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Richard Fournaux et Bernard Wesphael ou la journée les deux « martyrs »

Par Fabrice Grosfilley dans ecolo, mr , le 26 mars 2012 14h52 | 2 commentaires

wesphfourC’est un curieux hasard qui pourrait faire penser que leurs routes se croisent. Quelques minutes d’intervalle seulement séparent l’annonce du départ de Bernard Wesphael du non-lieu de Richard Fournaux. Un télescopage malicieux de l’actualité car les deux évènements n’ont évidemment rien à voir.

Dans le premier cas Bernard Wesphael  confirme une décision dans l’air depuis une quinzaine de jours. Ne plus dépendre d’Ecolo pour les scrutins du futur, lui qui s’estime systématiquement désavoué par ses pairs. L’homme avait été candidat malheureux à la co-présidence du parti, il a aussi dû renoncer à la présidence du parlement wallon, pour lequel les écologistes lui ont préféré le jusqu’ici discret Patrick Dupriez. A la défaite en assemblée générale s’était ajoutée la sanction du groupe parlementaire. Un double désaveu interprété comme un rejet par celui qui voudrait incarner une aile gauche et laïque au sein du parti vert.

A

Chant du cygne?

Bernard Wesphael reste député wallon (il siègera comme indépendant) à ce stade. Il réfléchit surement au futur. Se présenter aux élections communales en 2012 ? Avec le PS, avec Vega ? Se réserver pour 2014 ? A défaut d’être accepté par l’une ou l’autre formation, l’homme a fort peu de chances de retrouver son siège au parlement wallon en restant indépendant. Bernard Wesphael devra soit trouver un parti d’accueil, soit profiter des deux ans qu’il a devant lui pour lancer une nouvelle formation. Le pari est risqué. Dans le cas contraire la décision d’aujourd’hui risque d’être le chant du cygne avant que sa carrière politique ne s’éteigne.

A

Retour en grâce pour Fournaux

Pour Richard Fournaux c’est un peu le cheminement inverse. Le bourgmestre de Dinant savoure à l’heure qu’il est une décision de justice qui lui permet de lever une hypothèque qui pesait lourdement sur sa carrière. Non-lieu pour l’accusation de faux et usage de faux dans l’affaire du casino, cela veut dire que pour la justice il n’y eut point de corruption. C’est la fin d’un long feuilleton qui aura duré 15 ans (Richard Fournaux est en partie responsable de la durée de la procédure, lui qui a  contesté plusieurs décisions), même si la famille Mantia ou le parquet peuvent faire appel. Dans ce dossier le bourgmestre a bien failli tout perdre et il ne fait aucun doute qu’en cas de condamnation, il n’aurait pas pu se présenter aux prochaines élections communales. La décision d’aujourd’hui le conforte dans ses combats et lui permet même de se présenter devant les électeurs dinantais  dans la meilleure des positions : celle d’un homme blanchi et réhabilité. Richard Fournaux pourra se présenter la tête haute, alors qu’il était il y a peu un bourgmestre honteux auquel son parti (le MR) recommandait la discrétion.

Si vous me permettez une référence religieuse, les deux hommes ont  un point commun : ils peuvent, l’un  comme l’autre, se poser en martyr, cette victime innocente qui paye de sa vie (politique) les fautes de ses semblables. Bernard Wesphael n’est pas loin de la crucifixion (nul  doute que ce laïc convaincu savourera l’image). Richard Fournaux vient de faire un pas vers la résurrection.

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Le communiqué de Bernard Wesphael :

