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Bart De Wever déchire la copie de Pascal Smet, Kris Peeters tente de calmer le jeu: la Flandre instable

Par Fabrice Grosfilley dans communales, flandre , le 28 juin 2012 09h52 | 5 commentaires

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La scène se passe au parlement flamand. Bart  De Wever, président de la très puissante N-VA, et surtout coqueluche de l’opinion flamande,  n’est pas là. « Où est Bart De Wever, lui qui est si prompt à faire la leçon à tout le monde ? »  se demande  Filip Watteuw en montrant  le siège vide. Le député régional  de Groen,  les verts flamands, insiste:   « Où est-il, qu’il participe une fois au débat ? ». Une scène ordinaire de la vie parlementaire, sauf que pour une fois on applaudit. Et on applaudit même longuement. Oui on applaudit au parlement flamand un homme qui critique Bart De Wever. Et les députés du CD&V et du sp.a ne sont pas les derniers à applaudir, au contraire. Il faut dire qu’il l’a un peu cherché Bart De Wever. Il vient de mettre le feu à la majorité flamande. Pour rappel, le gouvernement Flamand est soutenu par 3 partis : le CD&V du ministre président Kris Peeters, le sp.a le parti socialiste, et la N-VA de Bart De Wever.

Et pourtant cette semaine Bart De Wever a  flingué l’un des projets portés par sa majorité  (et surtout par le ministre de l’enseignement Pascal Smet).  Celui-ci  veut retarder de 2 ans (14 ans à la place de 12)  l’âge auquel les petits Flamands doivent choisir entre l’enseignement  général, le technique et le professionnel. La N-VA n’est pas d’accord :  « la formation est quelque chose de trop sérieux pour se lancer dans des expériences ».

Ce n’est pas la première fois qu’il y a des tiraillements dans la majorité flamande. L’exécutif a notamment été divisé sur le projet UPplace, un projet de méga complexe commercial poussé par la majorité alors que le s.pa est contre. Il y a eu plusieurs affaires croquignoles de mails, envoyés par erreur à d’autres destinataires d’où  il ressortait que l’ambiance n’est pas au beau fixe. Cette fois-ci, en applaudissant l’opposition contre Bart De Wever, les députés CD&V et sp.a ont franchi un cap. Surtout que Bart De Wever et son absence remarquée ont déjà été soulignés au Sénat où on est en train de voter la réforme de l’Etat.

L’ambiance se dégrade donc entre les partenaires. Kris Peeters, le ministre-président flamand le confirme d’ailleurs assez ouvertement: « Je n’ai rien contre les débats politiques mais la manière dont cela se passe aujourd’hui est déplorable (…) la nervosité et l’opportunisme gagnent du terrain à l’approche des élections communales« .  Ou encore : « Il faudrait veiller à ce que ces comportements ne dépassent pas certaines limites ». Vous imaginez Rudy Demotte qui dirait la même chose, c’est qu’on serait déjà assez loin dans le pugilat.

Quelles leçons retenir de ce bouillonnement flamand ?

1. Les communales  rendent tout le monde nerveux au nord du pays, c’est un vrai test de la puissance de la N-VA et d’autres formations ont le sentiment d’y jouer leur survie.

2. Avoir un pied dans la majorité (en Flandre), un pied dans l’opposition (au fédéral) n’est pas simple. Plutôt que de faire le grand écart Bart De Wever boude les 2 assemblées : il ne va ni au parlement régional ni au sénat.

3.  A chaque fois que vous vous voulez toucher à l’enseignement vous prenez un risque. Les parents d’élèves détestent le changement, parlez-en à Marie Dominique Simonet ou à Marie Arena.  En optant pour le statu quo et en refusant qu’on retarde l’orientation, Bart de l’a très bien compris. C’est vrai, à 12 ans, les enfants n’ont pas toujours une idée très précise de ce qu’ils veulent devenir, mais ce n’est pas grave, à 12 ans on n’est pas électeur. Leurs profs et leurs parents auront donc des idées à leur place. C’est sans doute un peu conservateur, mais  électoralement, c’est surement  très porteur.

Bart De Wever : Anvers or not Anvers ?

Par Fabrice Grosfilley dans flandre, nva , le 18 avril 2012 10h20 | 5 commentaires

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La question commence à agiter très fort le monde politique flamand : Bart De Wever sera-t-il oui ou non tête de liste aux élections communales ?  En septembre dernier il avait indiqué qu’il le serait « probablement » . Probablement, cela veut bien dire envisageable mais pas certain. Ces dernières semaines le président de la N-VA cultive le mystère. Il  botte en touche quand on lui pose la question. Le suspens ne durera plus très longtemps, au plus tard, samedi lors d’un congrès de parti à Anvers on saura qui conduira la liste du parti nationaliste à Anvers.

