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La fédération Wallonie-Bruxelles étoffe discretement son réseau diplomatique

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française, wallonie , le 25 avril 2012 17h03 | Commentaires fermés

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Il a fallu 4 notes rectificatives pour aboutir. Le 29 mars, à la veille des vacances de Pâques, le gouvernement de la fédération  Wallonie-Bruxelles a approuvé le « redéploiement du réseau des délégations « Wallonie-Bruxelles International ».  Ce réseau WBI est un peu le corps diplomatique des francophones, et permet aux Wallons et aux Bruxellois d’entretenir des relations privilégiées avec certains Etats sans devoir passer par la diplomatie fédérale. Sont privilégiés depuis toujours au sein de ce réseau les pays de la francophonie et ceux avec lesquels la fédération  Wallonie-Bruxelles (ex communauté française) entretient des liens privilégiés dans le cadre des politiques qui relèvent de sa compétence (coopération culturelle et universitaire  par exemple).

Le fait saillant du dossier, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre,  est incontestablement la création de 3  nouveaux postes de hauts- représentants qui ne seront pas chargés de représenter les francophones sur une aire géographique précise mais sur une « approche sectorielle » afin, dit le document gouvernemental, de « croiser les priorités thématiques et géographiques qui s’inscrivent dans un principe d’itinérance ».  Ces hauts représentants échapperont à la carrière extérieure, c’est-à-dire qu’ils pourront être recrutés en dehors du sérail, mais attention, ils devront être auditionnés par le parlement de la fédération, ce qui devrait limiter la tentation des candidatures-copinages : on peut compter sur les parlementaires et sur la presse pour que ces auditions ne soient pas qu’une formalité.

L’hypothèse de 4 postes avaient été avancée, le gouvernement n’en retient, d’après mes informations, que 3 : un haut représentant aux droits fondamentaux, comprenez les questions relatives aux droits de l’homme, qui sera basé à Genève, un haut-représentant « en charge du multilatéral »  qui s’installera à New York et qui représentera les francophones auprès de l’ONU (l’ambassadeur fédéral va apprécier)  et un haut-représentant  spécialisé dans la surveillance des nouveaux marchés  qui sera stationné à Mumbai en Inde et qui devra stimuler la coopération avec les économies émergentes.

Bien sûr, 3 postes pour 3 formations politiques, cela tombe assez bien, d’autant que la note précise que « le gouvernement se réserve le droit de désigner un  4ième haut représentant (…) si de nouvelles opportunités spécifiques de coopération devaient voir le jour ». D’après mes informations les nominations devraient intervenir dans le courant de l’été.

Mais la notification ne se résume pas à ces trois nominations. Elle entérine également le recrutement d’un directeur artistique pour diriger le centre culturel de Paris (ce centre sera désormais sous la tutelle officielle du délégué), la désignation d’un diplomate à Lubumbashi, la nomination d’un expert scientifique à Boston  et  l’ouverture d’un poste diplomatique à La Haye. A l’inverse la délégation de Prague sera fermée et transformée en simple antenne locale, et la délégation de Genève deviendra la base du haut- représentant aux droits fondamentaux. Au total, compte tenu des mouvements de personnel, il ne devrait y avoir que 5 ou 6 embauches, par le biais d’un appel à candidature et d’un jury. L’opération se traduira par un surcout de 1, 1 million par an, à trouver sur le budget de WBI.

Jusqu’à cet article, l’affaire était restée discrète. On peut le comprendre : petit à petit les francophones se dotent d’un réseau diplomatique qui  ressemble de plus en plus à un réseau parallèle, susceptible de faire concurrence à celui des affaires étrangères. Par ailleurs on se souviendra qu’il y a quelques années on avait restructuré le réseau WBI  pour faire des économies. La tendance est désormais au redéploiement.

Visite à Valence, ou comment une piste d’athlétisme peut cacher un vélodrome

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française, wallonie , le 2 avril 2012 09h37 | Commentaires fermés

C’est un déplacement qui est presque passé inaperçu. Vendredi André Antoine, le ministre du budget et des sports de la fédération Wallonie-Bruxelles était à Valence en Espagne. Objectif : visiter la Paulo Velodromo Luis Puig une salle d’athlétisme présentée comme l’une des plus modernes d’Europe. Il s’agit de se renseigner avant de lancer un appel d’offre pour cette fameuse piste couverte qu’on doit construire à Louvain la Neuve. Après Valencele ministre et ses experts devraient aussi visiter Gand, Vincennes et Cardiff.

