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MR/FDF : lutte finale et licenciement

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, fdf, mr , le 24 mai 2012 14h51 | 2 commentaires

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Entre les FDF et le Mouvement Réformateur c’est désormais une lutte à mort. Pas une interview où Olivier Maingain ne pilonne ses anciens alliés. L’opération de communication a été analysée par plusieurs confrères de la presse écrite : le FDF veut  souligner le caractère « droitier » des libéraux pour mieux s’en distancer. On serait tenté d’ajouter : pour libérer de l’espace au centre et se donner un peu  d’air aux prochaines élections.

Si mon petit doigt est bien informé, les libéraux ont eu pour consigne de ne point répondre aux attaques, histoire de ne pas donner trop d’ampleur aux accusations du président amarante, mais une riposte serait en cours de préparation.

Derrière cette guérilla de façade se jouent également de nombreux bras de fer de terrain. On se dispute les candidats, commune par commune, on « suspend » les adhérents qui choisissent la liste de l’autre camp, on s’accuse mutuellement d’avoir conclu des accord pré-électoraux, on s’envoie des chartes à la figure et dans les communes où des listes communes  semblent encore possibles (en périphérie de Bruxelles par exemple) on se dispute les têtes de listes.

Signe parmi d’autres de cette tension, le licenciement d’un collaborateur du MR qui envisageait d’être candidat sur la liste du bourgmestre à Woluwe-Saint-Lambert. Gregory Matgen, c’est son nom, était collaborateur du MR au Sénat avant d’être détaché au centre Jean Gol, le service d’étude du parti. Résident à Woluwe-Saint-Lambert, il est approché  il  y a quelques semaines par Olivier Maingain pour figurer sur la liste du bourgmestre.  Coup de sang  à la direction du parti qui convoque l’intéressé  et après 15 jours de réflexion la sanction tombe : travailler pour le MR et être candidat sur une liste FDF est incompatible.  Gregory Matgen fait  donc l’objet d’un « licenciement pour faute grave ».

Coté FDF on commente en  indiquant que le licenciement pour faute grave ne saurait être invoqué dans le cas présent, que la possibilité d’être candidat est un droit fondamental dans une démocratie et qu’il s’agit ni plus ni moins que d’impressionner un jeune collaborateur, alors que dans la même commune le MR se contente de ‘suspendre’ les  échevines sortantes qui ont choisi de suivre Olivier Maingain. C’est la thèse du deux poids deux mesures, de la pression et de l’abus de pouvoir.

Coté MR on signale que le collaborateur était associé aux négociations sur la réforme de l’Etat, le cœur du différend entre les deux formations (il a notamment participé au groupe de travail sur la réforme du sénat) et qu’il était hors de question de  laisser  libre accès à des informations aussi sensibles à une personne qui se sent plus proche du FDF que du parti qui le rémunère. C’est la thèse de la taupe et du manque d’éthique. « Vous imaginez un collaborateur du MR candidat avec le PS ? Non ? Et bien c’est la même chose avec le FDF, simple question de bon sens » glisse d’ailleurs un observateur libéral.

On ne tranchera pas en faveur de l’une des deux thèses. Mais on vous rapporte l’anecdote pour vous montrer que les relations sont bel et bien extrêmement tendues entre les anciens alliés d’hier. Dans le laps de temps qui nous sépare du mois d’octobre tous les (mauvais) coups sont désormais permis entre FDF et MR.

Divorce MR-FDF : la bonne affaire du PS

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles, communautaire, fdf, mr, ps , le 20 septembre 2011 08h36 | 17 commentaires

Avec la convocation d’un conseil général des FDF ce dimanche, tout le monde a bien compris: la séparation est inéluctable. Première conséquence bien sûr, la préparation des élections communales, on est en plein dedans. On en a déjà parlé dans un précédent billet :  les FDF ont dans leur rang six bourgmestres: deux en périphérie, quatre en région bruxelloise. En cas de listes FDF-MR séparées,  Didier Gosuin à Auderghem paraît dans une position confortable, pour  Olivier Maingain à Woluwe Saint Lambert et Martine Payfa à Watermael- Boisfort, c’est déjà un peu plus risqué, et pour toutes les autres communes, la fin de l’alliance entre les fédéralistes démocrates francophones et les libéraux  risque de signifier la perte du mayorat.  Même conséquence dans l’autre sens pour le MR. Les libéraux ont cinq bourgmestres en région bruxelloise. Sans les FDF, ils risquent fort de perdre Anderlecht et Woluwe-Saint-Pierre. Ce qui faut surtout comprendre c’est que dans toutes les communes, le fait d’ajouter un parti politique ouvre le jeu des alliances.  Si vous vous mettez à la place du parti socialiste, qui est l’autre grande famille politique en région bruxelloise, vous pouvez donc vous tournez dans certains cas vers le MR, dans d’autres cas, vers le FDF. C’est donc tout l’équilibre de la région bruxelloise qu’il va falloir redessiner. Cela donne évidemment beaucoup d’atouts au parti qui arrivera en tête lors des élections communales.

