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anecdote

Dernier carnet, avant de prendre la route

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote , le 5 juillet 2012 10h44 | 10 commentaires

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Ce n’est pas l’article le plus simple à écrire, ni le plus agréable, mais je ne voudrais pas fermer ce blog sans vous dire au revoir. Comme vous le savez peut-être j’entamerai une nouvelle carrière dans un autre média d’ici quelques semaines. Je garderai un lien avec la famille RTL puisque j’animerai toujours l’invité de 07h50 sur Bel RTL (je vous donne d’ores et déjà rendez-vous fin août, pour la rentrée politique), mais je ne vous infligerai plus cette lecture quotidienne, puisque ma collaboration avec RTLinfo.be et RTL TVI s’arrête ici. Je ne sais pas encore si ce blog sera repris ou  pas, mais je n’en serai plus l’auteur. Je vais donc disparaitre du net pour quelque temps. Ceux qui me suivent depuis longtemps savent que c’est déjà  la seconde fois que j’écris cela (j’avais créé le blog « rue de la loi« , 400 billets postés de 2006 à 2008, en marge de mon activité à RTL à une époque où le net n’était pas si tendance, avant de l’interrompre pour  lancer  finalement quelques mois plus tard « carnet politique »  cette fois sous la bannière de mon employeur). Je ne vais pas donc vous dire adieu, même si j’ai la conviction que la pause sera cette fois de longue durée, faute de temps disponible.

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Une liberté totale

Avec « Carnet Politique » j’aurai eu la joie de conjuguer la liberté du blog avec la puissance des médias RTL. Aucune concession sur le fond, un exercice de journalisme pur, sans censure ni contrainte (aucune intervention de ma hiérarchie à aucun moment, je peux vous en assurer) et la satisfaction d’être réellement lu. Pour le blog, on écrit à destination d’un public actif qui fait la démarche de cliquer sur votre billet, et dont on peut penser qu’il a un intérêt pour les thèmes que vous traitez, c’est un peu l’inverse de la télévision. Et j’ai eu la chance de trouver ce public interessé par la politique, même s’il reste de taille modeste. Au moment où je poste ce billet « Carnet politique » comptabilise 1.297.366 lecteurs sur 3 ans (c’est l’avantage du net : être précis, et les clics des administrateurs du blog ne comptent pas) avec un pic à 21.812 internautes  pour la journée du 25 avril 2012. En moyenne, cela représente près de 4.000 lecteurs par billet, avec des pointes régulières vers 15.000, le record absolu étant ce billet sur Annemie Turtelboom lu par 33.314 personnes. J’aurai produit au total 682 articles, essentiellement adaptés de ma chronique radio, mais dont certains étaient écrits spécifiquement pour le blog et même parfois des petits scoops réservés au net. Pour mes concurrents ou pour la relève, je signale au passage quelques trucs pour améliorer votre taux de fréquentation : le nom de Bart De Wever dans un titre, celui d’Elio Di Rupo, les thématiques communautaires et ce qui touche au racisme décrochent les meilleures audiences.

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Tirer une dernière fois la sonnette d’alarme

Ça tombe bien, la lutte contre le racisme ambiant est l’un de mes dadas (et le restera). Je profite de ce dernier billet pour tirer une nouvelle fois le signal d’alarme : si la Belgique francophone est relativement protégée du phénomène de l’extrême droite, les éléments de discours racistes sont bien plus présents qu’on ne le pense, tous partis confondus.  Et ils sont nombreux les élus,  les militants politiques ou même les journalistes à faire, consciemment ou pas, le lien immigration-insécurité, sans se rendre compte que ce sont d’abord les conditions socio-économiques (avoir un travail ou pas, habiter dans un quartier mixte ou un ghetto, être alphabétisé ou pas) qui créent les conditions de la délinquance. Ils sont beaucoup moins nombreux à oser dire que sans immigration le moteur de l’économie belge serait en panne sèche depuis longtemps, et que le vieillissement de la population rend nos entreprises plus dépendantes que jamais d’une main d’œuvre « importée » bon marché.

Des commentaires vont en déclinant

Sur ce blog j’ai veillé à écarter la plupart des commentaires malveillants, agressifs, injurieux et ouvertement racistes. J’en ai publié certains pour rendre compte de l’état de l’opinion. Mon souhait était de permettre le débat et l’échange, mais j’ai bien dû constater que la qualité des commentaires postés allait en déclinant (j’en publiais un sur deux il y a quelques années, je suis plus proche des uns sur trois aujourd’hui, ayant validé  3.144 contributions sur les 5.469 commentaires postés). Bien sûr, je sais que ceux qui commentent sont une minorité agissante, qui ne représente pas la majorité, mais quand même… j’ai parfois été lassé des attaques personnelles, des slogans racoleurs et des contre-vérités.