Le Paulo Velodromo, comme vous vous en doutez c’est au départ un vélodrome. Quel rapport avec l’athlétisme  me direz-vous ? C’est là que ça devient intéressant. Ce Vélodrome construit en 92 a été transformé deux ans plus tard en salle d’athlétisme dernier cri. On a ajouté un toit et surtout un système hydraulique  qui permet en quelques minutes  de rajouter les couloirs extérieurs qui permettent de passer des coureurs à pieds aux écraseurs de pédales. Ça marche tellement bien que le Paulo Velodromo a accueilli les championnats du monde d’athlétisme en salle en 2008 :  646 athlètes, 26 épreuves. Cette année-là Tia Hellebaut avait décroché la médaille d’or au Penthatlon. Accessoirement le Paulo Velodromo peut aussi accueillir des concerts, Lenny Kraviz ou Iron Maiden par exemple s’y sont produit.

Ce Paulo Velodromo a couté 25 millions d’euros. Ça tombe bien  c’est exactement la somme dont dispose André Antoine pour son projet. Et puisqu’on peut partir d’un vélodrome pour faire une salle d’athlétisme, l’inverse est évidemment vrai.

Vous avez compris où je veux en venir. Le projet de centre sportif de haut niveau continue de faire courir André Antoine. Avec une petite astuce : ce projet n’existe plus, il a été recalé par le gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles. Ce qui existe c’est un projet de piste couverte que le ministre finance sur le budget de son département des sports, avec un petit plus apporté par la province du brabant wallon. L’exemple de Valence montre que ce projet peut être bien plus qu’une piste d’entrainement.  Une fois que la piste sera là, il sera sans doute impossible de faire machine arrière. Vouloir  installer d’autres salles de sport ailleurs, ce serait du saupoudrage, et cela risquerait de faire un tollé.

Bref, le centre sportif ressemble à une course de cyclistes sur piste. On a passé beaucoup de temps à s’observer.  A se jauger, vélos quasiment à l’arrêt, liégeois et brabançons épaules contre épaules, montois dans la roue. Et puis André Antoine a choisi de faire l’extérieur, tout en haut près des gradins… « plus de centre de haut niveau, ce ne sera qu’une simple piste couverte ». Les autres sprinteurs se sont relevés. On a cru la course terminée. Depuis Valence, le sprinteur Antoine vient de repiquer vers le centre. Il est tout près de la ligne d’arrivée.

Jean-Claude Marcourt réveille le régionalisme Wallon

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française, ps, wallonie , le 16 janvier 2012 09h27 | 11 commentaires

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C’est par la presse que le réveil se manifeste. Dans Le Soir, on commence par évoquer un plan W. W comme Wallonie. Dans la Libre Belgique, une interview choc de Jean Claude Marcourt. C’était  samedi. Il y expliquait qu’il y avait effectivement des cercles où l’on réfléchissait à l’avenir de la région, même si cela ne passe que par l’institutionnel. Qu’à l’avenir il n y aura que 3 grandes régions et qu’il faut donc « déconstruire » la fédération Wallonie-Bruxelles pour la reconstruire ensuite, parce que « cette fédération ne correspond plus à rien. »

Immédiatement, tollé dans les rangs. Rudy Demotte, qui est le ministre-président de la Région wallonne et de la fameuse fédération sort du bois: « Le lien entre la Wallonie et Bruxelles doit rester indéfectible ». Ce que vous pouvez traduire par « pas du tout d’accord avec Jean-Claude ». André Antoine, ce matin, se dit « très surpris» et note « qu’heureusement d’autres voix que celle de Jean-Claude Marcourt se sont fait entendre ».

Vous pourriez me dire qu’il ne s’agit que d’un débat théorique qui concerne le futur. Jean-Claude Marcourt a bien le droit de réfléchir à l’avenir de la Belgique avec qui il veut. Au contraire, si personne ne le faisait, on serait en droit de reprocher à nos élites de manquer de préparation, le moment venu. Mais ce n’est pas si théorique que ça.

