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En Wallonie, le sapin ça pique (quand l’incident Marcourt-Antoine cache une polémique d’hommes des bois)

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, cdh, ecolo, ps, wallonie , le 28 octobre 2011 10h13 | 5 commentaires

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On va commencer par le premier incident, celui qui a alerté toutes les rédactions hier en fin de matinée. Les ministres du gouvernement wallon sont en conclave budgétaire. Il y a un climat de grande tension entre Jean-Claude Marcourt, le ministre de l’Economie et André Antoine, le ministre du Budget. A midi, André Antoine claque la porte de la réunion. Que s’est-il passé  exactement ?

Il semble que l’incident ait eu lieu à propos de la SOGEPA, société de gestion et de participation, un outil qui permet à la région wallonne d’investir dans des entreprises privées. Comment faut-il comptabiliser exactement ces participations ? Est-ce une dépense ou un investissement, comment faut-il inscrire ces montants au budget ? Les deux ministres sont en désaccord. Selon mes informations, André Antoine aurait alors appelé  son chef de cabinet au téléphone. Mais comme ce chef de cabinet est aussi le vice-président de la SOGEPA, sous la tutelle directe de Jean-Claude Marcourt, le ministre de l’Economie aurait fait remarquer, de manière assez acide semble-t-il, que la communication devait passer par lui. Petite fâcherie et porte qui claque. Vous aurez noté qu’hier matin, lors de l’invité  de 07h50 sur Bel RTL, Jean-Claude Marcourt avait pris à deux reprises le contre-pied de ce qu’André Antoine affirmait une semaine plus tôt (sur l’ampleur de l’effort budgétaire comme sur l’imminence d’une décision sur le projet de centre sportif de haut niveau). Evidement ça n’aide pas.

L’incident  Marcourt -Antoine  a donc fait la Une, mais  je m’en voudrais de ne pas vous en signaler un autre. Hasard ou pas du chronomètre, c’est à la minute près, au moment ou André Antoine claque la porte. Mais cette fois-ci c’est sous la forme d’un communiqué. Ce n’est plus un incident PS- CDH, mais un incident CDH-Ecolo.

Titre de ce communiqué au vitriol : « le CDH et les sapins de noël : une polémique imbécile à partir d’une communication qui n’existe pas. » Rien que ce titre vous indique qu’on a troqué l’encre pour l’explosif, le stylo pour le bazooka. Sur le coup j’étais scié…

Je vous résume  l’affaire . Un député wallon écolo Patrick Dupriez, explique qu’il a voulu interroger Benoit Lutgen au sujet des plantations de sapins de Noël. N’y a-t-il pas trop d’herbicide, un phénomène de ruissèlement qui conduit à l’érosion,  et surtout la suppressions de prairies qui sont favorables à la biodiversité ?  Selon ce député, le ministre n’a pas répondu, mais sa question se retrouve dans la presse, présentée sous un jour défavorable.

Si tous les communiqués de presse des partis politiques (l’auteur de ce blog en lit au moins une dizaine par jour) étaient rédigés dans le même style,  ce serait Noël tous les jours au pays des journalistes politiques.

Morceaux choisis : « Habituellement, ce qui est intéressant dans une question parlementaire c’est la réponse du ministre. Au CDH c’est le contraire ».

« A qui profite ce raffut organisé ?  Pourquoi le CDH alimente-t-il une polémique portée par de véritables attaques ad hominem ?

Au-delà des polémiques, fondées sur une communication qui n’a jamais eu lieu et des propos jamais tenus, il sera intéressant d’écouter les réponses du ministre  sur les questions qui lui sont posées, et qui nous semble davantage pertinentes que la polémique organisée comme un chahut par des collégiens attardés ».

Diantre, quelle violence ! Renseignement pris, la prise Ecolo est une réponse à une charge CDH, un autre communiqué, plus discret mais tout aussi musclé et titré « production de sapins de noël, Ecolo est dans la résine ». Extraits : « une guirlande peu lumineuse d’idées reçues et non vérifiées, le député écolo Patrick Dupriez doit avoir une aiguille d’épicéa dans l’oeil » (oui l’odeur du sapin, ça dope le style des auteurs de communiqué, vous avez remarqué ?). Ou encore, toujours dans le registre bûcheron :  « La culture du sapin de Noël est une affaire des professionnels. Au lieu de mettre les  boules aux forestiers, Ecolo serait bien inspiré de se rendre en Ardenne. »

Et une source CDH de préciser que si le ministre n’a pas pu lire sa réponse au parlement wallon, c’est juste parce que le député questionneur était absent lors de la commission concernée, il ya une 15 aine de jours.  Lequel député précise alors qu’il a du quitter la séance vers 19 heures alors que sa question (en 21ième position sur les 28 de l’ordre du jour) n’était toujours pas traitée, et qu’il est d’usage dans ces cas de transformer la question orale en question écrite. Bref, le terreau des sapins est fertile en polémiques (oui, moi aussi je peux le faire). Quand deux partis qui travaillent ensemble dans la même majorité s’échangent des communiqués  comme ceux-là, ils n’ont plus besoin d’opposition.

