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Archives du mai, 2012

Verhofstadt aux cotés d’Alexander De Croo: le retour du numéro uno

Par Fabrice Grosfilley dans union européenne, vld , le 31 mai 2012 08h44 | Un commentaire>

decrooblog

Hier, c’était un peu la journée de l’Europe. D’abord, la Commission européenne qui rendait son rapport sur la situation économique et budgétaire des 27 états membres, soit le bulletin du professeur. Pour la Belgique, la commission salue la réforme des allocations de chômage et l’allongement des  carrières, mais elle pointe aussi 7 domaines dans lesquels notre pays devrait revoir sa copie: réformer l’indexation des salaires, alléger les taxes sur le travail, repousser encore l’âge de la pension et couper dans les soins de santé, etc.

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À peine le bulletin connu (il se sera écoulé 2 heures), conférence de presse des libéraux flamands. L’Open VLD profite de la remise du rapport de la commission pour apporter ses propres réponses. On en épingle deux: introduire les produits blancs dans le « panier de la ménagère » qui sert à constituer l’indice des prix, et considérer l’indexation des salaires comme un maximum à ne plus dépasser.

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Mine de rien, c’est une petite révolution. On ne dit plus côté libéral flamand qu’il faut revoir ou supprimer l’index, on dit désormais qu’il ne faut pas aller plus loin que l’index, soit un changement de doctrine assez fondamental. Sur le fond, on rappellera que les négociations salariales se font traditionnellement branche par branche ou entreprise par entreprise, vouloir légiférer la même chose pour tout le monde risque d’être difficile.

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Sur la forme, on s’arrêtera sur la personnalité de ceux qui délivrent le message de l’open VLD.  Avec Alexander De Croo, il y avait face à la presse Patrick Dewael chef de groupe à la chambre, et Guy Verhofstadt chef de groupe au parlement européen. Alors c’est vrai, c’est une thématique plus ou moins européenne, mais ça fait des mois, des années même, que Guy Verhofstadt n’intervenait plus sur les affaires intérieures belges. Depuis 2008, quand il a tenu un gouvernement intérimaire pendant quelques mois, il est extrêmement prudent et se refuse à tout commentaire sur les questions belgo-belges.

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Hier cette image ressemblait à une rupture. Alexander De Croo, le jeune président de 37 ans, flanqué de Patrick Dewael et Guy Verhofstadt qui approchent eux de la soixantaine. Évidemment, Verhofstadt a un peu volé la vedette avec des phrases chocs: « il en va de la survie de l’Union européenne »,  ou « il était minuit moins 5, il est maintenant minuit 5 ».

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Ces dernières semaines, un certain Guy Vanhenguel (ancien porte-parole de Guy Verhofstadt), avait fermement critiqué Alexander De Croo et son manque d’expérience suggérant qu’il fallait peut-être changer de président pour les libéraux flamands. Il est difficile de ne pas voir dans l’apparition de ce trio un message aux électeurs flamands. Au nord du pays, dans la famille bleue, les anciens sont de retour.  Au mieux, pour soutenir les jeunes. Au pire,  pour les encadrer.

« L’intégration est un échec » : Didier Reynders emprunte les mots de Daniel Ducarme

Par Fabrice Grosfilley dans bruxelles, mr , le 30 mai 2012 13h27 | 12 commentaires

A 10 ans d’intervalles, le mimétisme est saisissant.  Empruntons la machine à remonter le temps  et arrêtons-nous à octobre 2002. Daniel Ducarme est le président du MR. Il intervient en deux temps. Sur le plateau de RTL-TVI face à Pascal Vrebos le dimanche 13, au journal Le Soir le mardi 15. L’intégration est un échec affirme-t-il.  «  C’est visible. Il suffit d’entendre les communautés d’origine étrangère; beaucoup disent: ‘On ne se sent pas bien là´. Et, de l’autre côté, pas mal de ceux que j’appellerais des Belges de souche disent: on ne sent sent plus tellement chez nous. »Ou encore « L’intégration n’a pas pris. Nier l’évidence n’a jamais servi à rien », avant de souhaiter l’organisation d’un débat politique sur la question. Le libéral se fera sévèrement critiquer.

Nous sommes 10 ans plus tard. Didier Reynders est mon invité sur Bel RTL. Je l’interroge sur ce fameux dérapage à la tribune du Sénat au cours duquel il place Molenbeek à l’étranger. Le ministre des affaires étrangères précise bien qu’il regrette, mais qu’il ne s’excuse pas. Puis il enchaine et évoque lui aussi l’idée d’un débat « c’est quand on veut car cela reste un énorme problème« . Evoquant le « véritable échec d’une politique d’intégration dans un certain nombre d’endroits « , il emploie le terme de «  ghettos » « .
 
