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La 6ieme réforme de l’Etat : début du vote…

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, fédéral, nva, parlement , le 21 juin 2012 08h55 | 3 commentaires

reforme

Ce sera un moment important. Cet après-midi, la Chambre et le Sénat voteront l’ensemble des textes de la réforme de l’État. Les députés ont travaillé jusqu’à 20H30 hier soir pour clôturer le débat et être prêts à passer au vote. Au Sénat, c’est avant-hier qu’on avait fait des heures supplémentaires. Les parlementaires mettent les bouchées doubles pour respecter le timing.

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Commençons par la Chambre, où la séance débute à 14H15. Trois propositions de loi inscrite à l’ordre du jour. L’une simplifie les procédures de vote pour les Belges à l’étranger, la seconde scinde l’arrondissement judiciaire Bruxelles-Hal-Vilvorde, la 3e insère un article 157 bis dans la constitution. Un article qui précise que les « éléments essentiels » qui concernent l’emploi des langues en matière de justice ne peuvent être modifiés que par une majorité des deux tiers. Je ne vais pas vous embêter un jeudi matin avec de la tuyauterie institutionnelle, mais ce petit bout de constitution supplémentaire doit permettre d’éviter que la belle architecture mise en place aujourd’hui (les deux parquets de Bruxelles et Hal, les magistrats francophones détachés à Hal, les tribunaux dédoublés, etc.) ne puisse pas être rayée d’un trait de plume par un vote flamand contre francophone.

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Hier soir, il y a bien eu un peu de contestation sur ce qu’on appelait les « éléments essentiels», mais ça ne devrait pas empêcher de voter. La séance du jeudi commence toujours par les questions d’actualité, ce vote devrait donc intervenir dans le courant de l’après-midi.

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Au Sénat, il y a 13 propositions de loi. La scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde est le gros morceau, la proposition porte le numéro 5-1560. Mais il y aura aussi le refinancement de Bruxelles, la création d’une communauté métropolitaine, la nomination des bourgmestres dans les communes à facilités et ce qu’on appelle les mesures de renouveau politique. Les sénateurs sont conviés dès 9 heures ce matin. Là aussi, le vote doit intervenir en fin de journée.

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C’est vrai: avec les débats sur la sécurité, la crise de l’euro, le nouveau premier ministre grec, les élections françaises et Jean-Paul Belmondo, cette réforme de l’État ne fait absolument plus la une de l’actualité. Pourtant, les votes de cet après-midi sont une étape cruciale. On sera à la moitié du parcours parlementaire. Tout ce qui sera voté à la Chambre partira alors au Sénat et inversement. Voir des sénateurs voter la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, ce n’est quand même pas rien. Le gouvernement Leterme est quand même tombé sur cette question, la vie politique a été paralysée pendant 500 jours, et nous allons toucher à un système qui assurait l’équilibre linguistique autour de Bruxelles depuis plus de 50 ans.

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Pourquoi cela ne nous passionne-t-il pas plus? Sans doute parce que nous connaissons l’issue du vote à l’avance. La majorité aura le renfort des écologistes, tandis que la N-VA, le Belang et le FDF voteront contre. Il faudra quand même vérifier que tout le monde vote bien comme prévu. C’est souvent dans ces moments-là que des petits malins tentent de se faire porter pâle et c’est souvent très significatif. Et puis, surtout si cela ne nous passionne pas, c’est parce que la N-VA ne se bat pas. Le parti nationaliste fait profil bas: au sénat Bart De Wever n’est même pas venu pour participer au débat. C’est plus que symbolique. Notre réforme n’est pas encore une réalité légale, mais elle appartient déjà aux débats du passé, elle est considérée comme acquise alors que le vote n’a pas eu lieu. La N-VA par ses succès électoraux, de l’extérieur, l’a imposée cette réforme. Mais comme elle n’est pas à l’intérieur et qu’elle ne peut pas revendiquer la paternité de la scission tant convoitée, elle a décidé de faire le moins de bruit possible. Le grand danger pour les francophones est là: la N-VA ne crie pas victoire, elle garde donc toutes ses forces pour la bataille suivante.

Réforme de l’Etat : on voterait, au mieux, le 2 août

Par Fabrice Grosfilley dans chambre, communautaire, fédéral, nva, parlement , le 19 avril 2012 08h46 | Un commentaire>

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Il existe une  tradition implicite qui veut qu’habituellement les parlementaires travaillent jusqu’au 21 juillet, mais qu’ensuite tout le monde part en vacances. Cette tradition risque de souffrir un peu cette année.

Si vous avez suivi les débats sur la réforme de l’Etat, vous savez que le grand accord de l’automne dernier a maintenant été traduit en projets de loi. Il y en a 16 au total, qui traduisent donc en textes  législatifs tous les ingrédients de l’accord. On scinde l’arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde, mais en compensation on créée une communauté urbaine, on renvoie le contentieux concernant les bourgmestres de la périphérie vers une chambre bilingue du conseil d’Etat, on scinde l’arrondissement judiciaire et on simplifie les procédures de vote pour les Belges à l’étranger. Tout ça ne se votera pas en  deux minutes.