« Combattant de la première heure de l’écologie politique et membre fondateur du parti, je quitte Ecolo aujourd’hui. Mais je le fais sans animosité, sans amertume et sans remords.
Au risque de décevoir les amateurs de politique spectacle, il ne faut pas compter sur moi pour invectiver ce parti qui fut le mien.
J’estime sincèrement que le combat écologiste garde sa pertinence et sa légitimité. Je pense cependant ne plus avoir ma place au sein d’Ecolo car ma conception de l’action politique ne correspond plus à celle de ses cadres.
Je pars sans animosité, en particulier à l’égard du peuple Ecolo, tous ces militants souvent formidables auxquels je dois mon parcours politique jusqu’à ce jour, en particulier à Liège. Je les respecte profondément, je leur conserve toute mon affection et je leur dis toute ma gratitude.
Certains se diront « bon débarras ». D’autres, en revanche, ne comprendront pas. En particulier, celles et ceux qui partagent les valeurs de progrès que nous avons si longtemps défendues ensemble, au sein du parti.
Pour eux, je suis sincèrement désolé. Néanmoins, je leur demande de comprendre que mon départ est non seulement une objection de conscience, mais aussi une façon d’honorer nos valeurs et de me respecter moi-même.
Je pars sans réelle amertume car la politique est d’abord un rapport de forces. Chez Ecolo, aussi. Je tire donc toutes les conséquences du match triangulaire du 4 mars dernier. Mais il est vrai que j’ai cru jusqu’au bout que, dépassant ce simple rapport de forces, les dirigeants d’Ecolo seraient capables d’assumer le pluralisme des tendances, au sein du parti, en attribuant les fonctions d’influence de façon à tenir compte de toutes les sensibilités présentes.
Soyons de bon compte, j’ai aussi pris des risques en raison de certaines positions qui ont déplu, notamment sur la laïcité de l’Etat, dans un contexte dangereux de replis identitaires.
La fondation d’Ecolo m’a, en tout cas, offert une aventure hors du commun, celle de faire partie des pionniers de l’écologie politique. Ce fut une expérience exceptionnelle pour quelqu’un qui n’avait, à cette époque, pas spécialement un bagage le prédisposant à pareil cheminement, hormis l’ambition d’améliorer le monde. Je n’ai pas perdu cet enthousiasme. J’ai été, je suis et je resterai un défricheur de possibles.
Enfin, je pars sans remords parce que j’ai l’intime conviction de m’être donné à fond durant plus de trente ans pour faire de la politique « autrement » et parce qu’il n’est pas, mes amis le savent bien, dans ma nature de m’apitoyer sur mon sort. Comme chacun d’entre nous, j’ai fait des choix, certains plus heureux que d’autres. Je les assume tous, sans exceptions.
Changez tout ! Tel est le titre de mon dernier livre. Aujourd’hui, j’entame la première page d’une nouvelle tranche de vie. Il est une chose qui ne changera pas. Je continuerai à consacrer mon énergie à oeuvrer pour un monde meilleur et donc à changer ce qui doit l’être.
Changeons donc tout ! Je quitte aujourd’hui Ecolo, non comme un homme affaibli mais comme une personne retrouvant sa liberté absolue de pensée et prenant son envol vers de nouveaux défis. J’en dirai davantage, d’ici quelques semaines, sur la forme concrète que revêtira ce renouveau.
Mon cap est déjà tracé. A cet égard, j’entends évidemment ne renoncer à aucun combat. J’œuvrerai, comme par le passé, à la réduction des inégalités sociales croissantes et absolument incompatibles avec la pérennité de nos démocraties. Je favoriserai également une citoyenneté vivante et revendicatrice.
Sur le plan économique, fidèle au « non » que j’ai opposé au Traité constitutionnel européen en 2005, je continuerai à émettre des propositions visant à mettre au pas la finance et la spéculation. Enfin, je poursuivrai mon travail de longue haleine pour la bonne gouvernance, un meilleur cadre de vie et le redressement de la Wallonie. »

Emily Hoyos fait cadeau de ses indemnités de départ (et Deleuze aussi)

Par Fabrice Grosfilley dans ecolo, wallonie , le 8 mars 2012 09h54 | 6 commentaires

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C’est la Libre Belgique qui publie l’information. Emily Hoyos a confirmé par mail au greffe du parlement wallon qu’elle renonçait à l’intégralité de ses indemnités de sortie. Cela concerne aussi bien ses indemnités de présidente,  que son indemnité de base en tant que parlementaire. Au total 120 000 euros bruts. Et Emily Hoyos de préciser à la Libre : «  Je quitte mon mandat le mardi 13, mais j’ai un nouveau salaire à partir du 14 (…) l’argent public doit servir à autre chose. »

Evidemment c’est plutôt une démarche sympathique. La plupart du temps les députés ou les présidents de parlements ne crachent pas sur ces indemnités de sortie, qui entrent de le calcul de leur pension.  Une indemnité qui est calculée en fonction de la longueur de leur carrière parlementaire : José Happart avait ainsi empoché 530 000 euros, ce qu’Emily Hoyos avait vertement critiqué à l’époque.  Ne pas se mettre dans la même situation que son prédécesseur au perchoir, c’est  de l’éthique,  de la bonne gouvernance et aussi  simplement de la cohérence, voire de la prudence. On ne peut pas faire soi-même  ce qu’on reproche aux autres.