Intégration = échec, le résumé des propos est donc le même. Dans les deux cas celui qui les tient est un libéral de premier plan, wallon d’origine en cours d’implantation dans la capitale. Dans les deux cas, la période est électorale et la sortie provoque un tollé dans les autres partis démocratiques. On peut pousser la comparaison : la sortie de Daniel Ducarme lui avait permis de s’implanter durablement à Bruxelles (il avait même gagné 5 points lors du baromètre de La Libre qui avait suivi sa sortie). Celle de Didier Reynders va lui permettre de se positionner au sein des libéraux bruxellois. Avec le risque de voir un débat interne se développer au sein du MR entre les Ucclois-Reyndersiens d’un côté  et des élus d’autres communes où l’intégration est vue plus positivement de l’autre. Un débat potentiellement explosif à quelques mois des élections communales, et qui risque de compliquer les discussions avec les autres formations politiques lorsqu’il faudra négocier des accords de coalition dans certaines communes bruxelloises. Pour la petite histoire, la déclaration tombe alors que Charles Michel et plusieurs libéraux bruxellois sont justement en voyage d’étude au Maroc.

La formule qui lie intégration et échec mériterait à elle seule un développement. Elle est ambiguë  car on ne sait pas si ce sont les politiques d’intégration qui font l’objet de la critique ou les populations concernées à qui l’on reprocherait de ne pas vouloir s’intégrer. Le mot « intégration » lui-même vaut un débat : s’agit d’une assimilation ou d’une coexistence ? Parle-t-on de réussite sociale, de sécurité ou simplement de pratiques culturelles ? Faut-il pour être « intégré » manger des boulettes sauces lapin une fois par semaine,  renoncer à sa religion ou  avoir sa carte de supporter d’Anderlecht ? Didier Reynders suggère un débat. Vu les premières réactions sur les réseaux sociaux, ce débat est en train de monter. Sarah Turine, candidate Ecolo à Molenbeek (commune dans laquelle le MR est associé à la majorité souligne-t-elle) indique par exemple sur Twitter : « On peut remettre en cause certaines politiques d’intégration mais ce n’est pas avec le dénigrement de Reynders/MR que ça va aller mieux ». Nous venons d’entrer de plein pied dans la campagne des élections communales.

Un travail d’orfèvre, et des tempos distincts: pourquoi la réforme de l’Etat prend du temps

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire, fédéral , le 30 mai 2012 09h47 | 2 commentaires

dirupoblogComprendre comment avance notre réforme de l’Etat c’est  apprendre à conjuguer  3 ou 4 rythmes très différents. D’abord le rythme médiatique, celui de l’opinion publique. On a envie que cela aille vite. Après  tout l’accord sur la réforme de l’Etat  remonte à l’automne dernier. On a attendu 500 jours pour l’obtenir, on a plus vraiment envie d’en reparler.

Deuxième tempo celui  des Etats-majors des partis politiques. Eux non plus n’ont pas envie de s’éterniser. L’accord est bouclé, il faut se lancer dans la campagne des élections communales, travailler sur la relance, bref,  passer à autre chose. A un détail près, il faut que cette réforme soit engrangée et il faut que cela se sache, surtout côté flamand. Cela veut dire qu’on a besoin du vote et que ce vote soit un minimum médiatisé.

3ieme tempo, le rythme auquel travaillent les parlements. La réforme de l’Etat ce sont 16 propositions de loi, 13 déposées au Sénat, 3 autres à la chambre. Il faut que les deux assemblées se prononcent sur l’ensemble, si possible en même temps. Cela veut dire des heures et des heures de travail en commission, avant d’aboutir à un vote global en plénière, fin juillet ou début aout.

4ième tempo, le rythme juridique. Comme toute proposition de loi,  celles-ci peuvent  être soumises à l’avis du conseil d’Etat. Le conseil, qui est composé de 44 membres, nommés à vie, chargés de dire le droit et d’éviter l’arbitraire, et  a 30 jours pour statuer lorsqu’il est saisi, sauf quand on lui demande l’urgence.  Le gouvernement et le législateur ne suivent  pas toujours l’avis du Conseil d’Etat, mais cette fois-ci le dossier est tellement sensible qu’on a décidé d’y être attentif.  C’est  précisément dans ce moment-là qu’on se trouve aujourd’hui. Avec une réunion étalée sur deux jours du « Comori », le comité de mise en œuvre des réformes institutionnelles. Ce Comori,  rassemble les représentants des 8 partis qui ont négocié la réforme et qui permettent d’atteindre la majorité des deux tiers : la majorité papillon plus  les deux partis écologistes. On y trouve la crème de la crème,  des présidents de parti  (hier  Wouter Beke, Alexander De Croo, Charles Michel étaient présents), des vices premiers (pour le PS Laurette Onkelinx), des experts des matières institutionnelles  (Marcel Cheron  représentait Ecolo et Françis Delpérée était là pour le CDH).

