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Bulletin de fin d’année

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral , le 29 juin 2012 08h55 | Un commentaire>

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Le mois de juin sonne l’heure des bulletins.  Si on devait donner une note au gouvernement d’Elio Di Rupo ce serait forcément un 16 ;  16 comme 16 rue de la loi, et 16 surtout comme les 16 projets de loi actuellement en débat au parlement, chambre et sénat,  et qui devraient aboutir à la 6ème réforme de l’Etat. Si tout va bien l’ensemble de ces textes devrait définitivement être adopté dans une quinzaine de jours. La date la plus souvent avancée est celle du 12 juillet. Si on regarde dans le rétroviseur depuis le mois de septembre il s’est passé beaucoup de chose.Le gouvernement s’est réuni à 20 reprises en conseil des ministres. Le premier ministre s’est rendu en voyage officiel à l’étranger dans 5 états distincts. Il participe aujourd’hui à son 3ème somment européen, et il a rencontré dans l’année des personnalités comme Hillary Clinton, Ban ki Moon ou Abdallah de Jordanie.

Au niveau du parlement, rien que pour la chambre, en laissant de côté le sénat, les députés se sont réunis, jusqu’à présent, 37 fois en séance plénière,  ce qui représente 165 heures de débats.  Il y avait eu à la fin du mois de mai, 582 réunions de commissions. Ces députés  ont adopté en un an  83 projets de loi, sans compter les 16 dont on parlait tout à l’heure.  Au total 217 propositions de lois ont été déposées. Il faut y ajouter 484 questions posées en séance plénière,  3142 questions en commission,  et surtout 4756 questions écrites.

En un an le gouvernement aura aussi dû faire face à quelques catastrophes. On  a été servi question sécurité : une fusillade à Liège, un accident de car à Sierre, 28 morts, un imam assassiné, un début d’émeute à Molenbeek, il faut y ajouter des grèves dans les prisons, ou le malaise des avocats. On peut dire que les ministres de la justice et de l’intérieur ont été mis à rude épreuve.

Une année politique c’est aussi depuis le premier septembre,  si j’ai bien compter ,194 chroniques comme celle -ci.

Tous ces chiffres ne sont  rien. Ce qu’il faut retenir de cette année 2011-2012 c’est bien cette réforme de l’état qui est une petite révolution. Alors oui je sais bien mon ami Alain Raviart  qui vous livre tous les soirs une délicieuse chronique « Pis que pendre » aux alentours de 18h20, une chronique brillante et souvent amusante et que j’écoute avec beaucoup de plaisir, parce qu’il a du talent Alain,  va encore se moquer  en gloussant que je suis le seul  journaliste  à encore parler de cette réforme de l’Etat qui n’intéresse plus personne. Mon cher Alain, c’est la dernière fois ce matin et ensuite il faut juste remonter en arrière  pour se rendre compte à quel point elle est nécessaire cette réforme. En septembre dernier,  nous n’avions pas de gouvernement. Ce n’est que le 5 décembre que le gouvernement a été installé, le 6 si on parle de la lecture de la déclaration gouvernementale au parlement. Auparavant nous avions vécu 541 jours sans gouvernement de plein exercice.  541 jours d’affaires courantes comme on dit. 541 jours de crise, de conflit communautaire, d’angoisse existentielle : le royaume de Belgique a-t-ile encore un avenir ? Et donc finalement il n’y a bien qu’une chose à retenir de cette année politique. C’est le passage d’un état de chaos institutionnel, à un  gouvernement de plein exercice.

Réforme de l’Etat: un vote historique pour le 12 juillet?

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral, parlement , le 28 juin 2012 16h53 | 3 commentaires

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Bookmakers, à vos calculatrices. La Belgique retient son souffle: aurons-nous oui ou non une réforme de l’Etat avant de partir en vacances? Sauf si vous avez réservé un billet d’avion pour la semaine prochaine, la réponse sera probablement oui. On avait avancé la date du 15 août au plus tard, le gouvernement visait le 2 août, les plus optimistes avaient osé le 21 juillet. Ces dernières semaines, des parlementaires (Daniel Bacquelaine au micro de bel RTL par exemple) ont même glissé « avant le 15 août ».

Lançons les paris. Si mon petit doigt est bien informé (ou mes oreilles pas trop sales), la rumeur qui court dans les couloirs du parlement annonce désormais un vote pour le 12 juillet.

La rumeur est crédible. A moins que les nationalistes de la N-VA ou les ultras du Belang ne jettent d’un coup toutes leurs forces dans des manœuvres de retardement, les choses sont déjà bien avancées. Après les votes en plénières, les textes ont repris leur parcours parlementaire aussi discrètement qu’efficacement. Le projet de loi qui consacre la scission de l’arrondissement électoral a ainsi déjà été voté mardi par la commission de révision de la constitution. Cette commission (présidée par le président de la Chambre) a déjà prévu des réunions les 25, 26 et 27 juin… si tout va bien le 27 juin le travail en commission sera terminé. Place alors au débat en plénière et radio couloir précise qu’au cas où cela serait nécessaire, une séance extraordinaire de la session plénière pourrait être convoquée pour le 10 juillet.

