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Ouverture de la campagne pour les communales : les slogans en disent plus qu’ils n’en ont l’air

Par Fabrice Grosfilley dans communales, nva, ps , le 5 mars 2012 11h58 | 4 commentaires

psblog223 jours, ou 7 mois et 9 jours, c’est le délai qui nous sépare de ces élections communales qui auront lieu le dimanche 14 octobre. Deux partis politiques ont officiellement lancé les hostilités ce weekend : la NVA, samedi  à Louvain, et le PS, hier à Liège.  On y a vu les traditionnelles images des présidents de parti qui haranguent leur troupe depuis la tribune, avec les mandataires au premier rang,  le bar à l’extérieur, et pour clore le tout la chanson à l’unisson, le Vlaams Leeuw pour les Flamands, l’internationale pour les socialistes. Ces congrès ont pour objectif de  mobiliser les militants et donner une ligne directrice pour les campagnes, slogans à l’appui. « La force du changement » pour la NVA , « votre quotidien, notre combat » pour le PS.

Arrêtons sur ces deux slogans, ils sont révélateurs, et assez éloignés l’un de l’autre. Avec « la force du changement » la NVA indique clairement qu’elle se pose en alternative aux partis traditionnels.  Il faut se battre « contre les forces du statu quo » a ainsi expliqué Bart De Wever le président de la NVA, pour « montrer aux partis traditionnels qu’on ne peut continuer sur cette voie ». La NVA lance ainsi une campagne nationale, dont le thème n’est pas la gestion des communes, mais plutôt un test de popularité pour le gouvernement Di Rupo.  La dimension communautaire est ouvertement revendiquée : « nous, N-VA, devons offrir aux gens une alternative crédible, un parti qui fait de la politique de façon sérieuse et honnête, un parti qui ne se satisfait pas du peu qui est encore faisable dans ce pays, mais qui se bat pour les changements nécessaires dont la Flandre a besoin » ».

Si la NVA a choisi de mener campagne sur ce terrain-là, c’est d’abord parce qu’elle estime que ce message est porteur. La critique  du système (les autres partis ont échoué), la flamandisation des priorités (d’abord les flamands, le reste du royaume ensuite), et la dénonciation  de l’autre communauté, (ces francophones nous empêchent de réformer le pays) sont les figures habituelles du discours de la NVA. Si la NVA utilise des thèmes nationaux pour une campagne locale,  c’est aussi parce qu’elle a très peu d’expérience locale à faire valoir. Aujourd’hui la NVA a des sections locales dans toutes les communes de Flandre ou presque. Elle fera cavalier seul dans 83% des cas. Mais nous manquerons de points de comparaison, car en 2006 la NVA avait profité du cartel avec le CDV pour faire une entrée modeste dans les communes et les provinces. Pour le dire platement la NVA n’a pas de bilan à présenter.

Alors  vous me direz qu’il y a un paradoxe évident à faire une campagne communautaire sur des enjeux locaux. Qu’on ne voit pas très bien en quoi les francophones seraient responsables d’une mauvaise gestion des communes de Gand , Malines ou Hasselt.  C’est vrai, mais ce n’est pas parce que c’est vrai que l’électeur de la NVA s’en rend compte.  Et Bart De Wever a été prudent ce weekend « nous avons un retard très important par rapport aux partis traditionnels a-t-il rappelé à ses militants, nous ne pourrons pas le rattraper en une élection ».

Si on regarde le slogan du PS, on est dans l’effet inverse. C’est un slogan d’une absolue proximité. « Votre quotidien, notre combat ». On pourrait l’inverser « votre combat, notre quotidien », en temps de crise ça marche aussi, et on peut tout à fait imaginer que cette formule puisse servir à une autre formation que le parti socialiste. Même s’il y a le terme « combat », qui  appartient au vocabulaire de la gauche, ce n’est pas un slogan porteur d’un projet politique, mais plutôt un slogan qui insiste sur le lien entre l’élu et l’électeur. On emploie le pluriel pour monter qu’on est une force collective et on insiste sur le sens de l’écoute de la formation politique. L’idée qu’on est au service du citoyen et pas l’inverse. Un slogan qui met en avant les mandataires locaux plus que le parti, et qui ne nous parle pas vraiment du programme et surtout pas de la situation nationale. Exactement le contraire de ce que fait la NVA.

Si socialistes et nationaliste empruntent des stratégies quasi opposées, les deux formations jouent gros. Pour la NVA  il s’agit de se maintenir à un niveau extrêmement élevé. Un recul serait interprété comme un échec. C’est d’autant plus délicat que les sondages sont très favorables. Pour le PS il s’agit de confirmer un ancrage historique  dans les communes, alors que la politique de rigueur  n’est sans doute pas celle que plébisciteraient ses électeurs.  Quand on est le premier parti de sa communauté, on s’expose plus que les autres au risque d’une sanction lors d’un scrutin interemédiaire. Derrière les communales tout le monde pense aux législatives. Perdre trop de plumes en 2012 c’est être en mauvaise posture pour préparer 2014. C’est crucial pour la NVA qui vise la ministre-présidence en Flandre. C’est vital pour Elio Di Rupo qui espère se maintenir au « 16 rue de la loi. »

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4 réactions à “Ouverture de la campagne pour les communales : les slogans en disent plus qu’ils n’en ont l’air”

  1. « votre quotidien, notre combat » dit le P$, moi, je voudrais qu’ils arrêtent de s’occuper de mon quotidien, car s’il poursuivent dans la même voie, JE N’AURAI PLUS DE QUOTIDIEN, je ne mangerai plus que tous les deux jours.

  2. votre quotidien, notre combat quelle bonne blague!!!!!!

    Notre combat (citoyen) le quotidient démesuré de ces politicients PS (voir escorte de police, affaire à charlerois et j’en passe)
    lol font trop rire c’est gus

  3. Et le PS ne cesse de faire de consessions aux partis flamands (Open-Vld – et Cd&v).
    Alors, moi je crois qu’il ne ne faut pas se laisser leurer pas les slogans des partis, mais les juger sur ce qu’ils on fait et font réellement pour la population. Un fait est certain, c’est que tant le PS que les autres partis traditionnels vont perdre de plumes et ça ne m’étonerait pas qe ce soit au profit du « RWF » (Rassemblement Wallonie – France »!
    ON verra ça d’ici 7 mois et 0 jours…….!

  4. « Votre quotidien, notre combat ». On pourrait l’inverser « votre combat, notre quotidien »,la réalité :
    Notre quotidien à Bruxelles : l’horreur !Tout simplement !

    Bruxelles la plus sale ville
    d’Europe,le plus d’insécurité prendre le métro le jour c’est dangereux ,rouler en auto ,c’est dangereux !Être piéton ,c’est dangereux !
    Bruxelles et une gérontophobie aiguë ?Pas de pitié pour les vieux !Quelle belle gestion du Ps,pratiquement présent dans toutes les communes et à la Région ?Pourquoi les Bruxellois ne vote pas pour les provinciales ?Amicalement.

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