SiteSelector

Pas encore de compte RTL?
X

Pour gérer votre compte, veuillez cliquer "Vers mon compte"


Pour vous déconnecter, veuillez cliquer "Se déconnecter"

2
Messages X
  • Pas de nouveaux messages actuellement.

communales

Bart De Wever déchire la copie de Pascal Smet, Kris Peeters tente de calmer le jeu: la Flandre instable

Par Fabrice Grosfilley dans communales, flandre , le 28 juin 2012 09h52 | 5 commentaires

bdw2

La scène se passe au parlement flamand. Bart  De Wever, président de la très puissante N-VA, et surtout coqueluche de l’opinion flamande,  n’est pas là. « Où est Bart De Wever, lui qui est si prompt à faire la leçon à tout le monde ? »  se demande  Filip Watteuw en montrant  le siège vide. Le député régional  de Groen,  les verts flamands, insiste:   « Où est-il, qu’il participe une fois au débat ? ». Une scène ordinaire de la vie parlementaire, sauf que pour une fois on applaudit. Et on applaudit même longuement. Oui on applaudit au parlement flamand un homme qui critique Bart De Wever. Et les députés du CD&V et du sp.a ne sont pas les derniers à applaudir, au contraire. Il faut dire qu’il l’a un peu cherché Bart De Wever. Il vient de mettre le feu à la majorité flamande. Pour rappel, le gouvernement Flamand est soutenu par 3 partis : le CD&V du ministre président Kris Peeters, le sp.a le parti socialiste, et la N-VA de Bart De Wever.

Et pourtant cette semaine Bart De Wever a  flingué l’un des projets portés par sa majorité  (et surtout par le ministre de l’enseignement Pascal Smet).  Celui-ci  veut retarder de 2 ans (14 ans à la place de 12)  l’âge auquel les petits Flamands doivent choisir entre l’enseignement  général, le technique et le professionnel. La N-VA n’est pas d’accord :  « la formation est quelque chose de trop sérieux pour se lancer dans des expériences ».

Ce n’est pas la première fois qu’il y a des tiraillements dans la majorité flamande. L’exécutif a notamment été divisé sur le projet UPplace, un projet de méga complexe commercial poussé par la majorité alors que le s.pa est contre. Il y a eu plusieurs affaires croquignoles de mails, envoyés par erreur à d’autres destinataires d’où  il ressortait que l’ambiance n’est pas au beau fixe. Cette fois-ci, en applaudissant l’opposition contre Bart De Wever, les députés CD&V et sp.a ont franchi un cap. Surtout que Bart De Wever et son absence remarquée ont déjà été soulignés au Sénat où on est en train de voter la réforme de l’Etat.

L’ambiance se dégrade donc entre les partenaires. Kris Peeters, le ministre-président flamand le confirme d’ailleurs assez ouvertement: « Je n’ai rien contre les débats politiques mais la manière dont cela se passe aujourd’hui est déplorable (…) la nervosité et l’opportunisme gagnent du terrain à l’approche des élections communales« .  Ou encore : « Il faudrait veiller à ce que ces comportements ne dépassent pas certaines limites ». Vous imaginez Rudy Demotte qui dirait la même chose, c’est qu’on serait déjà assez loin dans le pugilat.

Quelles leçons retenir de ce bouillonnement flamand ?

1. Les communales  rendent tout le monde nerveux au nord du pays, c’est un vrai test de la puissance de la N-VA et d’autres formations ont le sentiment d’y jouer leur survie.

2. Avoir un pied dans la majorité (en Flandre), un pied dans l’opposition (au fédéral) n’est pas simple. Plutôt que de faire le grand écart Bart De Wever boude les 2 assemblées : il ne va ni au parlement régional ni au sénat.

3.  A chaque fois que vous vous voulez toucher à l’enseignement vous prenez un risque. Les parents d’élèves détestent le changement, parlez-en à Marie Dominique Simonet ou à Marie Arena.  En optant pour le statu quo et en refusant qu’on retarde l’orientation, Bart de l’a très bien compris. C’est vrai, à 12 ans, les enfants n’ont pas toujours une idée très précise de ce qu’ils veulent devenir, mais ce n’est pas grave, à 12 ans on n’est pas électeur. Leurs profs et leurs parents auront donc des idées à leur place. C’est sans doute un peu conservateur, mais  électoralement, c’est surement  très porteur.

Le parti pirate à l’abordage des communales

Par Fabrice Grosfilley dans communales , le 21 mai 2012 08h34 | 5 commentaires

pirateblog

Le parti pirate n’est pas tout à fait inconnu en Belgique. Cette petite formation avait présenté des candidats en 2010 dans la circonscription Bruxelles-Hal-Vilvorde. La liste avait obtenu 2200 voix, 0,26% des suffrages. Anecdotique ou presque.

