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Elio, les démiurges et les défaitistes

Par Fabrice Grosfilley dans communication, decryptage, fédéral , le 7 juin 2012 09h44 | 2 commentaires

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Avez-vous remarqué la tactique médiatique du Premier ministre? Globalement silencieux, il accorde beaucoup moins d’interviews qu’Yves Leterme, mais à intervalles réguliers, livre une série de grands entretiens. Un tir groupé qui lui permet de faire passer l’une ou l’autre idée, de corriger une image, ou d’influer sur le climat politique ambiant. Il y a un mois le Premier ministre avait choisi 5 grands quotidiens européens, Le Monde, la Repubblica, El País, … et s’y exprimait principalement sur la croissance dans la zone Euro et le soutien à apporter aux Grecs. Ce mercredi, 4 quotidiens belges ont été retenus : Le Soir, La Dernière Heure, Het Laatste Nieuws et Het Belang van Limburg, deux francophones, deux flamands, avant de faire la tournée des plateaux TV le soir.

Le Premier essaye au travers de ses déclarations de nous sortir de l’ambiance de morosité économique dans laquelle nous nous trouvons depuis plusieurs mois. « Nous résistons mieux à la crise qu’ailleurs, les perspectives de croissance sont supérieures, on sent que quelque chose bouge. Quand ça va il faut le signaler, nous avons mené un travail titanesque ». Je ne sais pas s’il y a des Di Rupologues parmi les lecteurs de ce blog, mais si c’est le cas vous aurez noté que le terme « titanesque » revient souvent dans la bouche du Premier ministre. Un mot martelé pour faire passer l’idée de l’importance du travail accompli. Comme titanesque commence à être un peu fade, le Premier ministre nous offre un nouvel adjectif : « démiurgique ». Un démiurge crée l’univers, par extension le terme peut désigner l’auteur d’une œuvre phénoménale. C’est bien de cela qu’il s’agit : « Aucun gouvernement n’a réalisé autant de choses dans autant de domaines compliqués en si peu de temps ».

Aux démiurgiques, Elio Di Rupo oppose les défaitistes : ceux qui dans la presse ou ailleurs trouvent que ça ne va pas, et qui, d’après le Premier ministre, parleraient du pays en termes démoralisants.

Un coup de griffe pour les opposants et pour les journalistes, dont on rappellera au Premier que c’est un peu leur rôle d’être critiques, mais surtout une critique implicite des syndicats. Au sujet des allocations de chômage Elio Di Rupo défend la réforme qui va aller vers plus de dégressivité : « Je ne conteste pas que c’est difficile mais on ne peut pas dire qu’on a touché à quelque catégorie sociale », sous-entendu tout le monde se serre la ceinture et l’effort est normalement réparti. Puis un rappel : « Pour tenir ce pays dans la solidarité il faut bien tenir compte de la majorité au parlement et dans la population », sous-entendu les partis flamands veulent aller plus loin, il faut les entendre, avant de conclure : « Si on travaille à un plan de relance, vous croyez que c’est par distraction? Il faut créer une dynamique! Qui va créer de l’emploi? Ce n’est quand même pas les autorités publiques, on n’est plus dans les années septante. »

Elio Di Rupo dans son rôle de Premier ministre tient donc un discours social-démocrate. Il faudrait s’interroger sans doute davantage sur cette inflexion politique douce qui n’est pas due qu’à un changement de costume. Surtout il rappelle un peu trop souvent qu’on sort de 541 jours de crise. Le message est donc relativement clair et peu se décomposer ainsi :

 1. La politique du gouvernement papillon est le résultat d’un compromis, ceux qui ne veulent pas du compromis prennent le risque de faire exploser le pays, et qu’au final ce soit bien pire.

2. Au lieu de râler vous feriez mieux de vous retrousser les manches.

Tout l’art de la communication, c’est que ce message en deux temps se résume en deux mots, les deux mots forts de l’interview. Ceux qui réalisent le compromis sont démiurgiques. Ceux qui n’en veulent pas sont défaitistes.

La mise en scène des congrès politiques : humaniser et penser aux TV

Par Fabrice Grosfilley dans communication, decryptage , le 3 mai 2012 13h29 | Commentaires fermés

