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Le débat sur la rigueur est-il ouvert ?

Par Fabrice Grosfilley dans budget , le 25 janvier 2012 11h01 | Un commentaire>

Vous connaissez la formule : la rigueur oui, l’austérité non.  C’est le discours que la plupart des hommes ou des femmes politiques nous tiennent depuis la rentrée de septembre. Les temps sont durs, il faut se serrer la ceinture. Pour éviter un dérapage budgétaire et résorber la dette de l’Etat les pouvoirs publics doivent avant tout  limiter leurs dépenses, et aussi penser à de nouvelles recettes. Quand on dit pouvoirs publics c’est au sens large : ça concerne l’état fédéral bien sûr, mais aussi la sécurité sociale, avec l’assurance chômage ou l’assurance maladie, les régions, les provinces, les communes.  Au final pour le citoyen ça se traduit soit par moins de services, soit par des indemnités  ou des incitant qui n’augmentent pas ou qui sont revues à la baisse, et parfois dans certains cas peuvent être supprimés.

Cette posture n’est pas uniquement réservée à la Belgique. Le ralentissement économique  touche toute l’Europe, et c’est donc le même discours qu’on retrouve dans toute l’union européenne. Un discours qui peut même s’appuyer sur un exemple concret : la quasi-faillite de l’état grec, voyez ce qui nous attend si nous n’appliquons pas la rigueur.

Depuis quelques jours, ce consensus autour de la rigueur commence à se lézarder. Hier  à 07h50 sur Bel RTL Isabelle Durant disait que l’austérité pour l’austérité n’était pas un but en soi, on a besoin de relance et de projets positifs.

Quelques heures plus tard Benoit Lutgen qui présentait ses vœux à la presse a eu cette formule : « on ne pourra pas faire que de ses soustractions ». Le président du CDH d’expliquer qu’il faut donner de l’espace aux politiques d’emploi, de formation et d’innovation. Benoit Lutgen a ainsi estimé que le budget de l’enseignement devait être « sacralisé »  et qu’il fallait quitter le champ de l’austérité qui ne crée pas de croissance, et en disant cela il se tournait naturellement vers le niveau européen.

Vous vous rappelez il y a  deux semaines Paul Magnette avait déjà critiqué la politique de rigueur prônée par la commission européenne, « on se prépare à 15 ans de récession » avait-il provoquant un tollé. Il n’est jamais bien vu de critiquer les politiques européennes.

Rien de bien neuf dans le débat me direz-vous. C’est l’affrontement classique entre des idées de gauche, pour lesquelles l’Etat doit jouer un rôle moteur, créer de l’emploi servir de stimulant économique, et des idées plus à droite, où le rôle de l’Etat doit être plus limité et  le marché plus libre. Le bon sens c’est qu’un crédit ça se rembourse, et que si les Etats s’endettent ils ne doivent pas oublier qu’il y a un moment où on rembourse les factures. La lutte contre le surendettement ne s’applique pas qu’aux ménages.

Dans ce débat, la thèse favorable à une rigueur « douce » a reçu un renfort assez spectaculaire du FMI. Le fonds monétaire international, institution qui regroupe plus de 180 pays, dont le rôle est de garantir la stabilité  monétaire  et financière,  et de faciliter les échanges internationaux (une sorte de nations unies de la finance) est plutôt connu pour accorder des prêt ou des garanties en échange de plans  d’économies drastiques (politique qu’il a pratiqué dans des pays d’Afrique ou d’Amérique sud où il a été amené à intervenir).

Hier notre FMI a donc annoncé que la zone euro risquait d’être en récession et surtout  il a appelé les gouvernements à  « modérer leurs plans de rigueur ».  Le raisonnement est le suivant : à force de couper les dépenses on risque de stopper la croissance et d’entrer dans une spirale négative. Bref il faut des économies mais pas trop, de quoi sérieusement relancer le débat.

Lundi prochain Bruxelles hébergera un sommet crucial pour l’avenir de l’économie européenne. A l’extérieur, les syndicats mobilisés autour d’une grande grève, contre la rigueur. A l’intérieur, Angela Merkel, garante de l’orthodoxie budgétaire. Tout un symbole.

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1 réaction à “Le débat sur la rigueur est-il ouvert ?”

  1. bonjour,nous voici confrontés a une nouvelle greve ce lundi.je suis chauffeur de bus au dépot de Chastre.Nous sommes 14 chauffeurs a vouloir rouler ce lundi soit 40 pour cent du dépot.Malheureusement ce sera impossible de gagner notre tartine ce jour la car les greviste pur et dur du dépot nous interdisent de sortir,ils ont déja prévu de bloquer ce dimanche l’entrée de celui-ci en mettant de travers des navettes.ils ont droit a la grève nous disent-ils,ils sont en démocratie et nous la dedans ?nous avons plus aucun droits?notre droit au travail?et les gens qui sont prit en otage?pourquoi la direction ne défend pas les gens qui veulent travailler comme certains patron en Flandre?Devons nous aussi venir le dimanche soir dormir au dépot afin que l on ne le bloque pas?au risque deprovoquer des discordes entre collègue?Encore une fois nos permanants ne nous ont pas consulté nous la base,nous les chauffeurs qui les faisont vivre grace à nos primes,n ‘est ce pas d’abord nous qui devons décider si oui ou non nous devons faire grève?pourqoi nos tetes dirigeantes du syndicat seront payé ce lundi alors que nous avons droit a une prime de 30 euros?est ce eux qui vont payer nos factures?ou est la démocratie dans ce pays?nous avons la chance d’avoir un beau métier dans la conjoncture actuel de notre pays ,ne devons nous pas plus tot nous battre afin de garder ce metier plus tot que de manifester chaque fois que nous sommes pas d’accord?Monsieurs laissez nous notre droit au travaille nous respectons votre droit a la greve!

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