Il faut quand même souligner qu’Emily Hoyos n’est pas tout à fait dans la même position que José Happart.  Le hérisson fouronnais quand il a quitté la présidence du parlement wallon savait qu’il allait vers la fin de sa carrière politique. Emily Hoyos est au début d’une nouvelle aventure puisqu’elle accède à un nouveau poste. Mais ne sous-estimons pas son geste :  elle se met ainsi en conformité avec ce qui pourrait sembler évident aux yeux de l’opinion. Qu’on protège les élus pour qu’ils aient un matelas de sortie lorsqu’ils perdent une élection c’est bénéfique pour la démocratie. Cela évite que des candidats aux élections ne se recrutent que parmi les fonctionnaires, qui, eux,  ont la garantie de l’emploi.  Devenir député c’est souvent mettre un terme à une autre carrière professionnelle. Avoir  une indemnité quand on ne l’est plus  c’est une sécurité,  pour  s’offrir le temps de se reconvertir. Quand cette indemnité est perçue alors qu’on quitte le parlement et qu’on  a déjà un nouveau boulot, on n’est plus dans la sécurité, mais dans l’appât du gain.

Emily Hoyos n’est pas la première à renoncer à cette indemnité de sortie. Le député flamand Sven Gatz l’avait fait en juillet dernier, pour un montant estimé à  300 000 euros, de quoi s’acheter un bien immobilier. Inge Vervotte, ministre des entreprises publiques avait fait la même chose en septembre. Côté flamand on a même envisagé de supprimer l’indemnité des parlementaires de sortie en cas de démission. Si vous quittez le parlement en cours de mandat, pas d’indemnité, ce serait assez logique. Si le geste éthique et personnel qu’Emily Hoyos pose aujourd’hui devenait une règle qui s’applique à tous ce ne serait pas plus mal. On va d’ailleurs vérifier qu’Olivier Deleuze  a fait la même chose à la chambre. Ce n’est pas parce que l’annonce intervient  au matin de la journée mondiale des femmes que les hommes ne doivent pas s’appliquer la même éthique.

 

Update à 10h00 : il se confirme qu’Olivier Deleuze renonce également à son indemnité de départ, soit environ 150 000 euros brut.

Gerkens et Gilkinet profitent de l’élection d’Olivier Deleuze à la présidence d’Ecolo

Par Fabrice Grosfilley dans ecolo , le 7 mars 2012 13h18 | Un commentaire>

Effets corrolaires de l’élection présidentielle à Ecolo, on redistribue les cartes au sein du groupe parlementaires des verts. Muriel Gerkens, candidate malheureuse à la présidence obtient un beau lot de consolation en devenant « co-présidente » du groupe Ecolo-Groen en remplacement d’Oliveir Deleuze (les deux formations partagent la présidence à tour de rôle, Muriel Gerkens fera donc tandem  avec Stephan Van Heecke). Du coup Georges Gilkinet pend la présidence de la commission finances, occupée jusqu’à présent par Muriel Gerkens. Ces deux changements accentuent encore l’impression de ‘désaveu’ dont Bernard Wesphael se dit victime.

AG Ecolo : Nollet a fait pencher la balance et Wesphael pense aller voir ailleurs

Par Fabrice Grosfilley dans Autre, ecolo , le 5 mars 2012 16h20 | Un commentaire>

wesphaelblog

Une campagne digne, un respect mutuel salué par tous les candidats et un résultat conforme aux pronostics. Voici quelques un des enseignements que l’on peut retenir de l’assemblée générale d’Ecolo hier à Louvain-la-Neuve. Vingt-quatre heures après l’élection du duo Deleuze-Hoyos, voici quelques points à épingler.

Au second tour Olivier Deleuze et Emily Hoyos creusent l’écart et s’imposent finalement avec 55%. Que s’est-il passé à ce moment-là ? D’abord Bernard Wesphael n’a pas donné de consigne de vote. S’il avait ouvertement soutenu le duo Gerkens-Hellings le résultat aurait sans doute été plus serré. Ensuite on ne peut pas exclure qu’une partie des voix  obtenues par Gerkens-Hellings ne  se soient finalement déplacées entre les deux tours : un vote de passion au premier tour, un choix  de  la raison au second tour.

Entre ces deux tours, il y aura aussi l’intervention de Jean-Marc Nollet, en faveur d’Olivier Deleuze (sans lui nous n’aurions pas quitté l’ère nucléaire dira-t-il en substance),  et plusieurs participants pensent que le discours du ministre wallon fut assez décisif. De là à dire qu’Olivier Deleuze et Emily Hoyos lui doivent leur victoire, ce serait sans doute un peu excessif.

Le troisième round fut sans doute plus surprenant.  Il s’agissait de désigner le remplaçant d’Emily Hoyoz à la présidence du parlement wallon. Hoyoz-Deleuze proposent trois noms : Bernard Wesphael,  Véronica Cremasco et Patrick Dupriez. Les députés wallons du parti doivent trancher. Retenir le premier était un beau lot de consolation et l’occasion de pacifier le parti. La seconde option permettait de maintenir une femme au perchoir. Les élus choisissent le troisième candidat, 44 ans, ingénieur des eaux et forêts, mais pas un gros calibre du parti. Pour Bernard Wesphael c’est la gifle de trop. Le candidat malheureux quitte la réunion et indique qu’il va s’accorder une pause de 15 jours. Un délai de réflexion au terme duquel il décidera ou non de rester à Ecolo. Dans un communiqué Bernard Wesphael  constate : « ce que je représente comme sensibilité au sein d’Ecolo ne pourra jamais prétendre à l’exercice d’un poste d’influence ».