Cette fois-ci le parti pirate version 2012 vise les communales et espère  profiter du succès des partis frères. Il existe en effet des partis pirates à peu près dans toute l’Europe. Lors des dernières élections régionales, le parti pirate allemand a ainsi obtenu plus de 8% dans le Schelwig-Holstein, plus de 7% dans la Sarre ou dans la Rhénanie du Nord, ce qui lui a permis de décrocher une vingtaine de députés.

En Suède, là où le mouvement a été lancé en 2006, le parti pirate a obtenu 7% lors des dernières élections européennes, ce qui lui a permis d’envoyer deux élus au parlement européen. L’idéologie du parti pirate est effectivement centrée sur internet : son programme demande la réforme des législations sur le droit d’auteur, la fin des brevets sur les logiciels et les êtres vivants et une meilleure protection de la vie privée des internautes.

A

Pas de programme

La semaine dernière le parti pirate de Belgique a donc annoncé qu’il devrait être présent aux prochaines élections provinciales dans la plupart des provinces. Le parti devrait également monter des listes dans une série de grandes villes : Bruxelles, Liège, Namur, Charleroi. Il  possède également des militants assez bien implantés à Schaerbeek, et on trouve côté francophone, quelques anciens membres du CDH aux commandes.

Quel est l’intérêt de monter des listes aux élections communales pour ce type de parti, c’est quand même une question qu’on peut se poser. Les questions de droits d’auteur ou de sécurité informatique sont débattues au parlement fédéral, éventuellement certains aspects au niveau de la fédération Wallonie-Bruxelles, mais au niveau communal, le parti pirate semble à priori hors sujet. Ses militants contournent la difficulté en indiquant qu’il s’agit pour eux de lancer une démarche. On met en avant un projet de société, basé sur la jeunesse et la libre circulation de l’information. Le parti pirate reconnaît d’ailleurs ouvertement qu’il n’a pas de programme, c’est donc aux citoyens de l’écrire, et cette formation politique voudrait fonctionner comme fonctionne internet : sous la forme d’un réseau qui s’étend et pas sous la forme d’une pyramide ou les idées vont de haut en bas. C’est sympathique, mais évidemment on risque fort de vous promettre la baisse des impôts pour tout le monde, sans jamais vous dire où on ira compenser la diminution des recettes.

A

Candidat au « vote sanction »

Puisqu’il n’a pas vocation à diriger les communes, le parti pirate s’offre une répétition avant les élections de 2014. Là, avec des européennes, des législatives et des régionales en même temps, il y aura un véritable enjeu pour peser sur les problématiques que les pirates entendent porter.  Il ne faut  pas sous-estimer cette formation. D’abord parce que ses scores à l’étranger montrent que la démarche intéresse un certain électorat. Ensuite parce que le parti pirate est typiquement ce type de formation susceptible de capter un vote de rejet. Un parti anti-système, comme peuvent l’être des formations d’extrême droite ou d’extrême gauche. On sent bien qu’entre le PTB, le rassemblement Wallonie-France, et le Parti Populaire, il y a sans doute la place en Belgique pour une nouvelle formation politique qui ne soit pas liée aux 4 grands partis traditionnels. Le parti pirate, peut, comme ces formations, incarner un positionnement idéologique original et spécifique. Comme ces formations également, il devra compter sur un vote sanction pour capter une audience plus large que les seules thématiques qu’il porte, et la compétition risque d’être rude.

La difficulté pour ce genre de partis est d’atteindre le seuil critique qui lui permettra d’exister médiatiquement et électoralement. En 2010,outre le parti pirate sur Bruxelles-Hal-Vilvorde il y avait aussi les listes  « Egalité », « Parti Populaire » ou « Pro-Bruxelles ».  Quelques années plus tôt on avait eu droit à velorution, BUB  ou trèfle. Ces listes n’ont jamais percé. Le Parti Populaire a bénéficié d’un siège par la magie de l’apparentement, mais le divorce entre Mishail Modrikamen et Laurent Louis  condamne le PP à repartir de zéro.

Cette « campagne des petits » n’est pas sans intérêt.  Historiquement, le Rassemblement Wallon, ou la Volksunie par exemple, se sont déployés de la même manière : en dehors des structures traditionnelles et en portant un projet spécifique. Cela ne les a pas empêchés, même s’ils ont disparu, d’influencer durablement notre système politique. Quitte à ce que les pirates, en intégrant l’une ou l’autre formation, ne deviennent corsaires…

Magnette, Javaux, De Decker et Fremault déposent leurs listes. C’est la sortie pour Ficheroule, Michel, Lissens, De Lobkowicz…

Par Fabrice Grosfilley dans communales , le 15 mai 2012 11h34 | Un commentaire>

voing

Nous sommes désormais à 5 mois des élections communales, 152 jours exactement nous séparent du 14 octobre.

