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Verhofstadt aux cotés d’Alexander De Croo: le retour du numéro uno

Par Fabrice Grosfilley dans union européenne, vld , le 31 mai 2012 08h44 | Un commentaire>

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Hier, c’était un peu la journée de l’Europe. D’abord, la Commission européenne qui rendait son rapport sur la situation économique et budgétaire des 27 états membres, soit le bulletin du professeur. Pour la Belgique, la commission salue la réforme des allocations de chômage et l’allongement des  carrières, mais elle pointe aussi 7 domaines dans lesquels notre pays devrait revoir sa copie: réformer l’indexation des salaires, alléger les taxes sur le travail, repousser encore l’âge de la pension et couper dans les soins de santé, etc.

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À peine le bulletin connu (il se sera écoulé 2 heures), conférence de presse des libéraux flamands. L’Open VLD profite de la remise du rapport de la commission pour apporter ses propres réponses. On en épingle deux: introduire les produits blancs dans le « panier de la ménagère » qui sert à constituer l’indice des prix, et considérer l’indexation des salaires comme un maximum à ne plus dépasser.

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Mine de rien, c’est une petite révolution. On ne dit plus côté libéral flamand qu’il faut revoir ou supprimer l’index, on dit désormais qu’il ne faut pas aller plus loin que l’index, soit un changement de doctrine assez fondamental. Sur le fond, on rappellera que les négociations salariales se font traditionnellement branche par branche ou entreprise par entreprise, vouloir légiférer la même chose pour tout le monde risque d’être difficile.

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Sur la forme, on s’arrêtera sur la personnalité de ceux qui délivrent le message de l’open VLD.  Avec Alexander De Croo, il y avait face à la presse Patrick Dewael chef de groupe à la chambre, et Guy Verhofstadt chef de groupe au parlement européen. Alors c’est vrai, c’est une thématique plus ou moins européenne, mais ça fait des mois, des années même, que Guy Verhofstadt n’intervenait plus sur les affaires intérieures belges. Depuis 2008, quand il a tenu un gouvernement intérimaire pendant quelques mois, il est extrêmement prudent et se refuse à tout commentaire sur les questions belgo-belges.

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Hier cette image ressemblait à une rupture. Alexander De Croo, le jeune président de 37 ans, flanqué de Patrick Dewael et Guy Verhofstadt qui approchent eux de la soixantaine. Évidemment, Verhofstadt a un peu volé la vedette avec des phrases chocs: « il en va de la survie de l’Union européenne »,  ou « il était minuit moins 5, il est maintenant minuit 5 ».

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Ces dernières semaines, un certain Guy Vanhenguel (ancien porte-parole de Guy Verhofstadt), avait fermement critiqué Alexander De Croo et son manque d’expérience suggérant qu’il fallait peut-être changer de président pour les libéraux flamands. Il est difficile de ne pas voir dans l’apparition de ce trio un message aux électeurs flamands. Au nord du pays, dans la famille bleue, les anciens sont de retour.  Au mieux, pour soutenir les jeunes. Au pire,  pour les encadrer.

La carte bruxelloise de l’Open VLD est-elle raciste ?

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles, vld , le 1 mars 2012 09h37 | 23 commentaires

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Vous commencez peut-être à recevoir un dépliant électoral de l’Open VLD dans vos boites aux lettres. Dans les pages intérieures, une belle carte de Bruxelles: « Brussels Cosmopolitan », Bruxelles cosmopolite. Ne vous attendez pas à retrouver les 19 communes,  les candidats de l’Open VLD ont décidé de redécouper la capitale. Les couleurs sont vives, les dénominations folkloriques: on voit bien que les libéraux flamands ont voulu faire un peu d’humour.