Pour l’instant Wesphael ne quitte pas encore le parti, mais on le sait proche d’un Josy Dubié qui a bien claqué la porte du parti vert. Il n’est donc pas exclu que le candidat qui voulait tirer Ecolo vers la gauche poursuive son engagement politique. Ailleurs.

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Ci dessous, le texte du communiqué de Bernard Wesphael, diffusé par l’agence Belga :

Un temps pour autre chose ? Je tiens d’abord saluer l’excellence d’une campagn

e interne respectueuse et démocratique. Mais je tiens surtout à rendre un hommage tout particulier à Marie Corman, une femme d’exception. Marie était une candidate citoyenne issue de la base d’Ecolo. Malgré les insinuations répétées sur la légitimité de sa candidature par certains cadors du parti par voie de presse et à l’interne elle a su montrer une force tranquille et une dignité à toutes épreuves qui invitent au plus grand respect. Je dois cependant constater qu’une majorité ne s’est pas dégagée en faveur des valeurs de progrès que nous défendions, telles que le retour de la puissance publique face à des marchés aujourd’hui incontrôlés, la redistribution des richesses, la création d’une banque publique visant à récolter l’épargne des francophones et mettre cette dernière au service de projets durables, la défense d’un protectionnisme raisonné aux frontières de l’Europe, l’écologie sociale, la neutralité active de l’Etat visant à combattre la montée des communautarismes, la sauvegarde de la démocratie parlementaire et de la citoyenneté. C’est là le choix de la majorité du peuple Ecolo et je le respecte profondément. Quant à la présidence du Parlement wallon, après en avoir été déjà écarté en 2009 et avoir assisté, cette même année, à la désignation de deux ministres n’ayant pas été élus comme parlementaires wallons, alors que j’avais, au cours de la législature écoulée, contribué à faire passer Ecolo de 8 à 20%, force m’est de constater que ce que je représente comme sensibilité au sein d’Ecolo ne pourra jamais prétendre à l’exercice d’un poste d’influence. Je n’en conçois aucune amertume car j’avais anticipé ce cas de figure.Mais pour être juste je dois aussi admettre que je paie la aussi ma liberté de pensée La question de la poursuite de mon engagement au sein d’Ecolo est donc posée. Il m’est, je ne le cache pas, de plus en plus difficile de vivre encore dans un parti qui considère la diversité comme une faiblesse. J’ai donc décidé de prendre du recul durant une quinzaine de jours afin de décider de la poursuite ou non de mon engagement dans ce parti. D’ici là, j’observerai une période de silence et de méditation. Et je mettrai à profit ce temps de réflexion pour retrouver mes enfants.

Wesphael, Corman, Hellings, Gerkens, Hoyos, Deleuze : aucun écolo n’exclut de quitter les régions

Par Fabrice Grosfilley dans Autre, ecolo , le 2 mars 2012 17h16 | Commentaires fermés

Les 6 candidats à la présidence d’Ecolo qui briguent la succession de Jean-Michel Javaux et Sarah Turine ont participé ce midi à un débat sur le site RTLinfo.be.
On retiendra que les 3 équipes de candidats envisagent tous de pouvoir quitter les majorités régionales si le niveau fédéral impose des économies qui seraient jugés insoutenables. Pas questions de faire des économies dans le département de l’enseignement ont indiqué Emilie Hoyos et Muriel Gerkens, alors que nous sommes à la veille d’un important contrôle budgétaire.
Bernard Wesphael et Marie Corman ont eux plaidé pour une révision du programme écologiste en matière de laicité et de port des signes religieux.
Ce débat est le seul débat public auxquels parcipaient les 6 candidats, toutes les autres confrontations ayant été réservées aux seuls militants écologistes. L’élection aura lieu dimanche à Louvain-la-Neuve.

VIDEO: revoir en intégralité le débat pour la présidence Ecolo

Par Fabrice Grosfilley dans ecolo , le 2 mars 2012 10h12 | Commentaires fermés

L’INTRODUCTION AVANT LE DEBAT:

L’élection aura lieu dimanche à Louvain-la-Neuve.  L’assemblée générale d’écolo, qui réunit l’ensemble des membres du parti, aura le dernier mot.  Les travaux débuteront à 9H30, si le timing est respecté on connaitra le nom des nouveaux présidents en fin d’après-midi.