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Merci aux auditeurs, merci aux lecteurs

Avec « Carnet Politique » et mon intervention quotidienne à 07h20 sur Bel RTL je pense avoir montré qu’il existe une place pour un éditorial quotidien qui traite de la politique. Un exercice de décryptage, de contextualisation, de remise en perspective pour offrir un discours critique vis-à-vis de la communication des élus tout en reconnaissant la qualité de leur travail et de leur investissement. Un espace où l’on peut se permettre de réaffirmer des valeurs (la démocratie, la tolérance, le respect de l’autre) et où on ne se laisse pas aller à trop de facilité. C’est un travail ardu, parfois répétitif, de temps à autre dénigré, mais tellement valorisant que j’y ai pris beaucoup de plaisir. D’autres journalistes, d’autres chroniqueurs, ici ou ailleurs, reprendront le flambeau. Je me permets d’adresser un remerciement aux auditeurs et aux  lecteurs qui ont permis le succès de ces chroniques.  Je veux aussi dire merci à  tous ceux (journalistes, chroniqueurs, blogueurs, simples citoyens) qui continuent de promouvoir une information et  un débat politique de qualité et  leur adresse tous mes encouragements.

Belmondo, Laanan, Reynders et Luperto dans « le revers de la médaille »

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote , le 20 juin 2012 21h57 | 7 commentaires

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Du grand guignol. Plusieurs de mes confrères ont relaté comment la remise de la médaille de chevalier de l’ordre de Léopold à Jean-Paul Belmondo a  bien failli mardi soir tourner au fiasco intégral. En résumé, moyennant quelques variantes et plus ou moins de détails, l’histoire est la suivante : le dossier pour recevoir la fameuse décoration n’avait pas été introduit dans les temps par la ministre de la culture, il a donc fallu une intervention expresse du ministre des affaires étrangères pour la tirer d’embarras, et en échange le ministre en question a donc logiquement été invité à décorer l’acteur français.

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Voilà pour les grandes lignes. C’est déjà pas mal. Accrochez-vous car ceci n’est que la face visible de l’iceberg. La version édulcorée d’une pièce bien plus complexe. Vous pensiez avoir affaire à du Feydeau  alors que c’est plutôt du Paul Auster, mâtiné d’un peu de Simenon.  On vous vend un vaudeville, alors qu’en grattant un peu, le scénario est plus proche de Machiavel.

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Tout commence en février. Le cabinet de Fadila Laanan, ministre de la Culture et Emmanuel Deroubaix, de la société Full Options, prennent la décision d’organiser une grande soirée en l’honneur de Jean-Paul Belmondo. Il est convenu que l’acteur français sera décoré à cette occasion,  et  l’ordre de Léopold, la plus haute distinction belge s’impose comme une évidence. C’est oublier un peu vite que l’ordre de Léopold, l’équivalent de la légion d’honneur française, ne se décerne pas à la va-vite, et qu’il faut suivre une procédure longue et complexe. Trois mois plus tard, on n’est nulle part. Le dossier est  parti de travers: on ne sait plus très bien qui d’Emmanuel Deroubaix ou du cabinet Laanan devait l’instruire, et aujourd’hui les deux protagonistes se renvoient la balle.

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A ce stade du récit, cela mérite de s’arrêter un instant sur Emmanuel Deroubaix. A la tête de sa société « Full Options », l’homme est l’un des attachés de presse les plus influents de la scène culturelle belge: tous les grands noms du spectacle parisien passent par lui quand ils doivent assurer leur promotion à Bruxelles. De Belmondo à Johnny Hallyday en passant par les plus grands films, Deroubaix est un incontournable des relations publiques. Son catalogue, son entregent, son pouvoir de persuasion, mais aussi sa capacité à promettre à un journaliste une exclusivité qu’il a  pourtant déjà concédée à un concurrent (avec  des modalités très légèrement différentes)  l’ont rendu célèbre dans toutes les rédactions.  Deroubaix est un homme de négociation et de rapports de force, qui ne montre  jamais toutes ses cartes dans le but d’assurer une exposition médiatique maximale à ses clients.

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L’acte II commence il y a environ un mois. La soirée se précise. Les cartons d’invitations sont lancés. Deux noms y figurent: celui de Fadila Laanan, ministre et celui de Jean-Charles Luperto, président du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pas un mot de Didier Reynders.  Pour les deux socialistes francophones, c’est l’heure de gloire: remettre une décoration à Bebel, quelle exposition médiatique magistrale, tagada boum boum. Fadila Laanan avait déjà rêvé de remettre un Magritte d’honneur à Belmondo,  mais cette fois, c’est du concret. Pourtant en coulisse, c’est panique à bord. Le dossier n’est toujours pas complet, on est hors délai. On essaye de faire jouer la chancellerie du premier ministre, peine perdue. Le service des ordres, qui dépend du  service public fédéral des Affaires étrangères, sous la tutelle de Didier Reynders, a remis un avis négatif.  Pas de médaille pour l’as des as. C’est à ce moment-là que l’idée de se rabattre sur un coq de Crystal, décoration de la Fédération Wallonie-Bruxelles est avancée. C’est nettement moins prestigieux, mais c’est mieux que rien.