On commence par le nord de la capitale, le parc de Laeken, autour du château d’Albert II  est rebaptisé Central Park. Le quartier Schuman et  le parlement européen sont devenus un district européen. Les libéraux lui attribuent même deux extensions tant la pieuvre européenne semble tentaculaire. Ensuite, ça commence à se gâter. Saint-Gilles ? C’est Brooklyn. Woluwe-St-Pierre et Woluwe-St-Lambert, le coin anglais. Les élus libéraux redécoupent.  St-Josse, c’est la petite Turquie, avec Istanbul et Constantinople.  Molenbeek ? Casa of Casablanca. On trouve encore un quartier galicien et une petite Lisbonne. Une partie de Uccle est devenu le XXIe arrondissement de Paris, tour Eiffel à l’appui (une allusion aux nombreux français qui y résident) . Comme l’Open VLD fait aussi un peu de politique communautaire, le quartier de la maison communale de Woluwe-St-Lambert, dirigée par Olivier Maingain,  est rebaptisé enclave FDF, tandis que le quartier Dansaert, devient le quartier flamand.

Immédiatement, tollé d’Olivier Maingain qui, au nom du FDF, dénonce l’initiative. « Si la carte venait du Vlaams Belang ou de la NVA tout le monde crierait au scandale », dit-il à l’agence Belga. « ‘C’est  une manière d’occulter une prépondérance francophone alors que, précisément, cette langue internationale qu’est le français a favorisé la vocation internationale de Bruxelles« .

Cette carte pose problème. Pas parce qu’elle est humoristique, mais parce qu’elle propose une vision de la ville fondée sur une découpage selon l’origine de ses habitants. Dire que St-Josse, c’est Istanbul, c’est évidement réducteur. Est-ce raciste ? L’Open VLD s’en défend. Ce matin, dans le journal le soir, une de ses candidates, affirme qu’on ne peut pas nier qu’il y a à Molenbeek beaucoup de personnes qui sont, comme elle, d’origine marocaine.  Qu’il y ait des commerces turcs à St-Josse, des cafés espagnols à St-Gilles, et plus d’eurocrates à Woluwe-St-Pierre,  on le sait tous. L’affirmer n’est pas nécessairement du racisme, c’est reconnaître la réalité de la ville que de savoir que ses quartiers affichent des différences certaines.

La difficulté c’est qu’on a affaire à un tract d’un parti politique. A défaut de racisme pur et dur on évoquera une forme de maladresse. Quand on parle de politique, on parle de citoyenneté, et d’égalité entre les citoyens.  Quand on veut gérer une ville il est primordiale de reconnaître que tous les Bruxellois ont les mêmes droits et les mêmes devoirs.  Votre origine ethnique, culturelle, ou linguistique ne devrait pas entrer en ligne de compte. La carte de l’Open VLD, parce qu’elle divise la population sur base de ses origines, crée donc un sentiment de malaise. La démocratie c’est l’art de s’opposer sur base des opinions, pas en fonction de votre appartenance sociale ou culturelle. Quand on sait que Bruxelles est souvent présentée en Flandre comme un espère de No man’s land dominé par l’insécurité, que les Flamands auraient du mal à y vivre, oui cette carte qui voit Bruxelles comme une juxtaposition de ghettos   peut être considérée comme choquante.

Vous vous rappelez de cette carte de la maison de la Flandre à New York, où la Wallonie avait disparue, ou de ces cartes qui renseignent Bruxelles comme appartenant à la Flandre.  Tous les géographes  vous le diront : quand on dessine une carte on propose une interprétation du réel. Proposer une interprétation, c’est faire de la politique.  Cela nécessite une forme de prudence.

Il y a donc à nouveau une pensée alternative en Flandre

Par Fabrice Grosfilley dans Autre, nva, parlement, vld , le 9 décembre 2011 10h17 | 23 commentaires

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Quel contraste ! Rappelez-vous, l’an dernier, Bart De Wever était l’acteur majeur des négociations. Quand il donnait la position de la N-VA, c’était la position de la Flandre et les autres partis flamands n’avaient qu’à s’aligner. Si Bart De Wever bloquait, c’est toute la Flandre qui bloquait.

