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La proposition de principe du FDF

Par Fabrice Grosfilley dans chambre, fdf , le 29 octobre 2010 10h01 | 3 commentaires

BELGIUM BRUSSEL FDF CONGRESSCe jeudi  à la chambre, les députés avaient une liste de 95 propositions de loi à prendre en considération. Cette prise  en considération  signifie juste qu’on introduit le texte dans le parcours législatif. Ce seront ensuite aux commissions de l’examiner, de l’amender et éventuellement de le voter. En réalité au parlement la majorité des propositions de loi ne seront jamais votées, faute  de temps, certaines ne sont même  jamais discutées.

Hier dans cette longue liste il y avait les propositions numéros 55 et 56, signées par  Ben Weyts, Jan Jambon et d’autres députés NVA t qui proposent de modifier les lois électorale en vue de scinder la circonscription de Bruxelles Hal Vilvoorde. Juste derrière, mais c’est un hasard, la proposition 57 d’Olivier Maingain , Damien Thierry  ou Denis Ducarme  (et d’autres députés MR) qui suggère de supprimer l’obligation de bilinguisme pour les fonctionnaires de la région bruxelloise, de quoi  faire hurler les flamands.

Et puis encore un peu plus loin dans la liste une autre proposition signée par Olivier Maingain, Damien Thierry et François-Xavier De Donnéa qui  envisage de revoir les frontières de la région bruxelloise par le biais d’une consultation populaire. Ce texte  demande que dans toutes les communes ou une pétition est signée par 15% des électeurs on organise une consultation sur un changement de région pour ces communes.  

IL faut bien s’entendre sur la prise en considération : c’est une démarche formelle, la plupart du temps sans discussion. Ce n’est que quand on demande l’urgence, le fait de rendre cette proposition prioritaire, qu’on procède à un vote. Au parlement ces dernières années je n’ai vu qu’une et seule proposition  de loi être rejetée au stade de la prise en considération, c’était un texte du Vlaams Belang qui demandait la fin de la Belgique.

Hier il n’ya donc pas eu de discussion, la proposition d’ Olivier Maingain est donc passée, elle va se retrouver dans la pile des textes en attente  à la commission de l’intérieur. Autant le dire tout de suite, c’est un  texte qui n’a aucune chance d’aboutir. Sur la scission de BHV on peut imaginer qu’unz majorité flamande l’adopte. Sur la proposition de consultation populaire , même si tous les députés francophones l’approuvaient ce serait numériquement insuffisant. Cette proposition est  donc un  pur acte de communication, un témoignage. L’occasion pour le FDF de rappeler ses positions de principe. On ne va pas discuter ici du fond : le FDF est dans une démarche parfaitement cohérente par rapport à son programme (son « ADN ») et la proposition s’inspire d’un texte déposé en 1991 par Antoinette Spaak (c’est vous dire si le débat avance 2 décennies plus tard) .  Il n’est pas illogique qu’un parti francophone oppose une proposition francophone à une proposition flamande, et ose jouer la symétrie des positions de principe. Mais on doit souligner le calendrier. Cette proposition a été déposée par le président du FDF le 26, donc mardi. Elle a été distribuée aux autres parlementaires mercredi. Donc à un moment ou tous les partis flamands traditionnels ont déjà annoncé qu’ils calmaient le jeu sur l’arrondissement Bruxelles Hal Vilvorde. Il y a quand même eu un vote à la demande du VB où la majorité des flamands se sont abstenus, les socialistes flamands ont même voté contre l’urgence. Moment sensible, vu du nord, le dépôt de la proposition Maingain aurait pu paraître pour une provocation. La position de principe, à priori gratuite, aurait pu coûter cher. Cela n’empêche pas la démarche d’être probablement réfléchie et je pense même qu’elle éclaire assez bien le puzzle du moment.

 En associant François-Xavier De Donnéa,  Olivier Maingain a pris soin de ne pas s’isoler au sein de son parti et fait passer les messages suivants :  le MR ne participe toujours pas aux négociations et n’est pas tenu de jouer la pacification communautaire.  Se considérant dans une opposition virtuelle à ce stade, le FDF ose la prise de risque. Les réformateurs, ou en tout cas leur composante FDF  tiennent donc à se poser en vigie des droits francophones. Effet collatéral : à  tous ceux qui à la NVA ou ailleurs croient que ce seraient plus simple de changer de partenaires et d’inclure les libéraux francophones dans les discussions communautaires  Olivier Maingain a infligé  hier à la chambre, un brusque rappel à la réalité.

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3 réactions à “La proposition de principe du FDF”

  1. C’est clair , le FDF est pour la défense des francophones . Mr Mainguain est toujours resté sur la même ligne de conduite . C’est le FDF qu’il nous faut en Wallonie .

  2. Sauf à considérer que, grâce au FDF, il sera encore plus facile pour la NVA de bloquer les négociations…

  3. Tiens, tiens, tiens, le FDF veulent une consultation populaire, mais quand le peuple demande un référendum là on lui refuse car ce n’est pas dans notre constitution anti-démocratique, écouter un peu plus le peuple, au moins du côté Flamand ils le font, c’est ça la différence, je pense qu’au nord les gens sont plus malin, maintenant je ne vois pas pourquoi on parle tous les jours de Bart De Werver et de la N-VA , serais-ce la grande panique du côté Francophone, car maintenant ils ont à faire à plus fort qu’eux, je l’ai souvent dis et ce depuis le début que Bart De Wever n’est pas Yves Leterme, mais beaucoup de Francophone on rigoler, mais maintenant rira bien qui rira le dernier, n’est pas ???

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