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244 pages pour (re)découvrir Elio Di Rupo

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral, ps, textes et documents , le 30 novembre 2011 10h24 | Un commentaire>

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« Elio Di Rupo, une vie, une vision », c’est le titre de l’ouvrage. Sur la couverture le formateur assis dans un fauteuil  rouge vif qui n’est pas encore celui de premier ministre, souriant  et nœud papillon bordeaux. De quoi s’agit-il ? D’une sorte biographie autorisée : Francis Van De Woestyne a demandé au président du PS de lui raconter sa vie mais aussi les grands moments de sa carrière politique,  et un peu des coulisses du pouvoir des dernières années.  Une dizaine d’entretiens au total, à chaque fois plusieurs heures de discussions, ce qui est rare dans notre métier. Ces interviews ont été menées entre mars et octobre de cette année. Mars on était encore en plein blocage, octobre, là les choses sérieuses étaient déjà bien lancées, mais à aucun moment Elio Di Rupo ne revient en profondeur sur les négociations en cours.

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout Elio Di Rupo, vous y lirez le récit de son enfance. Fils de mineur, 7 enfants, le père écrasé par un camion-citerne alors qu’il a 9 ans. Sa mère, qui  n’a qu’une pension de 300 francs, une partie de la famille sera placée en orphelinat. Le parcours d’Elio Di Rupo c’est aussi celui de l’intégration. Le souvenir d’avoir été traité de macaroni dans la cour de récréation, pour finir au sommet d’État en étant régulièrement reçu par le roi Albert II, ça c’est de l’ascension sociale.

Elio Di Rupo  revient  sur sa conquête de la ville de Mons, il aura dû patienter, sur  le gouvernement Dehaene, sur son accession à la tête du parti socialiste et bien sur  l’affaire Trusgnac, ce jeune homme qui l’accusait de pédophilie. « Si je n’avais pas été réhabilité cela eu été insupportable à vivre ».

Parmi les révélations du livre, ce récit de l’intérieur d’un épisode de l’orange bleue. C’est en 2007. Les négociations entre les libéraux et les sociaux chrétiens sont un échec. Elio di Rupo raconte que c’est Guy Verhofstadt qui le rappelle et il affirme que Didier Reynders a voulu à ce moment-là se débarrasser du CDH.  Le seul CDH qui trouvait grâce auprès de Didier Reynders à ce moment-là était Josly Piette et Elio Di Rupo raconte qu’il a donc été chargé de demander à Joëlle Milquet que Josly Piette soit le ministre des démocrates humanistes dans ce fameux gouvernement Verhofstadt qui va  tenir 3 mois.

L’avantage d’un livre entretien c’est que personne n’est là pour vous contredire. Ce qui n’empêche pas qu’avoir la vision du formateur et potentiel premier ministre, après 540 jours de crise est évidement bigrement intéressant. Le  livre sortira demain en librairie aux éditions Racine. 222 pages au total, une traduction en néerlandais  aussi, ça peut aider. Pour la petite histoire il était prévu que l’ouvrage soit mis en vente au mois de décembre.  Les éditeurs ont subitement accéléré la cadence. C’est peut être le signe  que quelque chose d’importance se rapproche.

Les livres de la crise

Par Fabrice Grosfilley dans Autre, textes et documents , le 10 juin 2011 07h13 | Un commentaire>

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Le livre de Marcel Sel sort aujourd’hui en librairie. Il devrait connaître un certain succès. Marcel Sel est chroniqueur, blogueur, romancier. Il avait déjà sorti un bouquin sous forme de roman, un documentaire fiction si vous voulez sur le nationalisme flamand. Il passe son temps à scruter le phénomène, on peut dire qu’il connaît bien son sujet. Dans Les secrets de Bart De Wever, la thèse principale est donc qu’il y a un lien très direct entre le président de la N-VA et les mouvements d’extrême droite.  Un lien avec les mouvements proches du nazisme, la collaboration, un lien avec le Vlaams Belang. Marcel Sel ne fait pas dans la dentelle. Ce qu’il explique c’est que la N-VA fonctionne en partie sur un sentiment de francophobie, donc de rejet des francophones, et que c’est clairement un mouvement nationaliste. Comprenez un mouvement qui plaide pour l’émergence  d’une nation, la nation flamande.  Une langue, une culture,  une terre avec ses frontières linguistiques, et finalement  un peuple, c’est un concept qui pour être honnête ne touche pas que la N-VA mais bien  l’ensemble de la société flamande et qu’on a parfois du mal à appréhender côté francophone.
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Flirter avec l’extrême droite

Attention Bart De Wever flirte avec  l’extrême droite,  comme l’explique Marcel Sel, il n’est pas d’extrême droite.  C’est même sans doute ce qui fait la grande différence entre la N-VA et le Belang. Bart De Wever n’a pas repris à son compte l’islamophobie de l’extrême droite. Pour Marcel Sel  il ne l’a condamné pas non plus, et l’auteur de ce livre conclut en appelant les démocrates à se mobiliser. Je voudrais rapprocher ce bouquin de deux autres livres parus récemment. D’abord Un Roi sans pays de Martin Buxant et Steven Samyn qui est une reconstruction du rôle d’Albert II dans la crise. Un livre enquête, en grande partie romancé puisque les dialogues y sont reconstruits. Tout n’y est pas forcément exact, mais cela nous permet d’imaginer comment se passe les choses en coulisses.
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Le succès de Charles Bricman