Depuis le début de la législature, la communauté française a changé de nom pour devenir la fédération Wallonie-Bruxelles.  On a confirmé le principe des doubles casquettes : la plupart des ministres  qui siègent au gouvernement de la fédération sont des ministres qui travaillent aussi et avant tout  dans un gouvernement régional : à la région Bruxelloise pour Evelyne Huytebroeck,  à la région wallonne pour André Antoine, Jean Marc Nollet, Jean-Claude Marcourt et Rudy Demotte. Il n’y a que deux ministres qui ne s’occupent que de matières communautaires, ce sont Marie Dominique Simonet pour l’enseignement et Fadila Laanan pour la culture.

Ce  gouvernement se réunit une fois sur deux à Namur, capitale de la Wallonie. Les efforts budgétaires sont calculés en commun (Wallonie et fédération), ce qui donne l’impression que les deux caisses ne sont pas tout à fait séparées. Comme dans tous les gouvernements, il y a un gouvernement restreint,  un « kern » comme ont dit au fédéral, où l’on prend les décisions stratégiques. Problème:  dans le kern il n’y a aucun Bruxellois.  Les socialistes bruxellois ont donc commencé à se montrer critiques ces dernières semaines, surtout lorsqu’ils ont appris que les abonnements scolaires de la STIB ne seraient plus financés comme avant,  réclamant ouvertement une présence au plus haut niveau pour l’un des leurs. Il est difficile de ne pas voir dans la sortie de Jean-Claude Marcourt une sorte de réponse : rappelons aux Bruxellois que s’ils existent c’est parce que la Wallonie les défend face à la Flandre.

Ce week-end vous aurez noté qu’Elio Di Rupo n’a pas dit un mot sur la question. La thèse Marcourt et la thèse Demotte vont donc continuer à s’opposer.  Un débat de poids lourd sur lequel on attend l’arbitrage de personnalité comme Laurette Onkelinx ou Philippe Moureaux. Car c’est aussi l’une des leçons du weekend: sur les grands débats stratégiques, le président actuel du PS, Tierry Giet n’est sans doute pas en position de trancher.

Centre sportif de haut-niveau : Louvain-la-Neuve casse les prix, ou la piscine moitié prix

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française , le 21 octobre 2011 17h12 | Un commentaire>

Il y a eu des surprises ce mercredi lors  de l’audition des 3 villes candidates pour accueillir le centre sportif de haut niveau. La principale se situe au niveau des coûts. Evoquant ce serpent de mer sportif André Antoine avait annoncé sur l’antenne de Bel RTL que la décision serait bien prise dans les 8 jours et que le montant final serait moins élevé que prévu. On ne sait pas si le ministre des sports (et du budget) était bien informé ou s’il a des pouvoirs divinatoires, mais l’un des protagonistes semble lui donner raison. Jusqu’à présent le projet de Louvain-la-Neuve (baptisé Apogia) était estimé à 71 millions d’euros, soit un avantage substantiel sur le concurrent liégeois (nom de code : Speed) qui affiche une facture de 86 millions. On laissera de côté le projet montois qui semble concourir pour l’honneur (et dont on raconte que le lancement du diaporama devant l’assistance gouvernementale fut plus laborieuse qu’un marathon par temps de canicule).

Ce mercredi, les promoteurs du  projet de Louvain-la-Neuve ont enfoncé le clou de la performance budgétaire. Un coup de baguette magique et la facture est finalement sous les 35 millions d’euros. A ce prix-là, il n’y a plus de concurrence possible, de quoi donner une sérieuse avance au projet brabançon dont les promoteurs signalaient déjà qu’il avait l’avantage d’être géographiquement mieux situé, puisque plus proche de Bruxelles, où résident un certain nombre de sportifs concernés.

Comment les néo-louvanistes ont-ils fait baisser la facture ? En retirant certains coûts du projet (des coûts d’aménagement ne seraient ainsi plus pris en compte) et en excluant la TVA (un détail). A tel point que les deux copies ne seraient plus tout à fait comparables. Pire même on s’interroge sur les coûts réels de la copie du Blocry. Le projet de piscine olympique par exemple suscite plus d’une interrogation. Aux dernières nouvelles cette piscine pourrait ne pas être accessible au public… ce qui risque d’être politiquement difficile à assumer, et pire, elle est annoncée pour 6 millions d’euros, alors que tous les spécialistes affirment que cela coute le double, voir le triple. Pour info la piscine olympique de Dijon (France) ouverte l’an dernier a couté 24 millions. Les piscinistes brabançons seraient donc  les rois du marché.