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Acte III, Didier Reynders entre en scène. Alerté de l’imbroglio, le ministre des Affaires étrangères fait le forcing et obtient à l’arraché le titre de chevalier de l’ordre de Léopold. Administration, Palais Royal: les feux sont finalement passés au vert. Les documents arrivent le matin même de la cérémonie. En échange, il est convenu que Didier Reynders remette lui-même la décoration. C’est de bonne guerre. La belle fête rouge est devenue bien plus bleue. Dans l’entourage du ministre on assure que c’est un vrai sauvetage de dernière minute et qu’il est miraculeux.

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Là, cher lecteur, on bascule dans l’acte IV et on change de dimension. A très bonne source, il était acquis dès jeudi dernier que Didier Reynders jouerait un rôle majeur dans la cérémonie. Et hier, les ministres socialistes ont commencé à trouver que tout cela n’était pas très net. Emmanuel Deroubaix ne cache pas ses sympathies pour le MR, il sera d’ailleurs candidat aux prochaines élections communales. Hier, l’homme était bien aux premières loges, pour guider Jean-Paul Belmondo autant que pour s’assurer que les bonnes personnes étaient à la bonne place pour apparaître sur les photos.

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Les choses ont réellement commencé à déraper lorsque Fadila Laanan et Jean-Charles Luperto se sont vus refuser  l’accès à la loge de Belmondo…alors que leur collègue du fédéral a pu y accéder sans problème. Coté socialiste, c’est à ce moment-là qu’on comprend qu’on est en train de se faire doubler.

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La situation est devenue irrécupérable lorsque la ministre de la Culture a décidé de remettre quand même le Coq de Crystal alors que cela n’était pas prévu. D’après mes informations, tout ce petit monde a répété la cérémonie sur le coup de 16H30. Les organisateurs auraient alors clairement fait savoir à la ministre qu’il n’était pas question que cela se passe ainsi. Il existe des attachés de presse qui ont suffisamment de culot pour donner des ordres à un ministre, mais Fadila Laanan  a finalement décidé de passer outre. Ordre de Léopold contre Coq de Crystal, Reynders contre Laanan, moment improvisé dans une cérémonie réglée à la seconde près: c’est le sommet de la pièce d’hier soir. Il est difficile de ne pas voir derrière ce coq un petit geste de défiance d’une ministre qui se sentait flouée. Même si pour ses détracteurs, Fadila Laanan, en intervenant ainsi, manque de tact et joue une carte très personnelle. En épilogue, Jean-Paul Belmondo, ne comprenant sans doute pas l’immense honneur qui lui était fait, aurait oublié son Coq de Crystal dans sa loge, il a fallu le lui porter au restaurant.

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Ami lecteur, que retenir de cette belle pièce, qui ne sort pas du cerveau d’un dramaturge talentueux, mais bien des informations recoupées que j’ai pu recueillir à plusieurs sources ?
•    1) Que le cabinet Laanan n’avait pas préparé la cérémonie et surtout l’attribution de la fameuse médaille avec la rigueur nécessaire.
•    2) Que Didier Reynders voulait bien donner un coup de main mais que cela n’est pas gratuit.
•    3) Que l’organisateur évoluait en zone trouble en mélangeant relations publiques, culture et politique.
•    4) Que tout le monde voulait être sur la photo.
•    5) Qu’un grand acteur comme Jean-Paul Belmondo peut jouer dans une pièce, sans forcément tout comprendre.

Dans la famille royale, je demande la soeur et j’attends la fille

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, monarchie , le 7 juin 2012 09h54 | 12 commentaires

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Quand on lit les journaux c’est un peu difficile de s’y retrouver. Il y a quelques mois, Le Soir nous affirmait mordicus que le roi Albert II se sentait fatigué, qu’il s’apprêtait à passer la main, que Philippe était prêt et que tout  le monde politique s’y préparait. Ce matin La Libre Belgique nous propose le parfait contrepied de son concurrent. D’abord le roi Albert II serait loin d’être parti, au contraire même, le monde politique estimerait qu’il est le seul à pouvoir assumer sa tâche aujourd’hui et le prierait de rester le plus longtemps possible. Ensuite, sous la pression des partis nationalistes flamands, on prierait Philippe de ne pas monter sur le trône: il est trop critiqué par la N-VA. On confierait donc la régence à la princesse Astrid en attendant qu’Elisabeth soit en âge de devenir une vraie reine.

Dans la famille royale, je te donne le fils, je demande sa sœur et je garde la fille. Et mon estimé confrère de La Libre Belgique (Christian Laporte)  de nous citer les articles de la constitution qui permettraient de mettre ce scénario en musique. Ouais. Même la libre estime que ce plan Astrid est un plan B, qu’on n’est pas du tout sûr qu’il se réalisera et qu’on est à ce stade dans les spéculations de spécialiste et rien d’autre. On rappellera qu’hier Albert II fêtait ses 78 ans et que ceci est un bien curieux cadeaux d’anniversaire.