Et puis troisième livre celui de Charles Bricman, Comment peut-on être belge ?. Gros succès de librairie, il se vend notamment très bien en France. Atmosphère complétement différente : on essaye ici de comprendre comment nous en sommes arrivés là. Cela remonte assez loin, et l’ouvrage n’épargne pas les francophones qui portent aussi une part de responsabilité dans le divorce actuel parce qu’ils n’ont pas vu ou pas compris ce que leur reprochait le mouvement flamand. Et pourtant Chalres Bricman conclut que la Belgique ne disparaîtra pas.
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Des thèses très différentes

Autant vous le dire, les auteurs de ces trois livres n’ont pas beaucoup de points communs. Ils défendent des thèses différentes, parfois même opposées. Pourtant on conseillerait bien de lire les trois. La dénonciation, anxieuse  du nationalisme de la N-VA, l’indignation face aux faux arguments du populisme (Marcel Sel)  la volonté de voir par le trou de la serrure ce qui se passe au palais (Buxant-Samyn), et l’espoir que la Belgique ne peut  pas disparaître (Bricman) sont finalement en chaque francophone…

Comment Johan Vande Lanotte veut contraindre région et communauté à diminuer le nombre de fonctionnaires

Par Fabrice Grosfilley dans decryptage, fédéral, textes et documents , le 30 novembre 2010 19h22 | Commentaires fermés

C’est un chapitre de la note de Johan Vande Lanotte qui semble être passé inaperçu jusqu’à présent, et pourtant il pourrait faire très mal. Dans la proposition transmise aux 7 partis il y a un petit paragraphe, glissé juste avant les annexes, qui évoque le défi du coût du vieillissement.  Omnubilés par la loi de financement les commentateurs ne semblent pas l’avoir relevé. Le conciliateur y fait référence à un retour à l’équilibre budgétaire en 2015, avec ses conséquences sur l’évolution de la dette publique (le fameux « effet boule de neige inversé »). Puis il enchaîne « il est toutefois indiqué qu’à partir de 2016 les Régions et les Communautés paient une cotisation sur la masse salariale de leurs agents statutaires en vue de financer la pension de ces derniers. A partir de 2016 il sera imposé une cotisation de 1% qui sera majorée  chaque année de 1% jusqu’à atteindre 15% en 2030 ». Diantre, comment cette  ponction du docteur Vande Lanotte n’a-t-elle  pas provoquée un tollé ?

Je vous propose un petit calcul.

A la région Wallonne, un porte-parole m’indique  que les agents statutaires représentent une masse salariale de 400 millions. Prélever une cotisation de 15% reviendrait à 60 millions.

L’addition serait bien plus douloureuse encore à la communauté française. L’essentiel du budget de la communauté (8 milliards) est consacré à l’enseignement. La rémunération de 96 000 personnes (enseignants, directeurs, éducateurs) représente à elle seule 4,6 milliards. Prélever 15% : cela représente, sauf erreur de calcul de ma part, 690 millions. Gloups. Autant le dire tout de suite : si la formule du professeur  Vande Lanotte s’applique aux enseignants (on pourra toujours m’objecter que les enseignants ne sont pas des agents statutaires comme les autres), c’est simplement impayable pour la communauté.

Dans les années 90 la communauté avait du économiser 5 milliards de francs belges (125 millions d’euros)  on s’en souvient encore, et cela nous donne une idée de l’effort à accomplir.

Bien sur la note Vande Lanotte ne sera peut être pas adoptée telle quelle. Et on comprend bien l’idée du conciliateur soucieux d’alimenter le fonds de vieillissement, l’un de ses grands projets lorsqu’il était ministre du budget  : faire pression sur les régions et les communautés pour qu’elles réduisent drastiquement le nombre de fonctionnaires. Moins vous aurez d’agents statutaires, moins  la cotisation pension sera élevée. Pas sur que les socialistes du sud se reconnaissent dans cette idéologie qui pourrait rapidement transformer la communauté française en cocotte-minute.  Voici un petit pétard qui pourrait faire pas mal de bruit.

Le point sur l’économie wallonne : 5 à 7 milliards de transferts selon Natixis

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral, flandre, textes et documents , le 14 octobre 2010 06h42 | 3 commentaires

On entend souvent  beaucoup de chiffres contradictoires sur la réalité des transferts  financiers Flandre/Bruxelles/Wallonie. Voici donc une étude qui tombe à pic . Elle émane de la banque d’affaire française Natixis. On retiendra que le montant des transferts nord-sud y est estimé à un chiffre « entre 5 et 7 milliards »,  alors que les économistes flamands avancent souvent un chiffre entre 7 et 10 milliards. La banque française commente en indiquant que la Wallonie profite ainsi de transferts comparables, ou même inférieursà de nombreuses autres régions d’Europe. La banque note également que l’écart entre les économies wallones et flamands se résorbe. Le détail est ici : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=54907

Van Rompuy sur les rails

Par Fabrice Grosfilley dans textes et documents , le 13 octobre 2009 17h54 | Commentaires fermés

Le premier ministre a été longuement félicité par les députés ce mardi après-midi après son discours de politique fédérale. Standing ovation de plusieurs minutes, et un discours où il fût, entre autres, question de justice et de « relance durable », alors que les querelles communautaires ont été soigneusement évitées. Vous trouverez le texte (version française) du discours ici : http://www.premier.be/files/D%C3%A9clarationgouvernementale.pdf