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Le mouvement de gauche peut-il percer ?

Par Fabrice Grosfilley dans Autre , le 25 juin 2012 08h44 | 10 commentaires

mdg1Lancer un nouveau parti politique en Belgique francophone est toujours un petit événement. Ils ne sont pas si nombreux ceux-qui osent  se lancer dans l’aventure, même si les dernières tentatives n’ont pas toutes été couronnées de succès. Le CDF, le parti des Chrétiens Démocrates Francophones, devenu dans l’indifférence générale les chrétiens démocrates fédéraux, avait été   lancé en 2002,  dix ans après son bilan est maigre, pas de députés ni au niveau fédéral ni au niveau régional.

Bilan à peine meilleur pour le Parti Populaire de Mischael Modrikamen. Lancée en 2009, la formation décroche un député à la chambre en juin 2010. Le député en question, Laurent Louis, a fait sécession et  Rudy Aernout, co-fondateur , a également quitté la formation. Après 3 années d’existence le PP repose sur les seules épaules de son fondateur ou presque . On peut prendre d’autres exemple, Vivant le parti de Roland Duchatelet,  Probruxsel, Belgique unie, toutes ces formations ont eu beaucoup de mal à exister.

Est-ce que ce sera différent pour le mouvement de gauche ?  Bernard Wesphael veut le croire. 400 militants réunis à Namur ce weekend. Un certain nombre d’entre eux ont déjà l’expérience de l’engagement, que ce soit dans le combat politique, dans la représentation syndicale ou dans le militantisme associatif. Bernard Wesphael affirme qu’il a déjà recruté un millier d’adhérent et il parle de succès. A-t-il des chances de percer ? On serait tenté de répondre oui, si on analyse ce qui s’est passé en France avec Jean Luc Melenchon ou en Grèce avec le parti  Syriza.  Le mouvement de gauche prend ses distances avec la social-démocratie et surtout il remet en cause le consensus européen. C’est finalement le seul parti qui refuse le pacte de stabilité. La tactique du mouvement de gauche devrait être assez simple et potentiellement efficace : un discours à gauche toute, pour  essayer de capter les déçus du PS.

Attention quand même, le mouvement de gauche a devant lui  aussi de sérieux handicaps à surmonter. D’abord il n’est pas tout seul. Le parti socialiste reste en Belgique francophone un parti plus socialiste que social-démocrate, comprenez plus à gauche que ses cousins français ou allemand. Pour séduire les déçus du PS, il faut d’abord qu’ils soient déçus. L’auteur de ce blog a aussi noté que le PS gauchise son discours lorsqu’on est en campagne électorale. Toujours à gauche Bernard Wesphael va devoir affronter ses anciens camarades d’Ecolo, on peut imaginer qu’on ne se fera pas de cadeaux. Et puis à gauche de la gauche, il  y a déjà des formations plus ou moins implantées, le PTB par exemple. En France Jean-Luc Mélenchon s’appuyait sur les structures du parti communiste, il a fait croitre un électorat qui pré-éxistait. Bernard Wesphael lui doit créer une formation et un électorat c’est très différent.

Autre difficulté du mouvement de gauche :  trouver des personnalités. On a bien vu José Dubié ce weekend à Namur. Mais c’est un peu faible. Pas de grand syndicaliste, pas de personnalités  connues. Un parti ne repose  pas seulement un leader  charismatique et des militants convaincus, il doit  aussi et surtout  trouver des cadres intermédiaires.

Troisième handicap le calendrier. Le mouvement de gauche  fait l’impasse sur les élections communales et vise les élections de 2014. Deux ans en politique c’est  très très long. Pour qu’on connaisse un parti ,qu’on soit capable de le classer sur un axe gauche-droite, pour qu’on puisse être en sympathie ou en antipathie avec lui, il faut en entendre parler.  Pour cela il faut être présent dans les débats, prendre des décisions, intervenir dans les assemblées. Le mouvement de Gauche n’aura pas cette  possibilité. Aujourd’hui la formation focalise l’attention, reportage dans les journaux, interviews. Le risque de Bernard Wesphael c’est que cette attention risque fort de retomber. Son défi est donc le suivant :  qu’après les trompettes de la naissance, le petit parti ne disparaisse dans le silence.

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10 réactions à “Le mouvement de gauche peut-il percer ?”

  1. Il existe déjà via le PTB dont les outrances peuvent déranger mais qui, à lire « COMMENT OSENT-ILS » de Peter Mertens, EST vraiment encore de gauche avec des miliants vrais humanistes vivant leurs convictions. Wesphael semble, lui, « récupérer » une vague porteuse plus que de montrer qq chose de neuf.