Ces dernières 48 heures les choses ont commencé à s’accélérer. On connaît désormais les têtes de liste pour à peu près tous les partis dans à peu près toutes les grandes communes. Et surtout on commence à avoir des listes complètes, l’occasion de remarquer quelques apparitions surprises, de découvrir qui fait son retour, ou au contraire qui a été gentiment poussé vers la sortie.

Hier par exemple le Parti Socialiste de Charleroi a dévoilé l’intégralité des 51 candidats. En tête de liste pas de surprise: Paul Magnette numéro 1, Françoise Daspremont numéro 2 et Eric Massin numéro 3. Cela indique bien qu’Eric Massin a toutes les chances d’être le bourgmestre faisant fonction si Paul Magnette conserve un maroquin ministériel. La surprise vient plutôt de la suite de la liste : Bernard Van Dyck, Phillipe Van Cauwenberghe (le fils de Jean-Claude) et Serge Beghin (ancien échevin se retrouvent en effet dans le top 10 alors qu’ils ont fait l’objet d’inculpation. Inculpé ne veut pas dire coupable, même si la règle au sein de la majorité carolo actuelle prévoit qu’on ne peut pas être échevin dès qu’on est sous le coup d’une inculpation. On notera que deux des personnalités qui avaient été très critiques avec la gestion socialiste du passé, Paul Ficheroulle et Ingrid Colicis ne figurent pas sur la liste, conformément à ce qu’ils avaient annoncé l’un et l’autre.

Autre liste d’un ténor, celle de Jean-Michel Javaux à Amay. Le Bourgmestre et ancien président d’Ecolo a dévoilé les 23 noms hier. Il y aura 12 petits nouveaux, moyenne d’âge 42 ans.

A Uccle en Région Bruxelloise, Armand De Decker avait présenté sa liste jeudi dernier, Didier Reynders y sera en dernière position. Ses concurrents du CDH ont dévoilé la leur hier. Céline Frémault qui est chef de groupe au parlement bruxellois sera tête de liste. La petite surprise réside dans l’absence de Stéphane De Lobkowicz. Cette personnalité bien connue des Ucclois est un transfuge des libéraux qui avait même été dans la course au maïorat en 2000 (à l’époque en guerre avec Eric André). Il était le chef de groupe du CDH à la commune et est donc purement et simplement écarté.

Autre absent des élections communales : Louis Michel. Il ne se présentera ni à Schaerbeek ni à Jodoigne. A Jodoigne c’est le bourgmestre actuel Jean Paul Wahl qui sera tête de liste. Louis Michel ne se présente pas car son fils Mathieu occupera la dernière place sur la liste.

Toujours au MR Isabelle Lissens a fait savoir qu’elle ne serait pas candidate à Huy. Elle avait pourtant été bourgmestre faisant fonction en 2008 en pleine tourmente Lizin, avant que le MR ne soit finalement renvoyé dans l’opposition. Elle claque finalement la porte du MR où elle ne s’estime plus écoutée.

Si vous picorez dans les journaux, vous trouverez encore beaucoup d’information sur les élections communales dans les prochains jours. Officiellement les candidats ont encore un peu de temps. Les listes doivent être déposées les 13 et 14 septembre pour la région wallonne, les 15 et 16 septembre en Région bruxelloise… vous ajoutez quelques jours pour les vérifications et les recours éventuels c’est le 24 septembre pour Bruxelles ou le 25 pour la région wallonne que toutes les listes seront définitivement arrêtées. Pour les lites sérieuses ce sera fait bien avant car l’essentiel de la campagne se jouera dès la rentrée de septembre. Les partis politiques et les candidats ont tout intérêt à avoir bouclé leurs listes avant de partir en vacances.