Hier à la Chambre, on a donc vécu une petite révolution copernicienne, mais ce n’était pas celle que les orateurs vantaient dans leurs interventions. La Belgique tourne et la Flandre a changé d’axe, c’est Patrick Dewael le chef de groupe de l’Open VLD qui joue les Galilée. Il est en forme Patrick. On se rappelle de lui comme ministre de l’intérieur puis comme président de la chambre. Un proche de Guy Verhofstadt. Et là, chef de groupe ça lui réussit plutôt bien.

Hier, la journée a commencé par l’intervention de Jan Jambon, le chef de groupe de la N-VA. « Un gouvernement taxateur dominé par les francophones », rugit-il, et, paraphrasant Magritte, « ceci n’est pas un gouvernement et ceci n’est pas notre Premier ministre ». Au moins, comme ça, les choses sont claires.

Quand Patrick Dewael monte à la tribune au nom de l’Open VLD c’est donc d’abord pour répondre aux critiques du nationaliste. Et il s’emporte Patrick, il fulmine même : « Il y a des limites à l’indécence politique . A Vollezelle, ce fameux lieu où Elio di Rupo et Bart De Wever se sont rencontrés en secret après les élections, vous aviez offert le poste de Premier ministre à Elio Di Rupo. A l’époque vous n’exigiez même pas de revoir la loi de financement. En politique il faut savoir à un moment donné mettre les mains dans le cambouis. Si vous n’êtes pas capable de faire des compromis restez chez vous« .

Applaudissements à tout rompre. Patrick Dewael explique que c’est grâce à la famille libérale MR et Open VLD que le texte du formateur est finalement devenu buvable pour les Flamands. Sur les bancs N-VA on rigole. « Je connais bien ces rires, ce style qui n’est pas très loin de celui adopté par les gens qui sont assis à vos côtés », réplique alors Patrick Dewael qui montre du doigt les députés Vlaams Belang. Associer aussi clairement la N-VA à l’extrême droite, aucun homme politique flamand ne l’avait osé jusqu’ici. Si Wouter Beke, président du Cd&V avait indiqué la semaine denière que la N-VA, dont la projet de budget était le secret le mieux gardé de la rue la loi, devait prendre garde si elle ne voulait pas ressembler davantage au Belang qu’à la Volksunie, c’est un pas supplémentaire qui vient d’être franchi. On peut en tenir pour preuve la réaction de Bart De Wever dans la soirée: « Patrick Dewael parle comme un homme à demi-ivre ». Classe. L’illustration parfaite que la N-VA ne débat pas du fond mais vise les hommes. En dessous de la ceinture s’il le faut.

Avant Patrick Dewael, le chef de groupe du CD&V avait déjà été un peu dans la même tonalité. On l’a un peu moins entendu qu’onze Patrick, il a moins de style et moins de poids. C’était sa première intervention en tant que chef de groupe. Raf Terwingen, c’est son nom, a succédé à Servais Verherstraeten qui est devenu secrétaire d’Etat il y a 48 heures. Mais déjà, il critique lui aussi la N-VA, en estimant que l’accord de gouvernement fédéral était conforme à l’accord de gouvernement flamand, et que si l’on soutenait l’un, on ne pouvait pas critiquer l’autre. Une manière de rappeler que la N-VA est dans la majorité flamande, et qu’elle n’a pas décidé d’en sortir.

Hier, on a même entendu des députés traiter leurs collègues de la N-VA de menteurs, d’hypocrites, de populistes. Quel contraste avec ce que nous entendions il y a un an. Quand les mêmes députés nous expliquaient qu’il ne servait à rien de critiquer la N-VA parce qu’elle avait le vent en poupe, qu’elle représentait la volonté du bon flamand de base, que s’en distancier était contre-productif. La N-VA n’est donc plus l’alpha et l’omega de la pensée politique flamande. On espère que les journalistes et les leaders d’opinon vont embrayer. Pour les francophones, qui, comme l’auteur de ce blog, s’étonnaient de l’absence de pensée alternative en Flandre, ça fait du bien.