Au Sénat, pas de stress non plus. On indique qu’on se calera sur le rythme de la Chambre. Bref, le vote pour le 12 juillet tient la route: c’est un jeudi, le jour classique des plénières, et c’est le lendemain de la fête de la communauté flamande, tout un symbole. Le 11 juillet Jan Peumans, président N-VA du parlement flamand, pourra dire tout le mal qu’il pense de la réforme de l’Etat depuis la tribune officielle de la fête flamande. Qu’il en profite bien, car si mon petit doigt ne se trompe pas (ou si mes oreilles ne sont pas trop sales) elle sera votée le lendemain.

La 6ieme réforme de l’Etat : début du vote…

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, fédéral, nva, parlement , le 21 juin 2012 08h55 | 3 commentaires

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Ce sera un moment important. Cet après-midi, la Chambre et le Sénat voteront l’ensemble des textes de la réforme de l’État. Les députés ont travaillé jusqu’à 20H30 hier soir pour clôturer le débat et être prêts à passer au vote. Au Sénat, c’est avant-hier qu’on avait fait des heures supplémentaires. Les parlementaires mettent les bouchées doubles pour respecter le timing.

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Commençons par la Chambre, où la séance débute à 14H15. Trois propositions de loi inscrite à l’ordre du jour. L’une simplifie les procédures de vote pour les Belges à l’étranger, la seconde scinde l’arrondissement judiciaire Bruxelles-Hal-Vilvorde, la 3e insère un article 157 bis dans la constitution. Un article qui précise que les « éléments essentiels » qui concernent l’emploi des langues en matière de justice ne peuvent être modifiés que par une majorité des deux tiers. Je ne vais pas vous embêter un jeudi matin avec de la tuyauterie institutionnelle, mais ce petit bout de constitution supplémentaire doit permettre d’éviter que la belle architecture mise en place aujourd’hui (les deux parquets de Bruxelles et Hal, les magistrats francophones détachés à Hal, les tribunaux dédoublés, etc.) ne puisse pas être rayée d’un trait de plume par un vote flamand contre francophone.

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Hier soir, il y a bien eu un peu de contestation sur ce qu’on appelait les « éléments essentiels», mais ça ne devrait pas empêcher de voter. La séance du jeudi commence toujours par les questions d’actualité, ce vote devrait donc intervenir dans le courant de l’après-midi.

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Au Sénat, il y a 13 propositions de loi. La scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde est le gros morceau, la proposition porte le numéro 5-1560. Mais il y aura aussi le refinancement de Bruxelles, la création d’une communauté métropolitaine, la nomination des bourgmestres dans les communes à facilités et ce qu’on appelle les mesures de renouveau politique. Les sénateurs sont conviés dès 9 heures ce matin. Là aussi, le vote doit intervenir en fin de journée.

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C’est vrai: avec les débats sur la sécurité, la crise de l’euro, le nouveau premier ministre grec, les élections françaises et Jean-Paul Belmondo, cette réforme de l’État ne fait absolument plus la une de l’actualité. Pourtant, les votes de cet après-midi sont une étape cruciale. On sera à la moitié du parcours parlementaire. Tout ce qui sera voté à la Chambre partira alors au Sénat et inversement. Voir des sénateurs voter la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, ce n’est quand même pas rien. Le gouvernement Leterme est quand même tombé sur cette question, la vie politique a été paralysée pendant 500 jours, et nous allons toucher à un système qui assurait l’équilibre linguistique autour de Bruxelles depuis plus de 50 ans.

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Pourquoi cela ne nous passionne-t-il pas plus? Sans doute parce que nous connaissons l’issue du vote à l’avance. La majorité aura le renfort des écologistes, tandis que la N-VA, le Belang et le FDF voteront contre. Il faudra quand même vérifier que tout le monde vote bien comme prévu. C’est souvent dans ces moments-là que des petits malins tentent de se faire porter pâle et c’est souvent très significatif. Et puis, surtout si cela ne nous passionne pas, c’est parce que la N-VA ne se bat pas. Le parti nationaliste fait profil bas: au sénat Bart De Wever n’est même pas venu pour participer au débat. C’est plus que symbolique. Notre réforme n’est pas encore une réalité légale, mais elle appartient déjà aux débats du passé, elle est considérée comme acquise alors que le vote n’a pas eu lieu. La N-VA par ses succès électoraux, de l’extérieur, l’a imposée cette réforme. Mais comme elle n’est pas à l’intérieur et qu’elle ne peut pas revendiquer la paternité de la scission tant convoitée, elle a décidé de faire le moins de bruit possible. Le grand danger pour les francophones est là: la N-VA ne crie pas victoire, elle garde donc toutes ses forces pour la bataille suivante.