Le gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles tranchera-t-il réellement la semaine prochaine ? On peut commencer à en douter. L’hypothèse que l’investissement soit gelé en raison d’un conclave budgétaire plus délicat que prévu (il faudra peut-être intégrer les pertes liées au holding communal) circule toujours avec insistance. Et les dossiers présentent désormais un tel écart qu’il n’est pas exclu que les ministres commandent une nouvelle étude pour faire la vérité sur les prix, histoire de comparer deux factures réalistes et qui parleraient de la même chose. Ce qui serait une nouvelle manière de reporter la décision.

Joëlle Milquet décoche une flèche mortelle à Robin des Bois

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française , le 9 mai 2011 08h54 | 5 commentaires

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Cela a toute les apparences d’une marche arrière, et pourtant c’est  bien un coup politique que tente la présidente du CDH. Petit rappel, le  décret Robin des Bois date de 2009. Il fallait trouver 40 millions pour les écoles les plus défavorisées. Comme la communauté française était sans le sou, la majorité Olivier avait imaginé cette solution : une partie des moyens des écoles les mieux lotis seraient transféré vers les établissements les plus pauvres. De 40 millions ont était finalement passé à 8 millions. Evidement du côté des écoles ponctionnées on n’apprécie guère et on souligne qu’être une école moins pauvre, ça ne veut pas dire être une école riche, et que se priver de moyen cela finit toujours par ce sentir, augmentation du  nombre d’élèves par classe ou  report de certains investissements. Petit détail qui a son importance, les parents d’élèves sont aussi des électeurs. Il se trouve même que dans ces écoles là un certain nombre pourraient voter CDH.

Hier Joëlle Milquet, dont il faut reconnaître qu’elle n’était pas une supporter farouche du texte lors de son adoption,  fait donc volteface. Le décret robin des bois, même limité à 8 millions n’est plus nécessaire fait-elle valoir. Il y aurait des marges ailleurs. Tollé des autres partenaires : Joëlle Milquet sort en solo. Cette question n’a jamais été abordée en gouvernement.

En faisant cette déclaration sur le plateau de la RTBF,  la présidente du CDH met ses partenaires devant le fait accompli. Elle s’assure la maternité d’un éventuel revirement et positionne spectaculairement son parti (et plus il y aura de tumulte, plus le dossier portera sa marque). Le décret robin des bois est une mesure redistributive,  fondée sur des valeurs de gauche. Les centristes s’en distancient.   Comme la mesure est impopulaire être la première  à la dénoncer est donc un coup gagnant. La présidente du CDH a donc un indéniable flair politique en prenant tout le monde de vitesse.

Pourtant Joêlle Milquet prend un risque. D’abord parce que la ministre de l’enseignement, Marie Dominique Simonet, et celui du budget sont tous les deux CDH. Dire qu’un décret n’est pas bon deux ans après l’avoir voté c’est désavouer l’ensemble de son équipe. Ensuite parce qu’indiquer qu’il existe des marges budgétaires insoupçonnées c’est rompre avec le discours tenus aux enseignants il y a moins d’une semaine alors qu’ils étaient dans la rue. S’il y 8 millions pour les écoles, il pourrait bien y avoir aussi quelques millions pour les enseignants,  leurs salaires et leurs pensions. Et pourquoi pas pour les crèches,  les universités, les  théâtres, les salles de rock. S’il est  vrai que la communauté française entre dans une phase de réajustement budgétaire et que les chiffres de recette pourraient être meilleurs qu’annoncés grâce à la croissance,  en affectant toute seule ces marges  sans consulter PS et Ecolo, Joëlle Milquet vient de  forcer la main de ses partenaires.  Ceux-ci  ne vont surement pas se laisser faire, bras de fer en vue.