Ce n’est pas qu’une question locale. D’abord parce qu’Anvers plus grande ville de Flandre a un poids symbolique particulier. C’est à Anvers que dans les années 80/90 le Vlaams Belang a été le plus influent, son leader, Filip Dewinter, visant même le maïorat à une certaine époque.  C’est aujourd’hui à Anvers que la N-VA semble la mieux implantée. En 2010, lors des élections législatives, le parti nationaliste avait obtenu 30% des suffrages sur l’ensemble de la province, 25%, donc un électeur sur quatre, sur le seul canton d’Anvers.  Les derniers sondages le placent encore plus haut. Bart De Wever y est conseiller communal, c’est son fief, et toute la presse flamande s’est préparée à un duel à mort entre De Wever et la NV-A  d’un côté, et  Patrick Janssens, le bourgmestre socialiste de l’autre. Cela devait être « l’affiche » de ces élections communales. Celle qui éclipse toutes les autres puisque prendre ou perdre Anvers  un symbole majeur. S’il n’y avait qu’un seul maïorat  pour la NV-A mais que c’était celui-là, cela éclipserait les résultats dans toutes les autres communes ou presque.

Finalement ce choc n’aura peut-être pas lieu. D’abord parce que l’Open VLD a décidé lui aussi d’envoyer une pointure à Anvers. Ce sera Annemie Turtelboom, la ministre de la Justice  qui sera la nouvelle chef de file des libéraux flamands. Philipe Dewinter pour le Vlaams Belang est en recul, mais il garde une capacité de nuisance. Ce n’est plus un duel, mais un match un peu plus complexe. Et puis surtout on n’est plus sûr que Bart De Wever se jettera dans la bataille. L’hypothèse que Bart De Wever ne sera pas tête de liste a repris de la vigueur ces derniers jours. Ce matin dans le journal le Soir on pense que ce sera plutôt Lisbeth Homans qui sera numéro 1. Liesbeth Homans n’est pas n’importe qui, c’est la chef de groupe NVA au sénat,  elle siège également au parlement flamand et surtout, elle est l’une des plus proches collaboratrices de Bart De Wever,  avec qui elle travaille depuis 2004.

En fait Bart De Wever est confronté à un choix cornélien. S’il est tête de liste, il est condamné à l’emporter.  Son image de leader est en partie basée sur le fait qu’il vole de victoire en victoire. Ne pas gagner à Anvers ce serait rompre cette dynamique, or les succès de la NV-A  sont très liés aux performances individuelles de Bart De Wever.  A l’inverse, s’il n’est pas candidat Bart De Wever passera pour un homme qui recule, qui refuse l’affrontement, en décalage avec son image actuelle. Derrière les communales il y a déjà dans toutes les têtes les élections de 2014. L’échéance regroupera le scrutin législatif, les députés à la chambre, et le scrutin régional. Bart De Wever a l’ambition de devenir ministre président-flamand à cette occasion. S’il est bourgmestre d’Anvers 2 ans plus tôt, il risque de ne pas pouvoir mener cette bataille-là. S’il ne l’est pas, il risque d’être sur une pente descendante. Peut-il faire l’impasse pour 2012 pour ne pas rater 2014 ou peut-il  s’abstenir en 2012 et rester crédible en 2014 ?  C’est un peu comme la barde du capitaine Haddock : en dessous ou au-dessus des couvertures ? Bart De Wever a perdu quelques dizaines de kilos. On n’est pas sûr qu’il dorme très bien ces jours-ci.

Geert Lambert et ses lunettes quittent la politique

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, flandre , le 20 mars 2012 09h42 | 3 commentaires

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C’est un peu cruel, la politique. Nous sommes en 2012 et côté francophone, plus personne ne se souvient de Geert Lambert.

Et pourtant cet homme a eu son heure de gloire. Ouvrez vos livres d’histoire: nous sommes en 2005. À l’époque, gouvernement Verhofstadt II, coalition violette. Geert Lambert est le président d’un petit parti, Spirit, qui s’est présenté en cartel aux élections avec le SPA de Johan Vande Lanotte. Spririt soutient donc la majorité. Le parti a d’ailleurs une secrétaire d’état au gouvernement, Els Van Weert -vous ne vous en rappelez plus non plus, c’est normal- qui s’occupe du développement durable. Le parti d’Els et Geert se veut à la fois flamand et progressiste. Spirit, c’est l’une des branches de l’ancienne Volksunie: lorsque le parti nationaliste flamand a explosé, beaucoup de ses membres ont rejoint le VLD ou le CVP, mais les plus à droite ont fondé la NVA et les plus à gauche ont créé Spirit.

Geert Lambert, physiquement, on ne peut pas le rater. À l’époque, le bonhomme est assez rond, les cheveux courts. Une sorte de Bart De Wever, version avant régime, qui porterait les lunettes de Philippe Reynaert. Ces lunettes sont à Geert Lambert ce que le nœud papillon est à Elio Di Rupo: ce n’est plus un accessoire, mais une signature. Elles sont rectangulaires et vertes. Oui, vous avez bien lu, des lunettes vertes. À l’époque, on le voit de loin, Geert Lambert.