Pour Le Soir comme pour La Libre, ce qui me frappe c’est que les articles sont basés sur des confidences anonymes. On nous glisse que les scénarios dont on nous fait part ont germé dans la tête de certains ministres, mais sans jamais citer de nom, que ça se discute dans les états-majors des partis politiques,  mais on ne sait pas lesquels, que certains diplomates sont dans la confidence, ce qui est flou, ou que l’on teste des pistes, sans nous dire qui ni comment. Parfois on nous précise que le scénario germe dans des têtes francophones, vous parlez d’une indication! Pour faire court, ce sont des conversations de diners en ville, on est plus proches de la réflexion que de la décision.

Soit le débat est posé, et alors il faut le porter publiquement. Soit il ne l’est pas, et on est dans le registre du café du commerce. Pour info, on rappellera qu’Albert II est le sixième roi des Belges, que le seul de ses prédécesseurs à avoir abdiqué fut Léopold III pour des raisons historiques précises et que le principal atout de la monarchie comparé à la république c’est la stabilité: que les choses se fassent dans le calme, dans l’ordre, sans précipitation ni arrière-pensées. Si l’on considère la monarchie comme une organisation politique valable, la première cohérence consiste à ne point l’instrumentaliser.

Le fait que les journaux consacrent régulièrement leurs unes à cette question nous indique quand même 3 ou 4 petites choses.

1. Les journalistes qui écrivent ces articles sont quand même inquiets. C’est assez normal : le spécialiste de la politique se demande comment se passera la prochaine élection, le passionné de foot se demande qui sera champion de Belgique la saison suivante, le « royalty watcher » spécule sur la succession, chacun ses obsessions.

2. C’est un fait objectif, Albert II a 78 ans. Il a connu des petits problèmes de santé. Après les élections de 2014, si le gouvernement tient jusque-là, il en aura 80.

3. Le roi continue de jouer un rôle politique surtout lorsqu’on traverse une période de crise.

4. Mais là, je suis mauvaise langue, que mes confrères me pardonnent, une bonne « une » sur la succession du roi ça fait vendre des journaux.

A tous les observateurs, un conseil quand même: attendons les élections communales en octobre et les législatives au plus tard en 2014 avant de lancer les hypothèses. Vouloir attribuer la couronne avant ces scrutins, c’est mettre le carrosse royal avant les bœufs.

MR/FDF : lutte finale et licenciement

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, fdf, mr , le 24 mai 2012 14h51 | 2 commentaires

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Entre les FDF et le Mouvement Réformateur c’est désormais une lutte à mort. Pas une interview où Olivier Maingain ne pilonne ses anciens alliés. L’opération de communication a été analysée par plusieurs confrères de la presse écrite : le FDF veut  souligner le caractère « droitier » des libéraux pour mieux s’en distancer. On serait tenté d’ajouter : pour libérer de l’espace au centre et se donner un peu  d’air aux prochaines élections.

Si mon petit doigt est bien informé, les libéraux ont eu pour consigne de ne point répondre aux attaques, histoire de ne pas donner trop d’ampleur aux accusations du président amarante, mais une riposte serait en cours de préparation.

Derrière cette guérilla de façade se jouent également de nombreux bras de fer de terrain. On se dispute les candidats, commune par commune, on « suspend » les adhérents qui choisissent la liste de l’autre camp, on s’accuse mutuellement d’avoir conclu des accord pré-électoraux, on s’envoie des chartes à la figure et dans les communes où des listes communes  semblent encore possibles (en périphérie de Bruxelles par exemple) on se dispute les têtes de listes.

Signe parmi d’autres de cette tension, le licenciement d’un collaborateur du MR qui envisageait d’être candidat sur la liste du bourgmestre à Woluwe-Saint-Lambert. Gregory Matgen, c’est son nom, était collaborateur du MR au Sénat avant d’être détaché au centre Jean Gol, le service d’étude du parti. Résident à Woluwe-Saint-Lambert, il est approché  il  y a quelques semaines par Olivier Maingain pour figurer sur la liste du bourgmestre.  Coup de sang  à la direction du parti qui convoque l’intéressé  et après 15 jours de réflexion la sanction tombe : travailler pour le MR et être candidat sur une liste FDF est incompatible.  Gregory Matgen fait  donc l’objet d’un « licenciement pour faute grave ».

Coté FDF on commente en  indiquant que le licenciement pour faute grave ne saurait être invoqué dans le cas présent, que la possibilité d’être candidat est un droit fondamental dans une démocratie et qu’il s’agit ni plus ni moins que d’impressionner un jeune collaborateur, alors que dans la même commune le MR se contente de ‘suspendre’ les  échevines sortantes qui ont choisi de suivre Olivier Maingain. C’est la thèse du deux poids deux mesures, de la pression et de l’abus de pouvoir.