Cette nouvelle réunion a donc permis de  « corriger » (comprenez qu’on intégre ou répond aux remarques du conseil d’Etat) les textes sur la scission de l’arrondissement électorale Bruxelles Hal Vilvorde. Cela c’est bien passé, pas de difficultés majeures. Aujourd’hui ils se pencheront sur l’arrondissement judiciaire. Et  là c’est sans doute le plus difficile.  Ce point de l’accord a du mal à passer côté flamand, notamment parce qu’il est contesté par les magistrats flamands, qui estiment qu’il n’a aura plus assez de juges néerlandophones à Bruxelles une fois la scission opérée, ou parce que la question du contentieux  administratif reste extrêmement compliquée. On peut donc craindre une réaction  en chaine : pression des magistrats, avec l’aide de la NVA, sur les partis flamands, pression des partis flamands sur les partis francophones, et finalement remise en cause de l’accord. Avec un danger, si on touche à un cheveu de l’accord c’est tout l’équilibre qu’on scalpe et on est reparti comme en 40, pardon comme en 2011…

Place à la politique de relance

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral , le 29 mai 2012 10h13 | 2 commentaires

argentpiece« Relance, le plan de bataille d’Elio Di Rupo » (le Soir, samedi), « le Plan Milquet pour relancer la Belgique (La Libre Belgique, même jour) , ou encore « il n’y a pas besoin d’un grand plan de relance au niveau fédéral » (Kris Peeters, au Soir ce matin)….Relance par ici, croissance par-là, il suffit de regarder un peu la presse des derniers jours pour comprendre que cette thématique économique est désormais à la une de l’actualité.

Tout commence vendredi matin, lorsque le gouvernement reçoit un rapport intermédiaire du bureau du plan sur la compétitivité des entreprises belges, et une série de pistes de travail du conseil central de l’économie, c’est-à-dire les partenaires sociaux, patrons et syndicats. Vendredi matin les deux documents ont été remis aux journalistes qui suivent les travaux du conseil des ministres.

Que disent ces textes  ? Dans le cas où vous auriez préféré profiter du soleil plutôt que de les lire ce weekend, je vous fais un petit résumé. D’abord qu’on a bien besoin d’une politique de relance parce que la croissance est en berne. On espérait une petite reprise pour l’a fin de l’année 2012, genre 0,5%. Ce ne sera sans doute pas le cas, on table  maintenant sur une croissance 0.

Ensuite que malgré cette croissance zéro, l’inflation elle continue de grimper. On tablait sur 1,8%, on ne devrait pas être loin des 3%. Le problème c’est que quand les prix grimpent, les salaires grimpent aussi. Du coup le différentiel entre les salaires belges et les salaires de nos  pays concurrents la France l’Allemagne les Pays-Bas augmentent aussi : , 4,6% d’écart,  mais attention, comme la différence des prix à la consommation est de 4,4% on voit bien que ce sont les prix qui posent problème, pas les salaires, il  n’y a pas eu de gain de pouvoir d’achat pour les salariés.

Enfin derniers enseignements en vrac, la productivité  reste plus élevée en Belgique qu’ailleurs, mais l’Allemagne e est en train de nous rattrape, les prévisions en terme d’emploi se portent plutôt mieux chez nous que chez les voisins, le fait de maintenir le pouvoir d’achat permet de garder une demande intérieure, par contre nous perdons des parts de marché à l’étranger parce que nous n’investissons pas assez ni en formation, ni en recherche.  Là l’analyse du bureau du plan est assez percutante et fait bien les affaires du PS et des syndicats : nous perdons des parts de marché pour un tiers, en raison des couts de production,  mais pour les 2/3 parce que nous proposons de mauvais produits sur de mauvais marchés, en clair parce que nous ne sommes pas assez innovants. Le débat sur l’indexation des salaires est donc un mauvais débat.

Maintenant que tous ces constats sont connus que va faire le gouvernement ?   Officiellement c’est un groupe de travail  composé du premier ministre et des vice-premiers qui va  désormais plancher sur un plan de relance.  Vous avez vu les journaux du weekend, chaque famille politique, va essayer de vendre ses idées. Revendiquer la paternité d’un plan de relance, mettre l’accent sur les mesures qui viendraient de son programme pousser son option plutôt que celle du voisin, c’et le jeu politique. Si on regarde ce qui est dans l’accord de gouvernement,  on sait déjà que le gouvernent a prévu des mesures de soutien, par une baisse des charges pour les 3 premiers emplois créés par une entreprise et qu’il y aura bientôt une augmentation de la quotité exemptée d’impôt.