Si on regarde au-delà des élections communales, et qu’on pense aux régionales ou aux législatives, c’est la même chose. Il faut rappeler que les candidats FDF  font individuellement de très bons scores. Ces performances en matière de voix de préférence ont permis aux FDF de placer 11 députés sur 24 au parlement régional et 3 députés sur 5 pour la liste MR aux législatives sur l’arrondissement Bruxelles- Hal-Vilvorde. La question, c’est de savoir si les élus FDF, gros faiseur de voix, réaliseront la même performance sur une liste estampillée FDF. La réponse est sans doute « non » : les FDF réalisent de gros scores mais c’est grâce à l’étiquette MR.  A l’inverse, l’enjeu pour le MR est maintenant de trouver des personnalités populaires pour remplacer les FDF et limiter la casse.

Les premières escarmouches vont débuter très vite. Aujourd’hui,  MR et FDF coexistent dans un seul même groupe au parlement bruxellois.  Vont- ils rester ensemble, vont il se séparer, qui sera chef de groupe ? Quand on dispose d’un groupe cela ne  veut pas seulement dire qu’on bénéficie d’un secrétariat et de quelques collaborateurs (même si ça compte), un groupe c’est aussi  une vice-présidence, la possibilité d’être présent dans toutes les commissions, d’en présider certaines, c’est donc de la visibilité, ce qui est indispensable pour faire campagne. Même chose à la chambre, le groupe MR sans les FDF passe de 18 à 15 députés. Dans la probable coalition Di Rupo, cela  rétrograde le MR de deuxième à troisième parti. Ce qui a des conséquences par exemple au moment où l’on distribue les portefeuilles ministériels.

Vous voyez que cette scission va donc avoir beaucoup de conséquences. Pour faire simple, aujourd’hui à Bruxelles vous avez deux gros partis le MR et le PS, et deux partis de taille moyenne Ecolo et le cdH. Demain, avec la séparation MR/FDF, vous risquez d’avoir un parti tout seul devant, le PS, et quatre partis derrière qui vont lutter pour la deuxième place. En Wallonie, le phénomène sera moins fort puisque les FDF y sont moins implantés.  Et vous avez  bien compris : les grands gagnants du divorce MR-FDF, ce sont les socialistes.

MR-FDF : un gouffre de 1200 mètres

Par Fabrice Grosfilley dans fdf, mr , le 19 septembre 2011 08h49 | 13 commentaires

charlesmichel

Charles Michel le reconnaît : il n’a jamais mis les pieds au FDF. Comprenez qu’il n’est jamais entré dans les locaux du parti amarrante. Entre l’avenue de la Toison d’or (siège du MR) et la chaussée de Charleroi (siège des FDF), il y a 1 km 2oo, un temps de transport en voiture de deux minutes, indique le site viamichelin, et que nous allons estimer à cinq minutes si l’on parcourt cette distance à pied (dans le sens MR-FDF, ça monte) . Charles Michel devra vivre avec ce regret : on doute fort qu’il soit invité aux FDF (oui il faut un x, puisque FDF veut dire désormais « fédéralistes démocrates francophones ») dans les prochains jours.

Dimanche, dans les coulisses de RTL, avant d’être interviewé par Pascal Vrebos, Olivier Maingain ne cachait pas qu’il avait le sentiment que la séparation était devenue inéluctable et que  son souhait était de concrétiser cette séparation relativement vite. « La population ne comprendrait pas que cela traine en longueur, autant que cela soit clair tout de suite », plaidait-il en substance. Et le président des FDF se montrait même particulièrement résolu en indiquant que son parti serait bien capable de présenter des listes dans les 19 communes, que les libéraux n’avaient pas toujours été aussi loyaux qu’ils le prétendent (suivez mon regard à Auderghem) et que fort de 11 députés au parlement bruxellois, il ne voyait pas pourquoi ce parlement régional refuserait de reconnaître les FDF comme groupe parlementaire (pour comprendre la portée de cette petite phrase il faut savoir que la création d’un groupe en cours de législature n’est pas évident, mais que les FDF soulignent qu’ils pèsent autant que le cdH et bien plus que la N-VA – 1 député qui forme un groupe à lui tout seul). D’autant plus que formellement, le chef de groupe est actuellement le FDF Didier Gosuin.