Michel, Lutgen, Giet, Deleuze : tous candidats bourgmestres

Par Fabrice Grosfilley dans communales , le 24 avril 2012 08h49 | Commentaires fermés

Je suis désolé. Après ces  quelques journées ou nous n’avons parlé que de la présidentielle française on va descendre d’un cran avec la préparation de nos élections à nous, les communales du mois d’octobre. Descendre d’un cran parce qu’en apparence ce sont des élections locales, avec des enjeux locaux.  Le scrutin sera parfois déterminant pour  l’avenir d’un quartier, l’aménagement d’un rond-point, la construction d’un centre commercial, la hausse ou pas des impôts locaux : ce n’est pas la même chose que le grand destin national d’un François Hollande ou d’un Nicolas Sarkozy. Et bien ceux qui pensent cela ont tort. D’abord parce que ces enjeux locaux nous concernent au plus près. Savoir si mon quartier est bien entretenu ou nettoyé par les agents de la ville c’est un élément du bien-être, on ne peut pas demander plus de sécurité, plus d’emplois, plus de logements, une école de qualité et moins d’impôt sans s’intéresser à la politique de sa commune. Râler c’est bien, voter c’est mieux.  Ensuite parce que le même jour, les électeurs wallons voteront aussi pour les élections provinciales. Là on quitte l’échelon local (avec la liste du bourgmestre Xavier Mouligneau contre la liste intérêts communaux  d’Albert De Smedt  tandis que la liste avenir 2012 de Véronique Vandermael joue les troubles fêtes) et on retrouve, au niveau de la province, les listes de nos partis habituels PS, MR, CDH, Ecolo,  et,nouveauté cette fois -ci, le FDF. Enfin,  troisième raison de ne pas snober nos élections communales : le  constat que tous les ténors de la politique belge vont y consacrer leur énergie dans les prochains mois. Pour tout grand format qui se respecte avoir un mandat local c’est avoir une base de repli en cas de problème, un tremplin pour les scrutins à venir en cas d’ambition, une expérience de gestionnaire à faire valoir  et  un contact avec les réalités de terrain dans tous les cas de figure.

Si on fait le tour de nos présidents de parti, ils sont tous candidats aux communales. Et tous viseront un rôle de premier plan, bourgmestre si c’est possible, bourgmestre empêché dans certain cas. Exemple : Charles Michel, bourgmestre de Wavre devrait rempiler. Benoit Lutgen, candidat à Bastogne, espère prendre la maïorat au détriment du mouvement réformateur. Chez les socialistes le président par intérim Thierry Giet voudrait conquérir le fauteuil de Bourgmestre à Sprimont, tandis que le président officieux Elio Di Rupo sera bien tête de liste à Mons. Et même chez les écologistes,  où Emily Hoyos et Olivier Deleuze ne seront pas tête de liste, on ne peut pas exclure que la tentation du mayorat existe. A Watermael-Boitsfort par exemple on peut tout à fait envisager qu’Ecolo soit en position de revendiquer le poste de Bourgmestre et qu’Olivier Deleuze puisse être intéressé. Au FDF le parti joue carrément sa survie lors de ces communales. L’élection à la présidence du parti a d’ailleurs été repoussée à après octobre.  Un tour du côté des ministres ? Rudy Demotte veut prendre Tournai, Paul Magnette : Charleroi, Laurette Onkelinx :  Schaerbeek, André Antoine :Perwez. Pour chacun d’entre eux gagner les élections communales est une question de crédibilité politique. Pour Thierry Giet, Rudy Demotte, Paul Magnette, en cas de succès on  devra ensuite se poser la question de savoir s’ils préfèrent être bourgmestres ou garder leurs postes actuels. Un problème de riche, car en cas d’échec ils risquent ni plus ni moins qu’un affaiblissement de leur autorité, et une traversée du désert. Les élections, c’est un peu comme une boisson sans alcool : sur l’étiquette  l’inscription est locale, en bouche le gout est  national.

Ouverture de la campagne pour les communales : les slogans en disent plus qu’ils n’en ont l’air

Par Fabrice Grosfilley dans communales, nva, ps , le 5 mars 2012 11h58 | 4 commentaires

psblog223 jours, ou 7 mois et 9 jours, c’est le délai qui nous sépare de ces élections communales qui auront lieu le dimanche 14 octobre. Deux partis politiques ont officiellement lancé les hostilités ce weekend : la NVA, samedi  à Louvain, et le PS, hier à Liège.  On y a vu les traditionnelles images des présidents de parti qui haranguent leur troupe depuis la tribune, avec les mandataires au premier rang,  le bar à l’extérieur, et pour clore le tout la chanson à l’unisson, le Vlaams Leeuw pour les Flamands, l’internationale pour les socialistes. Ces congrès ont pour objectif de  mobiliser les militants et donner une ligne directrice pour les campagnes, slogans à l’appui. « La force du changement » pour la NVA , « votre quotidien, notre combat » pour le PS.

