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La fédération Wallonie-Bruxelles étoffe discretement son réseau diplomatique

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française, wallonie , le 25 avril 2012 17h03 | Commentaires fermés

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Il a fallu 4 notes rectificatives pour aboutir. Le 29 mars, à la veille des vacances de Pâques, le gouvernement de la fédération  Wallonie-Bruxelles a approuvé le « redéploiement du réseau des délégations « Wallonie-Bruxelles International ».  Ce réseau WBI est un peu le corps diplomatique des francophones, et permet aux Wallons et aux Bruxellois d’entretenir des relations privilégiées avec certains Etats sans devoir passer par la diplomatie fédérale. Sont privilégiés depuis toujours au sein de ce réseau les pays de la francophonie et ceux avec lesquels la fédération  Wallonie-Bruxelles (ex communauté française) entretient des liens privilégiés dans le cadre des politiques qui relèvent de sa compétence (coopération culturelle et universitaire  par exemple).

Le fait saillant du dossier, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre,  est incontestablement la création de 3  nouveaux postes de hauts- représentants qui ne seront pas chargés de représenter les francophones sur une aire géographique précise mais sur une « approche sectorielle » afin, dit le document gouvernemental, de « croiser les priorités thématiques et géographiques qui s’inscrivent dans un principe d’itinérance ».  Ces hauts représentants échapperont à la carrière extérieure, c’est-à-dire qu’ils pourront être recrutés en dehors du sérail, mais attention, ils devront être auditionnés par le parlement de la fédération, ce qui devrait limiter la tentation des candidatures-copinages : on peut compter sur les parlementaires et sur la presse pour que ces auditions ne soient pas qu’une formalité.

L’hypothèse de 4 postes avaient été avancée, le gouvernement n’en retient, d’après mes informations, que 3 : un haut représentant aux droits fondamentaux, comprenez les questions relatives aux droits de l’homme, qui sera basé à Genève, un haut-représentant « en charge du multilatéral »  qui s’installera à New York et qui représentera les francophones auprès de l’ONU (l’ambassadeur fédéral va apprécier)  et un haut-représentant  spécialisé dans la surveillance des nouveaux marchés  qui sera stationné à Mumbai en Inde et qui devra stimuler la coopération avec les économies émergentes.

Bien sûr, 3 postes pour 3 formations politiques, cela tombe assez bien, d’autant que la note précise que « le gouvernement se réserve le droit de désigner un  4ième haut représentant (…) si de nouvelles opportunités spécifiques de coopération devaient voir le jour ». D’après mes informations les nominations devraient intervenir dans le courant de l’été.

Mais la notification ne se résume pas à ces trois nominations. Elle entérine également le recrutement d’un directeur artistique pour diriger le centre culturel de Paris (ce centre sera désormais sous la tutelle officielle du délégué), la désignation d’un diplomate à Lubumbashi, la nomination d’un expert scientifique à Boston  et  l’ouverture d’un poste diplomatique à La Haye. A l’inverse la délégation de Prague sera fermée et transformée en simple antenne locale, et la délégation de Genève deviendra la base du haut- représentant aux droits fondamentaux. Au total, compte tenu des mouvements de personnel, il ne devrait y avoir que 5 ou 6 embauches, par le biais d’un appel à candidature et d’un jury. L’opération se traduira par un surcout de 1, 1 million par an, à trouver sur le budget de WBI.

Jusqu’à cet article, l’affaire était restée discrète. On peut le comprendre : petit à petit les francophones se dotent d’un réseau diplomatique qui  ressemble de plus en plus à un réseau parallèle, susceptible de faire concurrence à celui des affaires étrangères. Par ailleurs on se souviendra qu’il y a quelques années on avait restructuré le réseau WBI  pour faire des économies. La tendance est désormais au redéploiement.