Coté MR on signale que le collaborateur était associé aux négociations sur la réforme de l’Etat, le cœur du différend entre les deux formations (il a notamment participé au groupe de travail sur la réforme du sénat) et qu’il était hors de question de  laisser  libre accès à des informations aussi sensibles à une personne qui se sent plus proche du FDF que du parti qui le rémunère. C’est la thèse de la taupe et du manque d’éthique. « Vous imaginez un collaborateur du MR candidat avec le PS ? Non ? Et bien c’est la même chose avec le FDF, simple question de bon sens » glisse d’ailleurs un observateur libéral.

On ne tranchera pas en faveur de l’une des deux thèses. Mais on vous rapporte l’anecdote pour vous montrer que les relations sont bel et bien extrêmement tendues entre les anciens alliés d’hier. Dans le laps de temps qui nous sépare du mois d’octobre tous les (mauvais) coups sont désormais permis entre FDF et MR.

« Votez pour moi » : 5 ans que les humoristes font aussi bien que les éditorialistes

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote , le 14 mai 2012 09h40 | 2 commentaires

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Je vais vous faire un aveu. Ce n’est pas facile d’être chroniqueur politique sur Bel RTL. Pas facile à 7h20 de vous expliquer ce qui se passe dans notre pays, théâtre politique. Quels en sont les acteurs, leurs pensées, leurs états d’âmes? Qui a quoi comme stratégie? Qui est allié avec qui?   Alors que 70 minutes plus tard, juste après 8h30,  débarque « Votez pour moi »…

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Ce matin je fais un  peu « mon Caliméro ». Oui, c’est vraiment trop injuste. D’abord, André Lamy, Olivier Leborgne, Xavier Diskeuve, s’y mettent à trois alors que je ne peux compter que sur mon seul talent. Ensuite, ils ont comme première mission de faire rire, alors que je ne suis pas toujours de cette humeur-là.  Enfin parce que les imitations , c’est la vie qui rebondit dans votre poste radio. Je vous offre une chronique en noir et blanc  tandis que « Votez pour moi », c’est du cinémascope en couleur.

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On ne le dit pas assez : les humoristes sont souvent  parmi les meilleurs éditorialistes. Parce qu’ils font rire, vous font passer un bon moment, mais aussi parce que ce qu’ils vous disent est vrai, souvent très bien observé, magnifiquement décodé et retransmis. « Votez pour moi » vous a merveilleusement fait vivre de l’intérieur, la longue crise communautaire de l’année dernière. Les humoristes avaient même une longueur d’avance sur les journalistes. Sans images, sans photos, sans interviews, c’est finalement eux qui vous expliquaient le mieux ce qui se passait derrière les murs du château de Laeken. Quand les auteurs, c’est le cas de Xavier Diskeuve, sont de bonne foi et qu’ils sont bien informés et qu’ils ont du talent, il y a des moments ou la licence poétique  se rapproche de la science politique.

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« Votez pour moi » a même fini par créer des personnages qui transcendent leurs modèles de la vie réelle. Ce personnage du roi par exemple, débonnaire, paternaliste, tranquille,  plein de bon sens. Vous, comme moi,  ne savez pas si Albert II est conforme à sa caricature sonore. Mais ça nous plait de l’imaginer ainsi, ce roi bon vivant qui nous ressemble et ramène les politiques à la raison. Mine de rien, si j’étais conseiller au palais, je penserais à décorer Lamy, Leborgne et Diskeuve  parce qu’ils font sans doute plus pour la monarchie que toutes les campagnes de pub.

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« Votez pour moi » suit l’actualité de près, la plupart des sketches sont écrits le matin même ce qui permet d’être en phase avec l’air du temps. Il y a bien quelques dérapages, de petites vulgarités, mais on leur pardonne parce qu’ils nous font rire.

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Il faut se rappeler qu’il y a 5 ans la séquence n’existait pas. Jean Jacques Deleeuw, à l’époque patron de Bel RTL,  a eu un coup de génie en voulant  tester en Belgique francophone ce qui fait le succès des radios  ou des télévisions françaises. A l’époque on doutait que la politique belge puisse fournir une matière suffisante, mais c’était oublier que les hommes et les femmes politique sont soumis à une très forte exposition médiatique et qu’ils sont devenus les vrais stars de la Belgique francophone, bien plus qu’Adamo, Eddy Merckx ou Justine Henin. Les gens du sport ou de la culture ont tendance à s’exiler à Paris ou Monaco quand les projecteurs deviennent puissants. Les politiques, par définition, sont condamnés à faire leur carrière  à l’intérieur des frontières.

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En France, marier l’humour et la politique est une vieille tradition. Les chansonniers dès les années 60, des émissions mythiques, « L’oreille en coin » sur France inter, le « Bébête show » sur TF1 ou encore « Les guignols de l’info » sur Canal plus. Avec un danger: les humoristes peuvent parfois influer plus qu’ils ne le pensent sur le débat démocratique. Le  « mangez des pommes » de la marionnette de Jacques  Chirac a-t-il  contribué à son élection ? La question reste ouverte.