En plus d’être président de parti, Geert Lambeert est député. Elu en 2003, il sera ensuite sénateur, à partir de 2007. Mais revenons à 2005, lorsque Guy Verhofstadt essaye de résoudre l’épineux problème de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il faut scinder, disent les flamands. Pas question, répondent les francophones. Autour de la table, Geert Lambert, mais aussi Olivier Maingain. Pendant des mois, Guy Verhofstadt tente de négocier un accord. Il réunit les partis de sa majorité dans le plus grand secret. Des réunions qui ont lieu chez des amis dans la périphérie, à Sint-Pieters-Leeuw, à Wavre, puis au château de Lembeek, qui appartient à l’ULB. Les négociateurs sont prévenus au dernier moment et par sms pour éviter les fuites. Il faut éviter la presse qui piste les négociateurs. La radio flamande lance même un concours: aidez-nous à retrouver Olivier Maingain et vous gagnerez un poste de télé.

Au mois de mai, Guy Verhofstadt tente le tout pour le tout. Il propose de scinder l’arrondissement électoral en échange de compensations pour les francophones. La Communauté Française pourrait notamment intervenir dans les communes à facilités, pour subsidier des bibliothèques, par exemple. Il est trois heures du matin. Geert Lambert explique calmement qu’il n’en est pas question. Il ferme sa petite mallette, se lève et s’en va. Pour la petite histoire, je crois me souvenir qu’il devra faire demi-tour car il l’avait oubliée, sa mallette. Les autres se regardent, Guy Verhofstadt n’aura pas de réforme de l’état, mais le gouvernement décide de continuer quand même.

Dans tous les médias, on désigne le responsable de l’échec: Geert Lambert. C’était sans doute exagéré. Puisque Spirit a débranché la prise, les autres n’ont pas eu à se positionner. On ne saura jamais si ce prétendu compromis était réellement acceptable pour les autres partis flamands comme pour le FDF. Longtemps, ce quasi-accord de 2005 servira pourtant de texte de référence pour les négociations communautaires.

Entretemps, Spirit a disparu du paysage politique flamand. Une partie de ses membres a intégré le SPA, une autre partie, Geert Lambert en tête, est passée du côté des écologistes de Groen, je vous évite les étapes intermédiaires. Hier, Geert Lambert, conseiller communal depuis 1996 à Ostende, a annoncé qu’il ne se présenterait plus aux communales. L’homme qui a fait mettre BHV « au frigo » arrête la politique au moment même où la scission de l’arrondissement devient une réalité. Geert Lambert et ses lunettes, qui étaient au centre du jeu politique en 2005, et qui 7 ans plus tard redevient avocat, dans l’indifférence générale. Tout un symbole.

L’appel de Kris Peeters : discutons des réformes

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, fédéral, flandre , le 23 janvier 2012 10h35 | Commentaires fermés

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L’information a été donnée hier midi. Vendredi le premier ministre a reçu les ministres présidents des entités fédérées. Rudy Demotte pour la Wallonie, Charles Picqué pour Bruxelles, Karl Heinz Lamberts pour la communauté germanophone et surtout Kris Peeters pour la région flamande. Que ce sont dit ces 5 hommes,  on n’en sait pas grand-chose.  A 5 ils n’ont pas fait une belotte. Pourquoi cette rencontre, qui a eu lieu vendredi n’a-t-elle été  rendue publique que dimanche ? Tout simplement parce que dimanche Kris Peeters a appelé le niveau fédéral à davantage de concertation.  Le ministre président flamand pointait la communication un peu hasardeuse sur le transfert des crédits hypothécaires. Il faut qu’on se parle a-t-il donc lancé en substance.  Coté Elio Di Rupo  on a moyennement apprécié. Son porte-parole a donc rendu publique l’existence de cette réunion, il faut qu’on se parle, ah ben ils se sont parlé voyez-vous.  Riposte de Kris Peeters quelques heures plus tard « je déplore cette réaction », il ne s’agissait que de contacts informels, moi je veux une réunion officielle.  Si  Kris Peeters  insiste ainsi pour que le fédéral et les régions se concertent  c’est qu’il a une idée derrière la tête : avec une réunion officielle il pourrait ensuite informer tout aussi officiellement le gouvernement flamand, le parlement flamand,  les partenaires sociaux flamands, et peut-être même  aussi, on ne sait jamais, les médias flamands.

