elle entre contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres. »(F Bayrou)

Le désaccord entre François Bayrou et Nicolas Sarkozy est tout autant moral que politique. C’est logique, ils représentent deux courants qui se sont alliés dans les années 70 mais dont les divergences n’ont jamais tout à fait disparu. Nicolas Sarkozy incarne la droite bonapartiste, directiviste, centralisatrice, nationaliste, et pour autant républicaine, qui s’est incarnée dans le gaullisme à partir de la fin des années 50. François Bayrou, lui, représente en gros le courant démocrate chrétien, décentralisateur, pro européen, avec une forte fibre sociale. Même si, paradoxalement au parlement européen, l’UMP de Sarkozy siège avec les démocrates chrétiens et le Modem de Bayrou avec les libéraux.

Retour aux sources.

Sous la quatrième république, à l’époque ou la France connaissait un régime avec des élections à la proportionnelle comme en Belgique, ces deux courants étaient bien distinct, et souvent l’ancêtre du Modem le MRP gouvernait avec les socialistes, contre l’ancêtre de l’UMP, le RPF. Le passage au suffrage majoritaire avec la cinquième république a forcé les centristes à se choisir un camp, et ce fut plutôt la droite, le PS à l’époque était devenu l’allié des communistes. Même si en 1965 le candidat centriste Jean Lecanuet avait déjà appelé à faire battre le général de Gaulle.

On pourrait dire qu’hier Bayrou est rentré au bercail. C’est la fin d’un long processus entamé en 2002 avec sa première candidature à la présidentielle.

Pour quel profit ?

Maintenant que peut-il espérer de cette attitude ? Regrouper autour de lui tout ceux qui sont choqués par la dérive droitière de Nicolas Sarkozy et notamment les attaques contre les immigrés et contre l’Europe. Au milieu des années 80, Bérard Stasi une grande figure centriste avait publié un livre : « l’immigration une chance pour la France ». On est bien loin du discours Sarkozyste. Quant à la critique de Shengen et de l’Europe, elle heurte violement les convictions des partisans de Bayrou, héritiers de Robert Schumann, l’un des pères de la construction européenne.

Les législatives en perspective.

En représailles l’UMP va très certainement lui opposer des candidats aux législatives, et dépourvu d’allié il peut très bien se retrouver sans un seul député. Je ne serais pas surpris qu’ici ou là, des socialistes arrivés troisième dans leur circonscription, se retirent, pour laisser quelques sièges à Bayrou… on appelle ça renvoyer l’ascenseur.

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Sarkozy Hollande. Débat à l’écran, duel sur la toile

Par Christophe Giltay dans Divers , le 3 mai 2012 07h13 | 12 commentaires

Il était presque minuit quand les deux candidats à l’élection présidentielle ont quitté le studio de la plaine St Denis où ils venaient de s’affronter, pendant près de trois heures. Un duel incisif et pugnace. Dans une salle du 20ème arrondissement, les jeunes socialistes avaient organisé une “riposte party” internet, autour de Thomas Hollande, le fils du candidat.

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Il est là, souriant, avec son air d’étudiant des années 70, sa barbe, ses lunettes, ses cheveux un peu longs rejetés en arrière. Thomas, fils de Ségolène et François souriant.Je suis fier de lui“, répond-il quand on l’interroge sur la prestation de son père. Il avait déjà organisé en 2007, ce qu’on appelait la ségosphère, la campagne internet de sa mère. Mais à l’époque, les réseaux sociaux n’existaient pas ou ils n’étaient qu’embryonnaires. Cette fois, il a mis sur pied des “riposte party” comme celle d’hier soir : trois cent jeunes socialistes armés de leur ordinateur, de leurs de leur i phone et de leur i pad, sur facebook et sur twitter, pour occuper la toile et affronter l’adversaire UMP. Ils auraient envoyé hier soir 70 000 messages durant le débat.

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Joie, cris, émotion…

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Une bataille sur la toile en écho à celle qui se déroulait sur un écran géant installé dans la salle. À intervalle régulier, les doigts agiles s’arrêtaient de tapoter sur les claviers, les mains se levaient, les bouches s’ouvraient, les cris sortaient. À chaque coup porté par leur champion, s’élevait leur cri de guerre “François président! François président! …”. Huées quand Nicolas Sarkozy parle de l’immigration, huées quand il conteste les chiffres économiques du socialiste, émotion quand François Hollande entame sa tirade déjà célèbre, “Président de la république moi je, président de la république moi je…”

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Éclats de rire et applaudissements quand il répond à Nicolas Sarkozy: “Vous aurez du mal à vous faire passer pour une victime”. Mais silence et inquiétude quand le président accroche François Hollande sur les centres de rétention pour les immigrés illégaux, en produisant une lettre où il aurait annoncé leur suppression, alors qu’il venait d’affirmer leur maintien.