Les cartons du président

Par Fabrice Grosfilley dans cdh , le 1 septembre 2011 08h36 | Commentaires fermés

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La passation de pouvoir a eu lieu hier. Une cérémonie qui était surtout un hommage à Joëlle Milquet. La plupart des orateurs ont quand même eu un petit mot d’encouragement pour Benoit Lutgen, le plus original a sans doute été Jean Michel Javaux, qui a lancé à la fin de son discours un amusant « bon courage ma poule« , mais la star de la soirée restait Joëlle Milquet (pour ceux qui ont tout raté, je replace quelques vidéos de la soirée en bas de cet article).

Ce matin changement de décor. Benoit Lutgen va réellement s’installer rue des deux-églises. Il va y prendre possession d’un bureau, image symbolique. Pourtant ce n’est qu’un bureau à temps partiel, puisque pendant quelques semaines, il va cumuler la présidence du cdH avec son poste de ministre wallon. Jusque fin septembre,  Benoit Lutgen fera donc des aller-retour entre Bruxelles et Namur, dans un premier temps. Entre Bruxelles et Bastogne dans un second temps. Ce sera là sans doute l’un de ses premiers enjeux : prendre le mayorat à Bastogne. Une ville où il est très populaire, son fief. Le score personnel de Benoit Lutgen en province du Luxembourg lors des élections de juin 2010, était de plus de 20%, ça signifie qu’un Luxembourgeois sur cinq avait voté pour lui. En Wallonie, il n’y en a qu’un qui avait fait mieux, Elio Di Rupo dans le Hainaut. Joëlle Milquet a sauvé le cdH de la déconfiture surtout grâce à ses scores sur Bruxelles, le parti centriste attend de son nouveau président qu’il mette un terme à une érosion lente, mais constante en Wallonie.

Une entrée en présidence ça se peaufine, donc. L’image que vous dégagez à cette occasion vous colle aux basques pour longtemps. Vous aurez noté que Joëlle Milquet a soigneusement mis en scène la fin de son mandat. Des interviews, une grande fête avec tous les présidents de partis, ce qui au passage est assez surréaliste (vous ne pouvez pas imaginer la même chose en France : Sarkozy qui viendrait dire un petit mot sur Bayrou ou Ségolène qui offrirait un casque de moto à François Fillon c’est juste inconcevable comme me le faisait remarquer un élu centriste hier soir). Au cdH, on a tellement préparé cette sortie, qu’il y a même un bouquin sur le bilan de la présidence Milquet qui a été imprimé. Ce qu’on appelle un plan com, pour communication.

Benoit Lutgen, s’il veut faire oublier Joëlle va devoir faire pareil, mais dans l’autre sens. Ce matin, l’installation. Vendredi, il a prévu de rencontrer les journalistes spécialisés dans les matières politiques. Dimanche, il s’adressera pour la première fois aux militants du cdH, ce ne sera pas un congrès mais une sorte de forum, organisé à Namur. Et puis le tour des télévisions, des radios, des journaux. Ce ne sera qu’une sorte d’apéritif. Le vrai test pour Benoit Lutgen ce sont bien sur les négociations gouvernementales, j’ai déjà beaucoup écrit sur le sujet je n’y reviens donc pas, ainsi que la nomination de son remplaçant à Namur. Qui deviendra le nouveau ministre de l’Agriculture, des Travaux publics, du Patrimoine, de la Forêt ? On sait que la désignation interviendra pour la rentrée du parlement wallon, aux alentours du 20 septembre. La logique électorale voudrait que ce soit plutôt un Hennuyer, le cdH a besoin de se renforcer dans cette province-là. A ce stade Véronique Salvi, Catherine Fonck et François Desquesnes (l’actuel chef de cabinet du ministre, il connaît donc bien la matière et habite par ailleurs Soignies) sont les noms les plus cités.  La désignation d’un ministre est toujours le vrai test pour un président de parti : sait-il à cette occasion faire preuve d’indépendance, de discernement et d’originalité ? Si Benoit Lutgen arrive à créer la surprise et à nommer un homme ou une femme « à lui », il aura alors démontré qu’il est vraiment président et, accessoirement, son parti sera alors resté à la une de la presse tout au long du mois, ce qui n’est jamais négligeable.