Bref, hier en télévision, tant Olivier Maingain qu’Antoinette Spaak,  semblaient vouloir hâter la scission du MR à défaut d’avoir pu s’opposer à celle de l’arrondissement électoral. En soirée, le bureau restreint des FDF a confirmé cette option : sauf signaux explicites du MR, il n’y aura pas de rabibochage.

Pour confirmer les demandes exprimées publiquement en conférence de presse vendredi, Olivier Maingain a d’ailleurs envoyé un courrier officiel à Charles Michel. C’est donc un porteur qui a parcouru les 1 km 200 qui séparent les deux formations.

Les FDF, combien de divisions ?

Par Fabrice Grosfilley dans communales, fdf, mr , le 16 septembre 2011 07h45 | 7 commentaires

C’est un divorce qui va crescendo.  Que ce soit à 18h sur Bel RTL, ou à 19 heures sur RTL TVI Olivier Maingain a pu dire tout le mal qu’il pensait de l’accord intervenu mercredi soir, il a sommé les francophones et en particulier le mouvement réformateur de se ressaisir et il a ouvertement  envisagé de mettre un terme à l’alliance qui unit les fédéralistes démocrates francophones au mouvement réformateur.

Après de telles déclarations, la séparation semble inéluctable. Comme pour tout divorce les mariés ont  quand même intérêt  à faire les comptes avant de se séparer. Le FDF compte dans ses rangs 6 bourgmestres : 2 en périphérie bruxelloise (Kraainem et Linkebeek) et 4 en région bruxelloise. Intéressons-nous à Bruxelles : en cas de listes séparés le seul qui semble capable de garder son siège c’est Didier Gosuin à Auderghem. Sans les libéraux Martine Payfa à Watermael-Boisfort  et Olivier Maingain lui-même à Woluwe Saint Lambert  seraient en difficulté,  quand à Bernard Clerfaydt à Schaerbeek on pourra remarquer que sa liste aux dernières élections comptait déjà plus que libéraux que de FDF.

Au parlement bruxellois il y a 11 députés FDF pour 13 députés libéraux. Enfin, les fédéralistes démocrates francophones comptent  aussi dans leurs rangs 3 députés à la chambre et un secrétaire d’état.

Si les FDF ont donc beaucoup à perdre,  à un an des communales l’idée que les deux partis puissent se présenter séparément pénaliserait aussi le MR. On pense à des communes comme Anderlecht par exemple ou en cas de divorce les bleus risquent fort de perdre le mayorat.  On pense aussi à la Wallonie ou les FDF essayent vaille que vaille de s’implanter et pourraient grignoter un siège par ci, un siège par là.  Il  n’y a pas besoin de tsunami amarante  pour provoquer  par endroit des basculements de majorité.  La vérité c’est qu’en se séparant les deux formations sont toutes les deux perdantes.  Les FDF devront faire une campagne exceptionnelle s’ils ne veulent pas être réduits à la portion congrue, voire  être menacés de disparition. Les libéraux devront éviter un recul trop marqué s’ils veulent préserver leur chance d’entrer dans de nouvelles majorités.  Au-delà des communales l’enjeu pour Charles Michel est celui-ci : ramener les libéraux dans  les gouvernements régionaux, en Wallonie et à Bruxelles.  En négociant et  démontrant qu’il est capable de bâtir un  compromis Charles Michel est en train de réussir ce pari-là : refaire du MR un parti de gouvernement et un partenaire  qu’on a plutôt envie d’avoir avec soi plutôt que contre soi.

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais la NVA a adopté hier une attitude à l’opposé de celle du FDF. Certes Bart De Wever est critique et trouve  que l’accord n’est pas suffisamment bon pour les flamands, mais il dit aussi que ce n’est pas le cauchemar qu’il redoutait. C’est une position subtile. Puisque la scission de l’arrondissement BHV est une victoire historique pour les flamands la NVA a compris qu’elle ne pouvait condamner l’accord, et essaye donc de faire passer l’idée que tout ça c’est un peu grâce à elle, ce qui est d’ailleurs assez conforme à la réalité.  Le contraste avec Olivier Maingain est saisissant. Vous avez donc un parti la NVA, qui de l’extérieur, fort de la puissance de ses 27 députés, estime avoir positivement influencé les négociateurs. Et un autre parti, le FDF, qui était lui à  l’intérieur des négociations ( il faut rappeler qu’ Olivier Maingain a été régulièrement consulté par Charles Michel et aussi parfois directement par Elio di Rupo), qui ne pesant que 3 députés, étale son amertume. A l’intérieur ou à l’extérieur, quelque soient les idées que l’on défend, la qualité des arguments, ou l’éloquence dont on fait preuve, respecter la  démocratie c’est aussi en accepter les rapports de force.