Jean-Marc Nollet veut un nouveau thermomètre du bien-être wallon

Par Fabrice Grosfilley dans wallonie , le 25 avril 2012 10h02 | Un commentaire>

nolletblogC’était prévu par la déclaration de politique régionale du gouvernement wallon. Jusqu’à présent, on mesurait  la richesse d’une société et les performances de  ceux qui la dirigent essentiellement avec  des indices économiques. Le produit intérieur brut par habitant est le critère le plus utilisé dans cet exercice de classement et d’évaluation. Il calcule la valeur marchande des biens et des services produits par une société et la la divise par le nombre d’habitants concernés. En Wallonie c’est l’IWEPS, l’institut wallon de l’étude de la prospective et de la statistique, qui est chargé de l’exercice, le tout étant  ensuite validé par l’institut Eurostat. C’est ce PIB par habitant  qui nous permet de dire que la Belgique était en 2010, économiquement,  le 8e pays d’Europe, derrière  le Luxembourg (nos voisins sont champions d’Europe) et les Pays-Bas, 2eme, mais aussi le Danemark, l’Autriche, l’Irlande,  mais devant  la Finlande, la France ou le Royaume-Uni.

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Le PIB ne dit pas tout…

Ces chiffres cachent de grandes disparités régionales. Si je reprends des chiffres de 2008, toujours validés par Eurostat, Bruxelles est dans le top 3 des régions les plus riches de l’union, avec un PIB par habitant de 60 000 euros, la Flandre est aux alentours de  32 000 euros annuels par habitant et  la Wallonie à 22 000. Il faut bien comprendre ces chiffres : il s’agit de la moyenne de la richesse produite, ce n’est pas ce que gagnent les habitants. Si on prend Bruxelles on sait que la richesse produite provient du fait qu’il y a de grandes entreprises, beaucoup d’activités dans le tertiaire,  or cela ne profite pas directement aux Bruxellois, puisque Bruxelles est aussi la région ou il y a le plus fort taux de chômage, et de réelles poches de pauvreté.

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Rarement la faute du thermomètre

Coté Wallon, le gouvernement a donc émis le souhait de se doter d’autres indicateurs que ce fameux PIB. Il a appelé cela les indices du bien-être.  L’IWEPS  a déjà dégagé 29 indicateurs possibles. Le ministre du développement durable, Jean-Marc Nollet, a décidé de consulter la population pour en retenir au final 4 ou 5. L’une des manières de consulter la population sera via un site en ligne.  C’est le journal L’Avenir qui en révèle l’adresse ce matin www.indicateurswallonie.be.  Vous arriverez sur une page avec un paysage et ou vous demandera de choisir 10 critères qui seraient importants pour vous. Cela va de l’emploi au logement, en passant par la mobilité. L’objectif du ministre serait de disposer de ces nouveaux indicateurs pour le mois de novembre.

J’ai été sur le site. C’est rigolo, amusant. Mais j’ai un peu peur que ces indicateurs du bien-être wallon ne pèsent pas grand-chose face aux chiffres d’Eurostat. L’intérêt d’un indice c’est justement de pouvoir se comparer aux autres.  Un indice rien que pour nous permettra de mesurer la progression d’une année à l’autre, mais pas de voir si on rattrape ou pas les pays voisins.  Vous savez ce que disent les médecins ? Quand on a de la fièvre, ou quand on en a pas, c’est rarement la faute du thermomètre.

Visite à Valence, ou comment une piste d’athlétisme peut cacher un vélodrome

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française, wallonie , le 2 avril 2012 09h37 | Commentaires fermés

C’est un déplacement qui est presque passé inaperçu. Vendredi André Antoine, le ministre du budget et des sports de la fédération Wallonie-Bruxelles était à Valence en Espagne. Objectif : visiter la Paulo Velodromo Luis Puig une salle d’athlétisme présentée comme l’une des plus modernes d’Europe. Il s’agit de se renseigner avant de lancer un appel d’offre pour cette fameuse piste couverte qu’on doit construire à Louvain la Neuve. Après Valencele ministre et ses experts devraient aussi visiter Gand, Vincennes et Cardiff.