Le relais CDH dans une zone à risques

Par Fabrice Grosfilley dans cdh , le 31 août 2011 06h34 | Commentaires fermés

Théoriquement ce n’est pas la bonne journée pour se poser trop de questions. Aujourd’hui c’est le départ de Joëlle Milquet. Son parti lui prépare d’ailleurs une petite fête d’adieu ce soir. On va en dire du bien, du mal, souligner  ses qualités, glisser sur un ou deux défaut en souriant et tirer le bilan de sa présidence, 11 ans, presque 12, passés à la tête du CDH.

Pourtant cette question est bel et bien posée : qui représentera le CDH demain à la table des négociations ?  Et la réponse, contrairement àce qu’avance la version officielle n’est pas si claire.  Si c’est Joëlle Milquet, on pourra dire que rien n’a changé,  que ses adieux sont un vrai faux départ. Si ce n’est plus elle, on dira qu’elle a été désavouée, que le CDH en envoyant un nouvel émissaire prend le risque de ralentir tout le monde.

Premier élément de réponse. Demain c’est bien Joëlle Milquet qui sera toujours à la table des négociations. La présidente sortante  continuera de négocier l’aspect institutionnel. Tant qu’on parle réforme de l’état c’est elle qui négocie.

Plus compliqué, les discussions socio-économique. Là les choses sont moins claires. En fonction des dossiers et surtout du calendrier, ce n’est plus Joëlle Milquet mais Benoit Lutgen ou Melchior Wathelet qui pourraient s’asseoir avec les autres négociateurs, comme je l’avais déjà écrit il y a quelques jours. Benoit Lutgen parce qu’il est président. Melchior Wathelet parce qu’en tant que secrétaire d’état au budget c’est lui qui connaît le mieux certaines matières.

Encore plus compliqué pour le CDH, si on y arrive, la dernière ligne droite, quand  il faudra tout mélanger. Passer en quelques minutes de Bruxelles Hal Vilvorde aux soins de santés et aux allocations de chômage. Savoir dit oui ou non en quelques secondes, et engager la responsabilité de sa formation politique, pour ensuite défendre le compromis devant le bureau de son parti. Ca c’est vraiment la responsabilité d’un président. Benoit Lutgen ne pourra pas laisser cette responsabilité à Joëlle Milquet sans perdre sa crédibilité. Joëlle Milquet n’aura surement pas envie d’abandonner le travail à la moitié du chemin. Comme il n’y a qu’une seule chaise à la table de négociation vous voyez bien le problème.

Si je peux prendre une image emprunté à l’athlétisme, avec les frères Borlée c’est à la mode, entre la présidente sortante et le son successeur c’est un peu une course de relais. Pour l’instant on est dans la zone où ils sont en train de courir tous les deux pour se passer le témoin, mais il y a bien un moment où le premier relayeur doit s’arrêter de courir. Si on court trop longtemps et qu’on sort de la zone on risque d’être disqualifié. La difficulté pour l’avant dernier relayeur c’est qu’il doit laisser les honneurs du sprint final et de la ligne d’arrivée à son petit camarade. Il faut de l’humilité pour se donner à fond pendant un tour de piste puis regarder le suivant lever les bras alors qu’on est occupé à reprendre son souffle. L’humilité c’est une qualité rare en politique( en journalisme aussi, je vous rassure).  

La vérité c’est que le calendrier  joue  contre le CDH. Les derniers partis qui ont changé de président, au MR avec Charles Michel, au CD&V avec Wouter Beke, l’on fait dans un temps mort, les présidents n’étaient pas trop sollicités.  Le CDH, lui, doit le faire dans un temps fort. C’est toute la difficulté.

Benoit Lutgen représentera le CDH lors des négociations sur le socio-économique

Par Fabrice Grosfilley dans cdh , le 22 août 2011 10h52 | 6 commentaires

lutgen« Joëlle Milquet négociera après le 1er septembre », voici la manière dont était présentée il y a trois jours la passation de pouvoir entre Joëlle Milquet et Benoit Lutgen . Tous les journaux étaient unanimes (voir ici Le Soir et La Libre  sur base d’une dépêche de l’agence Belga) : si Benoit présidait, Joëlle aurait toujours la main sur les négociations dans un premier temps et il faudrait attendre fin septembre pour que le nouveau président quitte Namur.