Arrêtons sur ces deux slogans, ils sont révélateurs, et assez éloignés l’un de l’autre. Avec « la force du changement » la NVA indique clairement qu’elle se pose en alternative aux partis traditionnels.  Il faut se battre « contre les forces du statu quo » a ainsi expliqué Bart De Wever le président de la NVA, pour « montrer aux partis traditionnels qu’on ne peut continuer sur cette voie ». La NVA lance ainsi une campagne nationale, dont le thème n’est pas la gestion des communes, mais plutôt un test de popularité pour le gouvernement Di Rupo.  La dimension communautaire est ouvertement revendiquée : « nous, N-VA, devons offrir aux gens une alternative crédible, un parti qui fait de la politique de façon sérieuse et honnête, un parti qui ne se satisfait pas du peu qui est encore faisable dans ce pays, mais qui se bat pour les changements nécessaires dont la Flandre a besoin » ».

Si la NVA a choisi de mener campagne sur ce terrain-là, c’est d’abord parce qu’elle estime que ce message est porteur. La critique  du système (les autres partis ont échoué), la flamandisation des priorités (d’abord les flamands, le reste du royaume ensuite), et la dénonciation  de l’autre communauté, (ces francophones nous empêchent de réformer le pays) sont les figures habituelles du discours de la NVA. Si la NVA utilise des thèmes nationaux pour une campagne locale,  c’est aussi parce qu’elle a très peu d’expérience locale à faire valoir. Aujourd’hui la NVA a des sections locales dans toutes les communes de Flandre ou presque. Elle fera cavalier seul dans 83% des cas. Mais nous manquerons de points de comparaison, car en 2006 la NVA avait profité du cartel avec le CDV pour faire une entrée modeste dans les communes et les provinces. Pour le dire platement la NVA n’a pas de bilan à présenter.

Alors  vous me direz qu’il y a un paradoxe évident à faire une campagne communautaire sur des enjeux locaux. Qu’on ne voit pas très bien en quoi les francophones seraient responsables d’une mauvaise gestion des communes de Gand , Malines ou Hasselt.  C’est vrai, mais ce n’est pas parce que c’est vrai que l’électeur de la NVA s’en rend compte.  Et Bart De Wever a été prudent ce weekend « nous avons un retard très important par rapport aux partis traditionnels a-t-il rappelé à ses militants, nous ne pourrons pas le rattraper en une élection ».

Si on regarde le slogan du PS, on est dans l’effet inverse. C’est un slogan d’une absolue proximité. « Votre quotidien, notre combat ». On pourrait l’inverser « votre combat, notre quotidien », en temps de crise ça marche aussi, et on peut tout à fait imaginer que cette formule puisse servir à une autre formation que le parti socialiste. Même s’il y a le terme « combat », qui  appartient au vocabulaire de la gauche, ce n’est pas un slogan porteur d’un projet politique, mais plutôt un slogan qui insiste sur le lien entre l’élu et l’électeur. On emploie le pluriel pour monter qu’on est une force collective et on insiste sur le sens de l’écoute de la formation politique. L’idée qu’on est au service du citoyen et pas l’inverse. Un slogan qui met en avant les mandataires locaux plus que le parti, et qui ne nous parle pas vraiment du programme et surtout pas de la situation nationale. Exactement le contraire de ce que fait la NVA.

Si socialistes et nationaliste empruntent des stratégies quasi opposées, les deux formations jouent gros. Pour la NVA  il s’agit de se maintenir à un niveau extrêmement élevé. Un recul serait interprété comme un échec. C’est d’autant plus délicat que les sondages sont très favorables. Pour le PS il s’agit de confirmer un ancrage historique  dans les communes, alors que la politique de rigueur  n’est sans doute pas celle que plébisciteraient ses électeurs.  Quand on est le premier parti de sa communauté, on s’expose plus que les autres au risque d’une sanction lors d’un scrutin interemédiaire. Derrière les communales tout le monde pense aux législatives. Perdre trop de plumes en 2012 c’est être en mauvaise posture pour préparer 2014. C’est crucial pour la NVA qui vise la ministre-présidence en Flandre. C’est vital pour Elio Di Rupo qui espère se maintenir au « 16 rue de la loi. »

Le retour de Robert Collignon à Amay

Par Fabrice Grosfilley dans communales , le 29 février 2012 13h33 | 2 commentaires

On s’y attendait, Robert Collingon le confirme aujourd’hui. L’ancien président du parlement wallon sera candidat aux prochaines élections communales dans sa commune d’Amay. Pas une candidature de témoignage, genre dernier de liste, mais une candidature de combat. L’ancien bourgmestre sera tête de liste et se déclare candidat bourgmestre. Il y a 6 ans les socialistes avaient perdu le maiorat d’un fifrelin au profit de l’écolo Jean-Michel Javaux : c’est l’élue libérale qui avait arbitré le match, puisque les deux listes étaient à égalité. Christophe Collignon, tête de liste en 2006, ayant décidé d’aller tenter sa chance à Huy, son père revient donc à l’avant-plan. Il flotte dans l’air un parfum de revanche, et le match Collignon-Javaux sera sans doute  particulièrement viril. Tout  oppose Jean-Michel Javaux et Robert Collignon : leur vision de la politique, la place du nucléaire (les tours de la centrale de Huy dominent la commune) et même le débat institutionnel (Collignon père est un régionaliste affirmé,  alors que Javaux vient de négocier la réforme de l’Etat).