Le système de co-présidence  impose à Ecolo d’avoir un tandem qui est composé d’un homme et d’une femme, dont l’un doit être bruxellois et l’autre wallon. Il faut se présenter en équipe, nous avons donc trois duo en lice : Benoit Hellings, ancien sénateur avec la députée Muriel Gerkens, Olivier Deleuze chef de groupe à a chambre avec Emily Hoyos, présidente du parlement wallon, et Bernard Wesphael, chef de groupe au parlement wallon avec Marie Corman, simple militante et qui travaille dans les institutions européennes.

Il n’existe pas de sondage, il est difficile de prédire qui va gagner. On peut dire que le tandem Hoyos-Deleuze est celui qui semble le plus proche de l’équipe sortante, qu’il a le soutien de l’équipe dirigeante actuelle, ceux qu’on appelle les « permanents » du parti et d’un grand nombre de parlementaires. Cela en fait les favoris. Mais il faut toujours se rappeler qu’à Ecolo être le candidat de l’appareil n’est pas toujours un atout, bien  au contraire.  Vous aurez bien noté que Jean Michel Javaux et Sarah Turine n’ont pas réellement dévoilé leur préférence sur la place publique.

Le duo Benoit Hellings-Muriel Gerkens pourrait donc créer la surprise. Un jeune bruxellois, une liégeoise expérimentée, c’est aussi un couple qui peut séduire les militants écologistes, et qui pourrait être considéré comme une candidature qui incarne un changement plus marqué par rapport à l’équipe sortante. Le duo Bernard Wesphael -Marie Corman semble plus en opposition, pour ne pas dire en rupture. Bernard Wesphael s’est régulièrement présenté à la présidence d’écolo, mais il a toujours été battu.

Au niveau des positionnements idéologiques, les différences sont ténues  même si on peut se risquer à écrire que le tandem Deleuze-Hoyos  incarne une position clairement  à gauche, que le tandem Gerkens-Hellings semble plus environnementaliste tandis que l’équipe Croamn-Wesphael tente d’imposer de nouveaux thèmes dans le débat chez les verts, comme la laïcité ou la sécurité.

A 11h30 ce matin l’ensemble de ces équipes participeront à un débat sur le site RTLinfo.be à 11h30 ce vendredi. Ce sera le seul débat public d’une campagne qui est restée sobre et de bon niveau. Les candidats ont débattu devant les militants (des réunions dans chaque régionale) et on a évité la lutte fratricide. Pour être élu dimanche il faut obtenir 50% des suffrages. Dans le cas contraire un second tour est nécessaire, sauf désistement.

Mine de rien, et quel que soit le résultat,  c’est quand même une petite révolution. Jean Michel Javaux incarne Ecolo depuis 8 ans maintenant. Il a eu successivement comme partenaire Evelyne Huytebroeck, Isabelle Durant et Sarah Turine.  Le rempalcer c’est non seulement diriger le parti vert, mais aussi l’incarner dans les médias, dialoguer avec les autres formations politiques et assumer les campagnes électorales à  venir. La nouvelle équipe aura 6 mois pour préparer les élections communales, c’est très peu. Il faut noter qu’après Charles Michel au MR, Benoit Lutgen au CDH, Thierry Giet qui remplace Elio Di Rupo au PS, tous les présidents de partis francophones auront changé de visage en l’espace d’un an.

Georges Gilkinet sur un siège éjectable

Par Fabrice Grosfilley dans chambre, ecolo , le 9 février 2012 10h42 | Commentaires fermés

imageglobe-20381110C’était la une du journal le Soir hier. Un soupçon de délit d’initié dans l’affaire Dexia. Autrement dit, un actionnaire qui apprenant une information avant tout le monde en profite pour vendre ou pour acheter au bon moment (en l’occurrence  il s’agit de la vente d’un paquet important d’actions quelques heures avant que la note de Dexia  ne soit dégradée par une agence de notation et que le cours ne se mette à plonger). Cette information a été donnée à huis clos lundi  après-midi  aux députés membres de la commission Dexia. Le fait qu’elle se retrouve dans la presse 48 heures plus tard provoque donc un tollé parmi les commissaires.  Le bureau de la commission s’est donc réuni en urgence hier. Il  désigne du doigt deux députés : Georges Gilkinet, écolo, soupçonné d’être à l’origine de la fuite dans le journal le Soir et Meyrem Almaci, de groen, soupçonnée d’avoir transmis la même information au journal de Tijd.