Thomas Hollande

Thomas Hollande

Les français jugeront

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Au final et bien logiquement, la plupart étaient persuadés que François Hollande avait dominé le débat, mais c’est un classique et on retrouvait ce matin la même réaction côté UMP. En revanche, les quelques personnalités politiques présentes comme Christiane Taubira candidate en 2002, analysaient les choses plus sereinement: un débat complet, très chiffré, souvent équilibré. Aucun des deux n’a écrasé l’autre. Mais François Hollande a montré une pugnacité qu’on ne lui soupçonnait pas. Nicolas Sarkozy voulait une explication, il l’a eue. Aux Français maintenant de juger.


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Sarkozy - Hollande, le débat décisif

Par Christophe Giltay dans Divers , le 2 mai 2012 07h42 | Ajouter un commentaire

Journée cruciale pour la campagne présidentielle, c’est ce soir qu’aura lieu le débat télévisé entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Diffusé par plusieurs chaînes de télévision, généralistes et tout info, il pourrait être suivi par 20 millions de téléspectateurs. Nicolas Sarkozy veut croire que ce débat lui permettra de renverser les choses en sa faveur.

Le plateau du débat.

Le plateau du débat.

 

 

 

Jamais un débat n’a fait basculer l’élection sauf en 1974, et encore… voilà ce qu’on entend le plus souvent quand on pose la question cruciale. Et c’est vrai mais rien ne garanti que ça ne pourrait pas arriver, c’est pourquoi Sarkozy persuadé de dominer François Hollande va jouer son va tout. On s’attend à ce qu’il attaque son adversaire, mais il est  tout aussi capable d’adopter une stratégie originale comme en 2007, quand il avait été tout sourire avec Ségolène Royal au point que c’est elle qui était apparue comme agressive.

 

Quelle stratégie ?

 

Ces jours- ci  il répète que François Hollande s’y croit déjà et qu’il fait preuve d’arrogance, je l’imagine, disant des choses comme, « président vous ne l’êtes pas encore ». Et pourquoi pas appeler François Hollande « monsieur le Président de la République » de façon ironique, comme pour renverser le stratagème de Jacques Chirac en 1988, qui se refusait à dire Monsieur le président à François Mitterrand, alors que celui-ci lui donnait du monsieur le premier ministre à chaque réplique.

 

Une charte contraignante.

 

Le débat été préparé au cordeau, à travers une charte négociée. On sait qu’une table de 2m 50 séparera les deux hommes, 30, cm de plus qu’en 2007.  En 2007 Nicolas Sarkozy s’était plaint de la chaleur, ils disposeront chacun d’une climatisation individuelle. On aurait déjà fait changer les chaises. Comme c’est le cas depuis 1981 le réalisateur Jérôme Revon, ne pourra pas faire de gros plans sur un des débatteurs quand l’autre s’exprimera. Il sera d’assisté de deux réalisateurs envoyés par les candidats pour surveiller le respect de la charte. Ils pourront demander une modification des cadrages quand leur champion prendra la parole. Tristan Carné réalisateur de « the Voice » sur TF1 sera l’envoyé de François Hollande, et Yves Barbara réalisateur de Thalassa, celui de Nicolas Sarkozy. En régie et sur le plateau de 900 mètres carrés l’équipe  comprendra une centaine de techniciens, pour manipuler une vingtaine de caméras. Une régie et des cameras de secours sont prévues en cas de panne.

 

Léon Zitrone star de l'ORTF

Léon Zitrone star de l'ORTF

 

 

Léon président !

 

Certains y verront de la démesure, et d’autre un déni de démocratie si jamais c’était ce débat qui devait décider du sort des urnes. Est-on meilleur président quand on passe mieux à télé que son adversaire ? Il ya bien longtemps dans un autre monde, le général de Gaulle s’était inquiété d’une dérive de l’élection, en « cirque à l’américaine »…et «vous verrez » avait-il ajouté … « un jour ils éliront Léon Zitrone ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

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DSK et Kadhafi se mêlent à la campagne

Par Christophe Giltay dans Divers , le 30 avril 2012 06h49 | 2 commentaires

Deux affaires ont secoué la campagne présidentielle ce weekend. La première concerne cette interview de DSK, publiée par le Guardian de Londres, dans laquelle il affirme avoir été victime d‘un complot. La seconde la publication d’un document des services secrets libyens révélant qu’en 2007, Mouammar Kadhafi a financé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, à hauteur de 50 millions d’euros.

 

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Il est temps que ça se termine parce que les coups volent de plus en plus bas. Qu’en dire ? La pseudo interview de DSK au Guardian, en fait les extraits d’un livre à paraître, ne nous apprend pas grand-chose, sinon que l’ancien patron du FMI déclare qu’il victime d’un coup monté par de proches de Sarkozy pour l’empêcher  de se présenter à la présidentielle. Mais il n’apporte pas de preuves, et puis franchement la candidater de DSK à l’Elysée c’est désormais de l’historie très ancienne.

 

Un invité surprise.

 

En revanche il a beaucoup ennuyé le candidat Hollande en participant à la soirée organisée par une figure du PS, Julien Dray à l’occasion de son anniversaire. Ca ne s’invente pas ça se passait rue Saint Denis, autrefois haut lieu de la prostitution parisienne. Apprenant sa présence Ségolène Royal est partie sur le champ, d’autres leaders socialistes comme Manuel Valls se sont éclipsés rapidement. Interrogé à ce sujet,  François Hollande a répondu assez sèchement que DSK n’était plus dans la vie politique et n’avait «pas à y revenir de quelque manière que ce soit ».