En deux jours vous noterez que  Joelle Milquet sera ainsi apparu sur le front de Bruxelles, où elle réclame un plan à l’horizon 2020 et envisage des fusions limitées de communes,  et sur le théâtre de la communauté française en décochant une flèche qui pourrait être mortelle contre Robin des Bois. Se sachant que la fin de l’été sonnera la fin de sa présidence, elle profite du printemps pour jouer les sheriffs.  Une hyper activité pour repositionner son parti au centre du jeu diront ses supporters. De la fébrilité diront ses détracteurs.

Le vrai-faux scoop de la fédération wallonie-bruxelles

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, communauté française , le 8 avril 2011 10h02 | 3 commentaires

Revenons un instant sur cette fameuse appellation « fédération Wallonie-Bruxelles ». J’avais déjà signalé que l’expression « Wallonie-Bruxelles » figurait en toutes lettres dans la communication de l’éxécutif de la communauté. Un correspondant vient de me raffraichir la mémoire. Dans la déclaration de politique générale de 2009 l’expression compléte « fédération Wallonie-Bruxelles » est bel et bien mentionnée. Vous trouverez le document ici, vous pouvez retrouver l’appelation dans les têtes de chapitre et en page 10 : http://www.cfwb.be/fileadmin/sites/portail/upload/portail_super_editor/Docs/declaration_politique_communautaire.pdf

En réalité la coalition avait pas mal hésité sur le terme à employer. Au sein de la majorité communautaire plusieurs acteurs avançaient que le terme fédération était trop fort et nécessitait un changement de constitution. On avait alors biaisé en retenant cette appellation « Communauté Française, Wallonie-Bruxelles » mais le document d’origine n’a pas été changé.

A l’époque cela n’avait pas provoqué un tollé. On retiendra qu’on peut toujours faire du neuf avec du vieux quand on un communiquant habile et qu’un détail insignifiant ou presque en 2009 est devenu un fait majeur 3 ans plus tard.

La région wallonne en budget de rigueur

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française, fédéral, wallonie , le 6 juillet 2010 12h19 | Un commentaire>

Les gouvernements de la communauté française et de la région wallonne présentent ce midi leurs ajustements budgéraires. Pas de grosses surprises, mais le déficit annoncé est revu légèrement à la baisse : en peu en dessous du milliard d’euros quand on cumule les deux entités, alors qu’il était prévu pour être un peu au dessus. Ce matin Rudy Demotte a annoncé que ce résultat relativement positif permettrait de payer en temps et en heure les eco-boni aux automobilistes respecteux de l’nvironnement et les primes energie (on accèlère donc les remboursements). Le recrutement de 300 personnes dans l’enseignement est maintenu. Revers de la médaille : la suppression de la télé-redevance restera une promesse non-tenue.

Lors de l’interview le ministre président a aussi été prudent sur la suite des négociations gouvernementales. Ce midi on annonce d’ailleurs que Bart de Wever se rendra jeudi midi chez Albert II pour remettre le rapport écrit de sa mission d’information (on avait parlé de ce mardi initialement)

Le décret Simonet : mieux que Marie Arena et Christian Dupont ?

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française , le 17 mars 2010 11h14 | Un commentaire>

BELGIUM JAMBES WALLOON AND GERMANSPEAKING GOVERNMENTS MEETING3 ministres, 3 systèmes. Les inscriptions des élèves dans l’enseignement scolaire c’est un dossier qui occupe régulièrement la une de l’actualité depuis 2007, cela fait donc 3 ans. Avec une équation quasi impossible à résoudre : concilier la liberté individuelle, c’est à dire le droit des parents de choisir l’école de leur choix pour leurs enfants, avec une exigence politique, réaliser un minimum de mixité sociale, en clair éviter que les familles riches se regroupent dans les écoles pour familles riches et les familles moins riches se retrouvent dans des écoles moins favorisés.  Comment éviter cette école à deux vitesses ? Première version celle Marie Arena en 2007 : « premiers arrivés, premiers inscrits ». Un système inspiré de ce qui se passe en Flandre. L’effet immédiat fut de voir des parents faire la file devant les meilleures écoles. Images fortes passées en boucle à la télévision et tollé général. Deuxième tentative, Christian Dupont. On avait fixé des critères d’élèves prioritaires, des dates en fonction de l’ordre de priorité, et en final un tirage au sort pour les places excédentaires.  Finalement l’effet loterie n’a pas été jugé plus acceptable que l’effet file.