Le tango des nominations politiques

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral , le 14 juin 2012 10h14 | 6 commentaires

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Deux mois de blocage quand même, mais finalement les ministres sont sortis de l’impasse.  Hier le conseil restreint, le « kern » comme on dit en beau français, a donc décidé de nommer Jean-Marc Delporte directeur du service public fédéral de l’économie.

Jean Marc Delporte est un haut-fonctionnaire, ultra compétent, ancien numéro 2 de l’administration des finances, qui  a mené des missions pour l’OCDE et le FMI et qui, il  y a 2  ans, avait passé une série d’examens pour diriger une grande administration. Son choix s’était notamment porté sur l’office national des pensions. Il y  avait été classé 1er de la procédure de sélection. Problème : à tort ou à raison, Jean-Marc Delporte est considéré comme proche des socialistes, et le nouveau ministre des pensions, Vincent Van Quickenborne n’avait aucune envie de travailler avec lui. Argument du ministre :  en 2 ans il y a eu un changement de gouvernement, il faut que le patron de l’administration et son ministre partagent la même vision, là il y a incompatibilité d’humeur et projets divergents. Vincent Van Quickenborne préférait repêcher celui qui était arrivé 2ème aux épreuves de sélection: Christophe Hardy, ancien chef de cabinet de Sabine Laruelle,  comprenez un  libéral.

Audition, nouveau classement, menace de recours au conseil d’état…: la nomination était bloquée. Tollé dans les rangs gouvernementaux : « Quoi c’est le retour des nominations politiques ? Pour qui il se prend ce Van Quickenborne ? » et du coup  toute une série de nominations étaient restés en rade: mesure de rétorsion.

Le bras de fer a duré plusieurs semaines, puis finalement Jean-Marc Delporte s’est laissé convaincre de ne pas être le patron des pensions, mais le patron du département de l’économie.  Dans cette procédure-là, il n’était arrivé « que » deuxième, mais comme le premier, un flamand, s’est désisté ça tombe bien. Comme le ministre de tutelle est Johan Vade Lanotte , socialiste, ça tombe encore mieux.

Pour les pensions ? Pour les pensions on va relancer la procédure à zéro. Vincent Van Quickenborne, a donc gagné à moitié. Il ne travaillera pas avec un socialiste. Il a n’a pas encore complétement gagné, il n’a  pas pu nommer son candidat libéral, il va falloir attendre la nouvelle procédure.  Cela  a l’air un peu clochemerle,  je vous l’accorde, mais grâce à cet arrangement, les ministres se sont enfin mis d’accord sur d’autres nominations. Un patron pour FEDASIL,  l’agence fédérale chargée de l’accueil des  demandeurs d’asile (Jean-Pierre Luxen), et une patronne pour l’INASTI, l’assurance sociale des indépendants (Anne Vanderstappen) dont les noms officiellement confirmé en conseil des ministres demain.

Dans ce dossier Vincent Van Quickenborne et ses détracteurs (Laurette Onkelinx en tête)  nous ont donc offert un beau tango,  cette danse où les partenaires improvisent en s’opposant mais dont la dernière volte-face  permet de repartir dans la bonne direction, même si on ne peut s’empêcher de penser que du point de vue de la dépolitisation on fait ici deux pas en avant et trois pas en arrière.

La morale de l’histoire est une remarque de bon sens, qu’on voudrait  adresser aux membres du gouvernement et à Vincent Van Quickenborne en particulier. Soit on met sur pied une procédure  basée sur un examen et on respecte le résultat.  Soit on se passe de procédure et on assume que le ministre nomme des collaborateurs proches à des postes clefs (après tout c’est défendable). Entre les deux cela ne  ressemble à rien.

Elio, les démiurges et les défaitistes

Par Fabrice Grosfilley dans communication, decryptage, fédéral , le 7 juin 2012 09h44 | 2 commentaires

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Avez-vous remarqué la tactique médiatique du Premier ministre? Globalement silencieux, il accorde beaucoup moins d’interviews qu’Yves Leterme, mais à intervalles réguliers, livre une série de grands entretiens. Un tir groupé qui lui permet de faire passer l’une ou l’autre idée, de corriger une image, ou d’influer sur le climat politique ambiant. Il y a un mois le Premier ministre avait choisi 5 grands quotidiens européens, Le Monde, la Repubblica, El País, … et s’y exprimait principalement sur la croissance dans la zone Euro et le soutien à apporter aux Grecs. Ce mercredi, 4 quotidiens belges ont été retenus : Le Soir, La Dernière Heure, Het Laatste Nieuws et Het Belang van Limburg, deux francophones, deux flamands, avant de faire la tournée des plateaux TV le soir.