Ces derniers jours les états-majors des partis politiques ont fait passer le message à leurs troupes parlementaires. Députés et sénateurs feront des heures supplémentaires dans les prochaines semaines. Les propositions sont en effet renvoyées devant le conseil d’Etat qui a maintenant 45 jours pour se prononcer. Ensuite il faudra  débuter les travaux en commission des affaires institutionnelles, des commissions placées directement sous l’autorité des présidents des deux assemblées, Sabine de Béthune pour le Sénat, André Flahaut pour la chambre. Là les parlementaires pourront interroger, consulter, modifier les textes, ce qui prendra plusieurs semaines pour chaque texte. Il faudra aussi tenir compte des jours fériés, le lundi de Pentecôte par exemple. Et puis surtout il va falloir synchroniser les votes. Puisqu’il s’agit d’un grand accord, comprenez un grand échange, il n’est pas question de voter un jour la scission de l’arrondissement électoral, et de renvoyer les compensations francophones  à la semaine suivante, ou inversement.  Il va aussi falloir accorder le parcours des différentes propositions entre les deux assemblées :  13 d’entre elles passeront d’abord par le sénat,  pour les 3 autres, dont celle qui concerne l’arrondissement judiciaire par exemple, c’est directement la chambre.

D’après mes informations le gouvernement a ainsi fait un projet de calendrier qui prévoit que le vote de l’ensemble de la réforme aura lieu au mieux le 2 août. Et encore, s’agit-il ici d’une  situation idéale, sans tenir des comptes des éventuels reports ou des manœuvres de retardement que pourrait tenter l’opposition. Dans la majorité, j’entends deux types d’avis ces jours-ci. D’abord les optimistes, qui pensent que les parlementaires n ’hésiteront pas à mettre les bouchées doubles. D’abord parce que tout le monde a envie de partir en vacances au plus vite, qu’après le 21 juillet les médias tournent au ralenti, qu’il faut prendre un peu de repos avant de se jeter dans la bataille des communales en septembre et puis surtout parce qu’au fond personne n’aurait vraiment intérêt à faire trop de vagues sur ce débat. Ni dans la majorité, où le débat a déjà eu lieu,  ni dans l’opposition. Plus on parlerait de BHV plus l’électeur qui serait tenté de voter N-VA se souviendrait  que finalement cet arrondissement a bien été scindé et que finalement il peut faire confiance à l’Open VLD et au CD&V pour tenir leurs engagements. Les tenants de cette thèse pensent que la N-VA fera profil bas et que le FDF, qui n’est pas présent au sénat, n’aura pas les moyens de bloquer la machine.

Autre avis, moins optimiste,  celui des parlementaire, parfois très expérimentés, qui parient eux sur une nouvelle poussée de fièvre communautaire et qui évoquent un débat qui pourrait durer jusqu’au 15 aout.

Pour la seconde grande réforme de la constitution, en 1980, on avait voté un 8 août. Le  8 août, si je suis bien informé,  c’est aussi  date avant laquelle,  dans un des partis concernés, on a discrètement demandé aux parlementaires de ne pas prévoir de vacances. Dans les milieux  politiques cette année, si on envisageait des congés, il ne faut surtout pas oublier de prendre une assurance annulation.

Bart De Wever : Anvers or not Anvers ?

Par Fabrice Grosfilley dans flandre, nva , le 18 avril 2012 10h20 | 5 commentaires

bart-de-weverblog

La question commence à agiter très fort le monde politique flamand : Bart De Wever sera-t-il oui ou non tête de liste aux élections communales ?  En septembre dernier il avait indiqué qu’il le serait « probablement » . Probablement, cela veut bien dire envisageable mais pas certain. Ces dernières semaines le président de la N-VA cultive le mystère. Il  botte en touche quand on lui pose la question. Le suspens ne durera plus très longtemps, au plus tard, samedi lors d’un congrès de parti à Anvers on saura qui conduira la liste du parti nationaliste à Anvers.

Ce n’est pas qu’une question locale. D’abord parce qu’Anvers plus grande ville de Flandre a un poids symbolique particulier. C’est à Anvers que dans les années 80/90 le Vlaams Belang a été le plus influent, son leader, Filip Dewinter, visant même le maïorat à une certaine époque.  C’est aujourd’hui à Anvers que la N-VA semble la mieux implantée. En 2010, lors des élections législatives, le parti nationaliste avait obtenu 30% des suffrages sur l’ensemble de la province, 25%, donc un électeur sur quatre, sur le seul canton d’Anvers.  Les derniers sondages le placent encore plus haut. Bart De Wever y est conseiller communal, c’est son fief, et toute la presse flamande s’est préparée à un duel à mort entre De Wever et la NV-A  d’un côté, et  Patrick Janssens, le bourgmestre socialiste de l’autre. Cela devait être « l’affiche » de ces élections communales. Celle qui éclipse toutes les autres puisque prendre ou perdre Anvers  un symbole majeur. S’il n’y avait qu’un seul maïorat  pour la NV-A mais que c’était celui-là, cela éclipserait les résultats dans toutes les autres communes ou presque.