 

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Le retour du guide.

 

  Quant à Nicolas Sarkozy il a été l’objet d’une vive attaque site « Médiapart » qui a publié une lettre de l’ancien chef des services secrétas libyens Moussa Kousa, affirmant que Mouammar Kadhafi avait accepté de financer sa campagne présidentielle en 2007, pour 50 million d‘euros. Cette information avait déjà couru en mars, et Nicolas Sarkozy avait qualifié ces allégations de grotesques. Interrogé à ce sujet sur Canal + dimanche il a déclaré : C’est une infamie. Quand je pense qu’il y a des journalistes qui osent donner du crédit au fils Kadhafi et aux services secrets de M. Kadhafi“. “C’est une honte qu’on me pose une question pareille“. De son côté le PS a demandé qu’il s’explique devant les français. Je n’ai pas d’information sur ce document, mais ça sent la grosse affaire qui pourrait le poursuivre longtemps, un peu comme les emplois fictifs de la ville de Paris, avec Jacques Chirac.

 

Une élection passionnante et passionnelle.

 

Quel impact sur la campagne ? Difficile à dire, on verra si Hollande se sert de cette information lors du débat de mercredi, mais ça m’étonnerait.  Si Sarkozy devait quitter l’Elysée,  se serait uniment parce que, dans leur désamour, les français ont décidé de changer de président. Les dollars de Kadhafi n’y seraient pour rien, pas plus que les diamants de Bokassa, dans la chute de Giscard. Ca fait partie du caractère passionnel de cette élection, le président est élu sur un coup de cœur, et battu sur un coup de blues.

 

 

 

 

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Présidentielle : Hollande n’a plus de sous.

Par Christophe Giltay dans Divers , le 27 avril 2012 07h01 | 23 commentaires

 

 

François Hollande va devoir réduire les frais pour les derniers jours qui le séparent du second tour. L’équipe du candidat socialiste n’aurait plus que 2 millions d’euros avant d’atteindre la limite des 22,5 millions autorisés par la loi. C’est la conséquence d’une longue campagne qui a débuté en Novembre.

 

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En France la loi sur l’élection présidentielle est très stricte: les candidats officiels n’ont pas le droit de dépasser un certain montant de dépenses au premier puis au second tour. Les législateurs souhaitaient éviter qu’un parti ne domine totalement la campagne grâce à des fonds très importants. Le montant de ce plafond est révisé tous les trois ans. En 2007 il était de 21,5 millions d’euros, cette année il est de 22 ,5 millions. Or François Hollande en a déjà dépensé 20 millions. Son équipe explique que c’est du à la longueur de la campagne, car François Hollande est parti très tôt, dés la fin des primaires socialistes, en novembre dernier. Nicolas Sarkozy lui, ne s’est déclaré que le 15 Février.

 

Des meeting onéreux.

 

Vous aller me dire mais ou est passé tout cet argent ?  Essentiellement dans les déplacements et les meetings. Ainsi le meeting du Bourget qui a véritablement relancé la campagne de François Hollande a coûté 1 million d’euros. La location de la salle, l’organisation, les cars pour amener les militants, la couverture vidéo interne, avec plusieurs caméras, une régie etc… Tout ça coûte très cher.

 Nicolas Sarkozy dépense plus encore : le meeting de Villepinte est estimé à deux millions d‘euros, et ses déplacement en avion à 8000 euros l’heure, auraient déjà couté 800 000 euros. Ces frais s’ils sont correctement déposés et acceptés par le conseil constitutionnel, sont remboursés par l’Etat à hauteur de 50% de la somme maximale autorisée. Ainsi un candidat qui n’aurait dépensé que 11 millions serait intégralement remboursé.

 

Des économies nécessaires.

 

 Comment va faire François  Hollande pour rester dans son budget et ne dépenser que 2 millions en huit jours ? Il va faire la seule chose possible, réduire la voilure. Il avait prévu de louer  une grande salle à Toulouse pour sa dernière réunion publique, coût 400 000 euros. Finalement ce meeting se tiendra en plein air sur la place du capitole. L’argent économisé permettra d’éditer une dernière version de son tract de campagne, à 10 millions d‘exemplaires.

 Il est très important pour les candidats de respecter la limite autorisée par la loi, car en cas de dépassement, l’élection pourrait être invalidée.

 

Le compte doit être bon.

 

 On est passé pas loin de ce scénario en 1995, pour les comptes des campagnes de Chirac et de Balladur. Mais le président du conseil constitutionnel de l’époque, Roland Dumas, avait étouffé l’affaire pour éviter un scandale.

 Les temps ont changé et il est plus que probable que les deux finalistes resteront dans leur enveloppe.

 Je comprends enfin pourquoi au cours de la campagne, il y eu de moins en moins  de petits fours, offerts aux journalistes dans les salles de presse…

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