Ne nous moquons pas. Dans le fond Kris Peeters  n’a pas tout à fait tort. Le gouvernement d’Elio Di Rupo a deux fers aux feux. Le premier c’est la relance et notre obligation budgétaire : comment faire pour éviter au pays de s’enfoncer dans la crise. Le deuxième c’est bien  la réforme de l’Etat. Il y a eu un couac sur la régionalisation des crédits hypothécaires, une communication mal préparée, des régions qui n’étaient pas prêtes à répondre, des médias qui se sont emballés, c’est vrai. Mais le couac peut se reproduire à chaque instant : sur l’assurance chômage et le contrôle de la disponibilité des demandeurs d’emplois, sur les allocations familiales, la justice, le code de la route.  Vous pouvez reprendre comme ça tout l’accord sur la réforme de l’Etat et deviner qu’on peut faire un feuilleton sur les transferts de compétences. Avec à chaque fois les mêmes questions : que vont faire les régions, ont-elles les moyens de faire face à leurs nouvelles obligations,  quand le  transfert aura-t-il lieu, comment sera-t-il financé, etc. Cette réforme de l’Etat est une réforme. La différence entre réforme et révolution n’est pas ici dans l’ampleur des changements, mais dans leur préparation et leur accompagnement. Qu’il y ait des soubresauts est normal,  mais si on veut éviter l’impression de capharnaüm le gouvernent a tout intérêt à  montrer qu’il gère cette transition, qu’il  la prépare et qu’il l’encadre. Là on a plutôt le sentiment que la réforme avance toute seule,  et que le gouvernement se pose les questions en même temps que l’opinion publique.

Donc oui Kris Peeters a raison : il faut que le fédéral se concerte avec les entités fédérées. Cela peut passer par des rencontres avec les ministres présidents. Cela peut aussi passer par le comité de concertation. En y réfléchissant bien il serait logique que cette instance qui réunit le gouvernement fédéral et les régions et qui se réunissait sous les gouvernements précédents tous les 15 jours, devienne le cœur politique de la Belgique pour les 2 années à venir.  Dans l’accord institutionnel on notait  d’ailleurs que le comité de concertait serait  « un point central de concertation et d’impulsion de stratégies coordonnées ». Exactement ce dont on a besoin. Vous l’avez écrit, messieurs et mesdames les négociateurs, et bien faites-le ! Tant qu’à faire réunissez aussi au plus vite le comité de mise en œuvre de la réforme de l’état. Il s’est pour l’instant réuni une fois de manière un peu lacunaire, et la prochaine rencontre est prévue au mois de mars (et je ne vous parle pas du groupe de travail sur le Sénat). Il y a  moyen d’aller plus vite.  Si en prime côté francophone on lançait aussi un organe officiel pour réfléchir à la manière d’organiser en Wallonie et à Bruxelles les compétences transférés, ce ne serait pas une mauvaise idée. Théoriquement la première phase de la réforme  de l’Etat, avec  notamment la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde doit être votée avant l’été. Depuis quelques semaines on a le sentiment que la classe politique se pose les bonnes questions mais suivant un  tempo que lui fixe la presse ou l’opposition. Je ne suis  pas un supporter inconditionnel des bidules ou autres comités inutiles. Il me semble que les questions pratiques soulevées par les réformes institutionnelles sont d’une  nature et d’une ampleur sérieuse.  Montrer qu’on y travaille vraiment, et le faire publiquement et dans la transparence n’aurait rien de honteux.

« La politique est une guerre, nous ne sommes pas des mauviettes » : Bart De Wever au secours de Philippe Muyters

Par Fabrice Grosfilley dans flandre, nva , le 20 janvier 2012 09h41 | 7 commentaires

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« C’est un moment particulièrement douloureux et difficile. Je savais que la politique c’était dur, je ne savais pas que c’était aussi dur que ça. Je suis ému. » Ce sont les propos tenus hier soir par Philippe Muyters.

Philippe Muyters n’est pas  suffisamment connu  côté francophone. C’est l’un des deux ministres de la NVA au gouvernement flamand. Si  au sud on se focalise  souvent sur Geert Bourgeois, parce qu’il est le ministre de l’intérieur et qu’il a notamment la tutelle sur les communes de la périphérie de Bruxelles, Philippe Muyters,   plus rond, en apparence moins austère que Geert Bourgeois,  a dans ses compétences le budget, les finances, l’emploi, l’aménagement du territoire et  même le sport,  c’est vous dire si c’ est un poids lourd du gouvernement flamand.

L’affaire remonte au début de l’année  2010. Devant la commission des finances du parlement flamand Philippe Muyters  affirme qu’il n’y a pas de raison de penser que l’objectif budgétaire ne sera pas atteint. L’opposition réclame  le rapport du comité de monitoring pour en avoir la certitude, mais  le ministre refuse. Un des collaborateurs du ministre explique alors  dans un mail  que si on ne peut pas transmettre ce rapport c’est parce qu’il montre que le ministre a menti, qu’il y a  bel et bien un dérapage budgétaire, à cause je cite, « des salopards de l’enseignement » (je vous rappelle que le ministre de l’enseignement en Flandre est Pascal Smet du SPA).

Hier le mail en question se retrouve sur la place publique. Evidement dans ces cas-là c’est un peu embarrassant pour le ministre. Sur le coup de 20 heures Philippe Muyters convoque une conférence de presse en urgence. On se demande même s’il ne va pas démissionner.  Devant les caméras et les photographes,  Muyters est accompagné de Geert Bourgeois et de son président de parti Bart De Wever lui-même. Finalement il explique qu’il  reste à son poste. Ce ne serait pas correct de démissionner affirme-t-il  soulignant que l’auteur de ce fameux mail a été sanctionné et estimant être victime d’une chasse aux sorcières.