Finalement ce choc n’aura peut-être pas lieu. D’abord parce que l’Open VLD a décidé lui aussi d’envoyer une pointure à Anvers. Ce sera Annemie Turtelboom, la ministre de la Justice  qui sera la nouvelle chef de file des libéraux flamands. Philipe Dewinter pour le Vlaams Belang est en recul, mais il garde une capacité de nuisance. Ce n’est plus un duel, mais un match un peu plus complexe. Et puis surtout on n’est plus sûr que Bart De Wever se jettera dans la bataille. L’hypothèse que Bart De Wever ne sera pas tête de liste a repris de la vigueur ces derniers jours. Ce matin dans le journal le Soir on pense que ce sera plutôt Lisbeth Homans qui sera numéro 1. Liesbeth Homans n’est pas n’importe qui, c’est la chef de groupe NVA au sénat,  elle siège également au parlement flamand et surtout, elle est l’une des plus proches collaboratrices de Bart De Wever,  avec qui elle travaille depuis 2004.

En fait Bart De Wever est confronté à un choix cornélien. S’il est tête de liste, il est condamné à l’emporter.  Son image de leader est en partie basée sur le fait qu’il vole de victoire en victoire. Ne pas gagner à Anvers ce serait rompre cette dynamique, or les succès de la NV-A  sont très liés aux performances individuelles de Bart De Wever.  A l’inverse, s’il n’est pas candidat Bart De Wever passera pour un homme qui recule, qui refuse l’affrontement, en décalage avec son image actuelle. Derrière les communales il y a déjà dans toutes les têtes les élections de 2014. L’échéance regroupera le scrutin législatif, les députés à la chambre, et le scrutin régional. Bart De Wever a l’ambition de devenir ministre président-flamand à cette occasion. S’il est bourgmestre d’Anvers 2 ans plus tôt, il risque de ne pas pouvoir mener cette bataille-là. S’il ne l’est pas, il risque d’être sur une pente descendante. Peut-il faire l’impasse pour 2012 pour ne pas rater 2014 ou peut-il  s’abstenir en 2012 et rester crédible en 2014 ?  C’est un peu comme la barde du capitaine Haddock : en dessous ou au-dessus des couvertures ? Bart De Wever a perdu quelques dizaines de kilos. On n’est pas sûr qu’il dorme très bien ces jours-ci.

NVA – CD&V : le cartel des vases communicants

Par Fabrice Grosfilley dans cd&v, nva , le 5 avril 2012 10h12 | Commentaires fermés

C’est une étude de la  KUL, l’université catholique de Louvain, que vous retrouverez dans plusieurs quotidiens  ce matin, qui occupe notamment une pleine page dans le journal le Soir. Après chaque élection les universités, c’est  ici le cas de la KUL, mais des travaux du même type sont aussi réalisés par l’ULB ou l’UCL, essayent d’analyser les transferts de voix. L’étude d’aujourd’hui porte donc sur les mouvements au sein  de l’électorat flamand entre deux élections législatives, celle de 2007, qui avait vu Yves Leterme récolter  800 000 voix, et celle de 2010 qui a permis à la NVA décrocher 28% des voix et 27 sièges à la chambre. Entre  ces deux  scrutins un événement majeur, la fin du cartel entre le CD&V -NVA. D’après l’étude cet épisode a couté au CD&V près de 600 000 électeurs, soit la moitié des voix récoltées en 2007. Sur ces 600 000 voix, 464 000 se sont reportées vers la NVA. Bart de Wever qui étaient entré dans ce cartel en étant le petit poucet, en est ressorti  en emmenant la moitié de la vaisselle.

Autre parti qui a donné beaucoup d’électeurs à la NVA la Vlaams Belang : 231 000 selon les auteurs de l’étude. Un électeur sur trois qui votait pour le parti d’extrême droite en 2007 a choisi la NVA en 2010.

Enfin  la KUL confirme que l’open VLD, qui a retiré la prise en 2010, n’en a pas tiré de grand bénéfice. Entre 2007 et 2010 le parti d’Alexander De Droo a vu 130 000 de ses anciens électeurs choisir le parti nationaliste.  Il n’a pas gagné de nouveaux électeurs ni sur sa droite ni sur sa gauche.

Pour les partis de gauche on notera que les  transferts  en direction de la NVA sont marginaux. Spa et Groen se disputent en partie le même électorat, mais celui-ci n’est pas perméable à la poussée des nationalistes.

Quand on  confronte les résultats de cette étude aux résultats du dernier « Grand Baromètre  RTL-Ipsos-Le Soir », le constat est tout à fait comparable. Dans le grand baromètre du mois de mars nous avions noté que si les électeurs de la NVaAdevaient choisir  un autre parti  leur choix se porteraient dans l’ordre sur la Vlaams Belang, l’open VLD et le CD&V, loin devant les formations de gauche.  On pouvait noter qu’un quart des personnes  indiquant vouloir voter pour le CD&V avançaient en second choix une option en faveur de la NVA. L’étude de la KUL, pour les scrutins passés, et le Grand Barometre, pour les intentions de vote de mars confirment le même phénomène  le CD&V et la NVA se partagent un électorat commun.