Alexander De Croo, le golden boy à l’américaine face au socialiste montois

Par Fabrice Grosfilley dans mr, vld , le 25 novembre 2011 10h07 | 14 commentaires

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Il a 36 ans, il est celui par qui le scandale est arrivé. Alexander De Croo, c’est celui qui a débranché la prise en 2010. Celui qui a fait tomber le gouvernement Leterme parce qu’on n’avançait pas assez vite sur le dossier de la scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde.  Un an et demi plus tard, Alexander De Croo se retrouve dans la même situation.  Il est sur le point d’envoyer Elio Di Rupo dans le décor. De quoi vous faire une réputation de tueur en série.

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MBA à Chicago

Pour comprendre Alexander De Croo, il suffit de regarder son parcours. Il est un des rares hommes politiques à avoir travaillé avant d’entrer en politique soulignait son père Herman, hier matin. Alexander De Croo est donc ingénieur commercial. Il a fait Solvay avant d’aller étudier à Chicago où il a décroché un MBA. Ce passage par les Etats-Unis est capital. Au clivage habituel francophones-flamands, il faut ajouter que le modèle américain est un moteur de l’action politique du fils De Croo.

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Boston Consulting: il aidait les entreprises à réduire leurs coûts

Avant d’entrer en politique, Alexander De Croo a été chef de projet pour la société de conseil Boston consulting.  Qu’est ce qu’on entend par conseil ? Des experts qui aident les entreprises et les investisseurs à définir leur stratégie. Quel projet développer, quels investissements  privilégier, et aussi comment réduire les coûts, ce qui implique parfois de tailler dans la masse salariale ou de se séparer des filiales moins performantes.  En clair du libéralisme pur et dur où on fait du chiffre, pas du sentiment.

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Golden boy à l’américaine vs socialiste montois

Jeudi, c’est donc bien avec Alexander De Croo que le formateur a passé l’essentiel de la journée. Les deux hommes se sont vus au moins à 2 reprises, à la mi-journée et puis en soirée. Cela a duré plusieurs heures.  Bien passé, mal passé ? Le porte-parole d’Alexander refusait de communiquer: « Nous ne donnons pas de commentaires, c’est important qu’on garde la discrétion pour se donner toutes les chances de réussir. » On imagine bien qu’entre le golden boy à l’américaine et le socialiste montois, on n’a pas tout à fait la même vision du monde, et surtout pas la même idée de ce qu’il faut faire pour relever la Belgique.

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Alexander n’est pas seul

Alors bien sûr, on ne va pas réduire Alexander De Croo à ce curriculum vitae un peu caricatural. Il a maintenant clairement quitté le monde des affaires. Ceux qui le côtoient en négociation reconnaissent qu’il est plutôt agréable. On soulignera aussi qu’Alexander de Croo n’est pas seul.  Qu’en négociation il est souvent secondé par Vincent Van Quickenborne, libéral lui aussi pur et dur, mais que son parti compte des personnalités comme Patrick De Wael, Annemie Turtelboom ou Marino Keulen, qui ne se reconnaissent pas toujours dans l’intransigeance de leur président.

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Deux moyens de réussir

Derrière l’attitude du jeune président libéral se cache aussi un combat interne. Garder le contrôle d’un parti qu’il a un peu pris à la hussarde,  en promettant  aux militants qu’il allait tourner la page des années Verhofstadt. Cette stratégie  lui a permis de gagner la présidentielle de l’Open   VLD et aussi de récolter 300 000 voix au sénat.

