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Archives du avril, 2012

Incident marocain : Benkirane appelle Turtelboom

Par Fabrice Grosfilley dans Autre , le 30 avril 2012 11h19 | 4 commentaires

reyndaa

L’article publié sur ce blog mercredi dernier a fait de l’effet.  Je vous y expliquais comment le premier ministre marocain Abdelilah Benkiran, membre du parti PJD, avait « snobbé » la ministre belge de la justice  Annemie Turelboom.  Comment aussi la minsitre de la justice avait décidé de ne pas claquer la porte pour privilégier ses dossiers.  Mon récit, aussi surprenant soit-il, n’a pas été démenti. Mieux, l’information, reprise par les journaux Le Soir et De Standaard a également été répercutée par des confrères marocains et a été abondamment commentée.

Tant et si bien qu’ Abdel-Ilah Benkiran a fini par appeler Annemie Turtelboom. L’entretien téléphonique a eu lieu vendredi, confirme le porte-parole de la ministre blege. Peut-on écrire que le Premier marocain a appelé pour s’excuser ?  La réponse est couverte par le secret diplomatique. De sources belges on se contente de souligner que ce qui compte c’est avant tout la défense des intérêts belges. De ce point de vue, Annemie Turtelboom affirme que le voyage du 11 avril lui avait permis de nouer d’excellents contacts avec d’autres ministres, et que le travail de fond, sur les dossiers, va se poursuivre.

Affrontement droite-gauche le premier mai : des fusillades aux campagnes de com, en passant par le muguet

Par Fabrice Grosfilley dans mr, ps , le 30 avril 2012 08h59 | 5 commentaires

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Jetons d’abord un coup d’œil sur ce qui va se passer à Paris.  Cette année, les Parisiens vont avoir droit à trois rassemblements : celui traditionnel des syndicats et des partis gauches qui cette année défilent tous ensemble. Celui du Front National de Marine Le Pen qui profite de cette journée pour rendre hommage à Jeanne d’Arc. Et puis, le troisième rassemblement constituera une nouveauté, place du Trocadéro, à l’initiative de Nicolas Sarkozy en faveur de ce que le candidat UMP appelle « le vrai travail. »

Pour les policiers parisiens c’est un beau casse-tête : le FN défile le matin,  les troupes de Sarko seront l’après-midi dans les beaux quartiers à l’ouest, les syndicats dans les quartiers plus populaires à l’est, et on espère que personne ne se croisera. La tension sera donc vive à Paris. Elle ne sera pas absente à Bruxelles, Namur ou Charleroi.

Le premier mai version 2012 résonne comme un avant-goût de la campagne communale. Il est surtout l’occasion pour tout le monde de se profiler.

Commençons par la gauche. Il faut rappeler ce qu’est le premier mai.  C’est à l’origine une grande mobilisation aux Etats-Unis pour obtenir la journée de 8 heures. C’était en 1886, 350 000 ouvriers se mettent en grève le même jour, du jamais vu à l’époque.  Le mouvement sera ensuite importé en Europe. A l’époque quand on parle de lutte des classes ce n’est pas une expression vide de sens.  Les manifestations du 1er mai 1886 font trois morts à Chicago,  5  autres délégués anarcho-syndicalistes seront  ensuite pendus.  En 1891, 5 ans plus tard, la police ouvre le feu sur le cortège du premier mai de Fourmies dans le nord de la France, faisant 9 morts.  C’est pour leur rendre hommage que les syndicats européens ont maintenu la tradition des rassemblements  le jour de la fête du travail.

