Bart De Wever accueille des militants du Vlaams Belang… mais qui ne sont pas d’extrême droite….

Par Fabrice Grosfilley dans nva , le 24 février 2012 09h51 |

« Les extrémistes de droite ils n’ont aucune chance chez nous ». Ça c’est une belle déclaration signée Bart De Wever. Une phrase forte, courte, claire et sans ambiguïtés. Une phrase slogan et sans langue de bois comme  président de la N-VA sait en sortir sur tous les sujets ou presque.

Cette petite déclaration, il faut soigneusement la garder en mémoire, parce qu’elle vient dans un moment où, justement, tous les doutes sont permis. Depuis le début de la semaine, une polémique agite le débat politique flamand. Assiste-t-on à un transfert massif et plus ou moins organisé des militants du Vlaams Belang, le nouveau nom du Vlaams Blok vers les nationalistes de la N-VA ? C’est la socialiste Freya Vande Bossche, qui siège désormais comme ministre régionale au gouvernement flamand, qui a soulevé le lièvre. Sur ces listes N-VA pour les communales du mois d’octobre on peut, à ce stade de la campagne, déjà trouver une vingtaine d’anciens du Vlaams Belang. On peut tourner ça comme on veut, mais 20 mandataires, c’est beaucoup estime Freya sur twitter et à la VRT: « lorsque 20 mandataires passent d’un parti à l’autre pour y recevoir une place importante - la plupart du temps parmi les trois premiers-  ce n’est pas sans importance ! “.

Réaction courroucée hier de Bart De Wever «  De quoi se mêle-t-elle ? ». Et le président de la N-VA d’expliquer aux journalistes que les anciens du  Belang qui passent à la N-VA font l’objet d’un screening, « leur candidature est examinée avec le plus grand soin », parce que non « les extrémistes de droite, ils n’ont aucune chance chez nous » ,  mais que quand même on ne va pas diviser la société entre (je cite) « les bonnes et les mauvaises personnes ».  Vous retrouvez ici toute l’habilité de Bart De Wever, qui  adresse un message principal  à l’opinion publique (pas d’extrême droite chez nous, nous sommes un parti fréquentable), et en même temps, un message déculpabilisant à destination des militants du  Belang (vous êtes des militants comme les autres, je ne vous condamne pas d’avance, bienvenue).

Pour rappel, le Vlaams Belang souhaite le départ des immigrés, la fin de la Belgique (l’argent des Flamands doit servir aux Flamands), ne veut pas qu’on construise des mosquées (un de ses dirigeants a même estimé qu’on ne pouvait pas être à la fois musulman et démocrate), veut plus d’ordre  et de sécurité, moins de syndicats, moins de sécurité sociale, et qu’on paye un salaire aux femmes au foyer, parce que ça c’est du progrès social. Dans toute l’Europe,  le Vlaams Belang est considéré comme un parti d’extrême droite. Mais pour Bart De Wever, non non, on peut avoir milité et même avoir été élu pour ce parti et ne pas être vraiment d’extrême droite.

La vérité, c’est que la N-VA doit faire face à un fameux défi. Présenter en octobre des listes complètes dans toutes les communes de Flandre. Elle doit pour cela recruter du personnel politique, et si possible du personnel qualifié. Depuis toujours, les militants de la N-Va et du Vlaams Belang se fréquentent, se côtoient, s’apprécient, notamment parce qu’ils sont issus de la famille nationaliste (je vous renvoie vers les nombreuses enquêtes parues dans la presse à ce sujet ou vers les bouquins de Marcel Sel). La N-VA affirme aujourd’hui qu’elle recrute aussi au CD&V ou au VLD. C’est vrai, mais ce n’est pas la même chose et cela n’a rien à voir. Depuis toujours, Bart De Wever affirme qu’il n’est pas d’extrême droite. Qu’il est un démocrate, qu’il n’est pas raciste.  Quand il est venu au grand direct sur RTL, il a même estimé qu’il faudrait le remercier parce que le véritable adversaire de l’extrême droite, c’était lui.