Aujourd’hui Alexander De Croo a comme mission d’enrayer la chute d’un parti qui pourrait passer sous la barre des 10%.  Il a deux moyens d’y parvenir : soit tuer  symboliquement Elio Di Rupo et montrer qu’il reste un pur et dur. Soit démontrer que l’accord s’est finalement réalisé à ses conditions et qu’il est marqué d’une empreinte libérale forte. C’est aussi simple que cela.

Peut-on sortir de la crise ?

Par Fabrice Grosfilley dans budget, vld , le 24 novembre 2011 09h32 | 14 commentaires

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Le fait qu’Elio Di Rupo demande un délai de réflexion avant d’accepter de poursuvire sa mission comme Albert II le lui demande indique assez clairement que nous ne sommes pas encore sortis de la crise.  Il est rarissime qu’un formateur se permette de faire attendre le souverain. Il est tout aussi exceptionnel que l’entrevue royale s’éternise pendant 4 heures. Toute la journée d’hier vous aurez entendu les déclarations apaisantes se multiplier. Tout le monde souhaite se rassoir autour de la table,  tout le monde souhaite un accord. Ces déclarations rassurantes ont un objectif précis : ne pas endosser la responsabilité de l’échec.

En coulisse les  propos sont pourtant nettement moins positifs. La famille libérale estime que c’est au formateur de bouger. Les 4 partis qui font bloc autour d’Elio di Rupo demandent aux libéraux de faire un pas et d’abandonner la plupart de leurs exigences. Le tout s’accompagne de petites phrases assassines. Depuis lundi soir on ne combat plus les programmes, on vise les hommes. C’est particulièrement inquiétant, croire qu’on peut relancer des négociations dans un climat pareil relève de l’optimisme forcé.  Condition numéro 1 pour que les discussions reprennent : que les acteurs baissent d’un ton.

Si Elio di Rupo a jeté le gant lundi, c’est bien parce que le blocage est total.  Il faut oser dresser la liste des désaccords. Sur la taxation des plus-values, sur les voitures de société, la dégressivité des allocations de chômage, la limitation  du stage d’attente,  la réduction des intérêts notionnels pour les entreprises ,  l’instauration d’une cotisation de crise sur les gros patrimoines et même sur les efforts à faire en réduction des soins de santé: il y a au moins une dizaine de points très sensibles sur lesquels les libéraux ont marqué un désaccord.

Prenons un exemple:  les départs en retraite anticipée, aujourd’hui possible à 55 ans. L’épure du formateur, approuvée par le PS, le sp.a, le CD&V et le cdH dit ceci : on ne touche à rien pour 2012. C’est vrai que c’est dans moins de deux mois… On augmente l’âge de la retraite anticipée de 6 mois en 2013, ce qui permet de rapporter près de 300 millions à l’Etat, et puis ensuite on recule de 3 mois chaque année, on arrive donc à 62 ans en 2019.

Contre-proposition des libéraux : il faut aller  beaucoup plus vite.  Première augmentation  de 6 mois dès l’année prochaine, donc dans le budget 2012 (vous avez bien compris : cela aurait un impact immédiat pour tous ceux qui auront 55 ans l’an prochain). Ensuite  l’Open VLD  veut qu’on  aille à  62 ans le plus vite possible. Le MR est dans une position intermédiaire et demande qu’on le fasse en quelques années, comprenez en 3 ou 4 ans (précisons que j’ai vérifié que ces propositions sont effectivement celles qui sont sur la table à plusieurs sources, francophones et flamandes, libéraux inclus).

Si je résume à la grosse louche : la famille libérale veut une thérapie de choc et une réforme en profondeur pour répondre efficacement à l’urgence de  la crise. Les familles socialiste et sociale-chrétienne veulent une évolution en douceur pour protéger les salariés.

Concilier les points de vue sera donc très délicat. Dans les prochaines heures Elio di Rupo aura des entretiens bilatéraux, discrets,  ce sera sans doute à l’abri des caméras. Le formateur en suspens essaiera de vérifier  si les libéraux d’un côté, le groupe des 4 de l’autre, peuvent faire des pas les uns vers les autres. Si ce n’est pas le cas, si chacun campe sur ses positions, relancer les négociations n’aurait pas beaucoup de sens.