La négociation frole le K.O. à deux reprises

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, fdf , le 12 septembre 2011 07h33 | Commentaires fermés

carnetCela ne va surement pas leur faire plaisir s’il nous lisent , mais il y a plus  d’ un point commun entre le président de la NVA, Bart De Wever  et le président des  FDF Olivier Maingain. A commencer par le fait que tous deux estiment que la note d’Elio Di Rupo n’est pas une base valable de négociation. Bart De Wever l’a (re)dit hier  à Genk. Olivier Maingain l’a martelé à 3 reprises en 24 heures :  une interview à la Libre Belgique samedi , puis à la tribune d’une réunion de son parti et face à Pascal Vrebos dimanche (voir ci dessous). Plus que le fond du message, c’est surtout la forme qui a choqué : avec des termes comme « tricheurs », « hypocrite », « massacre », le président des FDF ne laisse aucune chance à la négociation. Outre les partenaires flamands, il disqualifie aussi le formateur, qui aurait remis une note pas du tout équilibrée, et les autres partis francophones, CDH en tête, qu’il accuse à demi-mot de ne pas tenir leurs engagements.

A

Auto-exclusion

Pour le dire clairement, Olivier Maingain a torpillé les négociations. Vous vous rappelez qu’il y a une dizaine de jours, on se demandait s’il pouvait être invité à la table des négociations. La question n’est plus d’actualité, le président du FDF s’est auto-exclu.

Avec un Olivier Maingain qui allume le feu à l’extérieur et un Charles Michel qui bloque à l’intérieur, les autres négociateurs peuvent désormais ouvertement poser la question : le MR veut-il vraiment un accord, comme il l’affirme, ou bien est-il en train de préparer des élections, et notamment les élections communales ? La stratégie d’un double discours, on pourrait même écrire un double jeu, irrite (le mot est faible) les autres partenaires. Hier après-midi, on a donc entendu des cris dans les salons de la négociation. Atmosphère lourde, tendue, difficile. Ce sont les mots qui reviennent. Le formateur lui-même s’est finalement mis à hausser le ton.

A

A deux doigts de la rupture

Dans le camp d’en face les sociaux-chrétiens du CD&V ont confirmé qu’on ne toucherait pas aux compétences du gouvernement flamand. Pas question donc de retirer  le pouvoir de nommer les bourgmestres au ministre flamand des affaires intérieures, le très N-VA Geert Bourgeois. Situation bloquée. Hier en début d’après-midi on était à deux doigts d’une rupture définitive.

Et côté flamand on spécule à nouveau sur un parallélisme NVA/FDF : Bart De Wever est en dehors des négociations, il va peut-être falloir pour réussir dire aussi clairement qu’ Olivier Maingain n’y est plus non plus. Les déclarations de  Willy Borsus et d’ Armand De Decker vont dans ce sens là. Du coup c’est Charles Michel, tentant ce week-end  de garder une position médiane et d’appeler tout le monde au calme, qui pourrait se retrouver sous pression.

A

D’où vient la fuite?

Deuxième problème pour Elio Di Rupo, l’apparition d’un document de travail sur le site du Knack, hebdomadaire flamand. On peut y lire (d’après l’analyse qu’en fait  Knack) que justement on a envisagé de transférer la tutelle sur les communes à facilités, et que la loi de financement coûterait 1 milliard d’euro par an à la région flamande. La porte-parole du formateur a très vite relativisé, c’est un document qui date du 6 septembre, il a donc été très remanié depuis. Il n’empêche, c’est quand même une belle fuite, et comme le document, s’il est analysé d’un point de vue flamand, semble rédigé en français, c’est vers les cotés francophones que les regards se tournent. Avec un soupçon terrible : pour organiser une telle fuite d’un document ultra-sensible,  il y a au moins un parti (francophone ?) autour de la table qui ne veut pas que les négociations aboutissent.