Les deux députés nient  l’accusation d’être à l’origine de la fuite. Georges Gilkinet affirme qu’il n’a fait que commenter une information que les journalistes avaient obtenue par ailleurs. Pour les membres de la majorité, socialistes, libéraux, sociaux-chrétiens,  il n’y a  pourtant pas de doute possible. Georges Gilkinet était le seul député à avoir été interrogé, il y a donc « rupture de confiance. » Hier matin,  le courroux était perceptible. Lors d’un bureau de la commission, la présidente Marie-Christine Marghem a même fait savoir qu’il était désormais exclu de continuer à « travailler dans des conditions pareilles ».

Dans une affaire de délit d’initié c’est la FSMA qui enquête.  La FSMA est l’autorité des services et marchés financiers, le gendarme de la bourse. En bon gendarme la FSMA ne dit jamais si elle instruit un dossier ou pas. Quand on leur pose la question ses représentants bottent en touche. C’est d’ailleurs ce qu’avait fait son président Jean Paul Servais lorsqu’il était venu devant les commissaires.

Annoncer qu’il y a une enquête c’est prendre le risque que les personnes soupçonnées de délit d’initié ne détruisent les preuves.  Pour les députés de la majorité les écologistes ont donc pris la responsabilité de torpiller une enquête éventuelle. Certains membres de la majorité estimant par ailleurs que les preuves d’un délit d’initié n’étaient pas réunies, loin de là, et qu’on allait un peu vite en besogne. La critique d’un comportement électoraliste de députés souçieux de tirer la couverture médiatique vers eux est sous-jacente.

Ce matin les deux députés écologistes sont sous pression. La commission  a prévu une nouvelle réunion en fin de journée. A l’ordre du jour ni plus ni moins que l’expulsion des deux députés.  Si c’était le cas, ce serait un fait rarissime. Suspendre un parlementaire de ses activités c’est un petit peu l’arme atomique.  Ce serait une « réaction démesurée » juge Georges Gilkinet. Les deux députés en question sont d’ailleurs parmi les plus actifs au sein de la commission Dexia.

L’arme est d’ailleurs à double tranchant, exclure les écologistes, qui font partie de l’opposition au parlement fédéral ce serait leur permettre de se poser en victime.  Ne pas les sanctionner ce serait banaliser la rupture du huis-clos. Hier des possibilités intermédiaires étaient envisagées. Georges Gilkinet pourrait être suspendu de sa fonction de rapporteur de la commission par exemple. Avec deux questions sous-jacentes : accuser sans preuve formelle reste délicat, et si rompre un huis-clos est une faute grave, commettre un délit d’initié est pire encore.

Peut-on dire du mal de Marie Corman ?

Par Fabrice Grosfilley dans ecolo , le 10 janvier 2012 09h55 | 21 commentaires

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Vous avez entendu les commentaires extrêmement prudents de Jean Michel Javaux hier matin.   Hors antenne le coprésident d’Ecolo reconnaissait qu’il n’avait jamais entendu parler de Marie Corman.

Vous avez vu la présentation des candidats hier  à Namur, les photos ou  le reportage de Frédéric Delfosse sur RTL TVI. Elle n’était pas là Marie Corman. Sur la photo de famille on a donc fait poser Jean Michel Javaux pour avoir 6 personnes et pas 5, mais notre Marie brillait par son absence. Normal, elle n’est pas membre du bureau politique d’Ecolo elle n’avait rien à faire là et elle était donc à Bruxelles à la commission européenne.

Marie Corman est donc fonctionnaire européen, à la direction générale  « entreprises et industrie » où  elle suit les dossiers de partenariats industriels avec les pays du Maghreb. Elle a 57 ans, habite Saint-Josse et est mère de deux enfants.  Quoi d’autre ? Hier les élus bruxellois d’Ecolo a qui je posais la question reconnaissaient pour la plupart d’entre eux ne pas la connaître. Alors on scrute le CV de Marie Corman, il fait partie du dossier de candidature, il est donc en ligne sur le site d’Ecolo.  Un CV de deux pages ou on apprend qu’elle maitrise word, power point et excel, qu’elle  a  intégré la commission  par concours  et a,  comme beaucoup de fonctionnaires européens,  plus d’une langue à son arc, (elle parle parfaitement anglais,  pas mal l’allemand et ‘ se débrouille en néerlandais et en italien). Normal elle a fait des études d’interpréteriat avant de travailler au Forem.  A part ça rien. Pas la trace du moindre mandat politique. On l’écrit sur ce blog avec un titre un peu méchant, je l’avoue « Marie Corman est miss Wesphael 2012 ». Un internaute  poste un commentaire élogieux « enfin une candidate qui travaille comme tout le monde et n’est pas issue du sérail ». Sur Twitter on me traite de sexiste. Alors je précise : je n’ai rien contre Marie Corman, je ne la connais pas. Elle peut bien devenir co-présidente d’Ecolo, ça regarde les militants de ce parti et que vive la démocratie. Mais en tant que commentateur (c’est parce que je fais des commentaires que vous lisez ce blog, non ?) je ne peux pas m’empêcher de souligner que son parcours politique est léger. Que ceux qui défendent sa candidature laissent transparaitre l’idée que finalement avoir de l’expérience est plus un handicap qu’un atout quand on veut gérer un parti comme Ecolo (c’est de ça dont il s’agit, non ?). Alors oui, je dis du mal d’une inconnue que je ne me suis pas donné la peine ou le temps de rencontrer et ce n’est pas politiquement correct. Mais je ne vise pas la personne, mais ses qualités politiques, ce qui n’est pas la même chose. Et je suis prêt à changer d’avis si au cours de la campagne qui s’ouvre elle démontre des qualités que je ne connais pas aujourd’hui.