L’Open VLD joue le durcissement

Par Fabrice Grosfilley dans budget, vld , le 21 octobre 2011 09h49 | 4 commentaires

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Reprenons les déclarations de l’Open VLD des dernières semaines : « la situation est très sérieuse,  10 milliards ça ne se trouve pas d’un coup de baguette magique », « nous ne voulons pas d’un gouvernement d’impôt, mais d’un gouvernement de réforme », « il faut prendre des engagements clairs sur le programme de stabilité », « on ne se limitera pas à une feuille A4″.

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S’il y a un parti qui fait beaucoup de déclarations, c’est bien celui des libéraux flamands. Communication agressive doublée d’un message qu’Alexander De Croo et Vincent Van Quickenborne, les deux négociateurs du VLD, répètent régulièrement à leurs interlocuteurs: « si on veut se passer de nous on peut ». Cette petite phrase, les émissaires Open VLD l’ont multipliée ces derniers jours, auprès des journalistes par exemple, mais aussi à la table des négociations. Cela ressemble d’assez près à la définition du chantage. Vous devez appliquer notre programme ou nous claquons la porte.

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En clair, les libéraux flamands veulent donc peser sur les négociations socio-économiques autant que le CD&V aura pesé sur les négociations communautaires. Et comme on sait qu’Alexander  De Croo a été capable de faire tomber le gouvernement Leterme sur le dossier BHV, on ne peut pas se contenter d’accueillir les menaces d’un haussement d’épaules. Les partis partenaires de la négociation prennent d’autant plus l’affaire au sérieux que le président de l’open VLD est désormais accompagné en négociation du remuant Vincent Van Quickenborne, alors que l’on s’attendait à discuter du budget avec Guy Vanhenguel. C’est un signe : écarter le ministre du Budget en titre indique assez bien qu’on préfère la radicalité du discours à la compétence technique, le tonus de la jeunesse à l’entregent de la génération Verhofstadt.

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Que veut l’Open VLD ? Cela peut se résumer en deux phrases. D’abord que l’on respecte les engagements européens, ce qui veut dire accélérer le désendettement et trouver ces fameux 10 milliards. Ensuite, le faire sans créer de nouveaux impôts (ou en tout cas le moins possible). Pourquoi l’Open VLD  hausse-t-il autant le ton ? D’abord parce que c’est une affaire de communication politique. Les libéraux flamands tiennent à faire savoir qu’ils sont les garants de l’orthodoxie budgétaire, les défenseurs de la classe moyenne (flamande) et qu’ils veillent aux intérêts des entreprises (flamandes). Apparaître comme fer de lance de ce combat, c’est éviter que leur électorat traditionnel ne continue de glisser vers la NVA.

Ensuite parce l’Open VLD ne bénéficie pas d’un rapport de force en sa faveur sur l’ensemble du dossier. Sur l’impôt sur les grandes fortunes, Open VLD, mouvement réformateur et même CDV et CDH peuvent paraître sur la même longueur d’onde : trop lourd, trop compliqué à mettre en place et pas efficace, le PS paraît bien seul sur cette question symbolique. Mais si on parle de dépenses zéro par contre (cela porte le nom d’austérité), les libéraux flamands risquent à leur tour d’être isolés.

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Ces dernières semaines par exemple vous avez pu entendre Benoit Lutgen et Charles Michel plaider pour qu’on relève les bas salaires, ils ont avancé les chiffres de 300 et de 500 euros. L’Open VLD ne soutient pas cette proposition. Ce serait une nouvelle dépense, et elle est jugée irréaliste par les libéraux flamands.  Si on parle de clivage gauche-droite dans ce second round de négociations, il faut toujours se rappeler que la droite flamande est plus à droite que la droite francophone.