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disparition

Quelques images d’Antoine Duquesne

Par Fabrice Grosfilley dans disparition , le 5 novembre 2010 11h09 | 5 commentaires

POLITICS - PARTY - MR - MICHELLa dernière image connue d’Antoine Duquesne c’est celle d’un homme diminué, barbu, hospitalisé à la suite d’un accident cérébral, ce n’est évidemment pas celle que j’ai envie de retenir. Dans sa carrière politique Antoine Duquesne a occupé plusieurs rôles, ministre de l’éducation, président du PRL, ministre de l’intérieur puis président du MR. Une carrière qui épouse celle de Louis Michel, dont il est l’un des lieutenants, une carrière qui croise aussi régulièrement celle de Daniel Ducarme, décédé à la fin du mois d’aout.

Personnellement c’est dans la période où il était ministre de l’intérieur que j’ai le plus souvent interviewé Antoine Duquesne. Un homme qu’on disait réservé, un peu distant, pas une bête des médias. Pourtant  le profil d’Antoine Duquesne colle parfaitement avec cette fonction. Sérieux, rigoureux, pas un farfelu, qui incarne le droit (c’est un juriste), qui s’exprime peu  mais clairement.  Parfait pour un ministre de l’intérieur. Hors caméra Antoine  Duquesne est chaleureux, il prend le temps d’expliquer souhaite être pédagogue.  Il sait parfaitement qu’un ministre de l’intérieur doit aussi communiquer et il s’applique.  Contrairement à ce que son image publique pourrait laisser croire Tony, comme l’appelle ses amis, à l’époque a de l’humour,  et un certain sens du second degré. Sur le plan politique Antoine Duquesne est  la politesse incarnée, il ne déteste pas la polémique  il a régulièrement des échanges musclés avec Philippe Moureaux ou Anne Maire Lizin qui est à l’époque présidente du sénat et qui le bouscule régulièrement, mais cela se fait toujours dans la dignité. Bousculé il a de quoi l’être : ministre de l’intérieur à l’époque c’est un sacré défi. Il y a le dossier asile et immigration à assurer (l’opération régularisation est l’un des premiers grands dossiers du gouvernement Verhofstadt), il faut aussi fusionner police et gendarmerie, et surtout redonner confiance à une population traumatisée par l’affaire Dutroux. S’il n’y avait qu’une chose à retenir ce serait d’ailleurs celle-là, le défi a été relevé. Avant Antoine Duquesne le poste de ministre de l’intérieur était un sale boulot, un poste à haut risque. Après Antoine Duquesne cela ca redevenir un portefeuille convoité.

Dans les images qui me reviennent spontanément en mémoire lorsque je pense aux reportages de l’époque je voudrais en partager  quelques unes qui vous rappellerons peut être des souvenirs. D’abord celle d’un Antoine Duquesne tirant au sort les numéros des listes électorales. C’est en 2000 il est ministre depuis quelques mois. Il est assailli par les télévisions néerlandophones qui lui posent des questions en flamand. Malaise, la mâchoire est crispée, les reporters ricanent :  la langue néerlandaise en faisait une proie facile pour la presse du nord, cela le plaçait en position de faiblesse, il le savait. Seconde image un an plus tard, et quel contraste ! Le ministre est à cheval sur une moto aux couleurs de la toute nouvelle police fédérale. Grand sourire,  cette réforme est présentée comme la sienne, l’image entre dans les livres d’histoire. Troisième  image, 2004, le jour où il quitte la présidence du mouvement. La mine grave. Duquesne est surement loin d’être le seul responsable de la défaite des bleus mais le bon soldat va payer pour les autres. Et puis au milieu de tous ces reportages, une tournée d’inspection à la gare du midi.  Le ministre hausse le ton, il emploie l’expression tolérance zéro. Visitant le commissariat de la gare il grimace, dénonce la vétusté des locaux et devant la caméra en rajoute un brin pour bien montrer son mécontentement. A ces cotés il y a le bourgmestre d’Anderlecht  Jacques Simonet. Simonet, Ducarme, Duquesne. Ce jeudi matin c’est tout un pan de notre histoire politique qui disparaît.

Le réconfort d’Ernest Glinne

Par Fabrice Grosfilley dans disparition, ecolo, ps, rwf, wallonie , le 11 août 2009 12h55 | Commentaires fermés
IAAAa0023PJe ne connaissais pas Ernest Glinne. Il appartenait à une génération d’hommes politiques que je n’ai pas côtoyés.  Je vous renvoie donc vers d’autres pour obtenir des témoignages plus humains et légitimes que le mien sur sa personnalité (sur Facebook Jacky Morael écrit par exemple ceci : Nous nous sommes beaucoup vus dans les années nonante, le plus souvent avec son ami Jean Guy, lui aussi disparu récemment.Je garde de ces rencontres le souvenir de discussions passionnantes et bien souvent enflammées. « )

 Avec Glinne et Jean Guy, c’est un page de l’histoire de la gauche wallonne qui se tourne. Hier soir ce sont les écolos qui ont publiés les premiers un communiqué où ils saluaient  « la mémoire d’un progressiste convaincu, qui s’est toujours engagé auprès des plus fragiles, n’hésitant pas à renoncer à de hautes responsabilités politiques pour poursuivre son combat politique sur le terrain ». Une heure plus tard le PS rappelait dans un autre communiqué qu’Ernest Glinne avait longtemps présidé le groupe PS du parlement européen et que ce progressiste « consacra toute sa carrière au service des citoyens, en particulier les plus démunis. » En fin de soirée, enfin le Rassemblement Wallonie France  notait : « Ernest Glinne a toujours réussi à se tenir à l’écart de toute compromission avec les dérives et les corruptions du régime des partis » et qu’il « mérite de figurer au panthéon des grands wallons ».

Trois communiqués en quelques heures et tous aussi légitimes les uns que les autres. C’est qu’en quelques années Glinne était passé du rouge au vert, puis du vert au bleu blanc rouge. Militant wallon, il quite le MPW pour le PS. Député dès 1961, bourgmestre de Courcelles  puis ministre de l’emploi dans le gouvernement Leburton, il rejoint ecolo en 2000 pour siéger comme simple conseiller communal. En juin dernier il était candidat à la première suppléance de la liste européenne du RWF. Le soir de ce matin rapporte une jolie formule : « il vaut mieux rester soi-même en changeant d’étiquette que se changer en gardant la même étiquette » : Glinne ne peut pas être accusé de trahison ou de compromission avec ses idéaux. Voici donc un homme de gauche, qui a quitté son navire amiral (le PS) pour des questions de valeurs et qui changeait de boutique pour des questions d’idées et pas pour sa carrière… C’est réconfortant, non ?