Attendez-vous donc à un débat sur la manière de baisser les cotisations  sur les bas salaires et sur la manière de récupérer l’argent ailleurs, par exemple avec une cotisation sociale généralisée.  Ce sera le vrai débat : où reprendre ce qu’on accordera en faveur de l’emploi ? Prévoyons aussi la poursuite d’un débat sur les prix de l’énergie  et  le tout sera emballé avec des opérations de communications pour essayer donner confiance aux consommateurs et aux secteurs concernés.  Un plan PME par exemple, c’est plus parlant que toute une série de petites mesures disparates.  Le plan de relance devrait être prêt pour la seconde quinzaine de juillet. Il démontre que le gouvernement  Di Rupo travaille par séquence. Une phase sur le budget et les économies, une phase sur la réforme de l’état, et maintenant une phase pour l’économie et la relance. Si vous cherchez la définition de « relance »  au dictionnaire, vous trouverez l’action de relancer un client, reprendre contact avec lui pour  dynamiser les ventes. Et si on quitte la sphère économique, la relance (par exemple dans le domaine amoureux) se rapproche du harcèlement. Cela signifie sans doute que vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

Ecoles, constitution et bon sens

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire , le 25 mai 2012 09h32 | 6 commentaires

C’est un arrêt logique et carré, comme on doit en attendre de la cour constitutionnelle.  En Belgique la compétence de l’enseignement relève des communautés, c’est donc aux communautés de construire des écoles,  la communauté flamande pour les écoles flamandes, la fédération Wallonie Bruxelles pour les francophones, point final.  C’est net, c’est carré, c’est juridiquement cohérent et inattaquable. Au nom de ce principe la cour constitutionnelle interdit donc désormais à la région bruxelloise de construire des écoles.

En clair la cour attribue un zéro sur 10 au gouvernement Picqué, prié de reviser ses classiques. Le recours concerne le plan école de la région  qui doit permettre la création de 3800 places. L’initiative avait été lancéz en novembre de l’année dernière, 12 millions d’euros  et une procédure accélérée pour pouvoir disposer des places à la rentrée prochaine, les  2/3 dans le primaire, un tiers dans le maternel. Comme la cour constitutionnelle est toujours d’une grande sagesse elle n’annule toutefois pas la décision :  les constructions en cours vont se poursuivre et la région ne devra pas rembourser les subsides consentis. C’est bon pour cette fois, mais ne recommencez pas.

A l’initiative du recours on trouve le gouvernement flamand. C’est donc bien une querelle communautaire qui va empêcher la région d’investir sur son territoire. On pourrait en rire, si derrière la bataille juridique il n’y avait pas effectivement un problème criant à Bruxelles, celui du boom démographique et du manque de place dans les écoles. Si la région est en train de construire 3800 places c’est parce qu’il y a urgence. La communauté française, pardon, la fédération Wallonie Bruxelles, finance de son côté la construction de 4 000 autres places, la communauté flamande 2 400 et le réseau libre en ajoute 1 500 de plus. Au total on arriverait à un peu plus de 13 000 places, c’est bien mais ce n’est pas encore suffisant, d’ici 2015 on estime qu’il en faudrait 18 000 au total.

Le gouvernement flamand et la  cour constitutionnelle ont  raison.  Si c’est la cour qui le dit, on ne peut pas la critiquer et je n’ai pas pour habitude de commenter les décisions de justice. On ne va quand même pas laisser construire des écoles par la région bruxelloise alors que ce n’est pas boulot ! Pour la petite histoire il faut souligner que le plan école prévoyait aussi des écoles pour l’enseignement flamand,  on est à Bruxelles, on n’allait pas oublier les néerlandophones. Le gouvernement bruxellois avait donc prévu ¾ de subsides pour les écoles francophones  ¼ pour les flamands et les ministres néerlandophones avaient marqué leur accord. Oui mais non, ça ne va quand même pas !

 Pour la petite histoire encore, on soulignera que si un pouvoir organisateur libre décide d’investir à Bruxelles il n’aura lui aucun problème.  On peut  plus facilement construire une école privée, qu’une école publique.

Pour la petite histoire  enfin, sachez que la région bruxelloise pour contourner l’interdiction a tenté de plaider sur le terrain de l’emploi, en expliquant que des écoles aujourd’hui c’est moins de chômeurs demain, et que ça c’est justement dans ses compétences, mais c’était un peu tiré par les cheveux.

Hier dans un communiqué le ministre président de la Région Bruxelloise évoquait un « juridisme » et une « mesquinerie institutionnelle ». Mais comme la cour a toujours raison, il a forcément tort. L’arrêt aura pour conséquence d’obliger la fédération Wallonie Française à faire face à ses obligations. Mais peut-être qu’un jour dans les écoles bruxelloises, les élèves, en  tout cas ceux qui auront la chance d’avoir une place , auront pour thème de dissertation  :  quand le légal l’emporte sur le légitime,  la justice est-elle juste ?

MR/FDF : lutte finale et licenciement

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, fdf, mr , le 24 mai 2012 14h51 | 2 commentaires

blabla8

Entre les FDF et le Mouvement Réformateur c’est désormais une lutte à mort. Pas une interview où Olivier Maingain ne pilonne ses anciens alliés. L’opération de communication a été analysée par plusieurs confrères de la presse écrite : le FDF veut  souligner le caractère « droitier » des libéraux pour mieux s’en distancer. On serait tenté d’ajouter : pour libérer de l’espace au centre et se donner un peu  d’air aux prochaines élections.

Si mon petit doigt est bien informé, les libéraux ont eu pour consigne de ne point répondre aux attaques, histoire de ne pas donner trop d’ampleur aux accusations du président amarante, mais une riposte serait en cours de préparation.