Discours intégral de Charles Michel, président… par MRTV-be. Si vous avez suivi les reportages TV du 1er mai, il ya sans doute quelque chose qui vous a frappé. Ce sont les images inhabituelles du président du MR Charles Michel qui paraissait au milieu de la foule. Traditionnellement les discours se font à une tribune, derrière un pupitre. Le plus souvent l’orateur est nettement surélevé et il fait face à la salle. Derrière lui les conseillers en communication profitent de l’arrière-plan pour faire passer un message dans les couleurs dominantes du parti (un logo, un slogan). Le pupitre lui-même est utilisé de la même manière, et on ajoute de temps à autre un bouquet de fleurs. Ce 1er mai, Charles Michel était bien sur une tribune mais on retrouvait derrière lui une série de têtes plus ou moins connues. Les mandataires du parti ainsi que 6 militants (ceux dont on parle dans la pub du parti) avaient pris place derrière lui. Cela s’est déjà fait, mais c’est relativement rare. Surtout Charles Miche était à la même hauteur que son « public » ou presque. Ce n’est pas anodin. Ce dispositif permet « d’humaniser » l’orateur, de la placer au même niveau que la foule et induit un fort sentiment de proximité pour celui qui le regarde. En d’autres termes on abolit la distance entre l’orateur et le spectateur, mais avec un effet secondaire puisqu’on « désacralise » la parole politique. La mise en scène, que l’on doit au directeur de la communication et ancien journaliste Frédéric Cauderlier, est directement inspirée des dispositifs de la télévision. On a pensé aux cameramen et aux photographes en organisant ce meeting, alors qu’autrefois c’est le confort du militant assis dans la salle qui était privilégié.

En adoptant ce dispositif le MR revient clairement dans la course à l’image et à la modernité, ce qui est primordial pour un parti politique qui souhaite jouer les premiers rôles. Sur le fond il faut rapprocher ce nouveau dispositif de la campagne lancée dans la presse écrite à l’occasion du premier mai. L’utilisation de militants « lambda » désignés par leur prénom et une courte description (profession, âge, localité) est la déclinaison presse écrite de ce nouveau positionnement. Si vous vous rappelez de l’émission « face aux belges » présentée par Pascal Vrebos vous trouverez un certain nombre de points communs. Si vous suivez ce qui se fait en France ou aux Etats-Unis vous noterez qu’il y a moyen d’aller encore plus loin : être réellement au milieu de la salle, devant des spectateurs anonymes et non plus des mandataires, supprimer le pupitre, etc… Le mouvement réformateur, qui a pris les conseils de l’agence Shake, une agence de communication qui travaille entre autres avec Petercam ou BNP Paribas, est donc, si je décode bien, en train de travailler à l’humanisation de son programme. Un travail de proximité (« nous sommes avec vous, dans la vraie vie ») qui semble être la nouvelle signature du parti et qui devrait nous accompagner sans doute jusqu’aux communales.

Si on compare les dispositifs utilisés lors du 1er mai par le parti socialiste, ils étaient plus classiques. Rappelons un point important cependant : le MR concentre ses forces sur un seul meeting alors que les socialistes sont présents dans chaque province. Si l’on veut comparer il vaut mieux prendre le congrès de lancement de la campagne communale. Vous noterez la frise de personnage qui permet là aussi d’humaniser le discours. Le fait d’avoir une silhouette blanche permet sans doute une identification plus facile du spectateur qu’un visage précis.

Enfin jetons un oeil au meeting du CDH, deux jours plus tôt. Sur scène le dispositif paraît sans nouveauté, mais on notera l’utilisation de prompteurs, là aussi un emprunt à la télévision ou aux campagnes françaises. C’est dans la salle que le CDH a le plus innové la semaine dernière, avec abondance de ballons et de drapeaux oranges. On notera aussi que les personnalités n’avaient pas été regroupées au premier rang mais disséminées dans la salle. Les liégeois entre eux, les luxembourgeois dans un autre secteur, etc… un découpage géographique qui permettait de regrouper les troupes et de placer chaque chef de file en position.

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NB : toutes les vidéos et photos de cette page sont tirés du site des partis respectifs.

Le parfum du premier mai et le langage des fleurs 2012

Par Fabrice Grosfilley dans communication , le 2 mai 2012 09h39 | Commentaires fermés

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Petit cours de rattrapage. Peut-être qu’hier, vous aviez un barbecue, un repas de famille, une promenade dans les Ardennes ou une virée à la côte. Peut-être que vous avez même participé à l’un ou l’autre rassemblement du premier mai. Dans tous les cas, vous n’avez pas pu entendre tout ce qui se disait, et c’est bien dommage. La fête du Travail est aussi la fête des petites phrases. Depuis plus de 20 ans, l’affrontement classique permet aux libéraux et socialistes de ne pas s’envoyer que des fleurs. La tradition des luttes ouvrières d’un côté, la volonté de vouloir occuper le terrain de l’autre, et effet décuplant, avec l’affrontement Sarkozy-Hollande cette année c’était le bouquet.

Discours du côté rose, avec les épines : « Le premier mai ce n’est pas marcher une fois par an dans les rues de Jodoigne » (Thierry Giet, président du PS à Liège) ou « Ici ça a de la gueule, ce n’est pas ce premier mai de pacotille pour notables à Jodoigne » (Paul Magnette, à Charleroi).
Riposte couleur bleuet «J’entends cette gauche aussi déboussolée qu’arrogante qui va tenter de nous moquer, mais la fête du Travail n’appartient à personne » (Charles Michel à Jodoigne).

