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La réforme de l’Etat, entre lièvres et tortues

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire , le 5 juin 2012 11h23 | Un commentaire>

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Démarrage en fanfare. On l’a tellement attendue cette  réforme de l’Etat que les parlementaires semblent décidés à mettre les bouchées doubles. Hier soir, un premier texte a été voté en commission à la Chambre, celui qui va simplifier le droit de vote des Belges qui résident à l’étranger. Un second texte devrait être voté ce matin au Sénat, toujours en commission, celui qui porte sur  la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Oui vous avez bien lu « la » scission de BHV sur le point d’être votée. Le moment est historique, cela fait quand-même 50 ans que certains partis flamands réclament cette scission et que le dossier empoissonne notre vie politique. Roulement de tambour et trompettes flamandes. Mais, minute papillon, n’allons pas trop vite.  Cet examen parlementaire ressemble à la fable du lièvre et de la tortue de Jean de la Fontaine: un départ en fanfare, c’est vrai, mais on est très loin de la ligne d’arrivée. « Rien ne sert de courir il faut partir à point. »

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Il faudra voter 16 textes durant la même séance

D’abord il ne s’agit que d’un vote en commission. Ce qui compte, c’est le vote en séance plénière, les lapins de la majorité ne doivent pas l’oublier. Ensuite vous savez qu’on a affaire à 16 propositions de loi distinctes. On a commencé par 2 propositions très symboliques, le droit de vote des étrangers, revendication du Mouvement Réformateur, et la scission de l’arrondissement électoral, revendication flamande. Comme il s’agit d’un grand accord équilibré (comprenez un grand échange où francophones et flamands ont chacun dû faire des concessions), il faudra voter les 16 textes dans la même séance. Ce n’est donc pas un lièvre et une tortue, ce sont 16 lièvres ou 16 tortues qu’il faut faire arriver en même temps. Et vous aurez noté qu’on devra aussi compter sur l’apport des écologistes, ou, pour le dire à la manière d’une maxime d’une autre fable « on a souvent besoin d’un plus petit que soi » (le lion et le rat).

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Pourquoi est-ce que cela peut aller très vite par moment ?

Tout simplement parce que les parlementaires n’ont aucune marge de manœuvre. L’accord a été négocié par les présidents de parti de la majorité papillon et des deux partis écologistes. Il est interdit ou presque de changer la moindre virgule sous peine de détricoter l’ensemble.  Comme il s’agit d’un compromis, aucun parlementaire n’approuve  la totalité des textes, tous les députés et sénateurs de la majorité constitutionnelle ont le devoir de les voter quand même sous peine de faire exploser l’ensemble de l’accord.

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Pourquoi faut-il démarrer maintenant pour être sûr de pouvoir voter avant l’été ?

La réponse est dans une autre fable de la fontaine « la méfiance est mère de la sureté », (la morale du chat et du vieux rat). Hier, les sénateurs ont eu un avant-gout de ce que pourrait être les manœuvres de retardement de l’opposition. 60 amendements ont ainsi été déposés sur le projet de scission de l’arrondissement électoral, dont 40  sont venus du seul Vlaams Belang.  Les sénateurs, qui pourtant ne voulaient pas réellement débattre, ont donc débattu jusqu’à 23 heures, et le vote a finalement été reporté à ce matin.

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La N-VA reste le vrai blocage potentiel

Si le Vlaams Belang a réussi à retarder le premier vote, c’est surtout de la N-VA que la majorité se méfie. Avec ses 27 députés et ses 14 sénateurs le vrai pouvoir de blocage se trouve là. Le Belang est une petite tortue aquatique,  mais si le parti de Bart De Wever s’y met, on aura affaire à la tortue géante des Seychelles. Pour l’instant la N-VA ne fait pas trop de bruit. C’est justement ce qui inquiète la majorité papillon, car comme le dit toujours la Fontaine, dans le Torrent et la Rivière : « Les gens sans bruit sont dangereux, Il n’en est pas ainsi des autres. » Le jour ou la N-VA se mettra à jouer l’obstruction, il faut se préparer à passer quelques nuits au parlement. 

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Rendez-vous fin juillet ou mi octobre?

Puisqu’on est dans la journée de la Fontaine, je vous livre une dernière de ses maximes  « en toute chose il faut considérer la fin » (le renard et le bouc). En d’autres termes, je vous fixe rendez-vous fin juillet, début aout pour livrer la morale de l’histoire. A moins qu’il ne faille attendre les élections d’octobre pour que nous puissions donner un sens à cette réforme de l’Etat et rédiger la maxime qui conviendrait.

 

 

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1 réaction à “La réforme de l’Etat, entre lièvres et tortues”

  1. diviser pour mieux régner,la NVA attend mais quoi les communales bien sur, pour être plus forte après octobre la division suivra bien sur petit à petit l’oiseau fait son nid.le séparatisme au lieu de l’union,c’est triste mais cela est une réalité Anvers domine la Belgique et son but est la.Fin de notre belle Belgique.
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