Derrière cette guérilla de façade se jouent également de nombreux bras de fer de terrain. On se dispute les candidats, commune par commune, on « suspend » les adhérents qui choisissent la liste de l’autre camp, on s’accuse mutuellement d’avoir conclu des accord pré-électoraux, on s’envoie des chartes à la figure et dans les communes où des listes communes  semblent encore possibles (en périphérie de Bruxelles par exemple) on se dispute les têtes de listes.

Signe parmi d’autres de cette tension, le licenciement d’un collaborateur du MR qui envisageait d’être candidat sur la liste du bourgmestre à Woluwe-Saint-Lambert. Gregory Matgen, c’est son nom, était collaborateur du MR au Sénat avant d’être détaché au centre Jean Gol, le service d’étude du parti. Résident à Woluwe-Saint-Lambert, il est approché  il  y a quelques semaines par Olivier Maingain pour figurer sur la liste du bourgmestre.  Coup de sang  à la direction du parti qui convoque l’intéressé  et après 15 jours de réflexion la sanction tombe : travailler pour le MR et être candidat sur une liste FDF est incompatible.  Gregory Matgen fait  donc l’objet d’un « licenciement pour faute grave ».

Coté FDF on commente en  indiquant que le licenciement pour faute grave ne saurait être invoqué dans le cas présent, que la possibilité d’être candidat est un droit fondamental dans une démocratie et qu’il s’agit ni plus ni moins que d’impressionner un jeune collaborateur, alors que dans la même commune le MR se contente de ‘suspendre’ les  échevines sortantes qui ont choisi de suivre Olivier Maingain. C’est la thèse du deux poids deux mesures, de la pression et de l’abus de pouvoir.

Coté MR on signale que le collaborateur était associé aux négociations sur la réforme de l’Etat, le cœur du différend entre les deux formations (il a notamment participé au groupe de travail sur la réforme du sénat) et qu’il était hors de question de  laisser  libre accès à des informations aussi sensibles à une personne qui se sent plus proche du FDF que du parti qui le rémunère. C’est la thèse de la taupe et du manque d’éthique. « Vous imaginez un collaborateur du MR candidat avec le PS ? Non ? Et bien c’est la même chose avec le FDF, simple question de bon sens » glisse d’ailleurs un observateur libéral.

On ne tranchera pas en faveur de l’une des deux thèses. Mais on vous rapporte l’anecdote pour vous montrer que les relations sont bel et bien extrêmement tendues entre les anciens alliés d’hier. Dans le laps de temps qui nous sépare du mois d’octobre tous les (mauvais) coups sont désormais permis entre FDF et MR.

Philippe Moureaux force le débat interne au Parti Socialiste

Par Fabrice Grosfilley dans ps , le 24 mai 2012 09h00 | 4 commentaires

moureauxblog

Ce n’étaient jusqu’ici que des bruits de couloirs, des interrogations qu’on formule dans des discussions informelles ou lors de diners en ville. Hier les états d’âme des troupes socialistes sont devenus visibles et donc « officiels ».  Cela se passe dans De Morgen, quotidien flamand, quelques témoignages anonymes,  autant dire pas  grand-chose,  autour d’une communication cafouilleuse sur ce déplacement en ligne commerciale alors qu’un airbus de la défense était à disposition. L’article rapporte surtout une intervention remarquée de Philippe Moureaux,  toujours vice-président du PS (même s’il a passé la main à Rudy Vervoort en région bruxelloise).  Philippe Moureaux estime que le PS a du mal à exister  « notre parti se retranche derrière la politique du gouvernement et ça ne va pas » dit-il, comprenez que le parti socialiste devrait défendre davantage ses positions sur la place publique et faire comprendre que ce que décide le gouvernement est une chose, ce que veulent les socialistes en est une autre. En clair que le gouvernement fait des compromis, alors que le PS voudrait une politique plus à gauche.

La difficulté c’est évidemment de tenir un tel discours sans paraître critiquer celui qui est chargé de faire la synthèse. Exister plus, c’est revendiquer plus. Se démarquer du gouvernement, c’est forcément se démarquer d’Elio Di Rupo. Le problème c’est  -1-que l’homme est réellement populaire, -2- qu’une critique mal dosée risque d’envenimer les discussions au sein de la majorité et donc d’affaiblir le « patron naturel » du PS.

Ce problème d’existence d’un parti quand il compte dans ses rangs le premier ministre n’est pas neuf. C’est toujours difficile de mener une action partisane  quand on  a enfilé le costume d’arbitre.  Tout  premier ministre éprouve naturellement  une forme de  schizophrénie à  diriger à la fois officiellement  une majorité et officieusement  un parti politique qui en est membre. Si on se rappelle de Guy Verhofstadt par exemple, entre 99 et 2007, il a testé plusieurs formules : confier les clefs du parti à Karel De Gucht, puis redevenir lui -même président de parti et cumuler les deux fonctions, avant de mettre à la présidence Dirk Sterckx, puis Bart Sommers. Du temps d’Yves Leterme, pas beaucoup plus simple.  Pendant les 3 années où il est premier ministre le CD&V aura eu comme présidents successivement Jo Vandeurzen, Etienne Schouppe, Wouter Beker, Marianne Thyssen pour finalement revenir à Wouter Beke.