Le premier mai cette année, il y a aussi ceux qui causent, mais sans vouloir vraiment causer. Exemple: Elio Di Rupo, présent à Baudour, mais privé de discours. Même pas le droit de chanter l’internationale le poing levé, Premier ministre oblige, on a beau avoir le brin de muguet et la rose à la boutonnière, un Premier se doit de rester au-dessus de la mêlée. Quand on dit privé de discours, ce n’est pas tout à fait vrai: Elio Di Rupo a réservé ses propos aux micros qui passaient par là. Comme quoi, on peut refuser de monter à la tribune, mais parler à 100 fois plus de personnes par médias interposés. Ce n’est pas parce que c’est le premier mai qu’on n’a pas le droit d’être malin.

Un bon premier mai, ce sont aussi des invités ou des partenaires. On notera que cette année la FGTB et le PS se sont donné la main dans de nombreuses cités. C’était le cas à Bruxelles et à Liège par exemple. Tandis qu’à Jodoigne, les libéraux ont invité le secrétaire général de l’union des classes moyennes à prononcer un discours à la tribune. De là à penser que le PS et la FGTB ne sont pas si indépendants que ça l’un de l’autre, ou de là à penser que le mouvement réformateur, quand il parle de travail pense surtout à celui des indépendants, il n’y a qu’un pas qu’un chroniqueur, même critique, ne se permettra pas de franchir.

Le premier mai, on se décerne aussi des bons points. Palme 2012 pour Johan Vande Lanotte qui vient d’obtenir/imposer le blocage des prix de l’énergie et qui s’exclame à Ostende : « Les dividendes des actionnaires augmentent de plus de 7 pc et les tarifs devraient grimper ? No way ! ».

Enfin, pas de premier mai sans revendication.

Anne Demelenne (FGTB) veut augmenter les bas salaires de 10 %. Laurette Onkelinx (PS) lance 10 pistes pour relancer l’économie.

Parmi toutes ces demandes, avec un peu de mauvaise foi, j’en ai retenu 2 :
Pour Bruno Tobback, président des socialistes flamands, il faut plafonner le salaire des top managers.
Pour Charles Michel, président des réformateurs francophones, il faut introduire une taxe européenne sur la spéculation financière.
Un socialiste qui veut plafonner les salaires et un libéral qui veut augmenter les taxes, c’était notre premier mai version 2012. Quand le bouquet est beau, il faut se méfier du parfum des fleurs,  il peut être ennivrant sur le moment, mais ne pas durer très longtemps.

Sécurité routière, réforme de l’Etat, quotas de femmes, faux indépendants : embouteillage dans la majorité

Par Fabrice Grosfilley dans communication, fédéral , le 30 mars 2012 10h39 | 2 commentaires

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Et là tout d’un coup, on se retrouve avec une équipe qui met les bouchées doubles. On a beaucoup parlé du contrôle budgétaire. On a beaucoup parlé aussi de la mise en œuvre des réformes institutionnelles, le COMORI (comité de mise en œuvre des réformes institutionnelles) vient de peaufiner les textes de la première étape d’une grande réforme de l’Etat. Il faut y ajouter la gestion de l’imprévu, un accident d’autocar, la démission d’un général. Il faut y ajouter aussi la communication des ministres. Hier, Melchior Wathelet  présentait un plan stratégique pour la sécurité routière. Ce type d’opération qui permet à un ministre de donner une vision à long terme, au-delà des petites décisions quotidiennes. Bref, tant d’actualité hier qu’on est presque passé à côté du conseil des ministres,  avancé au jeudi r matin, et de la séance des votes à la chambre, hier après-midi.

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Lutte contre les faux indépendants

Pourtant hier matin au conseil des ministres il y a avait 22 points à faire passer dont certains mériteraient amplement que la presse s’y arrête. Le gouvernement a ainsi validé le plan d’Hendrik Bogaert qui  imposera des quotas de femmes pour les hauts fonctionnaires. Il devra y avoir un tiers de femmes dans chaque service dès l’année prochaine. A l’initiative de Sabine Laruelle et John Crombez, le gouvernement a aussi adopté un plan de lutte contre les faux indépendants. On va faciliter la lutte contre les faux indépendants, qui devraient souvent être de vrais salariés dans le secteur de la construction ou du nettoyage par exemple. On a également lancé hier une cellule Optifed, une petite cellule temporaire qui va essayer d’améliorer l’efficacité et de faire baisser les coûts dans toutes les administrations. Je vous passe quelques nominations et une série de marchés publics.

Dans la même journée, au parlement, la chambre votait le rapport de la commission Dexia, avec ses 53 recommandations, 80 voix pour, 51 contre. On est aussi passé au vote sur la création d’une carte bleue,  l’équivalent de la « green card » américaine qui permettra aux immigrés hautement qualifiés de venir chercher un travail en Europe, c’est la transposition belge d’une directive européenne.

