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Communales : des pré-accords à la pelle

Par Fabrice Grosfilley dans Autre , le 20 juin 2012 08h43 | 8 commentaires

imageglobe-20720580Etudier la formation des coalitions est un peu la spécialité du politologue Kris Deschouwer, professeur à la VUB (université flamande de Bruxelles),  qui  a déjà publié plusieurs ouvrages et articles sur le sujet. Sa dernière étude  porte sur les élections communales de 2006, elle est réalisée en commun avec Fanny Wille,  250 pages présentées hier au parlement flamand. Mais il devrait y avoir prochainement une traduction française, annonce la Libre Belgique de ce matin.

A

Qu’apprend-t-on dans cette étude ?

D’abord que les majorités absolues existent plus qu’on ne le pense. Dans 6 communes wallonnes sur 10,  les électeurs ont donné suffisamment de suffrages à une seule liste pour qu’elle puisse gérer la commune seule, sans passer aucun accord. Au total donc, 171 communes wallonnes connaissent des majorités absolues, et dans 110 de ces communes ce sont des listes locales qui se sont imposées, donc des listes qui ont pour dénomination « liste du bourgmestre », ou « liste d’intérêt communal », qui sont souvent des listes de cartel. On notera que ce phénomène concerne surtout les communes rurales, les majorités absolues sont beaucoup plus rares dans les grandes villes.

Deuxième enseignement, dans 3 communes sur 4 les différentes listes essayent de passer des accords pré-électoraux. Méthode de Kris Deschouwer et Fanny Wille pour arriver à cette conclusion : ils ont passé au crible la formation des majorités dans 10 communes flamandes et 10 communes wallonnes, et ont promis à leurs interlocuteurs que les entretiens resteraient anonymes. On ne connaît donc pas les 10 communes en question, ce qui a permis aux élus interrogés de parler un peu plus librement. Car si des préaccords existent, ils sont presque toujours tenus secrets.  Certains de ces arrangements sont conclus pour deux législatures, un gage de grande stabilité du paysage politique communal. Le plus souvent ces accords  prennent la forme d’un document écrit. On le dépose parfois devant un notaire expliquent  les 2 chercheurs, et il y a même des cas ou on prévoit une sanction financière pour le cas où un parti politique  ne respecterait pas ses engagements.

A

Pas 500 jours pour négocier

Les deux chercheurs mettent en avant que la conclusion de ces alliances locales obéit assez peu à une logique idéologique,  même si certains partis ont plus tendance à réclamer certains postes en rapport avec leur programme, et que ces préaccords ont quand même un avantage : cela évite d’avoir de trop longues discussions après les élections. Pour rappel vous allez voter le 14 octobre, les conseils communaux seront installés le 3 décembre, et pour les conseils provinciaux ce sera même le 26 octobre, donc 15 jours après l’élection. Au niveau communal on n’a pas 500 jours pour négocier.

Un rappel quand même : un préaccord, n’est qu’une manière pour les partis politiques de se rassurer. Ils se partagent le pouvoir à l’avance c’est vrai, parce qu’ils ont peur d’en être exclu. Mais le dernier mot revient toujours  à l’électeur. Le projet de coalition défini par un accord pré-électoral, qu’il soit officiel ou caché, déposé devant notaire ou pas, si les électeurs ne lui donnent pas la majorité, ce n’est qu’un bout de papier qu’on pourra déchirer. On peut rédiger tous les préaccords qu’on veut, le  bulletin de vote est le toujours plus fort.

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8 réactions à “Communales : des pré-accords à la pelle”

  1. Est-il encore nécessaire d’aller voter ? Ils arrangent tout cela si bien entre eux, sans nous, et toujours dans l’intérêt premier de leurs concitoyens. Un seul vote, une fois tous les 7 ans pour définir une proportionnelle à tous les niveaux devrait largement suffire pour faire croire à la démocratie.

  2. Bah, la politique c’est comme le lotto… on nous laisse croire qu’on a le choix, mais au final c’est déjà décidé d’avance… d’autant que nos politiciens tiennent à leurs petits salaires cumulables et se serrent les coudes entre eux…

  3. Ces pré-accords sont une hérésie et devraient être déclarés hors-la-loi!

    Même si l’électeur est prétendument le dernier décideur, vous savez pertinemment qu’il n’en est rien car ces pré-accords, majoritairement le fait des 4 grands partis du pays.

    C’est la manière la plus sûre de ne jamais laisser aucun petit parti avoir suffisamment de voix que pour être élu et décider.

    Il y a belle lurette que le jeu des élections n’est qu’une couverture pour toutes les malversations de la gauche comme de la droite.

    J’attends qu’un jour, enfin, dans notre pays, le vote devienne un droit et non une obligation.

    Ce jour-là, et parce que cela signifie que les 4 grands perdront des voix, voire leur pouvoir, j’aurai confiance dans la politique de notre pays.

  4. Cette attitude bafoue la voix de l’électeur, mais le pire :
    - discrédite l’obligation de vote
    - discrédite le choix de l’électeur
    - renforce le sentiment que les élections sont « chiquées » d’avance
    - discrédite la démocratie.
    - Renforce la particratie au détriment de la démocratie
    Si les élections pouvaient vraiment changer les choses, elles seraient interdites depuis longtemps.

  5. Le lecteur a le dernier mot!
    Quelle blague!

  6. [On peut rédiger tous les préaccords qu’on veut, le bulletin de vote est le toujours plus fort.]
    c’est là qu’est le doute …
    qui se sent encore en démocratie dans ce pays ?
    pour ça que, comme de plus en plus de Citoyens, je ne vais plus voter pour ne pas avoir ma part de responsabilité dans ce cirque mais aussi pour être sûr que ma voix ne sera pas donnée à quelqu’un que je n’aime pas.

  7. 7Vercruysse Hughes le 20 juin 2012 à 10:45

    « Communales 2012: quel est le poids des électeurs face aux pré-accords électoraux? !

    Nul !

  8. Oui mais savons nous bien pour qui on vote ?

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