La compil de Dehaene découvre (un peu) la couronne
Un ancien Premier ministre qui publie ses mémoires, c’est un événement. C’est d’autant plus un événement que Jean-Luc Dehaene a été au sommet de l’Etat pendant près de 30 ans : chef de cabinet dans les années 70, parlementaire dans les années 80, ministre à partir de 1988 et Premier ministre de 92 à 99. Et surtout c’est un événement parce que le démineur, comme on l’a souvent appelé, est un personnage ambigu. Capable de protéger un secret comme personne. Capable aussi de foncer dans le tas, et de dire ce qu’il pense sans langue de bois quand il en a envie. Tous les journalistes qui l’ont connu se remémoreront les deux facettes du personnage : courir derrière Jean-Luc Dehaene, qui ne se retourne même pas parce qu’il n’a pas envie de vous répondre, ou encaisser en plein milieu d’une conférence où il mélange allégrement français et néerlandais dans une seule et même phrase, une déclaration choc au moment où on ne s’y attend pas.
Avec ses mémoires Jean-Luc Dehaene n’écrit pas pour ne rien dire, ses lecteurs ne seront pas roulés. Plus de 950 pages, c’est dense, plein d’anecdotes et c’est du direct. Onze Jean-Luc n’écrit pas avec des gants, et le personnel politique en prend parfois pour son grade. Joëlle Milquet par exemple : « C’est une obsédée textuelle, elle peut devenir crispante pour ses partenaires de négociation »… Philippe Moureaux : « Il essaye toujours de déstabiliser ses adversaires. Il peut se montrer très brutal. » Didier Reynders : « Très intelligent, il en a conscience et ne manque pas une occasion de le faire sentir. Il est glacial et possède une bonne dose de cynisme. »
On l’imagine bien, Jean-Luc, grommelant avec un haussement d’épaules en écrivant ses lignes. Mais le terme écrire ce n’est pas tout à fait juste. Ce bouquin compile des prises de note : Jean-Luc Dehaene avait l’habitude de s’enregistrer avec un dictaphone (je l’ai vu faire). C’est sa secrétaire qui a retranscrit le tout.
Dans ce livre, Dehaene revient donc sur sa carrière politique, s’arrête sur ses années au 16, et regrette d’avoir accepté une mission de trop, celle de la présidence de Dexia. Mais l’essentiel est ailleurs. Longtemps on a pensé que le CVP, l’ancêtre du CD&V et le palais royal ne faisait qu’un. On se demandait qui instrumentalisait l’autre. Que Jean-Luc Dehaene, en bon CVP, était l’archétype du bon ministre proche de la monarchie qui jamais, au grand jamais ne trahirait la couronne.
Pourtant dans ses mémoires, c’est finalement sur ses relations avec le palais que Jean-Luc Dehaene nous en dit le plus. Dehaene était au pouvoir en 93 lors de la mort du roi Baudouin. C’est lui qui organise la succession et installe Albert II, conformément à la constitution. Nous lirons donc comment il a réuni le conseil des ministres et appelé Albert II pour lui dire que le gouvernement souhaitait le voir monter sur le trône et que l’hypothèse de confier le pouvoir à Philippe n’était pas celle qui était souhaitée. L’ancien Premier ministre écrit qu’à ce moment-là, Albert II a accepté la mission mais qu’il songeait à transmettre la couronne rapidement à son fils… Nous sommes 20 ans plus tard, la couronne n’est toujours pas transmise.
Autre petite révélation de l’ancien Premier, la façon dont sont rédigés les discours du roi, pour Noël ou pour le 21 juillet. C’est bien le palais et pas le Premier ministre qui écrit le texte, affirme Jean-Luc Dehaene, même si la constitution prévoit que toute déclaration doit être « couverte » par le gouvernement. « Je ne suis jamais intervenu », affirme-t-il, « le texte m’était soumis lors d’une audience. Je pouvais suggérer des changements, surtout sur des formulations qui pouvaient ouvrir des discussions ou des controverses politiques, mais pendant les 7 ans où j’ai été Premier ministre il n’y a jamais eu de grand débat ».
Et si Jean-Luc Dehaene rappelle dans ce livre qu’il est favorable à une monarchie purement protocolaire, il indique aussi clairement que cette idée n’est pas partagée par Albert II. Ça, mine de rien, c’est un petit scoop. Qui donne à penser qu’Albert II est bien plus soucieux de son rôle politique qu’on ne le pense. Qui prouve que les intentions du monde politique ne sont pas toujours celles du palais. Que le gouvernement et le roi se partagent le pouvoir, que cela créé des frottements, des luttes d’influence. On pouvait s’en douter, mais qu’un ancien Premier, même un peu bougon, l’écrive est une sacré confirmation.


Gonflé d’importance ce gérant de la Belgique n’a jamais eu la moindre vision à long terme…
Sa principale efficacité a été de se faire servir quelques sinécures rémunératrices !
Avec son incompétence dans la gestion de DEXIA qui va couter bientôt très cher aux contribuables Belge, je ne comprends pas que cet individu ose encore se monter et faire parler de lui !
Mémoire de DE HAENE
30 ans…….ben oui, on devient vieux et lui aussi..En plus d’avoir participer à la mauvaise gestion de Dexia, il
« oublie » de déclarer un bonus de 3 millions d’euros.
Courrez vite acheter son bouquin
cela sera bon pour son portefeuille….si DE haene était un citoyen lamba; il serait en prison.
Répugnant.