Grand Baromètre RTL-Ipsos-Le Soir: la N-VA gagnerait 12 députés

Par Fabrice Grosfilley dans decryptage, nva, parlement , le 12 mars 2012 09h23 | 7 commentaires

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Traduire les résultats d’un sondage sous forme d’hémicycle, tous les partis politiques le font dans le secret de leurs états-majors, mais personne jusqu’à présent n’osait publier des résultats. Comment avons-nous procédé? Le sondage s’effectue sur base des régions, alors que nous votons sur base d’une circonscription. Nous avons retenus le différentiel de chaque région, un parti perd ou gagne tant de points par rapport aux dernières élections législatives, et nous l’avons appliqué à chaque circonscription pour recalculer la distribution en siège. C’est une méthode qui a ses limites,  mais cela permet de s’approcher de ce que pourrait être la réalité électorale si nous retournions aux urnes cette semaine.

Le grand vainqueur, ce n’est pas une surprise, serait la N-VA de Bart De Wever. Avec 38% d’intentions de vote, le parti nationaliste flamand améliore son score de 10% par rapport au scrutin de juin 2010. Au lieu d’avoir 27 députés, la N-VA pourrait en avoir 39. Vous avez bien lu: 39 députés sur 150, ce n’est plus une progression, c’est un raz-de-marée.

Derrière, le PS limiterait la casse et passerait de 26 à 25 députés. On voit ici que la sanction en termes de sièges est moins forte que la perte exprimée en intentions de vote. Le PS recule mais les autres partis aussi. Au final il ne perd pas tant que ça.

Le MR deviendrait le troisième parti à la Chambre et gagnerait 2 députés. Avec 17 sièges, il passerait ainsi devant le CD&V, 14 sièges, qui perdrait ainsi 3 parlementaires.

Le sp.a obtiendrait 11 sièges (2 de moins qu’aujourd’hui), le cdH et Ecolo gagneraient 1 siège chacun: 10 pour les centristes, 9 pour les écologistes francophones.  Le Vlaams Belang perdrait 4 députés, de 12 à 8. Le  FDF n’obtiendrait qu’un seul  mandat, il en possède 3 actuellement, et le Front National décrochait 1 siège.

Faisons le calcul: pour les partis de la majorité cela fait un total de 86 sièges au lieu de 93 aujourd’hui. Cela reste une majorité confortable. En revanche, pour une réforme de l’Etat, où il faut une majorité des deux tiers, on arrive à un total de 101 voix avec les deux partis écologistes, et là cela devient trop juste. Il suffit qu’il y ait un absent et votre réforme ne passe pas. Avec cette projection en siège du grand baromètre RTL-Ipsos-Le Soir, on mesure donc très bien à quel point la situation de l’actuelle majorité est fragile. Tant que la N-VA sera à un niveau aussi haut, c’est une véritable épée de Damoclès qui pèse sur l’avenir de l’équipe d’Elio Di Rupo.

Bien sûr ce n’est qu’une extrapolation, qui a ses limites, sur base d’un sondage qui n’est lui-même qu’une photographie à un moment précis de l’opinion. Les vraies élections législatives, c’est pour juin 2014. Les partis de la majorité ont donc encore deux ans pour redresser la barre.

Ouverture de la campagne pour les communales : les slogans en disent plus qu’ils n’en ont l’air

Par Fabrice Grosfilley dans communales, nva, ps , le 5 mars 2012 11h58 | 4 commentaires

psblog223 jours, ou 7 mois et 9 jours, c’est le délai qui nous sépare de ces élections communales qui auront lieu le dimanche 14 octobre. Deux partis politiques ont officiellement lancé les hostilités ce weekend : la NVA, samedi  à Louvain, et le PS, hier à Liège.  On y a vu les traditionnelles images des présidents de parti qui haranguent leur troupe depuis la tribune, avec les mandataires au premier rang,  le bar à l’extérieur, et pour clore le tout la chanson à l’unisson, le Vlaams Leeuw pour les Flamands, l’internationale pour les socialistes. Ces congrès ont pour objectif de  mobiliser les militants et donner une ligne directrice pour les campagnes, slogans à l’appui. « La force du changement » pour la NVA , « votre quotidien, notre combat » pour le PS.

Arrêtons sur ces deux slogans, ils sont révélateurs, et assez éloignés l’un de l’autre. Avec « la force du changement » la NVA indique clairement qu’elle se pose en alternative aux partis traditionnels.  Il faut se battre « contre les forces du statu quo » a ainsi expliqué Bart De Wever le président de la NVA, pour « montrer aux partis traditionnels qu’on ne peut continuer sur cette voie ». La NVA lance ainsi une campagne nationale, dont le thème n’est pas la gestion des communes, mais plutôt un test de popularité pour le gouvernement Di Rupo.  La dimension communautaire est ouvertement revendiquée : « nous, N-VA, devons offrir aux gens une alternative crédible, un parti qui fait de la politique de façon sérieuse et honnête, un parti qui ne se satisfait pas du peu qui est encore faisable dans ce pays, mais qui se bat pour les changements nécessaires dont la Flandre a besoin » ».