Le Paulo Velodromo, comme vous vous en doutez c’est au départ un vélodrome. Quel rapport avec l’athlétisme  me direz-vous ? C’est là que ça devient intéressant. Ce Vélodrome construit en 92 a été transformé deux ans plus tard en salle d’athlétisme dernier cri. On a ajouté un toit et surtout un système hydraulique  qui permet en quelques minutes  de rajouter les couloirs extérieurs qui permettent de passer des coureurs à pieds aux écraseurs de pédales. Ça marche tellement bien que le Paulo Velodromo a accueilli les championnats du monde d’athlétisme en salle en 2008 :  646 athlètes, 26 épreuves. Cette année-là Tia Hellebaut avait décroché la médaille d’or au Penthatlon. Accessoirement le Paulo Velodromo peut aussi accueillir des concerts, Lenny Kraviz ou Iron Maiden par exemple s’y sont produit.

Ce Paulo Velodromo a couté 25 millions d’euros. Ça tombe bien  c’est exactement la somme dont dispose André Antoine pour son projet. Et puisqu’on peut partir d’un vélodrome pour faire une salle d’athlétisme, l’inverse est évidemment vrai.

Vous avez compris où je veux en venir. Le projet de centre sportif de haut niveau continue de faire courir André Antoine. Avec une petite astuce : ce projet n’existe plus, il a été recalé par le gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles. Ce qui existe c’est un projet de piste couverte que le ministre finance sur le budget de son département des sports, avec un petit plus apporté par la province du brabant wallon. L’exemple de Valence montre que ce projet peut être bien plus qu’une piste d’entrainement.  Une fois que la piste sera là, il sera sans doute impossible de faire machine arrière. Vouloir  installer d’autres salles de sport ailleurs, ce serait du saupoudrage, et cela risquerait de faire un tollé.

Bref, le centre sportif ressemble à une course de cyclistes sur piste. On a passé beaucoup de temps à s’observer.  A se jauger, vélos quasiment à l’arrêt, liégeois et brabançons épaules contre épaules, montois dans la roue. Et puis André Antoine a choisi de faire l’extérieur, tout en haut près des gradins… « plus de centre de haut niveau, ce ne sera qu’une simple piste couverte ». Les autres sprinteurs se sont relevés. On a cru la course terminée. Depuis Valence, le sprinteur Antoine vient de repiquer vers le centre. Il est tout près de la ligne d’arrivée.

Gauche Française et Gauche Belge : point(s) de comparaison

Par Fabrice Grosfilley dans ps, wallonie , le 27 mars 2012 08h40 | 5 commentaires

imageglobe-34151643Peut-on faire un « copié-collé » entres les partis de  gauche français et les partis de  gauche belges francophones ? Depuis hier  on est tenté de faire deux parallélismes.

Premier parallélisme entre la France et la Belgique, la situation de Bernard Wesphael. Dans quelle structure l’ancien député Ecolo va-t-il pouvoir rebondir ? Dans un parti traditionnel, comme le PS , cela semble exclu. En électron libre, Wesphael seul contre tous, ce serait suicidaire. Au sein d’un nouveau mouvement, il faudrait d’abord le créer.  A gauche de la gauche, cela reste la solution la plus logique, elle correspondrait aux thèmes portés par Bernard Wesphael lors de sa campagne interne pour la présidentielle écologiste.

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Deux portes s’ouvrent à Wesphael

Hier soir deux partis ont publiquement fait les yeux doux à cet élu qui se revendiquait vert  à l’extérieur mais pourrait se révéler rouge à l’intérieur. Première proposition du « parti de gauche », une formation française, fondée par Jean-Luc Melenchon lorsqu’il a quitté le parti socialiste français en 2008. Dans un communiqué publié sur son site, le parti français affirme que « le départ de Bernard Wesphael pourrait bien ouvrir la voie à la constitution en Belgique francophone d’un mouvement combinant aspirations de progrès social, défense des valeurs laïques et mise en œuvre d’un développement économique axé sur le concept de planification écologique« .