Le Premier essaye au travers de ses déclarations de nous sortir de l’ambiance de morosité économique dans laquelle nous nous trouvons depuis plusieurs mois. « Nous résistons mieux à la crise qu’ailleurs, les perspectives de croissance sont supérieures, on sent que quelque chose bouge. Quand ça va il faut le signaler, nous avons mené un travail titanesque ». Je ne sais pas s’il y a des Di Rupologues parmi les lecteurs de ce blog, mais si c’est le cas vous aurez noté que le terme « titanesque » revient souvent dans la bouche du Premier ministre. Un mot martelé pour faire passer l’idée de l’importance du travail accompli. Comme titanesque commence à être un peu fade, le Premier ministre nous offre un nouvel adjectif : « démiurgique ». Un démiurge crée l’univers, par extension le terme peut désigner l’auteur d’une œuvre phénoménale. C’est bien de cela qu’il s’agit : « Aucun gouvernement n’a réalisé autant de choses dans autant de domaines compliqués en si peu de temps ».

Aux démiurgiques, Elio Di Rupo oppose les défaitistes : ceux qui dans la presse ou ailleurs trouvent que ça ne va pas, et qui, d’après le Premier ministre, parleraient du pays en termes démoralisants.

Un coup de griffe pour les opposants et pour les journalistes, dont on rappellera au Premier que c’est un peu leur rôle d’être critiques, mais surtout une critique implicite des syndicats. Au sujet des allocations de chômage Elio Di Rupo défend la réforme qui va aller vers plus de dégressivité : « Je ne conteste pas que c’est difficile mais on ne peut pas dire qu’on a touché à quelque catégorie sociale », sous-entendu tout le monde se serre la ceinture et l’effort est normalement réparti. Puis un rappel : « Pour tenir ce pays dans la solidarité il faut bien tenir compte de la majorité au parlement et dans la population », sous-entendu les partis flamands veulent aller plus loin, il faut les entendre, avant de conclure : « Si on travaille à un plan de relance, vous croyez que c’est par distraction? Il faut créer une dynamique! Qui va créer de l’emploi? Ce n’est quand même pas les autorités publiques, on n’est plus dans les années septante. »

Elio Di Rupo dans son rôle de Premier ministre tient donc un discours social-démocrate. Il faudrait s’interroger sans doute davantage sur cette inflexion politique douce qui n’est pas due qu’à un changement de costume. Surtout il rappelle un peu trop souvent qu’on sort de 541 jours de crise. Le message est donc relativement clair et peu se décomposer ainsi :

 1. La politique du gouvernement papillon est le résultat d’un compromis, ceux qui ne veulent pas du compromis prennent le risque de faire exploser le pays, et qu’au final ce soit bien pire.

2. Au lieu de râler vous feriez mieux de vous retrousser les manches.

Tout l’art de la communication, c’est que ce message en deux temps se résume en deux mots, les deux mots forts de l’interview. Ceux qui réalisent le compromis sont démiurgiques. Ceux qui n’en veulent pas sont défaitistes.

Un travail d’orfèvre, et des tempos distincts: pourquoi la réforme de l’Etat prend du temps

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, fédéral , le 30 mai 2012 09h47 | 2 commentaires

dirupoblogComprendre comment avance notre réforme de l’Etat c’est  apprendre à conjuguer  3 ou 4 rythmes très différents. D’abord le rythme médiatique, celui de l’opinion publique. On a envie que cela aille vite. Après  tout l’accord sur la réforme de l’Etat  remonte à l’automne dernier. On a attendu 500 jours pour l’obtenir, on a plus vraiment envie d’en reparler.

Deuxième tempo celui  des Etats-majors des partis politiques. Eux non plus n’ont pas envie de s’éterniser. L’accord est bouclé, il faut se lancer dans la campagne des élections communales, travailler sur la relance, bref,  passer à autre chose. A un détail près, il faut que cette réforme soit engrangée et il faut que cela se sache, surtout côté flamand. Cela veut dire qu’on a besoin du vote et que ce vote soit un minimum médiatisé.

3ieme tempo, le rythme auquel travaillent les parlements. La réforme de l’Etat ce sont 16 propositions de loi, 13 déposées au Sénat, 3 autres à la chambre. Il faut que les deux assemblées se prononcent sur l’ensemble, si possible en même temps. Cela veut dire des heures et des heures de travail en commission, avant d’aboutir à un vote global en plénière, fin juillet ou début aout.