Si la NVA a choisi de mener campagne sur ce terrain-là, c’est d’abord parce qu’elle estime que ce message est porteur. La critique  du système (les autres partis ont échoué), la flamandisation des priorités (d’abord les flamands, le reste du royaume ensuite), et la dénonciation  de l’autre communauté, (ces francophones nous empêchent de réformer le pays) sont les figures habituelles du discours de la NVA. Si la NVA utilise des thèmes nationaux pour une campagne locale,  c’est aussi parce qu’elle a très peu d’expérience locale à faire valoir. Aujourd’hui la NVA a des sections locales dans toutes les communes de Flandre ou presque. Elle fera cavalier seul dans 83% des cas. Mais nous manquerons de points de comparaison, car en 2006 la NVA avait profité du cartel avec le CDV pour faire une entrée modeste dans les communes et les provinces. Pour le dire platement la NVA n’a pas de bilan à présenter.

Alors  vous me direz qu’il y a un paradoxe évident à faire une campagne communautaire sur des enjeux locaux. Qu’on ne voit pas très bien en quoi les francophones seraient responsables d’une mauvaise gestion des communes de Gand , Malines ou Hasselt.  C’est vrai, mais ce n’est pas parce que c’est vrai que l’électeur de la NVA s’en rend compte.  Et Bart De Wever a été prudent ce weekend « nous avons un retard très important par rapport aux partis traditionnels a-t-il rappelé à ses militants, nous ne pourrons pas le rattraper en une élection ».

Si on regarde le slogan du PS, on est dans l’effet inverse. C’est un slogan d’une absolue proximité. « Votre quotidien, notre combat ». On pourrait l’inverser « votre combat, notre quotidien », en temps de crise ça marche aussi, et on peut tout à fait imaginer que cette formule puisse servir à une autre formation que le parti socialiste. Même s’il y a le terme « combat », qui  appartient au vocabulaire de la gauche, ce n’est pas un slogan porteur d’un projet politique, mais plutôt un slogan qui insiste sur le lien entre l’élu et l’électeur. On emploie le pluriel pour monter qu’on est une force collective et on insiste sur le sens de l’écoute de la formation politique. L’idée qu’on est au service du citoyen et pas l’inverse. Un slogan qui met en avant les mandataires locaux plus que le parti, et qui ne nous parle pas vraiment du programme et surtout pas de la situation nationale. Exactement le contraire de ce que fait la NVA.

Si socialistes et nationaliste empruntent des stratégies quasi opposées, les deux formations jouent gros. Pour la NVA  il s’agit de se maintenir à un niveau extrêmement élevé. Un recul serait interprété comme un échec. C’est d’autant plus délicat que les sondages sont très favorables. Pour le PS il s’agit de confirmer un ancrage historique  dans les communes, alors que la politique de rigueur  n’est sans doute pas celle que plébisciteraient ses électeurs.  Quand on est le premier parti de sa communauté, on s’expose plus que les autres au risque d’une sanction lors d’un scrutin interemédiaire. Derrière les communales tout le monde pense aux législatives. Perdre trop de plumes en 2012 c’est être en mauvaise posture pour préparer 2014. C’est crucial pour la NVA qui vise la ministre-présidence en Flandre. C’est vital pour Elio Di Rupo qui espère se maintenir au « 16 rue de la loi. »

Bart De Wever accueille des militants du Vlaams Belang… mais qui ne sont pas d’extrême droite….

Par Fabrice Grosfilley dans nva , le 24 février 2012 09h51 | 9 commentaires

« Les extrémistes de droite ils n’ont aucune chance chez nous ». Ça c’est une belle déclaration signée Bart De Wever. Une phrase forte, courte, claire et sans ambiguïtés. Une phrase slogan et sans langue de bois comme  président de la N-VA sait en sortir sur tous les sujets ou presque.

Cette petite déclaration, il faut soigneusement la garder en mémoire, parce qu’elle vient dans un moment où, justement, tous les doutes sont permis. Depuis le début de la semaine, une polémique agite le débat politique flamand. Assiste-t-on à un transfert massif et plus ou moins organisé des militants du Vlaams Belang, le nouveau nom du Vlaams Blok vers les nationalistes de la N-VA ? C’est la socialiste Freya Vande Bossche, qui siège désormais comme ministre régionale au gouvernement flamand, qui a soulevé le lièvre. Sur ces listes N-VA pour les communales du mois d’octobre on peut, à ce stade de la campagne, déjà trouver une vingtaine d’anciens du Vlaams Belang. On peut tourner ça comme on veut, mais 20 mandataires, c’est beaucoup estime Freya sur twitter et à la VRT: « lorsque 20 mandataires passent d’un parti à l’autre pour y recevoir une place importante – la plupart du temps parmi les trois premiers-  ce n’est pas sans importance ! « .

Réaction courroucée hier de Bart De Wever «  De quoi se mêle-t-elle ? ». Et le président de la N-VA d’expliquer aux journalistes que les anciens du  Belang qui passent à la N-VA font l’objet d’un screening, « leur candidature est examinée avec le plus grand soin », parce que non « les extrémistes de droite, ils n’ont aucune chance chez nous » ,  mais que quand même on ne va pas diviser la société entre (je cite) « les bonnes et les mauvaises personnes ».  Vous retrouvez ici toute l’habilité de Bart De Wever, qui  adresse un message principal  à l’opinion publique (pas d’extrême droite chez nous, nous sommes un parti fréquentable), et en même temps, un message déculpabilisant à destination des militants du  Belang (vous êtes des militants comme les autres, je ne vous condamne pas d’avance, bienvenue).