Deux heures plus tard, autre appel du pied du PTB, le parti du travail de Belgique. Son porte-parole indique à l’agence Belga que son parti serait « ouvert » si Bernard Wesphael était candidat pour le rejoindre. Plus intéressant encore, le PTB se dit  favorable à un « front de gauche » pour les législatives de 2014. Front de gauche, c’est l’appellation qui regroupe le parti de Jean Luc Melenchon, le parti communiste français, et  quelques autres formations politiques mineures. Un front de gauche qui rencontre un vrai succès en France : Jean Luc Melenchon mobilise les foules, 100.000 personnes place de la Bastille, dynamite les plateaux télé. Bref, le fait de monter au front anime la campagne. L’idée de regrouper des petits partis de gauche sous l’appellation front de gauche avait déjà été tentée aux élections législatives de 2010 (liste numéro 18 si mes souvenirs sont bons), cela n’avait pas été convaincant. L’exemple de Mélenchon, et la disponibilité de Bernard Wesphael pourrait redonner un peu de vigueur à cette idée.

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« Les Belges s’intéressent à la France, et l’inverse est vrai aussi »

Deuxième parallélisme envisageable, la présence de Martine Aubry à Bruxelles hier. La présidente du parti socialiste français est venue animer un meeting au Claridge à Bruxelles. Elle vient soutenir un candidat aux élections législatives. Il y a plus de 100.000 Français résidant officiellement en Belgique, dont près de  70.000 inscrits sur les listes électorales. Cela représente une petite ville moyenne. Qu’a-t-elle dit Martine Aubry ?  « Les Belges s’intéressent à la France, et l’inverse est vrai aussi. Nous avons été très touchés par le dramatique accident de Sierre, et vous l’avez également été lors des tueries de Toulouse et Montauban. »  Et puis elle a aussi rendu hommage à Elio Di Rupo et à son « courage extraordinaire »,  sans oublier de critiquer l’Europe de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel « l’Europe  a perdu son sens, elle ne doit pas être  gouvernée par la finance. »

A gauche c’est donc un peu une histoire d’inspiration. Melanchon inspire Wesphael, Aubry aimerait voir Hollande s’inspirer de Di Rupo. C’est une posture classique de campagne électorale : s’afficher aux cotés d’un parti « frère » ça vous crédibilise le discours. On n’ira pas trop loin dans la comparaison. Le PS français est souvent en difficulté, le PS wallon est un parti historiquement dominant. Le PS wallon reste très à gauche, lié fortement à un syndicat, alors que le PS français est plus social-démocrate. Les formations à gauche du PS belge sont électoralement discrètes, alors que le PS français compose depuis toujours avec des communistes ou des trotskistes plus ou moins présents. Les verts belges sont structurellement bien implantés alors que les écologistes français connaissent des succès aléatoires. Le paysage politique français bouge beaucoup alors que les partis wallons et bruxellois sont plutôt électoralement stables. Le mode de scrutin n’est pas le même (majoritaire d’un coté, proportionnel de l’autre) et les campagnes sont moins personnalisées en Belgique qu’à Paris, surtout pour une présidentielle. Melanchon n’est pas Wesphael, Di Rupo n’est pas Hollande et la colonne du Congrès n’est pas la Bastille. Le parallélisme c’est aussi une histoire de lignes qui se ressemblent peut-être, mais qui ne se croisent jamais.

Réunionistes : Gendebien s’efface

Par Fabrice Grosfilley dans wallonie , le 19 mars 2012 14h40 | 2 commentaires

paul-henry-gendebien-laurent-brogniet3Le Rassemblement Wallonie-France  vient de changer de présidence. Un communiqué du parti rattachiste (ses membres préfèrent le terme de réunionistes) indique que Laurent Brogniet a été élu président  à l’occasion d’un congrès statutaire.. Paul-Henry Gendebien, qui co-présidait le parti portera désormais le titre de « président-fondateur. »

 Même si les deux hommes se partageaient la direction du RWF c’est une petite révoultion tant Paul-Henry Gendebien incarnait médiatiquement le combat du RWF. Ancien député  puis député européen du Rassemblement Wallon (il présidera le parti lorsque François Perin devint minsitre en 1971), puis délégué de la communauté française à Paris, Paul-Henry Gendebien était revenu à la politique belge en 1999. L e verbe haut,  amateur de petites phrases, il avait tenté de fédérer pluiseurs courants  régionalistes ou rattachistes, mais le score du RWF est toujours resté décevant, n’obtenant que 1,7% aux dernières élections législatives.