A

De Wever et Maingain se frottent les mains

Bart De Wever, et donc peut être Olivier Maingain aussi, ont donc de quoi se frotter les mains. Ils ont bien failli obtenir gain de cause, avec la démonstration qu’un accord sur base de ce document n’est pas réalisable. En sortant de réunion ce matin, la porte-parole du formateur disait « on a beaucoup  avancé ». Sur Twitter Alexander De Croo, président de l’Open VLD estimait qu’on ne perdait pas son temps. Certains négociateurs, prudemment et anonymement, estimaient même qu’on était plus très loin d’un accord sur Bruxelles-Hal-Vilvorde. D’autres estimaient que le terme d’accord était vraiment prématuré. Ces derniers sont sans doute plus réalistes : si on était si près de la conclusion, il aurait sans doute été plus logique de ne pas se séparer pour forcer la décision. Dans ce genre de processus, toute pause risque d’être un retour en arrière. La seule certitude que nous pouvons avoir ce matin c’est que si la réunion a duré 17 heures  cette nuit, elle est passée à 2 reprises près du KO définitif.

Elio Di Rupo a contacté Olivier Maingain

Par Fabrice Grosfilley dans fdf, fédéral , le 31 août 2011 16h26 | Commentaires fermés

Alors que l’on s’agite depuis plusieurs jours autour d’une éventuelle présence  d’Olivier Maingain à la table de négociations, le formateur Elio Di Rupo a pris l’initiative d’un contact direct avec le président des FDF. L’entretien bilatéral a eu lieu au cours du weekend et portait bien sur les questions institutionnelles. Si l’information est confirmée à plusieurs sources, il est difficile d’en savoir plus sur la tonalité et le contenu précis de la discussion entre les deux hommes.   On peut imaginer que le formateur aura voulu tester l’une ou l’autre idée d’amendement à sa note sur le chapitre sensible de la scission de l’arrodissement Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il aura aussi pu jauger la volonté du président du FDF d’aboutir à un accord et estimer la marge de manoeuvre du président du MR Charles Michel. Ce contact intervient alors que plusieurs négociateurs s’interrogent sur la possibilité d’un accord avec les libéraux francophones sur base de la note déposée par le formateur. Les déclarations  d’ Olivier Maingain et de Didier Reynders ont été la cible de remarques autour de la table de négociation en début de semaine, les francophones ayant en retour regretté certaines déclarations du CD&V.

Ni Olivier Maingain ni l’entourage du formateur ne souhaitaient commenter cette information mercredi après-midi.

Maingain in, communication out

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, fdf, fédéral , le 30 août 2011 07h25 | Commentaires fermés

La question peut paraître anecdotique, mais elle crispe tout le monde. Pour bien comprendre il faut savoir que les négociateurs  sont actuellement 10 autour de la table : 1 représentant par parti politique, le formateur Elio di Rupo et sa chef de cabinet Anne Poutrain.

Derrière cette table de 10 ,il y a 8 petits pupitres en retrait pour ce qu’on appelle les sherpas, des collaborateurs. Ce sont des spécialistes des questions institutionnelles qui conseillent leur président sur les points techniques. A priori pas de place pour d’autres  politiques. Faut-il rester dans cette formule à 8+2, faut-il agrandir la table, faut-il en faire une autre rien que pour Bruxelles Hal Vilvorde, faut-il organiser  un conclave, s’enfermer à Val duchesse ou ailleurs ? Faut-il recevoir Olivier Maingain à part. A ce stade  tout est possible.

Olivier Maingain, faut-il l’inviter, il y a une double-symbolique derrière cette question. Une symbolique pour les partis flamands.  Wouter Beke  Alexander De Croo  ou Caroline Gennez n’ont pas spécialement envie de se retrouver à la même table d’un homme qui en Flandre est perçu comme un provocateur. Ils n’ont surtout pas envie que ça se sache. Faire des concessions c’est difficile, si en plus  on a le sentiment qu’on les fait face à un adversaire qui est diabolisé ça ressemble à une défaite en rase campagne. Négocier pour sauver l’Etat oui. Donner des arguments de campagne à la NVA en ayant le sentiment qu’on a capitulé devant les francophones non.

L’autre portée symbolique c’est à l’intérieur du Mouvement Réformateur. Charles Michel veut pouvoir choisir la délégation de son choix. Pas question que ce soit les flamands qui lui imposent. Les rapports de force au sein du MR font que Didier Reynders et Olivier Maingain peuvent paraître assez incontournables. La question qui agite les négociateurs c’est donc aussi celle-là : Charles Michel peut il conduire des négociations à l’intérieur alors qu’à l’extérieur ses lieutenants adoptent un discours nettement moins conciliant,  le mouvement réformateur veut-il vraiment un accord, et Charles Michel contrôle-t-il vraiment Olivier Maingain ? A l’inverse, inviter Olivier ou Didier, est-ce pour mieux les museler à l’extérieur ?