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L’influence ne vient pas toute seule. Elle est la conséquence du talent et d’une analyse pertinente, et d’un humour qui reste de qualité. « Votez pour moi » c’est du rire fin, pas du rire gras. Cela tient à la qualité des auteurs : après André Dubus et Xavier Diskeuve, la plume de Vincent Pfeiffer, qu’on a pu apprécier dans Télé Moustique, sera aussi mise à contribution à la rentrée prochaine : c’est un « pool  » d’auteurs qui se met désormais en place.

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Je vous ai parlé  de cinéma en couleur, c’est plutôt de la 3 D : drôle, didactique, démocrate. Quand on entend des ministres s’échanger des petites phrases, vouloir au sénat ou ailleurs faire soi-disant de l’esprit, et tomber dans des attaques populistes bas de gamme, c’est finalement la meilleur publicité qui existe. Messieurs les politiques, occupez-vous des débats de fonds. Pour l’humour et les petites phrases, laissez faire les professionnels.

Quand le premier ministre marocain snobe Annemie Turtelboom, à la limite de l’incident diplomatique

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote , le 25 avril 2012 14h13 | 32 commentaires

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La scène se passe le 11 avril à Rabat, capitale administrative du Maroc. Ce jour-là, le premier ministre marocain reçoit en audience Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, et Annemie Turtelboom ministre de la Justice. Les deux Belges vont avoir droit à un accueil glaçant.

Abdelilah Benkiran ne semble pas concevoir qu’on puisse lui envoyer en audience une ministre de sexe féminin. Pendant tout l’entretien, il s’adresse donc ostensiblement à Didier Reynders. Pire, le premier ministre marocain explique à son visiteur qu’il parle fort bien le français et qu’il était donc « inutile de venir avec une interprète ».  Le message est donc clair : je ne parle pas avec une femme. Annemie Turtelboom est sous le choc. Tous les dossiers du ressort de la ministre (et ce ne sont pas de petits dossiers: l’égalité homme/femme, les mariages forcés, ou encore le retour des condamnés à des peines de prison dans leur pays d’origine comme le prévoit l’accord de gouvernement) seront finalement abordés par Didier Reynders. En face, le Marocain ne quitte pas son chapelet de tout l’entretien.

En sortant de l’audience, Annemie Turtelboom est furieuse. Si Didier Reynders n’avait pas été présent et si elle n’avait pas craint de déclencher un incident diplomatique majeur, elle aurait quitté la réunion en claquant la porte confie-t-elle sur le moment.

L’anecdote n’est pas sans valeur. Abdelilah Benkiran est membre du PJD, le parti de la justice et du développement, le parti islamiste, grand vainqueur des dernières élections législatives. Ces derniers jours, il s’est même permis de critiquer l’entourage du roi Mohammed VI, du jamais vu. « Le Printemps arabe n’est pas encore terminé. Il est encore là et pourrait bien revenir » aurait-il déclaré selon l’agence Reuters.

Deux semaines après l’incident, on temporise côté belge. La porte-parole d’Annemie Turtelboom précise que le premier ministre marocain a voulu faire une blague et qu’il  a fini par s’excuser. Officieusement pourtant, ceux qui m’ont rapporté l’anecdote n’étaient pas sûrs d’avoir entendu ces excuses.

Philippe Moureaux et Jean-Michel Javaux se chamaillent sur Twitter

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, internet , le 23 février 2012 14h32 | 2 commentaires

C’est ce qu’on appelle un « twitclash » ou un « twitfight ». Lorsque deux internautes se disputent par fil twitter interposé leurs abonnés se régalent. Ce jeudi matin, deux politiques francophones de premier plan se sont livrés à l’exercice et de manière spectaculaire. En cause une « information » de la libre belgique selon laquelle Jean-Michel Javaux pourrait présider le centre hospitalier universitaire de Liège. « Il y aurait même d’ores et déjà un accord politique  entre partis sur le sujet » écrit la Libre.

Interpllé par les internautes Jean-Michel tweete une première fois : « il ne faut pas juger sans savoir et interpréter ce qu’on lit. En tout cas moi je n’ai connaissance de rien pour mon avenir. »

Un peu plus tard Philippe Moureaux y va d’un commentaire assassin : « le job-service d’Ecolo fonctionne bien, Javaux bientôt président du CHU de Liège« .

« Jobservice », le mot fait mal. Le coprésident d’Ecolo (on connaitra le nom de ses successeurs dans une dizaine de jours) se croit donc obligé de démentir à nouveau. Et là le ton devient plus acide, jugez plutôt :

d’abord à destination de Philippe Moureaux :

«  Il faudrait arrêter l’intox de la machine,mr le donneur de leçon.Les tweeters jugeront sur les faits et je n’ai eu aucun contact »

Burqa Blabla à l’ULB : derrière le slogan, le refus du débat

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote , le 8 février 2012 09h43 | 19 commentaires

J’avais hésité, mais l’heure tardive m’avait dissuadé d’y assister (l’auteur de ce blog fait aussi de la radio tôt le matin). Le thème du débat («l’extrême droite est-elle devenue fréquentable ?») était alléchant et l’ULB avait invité deux orateurs qualifiés:  Hervé Hasquin,  historien, ancien ministre et Caroline Fourest qui est une chercheuse et une essayiste française. Prof à l’institut de sciences politiques, elle publie régulièrement des chroniques dans le journal Le Monde. Caroline Fourest est connue pour ses articles qui dénoncent les radicalismes religieux, auxquels elle oppose les droits des femmes ou les droits des homosexuels. Elle a ainsi enquêté sur la droite religieuse aux Etats-unis,  ou sur le financement du front national en France. Et elle est,  parfois, critiquée pour ses prises de position vigoureuses contre l’islam radical.

