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Voir dans les cartes de Wouter Beke

Par Fabrice Grosfilley dans cd&v, communautaire , le 26 avril 2011 09h52 | 2 commentaires

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Wouter Beke est, un peu comme au poker, un joueur qui n’a pas encore montré son jeu. Il laisse ses partenaires parler et ne dévoile pas ses intentions. Si personne ne lui  accorde pour l’instant la carrure d’un grand joueur,  il va bien falloir attendre qu’il abatte ses cartes pour se faire une idée. Jusqu’à présent Wouter Beke a repoussé ce moment fatidique. Hier la trêve pascale et les funérailles de sa grand-mère, aujourd’hui  des consultations diverses. Le grand rendez -vous entre le négociateur et ses deux partenaires privilégiés, Elio Di Rupo et Bart de Wever est pour demain.

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Pour l’instant rien n’indique que le négociateur royal ait réellement progressé. Au contraire, la cacophonie qui régnait dans son propre parti la semaine dernière lorsque deux anciens premiers ministres (Wilfried Martens et Mark Eyskens, voir mon billet précédent) ont envisagé de se passer la NVA,  fait craindre le pire. Pour obtenir des avancées dans une négociation il faut sans doute un peu de dramatisation et de tension,  il ne faut pas de tumulte, or pour l’instant le CD&V semble agité. Embêtant quand c’est un parti dont le négociateur est président. Théoriquement  quand on accepte une mission royale votre parti doit être un atout, votre plus fidèle soutien, une carte maitresse puisque vous pouvez vous engager en son nom pour forcer un compromis. En retour la visibilité dont jouit le négociateur, clarificateur, conciliateur ou préformateur profite au parti dont il est issu. Cela a été le cas par exemple pour le SPA lors de la mission de Johan Vande Lanotte. Dans le cas de Wouter Beke le CD&V semble plutôt être un handicap.

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Comme au poker, le joueur va devoir à ce stade de la partie, se préparer à  faire une annonce. Pour Wouter Beke, on l’a déjà dit ici, cela pourrait prendre la forme d’un document écrit. Une base sur laquelle les partenaires auraient à se prononcer, et comme au poker, ils pourront suivre, surenchérir ou se retirer. Comme au poker aussi tout joueur essaye de voir aussi clair que possible dans les cartes de ses partenaires. On notera que c’est surtout côté flamand que le négociateur concentre ses efforts. Wouter Beke voudrait en effet réunir ensemble la NVA le Spa et l’openVLD. Jusqu’à présent le négociateur s’est retrouvé à la même que tous les présidents francophones, histoire de s’assurer que tout le monde disait bien la même chose, mais côté flamand il a vu les présidents un par un. Réunir les 4 présidents ensemble  était jusqu’à présent refusée par Bart De Wever.  Si Wouter Beke arrive à lever ce verrou il pourra considérer qu’il a enregistré un premier progrès. Progrès modeste puisqu’il faudra ensuite savoir si francophone et flamands restent à deux tales séparés ou si on a suffisamment rapproché les points de vue pour tenter une vraie négociation.

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La grande difficulté d’une partie de poker, réside  évidemment dans la gestion de  la durée. Celle-ci s’éternise. Le premier objectif de Wouter Beke sera de passer la semaine et de redistribuer les cartes, si possible, après le premier mai et ses traditionnels discours enflammés. Entrer dans ce weekend là sans un minimum de stabilité rendrait en effet plus difficile encore la relance du processus. Cette négociation, comme une partie de poker, conjugue donc des objectifs très court terme avec une stratégie à très long terme. Pour le spectateur, comme pour le joueur, ce n’est qu’en fin de partie que l’on sait si cela valait la peine d’attendre. En espérant qu’aucun des participants n’y laisse sa chemise.

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2 réactions à “Voir dans les cartes de Wouter Beke”

  1. De toute façon, il faudra prendre une décision dans une semaine: élections ou pas? Ensuite, ce sera trop tard et on ne pourra plus rien faire avant la fin d’août voire la fin des vacances parlementaires, début octobre. Bref, ça casse ou ça se traine encore pendant au moins quatre mois.

  2. L’intervention d’Y Leterme ajoute au tumulte :
    « Een regering vormen is niet het eerste doel van de N-VA. De partij talmt om de verantwoordelijkheid voor haar verkiezingsoverwinning op te nemen. » Dat heeft ontslagnemend premier Yves Leterme dinsdag gezegd op de RTBF-radio.

    http://bit.ly/hgsTCl

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