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La communication n’est pas gérée

Les parlementaires ont également décidé d’accélérer le paiement des amendes en cas d’infraction au code de la route. En cas de contestation ou de refus de payer, la procédure était longue et compliquée. Les procureurs pourront désormais signifier des ordres de paiement et les faire exécuter. Bref, cette majorité gouvernementale décide, légifère, réforme. Le paradoxe c’est que quand tout tombe le même jour, on ne s’en rend même plus compte. On a connu des gouvernements qui coordonnaient les communications. Chaque ministre avait un jour précis pour annoncer sa mesure. Ca permettait d’occuper les journalistes toute la semaine, d’assurer une bonne visibilité à chacun et de laisser le moins de place possible à l’opposition. C’était machiavélique. Ici c’est un peu l’inverse. Gouverner c’est indispensable. Gérer la communication apparaît comme un luxe que la majorité n’est pas encore en mesure de s’offrir.

Le gouvernement profite-t-il de l’émotion provoquée par l’accident de Sierre ?

Par Fabrice Grosfilley dans communication, decryptage , le 19 mars 2012 10h48 | 3 commentaires

Vous avez surement vu ces images dimanche, Elio Di Rupo et Joëlle Milquet déposant des bouquets de fleurs à Louvain, dans la chapelle ardente dressée en hommage aux 9 victimes d’Heverlee dans l’accident de Sierre, 7 enfants et 2 adultes.

Depuis presqu’une semaine toute notre actualité tourne autour de cet accident. C’est vrai pour les médias, qui ont lui accordé une très large place. C’est vrai aussi pour les membres du gouvernement dont le programme a été en grande partie chamboulé par cet événement. De même qu’on peut se trouver légitime le débat « les médias en font-ils trop ? », on peut aussi oser poser la question, « les politiques en font-ils trop ? »

Déclarations, voyage en suisse, accueil des familles, minutes de silence, journée de deuil national : les membres du gouvernement ont été omniprésents, le premier ministre Elio Di Rupo en première ligne.

S’agit-il d’une « récupération » ? La réponse est plutôt non, mais essayons d’être nuancés. D’abord l’émotion collective est énorme. Ce n’est pas le gouvernement qui créée cette émotion, mais  plutôt les médias.  Au-delà de la gravité des faits, si l’opinion publique a réagi de manière unanime, c’est sans doute parce que nous sommes potentiellement tous touchés par le drame,  on a décrit dans un billet précédent le processus de translation qui fait que nous nous sommes tous vus à la place des parents. On doit sans doute y ajouter une sensibilité particulière des belges pour tous ce qui touche à l’enfance.  L’enfant c’est une promesse de vie,  un  prolongement de ce que nous sommes conjugué au futur, ainsi que l’incarnation de l’innocence. Quand l’injustice frappe le futur et l’innocence, cette idée nous est insupportable.

En étant présent auprès des parents et en multipliant les déclarations, Elio di Rupo montre d’abord qu’il réagit comme nous. Il humanise la fonction de premier ministre. Mieux : il montre que son installation à ce poste ne lui retire rien de ses qualités humaines. Elio Di Rupo  apparait comme l’anti-Dehaene. Lorsque Jean Luc Dehaene était premier ministre il avait sous-estimé l’impact de l’affaire de l’affaire Dutroux. Il était apparu froid, distant, par pudeur peut-être,  et réagissait avec un temps de retard aux demandes des parents, pourtant portées par l’opinion. Elio Di Rupo est lui parfaitement dans le tempo. Dehaene en retard, Di Rupo en avance : l’actuel  premier ministre a sans doute une intelligence émotionnelle supérieure à celle de son prédecesseur.

Le fait-il par calcul ?  La réponse est sans doute non. Elio Di Rupo exprime une empathie qui lui est naturelle. Il ne se force pas. Tous les spécialistes en communication vous le diront, quand on se force ça se voit. Le premier ministre  est donc réellement en sympathie avec les parents, réellement touché par cet accident, et c’est vrai sans doute de l’ensemble du gouvernement.

Est-ce que cela profite au gouvernement ? Là en revanche la réponse pourrait être oui. Ce moment de forte émotion a permis à Elio di Rupo et à ses ministres de montrer qu’ils étaient en phase avec l’opinion, cela ne peut que leur être favorable et cela ne leur a pas échappé. Cela a permis aussi de montrer que ce gouvernement était réactif, qu’il pouvait mettre rapidement des airbus à disposition des familles, rapatrier les corps, organiser un soutien psychologique, décréter une journée de deuil national. Enfin Elio Di Rupo démontre à la Flandre qu’il est bien le premier ministre de tous les belges. Ce drame qui touche la Flandre est aussi le sien, et l’émotion ne s’arrête pas à la frontière linguistique.