 

La photo de Laurent Brogniet et Paul Henri Gendebien est tirée   du site du RWF.

Emily Hoyos fait cadeau de ses indemnités de départ (et Deleuze aussi)

Par Fabrice Grosfilley dans ecolo, wallonie , le 8 mars 2012 09h54 | 6 commentaires

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C’est la Libre Belgique qui publie l’information. Emily Hoyos a confirmé par mail au greffe du parlement wallon qu’elle renonçait à l’intégralité de ses indemnités de sortie. Cela concerne aussi bien ses indemnités de présidente,  que son indemnité de base en tant que parlementaire. Au total 120 000 euros bruts. Et Emily Hoyos de préciser à la Libre : «  Je quitte mon mandat le mardi 13, mais j’ai un nouveau salaire à partir du 14 (…) l’argent public doit servir à autre chose. »

Evidemment c’est plutôt une démarche sympathique. La plupart du temps les députés ou les présidents de parlements ne crachent pas sur ces indemnités de sortie, qui entrent de le calcul de leur pension.  Une indemnité qui est calculée en fonction de la longueur de leur carrière parlementaire : José Happart avait ainsi empoché 530 000 euros, ce qu’Emily Hoyos avait vertement critiqué à l’époque.  Ne pas se mettre dans la même situation que son prédécesseur au perchoir, c’est  de l’éthique,  de la bonne gouvernance et aussi  simplement de la cohérence, voire de la prudence. On ne peut pas faire soi-même  ce qu’on reproche aux autres.

Il faut quand même souligner qu’Emily Hoyos n’est pas tout à fait dans la même position que José Happart.  Le hérisson fouronnais quand il a quitté la présidence du parlement wallon savait qu’il allait vers la fin de sa carrière politique. Emily Hoyos est au début d’une nouvelle aventure puisqu’elle accède à un nouveau poste. Mais ne sous-estimons pas son geste :  elle se met ainsi en conformité avec ce qui pourrait sembler évident aux yeux de l’opinion. Qu’on protège les élus pour qu’ils aient un matelas de sortie lorsqu’ils perdent une élection c’est bénéfique pour la démocratie. Cela évite que des candidats aux élections ne se recrutent que parmi les fonctionnaires, qui, eux,  ont la garantie de l’emploi.  Devenir député c’est souvent mettre un terme à une autre carrière professionnelle. Avoir  une indemnité quand on ne l’est plus  c’est une sécurité,  pour  s’offrir le temps de se reconvertir. Quand cette indemnité est perçue alors qu’on quitte le parlement et qu’on  a déjà un nouveau boulot, on n’est plus dans la sécurité, mais dans l’appât du gain.

Emily Hoyos n’est pas la première à renoncer à cette indemnité de sortie. Le député flamand Sven Gatz l’avait fait en juillet dernier, pour un montant estimé à  300 000 euros, de quoi s’acheter un bien immobilier. Inge Vervotte, ministre des entreprises publiques avait fait la même chose en septembre. Côté flamand on a même envisagé de supprimer l’indemnité des parlementaires de sortie en cas de démission. Si vous quittez le parlement en cours de mandat, pas d’indemnité, ce serait assez logique. Si le geste éthique et personnel qu’Emily Hoyos pose aujourd’hui devenait une règle qui s’applique à tous ce ne serait pas plus mal. On va d’ailleurs vérifier qu’Olivier Deleuze  a fait la même chose à la chambre. Ce n’est pas parce que l’annonce intervient  au matin de la journée mondiale des femmes que les hommes ne doivent pas s’appliquer la même éthique.