3ieme essai donc celui de la ministre actuelle Marie Dominique Simonet. Je n’entre pas dans le détail ici, sachez juste que les écoles distribueront des formulaires dès que le décret sera imprimé  (les familles devront l’avoir pour le 2 avril au plus tard). Sur ce formulaire on peut inscrire jusqu’à 9 écoles par ordre de préférence. Le formulaire doit être déposé dans l’école classée numéro 1 entre le 26 avril et le 7 mai.

Comment les écoles feront elles le tri si elles ont trop de demandes ? D’abord il y a des élèves prioritaires : ceux qui ont un frère ou une sœur dans l’établissement par exemple, ou dont un des parents travaille dans l’établissement concerné.  Ensuite les écoles feront le tri en fonction de différents critères, notamment la distance qui sépare cette école du domicile des parents. Je n’entre pas dans le détail.  Pour tous ceux qui ne trouvent pas de place dans l’école de leur premier choix c’est une commission des inscriptions qui se  chargera de trouver une solution. On estime que cela concernera moins entre 700 et 1000 élèves. Pour se rendre compte de ce que ça représente il faut se rappeler qu’il y plus d’un million d’élèves scolarisés dans l’enseignement en communauté française dont 330 000 à peu près dans l’enseignement secondaire.

Cet après midi le nouveau décret sera voté au parlement de la communauté française. Ce sera un vote sans surprise : avec d’un coté la majorité olivier, et de l’autre l’opposition libérale. On peut même penser que le mouvement réformateur va tout faire pour faire entendre sa voix.

C’est de bonne guerre : ce dossier est passionnel et l’opposition a tout intérêt à soutenir les parents mécontents. On pourrait d’ailleurs se demander si le dossier des inscriptions, avec son équation impossible, n’est pas un dossier maudit. Marie Arena et Christian Dupont ne me démentiront pas.  Marie-Dominique Simonet, doit commencer à y réfléchir aussi : elle  a du s’y prendre à plusieurs reprises avant d’aboutir au texte d’aujourd’hui. Consultation des acteurs de l’école au mois d’octobre, remarques des parents et des directeurs. Première version, colère des partenaires de l’olivier, version amendée. Marie Dominique Simonet a du revoir son projet, puis obtenir l’aval du conseil d’état. Elle doit intégrer une règle universelle : quand un ministre présente un nouveau projet c’est toujours au nom du gouvernement.  Ecolos et socialistes ont donc tenu à ce que le projet Simonet porte des marques rouges et vertes, et tant qu’à faire, faire savoir auprès de leur base électorale qu’ils avaient obtenus des modifications.  Le décret que le parlement votera aujourd’hui est donc un décret olivier. Si l’application ne donne pas pleine satisfaction, et mon petit doigt me dit que cela reste possible,  cela deviendra le décret Simonet.

Escalade et surenchère

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, communauté française , le 22 octobre 2009 16h17 | 5 commentaires

L’escalade est en route au Mouvement  Réformateur. Ce qui se présentait hier matin sous forme d’une rumeur à vérifier est devenu une réalité. Il y a désormais plusieurs lettres en circulation. L’une qui appelle à organiser des élections internes et qui serait passé de 37 à 140 signatures. L’autre qui se présente sous la forme d’un appel à l’unité et qui est en fait une lettre de soutien à Didier Reynders, et dont les promoteurs affirment qu’elle compte 150 paraphes. Lettre contre lettre, l’expression « guerre  interne » est désormais justifiée, dans une ambiance qui ressemble à celle des primaires à l’américaine, les libéraux s’accusant même d’avoir extorqué des signatures auprès d’élus qui préféraient rester neutres. Louis Michel contre Didier Reynders, le MCC de Gérard Deprez contre le FDF d’Olivier Maingain : c’est maintenant tout le mouvement réformateur qui est sommé de choisir son camp, et à ce stade on ne voit pas bien quelle solution de compromis pourrait émerger. Aujourd’hui Didier Reynders rencontrera  une délégation de contestataires. La réunion devrait être particulièrement houleuse.