Cette année en Belgique, l’une des questions sera de savoir si le courant passe bien entre la FGTB et le parti socialiste. On a pu observer que certain cadres du syndicat avaient un discours critique vis-à-vis du parti auquel ils sont historiquement liés. Certains d’entre eux disent soutenir Mélenchon, d’autres, c’est le cas  de Daniel Piron de la FGTB de Charleroi dans la Libre Belgique de ce matin, voudraient un parti à gauche du  PS, sans pour autant rallier Bernard Wesphael. Il faut se rappeler qu’en 2005, au moment du pacte entre les générations, PS et FGTB s’étaient échangés des amabilités lors du premier mai. Cela ne devrait pas être le cas cette fois-ci, en tout cas pas de manière aussi virulente et significative. A Bruxelles par exemple, les élus  du parti et les délégués du syndicat ont prévu de participer ensemble aux festivités du premier mai. Les uns écouteront les discours des autres et inversement. Mais on restera attentifs aux accent: met-on en avant l’unité des travailleurs, ou bien critique-ton les compromis d’un PS trop engagé dans la défense de l’Etat fédéral ?

On notera aussi que le premier socialiste glisse vers l’est. Elio Di Rupo sera présent à Baudour, mais il ne prendra pas la parole. C’est donc à Liège, avec le discours de Thierry Giet qu’on attendra la position officielle du parti socialiste. Il faut rappeler que les socialistes tiennent un meeting dans chaque fédération.

Coté libéral, le rassemblement du MR aura lieu à Jodoigne. Une initiative lancée en  1994 par Louis Michel (avant, les libéraux tenaient des rassemblement itinérants, depuis cette date, Jodoigne est un rendez-vous fixe), pour de ne pas laisser la valeur travail aux seuls socialistes. Vous voyez que Nicolas Sarkozy n’a rien inventé. Là aussi, défilé dans la ville et puis discours.

Au niveau des déclarations, à quoi doit-on s’attendre ?  Ce matin les leaders des différents camps accordent des interviews, ça  permet de se faire une idée. Pour Thierry Giet c’est touche pas à l’index et contrôlons les prix. Pour Charles Michel c’est finissons-en avec l’assistanat. Cette année les libéraux lancent une campagne de communication à l’occasion du premier mai, avec des placards de pub sous forme de lettre ouverte publiés dans les quotidiens. La fête du travail est une fête authentiquement libérale affirment-ils.  Le premier mai 2012 en France, comme en Belgique, on s’échangera des brins de muguet. Pas des rameaux d’Olivier.

Gardiens de prison : Turtelboom trouve du soutien sur sa gauche

Par Fabrice Grosfilley dans budget , le 26 avril 2012 08h37 | 5 commentaires

turtelblogPréavis de grève déposé à partir de dimanche. Comme mardi est un jour férié, on a bien compris, sans être pour cela un expert des relations sociales, que la tentation pourrait être grande d’organiser des débrayages au moins la journée de lundi dans le secteur des prisons. Est-ce que le gouvernement pourra l’éviter ou au moins limiter la casse ? Depuis 48 heures ce débat n’est donc plus un débat politique ou technique, c’est redevenu un débat budgétaire.

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5% du budget en moins

Pour  le comprendre il faut se rappeler qu’en décembre dernier la majorité papillon a décidé de diminuer de 5%  le budget de toutes les administrations fédérales. Dans le département justice cela se traduisait notamment par 400 suppressions de postes. Cela ne veut pas forcément dire des licenciements, ce sont des démissions ou des départs à la retraite qui ne sont pas remplacés.  Le fait qu’on construise de nouvelles prisons, ou que les anciennes soient  mieux équipées  permettait d’envisager cette évolution.