 

Update à 10h00 : il se confirme qu’Olivier Deleuze renonce également à son indemnité de départ, soit environ 150 000 euros brut.

L’effort francophone porte sur les dépenses

Par Fabrice Grosfilley dans budget, wallonie , le 6 mars 2012 13h31 | 5 commentaires

Le conclave wallon s’est terminé hier soir  sur un cocorico : mission accomplie. Les minitres de la région wallonne et de la fédération wallonie-bruxelles ont donc bien trouvé 252 millions d’euros comme promis pour rester dans les clous de ce qui est permis (pour rappel l’équilibre n’est prévu qu’en 2015).

Comment feront-ils ?  D’abord en recalculant certaines recettes (236 millions). Pas de nouvelles taxes mais l’activation de dividendes liés à l’activité des aéroports de Bierset et Charleroi via la Sogepa  (la région, actionnaire, se fait payer pour ses participations et espère toucher pas loin de 2 millions), ou une révision à la hausse d’une taxe sur les captages d’eau (décidée l’an dernier, mais pas toujours intégrée par les sociétés de distribution,  on l’aurait sous-estimée de 3 millions), ou de divers subsides européens. Au total le chapitre recettes est en hausse de 16 millions.

L’essentiel de l’effort (236 millions) portera donc sur les dépenses. L’enseignement (7 milliards sur les 9 milliards que pèse la fédération) et le plan marshall 2.vert étant immunisés, tous les autres département vont devoir se serrer la ceinture. Ce sera le cas principalement pour les dépenses non obligatoires (communication, études diverses), mais plus globalement pour tous les budgets on va faire la chasse au gaspi. Si l’inflation est prévue à 2,7% (3% selon la toute dernière estimation du bureau du plan),  pour les administrations wallonnes elle sera ainsi limitée à 2%. Cela veut dire concretement que tous les départements ou organismes subsidiés par la Wallonie ou par la fédération vont devoir raboter leurs dépenses pour respecter ce plafon « inflation bloquée »poste par poste. Chaque ministre est libre de proposer des mesures alternatives pour autant qu’il aboutisse au même montant d’économies.

En ce qui concerne les fonctionnaires les minsitres annoncent qu’on ne touchera pas à l’émploi ni à l’indexation des salaires. Certains  postes laissés vacants par des départs volontaires  ou des départs en retraites pourraient ne pas être remplacés.

Economies budgétaires : les wallons y travaillent aussi

Par Fabrice Grosfilley dans budget, wallonie , le 29 février 2012 09h36 | Commentaires fermés

Les travaux ont déjà eu lieu en Région flamande, ils sont en cours pour la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais comme l’essentiel de l’attention journalistique est braqué sur le gouvernement fédéral on n’en a presque pas parlé. L’impact du ralentissement de la croissance pèse aussi sur les gouvernements régionaux. C’est mécanique, il y a même une clef de répartition qui est définie et plus ou moins acceptée par tout le monde : à  chaque fois qu’on annonce un effort budgétaire au fédéral, les entités fédérées doivent aussi se serrer la ceinture.

Ainsi quand on cherche 2 milliards au fédéral, cela représente 700 à 800 millions de plus à trouver au niveau des régions. Du coup c’est bien toute la Belgique qui se retrouve en conclave budgétaire. Les Flamands viennent de boucler leur exercice. Comme ils avaient basé  leur budget sur une hypothèse de croissance de 1,6% ils devaient trouver 540  millions. On a donc raboté sur les dépenses de fonctionnement,  reporté des mesures sociales qui avait été annoncées comme une prime pour enfant ou des allocations scolaires, retardée la mise en disponibilité des enseignants de maternelle (elle est portée de 56 à 58 ans)  et, même si c’est une goutte d’eau dans l’océan, diminué légèrement le salaire des ministres (-2%).

Pour la Région wallonne et la fédération Wallonie Bruxelles, une première réunion en comité restreint a eu lieu lundi mais les travaux du conclave budgétaire  auront réellement  lieu lundi prochain.  Les ministres wallons et francophones procéderont sans doute comme le comité de monitoring le recommande au fédéral. Ils doivent trouver 200 millions, mais iront sans doute plus loin en prévoyant un matelas supplémentaire de 50 millions au cas où la croissance continuerait de ralentir.