 

A coté de cette escalade il y a une provocation. Celle du parlement flamand qui a voté hier un décret qui transfère aux autorités flamandes l’inspection pédagogique  des écoles francophones de la périphérie. Ce qui provoque une levée de boucliers des francophones. Pour bien comprendre, il faut faire un petit retour en arrière. Ce texte existe depuis 2007, il ya près de deux ans qu’il a été adopté en commission au parlement flamand. Exactement comme pour la scission de Bruxelles Hal Vilvorde, les francophones qui s’y opposent ont activés des procédures en conflit d’intéret. Le parcours du texte a donc été suspendu à plusieurs reprises pour des durées de 120 jours. On est arrivé au terme de ces suspension, pour continuer à bloquer le texte il aurait fallu une nouvelle procédure de conflit d’intérêt, par exemple au parlement bruxellois. Les francophones ne l’ont pas fait. Les flamands se sont donc engouffré dans la brèche. On l’a dit on le répète, en votant ce texte, alors Bruxelles Hal Vilvorde approche à grand pas, les flamands ont fait de la provocation. Une loi de 1977 , confirmée en 1980 accorde à la communauté la compétence sur ces écoles. Les flamands la remettent unilatéralement en cause. Mais, « affront », « coup de force », « catastrophe », quand on lit les communiqués de presse d’hier soit on ne peut pas s’empêcher de penser que la réaction des francophones ressemble aussi un peu à de la surenchère. Inspecter les écoles, ce n’est pas les supprimer comme on le laisse sous-entendre parfois.

 

Il y a un lien à faire  entre ces deux dossiers : celui de la toile de fond et du climat ambiant.  L’escalade en cours au MR et la surenchère sur les écoles vont rendre très difficile le début des négociations sur Bruxelles Hal Vilvorde. On voit mal comment Didier Reynders, affaibli en interne pourrait imposer des concessions aux plus francophones de ses partisans, Olivier Maingain en tête. On voit mal aussi comment les francophones dans leur ensemble pourraient ne pas se méfier de la majorité flamande après le vote d’hier. Entre l’escalade d’un coté, le provocation et la surenchère de l’autre, on se dit qu’Herman Van Rompuy va devoir développer des ruses de sioux pour éviter l’embardée.

La peinture qui efface la communauté

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française, decryptage, wallonie , le 2 octobre 2009 08h24 | 5 commentaires

BELGIUM POLITICS WALLOON FRENCH-COMMUNITY BONNE GOUVERNANCEJe ne sais pas si vous avez regardé les journaux télévisés jeudi soir, mais si oui vous avez du vous rendre compte que quelque chose à changé à la communauté. Je ne vous parle pas des textes pour la bonne gouvernance adopté par le gouvernement, c’est important bien sur, mais moi je vous parle du décor. Dans la salle du conseil des ministres, qui se trouve au 4ième étage, et dans la salle ou se tiennent les conférences de presse, au rez-de-chaussée, les observateurs avertis auront noté qu’ont a refait les peintures. Fond bleu pour la salle du conseil, fond blanc ou gris pâle pour la salle de presse. Avec à chaque fois l’expression Wallonie-Bruxelles en grandes lettres. Au rez-de-chaussée le nom des deux régions est souligné d’un trait dégradé qui va du rouge au vert en passant par l’orange. Un visuel qui rappelle celui mis en place au gouvernement wallon à Namur. Le bâtiment de la place Surlet de Chokier a donc eu droit à un petit lifting. Anecdotique ? bien sûr. Sauf que pour l’occasion, l’expression communauté française a été complètement gommée. On n’a pas osé inscrire le terme fédération, dans la constitution cela n’existe pas, mais l’intention y ait. Depuis que les deux gouvernements composés des mêmes ministres se réunissent dans la même salle, la distinction entre région et communauté s’estompe. Dimanche l’ajustement budgétaire du gouvernement wallon aura ainsi lieu à Bruxelles. Bref, sous la peinture, c’est la communauté qui disparaît.

Petite précision quand même en découvrant ses images j’ai interrogé le porte parole sur le coût de ces petits travaux de peinture (vous vous rappelez sans doute que c’est un bâtiment ou certains travaux de rénovation ont fait couler beaucoup d’encre). Ces travaux ont, m’a-t-on dit, été effectués par des ouvriers de l’administration, cela n’aurait pas dépassé quelques centaines d’euros. Le principe de bonne gouvernance, mis en avant hier, n’est donc pas écorné.