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« Beau » dilemme

Aujourd’hui les nouvelles prisons prennent du retard, les détenus sont de plus en plus nombreux, les gardiens menacent de débrayer,  les policiers menacent de ne pas les remplacer, bref l’opinion publique a les yeux rivés  sur ce dossier, il n’est plus question d’accepter ces suppressions de postes sans broncher. Devant le conseil restreint Annemie Turtelboom  a donc plaidé hier pour qu’on fasse une exception à la rigueur budgétaire pour son département. Là  il s’est passé une chose relativement étonnante. Annemie Turtelboom est membre de l’Open VLD, le parti libéral flamand. Or s’il y a un parti qui se bat bec et ongles pour qu’on fasse un maximum d’économies dans les dépenses de l’Etat c’est bien l’Open VLD. A l’entrée du kern Vincent Van Quikenborne, vice premier ministre open VLD a donc été très critique avec la ministre de la justice : « Tout le monde doit faire des efforts (…) dire non à toute mesure d’économies, cela ne va pas« . Du coté des libéraux francophones,  Didier Reynders était prudent, mais allait un peu dans le même sens : « On aura peut-être besoin de moins de gardiens dans les nouvelles prisons« , a-t-il déclaré à l’entrée du conseil retreint. Celles qui ont ouvertement soutenu, à l’entrée en tout cas, la ministre de la justice  dans sa demande  ce sont finalement Laurette Onkelinx pour le PS et Joëlle Milquet pour le CDH. Vous me suivez ? Avec le dossier prison c’est le débat de décembre qui se poursuit en avril. Pour les libéraux, on est en temps de crise, économie pour tout le monde,  l’Etat doit se serrer la ceinture. Pour le PS et le CDH, attention, on est à l’os, pas d’économies si cela touche à la qualité du service public. La différence avec le mois de décembre, c’est que nous ne sommes plus dans un débat budgétaire théorique mais bien dans ses conséquences pratiques. L’ironie ou le hasard veulent que cela concerne le portefeuille d’une ministre libérale flamande, avec un thème sensible, celui de la sécurité. C’est un beau dilemme : céder c’est créer un précédent et prendre le risque que tous les ministres défilent les uns après les autres pour demander qu’on desserre le carcan budgétaire. Ne pas céder, c’est  s’offrir un beau conflit  avec les gardiens de prison. Ce soir lorsque les vice Premier-ministres se retrouveront vers 18h, le gouvernement  aura peut-être l’impression de vivre une  prise d’otage. Même s’il est avant tout l’otage de ses propres mesures.

La fédération Wallonie-Bruxelles étoffe discretement son réseau diplomatique

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française, wallonie , le 25 avril 2012 17h03 | Commentaires fermés

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Il a fallu 4 notes rectificatives pour aboutir. Le 29 mars, à la veille des vacances de Pâques, le gouvernement de la fédération  Wallonie-Bruxelles a approuvé le « redéploiement du réseau des délégations « Wallonie-Bruxelles International ».  Ce réseau WBI est un peu le corps diplomatique des francophones, et permet aux Wallons et aux Bruxellois d’entretenir des relations privilégiées avec certains Etats sans devoir passer par la diplomatie fédérale. Sont privilégiés depuis toujours au sein de ce réseau les pays de la francophonie et ceux avec lesquels la fédération  Wallonie-Bruxelles (ex communauté française) entretient des liens privilégiés dans le cadre des politiques qui relèvent de sa compétence (coopération culturelle et universitaire  par exemple).

Le fait saillant du dossier, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre,  est incontestablement la création de 3  nouveaux postes de hauts- représentants qui ne seront pas chargés de représenter les francophones sur une aire géographique précise mais sur une « approche sectorielle » afin, dit le document gouvernemental, de « croiser les priorités thématiques et géographiques qui s’inscrivent dans un principe d’itinérance ».  Ces hauts représentants échapperont à la carrière extérieure, c’est-à-dire qu’ils pourront être recrutés en dehors du sérail, mais attention, ils devront être auditionnés par le parlement de la fédération, ce qui devrait limiter la tentation des candidatures-copinages : on peut compter sur les parlementaires et sur la presse pour que ces auditions ne soient pas qu’une formalité.

L’hypothèse de 4 postes avaient été avancée, le gouvernement n’en retient, d’après mes informations, que 3 : un haut représentant aux droits fondamentaux, comprenez les questions relatives aux droits de l’homme, qui sera basé à Genève, un haut-représentant « en charge du multilatéral »  qui s’installera à New York et qui représentera les francophones auprès de l’ONU (l’ambassadeur fédéral va apprécier)  et un haut-représentant  spécialisé dans la surveillance des nouveaux marchés  qui sera stationné à Mumbai en Inde et qui devra stimuler la coopération avec les économies émergentes.

Bien sûr, 3 postes pour 3 formations politiques, cela tombe assez bien, d’autant que la note précise que « le gouvernement se réserve le droit de désigner un  4ième haut représentant (…) si de nouvelles opportunités spécifiques de coopération devaient voir le jour ». D’après mes informations les nominations devraient intervenir dans le courant de l’été.