Après vérifications à bonnes sources, il faut nuancer cette affirmation.  Il est effectivement acquis que Joëlle Milquet poursuivra les négociations institutionnelles, au moins dans un premier temps si celles-ci ne s’éternisent  pas. En revanche, d’après mes informations la présidente sortante ne dirigera pas la délégation de son parti quand il s’agira des matières socio-économiques. C’est bien Benoit Lutgen qui sera responsable de la négociation sur tous les  thèmes qui ne relèvent pas de l’institutionnel pur et dur (socio-économique, budget,  sécurité, société, etc…) et cela dès le premier septembre. Le mandat de Joëlle Milquet est donc bien plus limité qu’il n’y paraît et le nouveau président entend bien être le vrai patron au plus vite.

Toujours d’après mes informations, en cas d’empêchement du nouveau président, c’est Melchior Wathelet qui représenterait  le CDH à la table des présidents. Benoit Lutgen a en effet confirmé vendredi qu’il garderait son mandat de ministre wallon jusqu’à la rentrée du parlement régional, fin septembre, ce qui implique des difficultés d’agenda. Ce n’est qu’à la fin du mois prochain que le nom de son successeur sera annoncé. Le nouveau président du parti centriste devrait présenter un « projet de parti » début septembre.

Milquet compare la N-VA au Front National

Par Fabrice Grosfilley dans affaires, cdh , le 5 mai 2011 05h56 | 23 commentaires

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Nous sommes à Namur, place Saint Aubin. C’est une réunion publique « comment sortir la Belgique de la crise institutionnelle », annonce le carton d’invitation. Environ 200 personnes sont dans la salle. Coté orateur, le sénateur  Françis Delpérée , Maxime Prévôt, le régional de l’étape et surtout Joëlle Milquet. La présidente du cdH va donc présenter sa lecture de la crise actuelle. Pour elle, les francophones étaient prêts à faire des concessions majeures. Le blocage est à imputer aux partis flamands, incapables de se détacher de la N-VA, dit elle. Et la présidente du cdH n’y va pas par 4 chemins, elle désigne le parti nationaliste comme un « parti démocrate, certes, mais qui défend un projet de société que l’on retrouve d’une certaine manière chez Marine Le Pen  avec laquelle il partage le populisme et certaines formes de stigmatisation et de rejet de l’autre. »

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Une première

Comparer la N-VA avec le Front National, jusqu’à présent aucun président de parti  n’avait osé le faire. Vous vous souvenez sûrement de cette photo où l’on voit Bart De Wever, jeune, assister à une réunion débat avec Jean-Marie Le Pen. Quand cette photo était sortie dans la presse, Bart De Wever avait bien pris soin d’expliquer qu’il n’était pas proche du parti d’extrême droite. Que la N-VA, à la différence du Vlaams Belang,  défendait un programme qui ne se voulait pas xénophobe.

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Risque

En traitant la N-VA de populiste et en insistant sur le caractère égoïste de son positionnement, Joëlle Milquet met sans doute des mots sur un sentiment largement partagé côté francophone. Mais elle prend aussi un risque : celui de radicaliser un peu plus la N-VA et de ressouder à nouveau le front flamand. Paradoxalement c’est quand les critiques viennent de Flandre que la N-VA est réellement en difficulté. Quand ce discours critique, surtout formulé de manière aussi vive, émane d’une voix francophone, c’est au contraire un élément qui est parfaitement  adapté aux discours des nationalistes qui peuvent donc surenchérir sur l’opposition flamands-francophones et finalement se renforcer.

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Effet dévastateur ?

Hier soir, Joëlle Milquet a donc renforcé sa propre image. Celle d’une Madame Non qui ose employer des termes forts et trancher. Elle n’a , en revanche, pas contribué à affaiblir la N-VA. Quand on est dans une phase cruciale, les négociateurs prennent habituellement bien soin d’éviter les petites phrases car ils savent qu’elles peuvent avoir un effet dévastateur. Cette sortie, mais ça on le saura dans les prochaines heures, ne devrait pas non plus amener les nationalistes flamands  à être plus conciliants à la table des négociations. Pourtant, à ce stade, ces négociations se poursuivent.  Avec cette comparaison Joëlle Milquet nous indique donc qu’elle ne croit pas au succès des tractations en cours.

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Elections anticipées

Deuxième élément sur lequel Joëlle Milquet a été surprenante hier soir, c’est la tenue d’éventuelles élections anticipées. Faute d’accord on pourrait aboutir à des élections anticipées. On pourrait les coupler avec les élections communales de 2012 voire avant, a indiqué Joëlle Milquet. Vous avez déjà entendu cette hypothèse,  elle n’est pas nouvelle, mais c’est la première fois qu’un président de parti , en l’occurrence une présidente, l’évoque publiquement. Pourtant, cette hypothèse d’élections anticipées donne de l’urticaire à Albert II. C’est que révèle un livre paru ce matin et dont on parlera dans le journal de 8 heures.