4ième tempo, le rythme juridique. Comme toute proposition de loi,  celles-ci peuvent  être soumises à l’avis du conseil d’Etat. Le conseil, qui est composé de 44 membres, nommés à vie, chargés de dire le droit et d’éviter l’arbitraire, et  a 30 jours pour statuer lorsqu’il est saisi, sauf quand on lui demande l’urgence.  Le gouvernement et le législateur ne suivent  pas toujours l’avis du Conseil d’Etat, mais cette fois-ci le dossier est tellement sensible qu’on a décidé d’y être attentif.  C’est  précisément dans ce moment-là qu’on se trouve aujourd’hui. Avec une réunion étalée sur deux jours du « Comori », le comité de mise en œuvre des réformes institutionnelles. Ce Comori,  rassemble les représentants des 8 partis qui ont négocié la réforme et qui permettent d’atteindre la majorité des deux tiers : la majorité papillon plus  les deux partis écologistes. On y trouve la crème de la crème,  des présidents de parti  (hier  Wouter Beke, Alexander De Croo, Charles Michel étaient présents), des vices premiers (pour le PS Laurette Onkelinx), des experts des matières institutionnelles  (Marcel Cheron  représentait Ecolo et Françis Delpérée était là pour le CDH).

Cette nouvelle réunion a donc permis de  « corriger » (comprenez qu’on intégre ou répond aux remarques du conseil d’Etat) les textes sur la scission de l’arrondissement électorale Bruxelles Hal Vilvorde. Cela c’est bien passé, pas de difficultés majeures. Aujourd’hui ils se pencheront sur l’arrondissement judiciaire. Et  là c’est sans doute le plus difficile.  Ce point de l’accord a du mal à passer côté flamand, notamment parce qu’il est contesté par les magistrats flamands, qui estiment qu’il n’a aura plus assez de juges néerlandophones à Bruxelles une fois la scission opérée, ou parce que la question du contentieux  administratif reste extrêmement compliquée. On peut donc craindre une réaction  en chaine : pression des magistrats, avec l’aide de la NVA, sur les partis flamands, pression des partis flamands sur les partis francophones, et finalement remise en cause de l’accord. Avec un danger, si on touche à un cheveu de l’accord c’est tout l’équilibre qu’on scalpe et on est reparti comme en 40, pardon comme en 2011…

Place à la politique de relance

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral , le 29 mai 2012 10h13 | 2 commentaires

argentpiece« Relance, le plan de bataille d’Elio Di Rupo » (le Soir, samedi), « le Plan Milquet pour relancer la Belgique (La Libre Belgique, même jour) , ou encore « il n’y a pas besoin d’un grand plan de relance au niveau fédéral » (Kris Peeters, au Soir ce matin)….Relance par ici, croissance par-là, il suffit de regarder un peu la presse des derniers jours pour comprendre que cette thématique économique est désormais à la une de l’actualité.

Tout commence vendredi matin, lorsque le gouvernement reçoit un rapport intermédiaire du bureau du plan sur la compétitivité des entreprises belges, et une série de pistes de travail du conseil central de l’économie, c’est-à-dire les partenaires sociaux, patrons et syndicats. Vendredi matin les deux documents ont été remis aux journalistes qui suivent les travaux du conseil des ministres.

Que disent ces textes  ? Dans le cas où vous auriez préféré profiter du soleil plutôt que de les lire ce weekend, je vous fais un petit résumé. D’abord qu’on a bien besoin d’une politique de relance parce que la croissance est en berne. On espérait une petite reprise pour l’a fin de l’année 2012, genre 0,5%. Ce ne sera sans doute pas le cas, on table  maintenant sur une croissance 0.

Ensuite que malgré cette croissance zéro, l’inflation elle continue de grimper. On tablait sur 1,8%, on ne devrait pas être loin des 3%. Le problème c’est que quand les prix grimpent, les salaires grimpent aussi. Du coup le différentiel entre les salaires belges et les salaires de nos  pays concurrents la France l’Allemagne les Pays-Bas augmentent aussi : , 4,6% d’écart,  mais attention, comme la différence des prix à la consommation est de 4,4% on voit bien que ce sont les prix qui posent problème, pas les salaires, il  n’y a pas eu de gain de pouvoir d’achat pour les salariés.

Enfin derniers enseignements en vrac, la productivité  reste plus élevée en Belgique qu’ailleurs, mais l’Allemagne e est en train de nous rattrape, les prévisions en terme d’emploi se portent plutôt mieux chez nous que chez les voisins, le fait de maintenir le pouvoir d’achat permet de garder une demande intérieure, par contre nous perdons des parts de marché à l’étranger parce que nous n’investissons pas assez ni en formation, ni en recherche.  Là l’analyse du bureau du plan est assez percutante et fait bien les affaires du PS et des syndicats : nous perdons des parts de marché pour un tiers, en raison des couts de production,  mais pour les 2/3 parce que nous proposons de mauvais produits sur de mauvais marchés, en clair parce que nous ne sommes pas assez innovants. Le débat sur l’indexation des salaires est donc un mauvais débat.