Dimanche midi Siegfried Bracke , député NVA  décernait un bon point :  « le premier ministre et les bourgmestres de Louvain et de Lommel ont joué leur rôle de façon parfaite », a t il indiqué face à Pascal Vrebos. Bart De Wever , président de la NVA, a confirmé, « Elio Di Rupo est un homme avec d’énormes qualités humaines. » 

Tout indique qu’Elio Di Rupo a donc très bien géré  ce que je serais tenté d’appeler  une « crise émotionnelle ».  Qu’il a fait ce qu’on attendait d’un premier ministre.  Très bien. Mais la politique est un exercice injuste. Faire ce qu’on attend de vous c’est nécessaire, dans le cas contraire les critiques pleuvent.  Mais si dans trois mois une autre crise (institutionnelle, économique, budgétaire, sécuritaire ou autre)  se présente,  on l’aura oublié.

Pourquoi le MR belge veut pousser la campagne française de Sarkozy

Par Fabrice Grosfilley dans communication, decryptage , le 28 février 2012 10h39 | 11 commentaires

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Un comité belge pour soutenir la campagne de Nicolas Sarkozy a été lancé ce lundi par un petit groupe d’élus du MR, parmi lesquels on retrouve le chef de groupe à la chambre Daniel Bacquelaine,  et des parlementaires comme Denis Ducarme, Alain Destexhe, Jean-Luc Crucke et François Bellot.  A priori des personnalités considérées comme plutôt à droite du parti  et qui ont décidé  font savoir leur préférence au travers d’une page Facebook en faveur du président sortant.

Pourquoi le font-il ? D’abord parce qu’il y a quelques électeurs français qui résident en Belgique.  Plus de 100  000 Français immatriculés au consulat de Bruxelles, dont 82 000 inscrit sur les listes électorales en 2011, ça représente une belle ville moyenne. Ce n’est pas ça qui fera la différence, mais en cas d’élections très serrées les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Ensuite et surtout parce que les élus belges espèrent en tirer un profit en terme d’images. Tout le monde sait que les Belges se passionnent pour les élections  françaises, nous suivons cela comme un feuilleton. Faire savoir que  l’on soutient tel ou tel candidat c’est l’occasion de faire connaître sa proximité idéologique et d’afficher des valeurs communes avec le candidat en question. Soutenir un candidat français est une opération de communication et un investissement pour l’avenir. J’annonce que je vote Sarkozy pour que vous puissiez m’identifier à lui quand vous voterez en Belgique.

Le comité de soutien lancé par les réformateurs le dit d’ailleurs explicitement : « les enjeux français sont les mêmes que ceux qui se posent dans notre pays. » Ou encore « Il faut sensibiliser les Belges » , contribuer à  rendre la France plus forte, le slogan de Sarko, « avant que ne vienne le tour de Bruxelles et la Wallonie ». Suivez attentivement cette page facebook : vous y lirez des positions qui ne sont pas toujours celles du Mouvement Réformateur. On peut y lire un exercice de positionnement interne : par France interposée ces élus essayent de tirer le débat sur sa droite.  Reprendre des idées de la campagne française c’est aussi lancer un certain nombre de ballons d’essai sans prendre de risques inconsidérés : en cas de réactions négatives on peut toujours estimer que le modèle n’est pas transposable.

Que le MR soutienne Nicolas Sarkozy c’est une évidence allez-vous me dire, et l’auteur de ce blog enfonce de nouveau une porte ouverte.  Figurez-vous que ce n’est pas si évident. En 2007 le mouvement réformateur, présidé à l’époque par Didier Reynders, ne s’était officiellement rallié à  la candidature Sarkozy qu’au second tour de l’élection française. Au premier tour les libéraux s’étaient divisés entre ceux qui soutenaient François Bayrou et ceux qui soutenaient Sarkozy. Si mes souvenirs sont bons le cœur de Charles Michel penchait plutôt pour le premier à l’époque alors qu’aujourd’hui il est sans ambiguïté en faveur du second. Il faut savoir qu’au niveau du parlement européen, le MR siège en effet dans le même groupe que François Bayrou alors que les élus de l’UMP sont avec le CDH au sein du groupe PPE.

Cette fois-ci même si Charles Michel ne fait pas partie de ce comité de soutien, le MR semble donc avoir choisi son camp. De même le PS belge soutiendra bien sûr François Hollande. Dans les deux cas, les militants belges auront des états d’âme. Au sein du MR Gerard Deprez et ses proches continuent d’afficher leur préférence pour François Bayrou, et soulignent que Sarkozy fait une campagne trop à droite pour eux. Coté PS que le candidat idéal aurait sans doute été Martine Aubry et que François Hollande n’était pas leur favori au moment des primaires. Il  n’empêche, Charles Michel, Thierry Giet ou même Elio Di Rupo finiront bien par apparaitre dans la campagne française à un moment ou à un autre. Les Français votent en avril. Pour un candidat belge c’est un très bon moyen de préparer le mois d’octobre.