Ce matin, sur Bel RTL  Olivier Maingain laissait clairement entendre qu’il comptait bien être présent dans les prochains jours « je ne m’impose en rien mais Elio Di Rupo doit savoir quelle sont les personnalités qui sont déterminantes sur Bruxelles ». Et le président des fédéralistes démocrates francophones, après avoir rappelé l’importance de son score, de glisser que si son président est bien susceptible de le représenter c’est  quand même aux bruxellois de négocier BHV.

La situation vous semble coincée ? Pas forcément. Petit souvenir, si vous voulez bien. On va remonter en 2001. C’est l’époque des accords du Lombard. Une négociation qui va permettre aux partis flamands de gonfler leur nombre de députés au parlement bruxellois.  C’est Daniel Ducarme un libéral qui préside la négociation. Olivier Maingain est contre l’accord.  Crispations.  Lors de la dernière séance il y a une grande table avec tous les présidents de partis au Lambermont, la résidence du premier ministre. De l’autre côté de la rue, une salle pour les libéraux francophones. Olivier Maingain se trouve là, dans la salle de délégation.  Analyse juridique, amendements, contre amendements. Toute la nuit  on avait fait passer des documents d’une salle à l’autre. Olivier Maingain  suit minute par minute toutes les discussions. Au petit matin il était sorti en même temps que les autres négociateurs. Comme quoi on n’a pas besoin d’être dans la salle, pour donner son point de vue.

Nuances bleues

Par Fabrice Grosfilley dans decryptage, fdf, mr , le 18 août 2011 11h30 | 2 commentaires

nuances

Il y a l’eau tiède et l’eau tiède. Ou si vous préférez une référence  picturale, une palette de nuances infinies entre le bleu ciel, le bleu roi et l’amarante. Ce jeudi midi le Mouvement Réformateur continue  d’entretenir un savant flou sur ses réelles intentions vis à vis de la note Di Rupo. C’est de bonne guerre : la position réelle à la table de négociation ne doit pas forcément être connue de tous, et il y a un gouffre entre la position réelle d’un négociateur, ce qu’il en dit  à celui qui préside aux discussions, ce qu’il laisse voir aux autres négociateurs et ce qu’il communique au public.

Contentons-nous ce matin de ce qui est donc dit publiquement et officiellement.  Charles Michel en arrivant au 10 rue de la loi (pour ceux qui reviennent de vacances, c’est la présidence de la Chambre, où le formateur a installé son bivouac)  fait une démonstration de ferme prudence. Message principal: « On va vérifier quels sont les espaces de négociations », ce que l’on pourrait traduire par « Je viens voir dans quelle mesure la note est amendable, et de quoi nous pourrons réellement parler avant d’entrer dans le jeu », confirmé par  « la note est un point de départ, pas un point d’arrivée » ou par « nous voulons comprendre quel sens on donne à la réforme de l’état » (1).  Et Charles Michel de confirmer qu’il a bien l’intention de déposer des amendements sans préciser lesquels. Les propos sont donc policés et ont l’apparence d’une ouverture. Pourtant le président du MR signifie assez clairement qu’il n’accepte pas la note telle quelle.

Deuxième nuance,  les déclarations d’ Olivier Maingain dans le Soir. J’indiquais dans mon billet d’hier qu’il fallait s’attendre à des amendements du CD&V et du MR. Olivier Maingain, interrogé par David Coppi, met trois pistes sur la table : l’élargissement de Bruxelles, la ratification de la fameuse convention cadre européenne sur les minorités et la possibilité pour la communauté française d’intervenir en périphérie. Ecartons d’emblée l’élargissement de Bruxelles. Pas seulement parce que c’est tabou pour les partis flamands, mais surtout parce que cet élargissement n’a de sens que si on négocie la fin de l’Etat belge. A ce stade, mais cela pourrait changer, ce n’est pas encore d’actualité. Retenons donc les 2 autres propositions, et partons du principe que le FDF demande que cela soit ajouté à la négociation. C’est un discours en apparence plus ferme que celui tenu par Charles Michel, mais qui expose une demande claire et concrète. Les journalistes les plus curieux s’empresseront dans les prochains jours que ce sont bien ces amendements qui ont été déposés par le MR à la table de négociations.

Troisième tonalité celle de Damien Thiery, interrogé ce matin sur Bel RTL. Après avoir demandé à être entendu personnellement par le formateur, le bourgmestre FDF  indique qu’il y aura « beaucoup d’amendements », que la note est « extrêmement faible » pour son chapitre BHV. Gloups. Puis  il tire sans ménagement sur le CD&V et la NVA. Le discours est électoral et mobilisateur « la NVA se fout pas mal du droit des francophones en périphérie. Moi je n’ai pas peur de dire qu’à certains moments qu’on va vers une sorte d’extermination, ce qui est en train de se passer est un véritable scandale ».