Maintenant que tous ces constats sont connus que va faire le gouvernement ?   Officiellement c’est un groupe de travail  composé du premier ministre et des vice-premiers qui va  désormais plancher sur un plan de relance.  Vous avez vu les journaux du weekend, chaque famille politique, va essayer de vendre ses idées. Revendiquer la paternité d’un plan de relance, mettre l’accent sur les mesures qui viendraient de son programme pousser son option plutôt que celle du voisin, c’et le jeu politique. Si on regarde ce qui est dans l’accord de gouvernement,  on sait déjà que le gouvernent a prévu des mesures de soutien, par une baisse des charges pour les 3 premiers emplois créés par une entreprise et qu’il y aura bientôt une augmentation de la quotité exemptée d’impôt.

Attendez-vous donc à un débat sur la manière de baisser les cotisations  sur les bas salaires et sur la manière de récupérer l’argent ailleurs, par exemple avec une cotisation sociale généralisée.  Ce sera le vrai débat : où reprendre ce qu’on accordera en faveur de l’emploi ? Prévoyons aussi la poursuite d’un débat sur les prix de l’énergie  et  le tout sera emballé avec des opérations de communications pour essayer donner confiance aux consommateurs et aux secteurs concernés.  Un plan PME par exemple, c’est plus parlant que toute une série de petites mesures disparates.  Le plan de relance devrait être prêt pour la seconde quinzaine de juillet. Il démontre que le gouvernement  Di Rupo travaille par séquence. Une phase sur le budget et les économies, une phase sur la réforme de l’état, et maintenant une phase pour l’économie et la relance. Si vous cherchez la définition de « relance »  au dictionnaire, vous trouverez l’action de relancer un client, reprendre contact avec lui pour  dynamiser les ventes. Et si on quitte la sphère économique, la relance (par exemple dans le domaine amoureux) se rapproche du harcèlement. Cela signifie sans doute que vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

Annemie Turtelboom est-elle devenue le maillon faible ?

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral , le 10 mai 2012 14h22 | Un commentaire>

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C’est une petite claque infligée par les gardiens de prison à Annemie Turtelboom. Hier, en réunion du comité sectoriel de la Justice. On devait y discuter du fameux maintien des 393 agents pénitentiaire qu’on pensait un temps devoir supprimer. Autour de la table, des syndicats, des représentants de l’administration et le cabinet de la ministre de la Justice. Les syndicats demandaient d’avoir au préalable un état des lieux du personnel actuellement employé. Le document ne leur pas été transmis, ils ont donc boudé la réunion.


Un désaveu

« La ministre a refusé de s’engager par écrit alors qu’il y a eu un accord au kern. Elle ne respecte pas le protocole du dialogue social », soulignait un secrétaire permanent de la CSC. En clair, les organisations syndicales n’ont plus confiance dans la parole de leur ministre, elles veulent des documents écrits. La prochaine réunion est fixée au 16 mai, un contretemps fâcheux quand on connaît l’atmosphère qui règne chez les gardiens de prison.

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Turtelboom, un nom qui revient bien souvent

En parallèle, Annemie Turtelboom doit désormais faire face à une fronde des avocats. Les barreaux francophones ont décidé de suspendre les consultations prodéo jusqu’à nouvel ordre. Ces consultations d’aide juridique sont celles qui permettent à ceux qui n’ont pas les moyens de se le payer d’avoir quand même l’assistance d’un avocat. C’est ensuite l’Etat qui rembourse. Le problème, c’est que l’état paye de moins en moins cher et des plus en plus tard. La rémunération se fait forme d’un système de point, le point vaut aujourd’hui 24 euros et 3 centimes, il était à près de 27 euros il y a deux ans.  L’Ordre des avocats déplore « que la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, ne respecte pas les engagements pris par son prédécesseur, Stefaan De Clerck, qui s’était engagé à maintenir voire à augmenter la valeur du point« .

Il faut oser employer le mot, ce n’est pas d’une suspension dont on parle, mais bien d’une grève. Grève des gardiens de prison. Vous ajoutez les polémiques sur l’organisation des permanences Salduz. Ou un article du standard hier matin qui affirmait que rien n’avançait en matière de sécurité au palais de justice de Bruxelles, et vous allez finir par trouver que le nom d’Annemie Turtelboom revient un peu trop souvent dans l’actualité.

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Ministre de la Justice, un mandat empoisonné?

Soyons honnête, ministre de la Justice en Belgique, c’est un job compliqué. On y est régulièrement mis sur la sellette. Le secteur a été sous-financé et il existe une hyper sensibilité des Belges et de leurs médias à tout ce qui touche la justice depuis l’affaire Dutroux. Le problème c’est qu’Annemie Turtelboom semble appliquer la même méthode à la plupart des dossiers difficiles. Ne pas affronter ses interlocuteurs, envoyer ses collaborateurs aux réunions, laisser trainer les débats, faire le gros dos face aux critiques et finalement laisser pourrir le dossier. Derrière Annemie Turtelboom, il y a un peu de Margareth Thatcher. Un caractère qui paraitra de la détermination pour ses supporters libéraux, un dédain, ou même  un manque d’humanité pour ses adversaires.