Ce mardi  soir, Caroline Fourest n’a pas pu s’exprimer à l’ULB. Un petit groupe de manifestants, une trentaine de personnes environ, a  régulièrement  interrompu le débat. Aux cris de « burqa blabla »,  ils entendaient dénoncer ce qu’ils appellent « l’islamophobie » des orateurs. On imagine que leur slogan veut signifier que le débat sur l’autorisation ou non du port de la burqa est une imposture occidentale.

Le meilleur moyen de se rendre compte de ce qui s’est passé à l’ULB hier soir c’est de visionner une petite vidéo qui  a été diffusée sur Youtube. Vous y verrez Hervé Hasquin et Guy  Harcher inviter leurs contradicteurs à prendre la parole, mais le discours de ceux-ci n’ira pas beaucoup plus loin que quelques slogans. Une démonstration de force qui est à l’opposé de l’échange intellectuel.

Quitte à me fâcher avec les manifestants, il me semble utile de rappeler que la politique c’est le débat. Que savoir si les partis traditionnels peuvent ou non discuter avec l’extrême droite est une question intéressante.  La place du discours religieux dans le discours politique est aussi une thématique dont on peut discuter, en particulier dans une université.

On a le droit de ne pas être d’accord avec Caroline Fourest. On a  le droit de trouver ses idées « réactionnaires » on peut même penser qu’elle présente une vision caricaturale de l’islam comme l’affirmaient les manifestants d’hier. « Nous sommes musulmans nous ne sommes pas des sous-hommes » ai-je entendu dans la vidéo. Au jeune homme qui hurle ceci, je veux dire que je suis tout à fait d’accord avec lui, mais que ce n’était pas la question et qu’il y a d’autres moyens de le dire que de sortir burqa et foulards dans un geste de protestation aussi spectaculaire que contre-productif. Je connais déjà le contre-argument qui me sera opposé : en tant que journaliste d’un grand groupe de presse je participe à la défense du système et je suis donc suspect de collusion avec les orateurs interrompus. Tant pis.  En démocratie vouloir affirmer ses idées ce n’est pas couper la parole aux autres. Hier soir ces manifestants se réclamaient des idées de gauche et de l’antiracisme. Il régnait dans cet amphithéâtre de l’ULB une atmosphère  qui nous fait penser à mai 68. La différence  c’est qu’ en mai 68 les slogans servaient à stimuler le débat. Hier le « burqa blabla » avait comme objectif de l’empêcher.


Alain Destexhe, facebook, Horta, la Suède et la Norvège

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, internet , le 24 janvier 2012 10h38 | 32 commentaires

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L’affaire commence dans la nuit de samedi à dimanche. Un groupe d’individus, cagoulés (ça a son importance), et qu’on n’a pas retrouvés jusqu’à présent, saccage la station Horta, une station de pré-métro à Bruxelles. Graffitis et bombes de peinture, décoration et matériel endommagés: suffisamment grave pour fermer la station. Alain Destexhe poste alors sur le mur facebook de Marion Lemesre, autre élue libérale de Bruxelles : « Marion, tes  amis norvégiens ont encore frappé ».

Norvégien c’est évidemment une anti-phrase.  Un mot employé avec ironie auquel on donne un sens inverse. Sous le clavier d’Alain Destexhe « norvégien » veut dire « nord-africian ». C’est une figure de style couramment employée par l’extrême droite, et c’est là tout le problème. Exemple : « l’agresseur n’était pas suédois », comprenez qu’il n’était pas grand aux yeux bleus, et habituellement votre interlocuteur vous glisse un gros clin d’œil pour vous prouver à quel point il est spirituel et subtil. Appelons un chat un chat : cette petite phrase d’Alain Destexhe relève du racisme ordinaire. Cette forme de populisme qui est le rejet de l’autre au nom de son appartenance culturelle ou de son apparence vestimentaire. Comme si derrière les cagoules, Alain Destexhe pouvait déterminer l’origine des auteurs du saccage. Comme si on pouvait être sûr, qu’aucun enfant belge, voire même aucun enfant de bonne famille, voire même aucun enfant d’un électeur du MR ne s’était glissé dans ce petit groupe. Bref c’est du délit de sale gueule, la fameuse technique du bouc émissaire où l’on désigne les auteurs de tous les crimes et délits à l’avance, doublé d’un humour d’arrière-salle d’un très mauvais café.