Après Namur hier, Joëlle Milquet a prévu d’animer des conférences du même type à Liège, à Bruxelles , Marche en Famenne , Charleroi et à Nivelles. Une par province. Mon petit doigt me dit que les autres partis vont y être très attentifs.

 

UPDATE à 11H30 :

Le CDH publie un communiqué qui précise que l’idée d’élections anticipées a été un scénario évoqué parmi d’autres, sans que celui-ci représente la position du parti. Ce communiqué ne dit rien des propos attribués à Joëlle Milquet au sujet de la NVA. Voici le texte :

 

La Présidente du cdH Joëlle Milquet tient à préciser, suite à un Belga diffusé cette nuit, que lors d’une rencontre citoyenne explicative de la crise, hier, à Namur, elle a, une fois encore, plaidé pour le passage à une phase de décision et de négociation définitive après la mission de Wouter Beke. Elle a redit clairement que le cdH s’opposait totalement au scénario d’élections, comme les autres partis francophones, et refuserait tout vote de dissolution de la Chambre.

 

Ce n’est que, dans une énumération purement pédagogique et explicative des différents scénarios juridiques possibles, en cas d’échec définitif des négociations, que cette hypothèse a été évoquée parmi d’autres. Mais ce n’est en rien l’option du cdH qui veut passer, au plus tôt, à une phase de formation et conclure un accord institutionnel.

Qui est responsable ?

Par Fabrice Grosfilley dans cd&v, cdh, communautaire, ecolo, fédéral, flandre, mr, nva, ps, spa , le 27 janvier 2011 10h20 | 7 commentaires

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Qui est responsable ? Il suffit de parcourir la presse ce matin pour comprendre qu’il n’y a pas une réponse simple à cette question. Dans les journaux flamands, on fait plutôt porter la responsabilité du blocage aux partis francophones qui ne seraient toujours pas prêts à accepter une réforme de l’Etat en profondeur. Dans la presse francophone, on souligne l’attitude jusqu’au-boutiste de la N-VA et surtout du CD&V, ainsi que leurs initiatives qui ont parasité le travail de Johan Vande Lanotte.

Si vous avez bien écouté ce que disait le conciliateur hier soir, il n’a pas réellement tranché, mais il a souligné qu’on ne pouvait pas parvenir à un accord sans se mettre à 7 autour d’une table. Une manière de dire que la N-VA et le CD&V bloquaient le processus. Mais il a aussi dit qu’il ne fallait pas uniquement défendre ses propres positions et envisager de sortir du cadre institutionnel actuel, ça c’est plutôt une critique de la position francophone. Et puis il a eu une petite phrase sur la multiplicité des canaux de communications et leur rapidité qui n’ont pas facilité le processus, une allusion aux fuites sur internet ou ailleurs.

 

Propositions radicales de la N-VA

Au-delà des mots, on peut jeter un œil sur le timing. C’est dans une réunion entre partis flamands que Johan Vande Lanotte a décidé de jeter l’éponge. La nouvelle de sa démission a commencé d’ailleurs à circuler vers 14-15h alors que la réunion venait de se terminer. Une réunion au cours de laquelle on a évoqué une régionalisation des soins de santé. Au cours de l’entretien, qui s’est déroulé paraît-il dans une atmosphère tendue, le CD&V a fait une nouvelle proposition, qui visait à rendre chaque région responsable de ses dépenses en santé, mais elle semblait difficilement compatible avec les demandes francophones. La N-VA en a fait une autre encore plus radicale et finalement le conciliateur a constaté que le blocage était complet. D’après mes informations, Johan Vande Lanotte avait fait quelques heures plus tôt une nouvelle proposition en 4 points aux négociateurs flamands, mais elle avait été refusée.

 

L’équation belge insoluble ?

La vérité c’est que la question de savoir qui est responsable est d’une importance relativement secondaire. Ce qui est important, c’est de comprendre que nous sommes dans un vrai et profond blocage. La question n’est pas réellement de savoir qui bloque, qui négocie, qui est actif ou pas, mais plutôt pour quoi faire. On peut négocier à 7, à 9, à 12 ou à 4 avec ou sans les libéraux,  si vous avez sur la table la scission de BHV sans compensation ou presque, la régionalisation de l’emploi, la régionalisation de la sécurité sociale et le refus de considérer Bruxelles comme une région autonome, il n’y aura sans doute pas de parti francophone susceptible d’entrer dans cette négociation. Si le CD&V et la N-VA en font une condition de leur participation, l’équation belge est insoluble. Ce n’est donc pas une question de forme, ou de stratégie, ni une question de coalition, mais bien une question de fond. Johan Vande Lanotte disait hier que le rejet de sa note le 5 janvier était sans doute une date charnière dans l’histoire du pays. Il a probablement raison.

