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Didier Reynders, carrefour, les prépensions, Joëlle et le discours de gauche

Par Fabrice Grosfilley dans communication, decryptage, social , le 5 mars 2010 13h19 | Un commentaire>

BELGIUM POLITICS GOVERNMENT SOCIAL PARTNERSC’est un interview en une, 3 colonnes, grande photo. Difficile de passer à côté. Et à l’intérieur du journal une double page avec trois gros chapitres : carrefour, le budget et l’après l ’après crise. Les journalistes  du Soir avancent eux-même une mise en perspective : Didier Reynders veut tourner la page. Fortis et les turbulences internes du mouvement réformateur c’est du passé, le président du MR se positionne sur des dossiers concrets et il veut mettre en application l’appel réformateur, le nouveau manifeste de son parti.

 Alors effectivement, ce qu’on retiendra de cet entretien  est cette petite phrase à propos de Carrefour. Est-ce qu’une entreprise bénéficiaire pour se restructurer ? Ma réponse est simple oui, mais elle en supporte les conséquences. Et Didier Reynders d’être encore un peu plus explicite deux questions plus loin « il faut dire :  Carrefour avant d’investir dans un nouveau décor, une nouvelle campagne de publicité vous allez payer votre passif  social. Envisage-t-on  vraiment de payer les prépensions de Carrefour ? Ou  va-ton oser dire à Carrefour c’est vous qui allez payer ça puisque vous êtes bénéficiaire (…) Gardons les deniers publics pour les entreprises qui sont vraiment en difficulté. »

 Vous avez bien lu :  Didier Reynders propose  de ne pas payer les prépensions dans le cas de Carrefour. Puisque ce groupe gagne de l’argent, c’est à lui de payer. En apparence c’est un discours  très à gauche, qu’on pourrait interpréter comme un signe de la nouvelle communication plus « centriste » des libéraux.  Un vice premier libéral qui s’en prend publiquement à un grand groupe c’est effectivement très spectaculaire.

 Il faut ajouter que  Didier Reynders pointe du doigt un vrai phénomène de grande ampleur. Le recours aux prépensions est effectivement quasi systématique dans tous les grands drames sociaux.  Les grandes entreprises y ont très souvent recours, et c’est effectivement le contribuable qui paye. La question des prépensions est donc un mal belge, et  il est positif de le mettre sur la table.

 Apportons quand même quelques nuances : si Didier Reynders propose de geler les prépensions dans ce cas précis,  il en revanche hostile à l’idée qu’on fasse rembourser des aides perçues dans le passé  par des entreprises « cela n’a aucun sens »  dit-il. Ce débat là est pourtant aussi sur la table, et tant quà chatouiller les grands groupes il serait cohérent d’explorer cette voie là  aussi. Ensuite  peser sur les prépensions, c’est prendre le risque que Carrefour licencie purement et simplement, ce personnel de plus de 50 ou 55 ans  se retrouverait alors au chômage. C’est quand même l’état qui devrait payer. La perspective de voir l’état fédéral entamer réellement un bras de fer avec la direction de carrefour dans les circonstances actuelles est assez peu crédible. C’est donc un positionnement « de gauche » plus que relatif. Disons plutôt une formule choc qui rapporte beaucoup sans coûter grand chose.

 

Enfin il y a un dernier détail qui ne doit pas vous échapper. Le recours aux prépensions c’est l’un des points que doivent désormais négocier la direction du groupe  Carrefour, les syndicats de l’entreprise et la ministre de l’emploi.  Qui est la ministre de l’emploi ? Joelle Milquet,  et vous vous souvenez, puisque vous lisez ce blog régulièrement,  que c’est une grande amie de Didier Reynders. Le président du MR indique d’ailleurs, avec l’ironie qu’on lui connaît,  qu’il n’a pas pu discuter de son idée avec elle puisqu’elle est en déplacement à l’étranger (au Congo en l’occurrence).

Didier Reynders vient de réussir un coup double : tenir un discours en apparence très critique contre les grandes entreprises, bon pour son image,   et mettre en difficulté une de ses collègues présidente d’une formation concurrente.

 

UPDATE à 18H45 : l’interview de Didier Reynders n’est pas resté sans réaction. Le SETCA (syndicat socialiste des employés et cadres) le qualifie de « cynique et indécent ». « Didier Reynders se trompe de cible, il met la pression sur les travailleurs ». « Si on peut compter sur un nouvel adepte de la responsabilisation des entreprises tant mieux » ironise de son côté Joëlle Milquet « mais il ne faut pas changer les régles du jeu pour le cas précis de Carrefour ». Même le syndicat libéral CGSLB se montre critique : « nous ne comprenons pas la logique de la réaction de Didier Reynders ». 

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1 réaction à “Didier Reynders, carrefour, les prépensions, Joëlle et le discours de gauche”

  1. Que fait Madame Milquet au Congo alors que la maison brûle et que nous sommes sans argent, le CDH ne s’est il pas empressé de reprocher la présence des écolos à Copenhage alors que le bassin d’épuration des eaux bruxelloises était à l’arrêt. Si il y a effectivement 4.000 emplois potentiellement libres et que l’on veut ouvrir un nouveau centre commercial dans la région de Charleroi Namur, sommes nous suffisamment riches pour pré pensionner et rajeunir le personnel de certaines firmes. NB carrefour est actionnaire du candidat repreneur.

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