Si les mots ont un sens, l’extermination renvoie pour l’auteur de  ce blog à l’élimination physique de ses opposants ou adversaires. Alors que l’on parle de droits électoraux et d’emploi des langues, cela semble un  peu excessif et les référents historiques qui nous viennent spontanément à l’esprit font froid dans le dos.

Résumons-nous : Charles Michel veut savoir si l’on peut discuter, Olivier Maingain précise de quoi il veut discuter et Damien Thiery nous précise que cette discussion est quasi-impossible. Il faudra sans doute attendre samedi,  l’issue de la seconde réunion plénière à 8,  pour savoir quel est le degré réel d’acceptation de la note Di Rupo par le Mouvement Réformateur.

  • (1) Les propos en italiques sont ceux qui ont été réellement prononcés par leurs auteurs.

« Bon courage » au roi dans ce climat d’incompréhension grandissant

Par Fabrice Grosfilley dans Autre, cd&v, communautaire, fdf , le 16 mai 2011 09h12 | 8 commentaires

Ce matin, le roi Albert II devrait commencer par recevoir le Premier ministre Yves Leterme. Il ne faut pas y voir de signe particulier, le Premier ministre fait traditionnellement rapport au roi tous les lundis matin, même si les deux hommes aborderons sans doute la situation politique du moment. Dans la tournée des présidents entamée jeudi, trois présidents n’ont pas encore été  invités par le palais et seront donc sans doute reçus aujourd’hui. Caroline Gennez pour le sp.a, Jean-Michel Javaux pour Ecolo et Wouter Van Besien pour Groen!.

blogroi1

Cette journée du lundi reste une journée délicate. C’est le jour des bureaux de parti. Les états-majors vont donc en profiter pour tester au sein de leur propre formation les différentes hypothèses qui circulent. Il n’est pas exclu que par interview ou communiqué interposés, on ne voit apparaître soit  de nouvelles propositions, soit de nouvelles exclusives. L’idée dans les deux cas étant de faire pression sur les partenaires et d’essayer d’influer sur les choix du palais.

Manoeuvre pour mettre Groen! et le sp.a hors-jeu

Vendredi effectivement la situation restait particulièrement bloquée. En indiquant qu’il voulait choisir l’aile flamande de la coalition, Bart De Wever tente une nouvelle fois d’imposer son point de vue. Tout le monde sait qu’exclure Groen!, c’est aussi exclure Ecolo. Il suffit  par ailleurs de faire un petit calcul pour se rendre compte que NV-A, CD&V et Open VLD pèsent ensemble 57 sièges. Si on veut dépasser la majorité des deux tiers, il faut donc un minimum de 43 sièges coté francophone. Le PS est donc obligé d’embarquer le MR, 26+18 = 44 sièges. Et encore, sachant qu’il y a parmi ces élus deux députés FDF, cela reste juste. Ajouter le cdH ne serait donc pas du luxe. Voici donc une exigence qui se présente comme anodine: je veux choisi l’aile flamande. Elio pourra choisir côté francophone, qui est en réalité un choix global. On notera aussi que la fameuse clef 60/40 vaut donc quand on veut financer des projets, elle ne vaut pas quand il s’agit de réformer l’Etat.

De Clerck et Maingain symbolisent la fracture Flamands/francophones

Ce week-end, on notera aussi un net regain de tension autour de l’amnistie. Sur RTL hier, Olivier Maingain a laissé tous les partis flamands au tapis. Une partie du monde politique flamand bascule hors du champ de la démocratie, a-t-il asséné. Allusion à la prise en considération d’une proposition de loi sur l’amnistie des collaborateurs de la seconde guerre mondiale. Sur le RTBF, le ministre de la Justice Stefaan De Clerck plaidait en sens inverse : « on doit être adulte, accepter d’en discuter et oublier le passé. » Tollé général côté francophone. D’abord des réactions individuelles de parlementaires : « du révisionnisme à l’envers », dit Christine Defraigne. « Chaotique » pour Françis Delpérée, « scandaleux » pour Philippe Mahoux avant que ne sorte finalement un communiqué officiel côté PS … En temps normal, le ministre de la Justice aurait été amené à s’expliquer. Comme ce ministre vient déjà de vivre une quinzaine très particulière avant le débat sur la remise en liberté potentielle de Michèle Martin et que nous sommes en affaire courantes, Stefaan De Clerck ne risque pas grand-chose. Si ce n’est de servir de thermomètre. Et de constater que sa sortie et celle d’Olivier Maingain illustrent un climat d’incompréhension grandissant entre francophones et Flamands. On souhaite bon courage et bonne semaine à Albert II.