Bernard Wesphael  hier  l’avançait presque ouvertement : c’est une candidature de la base, une candidature du changement, de la rupture. Pour l’expérience c’est donc zéro, mais  ce qui compte c’est  la qualité du programme. Le tandem Wesphael-corman veut mettre la barre à gauche.  Revaloriser la démocratie et sortie de la coupe du monde financier.  Insister sur la laïcité de l’état aussi.  Et Bernard Wesphael d’avancer même l’idée qu’on pourrait ouvrir la présidentielle d’écolo aux sympathisants d’écolo un peu comme la primaire socialiste en France.

Si Marie Corman est la surprise 2012 ; il faut rappeler qu’ 2003 Bernard Wespahel s’était déjà présenté contre Jean-Michel Javaux, à l’époque il fallait se présenter à trois, il avait fait équipe avec Paul Lannoye et avait été rejoint in extremis par Anne-Mary Franken, une psychologue, dont je me risque à écrire  sans vouloir là non plus lui causer préjudice qu’elle  a disparu de la scène politique depuis.

Vous savez quoi, ça marche. En créant la surprise c’est finalement Marie Corman qui est la vedette de cette présidentielle écolo.  Au moins dans un premier temps.

Marie Corman est miss Wesphael 2012

Par Fabrice Grosfilley dans ecolo , le 9 janvier 2012 12h59 | 2 commentaires

arton3843-b11e6Il n’y avait plus qu’un seul supens : connaitre l’identité de la colistière qui accompagnerait le chef de groupe au parlement wallon Bernard Wesphael dans la campagne présidentielle d’Ecolo. Ce matin encore Jean-Michel Javaux, actuel co-président, invité sur Bel RTL,  ne voulait pas révéler son identité. C’est donc chose faite : Bernard Wesphael aura comme colistière Marie Corman. Cette bruxelloise a donc étudié l’interprétariat et travaille à la commission européenne ( direction génrale entreprises et industrie où elle suit les projets de coopération industrielle avec les pays méditerrannéens).  Elle n’avait pas de mandat politique jusqu’ici et la plupart des écolos bruxellois ne la connaissent pas. Le CV annexé au dossier de candidature nous précsie qu’elle maitrise Excel, Word  ou Power Point, qu’elle parle parfaitement anlgais, un très bon allemand mais un néerlandais  et un italien élémentaires et , plus utile,  qu’elle a écrit un mémoire sur l’énergie solaire. Bref, sans être méchant, ce n’est pas vraiment une pointure du parti, mais chez les écolos les voix de l’assemblée générale sont impénétrables.

Sans surprise Olivier Deleuze fera équipe avec Emily Hoyos et Muriel Gerkens se présente aux cotés de Benoit Hellings.  Je vous le fais schématique : Deleuze-Hoyos incarnent la continuité (les plus connus et les plus expérimentés), Gerkens-Hellings sont l’alternative (plus proches de la base) et Wesphael-Corman les poils à gratter (les plus à gauche). Tous les détails sur le site d’Ecolo,   ici. La photo ci-contre provient du site du parti.

Les deux visages de Jean-Michel Javaux : mister sympathie et docteur stratégie

Par Fabrice Grosfilley dans ecolo , le 20 décembre 2011 10h50 | 2 commentaires

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Jean Michel Javaux avait choisi de rester discret, mais tous ceux qui le connaissent un peu avaient bien compris qu’il ne se représenterait pas.  Elu depuis 2003, il abandonnera donc la présidence de son parti en mars prochain. Hier midi il a donc procédé à  l’officialisation d’une décision prise à la fin de l’été. Un choix qu’il explique par la volonté de ne pas s’enfermer dans une fonction à vie (le pouvoir use, « il faut savoir se renouveler« ), mais aussi un choix personnel. Sa compagne, celle qu’il appelle en public « son amoureuse », change de poste,  et il estime que c’est à son tour de consacrer davantage de temps à la vie de famille. Ça, c’est pour la partie communication.

