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Les présidents de parti perdent du poids

Par Fabrice Grosfilley dans decryptage , le 6 mars 2012 10h52 | 2 commentaires

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Les présidents de parti perdent du poids. Au sens propre c’est vrai pour au moins l’un d’entre eux : Bart De Wever, président de la NVA qui confirme  à la dernière heure avoir perdu 30 kilos. Moins de pommes de terre, moins de pâtes, moins de frites.

Au sens figuré, c’est vrai pour tous les présidents de parti.  On veut parler du poids politique.  Si on prend un peu de recul la photo avant-après  est aussi  saisissante qu’une publicité pour un programme amincissant. Dans les années 80-90 nous nous sommes habitués à des présidents de parti hyperpuissants. La « particratie » tournait à plein régime (puisqu’on parle de poids, vous remarquerez la légèreté du jeu de mots). Etre président de parti, c’était concentrer tous les pouvoirs. Faire les coalitions, nommer les ministres, négocier les budgets, composer les listes,  rédiger les programmes mais aussi  nommer les fonctionnaires,  répartir les subsides, orienter les investissements, financer des travaux. Les présidents de parti étaient au courant de tout, décidaient de tout ou presque tout. Il fut des temps pas si lointains où l’on s’autorisait le cumul présidence-vice premier (Milquet, Reynders) et un autre ou les présidents n’étaient que les relais d’un chef de file gouvernemental (le PRL époque Louis Michel).

La situation a-t-elle changé ? Si on regarde ce qui se passe au niveau du conclave budgétaire la réponse est oui. Nos ministres ont les mains libres et c’est une petite révolution. Une révolution fragile parce qu’elle repose avant tout sur une question de casting. Remontons dans le temps pour ne vexer personne. Des personnalités comme Guy Spitaels ou Jean Gol avaient dans leurs mains un grand nombre de leviers, leurs successeurs n’ont plus autant de pouvoir.  D’abord parce que le monde économique est de plus en plus autonome et se soustrait de plus en plus à la puissance des politiques. Ensuite parce qu’au sein des familles politiques elles-mêmes les rapports de force  ont privé les présidents d’une partie de leurs compétences. Nous sommes passés d’une époque d’hyper-concentration  à une période de rééquilibrage. Quand on travaille en équipe on dilue le pouvoir  et les changements à la tête des partis politiques de ces derniers mois ont accentué le phénomène : les présidents sont toujours les numéros un, mais ils ont dû apprendre à composer avec leurs principaux ministres.  Il y a une tendance lourde à la délégation.

Il y a quelques années  pour un  contrôle budgétaire comme celui que nous connaissons ces jours-ci les présidents de parti auraient plus ou moins discrètement   arbitré le débat. Aujourd’hui les débats budgétaires au mouvement réformateur sont bien portés par les ministres qui siègent au gouvernement, Didier Reynders, Olivier Chastel, Sabine Laruelle. Charles Michel suit les choses de loin. Au Parti Socialiste on n’imagine pas une seule seconde que Thierry Giet dise à Laurette Onkelinx comment elle doit négocier. Au CDH même chose, Benoit Lutgen n’a probablement ni l’idée ni les moyens de dicter leur conduite à Joëlle Milquet ou Melchior Wathelet.  Coté flamand c’est pareil. On n’imagine pas le jeune Bruno Tobback expliquer au vieux routier  Johan Vande Lanotte comment faire des économies.  C’est sans doute plus subtil au Cd&V ou Steven Vanackere doit probablement consulter autant son président Wouter Beke que le ministre président  flamand Kris Peeters. Au VLD  Vincent Van Quickenborne est un jeune vice premier ministre, c’est difficile de juger le partage des rôles entre lui et Alexander De Croo.

Même à Ecolo, l’élection d’un nouveau couple présidentiel va permettre aux ministres régionaux, on pense à Jean-Marc Nollet par exemple, d’avoir encore plus d’autonomie.   Bref, dans tous les partis, le fait qu’il y ait eu des changements de présidents a permis à l’ensemble des ministres de gagner en autonomie. Ce rééquilibrage des pouvoirs est un progrès, à condition que  le ministre en question soit sur sa matière, s’appuie sur  les conseils de collaborateurs spécialisés et  se donne bien pour mission de travailler pour l’ensemble de la population, pas uniquement dans l’intérêt de son parti.

Vous n’êtes pas convaincu  ?  En novembre et décembre dernier, ce sont les présidents de parti qui négociaient l’accord de gouvernement et le projet de budget.  Il a fallu des cris, des drames, des claquements de portes, un passage par Ciergnon. Pour ce conclave budgétaire ce sont les ministres qui ont la main. On ne dit pas que tout est rose, mais nous ne sommes déjà plus dans un psychodrame permanent.

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2 réactions à “Les présidents de parti perdent du poids”

  1. Si ma femme été sure de ne plus manger n’y pommes de terre et plus de pâtes,et perdre 30 kg elle ferait ce régime!!!!!mais faut-il croire le monsieur !!!!!tout ces ministres nous vont avaler des couleuvres.

  2. Les « grosses panses » peuvent maigrir, nous, on nous enlèvera bientôt les os.

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