Mais la notification ne se résume pas à ces trois nominations. Elle entérine également le recrutement d’un directeur artistique pour diriger le centre culturel de Paris (ce centre sera désormais sous la tutelle officielle du délégué), la désignation d’un diplomate à Lubumbashi, la nomination d’un expert scientifique à Boston  et  l’ouverture d’un poste diplomatique à La Haye. A l’inverse la délégation de Prague sera fermée et transformée en simple antenne locale, et la délégation de Genève deviendra la base du haut- représentant aux droits fondamentaux. Au total, compte tenu des mouvements de personnel, il ne devrait y avoir que 5 ou 6 embauches, par le biais d’un appel à candidature et d’un jury. L’opération se traduira par un surcout de 1, 1 million par an, à trouver sur le budget de WBI.

Jusqu’à cet article, l’affaire était restée discrète. On peut le comprendre : petit à petit les francophones se dotent d’un réseau diplomatique qui  ressemble de plus en plus à un réseau parallèle, susceptible de faire concurrence à celui des affaires étrangères. Par ailleurs on se souviendra qu’il y a quelques années on avait restructuré le réseau WBI  pour faire des économies. La tendance est désormais au redéploiement.

Quand le premier ministre marocain snobe Annemie Turtelboom, à la limite de l’incident diplomatique

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote , le 25 avril 2012 14h13 | 32 commentaires

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La scène se passe le 11 avril à Rabat, capitale administrative du Maroc. Ce jour-là, le premier ministre marocain reçoit en audience Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, et Annemie Turtelboom ministre de la Justice. Les deux Belges vont avoir droit à un accueil glaçant.

Abdelilah Benkiran ne semble pas concevoir qu’on puisse lui envoyer en audience une ministre de sexe féminin. Pendant tout l’entretien, il s’adresse donc ostensiblement à Didier Reynders. Pire, le premier ministre marocain explique à son visiteur qu’il parle fort bien le français et qu’il était donc « inutile de venir avec une interprète ».  Le message est donc clair : je ne parle pas avec une femme. Annemie Turtelboom est sous le choc. Tous les dossiers du ressort de la ministre (et ce ne sont pas de petits dossiers: l’égalité homme/femme, les mariages forcés, ou encore le retour des condamnés à des peines de prison dans leur pays d’origine comme le prévoit l’accord de gouvernement) seront finalement abordés par Didier Reynders. En face, le Marocain ne quitte pas son chapelet de tout l’entretien.

En sortant de l’audience, Annemie Turtelboom est furieuse. Si Didier Reynders n’avait pas été présent et si elle n’avait pas craint de déclencher un incident diplomatique majeur, elle aurait quitté la réunion en claquant la porte confie-t-elle sur le moment.

L’anecdote n’est pas sans valeur. Abdelilah Benkiran est membre du PJD, le parti de la justice et du développement, le parti islamiste, grand vainqueur des dernières élections législatives. Ces derniers jours, il s’est même permis de critiquer l’entourage du roi Mohammed VI, du jamais vu. « Le Printemps arabe n’est pas encore terminé. Il est encore là et pourrait bien revenir » aurait-il déclaré selon l’agence Reuters.

Deux semaines après l’incident, on temporise côté belge. La porte-parole d’Annemie Turtelboom précise que le premier ministre marocain a voulu faire une blague et qu’il  a fini par s’excuser. Officieusement pourtant, ceux qui m’ont rapporté l’anecdote n’étaient pas sûrs d’avoir entendu ces excuses.