Si on gratte un peu et qu’on va plus loin que les belles paroles, on ajoutera  que Jean-Michel Javaux affichait depuis quelques temps une certaine lassitude,  qu’il a connu l’ivresse des négociations institutionnelles, où son apport fut réel,  et que se retrouver simple président d’un parti d’opposition était moins excitant,  qu’il estime qu’Ecolo a besoin de sang frais,  et que la nouvelle donne sociale et  politique va amener  le parti écologiste à se profiler comme un parti de gauche, et qu’il n’est pas le plus à l’aise pour incarner ce discours-là.

Toute l’habilité de Jean-Michel Javaux est là. Un positionnement politique pensé, réfléchi,  mais aussi en parallèle la nécessité de préserver sa vie familiale,  le tout habillé dans une communication très sympathique : cela le rend profondément humain et explique sans doute pourquoi il jouit d’une forte cote de popularité.  En 2003, lorsqu’il prenait la présidence d’Ecolo, il était un petit jeune sympa, un gendre idéal.  Neuf ans plus tard, il est un homme politique redoutable qui a un réseau d’influence réel et qui va bien au-delà d’Ecolo. Il est aussi devenu un homme d’une exceptionnelle capacité d’analyse et d’anticipation, sans pour autant avoir perdu une miette de son capital sympathie. S’il arrive à combiner efficacité et décontraction, c’est sans doute parce que Jean-Michel Javaux  n’avance pas que par calcul mais aussi par coup de cœur, et qu’il réussit à combiner les deux.

 

Hier le co-président d’Ecolo a choisi par exemple de faire ses adieux dans un restaurant Italien à Saint Josse. Devant la presse il explique que c’est le nom de ce restaurant qui l’a inspiré. Le restaurant s’appelle La Mamma, il fait une allusion à sa propre mère, insiste sur le sens de la vie famille explique que c’est donc l’une des raisons pour lesquelles il quitte la présidence d’Ecolo. Ceux qui ont un peu de mémoire savent aussi que l’ancien secrétariat fédéral d’Ecolo se trouvait deux rues derrière, avant de déménager dans des locaux plus spacieux place Flagey. Que le restaurant en question était à l’époque la cantine préférée de Jean-Michel et de son service de presse, et qu’on y mangeait toujours très bien. Et que faire un clin d’œil à la culture culinaire italienne n’est pas jamais électoralement  perdu.  Quand Jean Michel Javaux vous parle avec sa raison son cœur n’est jamais loin, et inversement.

Hier après-midi, le co-président reconnaissait  en petit comité qu’il avait déjà un petit coup de blues. Qu’il s’était préparé à ce moment-là. Que la perspective du téléphone qui sonne moins souvent,  était quelque chose qui l’inquiétait. Jean-Michel Javaux veut donner du temps aux Amaytois et s’investir encore plus dans  la commune dont il est bourgmestre et dans laquelle il se représentera en octobre prochain. Ensuite il devra compléter avec un nouveau boulot, histoire de faire bouillir la marmite. Celui qui a envisagé un jour de travailler pour le Standard ne dit pas encore lequel, «  je veux avoir le temps d’y réfléchir » glisse-t-il.

L’homme a des arguments à faire valoir dans la catégorie leadership et management. En 2003 son parti était sous la barre des 10% et n’avait plus que 4 députés.  Les sondages qui suivent son installation sont catastrophiques. En 2009 aux régionales, les écologistes obtiennent 18%, soit deux fois plus de suffrages. En 2010, dans un contexte institutionnel moins favorable, le parti redescendait à 12% et  8 députés. C’est aussi  à mettre à l’actif de Jean Michel Javaux : avoir la lucidité de partir et vouloir transmettre le flambeau alors que les écologistes ne sont plus au firmament mais encore dans de bonnes conditions.

Jean-Michel Javaux n’envisage d’intervenir dans la campagne interne qui s’ouvre désormais pour sa succession que dans un cas de figure précis : s’il a le sentiment qu’ ‘un scénario de crise s’installe et que son intervention permet de l’éviter. Si aucun candidat ne s’est officiellement déclaré jusqu’à présent,  les noms d’Olivier Deleuze, chef de groupe à la chambre et Benoit Hellings, ancien sénateur et membre d’Ecolo J sont souvent cités. Ils pourraient former un duo avec Muriel Gerkens ou Emily hoyos. Les noms de Philippe Lamberts et Bernard Wesphael circulent également et on ne peut pas exclure que Jean-Marc Nollet, théoriquement absorbé par la région wallonne ne se lance un jour dans la course. Le co-président avait un souhait hier : que ses amis se parlent et évitent une campagne fratricide.