Elio Di Rupo économise ses propos, ou la stratégie de communication du premier minsitre

Par Fabrice Grosfilley dans communication, fédéral , le 13 janvier 2012 11h03 | Un commentaire>

Trop discret le premier ministre. C’est ce qu’on peut lire dans la presse flamande et c’est ce soulignent les représentants de l’opposition, surtout ceux de la NVA, lorsqu’on les croise dans les couloirs du parlement.

Le premier ministre n’a plus fait d’interview depuis sa conférence de presse du 23 décembre, il y a 3 semaines. Depuis le mois de janvier on l’a juste vu monter sur scène pour la remise du soulier d’or. Et lorsque la NVA a attaqué le gouvernement sur le salaire des ministres il a fallu attendre plusieurs heures pour que sa réaction tombe. Et la NVA d’insinuer que si Elio Di Rupo est discret c’est parce qu’il a peur de s’exprimer en néerlandais.

Réplique de l’entourage du premier ministre : c’est faux, le premier travaille, mais il a décidé de laisser de l’espace médiatique à ses ministres. Pas question de cavaler d’une télévision à l’autre pour montrer qu’on existe. Ce qui compte ce sont les résultats et pas d’amuser la galerie. Le débat c’est au gouvernement et au parlement qu’il doit avoir lieu, pas dans les médias.

Elio Di Rupo pratique donc une communication de rupture. Il veut que son style soit différent de celui d’Yves Leterme. Le premier  ministre précédent, sur la fin, n’hésitait pas, c’est vrai,  à  faire la tournée des journaux télévisés pour s’adresser directement aux citoyens.  Elio Di Rupo préfère, pour l’instant,  une communication plus institutionnelle. Il profite des moments et des tribunes naturelles que lui offrent sa fonction, ce qui est aussi un moyen d’asseoir son image. Elio Di Rupo n’est plus le président du PS il est le chef du gouvernement,  pour le faire comprendre il a intérêt à apparaître en position de premier ministre et à ne pas banaliser ses prises de paroles.

 Hier on a déjà eu un aperçu de cette stratégie médiatique. Le matin Paul Magnette avait eu la langue  un peu lourde sur l’Europe : « l’union européenne zqr ultralibérale, il faut tenir tête à la commission » avait glissé, en substance, le ministre des entreprises publiques. Quelques heures plus tard Elio Di Rupo est donc monté à la tribune de la chambre.

« La Belgique a une longue tradition pro-européenne et c’est de notre intérêt de la maintenir. Chacun peut avoir son point de vue mais l’Europe reste notre base commune« .  Voilà c’est sobre, 2 petites phrases qui suffisent à faire comprendre que le premier ministre n’approuve pas les propos de Paul Magnette. Ou plutôt que sans les désavouer ouvertement il ne les reprend pas à son compte. On notera que chacun tient sa place, un ministre qui tient un discours de gauche en rapport avec ses idéaux dans la perspective d’élections à venir, une opposition qui proteste, des partenaires gouvernementaux qui s’interrogent et  un premier qui se place au-dessus de la mêlée et qui rassure tout le monde. Le partage des rôles médiatiques est tellement bien fait qu’on pourrait se demander si c’est pas fait exprès.

La semaine prochaine Elio Di Rupo aura 2 déplacements. Aux Pays Bas et au Luxembourg. Ce sont ses premiers voyages officiels en tant que premier ministre, il a choisi de privilégier le Benelux. La semaine suivant il ira à Berlin pour rencontrer Angela Merkel. Si je suis bien informé (parfois ça m’arrive) il ne faut pas exclure l’un ou l’autre interview de rentrée qui paraitrait la semaine prochaine.  Et avant la fin du mois il y aura encore un sommet européen.  Je prends les paris avec vous : ceux qui font semblant de regretter le silence d’Elio Di Rupo cette semaine nous dirons dans 15 jours que le premier ministre est omniprésent.

Elio 1er, empereur de la communication

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, communication , le 19 octobre 2011 08h24 | 3 commentaires

Le formateur désigné meilleur communiquant, c’est le résultat d’un palmarès de la communication politique organisé par le journal Lobby. Un magazine très haut gamme, papier glacé, 4 numéros par an pour décoder les coulisses du pouvoir économique ou politique, hier soir la publication du palmarès avait lieu au cercle de lorraine un restaurant  bruxellois lui aussi très haut de gamme, on est plutôt entre gens  comme il faut.  Cette année  Elio di Rupo  y obtient donc 155 points , contre 134 points à Bart De Wever,  le gagnant de l’exercice en 2010.  Pour arriver à un tel palmarès la revue  a adressé fin août un questionnaire aux journalistes politiques leur demandant de « coter » les  politiques sur 5 critères.