 En 2006 Jean-Michel Javaux avait obtenu 2900 voix de préférence contre 2226 à Collignon fils. Le père (69 ans)  avait rafflé 16 000 voix sur l’arrondissement de Huy en 1991 et  mettra sans doute tout le poids de son passé dans la bataille  (il a été  bourgmestre de la commune de 1987 à 1994 puis minsitre-président wallon de 1994 à 1999 avant de président le parlement régional) .

La famille Collignon sera d’ailleurs fortement impliquée dans la campagne, puisqu’outre Robert à Amay et Christophe à Huy, la fille de la famille, Christine est bourgmestre à Villers-le-Bouillet et candidate à sa succession.

Communales 2012 : Schaerbeek c’est mieux que Dallas

Par Fabrice Grosfilley dans communales , le 17 février 2012 11h49 | 6 commentaires

blogSchaerbeek, 127 000 habitants, 2ième commune de la Région bruxelloise, 7ieme commune du royaume.  Une commune, qui en terme de population pèse plus lourd que Namur ou Mons c’est d’office un enjeu  politique majeur. Cela devient même un enjeu crucial quand les alliances volent en éclat. Schaerbeek sera aux élections communales ce que Dallas fut à nos soirées des années 1980 : un feuilleton plein de rebondissements où les ambitions s’affichent ouvertement.

A Schaerbeek le maïorat est donc détenu par Bernard Clerfayt, 51 ans, membre du FDF, bourgmestre depuis 2000 et qui va donc briguer son 3ièem mandat. Bernard Clerfayt a jusqu’ici été élu à la tête d’une liste ou se côtoyaient le FDF et les libéraux , les amis d’Olivier et les supporters de Charles. Les deux formations ayant décidé de se séparer on a prié les élus locaux de se séparer aussi, c’est logique.

Le problème c’est qu’à Schaerbeek les élus libéraux ont très bien compris le danger. Se présenter contre Bernard Clerfayt c’est prendre le risque de perdre la majorité (et les 3 mandats d’échevins qui vont avec). Là cela commence à devenir cloche-merle. Les libéraux schaerbeekois ont  réuni leur comité directeur fin janvier  et sont passés au vote, bulletin secret et en présence d’un huissier : par  23 voix sur 32 ils ont décidé de rester avec le FDF. Pas du tout rétorque Françoise Bertieaux  présidente des libéraux bruxellois, quelques jours plus tard. On est en phase de conciliation, ce vote ne compte pas. En clair la décision des libéraux locaux est invalidée. Les libéraux font même savoir qu’ils ont un autre échevin (Georges Verzin)  qui est prêt à être tête de liste contre  Bernard Clerfayt. La rumeur annonce l’arrivée de Louis Michel, celui-ci dément,  Schaerbeek c’est la cité des ânes on commence à se donner de sérieux coups de pieds.

Hier nouvelle montée de température.  Le journal la Capitale évoque un sondage qui laisse apparaître que le MR est le premier parti de la commune avec 23% d’intention de vote, alors que le FDF n’en aurait que 19%. Hurlements de Bernard Clerfayt qui sort un communiqué au vitriol. « les Schaerbeekois ne se laisseront pas manipuler par un sondage qui est commandé par l’état major du MR. Ce sondage n’explique pas aux personnes interrogés que la majorité des libéraux seront sur la liste du bourgmestre. C’est une pantalonnade » et le bourgmestre d’ajouter que le seul échevin MT qui envisage de se présenter contre lui agit par opportunisme politique.