Pour rappel, le Vlaams Belang souhaite le départ des immigrés, la fin de la Belgique (l’argent des Flamands doit servir aux Flamands), ne veut pas qu’on construise des mosquées (un de ses dirigeants a même estimé qu’on ne pouvait pas être à la fois musulman et démocrate), veut plus d’ordre  et de sécurité, moins de syndicats, moins de sécurité sociale, et qu’on paye un salaire aux femmes au foyer, parce que ça c’est du progrès social. Dans toute l’Europe,  le Vlaams Belang est considéré comme un parti d’extrême droite. Mais pour Bart De Wever, non non, on peut avoir milité et même avoir été élu pour ce parti et ne pas être vraiment d’extrême droite.

La vérité, c’est que la N-VA doit faire face à un fameux défi. Présenter en octobre des listes complètes dans toutes les communes de Flandre. Elle doit pour cela recruter du personnel politique, et si possible du personnel qualifié. Depuis toujours, les militants de la N-Va et du Vlaams Belang se fréquentent, se côtoient, s’apprécient, notamment parce qu’ils sont issus de la famille nationaliste (je vous renvoie vers les nombreuses enquêtes parues dans la presse à ce sujet ou vers les bouquins de Marcel Sel). La N-VA affirme aujourd’hui qu’elle recrute aussi au CD&V ou au VLD. C’est vrai, mais ce n’est pas la même chose et cela n’a rien à voir. Depuis toujours, Bart De Wever affirme qu’il n’est pas d’extrême droite. Qu’il est un démocrate, qu’il n’est pas raciste.  Quand il est venu au grand direct sur RTL, il a même estimé qu’il faudrait le remercier parce que le véritable adversaire de l’extrême droite, c’était lui.

Alors c’est vrai, Bart De Wever n’est pas d’extrême droite. Mais que des militants du Belang se retrouvent dans son parti est inquiétant. Parce qu’on ne peut pas exclure qu’à terme, ces militants ne deviennent influents. Ces hommes ou ces femmes, authentiquement d’extrême droite, ont des chances demain d’être échevins ou échevines grâce au parti de Bart De Wever. Des postes clefs où ils commenceront à appliquer leur programme. Et je ne vous parle pas de leur ascension possible dans les rouages du parti, ce qu’on appelle l’entrisme. En refusant le cordon sanitaire, Bart De Wever joue avec l’ambiguïté et fait prendre de sérieux risques à la démocratie flamande. En cette période de carnaval, il faut se méfier de ceux qui avancent masqués. On ne change pas d’opinion comme de déguisement.  Quand Bart De Wever nous dit qu’il est « contre l’extrême droite », doit-on comprendre qu’il est « tout contre » pour paraphraser Coluche ? Il suffit de remplacer droite par gauche pour  comprendre la portée de l’ambiguité. Si Bart de Wever  nous avait dit « les extrémistes de gauche ils n’ont aucune chance chez nous » sa petite phrase devenait  tout d’un coup bien plus crédible. Parce que pour le coup, elle n’était plus démentie par les faits.

« La politique est une guerre, nous ne sommes pas des mauviettes » : Bart De Wever au secours de Philippe Muyters

Par Fabrice Grosfilley dans flandre, nva , le 20 janvier 2012 09h41 | 7 commentaires

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« C’est un moment particulièrement douloureux et difficile. Je savais que la politique c’était dur, je ne savais pas que c’était aussi dur que ça. Je suis ému. » Ce sont les propos tenus hier soir par Philippe Muyters.

Philippe Muyters n’est pas  suffisamment connu  côté francophone. C’est l’un des deux ministres de la NVA au gouvernement flamand. Si  au sud on se focalise  souvent sur Geert Bourgeois, parce qu’il est le ministre de l’intérieur et qu’il a notamment la tutelle sur les communes de la périphérie de Bruxelles, Philippe Muyters,   plus rond, en apparence moins austère que Geert Bourgeois,  a dans ses compétences le budget, les finances, l’emploi, l’aménagement du territoire et  même le sport,  c’est vous dire si c’ est un poids lourd du gouvernement flamand.

L’affaire remonte au début de l’année  2010. Devant la commission des finances du parlement flamand Philippe Muyters  affirme qu’il n’y a pas de raison de penser que l’objectif budgétaire ne sera pas atteint. L’opposition réclame  le rapport du comité de monitoring pour en avoir la certitude, mais  le ministre refuse. Un des collaborateurs du ministre explique alors  dans un mail  que si on ne peut pas transmettre ce rapport c’est parce qu’il montre que le ministre a menti, qu’il y a  bel et bien un dérapage budgétaire, à cause je cite, « des salopards de l’enseignement » (je vous rappelle que le ministre de l’enseignement en Flandre est Pascal Smet du SPA).

Hier le mail en question se retrouve sur la place publique. Evidement dans ces cas-là c’est un peu embarrassant pour le ministre. Sur le coup de 20 heures Philippe Muyters convoque une conférence de presse en urgence. On se demande même s’il ne va pas démissionner.  Devant les caméras et les photographes,  Muyters est accompagné de Geert Bourgeois et de son président de parti Bart De Wever lui-même. Finalement il explique qu’il  reste à son poste. Ce ne serait pas correct de démissionner affirme-t-il  soulignant que l’auteur de ce fameux mail a été sanctionné et estimant être victime d’une chasse aux sorcières.