Entrons dans le  détail parce que c’est là que cela devient intéressant. Sur deux de ces critères,  qui sont l’expression de la compétence et le soin apporté à la forme, Elio di Rupo est arrivé premier. En revanche sur  les critères de la cohérence et sur le talent médiatique c’est Bart De Wever qui reçoit les meilleures notes.  En clair  Bart De Wever est sans doute naturellement le meilleur communicant.  Elio Di Rupo donne l’impression de travailler plus sa communication. Le nationaliste est un inné de la communication, le socialiste serait plus dans la catégorie des perfectionnistes et besogneux. On notera que sur le critère de la réactivité, c’est à dire la capacité à s’adapter au plus vite à l’actualité, le président des FDF Olivier Maingain a obtenu la meilleure côte.

Sachez  encore que les plus mauvais communicants seraient Yves Leterme, Wouter Beke et Sarah Turine, mais qu’on a affaire ici à un panel de journalistes francophones.

Que pouvons-nous apprendre de l’exercice ? D’abord que la communication est toujours liée au moment politique que nous traversons et surtout au poste que la personnalité occupe. Fin aout, le moment où ce questionnaire a été rempli, c’est le début des négociations. A ce moment-là Elio Di Rupo s’impose au milieu du terrain tandis que Bart De Wever rentre sur le banc de touche.  Elio Di Rupo qui ramène le CD& V à la table des discussions  est donc jugé hyper compétent par les journalistes, alors que Bart De Wever a justement une très mauvaise note en matière de compétence. Dans une période de négociation, ça ne sert à rien de bien communiquer si on n’obtient rien.

La deuxième leçon à retenir c’est que ce n’est pas toujours ceux qui communiquent le plus qui communiquent le mieux.  Au contraire même. Garder de la distance avec les médias, n’apparaître que dans des grandes occasions c’est aussi une manière d’entretenir son image. Elio Di Rupo fait ça très bien. En n’intervenant que de manière ponctuelle,  en refusant les demandes d’interviews, il se situe au-dessus de la mêlée, cela renforce son image d’autorité. A l’inverse Yves Leterme qui communique beaucoup, et c’était notamment le cas cet été, n’est sans doute déjà plus en terme de communication dans la peau d’un premier ministre.  On serait tenté d’écrire qu’il a banalisé sa fonction. Cela a d’ailleurs un petit caractère injuste : un personnage central peut faire une conférence de presse de dix minutes au cours de laquelle il ne répond à aucune question ce sera un événement repris sur toutes les chaines de télé. Un député d’opposition qui multiplie les interviews, accepte les débats ou il sera soumis à la contradiction, trouve  la petite phrase qui fait mouche, bataille pour prendre la parole dans son assemblée, n’est jamais sûr d’être entendu. La communication,  en politique comme ailleurs il faut la relativiser. Elle  peut vous aider à présenter une idée, et même la faire accepter par l’opinion publique. Ce sont toujours  le pouvoir et la puissance qui vous aideront à la concrétiser.

ArcelorMittal : que peuvent dire les politiques ?

Par Fabrice Grosfilley dans communication, wallonie , le 13 octobre 2011 08h42 | 6 commentaires

 D’abord le silence. Un silence relatif mais qui s’explique pour deux raisons. D’une part la surprise : lorsque la rumeur de fermeture de la phase à chaud se confirme hier il est 18h-19h. Les états-majors des partis politiques ont les yeux rivés sur les négociations, plusieurs réunions sont à ce moment-là en cours à Bruxelles.  Si le monde politique avait bien reçus des signaux alarmants, il n’a pas maitrisé le timing. Hier soir tout le monde a été un peu pris de court.

Deuxième raison avancée la procédure Renault. Elle impose  à l’entreprise  qui veut licencier ou restructurer  une phase d’information et de consultation.  La loi impose de donner la priorité au conseil d’entreprise, c’est là que seront données les informations et c’est là que se jouera une éventuelle  négociation. Ce conseil d’entreprise a lieu ce matin.  En attendant les pouvoirs publics sont sensés garder le silence. C’est la raison mise en avant par les ministres wallons hier soir pour s’abstenir de toute déclaration.

Dans ce premier temps, il a donc fallut se contenter de communiqués écrit.  Ainsi le mouvement Réformateur, dans l’un des premiers communiqués diffusé, vers 20h,  parle d’un drame social et appelle à la mobilisation « il faut tout faire pour sauver la sidérurgie liégeoise ». La députée libérale de Liège, Christine Defraigne en appelle à une union générale. Communiqué  écrit aussi pour Ecolo. On monte d’un cran dans la dénonciation. Les verts se disent « écœurés », par le drame social qui s’annonce. Ecœuré, le mot est même dans le titre du communiqué :  « ce fiasco résulte de la stratégie de la haute direction d’ArcelorMittal qui n’a qu’un seul objectif : le maintien de ses profits à court terme ».

On notera aussi un communiqué du PTB, le parti d’extrême gauche, plutôt bien implanté à Liège  qui se dit choqué,  et qui demande qu’on interdise aux entreprise qui font des bénéfices de licencier.