Alors c’est vrai, Bart De Wever n’est pas d’extrême droite. Mais que des militants du Belang se retrouvent dans son parti est inquiétant. Parce qu’on ne peut pas exclure qu’à terme, ces militants ne deviennent influents. Ces hommes ou ces femmes, authentiquement d’extrême droite, ont des chances demain d’être échevins ou échevines grâce au parti de Bart De Wever. Des postes clefs où ils commenceront à appliquer leur programme. Et je ne vous parle pas de leur ascension possible dans les rouages du parti, ce qu’on appelle l’entrisme. En refusant le cordon sanitaire, Bart De Wever joue avec l’ambiguïté et fait prendre de sérieux risques à la démocratie flamande. En cette période de carnaval, il faut se méfier de ceux qui avancent masqués. On ne change pas d’opinion comme de déguisement.  Quand Bart De Wever nous dit qu’il est « contre l’extrême droite », doit-on comprendre qu’il est « tout contre » pour paraphraser Coluche ? Il suffit de remplacer droite par gauche pour  comprendre la portée de l’ambiguité. Si Bart de Wever  nous avait dit « les extrémistes de gauche ils n’ont aucune chance chez nous » sa petite phrase devenait  tout d’un coup bien plus crédible. Parce que pour le coup, elle n’était plus démentie par les faits.

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9 réactions à “Bart De Wever accueille des militants du Vlaams Belang… mais qui ne sont pas d’extrême droite….”

  1. Du petit Grosfilley … qui essaie encore de diaboliser Bart.

  2. qui se ressemble s’assemble
    pensons à la célèbre phrase de Jacques Brel…
    Elle reste d’actualité

  3. BDW, comme tout politicien qui se respecte dans son exellence de reniement et de contradiction est tout à fait capable de sucrer ses frites et salé ses gaufres. Il est aussi pitoyable que Marine Le pen.
    Tous les deux sont comme la mousse polyuréthane expansive ou il se trouve peu de matière et beaucoup de vide où même le vide est pollué

  4. Il renoue avec l’idée, de l’Allemangne nazie, des trois K pour les femmes…
    KINDER-KÛCHE-KIRCH…
    S’il prétend ne pas être raciste, il l’est quand même sur le plan linguistique (un premier pas)

  5. Voyons, à l’entendre, il a seulement recueilli au sein de son parti les transfuges du VB d’obédience gauchiste, écolo, libérale ou humaniste - mais pas ceux d’extrême-droite, non non non. Et dire qu’il y’en a qui vont avaler ça.

  6. Il vend de la soupe populaire. En prend qui veux, non?
    Puis arrêtons, s’il y avait un groupe politique de même envergure chez les wallons, il aurait tout autant de militant.
    Les extrêmistes du côté wallon sont des clowns. Bart à l’air plus malin. Sa soupe est servie comme dans un grand restaurant. Chez nous les wallons, la soupe des extrêmistes est servie dans des gobelets…Même saloperie mais servie différement.

  7. Intéressant plaidoyer tout aussi valable pour le PS que vous défendez avec un esprit assez peu journalistique. Votre opposition vis-à-vis de cette couleur brune que vous repoussez ne voit pas la même réaction de votre part, vis-à-vis du danger tout aussi important de la perte des fondamentaux et de ceux qui se font insidieusement passer pour démocrates allant jusqu’à être consacré Homme d’Etat alors qu’il piétinent les valeurs cardinales de notre société. Le danger est bien plus grand d’une main mise sournoise que d’une couleur brune qu’aucun d’ailleurs n’ose réellement affronter au risque d’être soi même l’objet d’une critique pourtant bien méritée.

  8. 8dubois27@skynet.be le 26 février 2012 à 20:33

    Il faudrait arrêter de présenter Bart De Wever comme un danger nationaliste, il ne veut pas que cela, je trouve sa diabolisation très regrettable.
    d’autres politiques ont des des défauts

  9. Qui a pu un jour douter que ce gaillard ne fait pas partie de l’extrême droite? La NVA se déclare parti”nationnaliste flamand”… et sont inscrits dans ses statuts la disparition de la Belgique. Qui plus est, héritier du “Volksunie”, parti qui défendait l’amnistie… autrement dit le pardon pour les collaborateurs de la 2ème guerre mondiale… dont faisait partie son Grand-Père qui a été d’ailleurs condamné à une peine de prison pour ses actes pendant cette période. Défendu ensuite par son fils et son petit-fils… je passe sur ses rencontres avec les militants fascistes allemands et JM LePen…mais bien sur, c’est son droit de rencontrer qui il veut! Alors….