Lors de cette conférence de presse Bart De Wever prend  aussi la parole. Il reconnaît que le langage utilisé dans le mail était inacceptable. Mais il embraye « si tout qui envoie un mail malheureux doit démissionner il n’y aura plus grand monde qui aura du travail, puis,  attention c’est du Bart dans le texte, la politique est une guerre, nous ne sommes pas des mauviettes, mais ce qui a été fait aujourd’hui contre Philippe Muyters dépasse les limites de la bonne guerre ».

Si on peut, très modestement, se permettre de contredire le président de la NVA, la politique, ce n’est justement pas la guerre. Au contraire, la démocratie, c’est l’art du débat, et les affrontements ne sont que des combats d’idées.  Si vous vous dites que la politique est parfois virile en Wallonie ou à Bruxelles,  ou que l’Olivier  souffre parfois de dissensions fortes, les propos  guerriers d’hier soir et  l’incident du mail  démontrent qu’en Flandre ce n’est pas beaucoup mieux.

L’affaire n’est pas qu’une anecdote : la NVA aura du mal à accepter de nouvelles coupes sombres budgétaires probablement inévitables. Or, en cas de dérapage, le fédéral sollicitera à nouveau les entités fédérées.  La NVA hurlera au hold-up. Attaquer Philippe Muyters c’est donc fragiliser un ministre qui est, déjà, dans une position inconfortable.

Le moteur budgétaire a des ratés

Par Fabrice Grosfilley dans budget, nva , le 9 janvier 2012 09h23 | 2 commentaires

Dernière polémique en date, hier, le salaire des ministres va augmenter claironne un journal flamand tuyauté par la NVA.  Déferlement de protestation sur l’internet. Branlebas de combat chez les ministres, et pour finir démenti  catégorique. Les salaires des ministres ont bien diminué de 5%, comme annoncé dans l’accord de gouvernement. La NVA s’est appuyé sur une enveloppe globale, et a ensuite divisé par le nombre de ministre. Pas de chance,  le chiffre était erroné. Les documents transmis au parlement n’auraient pas tenu compte de la diminution du nombre de ministre.

48 heures plus tôt, autre polémique, toujours à l’instigation de la NVA. La dotation royale ne serait pas gelée, comme l’annonçait l’accord de gouvernement, elle augmenterait de 3%. Là aussi branlebas ministériel. On va vérifier  et corriger si c’est nécessaire.

Dans les deux cas il est clair qu’ on a pêché par excès de vitesse. Vous vous rappelez que le projet de budget a été obtenu à l’arraché fin novembre.  Les deux projets de loi  qui reprennent le tout ont été introduits au parlement le 20 décembre. Un budget ce n’est pas 3 paragraphes. Le projet de loi sur le budget des voies et moyens pèse 527 pages, celui des dépenses générales, 455 pages, avec quelques beaux tableaux à décrypter  et vous ajoutez bien sur les annexes. On ne va pas jeter la pierre à l’administration du budget : entre les décisions prises lors de la négociation, leur transmission à l’administration, leur traduction en forme juridique, l’incorporation dans un projet de loi, et la transmission du projet  à la chambre, vous voyez que la chaine est complexe et que l’erreur est humaine.

Mais quand même. La commission finances et budget commence ses travaux demain. Ce serait bien qu’un ministre, celui du budget ou celui des finances, relise le texte remis aux députés et qu’on nous évite de nouvelles polémiques.

Les attaques de la NVA ne sont pas graves sur le fond, mais elles occasionnent du discrédit sur la forme. Elles attisent le sentiment antipolitique et le gouvernement Di Rupo n’a pas besoin de ça. Pas besoin de commencer l’année 2012 en passant pour une bande d’amateurs.

Mais il y a plus grave encore que les polémiques montées en épingle sur la base de chiffres éronnés. Ce sont les remontrances de la commission européenne et les avertissements du gouverneur de la banque nationale de Belgique. Pour la commission  notre projet de budget, ne permettait pas de limiter le déficit à 2,8% comme prévu. En cause des mesures surestimées et une croissance surévaluée. En urgence le gouvernement a donc décidé de geler une série de  dépenses. Investissements reportés donc, à la SNCB à la coopération au développement et dans l’armée. Luc Coene, le gouverneur de la banque nationale annonce qu’il faudra faire entre 1 et 2 milliards d’efforts supplémentaires.