  2. Il y’a effectivement la place en Belgique francophone pour un vrai parti de gauche, qui d’un côté ne soit pas encroûté, caviardisé et corrompu jusqu’à la moëlle (suivez mon regard), et de l’autre ne soit pas non plus idéologiquement surrané, dogmatique et irréaliste. Reste à voir si le Mouvement de Gauche peut aller au-delà des belles paroles.

  3. Et comment qu’il peut percer !___ Il n’y a plus de gauche depuis des décénies en Belgique et ce n’est la Premier Sinsitre P$ qui se revendique lui même de « centre droite » qui vat amméliorer les choses.___Il est grand temps d’avoir une vrai gauche en Belgique mais sans oublier que nous ne sommes pas des bolchéviques !

  4. Petit parti deviendra grand… pourvu pourvu que l’électeur lui prête vie toujours.

    Ce qu’il deviendra, je l’ignore mais je suis, pour ma part, bien heureux de retrouver un parti de gauche en Belgique. Socialiste durant plus de 60 ans, par conviction d’abord, par habitude ensuite et par défaut ou par crainte ces 10 dernières années, je suis maintenant convaincu d’avoir fait le mauvais choix. Le PS a, depuis belle lurette, cessé de défendre les travailleurs laissant ce soin à d’autres organisations comme par exemple les syndicats pour ne finalement plus s’intéresser qu’aux seuls intérêts de ses caciques et autres Princes évêques. Charleroi sort complètement détruit de leurs mains et n’est pas prêt de s’en remettre car leur travail de destruction n’est pas encore achevé. Pour cette ville que j’aime et qu’ils ont transformé en cloaque et pour le reste de la wallonie, une autre politique offrirait aux électeurs une petite lueur d’espoir qui, aussi faible soit-elle, sera toujours la bienvenue.

  5. J’espère que non ;-)

    Quelle catastrophe pour la Belgique (déjà bien mal en point) si c’était le cas…

    Nous sommes dans une crise des dettes souveraines des états et non dans une crise néo-libérale comme essaye de le faire croire ces gauchistes indécrottables.

    Le modèle étatique qu’ils prônent a mené les états maintenant en difficulté à se surendetter.

    Il faut rester réaliste (et vigilant) et ne pas se laisser berner par leurs solutions démagogiques qui ne feraient qu’empirer notre situation déjà bien fragile.

  6. Réfléchissons un peu.. Quand notre « Bon Bernard » a t’il formé son Mouvement de gauche? Mais tout simplement quand il n’a pas eu la « Place » de « Chef écolo » qu’il voulait !Si Bernard était devenu « Chef écolo », le parti mouvement de gauche n’existerait pas, Bernard serait chef écolo et heureux.. De rage, il a quitté écolo, mais en gardant bien sur son salaire de député que lui avait octroyé les citoyens qui avaient voté pour « Bernard l’écolo ».Il est donc devenu « Chef communiste » de son parti : Mouvement de gauche.. Il est soutenu par Josy Dubié un écolocommuniste pensionné..Mélanchon lui le « Chef communiste » du Front de gauche en France, lui a rassemblé 6 groupuscules communistes et l’a eu dans le « Baba ». Nous savons tous ou les régimes communistes ont menés les gens..NON merçi Bernard le communiste opportuniste. Ceux qui ne doivent pas etre heureux, c’est le PTB; Communistes maoistes qui voient arriver Bernard avec un communisme soit disant plus Light…Arretons de nous faires « Entuber » par les arrivistes politiques citoyens…

  7. @ monganga D’accord avec vous mais l’absence de leader charismatique fait que le PTB n’attire malheureusement pas l’électeur. Et puis, qui sait, je crois qu’il existe encore de vrais hommes de gauche au sein du PS qui se décideront peut-être à sortir du bois…

  8. Avec le système particratique actuel et les alliances éternelles PS-MR-CDH etc… il est impossible pour un petit parti de percer, surtout si celui ci n’est qu’une pâle copie du monstre PS.

  9. Fabrice Grosfilley a raison : oui si pas de syndicaliste connu, pas de personnalité connue, une gauche pure où se rejoindront des déçus du PS – qui ne manquent pas – , se faire entendre longtemps avant les élections de 2014. Pas de promesses fallacieuses ou impossibles à tenir, pas de langue de bois, être vrai, tout simplement.

  10. @Yvon > Y’a vraiment que les communistes pour trouver que le PS est à droite…

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