Lors de cette conférence de presse Bart De Wever prend  aussi la parole. Il reconnaît que le langage utilisé dans le mail était inacceptable. Mais il embraye « si tout qui envoie un mail malheureux doit démissionner il n’y aura plus grand monde qui aura du travail, puis,  attention c’est du Bart dans le texte, la politique est une guerre, nous ne sommes pas des mauviettes, mais ce qui a été fait aujourd’hui contre Philippe Muyters dépasse les limites de la bonne guerre ».

Si on peut, très modestement, se permettre de contredire le président de la NVA, la politique, ce n’est justement pas la guerre. Au contraire, la démocratie, c’est l’art du débat, et les affrontements ne sont que des combats d’idées.  Si vous vous dites que la politique est parfois virile en Wallonie ou à Bruxelles,  ou que l’Olivier  souffre parfois de dissensions fortes, les propos  guerriers d’hier soir et  l’incident du mail  démontrent qu’en Flandre ce n’est pas beaucoup mieux.

L’affaire n’est pas qu’une anecdote : la NVA aura du mal à accepter de nouvelles coupes sombres budgétaires probablement inévitables. Or, en cas de dérapage, le fédéral sollicitera à nouveau les entités fédérées.  La NVA hurlera au hold-up. Attaquer Philippe Muyters c’est donc fragiliser un ministre qui est, déjà, dans une position inconfortable.

Quand le parlement flamand fait jouer le Vlaams Belang

Par Fabrice Grosfilley dans Autre, communautaire, flandre , le 30 juin 2011 07h01 | 6 commentaires

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Oui réformer les provinces c’est un vieux débat en Wallonie, c’est aussi un vieux débat en Flandre. Le parlement flamand est finalement passé à l’action cette nuit. Le vote est intervenu au milieu de nuit.

Pour comprendre il faut se rappeler que le ministre de l’Intérieur du gouvernement flamand qui pilote cette réforme est le très N-VA Geert Bourgeois et que son projet était dans les cartons depuis plus d’un an. L’idée générale est de donner plus de pouvoir aux communes en limitant le rôle des provinces. Les compétences en matière d’enseignement, de culture, de santé sont transférées : les provinces ne conservent plus que des compétences liées au territoire comme l’aménagement ou la gestion des cours d’eau. Conséquence : le nombre de conseillers provinciaux est réduit à la baisse,  on en supprime 60 sur l’ensemble de la région flamande, il y en près de 400 au total, et les règles de l’élection sont également revues, avec la création de circonscriptions provinciales, donc des circonscriptions plus grandes que les actuels arrondissements.

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Le hic : la majorité des deux tiers

En avril le projet, traduit sous forme de livre blanc, est approuvé par le gouvernement régional flamand. Et pourtant ça coince. Pour faire adopter cette réforme, et notamment la partie qui concerne les élections, il faut une majorité des deux tiers. La coalition de Kris Peeters, qui comprend les sociaux-chrétiens du CD&V, les socialistes du SPA et la N-VA de Bart De Wever n’a pas cette majorité. Les contacts avec les partis démocratiques ne donnent rien. Les verts de Groen ! sont contre un seuil électoral de 5% qui fait partie de la réforme. Les libéraux de l’Open VLD demandent en échange de leur soutien que la Flandre adopte, comme c’est le cas en Wallonie, le principe de l’élection directe des bourgmestres, la majorité refuse.

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Rebondissement

On croit que la réforme est enterrée, finalement cette nuit, surprise  dans un climat chaotique (il y aura plusieurs suspensions de séance), Geert Bourgeois va faire passer son texte. Après de multiples interruptions de séances c’est le Vlaams Belang, donc l’extrême droite qui va soutenir la majorité. Alors ce matin deux réflexions. La Flandre a réussi à réformer ses provinces, c’est même une réforme ambitieuse alors que la Wallonie n’y arrive pas vraiment. Redistribuer les compétences pour rendre les pouvoirs publics plus efficaces et diminuer le nombre d’élus à un échelon de pouvoir qui ne semble pas essentiel, ce n’est surement pas condamnable. Deuxième aspect de la question : le fait de s’appuyer sur des voix de l’extrême droite. Même si elle n’est plus revendiquée ouvertement par les partis flamands, il existait jusqu’à présent une tradition de cordon sanitaire, qui voulait qu’on ne gouverne pas avec le Vlaams Belang.