En clair le contrôle budgétaire de février sera un contrôle douloureux. Avec les mêmes débats qu’au mois de novembre. Des libéraux qui vont vouloir réduire les dépenses et faire participer les régions et les communes. Des socialistes qui vont s’y opposer au nom de la protection sociale et de la relance de l’économie.  Le budget c’est le moteur de l’action gouvernementale. Le moteur de la Belgique a été à l’arrêt pendant un an et demi. On voudrait demander au gouvernement Di Rupo qu’il y rajoute  un peu d’huile. Que les débats aient lieu à huis clos, qu’on évite d’affoler l’opinion et qu’on présente des textes sérieux, crédibles et bien relus.  Pour l’instant autour du  moteur budget, on voit beaucoup trop de fumée. Sans être mécano, on peut suspecter qu’il faille affiner le réglage

Pourquoi il faut inviter Bart De Wever

Par Fabrice Grosfilley dans nva , le 13 décembre 2011 12h04 | 21 commentaires

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Pendant plus d’un an, on va dire du 13 juin 2010, date des élections, au 21 juillet 2011, date à laquelle le CD&V et l’Open VLD acceptent d’entrer dans une négociation avec les francophones sans la N-VA , Bart De Wever a été l’homme qui incarnait la Flandre.  Celui qui donnait la position flamande dans cette espèce de non-négociation. Plus puissant qu’Yves Leterme, alors Premier ministre, plus puissant que Kris Peeters, le ministre-président flamand, il a joué régulièrement la carte du refus. Rejetant à plusieurs reprises les propositions francophones les considérant, semaines après semaines, concessions après concessions, comme toujours insuffisantes. Critiquant le rôle du Roi, ridiculisant les missions de conciliation comme celle menée par Johan Vande Lanotte, il apparaissait alors comme  celui qui était en mesure de faire plier les francophones, un pur et dur qui serait le seul susceptible d’obtenir une réforme ambitieuse dans l’intérêt  des Flamands. Pendant toute  cette période, les principaux ennemis médiatiques de Bart De Wever ont été les francophones. Un pluriel large, qui nous englobe tous. Une entité anonyme qui dans l’imaginaire des électeurs flamands (et en particulier ceux des nationalistes) signifie ceux qui vivent au crochet de l’Etat Belge  et qui veulent que rien ne change.

Son discours en train de changer

Aujourd’hui le discours de Bart De Wever  est en train de changer. Si on écoute bien son intervention au Sénat hier, l’essentiel de ses critiques ne sont plus pour les francophones, mais pour les partis flamands qui  soutiennent le gouvernement Di Rupo.  Pas pour le sp.a, parti de gauche qui ne constitue donc pas un réel concurrent  électoral mais  plutôt  pour le CD&V et l’Open VLD que Bart De Wever accuse à demi-mot de traitrise à la cause flamande. Pour comprendre cette évolution, il suffit de regarder un calendrier. Les hommes politiques préparent toujours l’élection à venir : dans un an, il y a les élections communales et Bart De Wever a l’ambition personnel de prendre la ville d’Anvers, dont il pourrait devenir bourgmestre, tandis que son parti espère confirmer sa place de numéro 1. CD&V et Open VLD ont bien compris le danger, et s’inscrivent désormais dans des logiques de cartel pour essayer de résister à la marée montante de la N-VA.

Pourquoi inviter Bart De Wever ?

Fallait-il inviter Bart De Wever dans ce contexte ? Oui parce que le rôle d’un journaliste est d’aider à comprendre les enjeux. On ne peut pas se contenter de stigmatiser la N-VA en refusant d’entendre ses arguments. Les occasions d’interroger sur la durée l’homme le plus populaire de Flandre sont tellement rares que l’on s’en voudrait de rater ce rendez-vous. L’interroger, l’écouter pour le comprendre.  Que chaque citoyen puisse ensuite décider de le combattre ou de le soutenir, mais en connaissance de cause, c’est l’apport des journalistes à l’exercice de la démocratie.

Ce soir face à Laurent Haulotte, on sera attentif à ce que Bart De Wever dira des autres partis flamands. On verra, si privé de munitions sur le plan communautaire, puisqu’il y a désormais une grande réforme de l’Etat et la scission de l’arrondissement de BHV et que cela se fait sans lui, il ne pointe pas davantage ses canons sur la politique socio-économique du gouvernement. En d’autre termes, on verra si Bart De Wever essaye de faire oublier son « impuissance communautaire » en déplaçant le débat sur la crise économique.

On sera également attentif à ce qu’il pourra dire d’Elio Di Rupo. Ces deux hommes là risquent-ils de se retrouver face à face en 2014 ?  Peuvent-ils envisager de travailler ensemble ou bien les blessures sont-elles trop profondes ?

Et puis bien sûr on s’interrogera sur la position de la N-VA dans le paysage politique.  Est-elle réellement si éloignée de l’extrême droite que Bart De Wever l’affirme ? Hier une sénatrice du Vlaams Belang  indiquait que si un Wallon d’origine étrangère et unilingue pouvait devenir Premier ministre, il n’y avait pas de raison que les francophones apprennent le néerlandais avant de conclure « votre gouvernement belge la Flandre  ne le soutient pas, elle lui crache dessus ». La critique résonne à mon oreille comme fort proche des dernières sorties du président de la N-VA (en substance que sa nounou somalienne parlerait  mieux le néerlandais qu’Elio Di Rupo et que celui -ci n’était pas un vrai Premier ministre).  Il sera évidemment intéressant de voir si Bart De Wever condamne ce genre de propos, ou si au contraire il pense déjà à un grande alliance des droites flamandes. Une alliance qui pourrait lui permettre de prendre Anvers, dans un premier temps, et peut être toute la Flandre ensuite.