Annemie Turtelboom devrait se méfier. Ancienne ministre de l’Intérieur avant d’officier à la Justice (et donc très identifiée comme étant liée aux questions de sécurité)  et candidate aux élections communales à Anvers, elle est devenue la concurrente numéro 1 de Bart De Wever et fait donc office de femme à abattre. Dans cette optique, il est logique qu’elle se profile à droite. Si ses dossiers dérapent trop, ce ne sera plus un positionnement stratégique, mais une faiblesse managériale qui sera pointée du doigt.

Réforme de l’Etat : on voterait, au mieux, le 2 août

Par Fabrice Grosfilley dans chambre, communautaire, fédéral, nva, parlement , le 19 avril 2012 08h46 | Un commentaire>

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Il existe une  tradition implicite qui veut qu’habituellement les parlementaires travaillent jusqu’au 21 juillet, mais qu’ensuite tout le monde part en vacances. Cette tradition risque de souffrir un peu cette année.

Si vous avez suivi les débats sur la réforme de l’Etat, vous savez que le grand accord de l’automne dernier a maintenant été traduit en projets de loi. Il y en a 16 au total, qui traduisent donc en textes  législatifs tous les ingrédients de l’accord. On scinde l’arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde, mais en compensation on créée une communauté urbaine, on renvoie le contentieux concernant les bourgmestres de la périphérie vers une chambre bilingue du conseil d’Etat, on scinde l’arrondissement judiciaire et on simplifie les procédures de vote pour les Belges à l’étranger. Tout ça ne se votera pas en  deux minutes.

Ces derniers jours les états-majors des partis politiques ont fait passer le message à leurs troupes parlementaires. Députés et sénateurs feront des heures supplémentaires dans les prochaines semaines. Les propositions sont en effet renvoyées devant le conseil d’Etat qui a maintenant 45 jours pour se prononcer. Ensuite il faudra  débuter les travaux en commission des affaires institutionnelles, des commissions placées directement sous l’autorité des présidents des deux assemblées, Sabine de Béthune pour le Sénat, André Flahaut pour la chambre. Là les parlementaires pourront interroger, consulter, modifier les textes, ce qui prendra plusieurs semaines pour chaque texte. Il faudra aussi tenir compte des jours fériés, le lundi de Pentecôte par exemple. Et puis surtout il va falloir synchroniser les votes. Puisqu’il s’agit d’un grand accord, comprenez un grand échange, il n’est pas question de voter un jour la scission de l’arrondissement électoral, et de renvoyer les compensations francophones  à la semaine suivante, ou inversement.  Il va aussi falloir accorder le parcours des différentes propositions entre les deux assemblées :  13 d’entre elles passeront d’abord par le sénat,  pour les 3 autres, dont celle qui concerne l’arrondissement judiciaire par exemple, c’est directement la chambre.

D’après mes informations le gouvernement a ainsi fait un projet de calendrier qui prévoit que le vote de l’ensemble de la réforme aura lieu au mieux le 2 août. Et encore, s’agit-il ici d’une  situation idéale, sans tenir des comptes des éventuels reports ou des manœuvres de retardement que pourrait tenter l’opposition. Dans la majorité, j’entends deux types d’avis ces jours-ci. D’abord les optimistes, qui pensent que les parlementaires n ’hésiteront pas à mettre les bouchées doubles. D’abord parce que tout le monde a envie de partir en vacances au plus vite, qu’après le 21 juillet les médias tournent au ralenti, qu’il faut prendre un peu de repos avant de se jeter dans la bataille des communales en septembre et puis surtout parce qu’au fond personne n’aurait vraiment intérêt à faire trop de vagues sur ce débat. Ni dans la majorité, où le débat a déjà eu lieu,  ni dans l’opposition. Plus on parlerait de BHV plus l’électeur qui serait tenté de voter N-VA se souviendrait  que finalement cet arrondissement a bien été scindé et que finalement il peut faire confiance à l’Open VLD et au CD&V pour tenir leurs engagements. Les tenants de cette thèse pensent que la N-VA fera profil bas et que le FDF, qui n’est pas présent au sénat, n’aura pas les moyens de bloquer la machine.

Autre avis, moins optimiste,  celui des parlementaire, parfois très expérimentés, qui parient eux sur une nouvelle poussée de fièvre communautaire et qui évoquent un débat qui pourrait durer jusqu’au 15 aout.