Ce vendredi, contre-riposte de Françoise Bertieaux, dans un nouveau communiqué : « si certains se présentent sur la liste du Bourgmestre FDF Clerfayt, le MR prend acte de leur passage au FDF. Ils ne pourront dès lors plus se recommander du sigle MR. »

Pendant ce temps-là, Isabelle Durant pour Ecolo et Laurette Onkelinx pour le PS sont au balcon. La bataille de la cité des ânes est pourtant loin d’être anecdotique.  MR et FDF séparés, tous les pronostics deviennent possibles à Schaerbeek. Le bourgmestre sortant n’est absolument pas sûr de pouvoir maintenir sa majorité. Et Schaerbeek n’est pas la seule commune ou la bataille rangée entre les alliés d’hier risque de faire des dégâts. A  Kraainem , une des six communes à facilités, les libéraux distribuent ces jours ci un tract à leurs couleurs. Un tract bilingue français néerlandais, où l’on explique que les intérêts des francophones ont été préservés lors des grandes négociations gouvernementales et qu’on aspire à la pacification communautaire, bref, un tract où l’on  prend ses distances avec le FDF. Le seul fait que le Mr finance un tel outil est une info : jusqu’à présent MR et FDF travaillaient en commun et il ne serait venu à l’idée de personne de faire des tracts séparés. Dans cette commune, comme dans la plupart des communes de la périphérie, les francophones avaient comme habitude de ne présenter qu’une seule liste, sous le label « union de francophones ».   On y retrouvait toutes les sensibilités politiques, mais la tête de liste était souvent occupée par le FDF.  Cette fois-ci il n’est pas du tout sûr que les choses se passeront comme cela. La liste UF qui faisait ¾ des voix risque d’éclater. En face les Flamands se frottent  les mains. Le divorce entre Charles Michel et Olivier Maingain risque d’avoir beaucoup plus de répercussions qu’on ne pouvait le croire. Dans Dallas, il y avait aussi beaucoup de dégâts.

L’échevin des finances d’Ixelles sur un siège éjectable

Par Fabrice Grosfilley dans communales , le 19 décembre 2011 11h39 | Un commentaire>

Il y a de l’agitation à Ixelles. Après la polémique sur la gestion des  manifestation anti-kabila et l’absence du bourgmestre la semaine dernière lors des premiers troubles, c’est désormais le poste d’échevin des finances qui est en cause.  Olivier De Clippele, l’échevin MR des finances n’a pas voté le projet de budget, succitant le courroux des socialistes et un certain énervement dans les rangs MR (socialistes et libéraux sont associés dans la commune, et si le MR est le premier parti, la maiorat est quand même revenu au PS  Willy Decourty). Le bourgmestre confirmait ce matin que le collège échevinal se pencherait cet après midi sur la question et qu’un retrait des compétences était plus qu’envisageable.  L’incident intervient alors que le MR est déjà en train de confectionner sa liste pour les prochaines élections communales : Dominique Defourny, tête de liste, Alain Destexhe, transfuge d’Auderghem et Delphine Bourgeois (ex-FDF) en bas de tableau. La sortie d’Olivier De Clippele et son éventuelle sanction intervient donc dans un climat chahuté.  En face Willy Decourty devrait réserver la seconde place de la liste du bourgmestre à la sénatrice Caroline Désir.

A Bruxelles, le PS et le MR se préparent (déjà) pour les communales

Par Fabrice Grosfilley dans communales , le 19 octobre 2011 16h34 | Commentaires fermés

Les communales arrivent dans un an (le 14 octobre 2012) et on commence doucement à se préparer.  Dans la capitale du royaume, deux listes sont déjà dans les starting-blocs. Ainsi le MR a-t-il dégainé une première photo de campagne et sa tête de liste Alain Courtois indique sur son site internet que la « campagne est lancée ». Vous noterez sur la photo que Frédérique Ries et Marion Lemesre encadrent la tête de liste dans une pose très « série américaine ».

affiche

 

 

Les observateurs attendaient aussi et surtout de savoir comment le PS organiserait sa liste pour l’an prochain. Freddy Thielemans, bourgmestre actuel, avait déjà été confirmé yvan-mayeurcomme tête de liste, mais tous les regards se tournaient vers ses colistiers. En toile de fond la succession de Freddy Thielemans, et une rivalité potentielle entre Yvan Mayeur et Philippe Close. Et les mauvaises langues de laisser entendre que ces deux-là pourraient se disputer sévèrement la  3ième place sur la liste (alternance homme/femme oblige) Karine Lalieux faisant figure d’outsider. Apparemment il n’en est rien. Lors d’une réunion discrète ce lundi les dirigeants du PS Bruxellois ont convenu de présenter une liste qui reprendra l’ordre des dernières communales.  Soit un bulletin qui devrait, dans l’ordre, porter les noms suivants :

  • 1) Freddy Thielemans
  • 2) Faouzia Hariche,
  • 3) Yvan Mayeur
  • 4) Karine Lalieux
  • 5) Philippe Close,
  • 6) Mohamed Ouriaghli
  • 7) Ahmed El Ktibi

Cette décision n’est pas encore officiellement avalisée, et doit encore être présentée à la section bruxelloise du PS, mais « le plus dur est fait, on ne va pas se déchirer au delà de la 7iéme place, on peut donc dire que nous sommes en ordre de marche » indiquait aujourd’hui l’un des élus concernés. Le risque d’incident de pré-campagne semble donc écarté dans la famille socialiste. Tout indique qu’Yvan Mayeur est bien le dauphin présumé de Thielemans et que Philippe Close a de fortes chances de succéder un jour à Charles Picqué, tandis que Karine Lalieux, en attendant un strapontin ministériel joue toujours les outsiders. A condition bien sûr que les uns et les autres réalisent des scores électoraux conformes à leur ambition.