Edito: oui, on va le dire clairement

Par Fabrice Grosfilley dans Autre, cd&v, cdh, communautaire, ecolo, fédéral, mr, nva, ps, spa , le 26 janvier 2011 14h01 | 4 commentaires

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Affirmons-le clairement, le découragement est en train de gagner la plupart des négociateurs. Si on devait faire des paris sur les chances de succès du conciliateur royal, la côte serait négative. Très négative, avec ce qu’on appelle un handicap élevé.

Ce matin, Johan Vande Lanotte a revu les partis flamands, N-VA, CD&V, sp.a et Groen!. Il fera ensuite le point avec Elio Di Rupo et Bart De Wever, avant de se rendre au palais en fin d’après midi pour un rapport, qui théoriquement doit être un rapport intermédiaire.

On dit théoriquement parce qu’à ce stade, il n’y a pas de lueur. Les francophones ont le sentiment qu’ils ont déjà fait énormément de concessions. Qu’à chaque fois qu’ils posent un pas pour faciliter la reprise des discussions, les partis flamands déposent une nouvelle demande, toujours plus radicale.  A la manœuvre, la N-VA et le CD&V. Cela s’est encore vérifié ces derniers jours avec une demande sur les soins de santé, une sorte de provocation puisque les partis francophones ont toujours dit qu’ils n’accepteraient pas qu’on touche à la sécurité sociale.

Côté francophone, on se demande donc si la N-VA mais aussi le CD&V ont réellement envie de négocier. Depuis des mois on prête à la N-VA l’intention de lancer une autre négociation avec les libéraux. Le fait que Bart De Wever ait eu des contacts avec Alexander De Croo, le jeune président des libéraux flamands, a renforcé cette thèse. On savait que la confiance n’était pas au rendez-vous entre Bart De Wever et les présidents francophones. Depuis le début de la semaine, elle n’est plus au beau fixe entre partis flamands non plus.

Vous avez surement souvent entendu cette expression: qui va oser débrancher la prise ? Le problème c’est que pour débrancher, il faut être branché. Comprenez qu’il faut être en relation, se voir, qu’il y ait du courant, quelque chose de visible. Aujourd’hui ce n’est pas le cas, francophones et néerlandophones se voient séparément. On serait tenté de dire que dans ces non-négociations, il n’y a en fait rien à débrancher, puisque rien n’est branché.

Pour aller au bout de sa mission, Johan Vande Lanotte aurait pu être tenté de réunir tout le monde. On lui en a en tout cas prêté l’intention. Aujourd’hui, demain, vendredi, une grande réunion à 7. On constaterait à ce moment-là qui accepte ou pas de négocier vraiment.

La difficulté de ce scénario pour Johan Vande Lanotte, c’est qu’il doit relancer la négociation sur base d’une note.

Soit celle-ci est acceptable pour les francophones et la NV-A risque de refuser d’en discuter. Le problème c’est que le CD&V risque de se rallier à cette position. Ce sont alors les socialistes flamands qui paraitront trop mous auprès de leur opinion publique. Johan Vande Lanotte et surtout son parti ont beaucoup à y perdre électoralement parlant.

Soit Johan Vande Lanotte relance une note qui comprend de nouvelles demandes flamandes et ce sont les partis francophones, dont il faut souligner que jusqu’à présent ils présentent un front uni, qui risque de se retirer. Dans les deux cas, le constat sera le même. La situation ne semble pas mure pour une grande réforme de l’état. Si Johan Vande Lanotte n’a pas réussi en fin de semaine à débloquer la situation, on ne voit pas très bien qui pourrait réussir.

