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Pour Kris Peeters, les idées du sud, ça ne compte pas

Par Fabrice Grosfilley dans cd&v, communautaire , le 7 avril 2011 07h02 | 7 commentaires

kris21Kris Peeters ministre-président flamand, qui est aussi en charge du commerce extérieur, a dû écourter un déplacement au Brésil pour participer au débat. Il a dû revenir sur ses propres déclarations sur le statut de Bruxelles. Il a aussi et surtout dû commenter la décision des francphones de rebaptiser la Communauté française.

Comme on pouvait s’y attendre, plusieurs députés flamands ont crié à la provocation francophone. Deux arguments principaux : en créant une fédération Wallonie-Bruxelles, les partis du sud ne tiennent pas compte de la minorité flamande qui habite à Bruxelles, ces Bruxellois flamands n’ont même pas été consultés, et, deuxième argument, les  francophones se projettent déjà dans le plan B, un scénario d’après Belgique.

Le premier Flamand menaçant

La réponse de Kris Peeters a été un peu plus nuancée, mais elle permet quand même de mesurer le fossé qui sépare francophones et Flamands sur le statut de Bruxelles. Le ministre-président flamand a d’abord bien pris soin de préciser que ce changement de nom ne s’accompagnait pas d’un changement constitutionnel. Aucune conséquence juridique à ce stade. Mais le premier Flamand a été menaçant : si on voulait donner à cette fédération un ancrage constitutionnel alors cela entrainerait des problèmes insitutionnels et politiques. Et Kris Peeters de préciser que son gouvernement ne lâcherait pas Bruxelles parce que la Flandre y investit 670 millions d’euros par an.

Krsi Peeters l’a dit quasi explicitement hier : cette histoire de fédération n’est pas dans la note octopus, on n’en veut donc pas. La note octopus, c’est la fameuse note d’une centaine de pages du gouvernement flamand qui fixait en 2008 les demandes flamandes en matière de réforme de l’Etat. En d’autres termes, le programme flamand doit être appliqué, les idées qui viennent du sud, ça ne compte pas. Conclusion du ministre-président : la fédération Wallonie-Bruxelles n’est pas bonne pour la stabilité du pays.

Le mot « fédération » source de colère flamande

Si on veut aller plus loin, on rappellera que l’expression « Wallonie-Bruxelles » est utilisée par la Communauté depuis 2008. Relisez les textes, vérifiez les photos : en salle de presse, au siège du gouvernement de la Communauté, on peut lire « Communauté française- Wallonie-Bruxelles ». Cela fait donc trois ans qu’on entretient une ambiguïté sur la dénomination et que le problème existe. La nouveauté est donc dans le mot « fédération ». C’est bien parce q’uil évoque l’idée d’un arrimage de Bruxelles à la Wallonie et l’idée d’une collaboration volontaire entre deux partenaires qui auraient les mêmes droits que cela provoque un tollé flamand.

Une guerre des mots

Une anecdote pour terminer. Les communiqués de presse Rudy Demotte porte désormais l’intitulé « ministre-président de la région wallonne et de la fédération Wallonie-Bruxelles ». Pour adopter ce vocable il faudrait quand même au minimum un vote du parlement de la Communauté française, hors à notre connaissance ce vote n’a pas eu lieu. C’est vous dire à quel point on est bien ici dans une affaire de communication. Une guerre des mots en quelque sorte. Il ne faut pas la prendre à la légère. Les mots et les idées, c’est même le cœur même de la politique. C’est avec des mots qu’on fait passer ses projets. C’est même avec des mots qu’on fait se soulever des peuples ou qu’a défaut, on crée des lames de fonds ou des mouvements irréversibles.

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7 réactions à “Pour Kris Peeters, les idées du sud, ça ne compte pas”

  1. M. Peteers a une interprétation flamingante de la Fédération Wallonie -Bruxelles, dans laquelle la REGION de Bruxelles est une entité composée de francophone et flamands, ces derniers étant tout à fait sur le même plan que le premiers. M. Peeters doit comprendre que le vrai moteur futur de ce pays n’est ni la Flandre ni la Wallonie, mais Bruxelles, qui est la seule région actuellement où citoyens et politiques, toute communauté confondue, s’entendent bien.
    Qu’ON EN PRENNE EXEMPLE !!!
    Faut peut être aussi rafraichir la mémoire de M. Peteers: la Wallonie a contribué à la richesse de la Flandre et « s’est lâche de laisser les autres à pied quand on est bien à cheval « 

  2. Habitant La Panne depuis 3 ans, ce matin les chaines Flamande ont interviewé plusieurs hoteliers, en particulier de Coxijde, et ils confirment de nombreuses annulations Wallones et surtout de la Prov.de Liége. Je pense qu’un boycot plus accentué ferait plus réfléchir les flamands à changer leurs votes.

  3. Monsieur Peeters doit savoir qu’il n’y a aucune raison que Bruxelles soit Flamande. S’il est vrai qu’il y a très longtemps cela a été une ville flamande, en fait une ville ou une région est ce que les gens qui y vivent majoritairement sont, c’est à dire francophone et multiculturelle (il y a plus d’arabophones que que néérlandophones à Bruxelles). Si on s’en tient à la logique de Monsieur Peeters, la région de BXL apartient aux dynosaures, ils étaient là bien avant les flamands!

  4. Les francophones sont poltrons ou naïfs. Ils ne se rendent pas compte que la réalité est financière et économique.

    Les partis flamands font tous (de façon administrative, donc en stoemeling) pour que la richesse soit produite, fabriquée en Flandre. Il faut aussi qu’elle reste en Flandre. Pour cela les « biess » de francophones vont encore en Flandre pour les vacances. Et la presse (4ème pouvoir) fait tout pour que les francophones soient bien à la botte des Flamands.
    LA SOLUTION : « PLUS UN SOU FRANCOPHONE POUR LE TOURISME EN FLANDRE ». Vous verrez l’arrogance des partis flamands et le changement de votes des Flamands…..

  5. Le Conseil d’Etat a été suffisamment clair sur cette question pour que l’on puisse recommander à Mr Peeters de se donner moins de mal à faire de l’intox.

    Les accords de 1989 concernant la régionalisation du pays ont institué, parmi trois régions, celle de la Région de Bruxelles-Capitale, région à part entière.

    C’est écrit noir sur blanc dans la Constitution, ce n’est pas ce flamingant arrogant et borné qui pourra y changer quoi que ce soit.

  6. Un jour, mais trop tard, l’histoire dira le mal immense fait à la flandre par ces politiciens à courtes vues et les pseudo-intellos qui ont montés de toutes pièces,au profit de leur influence, un nationalisme communautariste linguistique en le basant sur des mensonges et des « montages »
    et en « inventant »… une langue par le rassemblement artificiel de divers parlés locaux.

  7. Les mots sont effectivement le cœur même de la politique. Mais je crains qu’il n’y ai plus personne pour les écouter. En l’occurrence, ce n’est peut-être pas plus mal.

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