Alain Destexhe a rapidement voulu corriger son dérapage.  Il a effacé son commentaire, mais c’était trop tard. Capture d’écran à l’appui, ses opposants se sont chargés de le faire circuler sur le net. Les plus mal à l’aise évidemment ont été les libéraux. Françoise Schepmans, candidate à  Molenbeek (et non pas Anderlecht comme je l’ai dit par erreur en radio ce matin, toutes mes excuses) glisse ainsi sur Twitter   : « Alain Destexhe n’a jamais été reconnu par le MR comme son porteur officiel de mots et d’idées ». Et vlan.

Côté opposant on en rajoute. Destexhe  MR ou pas MR ?demande par exemple Philippe Mourreaux sur le même réseau social.

Le cas Destexhe va donc être évoqué au bureau du mouvement réformateur. On va même faire savoir que le président du parti Charles Michel désapprouve la sortie et va s’entretenir  avec le député. Fin de journée Alain Destexhe publie donc un communiqué ou il présente des excuses en demi-teinte. « Je suis avant tout désolé si mes propos ont pu blesser certaines personnes. Je déplore d’ailleurs l’interprétation totalement erronée que certains médias ont pu faire de ceux-ci. » Il s’agissait d’une boutade estime-t-il avant de conclure que la polémique occulte le vraie débat sur l’insécurité à Bruxelles. Bref si on lit entre les lignes, Alain Destexhe, l’homme qui voit des Norvégiens partout, ne serait pas loin d’être la victime d’un complot. Ben tiens.

De l’épisode on retiendra deux leçons. La première c’est que les réseaux sociaux, type facebook ou twitter ne sont pas des espaces privés, mais bien des lieux d’expression publics. Tout ce qu’on y écrit peut être retenu contre vous. A fortiori si on est un(e) élu(e). Quand on est dans un débat on surveille son langage.

La deuxième c’est qu’Alain Destexhe, dont on a annoncé récemment qu’après avoir défié le bourgmestre d’Auderghem, il pourrait être candidat aux communales à Watermael-Boisfort, avant de finalement le retrouver sur la liste MR à Ixelles,  a bâti sa carrière politique à coup de déclarations non-politiquement correctes. On le savait à droite de la droite. Ce qui  le sépare de l’extrême droite ressemble désormais au passage entre la Suède à la Norvège, au nord, sur une petite route de montagne : il y a une frontière, mais on ne la voit pas.

Tous mes voeux

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote , le 9 janvier 2012 12h46 | Commentaires fermés

Autant le dire tout de suite, ce n’est pas un grand cru. Chaque année je m’amuse assez à recenser les vœux de nos hommes politiques. Cartes papier, ou vœux vidéos, nous avions eu droit ces dernières années à de grands moments (le nounours de Fadila Laanan restant sans doute l’exemple le plus célèbre). En 2012, année des communales je me frottais déjà les mains. Je suis donc déçu. Les élus font dans la sobriété, crise oblige, ou, pire encore,  dans le bon goût, ce dont nous n’avions pas toujours l’habitude.

Coté vidéo un buzzeke pour un échevin bruxellois, mais sa vidéo reste malgré tout bon enfant, et elle n’a pas  du couter grand-chose (enfin j’espère).  A part ça, rien ou presque, comme si la vidéo n’était plus à la mode en 2012.

 

Coté carte papier, la grande tendance reste l’appel au coup de crayon d’un caricaturiste. Jean-Claude Marcourt (avec Walthéry)  Jean-Charles Luperto (Le Chat) ou Paul Furlan y ont eu recours. Didier Reynders a obtenu, rarissime, de pouvoir utiliser l’image de Tintin (merci Moulinsart, la remise d’une décoration à Steven Spielberg n’y est sans doute pour rien).

Rayon design, on remarquera Rudy Demotte, qui a délaissé le rouge pour le bleu ; Marie-Dominique Simonet envoie une énigme avec texte à reconstituer .

Benoit Cerexhe a intelligemment utilisé l’image du Solar Impulse, lors de son escale à Bruxelles-National (il faudra juste signaler au ministre que l’aéroport  n’est pas en territoire bruxellois, mais bon). Françoise Bertiaux a envoyé un calendrier qui signale quelques rendez-vous libéraux (le premier mai à Jodoigne ou l’université d’été du MRLB).

Pour ceux qui n’ont pas d’idées mais des bons sentiments la carte d’ONG  (Amnesty International, MSF, médecin du monde, Unicef) reste un investissement de bon père de famille.

carte-de-voeux-2012

Bref cette année je n’avais pas grand-chose à me mettre sous la dent, si ce ne sont les vœux de Christos Doulkeridis, imprimés sur du papier à base de fécule de pomme de terre ou ceux de Jean-Marc Nollet avec des graines incluses dans le papier pour déposer la carte dans un bac à fleurs. A manger ou à arroser, les écolos ont donc fait dans le recyclable. Allez, même sans carte, bonne année.