Le CDH à l’assaut de Bastogne

Par Fabrice Grosfilley dans cdh, mr , le 12 novembre 2010 11h35 | 4 commentaires

L’incident remonte à mercredi matin, en conseil des ministres. Il a été très rapidement relaté sur la site de la Libre Belgique ce jour là.  Joelle Milquet a pris ses distances avec la décision d’installer un centre d’accueil pour réfugiés à Bastogne. Une décision qui avait pourtant été avalisée par le conseil des ministres  il y a un peu plus de deux semaines et communiquée dans une conférence de presse des plus officielles par Yves Leterme et Philippe Courard. Pour bien comprendre il faut se rappeler que la politique d’asile et de migration est une compétence du CDH (de Melchior Wathelet en l’occurrence) mais que la politique de l ‘accueil  est détenue par les socialistes  (c’est le secrétaire d’état à l’intégration sociale,  Philippe Courard, qui en a la responsabilité). Se rappeler aussi   que la loi impose d’accueillir et de loger  les demandeurs d’asile pendant que leur procédure est en cours, cela évite qu’ils ne se retrouvent  dans la nature ou aux mains des filières de  trafiquants d’êtres humains. Faut de places, certains demandeurs se retrouvent à l’hôtel, cela coûte cher et choque l’opinion, c’est donc du bon sens de prévoir des capacités d’accueil.  Face à l’afflux des demandes qui viennent ces derniers mois de l’est de l’Europe, la Tchétchénie  notamment, mais aussi d’Irak et d’Afghanistan, l’Etat a besoin de créer 2000 places. Qautre casernes dont Bastogne et Bierset et un centre de la protection  civile à Gembloux, ont  donc été retenus.. Patatras, la décision n’a pas pu être confirmée cette semaine. Il faut d’abord que le secrétaire d’état entame d’abord une concertation avec les bourgmestres, et surtout celui de Bastogne a insisté la vice-première par ailleurs présidente du CDH en conseil des ministres. Réponse cinglante de la vice-première socialiste Laurette Onkelinx, le CDH est pour une politique pour l’accueil des réfugiés quand il est  Bruxelles, mais contre quand il est en Wallonie. Selon la Libre, le ton serait tellement monté, que le premier ministre aurait même demandé à Joëlle Milquet d’arrêter de le prendre pour « un torchon. »

Hier  Yves Leterme et Philippe Courard ont donc reçu le bourgmestre de Bastogne, et une nouvelle réunion de « conciliation » est prévue aujourd’hui. Il est effectivement tout à fait logique que les bourgmestres s’inquiètent. Ce n’est jamais facile d’annoncer à sa population qu’un centre d’accueil s’installe sur votre commune. Cela pose des questions d’organisation, provoque des inquiétudes. Même  s’il s’agit ici d’un accueil d’urgence, il faut donc aller vite, et d’un centre temporaire, pour une durée d’ un an. A Bastogne une manifestation est d’ailleurs déjà annoncée, mais  le bourgmestre a dit qu’il ne s’y associerait pas car il craignait les débordements racistes.

Si la protestation du bourgmestre est logique, il est plus étonnant qu’un(e) vice-premier(e) ministre monte aux barricade contre une décision qu’il (elle)  a pourtant validé. Pour comprendre vous noterez que le bourgmestre de Bastogne est un libéral, Philippe Collard. Mais que son prochain challenger pour les élections communales sera Benoit Lutgen, ministre CDH, et dauphin désigné de Joëlle Milquet.  Ce n’est donc pas par hasard que le CDH se crispe sur Bastogne et pas sur Gembloux ou Bierset.  Message limpide : Bastognards, le CDH se bat pour vous. Pas inutile non plus de médiatiser l’affaire : plus l’incident du conseil des ministres fera du bruit, plus le CDH en sera satisfait.  Avec comme corolaire que le bourgmestre de Bastogne se devait de contre-attaquer et de marquer son territoire, contraignant Philippe Courard et Yves Leterme a le recevoir. Attention danger : pour aboutir à  un accord, tout le monde devra donc avoir son quart d’heure de visibilité (ce n’est que comme cela que l’on sortira de l’impasse) mais la décision ne saurait être remise en question. Ce serait prouver que ce gouvernement ne gouverne plus et que la solidarité gouvernementale est devenu un concept suranné. Joëlle Milquet a donc pris un réel risque en retardant la décision.

Elle le fait car Bastogne lui semble « prenable » et vaut bien un petit accroc à la déontologie ministérielle. Lors des élections de 2009 le CDH a obtenu 43% des suffrages sur le canton et Benoit Lutgen mettra le paquet dans ce combat local. Prendre ce mandat maïoral au MR serait le genre de médailles qui vous permet d’affirmer  que votre campagne électorale a été un succès. Les élections communales sont pour fin 2012. La bataille des Ardennes vient de commencer.

3ième place : ardente rivalité

Par Fabrice Grosfilley dans cdh, ecolo , le 21 mai 2010 09h47 | Un commentaire>

Interview en deux temps. D’abord Joëlle Milquet qui insiste sur la nécessité d’une campagne sur les programmes « L’appel au calme que j’ai lancé semble avoir été entendu » glisse la présidente du CDH, un brin immodeste sur ce coup-là).  Joëlle Milquet parle d’une double crise : une crise économique et une crise communautaire. Message central : arrêtons d’avoir peur. La NVA, faut relativiser explique-t-elle : « il y a moyen de dire non à l’inacceptable. Bart de Wever n’et pas un géant et nous ne sommes pas des nains. »

Interrogée par Hakima Darmouch sur la possibilité pour Elio Di Rupo  de devenir premier ministre : « cela peut être une bonne idée pour peu que les francophones n’aient pas à en payer le prix » estime-t-elle. Joëlle Milquet livre son message elle aussi en prenant soin de ne pas décocher trop de flèches vers ses adversaires.