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Un texte adopté grâce au Vlaams Belang

Il y a déjà eu des brèches : des discussions au niveau local, des textes pris en considération à la Chambre ou au Sénat, mais ici on vient de franchir une nouvelle étape. Sans les 21 voix du  Vlaams Belang, le texte n’aurait pas pu être adopté. 21 voix parmi lesquelles on retrouve Filip Dewinter et d’autres élus, qui, il y a moins de 15 jours, étaient embarqué par la police : au cours d’une manifestation ils avaient rebaptisé la rue de la loi en rue de la république de Flandre. La majorité de Kris Peeters me répondra surement que cela n’a rien à voir, qu’il s’agit d’une alliance de circonstance qui n’est pas appelée à se reproduite. Il n’empèche : pour la première fois cette nuit, les voix de ces élus-là ont été utilisées comme force d’appoint.  Alors qu’on ne sait pas quand on votera réellement pour le fédéral, mais qu’on est déjà sûrs de voter pour les communales dans 15 mois, c’est un sérieux coup de semonce.

Les gars, il faut bouger

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, fédéral, flandre , le 6 juin 2011 09h07 | 24 commentaires

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Les gars, cette semaine il va falloir que ça bouge. Oui, permettez-moi de vous appeler « les gars », même s’il y a 2 ou 3 femmes parmi vous,  comme cela fait plus d’un an que nous scrutons ici  tous les matins vos faits et gestes, cela fini par créer une forme de proximité, et je suis sur que vous ne m’en voudrez pas de cette petite familiarité.

Pourquoi faut-il que cela bouge ? Tout simplement parce qu’on a le sentiment que le débat est  bloqué et que les positions sont figées. Depuis un an on tourne donc un peu rond. Position des francophones : d’accord pour une grande réforme de l’état mais à condition qu’elle n’appauvrisse pas Bruxelles et la Wallonie. C’est sans doute un peu court. Quelle réforme ?Le grand public ne sait pas trop. Cela paraît  très défensif et vu de Flandre c’est même un oui qui ressemble à un non. Les francophones apparaissent comme conservateurs,  nous nous arc-bouterions sur un status quo et en réalité ferions tout pour que rien ne change.

Au nord discours inverse et même immobilité finale. Il faut une grande réforme de l’état. Une très grande même, et on ne se satisfera pas d’une demi-mesure. Si on n’obtient pas le maximum autant tout bloquer. Le catalogue flamand est si vaste qu’il semble irréalisable. Toutes les demandes francophones sont d’office considérées comme  secondaires et incongrues. Il n’y a que les arguments du nord (ce fameux catalogue approuvé par le gouvernement flamand, ou voir même le programme de la N-VA )  qui comptent.  Vu du sud cela ressemble plus à un désir de revanche qu’à une volonté de négocier. Un repli sur soi frileux et égoïste, où il est tout autant question de faire mal aux francophones que d’être réellement  plus efficace dans la gestion de l’Etat fédéral. La plaidoirie d’un Vic Van Aelst , quasiment  officiellement approuvée par Bart De Wever va tout à fait dans ce sens-là.

Repli sur soi

Franchement les gars on n’arrivera à rien comme ça. Il faudrait donc vous mettre « en mouvement ». Que les francophones annoncent un objectif, que les flamands définissent des priorités (et acceptent de renoncer aux objectifs « secondaires »). Il n’y  a qu’à ce prix que nous pourrons enclencher une dynamique positive. Pourquoi bouger cette semaine ? Parce que lundi prochain il y aura tout juste un an que nous avons voté. Vous  allez voir la déferlante des médias étranger débarquer à Bruxelles, les éditions spéciales dans les journaux. Pire, un an après les élections, les sondages seront de retour.

Vous avez donc tout intérêt à anticiper. Lancer le mouvement avant, pour ne pas paraître réagir contraint et forcé après. C’est qu’après le 13 juin il y aura le 11 juillet, fête de la communauté flamande, puis le 21 juillet avec le défilé et les vacances parlementaires. On sera très vite en septembre, et là, je ne vous fait pas un dessin tout le monde aura les yeux fixés sur les communales. Elio sur Mons, Bart sur Anvers (Charles sur Wavre, Joëlle sur Bruxelles, Jean-Michel sur Amay, etc.). Autant vous dire qu’on négociera avec de grosses arrières pensées. Ajoutons que ce matin le Standaard apporte de l’eau à mon moulin en annonçant qu’il faut trouver non pas 17 mais 22 milliards pour remplir nos obligations budgétaires.  Le sentiment d’urgence s’amplifie. Il faut bouger les gars.  Si ce n’est pas cette semaine, ce sera sans doute jamais.

Leterme et la clef de la régionalisation

Par Fabrice Grosfilley dans cd&v, fédéral, flandre , le 24 mars 2011 07h01 | 12 commentaires

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C’était l’un des temps forts de la soirée. Yves Leterme plaidant pour que le transfert de compétences vers les régions ne se transforme pas en dépeçage de l’état fédéral. Là le premier ministre a été très clair : il faut que le budget de l’état reste viable et soutenable.

Pour ça Yves Leterme met sur la table une étude du bureau du plan. Pour ces experts il faudrait que pour chaque compétence transférée on observe une clef de répartition 80/20. 80% transférés effectivement aux régions, 20% qui resteraient  à l’Etat Fédéral.