La proposition de principe du FDF

Par Fabrice Grosfilley dans chambre, fdf , le 29 octobre 2010 10h01 | 3 commentaires

BELGIUM BRUSSEL FDF CONGRESSCe jeudi  à la chambre, les députés avaient une liste de 95 propositions de loi à prendre en considération. Cette prise  en considération  signifie juste qu’on introduit le texte dans le parcours législatif. Ce seront ensuite aux commissions de l’examiner, de l’amender et éventuellement de le voter. En réalité au parlement la majorité des propositions de loi ne seront jamais votées, faute  de temps, certaines ne sont même  jamais discutées.

Hier dans cette longue liste il y avait les propositions numéros 55 et 56, signées par  Ben Weyts, Jan Jambon et d’autres députés NVA t qui proposent de modifier les lois électorale en vue de scinder la circonscription de Bruxelles Hal Vilvoorde. Juste derrière, mais c’est un hasard, la proposition 57 d’Olivier Maingain , Damien Thierry  ou Denis Ducarme  (et d’autres députés MR) qui suggère de supprimer l’obligation de bilinguisme pour les fonctionnaires de la région bruxelloise, de quoi  faire hurler les flamands.

Et puis encore un peu plus loin dans la liste une autre proposition signée par Olivier Maingain, Damien Thierry et François-Xavier De Donnéa qui  envisage de revoir les frontières de la région bruxelloise par le biais d’une consultation populaire. Ce texte  demande que dans toutes les communes ou une pétition est signée par 15% des électeurs on organise une consultation sur un changement de région pour ces communes.  

IL faut bien s’entendre sur la prise en considération : c’est une démarche formelle, la plupart du temps sans discussion. Ce n’est que quand on demande l’urgence, le fait de rendre cette proposition prioritaire, qu’on procède à un vote. Au parlement ces dernières années je n’ai vu qu’une et seule proposition  de loi être rejetée au stade de la prise en considération, c’était un texte du Vlaams Belang qui demandait la fin de la Belgique.

Hier il n’ya donc pas eu de discussion, la proposition d’ Olivier Maingain est donc passée, elle va se retrouver dans la pile des textes en attente  à la commission de l’intérieur. Autant le dire tout de suite, c’est un  texte qui n’a aucune chance d’aboutir. Sur la scission de BHV on peut imaginer qu’unz majorité flamande l’adopte. Sur la proposition de consultation populaire , même si tous les députés francophones l’approuvaient ce serait numériquement insuffisant. Cette proposition est  donc un  pur acte de communication, un témoignage. L’occasion pour le FDF de rappeler ses positions de principe. On ne va pas discuter ici du fond : le FDF est dans une démarche parfaitement cohérente par rapport à son programme (son « ADN ») et la proposition s’inspire d’un texte déposé en 1991 par Antoinette Spaak (c’est vous dire si le débat avance 2 décennies plus tard) .  Il n’est pas illogique qu’un parti francophone oppose une proposition francophone à une proposition flamande, et ose jouer la symétrie des positions de principe. Mais on doit souligner le calendrier. Cette proposition a été déposée par le président du FDF le 26, donc mardi. Elle a été distribuée aux autres parlementaires mercredi. Donc à un moment ou tous les partis flamands traditionnels ont déjà annoncé qu’ils calmaient le jeu sur l’arrondissement Bruxelles Hal Vilvorde. Il y a quand même eu un vote à la demande du VB où la majorité des flamands se sont abstenus, les socialistes flamands ont même voté contre l’urgence. Moment sensible, vu du nord, le dépôt de la proposition Maingain aurait pu paraître pour une provocation. La position de principe, à priori gratuite, aurait pu coûter cher. Cela n’empêche pas la démarche d’être probablement réfléchie et je pense même qu’elle éclaire assez bien le puzzle du moment.

 En associant François-Xavier De Donnéa,  Olivier Maingain a pris soin de ne pas s’isoler au sein de son parti et fait passer les messages suivants :  le MR ne participe toujours pas aux négociations et n’est pas tenu de jouer la pacification communautaire.  Se considérant dans une opposition virtuelle à ce stade, le FDF ose la prise de risque. Les réformateurs, ou en tout cas leur composante FDF  tiennent donc à se poser en vigie des droits francophones. Effet collatéral : à  tous ceux qui à la NVA ou ailleurs croient que ce seraient plus simple de changer de partenaires et d’inclure les libéraux francophones dans les discussions communautaires  Olivier Maingain a infligé  hier à la chambre, un brusque rappel à la réalité.