Pour la seconde grande réforme de la constitution, en 1980, on avait voté un 8 août. Le  8 août, si je suis bien informé,  c’est aussi  date avant laquelle,  dans un des partis concernés, on a discrètement demandé aux parlementaires de ne pas prévoir de vacances. Dans les milieux  politiques cette année, si on envisageait des congés, il ne faut surtout pas oublier de prendre une assurance annulation.

Pourquoi Elio Di Rupo ira applaudir François Hollande

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral, mr, ps , le 17 avril 2012 08h51 | 10 commentaires

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On pouvait s’en douter, c’est désormais officiel. Le parti socialiste enverra ce soir plusieurs dizaines de militants et d’élus  (le communiqué affirme « plusieurs centaines ») soutenir François Hollande pour l’un des derniers grands meetings de campagne de François Hollande. Elio Di Rupo ne prendra pas la parole, mais il sera dans la salle, et on se doute que les caméras et les photographes ne rateront pas sa présence. On en a déjà parlé ici ce déplacement fait grincer des dents.  Les libéraux francophones  regrettent ce soutien public au candidat de gauche. Denis Ducarme mais aussi  Charles Michel ce matin dans le journal le Soir «je considère que le premier ministre doit rester au-dessus de la mêlée et là il commet au moins une maladresse, il est décevant ».

Alors oui c’est vrai, en théorie le premier ministre  représente son gouvernement, il ne peut pas soutenir, en tant que premier ministre, l’un ou l’autre candidat dans un pays voisin.  Ce serait oublier qu’un premier ministre c’est aussi  un homme politique, que tout le monde sait qu’Elio Di Rupo est  membre du parti socialiste, et qu’on ne va pas lui demander de renoncer à ses convictions.  Toute l’affaire repose donc sur la distinction à faire entre l’homme public et la fonction qu’il incarne. Elio Di Rupo sera au meeting en tant que militant socialiste et pas en tant que chef de gouvernement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle c’est Thierry Giet qui prendra la parole. Faire bien sentir la différence entre l’homme et la fonction :  tout est là. C’est un exercice subtil, et qui ne vaut d’ailleurs pas que pour le premier ministre. Si on change de camp, personne ne reprochera à Didier Reynders de soutenir  Nicolas Sarkozy  s’il le fait en tant que personnalité libérale, ce serait par contre inconcevable qu’il le fasse en tant que ministre des Affaires étrangères, parce que, là aussi, il engagerait le gouvernement.

Cette polémique en dit long sur la manière dont fonctionne la majorité papillon. Ce soir on peut parier qu’il y aura des leaders socialistes d’un peu tous les pays d’Europe autour de François Hollande.  En Allemagne Angela Merkel  soutient très ouvertement Nicolas Sarkozy et personne n’en fait un pataquès. Objection allez-vous me dire :  en Allemagne la chancelière dirige un gouvernement homogène de droite, pas une coalition. Très bien. Alors rappelez-vous qu’Yves Leterme a soutenu Jan-Peter Balkenende, son collègue néerlandais et que ça n’a pas fait réellement débat, et qu’à chaque élection française on demande bien sûr aux hommes politiques belges de qui ils se sentent le plus proche.

S’il y a débat  c’est surtout parce que la majorité fonctionne sur le système de l’affrontement continu. Avec 3 pôles bien distincts : les socialistes d’un côté, les libéraux de l’autre et les sociaux chrétiens au milieu. Cet affrontement se retrouve sur les tous dossiers.  Au travers de l’élection française, c’est bien un clivage typiquement belge que nous retrouvons. Et ce n’est pas seulement un clivage gauche-droite, c’est aussi  un débat sur l’autorité et l’autonomie du premier ministre au sein même de sa majorité. Vous vous souvenez surement d’une phrase de Charles Michel indiquant que la majorité menait une politique de centre-droit. Et le président du MR d’avancer des arguments, réforme des retraites, pas de hausse de la fiscalité. Elio Di Rupo a répondu non, pas centre droit, centre centre.  On peut relier ces deux débats : soutenir François Hollande c’est se repositionner à gauche de l’échiquier. Dire par la présence et par le symbole  ce qu’on a parfois du mal à faire passer avec des mots. Elio Di Rupo a donc deux raisons d’aller à ce meeting : montrer qu’il reste de gauche, et indiquer qu’il n’est pas l’otage des partis de sa majorité. Et plus le MR dira qu’il ne faut pas y aller, plus il aura intérêt à y être.

Dans tout ce tohu-bohu vous entendrez de nombreux commentateurs dire qu’Elio Di Rupo  qui soutient un autre socialiste c’est tout sauf un scoop. Exact. Mais nous aurons peut-être raté l’essentiel. La FGTB wallonne, Thierry Bodson en tête, ne soutient pas François Hollande. La FGTB, le syndicat socialiste belge, mais appelle à voter pour Jean Luc Mélenchon. Pour le PS c’est une polémique autrement plus critique à désamorcer.