Au PS et au CDH il n’y pas eu de texte au nom du parti, mais des réactions au niveau local. Coté socialiste d’abord : Alain Mathot, bourgmestre de Seraing qui estime que les travailleurs ont fait leur part de l’effort mais que le groupe  ArcelorMittal n’a pas fait la sienne,  « les exploitant, les méprisants comme jamais ils n’ont été méprisés ».  Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, sera plus diplomate en indiquant  avoir «  le sentiment d’un manque de respect ». Les élus liégeois du CDH, Marie Dominique Simonet en tête se disait eux de leur côté consterné. « il ne faut renoncer à aucune piste en ce compris celle d’un éventuel repreneur ».

Voilà pour les premières réactions, celles qui ont été communiqués hier soir. Des réactions  ou l’on exprime avant  tout la colère, la solidarité avec les personnes concernées. Dans les heures qui viennent il y aura d’autre prises de paroles, notamment du côté du gouvernement wallon. On va entendre maintenant des explications, et puis surtout des propositions.  C’est là que se trouve le véritable enjeu. Les ouvriers, les employés d’Arcelor ont besoin de mots, parce qu’il y a une souffrance et une colère à exprimer. Ils ont aussi besoin de solutions.

Di Rupo « mieux que ce qu’on attendait » en néerlandais

Par Fabrice Grosfilley dans communication, fédéral , le 12 octobre 2011 07h09 | 4 commentaires

imageglobe-29931198Vous avez vu l’image à la télévision hier, vous la retrouverez ce matin dans tous les journaux sans exception. Les négociateurs l’ont voulue cette image :  apparaître à 8 autour du formateur dans la salle où ils ont négocié, pour traduire visuellement ce qu’ils considèrent comme un accord historique.

Derrière eux on a tendu un grand panneau blanc, histoire de masquer une fenêtre ou un vieux tableau qui aurait donné un côté archaïque au décor. Elio Di Rupo est au centre bien sûr, nœud papillon bordeaux, la même couleur choisie par Wouter Beke, le président du CD&V pour sa cravate. Les libéraux Charles Michel et Alexander De Croo font dans l’affirmation vestimentaire : costume bleu, chemise bleue (bleue pâle mais bleue quand même) et bien sûr cravate bleue. Wouter Van Besien, pour Groen! n’a pas de cravate, Jean-Michel Javaux en a mise une. Chez les dames Caroline Gennez pour les socialistes flamands a osé une robe, Joelle Milquet  et Laurette Onkelinx ont opté pour le tailleur-pantalon avec une veste claire.

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L’accord sous chaque bras

Tout le monde a sous le bras le fameux accord de 71 pages, bien en évidence sur la photo. Charles Michel et Laurette Onkelinx sont ostensiblement souriants, soulagés, radieux. Wouter Beke légèrement en retrait est plus sombre, presque distant. Par moment le président du CD&V semble même absent.

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Pas de place au hasard

Les places ont été soigneusement choisies. Les partis les plus importants sont au centre, ce qui permet à Charles Michel et Wouter Beke d’encadrer Elio Di Rupo. A ce petit jeu Wouter Van Besien, à gauche, et Joëlle Milquet, à droite, sont les moins bien placés, sur les extrémités. Il faut vraiment que les caméras de télévision  prennent un plan très large pour les voir apparaître. Au moment de la photo de famille, à la fin du point presse, Caroline Gennez glisse vers le centre, sans que l’on sache si c’est de la galanterie, un hommage au rôle de médiateur qu’elle a joué entre francophones et flamands, ou un petit de cadeau de départ. La négociatrice flamande va en effet désormais céder la place à Bruno Tobback. Au total ils sont 4 à risquer de ne plus se retrouver sur la prochaine photo, outre Caroline Gennez, le sort des deux écologistes, Van Besien et Javaux, est incertain et la place du cdH sera occupée, en fonction des matières discutées, par Joëlle Milquet, Benoît Lutgen ou Melchior Wathelet.

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Pas mal en néerlandais

Ça c’était la communication par l’image. Hier soir Elio Di Rupo a ajouté le son. Passage sur tous les plateaux de télévision. Avec une première pour lui, être en direct au grand journal de la VRT, la télévision publique flamande (du coup les chaînes francophones avaient été enregistrées). Le formateur sait qu’il est attendu au tournant sur son néerlandais. Il a donc pris un vrai risque en allant répondre aux questions des journalistes, un avant-gout de ce qu’il risque de vivre à la chambre quand il sera Premier ministre. Verdict des internautes : les R sont un peu trop roulés, il y a eu quelques erreurs gramaticales dans les inversions et  quelques termes un peu facilement empruntés à la langue française, mais dans l’ensemble c’était pas mal. Compréhensible. Cohérent. Structuré. Mieux que ce qu’on attendait.  Mieux que ce qu’on attendait, comme la réforme de l’Etat.