Un premier ministre fort  s’accompagne forcément d’un président de parti faible. Les socialistes francophones découvrent ce que les partis flamands ont expérimenté  avant eux.

Revenons à Philippe Moureaux. Le fait de s’exprimer dans la presse a évidemment du sens. Faire des déclarations sur la place publique c’est une manière de forcer  le débat en interne et prendre la responsabilité d’enclencher la machine à commentaires. Moureaux a le franc-parler nécessaire, mais aussi , sans doute ; la volonté d’infléchir le cours des choses en adressant un signal aux électeurs avant les élections d’octobre : nous sommes plus progressistes que le gouvernement de « centre centre ».  Dire que le PS n’est pas suffisamment audible, implicitement, même si Philippe Moureaux s’en défend, c’est nous dire aussi  que Thierry Giet manque de coffre. Ce n’est pas la personnalité du président par intérim qui est en question c’est sa puissance médiatique. Tant que Laurette Onkelinx (après tout c’est aussi à elle d’incarner le discours PS au sein de la majorité fédérale) voudra afficher sa proximité avec Elio Di Rupo les socialistes manqueront d’un porte-voix au fédéral. Comme du côté libéral Didier Reynders et Charles Michel ont décidé de ne pas épargner le premier ministre et qu’ils  sont, eux, des surdoués de la com, le débat paraît déséquilibré et les socialistes sortent perdants.

En confirmant cette analyse Philippe Moureaux lance donc le débat de la présidentielle socialiste. Faut-il oui ou non que le PS se dote d’un président fort, par exemple en organisant une véritable élection après les élections communales. Si la réponse est oui, deux personnalités s’imposent : Elio Di Rupo, il est pris, et Laurette Onkelinx. On peut citer les noms de Rudy Demotte, de Paul  Magnette ou de Jean-Claude Marcourt, mais ils sont moins évidents.  Jusqu’à présent Laurette Onkelinx n’était pas candidate. En créant des remous, certains de ses camarades sont peut-être en train de lui forcer la main, à moins qu’ils ne lui facilitent la tâche. La question de savoir si on peut être à la  fois vice-premier et président de parti  ne devrait pas tarder à ressurgir.

La « constitution flamande » avance doucement mais surement

Par Fabrice Grosfilley dans communautaire , le 23 mai 2012 09h35 | 15 commentaires

constitutionblogC’est un texte qui ne devrait pas faire beaucoup de vagues au Nord du pays, mais qui risque d’être perçu au Sud comme une sorte de camouflet. Officiellement le document s’appelle « Charte pour la Flandre », ce n’est pas tout à fait une constitution mais on s’en rapproche. Le document est présenté comme une « étape » avant d’aller vers une véritable constitution. Aujourd’hui ce texte intermédiaire sera donc présenté au parlement flamand par les  partis de la majorité flamande : le CD&V de Kris Peeters, le SP-A, le parti socialiste flamand, et la N-VA, le parti de Bart De Wever qui est représenté au sein du gouvernement flamand par le très flamand Geert Bourgeois.

A

En deux parties

On ne connaît pas le contenu du document, il sera dévoilé à 13H30, mais l’invitation envoyée à la presse parle de la Flandre comme d’une société ouverte et on trouve dans ces quelques lignes de présentation les mots : liberté, égalité, justice, tolérance, et responsabilité. Le document devrait se présenter en deux parties: d’un côté l’organisation du gouvernement flamand, de l’autre les droits des citoyens flamands. Il fera aussi référence à la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne.

A

« Signal politique fort »

Puisqu’il ne s’agit pas encore d’une constitution faut-il réellement s’en inquiéter ? Oui et non. Non parce que ce document est une étape intermédiaire, Kris Peeters avait annoncé dans son discours du 11 juillet 2010, il y a déjà deux ans, son souhait d’aller vers une charte flamande. Il estime qu’il est temps de réunir dans un seul et même texte des principes qu’on retrouve actuellement dans la constitution belge et dans  les lois spéciales qui organisent la vie politique des régions. Il n’y a pas là matière à s’offusquer.

Oui en revanche, il faut bien se poser des questions sur la portée symbolique du  texte. Il s’agit bien d’un pas vers une constitution flamande, c’est écrit en toutes lettres, or il ne peut y en avoir qu’une par pays. On sera très attentifs aux termes qui seront employés ce midi, si on  écrit que la Flandre est une « entité fédérée », on reste dans le système actuel, si on parle d’un « Etat fédéré », on  pose un pas officiel vers le confédéralisme. Les organisateurs de la conférence de presse parlent d’ailleurs, histoire d’appâter le journaliste sans doute, d’un « signal politique fort » et reconnaissent que leur projet de charte aura des conséquences juridiques.