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Jean Michel Javaux  lui sera plus critique. Il vise lui clairement  un axe PS- MR : « on avait annoncé un duel j’ai vu un duo. Sur la fin je ne savais plus qui était le président du PS et qui était président du MR. On a plus besoin de parler de coalition » affirme-t-il dès  le début de son intervention. Le sous-entendu est clair : les bleus et les rouges sont prêts à retourner ensemble dans une coalition au fédéral. Le vote utile serait donc ailleurs. Et jean Michel Javaux d’insister sur le bilan du gouvernement sortant qui  serait négatif : pour  les pensions, aucune décision,  rien pour empêcher un nouveau crash boursier.  Puisque les verts sont dans l’opposition au fédéral il est logique qu’ils critiquent le relatif immobilisme de l’équipe Leterme.

Pourquoi ces interventions sont elles importantes ?  Parce que nous sommes au début de la campagne. En intervenant sur RTL TVI les présidents de parti donnent une orientation et définissent une tonalité. Entre Didier Reynders et Elio Di Rupo on a compris qu’on voulait un débat d’un certain niveau.  Joëlle Milquet se veut dans la même tonalité et veut capitaliser sur son surnom de « Madame non » : la NVA, même pas peur.

Jean Michel Javaux lui veut rappeler que son parti était dans l’opposition au fédéral. Il n’est donc pas impliqué dans les querelles communautaires et les crises à répétition des 3 dernières années.

Cette campagne se joue donc bien à deux niveaux : les libéraux et les socialistes vont jouer la carte du respect et de la confrontation des idées droite gauche. CDH et Ecologistes eux vont capter leur électorat traditionnel, démocrate chrétien pour les uns, écologiste pour les autres, mais ils ont aussi besoin de gagner sur d’autres publics. On pense aux électeurs plutôt centristes et hésitants, cette partie de l’électorat qui change de vote facilement  d’une élection à l’autre, exercice auquel il faut ajouter cette année une attention particulière au vote de protestation, cette partie de l’électorat qui voudrait exprimer qu’elle est un peu lasse des combats politiques tout en émettant un vote responsable.

Cet enjeu là est un enjeux central. Ces dernières années on a vu que CDH et Ecolo étaient dans un mouchoir de poche.  Entre les oranges et les verts c’est désormais une lutte pour la 3ième place. Ce sera peut la clef pour pouvoir entrer dans une coalition. Didier et Elio ont décidé de se ménager, la rivalité entre CDH et Ecolo devient ardente.

Le CDH découvre Facebook mais cherche toujours une montre

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, cdh , le 11 janvier 2010 19h10 | Un commentaire>

BELGIUM BRUSSELS CDH NEW YEARS WISHESIl faut vivre avec son temps. Aujourd’hui le CDH se prêtait au jeu des tradionnels voeux à la presse, l’occasion de réunir les journalistes politiques et d’annoncer quelques nouveautés. Le parti centriste a ainsi intronisé Michel Konen, son nouveau directeur de communication, qui a fait office de monsieur loyal de la cérémonie. Ce n’était pas la seule nomination. En réalité Joëlle Milquet réorganise son état major : Xavier Godefroid devient directeur du département politique,  et Maxime Prevot et Catherine Fonck ont tous les deux été nommés vice-présidents éxécutifs (le même titre que Willy Borsus au MR)  le premier en charge des matières régionales, la seconde des matières fédérales et de la communauté française. Ne vous faites pas trop d’illusions : Joëlle Milquet devrait garder un oeil sur l’essentiel des décisions, toutes matières confondues. Catherine Fonck aura également comme mission d’animer la « planete humaniste », sorte d’états généraux de l’humanisme pour dynamiser la doctrine du parti et la faire partager par le plus grand nombre. Pour cela le CDH annonce aussi la création d’un blog et l’utilisation des réseaux sociaux comme facebook. J’ai suffisament écrit ici que le CDH était en retard au rayon nouvelles technologies pour ne pas saluer cette prise de conscience.

Pour la petite histoire Joëlle Milquet qui avait donné rendez-vous à la presse à 13 heures est arrivée une heure plus tard. Catherine Fonck, qui aurait du être une des stars du jour, s’est présentée à 15H30. Il faut vivre avec son temps. Mais si je peux me permettre, c’est plus facile avec une montre.