Les FDF, combien de divisions ?

Par Fabrice Grosfilley dans communales, fdf, mr , le 16 septembre 2011 07h45 | 7 commentaires

C’est un divorce qui va crescendo.  Que ce soit à 18h sur Bel RTL, ou à 19 heures sur RTL TVI Olivier Maingain a pu dire tout le mal qu’il pensait de l’accord intervenu mercredi soir, il a sommé les francophones et en particulier le mouvement réformateur de se ressaisir et il a ouvertement  envisagé de mettre un terme à l’alliance qui unit les fédéralistes démocrates francophones au mouvement réformateur.

Après de telles déclarations, la séparation semble inéluctable. Comme pour tout divorce les mariés ont  quand même intérêt  à faire les comptes avant de se séparer. Le FDF compte dans ses rangs 6 bourgmestres : 2 en périphérie bruxelloise (Kraainem et Linkebeek) et 4 en région bruxelloise. Intéressons-nous à Bruxelles : en cas de listes séparés le seul qui semble capable de garder son siège c’est Didier Gosuin à Auderghem. Sans les libéraux Martine Payfa à Watermael-Boisfort  et Olivier Maingain lui-même à Woluwe Saint Lambert  seraient en difficulté,  quand à Bernard Clerfaydt à Schaerbeek on pourra remarquer que sa liste aux dernières élections comptait déjà plus que libéraux que de FDF.

Au parlement bruxellois il y a 11 députés FDF pour 13 députés libéraux. Enfin, les fédéralistes démocrates francophones comptent  aussi dans leurs rangs 3 députés à la chambre et un secrétaire d’état.

Si les FDF ont donc beaucoup à perdre,  à un an des communales l’idée que les deux partis puissent se présenter séparément pénaliserait aussi le MR. On pense à des communes comme Anderlecht par exemple ou en cas de divorce les bleus risquent fort de perdre le mayorat.  On pense aussi à la Wallonie ou les FDF essayent vaille que vaille de s’implanter et pourraient grignoter un siège par ci, un siège par là.  Il  n’y a pas besoin de tsunami amarante  pour provoquer  par endroit des basculements de majorité.  La vérité c’est qu’en se séparant les deux formations sont toutes les deux perdantes.  Les FDF devront faire une campagne exceptionnelle s’ils ne veulent pas être réduits à la portion congrue, voire  être menacés de disparition. Les libéraux devront éviter un recul trop marqué s’ils veulent préserver leur chance d’entrer dans de nouvelles majorités.  Au-delà des communales l’enjeu pour Charles Michel est celui-ci : ramener les libéraux dans  les gouvernements régionaux, en Wallonie et à Bruxelles.  En négociant et  démontrant qu’il est capable de bâtir un  compromis Charles Michel est en train de réussir ce pari-là : refaire du MR un parti de gouvernement et un partenaire  qu’on a plutôt envie d’avoir avec soi plutôt que contre soi.

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais la NVA a adopté hier une attitude à l’opposé de celle du FDF. Certes Bart De Wever est critique et trouve  que l’accord n’est pas suffisamment bon pour les flamands, mais il dit aussi que ce n’est pas le cauchemar qu’il redoutait. C’est une position subtile. Puisque la scission de l’arrondissement BHV est une victoire historique pour les flamands la NVA a compris qu’elle ne pouvait condamner l’accord, et essaye donc de faire passer l’idée que tout ça c’est un peu grâce à elle, ce qui est d’ailleurs assez conforme à la réalité.  Le contraste avec Olivier Maingain est saisissant. Vous avez donc un parti la NVA, qui de l’extérieur, fort de la puissance de ses 27 députés, estime avoir positivement influencé les négociateurs. Et un autre parti, le FDF, qui était lui à  l’intérieur des négociations ( il faut rappeler qu’ Olivier Maingain a été régulièrement consulté par Charles Michel et aussi parfois directement par Elio di Rupo), qui ne pesant que 3 députés, étale son amertume. A l’intérieur ou à l’extérieur, quelque soient les idées que l’on défend, la qualité des arguments, ou l’éloquence dont on fait preuve, respecter la  démocratie c’est aussi en accepter les rapports de force.