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Fierté et inquiétude…

Ce soir ou demain on peut donc s’attendre à de la fierté, côté flamand, et à de l’inquiétude côté francophone,  sans oublier quelques cris d’horreur du côté des constitutionnalistes. De notre position d’observateur, on  notera surtout le moment choisi : quelques jours avant que ne commencent les travaux sur la réforme de l’Etat au parlement fédéral, où pour l’instant tout se passe dans un calme relatif. Comme si le CD&V, branche fédérale, montrait qu’il obtient des résultats avec les francophones de la majorité papillon. Mais que le CD&V, branche flamande, rappelait dans le même temps qu’il travaillait aussi à la Flandre de demain. Et que ça, il le fait main dans la main avec la N-VA.

L’Empereur d’Ostende et les brutus…

Par Fabrice Grosfilley dans affaires , le 22 mai 2012 09h44 | 2 commentaires

Tout est dans le titre. « L’Empereur d’Ostende » est un ouvrage à charge. Il détaille comment Johan Vande Lanotte dirigerait, en sous-main mais avec une poigne de fer, la ville d’Ostende.  Les deux  auteurs sont des journalistes de la VRT qui ont écrit l’ouvrage sur le temps libre (oui il y a des rédactions ou certains journalistes ont suffisamment de temps libre pour écrire un bouquin).

Entre la ville d’Ostende  et le vice-premier ministre  existe une longue histoire d’amour. Johan Vande Lanotte qui est avocat de formation a travaillé pour la ville, un premier boulot entre 78 et 81,il  a alors 23 ans, et puis en 1995, alors qu’il est ministre de l’intérieur, il devient conseiller communal. Un siège qu’il n’a jamais quitté.  Dans le milieu politique tout le monde sait  que Johan Vande Lanotte suit de près les dossiers d’Ostende. C’est pour cela qu’il a demandé à être ministre  de l’économie, des consommateurs et de la mer du nord. Tout le monde sait aussi que c’est un fan de Basket et qu’il est le président du club de basket d’Ostende. Selon ces deux journalistes cela irait en fait beaucoup plus loin. Johan Vande Lanotte a aussi présidé, entre 2007 et 2010, la période où il n’était pas ministre, la société Electrawinds, qui a obtenu le droit d’exploiter des éoliennes en mer du nord.  Le permis d’exploiter, qui vient d’être délivré  n’a pas été signé par Johan Vande Lanotte mais par Melchior Wathelet, secrétaire d’état à l’énergie. Pour les auteurs du livre, c’est la preuve d’un conflit d’intérêt.

Les deux journalistes d’enchainer les exemples. Il y aurait des réunions informelles  menées par Vande Lanotte au cours desquelles le bourgmestre aurait juste le droit de parler quand Johan le veut bien. Des contrats de sponsoring pour le basket qui serait douteux. Bref quand vous lisez le bouquin vous avez le sentiment d’un glissement de terrain : tout ce qu’on a pu reprocher aux élus de Charleroi on pourrait aussi le reprocher à Johan Vande Lanotte. Mais halte là. Hier Johan Vande Lanottte a adressé un courir à un certain nombre de journalistes flamands. Pas un petit courrier. Vingt pages pour démonter les accusations de ses détracteurs. Selon cette lettre Johan Vande Lanotte aurait pointé 65 informations fausses ou insuffisamment nuancées.  Johan Vande Lanotte dénonce l’absence de preuves de ce qui est avancé. « De nombreuses déclarations sont manifestement incorrectes. D’autres déclarations sont simplement des insinuations pour manipuler l’opinion publique. »  Ce livre c’est   »comme un blog de Dedecker ».     Là on est dans la politique communale. Jean-Marie Dedecker, le tribun populiste est aussi d’Ostende et  donc un concurrent direct Johan Vande Lanotte. Dans le bouquin on trouve à la page remerciements le nom d’ un certain Ignace Vandewalle, collaborateur de Jean-Marie Dedecker. Et Johan Vande Lanotte d’affirmer que certains témoignages ont été directement collectés par la liste Dedecker pour être ensuite repris par les journalistes en question.

Que retenir d’une polémique qui pourrait semblée locale ? Que Johan Vande Lanotte est donc suffisamment embarrassé par le bouquin pour lancer une contre-offensive mais sans aller jusqu’à déposer plainte. Et on notera que si c’est mauvais pour son image au niveau fédéral, c’est tout bon pour le local : le livre démontre que le ministre n’oublie pas de servir les intérêts de sa commune.

A la VRT on est finalement mal à l’aise. On pensait avoir l’enquête du Watergate,  solide argumentée, avec des informations recoupées, on se retrouve potentiellement avec un livre sulfureux, dont on se demande s’il ne tient pas plus de la charge politique que du travail journalistique. Quand les journalistes commencent  à faire campagne ils ne sont plus journalistes. Les deux confrères de la VRT sont donc suspendus de reportage jusqu’à nouvel ordre, le temps que le conseil de déontologie fasse le tri et qu’on détermine s’il l’Empereur d’Ostende est un vrai travail d’enquête, ou une compilation d’attaques politiques.