Où va-t-on trouver l’argent ? Ca c’est ce que décideront les ministres lundi. Ils le feront à un moment ou la presse aura les yeux rivés sur le fédéral. Pour trouver 250 millions la recette consiste probablement à serrer les boulons un peu partout, à reporter l’un ou l’autre investissement (on pense à ce fameux centre sportif de haut niveau) et  il sera difficile de ne rien faire dans l’enseignement, puisque cela représente l’essentiel du budget de la fédération. Malgré tout on reste en Wallonie  dans de sommes modestes, ce ne devrait pas être trop douloureux.

Il y a  quand même un point sur lequel le débat peut s’envenimer ce sont les compétences usurpées. N’ouvrez pas vos grands yeux, je vous explique ce que c’est. Les compétences usurpées sont des actions politiques qui sont aujourd’hui financées par l’état fédéral, alors qu’on pourrait  considérer qu’elles relèvent de la compétence des régions.  C’est le cas de la politique des grandes villes ou de certains aspects de la politique de prévention en matière de santé publique. Au total 250 à 300 millions que le fédéral ne voudrait plus payer, mais que les régions n’ont pas réellement les moyens de payer non plus. En d’autres termes si on transfère ces compétences usurpées, ce ne sont plus 250 millions, mais 350 millions que le gouvernement wallon devra trouver, et là ça va commencer à  faire mal.

Ce matin Elio Di Rupo convoque un comité de concertation, cette instance au sein de laquelle se retrouvent les ministres du fédéral, des régions et des communautés. Théoriquement  ce comité  se réunit tous les mois mais avec les affaires courantes cette bonne habitude avait été suspendue. Aujourd’hui, ce  sera  donc la première fois depuis l’installation du gouvernement en décembre dernier.  C’est l’aspect positif du débat budgétaire : quand on se répartir les économies à réaliser, on est bien obligés de se parler.

Rudy Demotte et Charles Michel remanient leurs gardes rapprochées

Par Fabrice Grosfilley dans mode d'emploi, mr, wallonie , le 31 janvier 2012 15h03 | Commentaires fermés

Il y a du changement dans l’entourage de Rudy Demotte. A partir de demain c’est Sophie Paczkowski  qui prendra le rôle de porte-parole du ministre-président wallon. Echevine à Pont-à-Celles,  elle  était déjà passé par le cabinet de la présidence wallonne avant de parfaire ses compétences dans la communication politique aux cotés de Florence Coppenolle, au siège du PS entre 2005 et 2008. Elle était ces derniers mois en charge la communication de l’IFAPME. Son arrivée au sein de l’équipe Demotte est la conséquence du départ des deux conseillers communciations précédents : Christopher Barzal a rejoint Monica De Coninck, la minsitre de l’emploi, et Sarah Vandrecruys est au cabinet de Johan Vande Lanotte.

Autre modification de personnel,  chez les libéraux, dans l’équipe de Charles Michel. Le président du MR a décidé de s’adjoindre les conseils d’ Anne Junion, pourtant ancienne membre du cabinet de Didier Reynders aux finances, comme nouvelle chef de cabinet, et directrice du centre Jean Gol. Jean-François Robe qui occupait ce poste depuis l’arrivée de Charles Michel à la présidence retourne au Parlement wallon en qualité de secrétaire politique du Groupe MR.

Gérald Duffy, Conseiller à la Présidence du MR, l’un des « sherpas » de Charles Michel pendant les négociations fédérales deviendra Secrétaire Politique au Groupe MR de la Chambre  et travaillera donc aux côtés de Daniel Bacquelaine.

Plan W contre Horizon 2022 : Rudy Demotte et Jean-Claude Marcourt inventent la paternité partagée

Par Fabrice Grosfilley dans wallonie , le 27 janvier 2012 09h53 | Commentaires fermés

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Horizon 2022 c’est un peu la surprise du chef. L’annonce qu’on n’attendait pas, et qui a un peu surpris tout le monde.