Je vous donne un exemple pour mieux comprendre. Imaginez qu’on transfère aux régions la politique de sécurité routière. Pour 100 euros investis dans cette politique aujourd’hui, 80 euros seraient répartis entre les trois régions, Bruxelles, la Flandre et la Wallonie et 20 euros seraient conservés au fédéral. Pourtant le fédéral ne s’occuperait plus de sécurité routière. C’est un moyen de s’assurer que les caisses du fédéral ne seront pas vides et que l’état central continuera d’avoir des moyens  pour rembourser la dette et alimenter un fonds de vieillissement. 

Leterme s’écarte de De Wever

Comme les régions, dans les projets de réforme actuellement discutés, ont la possibilité de prélever une part d’impôt, à elles de se débrouiller pour financer leurs éventuels besoins complémentaires . Ce n’est pas un petit débat. Je vous rappelle qu’on parle d’un transfert de compétences de l’ordre de 15 milliards. 20% ça représente 3 milliards,  c’est une vraie bulle d’air, quand on sait que le budget de l’état se situe aux alentours des 80 milliards et qu’il faut consacrer chaque année 30 milliards au remboursement de la dette. Les lecteurs le plus critiques m’objecteront que ce n’est qu’un déplacement de la pression fiscale : pas si sûr, puisque les régions ont un bas de laine et qu’elles sont (argument des régionalistes) censées être plus efficaces en ciblant mieux leurs actions. Au pire, même si les montants ne diminuent pas il n’est pas ininteressant que le fédéral n’endosse pas toujours le mauvais rôle et que les régions doivent aussi faire des choix cruciaux : diminuer les moyens ou augmenter les impôts.

Si Yves Leterme a commandé cette étude, c’est sans doute parce que e n’est pas la première fois que cette idée de « ristourne fédérale » est avancée. Dans une de ses notes Johan Vande Lanotte avait évoqué un rabais de 10%. En parlant de 20% Yves Leterme va donc plus loin. Il prend ainsi le risque de contrarier fortement les plans de la N-VA. Vous noterez d’ailleurs que dans l’émission Yves Leterme a pris ses distances avec Bart De Wever parlant de « pays pris en otage » ou de « stratégie du pourrissement ». 

Un tour de force

Il prend aussi le risque d’agacer les gouvernements régionaux. Si cette idée du 80/20, qui s’appuie quand même sur un rapport du bureau du plan se concrétisait, cela voudrait dire que les régions se retrouveraient, après réforme, dans une situation financière pas si confortable que ça. Le ministre président flamand, Kris Peeters,  lui aussi CD&V, ne va surement pas applaudir des deux mains. Il n’est pas  sûr que Wouter Beke, l’actuel négociateur, bondisse de joie également : en prenant une telle position le premier minsitre ne lui facilite pas la tâche.

En dévoilant le contenu de cette note Yves Leterme a  donc affirmé un choix : montrer qu’en bon premier ministre, il est désormais dans le camp de ceux qui veulent une réforme de l’état, il a été très clair là-dessus, mais qui  refusent que cette réforme ne serve à asphyxier le fédéral. Plus de pouvoirs aux régions c’est oui. Etrangler l’Etat belge, non.

Qui est responsable ?

Par Fabrice Grosfilley dans cd&v, cdh, communautaire, ecolo, fédéral, flandre, mr, nva, ps, spa , le 27 janvier 2011 10h20 | 7 commentaires

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Qui est responsable ? Il suffit de parcourir la presse ce matin pour comprendre qu’il n’y a pas une réponse simple à cette question. Dans les journaux flamands, on fait plutôt porter la responsabilité du blocage aux partis francophones qui ne seraient toujours pas prêts à accepter une réforme de l’Etat en profondeur. Dans la presse francophone, on souligne l’attitude jusqu’au-boutiste de la N-VA et surtout du CD&V, ainsi que leurs initiatives qui ont parasité le travail de Johan Vande Lanotte.

Si vous avez bien écouté ce que disait le conciliateur hier soir, il n’a pas réellement tranché, mais il a souligné qu’on ne pouvait pas parvenir à un accord sans se mettre à 7 autour d’une table. Une manière de dire que la N-VA et le CD&V bloquaient le processus. Mais il a aussi dit qu’il ne fallait pas uniquement défendre ses propres positions et envisager de sortir du cadre institutionnel actuel, ça c’est plutôt une critique de la position francophone. Et puis il a eu une petite phrase sur la multiplicité des canaux de communications et leur rapidité qui n’ont pas facilité le processus, une allusion aux fuites sur internet ou ailleurs.

 

Propositions radicales de la N-VA

Au-delà des mots, on peut jeter un œil sur le timing. C’est dans une réunion entre partis flamands que Johan Vande Lanotte a décidé de jeter l’éponge. La nouvelle de sa démission a commencé d’ailleurs à circuler vers 14-15h alors que la réunion venait de se terminer. Une réunion au cours de laquelle on a évoqué une régionalisation des soins de santé. Au cours de l’entretien, qui s’est déroulé paraît-il dans une atmosphère tendue, le CD&V a fait une nouvelle proposition, qui visait à rendre chaque région responsable de ses dépenses en santé, mais elle semblait difficilement compatible avec les demandes francophones. La N-VA en a fait une autre encore plus radicale et finalement le conciliateur a constaté que le blocage était complet. D’après mes informations, Johan Vande Lanotte avait fait quelques heures plus tôt une nouvelle proposition en 4 points aux négociateurs flamands, mais elle avait été refusée.