Le parti pirate à l’abordage des communales

Par Fabrice Grosfilley dans communales , le 21 mai 2012 08h34 | 5 commentaires

pirateblog

Le parti pirate n’est pas tout à fait inconnu en Belgique. Cette petite formation avait présenté des candidats en 2010 dans la circonscription Bruxelles-Hal-Vilvorde. La liste avait obtenu 2200 voix, 0,26% des suffrages. Anecdotique ou presque.

Cette fois-ci le parti pirate version 2012 vise les communales et espère  profiter du succès des partis frères. Il existe en effet des partis pirates à peu près dans toute l’Europe. Lors des dernières élections régionales, le parti pirate allemand a ainsi obtenu plus de 8% dans le Schelwig-Holstein, plus de 7% dans la Sarre ou dans la Rhénanie du Nord, ce qui lui a permis de décrocher une vingtaine de députés.

En Suède, là où le mouvement a été lancé en 2006, le parti pirate a obtenu 7% lors des dernières élections européennes, ce qui lui a permis d’envoyer deux élus au parlement européen. L’idéologie du parti pirate est effectivement centrée sur internet : son programme demande la réforme des législations sur le droit d’auteur, la fin des brevets sur les logiciels et les êtres vivants et une meilleure protection de la vie privée des internautes.

A

Pas de programme

La semaine dernière le parti pirate de Belgique a donc annoncé qu’il devrait être présent aux prochaines élections provinciales dans la plupart des provinces. Le parti devrait également monter des listes dans une série de grandes villes : Bruxelles, Liège, Namur, Charleroi. Il  possède également des militants assez bien implantés à Schaerbeek, et on trouve côté francophone, quelques anciens membres du CDH aux commandes.

Quel est l’intérêt de monter des listes aux élections communales pour ce type de parti, c’est quand même une question qu’on peut se poser. Les questions de droits d’auteur ou de sécurité informatique sont débattues au parlement fédéral, éventuellement certains aspects au niveau de la fédération Wallonie-Bruxelles, mais au niveau communal, le parti pirate semble à priori hors sujet. Ses militants contournent la difficulté en indiquant qu’il s’agit pour eux de lancer une démarche. On met en avant un projet de société, basé sur la jeunesse et la libre circulation de l’information. Le parti pirate reconnaît d’ailleurs ouvertement qu’il n’a pas de programme, c’est donc aux citoyens de l’écrire, et cette formation politique voudrait fonctionner comme fonctionne internet : sous la forme d’un réseau qui s’étend et pas sous la forme d’une pyramide ou les idées vont de haut en bas. C’est sympathique, mais évidemment on risque fort de vous promettre la baisse des impôts pour tout le monde, sans jamais vous dire où on ira compenser la diminution des recettes.

A

Candidat au « vote sanction »

Puisqu’il n’a pas vocation à diriger les communes, le parti pirate s’offre une répétition avant les élections de 2014. Là, avec des européennes, des législatives et des régionales en même temps, il y aura un véritable enjeu pour peser sur les problématiques que les pirates entendent porter.  Il ne faut  pas sous-estimer cette formation. D’abord parce que ses scores à l’étranger montrent que la démarche intéresse un certain électorat. Ensuite parce que le parti pirate est typiquement ce type de formation susceptible de capter un vote de rejet. Un parti anti-système, comme peuvent l’être des formations d’extrême droite ou d’extrême gauche. On sent bien qu’entre le PTB, le rassemblement Wallonie-France, et le Parti Populaire, il y a sans doute la place en Belgique pour une nouvelle formation politique qui ne soit pas liée aux 4 grands partis traditionnels. Le parti pirate, peut, comme ces formations, incarner un positionnement idéologique original et spécifique. Comme ces formations également, il devra compter sur un vote sanction pour capter une audience plus large que les seules thématiques qu’il porte, et la compétition risque d’être rude.

La difficulté pour ce genre de partis est d’atteindre le seuil critique qui lui permettra d’exister médiatiquement et électoralement. En 2010,outre le parti pirate sur Bruxelles-Hal-Vilvorde il y avait aussi les listes  « Egalité », « Parti Populaire » ou « Pro-Bruxelles ».  Quelques années plus tôt on avait eu droit à velorution, BUB  ou trèfle. Ces listes n’ont jamais percé. Le Parti Populaire a bénéficié d’un siège par la magie de l’apparentement, mais le divorce entre Mishail Modrikamen et Laurent Louis  condamne le PP à repartir de zéro.

Cette « campagne des petits » n’est pas sans intérêt.  Historiquement, le Rassemblement Wallon, ou la Volksunie par exemple, se sont déployés de la même manière : en dehors des structures traditionnelles et en portant un projet spécifique. Cela ne les a pas empêchés, même s’ils ont disparu, d’influencer durablement notre système politique. Quitte à ce que les pirates, en intégrant l’une ou l’autre formation, ne deviennent corsaires…