D’abord horizon 2022 c’est quoi? Un plan de mobilisation pour la Wallonie. « La Wallonie n’a pas 10 ans pour se redresser », a dit son ministre-président Rudy Demotte. Il va falloir organiser les transferts de compétences  de la réforme de l’Etat, se retrousser les manches, se préparer au grand choc. Ce grand choc, qui ressemble à un horizon qui désormais se rapproche rapidement, c’est justement le moment où la Wallonie ne pourra plus compter sur les transferts financiers qui viennent du nord du pays.

Concrètement, au-delà des slogans, cela veut dire constituer des groupes de travail qui vont plancher sur les transferts de compétences, sur les objectifs à atteindre et sur l’organisation de la Wallonie de demain. Trois axes sont annoncés: le socio-économique (il faut relever le taux d’emploi), les institutions (il faut organiser les transferts de compétences et si possible rationaliser les services) et le budget. Chaque administration wallonne est concernée, et au sommet la coordination et la synthèse seront l’œuvre d’ une « task force », un groupe central si vous voulez. Point fort du projet, il s’appuie sur les partenaires sociaux: les syndicats et les patrons wallons sont associés, et ils ont fait savoir  hier qu’ils appréciaient la démarche. Point faible: il ne concerne que la Wallonie. Si on veut parler de régionaliser l’enseignement par exemple, ou de matière qui concernent aussi les bruxellois, il faudra le faire ailleurs.

Est-ce que ce plan est une réponse de Rudy Demotte à Jean-Claude Marcourt ? Le ministre-président wallon a évidemment répondu « non » à la question. Le gouvernement travaille sur ce plan depuis le séminaire de Bastogne (c’était donc fin aout). Et il n’y a qu’un pilote dans l’avion, c’est le ministre-président, dit-il ce matin au journal Le Soir.

Il n’empêche, tous les observateurs politiques font évidemment le lien entre les question de Jean-Claude et la réponse de Rudy, notamment parce qu’on a pas l’habitude qu’un si gros projet puisse rester secret aussi longtemps (entre Bastogne et hier, 4 mois se sont écoulés). Plan W et le plan horizon 2022 seraient donc 2 appellations différentes pour désigner le même processus, comme quoi il n’était pas si sot de lancer le débat. C’est évidemment le bon moment de le faire: avec le transfert de compétences en matière d’emploi, de fiscalité et d’allocations familiales aux Régions, il vaut mieux se poser des questions avant plutôt qu’après. Au final, ce qui compte ce n’est pas vraiment qui est le père du débat, mais que le bébé ait une bonne tête. Pour les idées on n’a d’ailleurs pas encore inventé le test ADN, et on suggère à Mme Wallonie de pas trop perdre de temps à ça. Pour redresser l ‘économie wallonne, peut être que deux pères valent mieux qu’un, et peut être même que deux papas ce n’est pas encore assez. Si une double paternité ambiguë permettait aux deux ténors de veiller en bonne intelligence à la croissance du gamin, ce serait même l’idéal.

Hier soir, il restait une question en suspens: Est-ce que l’opposition (en l’occurrence en Wallonie le MR), sera ou pas associée aux débats ?

Là, la réponse n’est pas venue ni de Rudy ni de Jean-Claude, mais de Thierry. Thierry Giet, le président du PS qui a prononcé ses vœux hier soir à Bruxelles. Extrait du discours : « Il ne faut pas se tromper de débat. Il est question de construire ENSEMBLE l’avenir des Wallons et des Bruxellois au sein d’un Etat fédéral stabilisé et rénové. Ce débat, nous devons le tenir avec les partenaires sociaux et l’ENSEMBLE des partis francophones. » L’ensemble des partis: comprenez que l’on proposera bien à l’opposition régionale de s’associer. Le débat sur l’avenir de la Wallonie, c’est un peu comme un puzzle. C’est quand on met tous les morceaux ensemble que ça devient cohérent.