 

L’équation belge insoluble ?

La vérité c’est que la question de savoir qui est responsable est d’une importance relativement secondaire. Ce qui est important, c’est de comprendre que nous sommes dans un vrai et profond blocage. La question n’est pas réellement de savoir qui bloque, qui négocie, qui est actif ou pas, mais plutôt pour quoi faire. On peut négocier à 7, à 9, à 12 ou à 4 avec ou sans les libéraux,  si vous avez sur la table la scission de BHV sans compensation ou presque, la régionalisation de l’emploi, la régionalisation de la sécurité sociale et le refus de considérer Bruxelles comme une région autonome, il n’y aura sans doute pas de parti francophone susceptible d’entrer dans cette négociation. Si le CD&V et la N-VA en font une condition de leur participation, l’équation belge est insoluble. Ce n’est donc pas une question de forme, ou de stratégie, ni une question de coalition, mais bien une question de fond. Johan Vande Lanotte disait hier que le rejet de sa note le 5 janvier était sans doute une date charnière dans l’histoire du pays. Il a probablement raison.

La dynamique d’Ypres

Par Fabrice Grosfilley dans cd&v, flandre, nva , le 27 octobre 2010 12h21 | Commentaires fermés

BELGIUM POLITICS GOVERNMENT SOCIAL PARTNERSL’information s’étale à la une du Standaard.  Le journal annonce que la NVA et le CD&v viennent de signer un premier accord de cartel en vue des  élections communales. Un accord local qui concerne la commune d’Ypres, la commune d’Yves Leterme.

Cela pourrait paraître anodin, mais   ce premier accord risque fort de ressembler à un signal.  L’idée que le CD&V et la NVA vont s’associer pour les prochaines  communales trotte dans de nombreuses têtes en Flandre.

Petit retour en arrière. Vous vous rappelez que  Bart De Wever et Yves Leterme avait conclu un accord de Cartel  au niveau national en 2004. Ce cartel a tenu 4 ans. Lors des dernières élections communales en 2006, on était en plein dans cette période. 130 accords de cartels avaient alors  été conclus,   130 listes communes CD&V-NVA sur un total de 308 communes flamandes, c’était presque un cartel dans une commune sur deux. A  l’époque il faut se rappeler que la NVA était un petit parti.  Cet accord lui offrait la garantie d’avoir des élus, alors que toute seule la NVA n’était pas sure de franchir le seuil des 5%.

Signe de ce rapport de force, si on regarde le conseil communal d’Ypres, le CD&V avait empoché 17 sièges de conseillers communaux, il en avait laissé 2 à son partenaire nationaliste.

Aujourd’hui le rapport de force est inversé. C’est la NVA qui est appelée globalement à jouer les locomotives, alors que le CD&V  est une formation en perte de vitesse (même si Ypres est une exception, le CD&V y étant fort bien implanté, et sans doute en mesure d’y résister mieux qu’ailleurs). Yves Leterme interrogé par le Standaard estime que le cartel cd&v-nva fonctionne bien à Ypres et qu’il est important pour sa ville que les deux partenaires continuent à travailler ensemble. On objectera qu’Ypres n’est pas la Flandre. Du coté du CD&V comme du côté de la NVA on souligne d’ailleurs que la constitution d’alliance en vue des élections communales c’est l’affaire des sections locales, il n’y a donc pas de mot d’ordre national.  La NVA aurait même fait passer le message qu’on pouvait attendre l’an prochain pour conclure des accords. Mais il n’empêche, on s’attend à ce que des « opérations cartels » soient montées un peu partout. Avec une question : ces alliances locales auront-elles un impact sur la politique nationale du CD&V. A ce stade la réponse est non. NVA et CD&V mènent deux politiques distinctes, à la région flamande ou au niveau fédéral.  A la chambre par exemple, on a bien vu que les deux groupes ne votaient pas ensemble ces dernières semaines.

Yves Leterme, en 2008 lorsque le cartel a éclaté avait d’ailleurs été la cible de critiques très dures de la part de Bart De Wever. Pour l’instant  NVA et CD&V ce n’est donc pas la même chose. Mais les états majors resteront attentifs  à la dynamique engagée à Ypres.  Si demain le CD&V sauve l’essentiel de ses positions communales grâce à la NVA, il y aura probablement un effet de contagion. Quelque soit la position défendue par le bureau du parti, la  pression viendra de la base. Difficile d’expliquer à  ses militants et plus encore à ses électeurs  qu’on travaille ensemble à la commune mais l’un contre l’autre au parlement.