Jean-Marc Nollet veut un nouveau thermomètre du bien-être wallon

Par Fabrice Grosfilley dans wallonie , le 25 avril 2012 10h02 | Un commentaire>

nolletblogC’était prévu par la déclaration de politique régionale du gouvernement wallon. Jusqu’à présent, on mesurait  la richesse d’une société et les performances de  ceux qui la dirigent essentiellement avec  des indices économiques. Le produit intérieur brut par habitant est le critère le plus utilisé dans cet exercice de classement et d’évaluation. Il calcule la valeur marchande des biens et des services produits par une société et la la divise par le nombre d’habitants concernés. En Wallonie c’est l’IWEPS, l’institut wallon de l’étude de la prospective et de la statistique, qui est chargé de l’exercice, le tout étant  ensuite validé par l’institut Eurostat. C’est ce PIB par habitant  qui nous permet de dire que la Belgique était en 2010, économiquement,  le 8e pays d’Europe, derrière  le Luxembourg (nos voisins sont champions d’Europe) et les Pays-Bas, 2eme, mais aussi le Danemark, l’Autriche, l’Irlande,  mais devant  la Finlande, la France ou le Royaume-Uni.

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Le PIB ne dit pas tout…

Ces chiffres cachent de grandes disparités régionales. Si je reprends des chiffres de 2008, toujours validés par Eurostat, Bruxelles est dans le top 3 des régions les plus riches de l’union, avec un PIB par habitant de 60 000 euros, la Flandre est aux alentours de  32 000 euros annuels par habitant et  la Wallonie à 22 000. Il faut bien comprendre ces chiffres : il s’agit de la moyenne de la richesse produite, ce n’est pas ce que gagnent les habitants. Si on prend Bruxelles on sait que la richesse produite provient du fait qu’il y a de grandes entreprises, beaucoup d’activités dans le tertiaire,  or cela ne profite pas directement aux Bruxellois, puisque Bruxelles est aussi la région ou il y a le plus fort taux de chômage, et de réelles poches de pauvreté.

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Rarement la faute du thermomètre

Coté Wallon, le gouvernement a donc émis le souhait de se doter d’autres indicateurs que ce fameux PIB. Il a appelé cela les indices du bien-être.  L’IWEPS  a déjà dégagé 29 indicateurs possibles. Le ministre du développement durable, Jean-Marc Nollet, a décidé de consulter la population pour en retenir au final 4 ou 5. L’une des manières de consulter la population sera via un site en ligne.  C’est le journal L’Avenir qui en révèle l’adresse ce matin www.indicateurswallonie.be.  Vous arriverez sur une page avec un paysage et ou vous demandera de choisir 10 critères qui seraient importants pour vous. Cela va de l’emploi au logement, en passant par la mobilité. L’objectif du ministre serait de disposer de ces nouveaux indicateurs pour le mois de novembre.

J’ai été sur le site. C’est rigolo, amusant. Mais j’ai un peu peur que ces indicateurs du bien-être wallon ne pèsent pas grand-chose face aux chiffres d’Eurostat. L’intérêt d’un indice c’est justement de pouvoir se comparer aux autres.  Un indice rien que pour nous permettra de mesurer la progression d’une année à l’autre, mais pas de voir si on rattrape ou pas les pays voisins.  Vous savez ce que disent les médecins ? Quand on a de la fièvre, ou quand on en a pas, c’est rarement la faute du thermomètre.

Michel, Lutgen, Giet, Deleuze : tous candidats bourgmestres

Par Fabrice Grosfilley dans communales , le 24 avril 2012 08h49 | Commentaires fermés

Je suis désolé. Après ces  quelques journées ou nous n’avons parlé que de la présidentielle française on va descendre d’un cran avec la préparation de nos élections à nous, les communales du mois d’octobre. Descendre d’un cran parce qu’en apparence ce sont des élections locales, avec des enjeux locaux.  Le scrutin sera parfois déterminant pour  l’avenir d’un quartier, l’aménagement d’un rond-point, la construction d’un centre commercial, la hausse ou pas des impôts locaux : ce n’est pas la même chose que le grand destin national d’un François Hollande ou d’un Nicolas Sarkozy. Et bien ceux qui pensent cela ont tort. D’abord parce que ces enjeux locaux nous concernent au plus près. Savoir si mon quartier est bien entretenu ou nettoyé par les agents de la ville c’est un élément du bien-être, on ne peut pas demander plus de sécurité, plus d’emplois, plus de logements, une école de qualité et moins d’impôt sans s’intéresser à la politique de sa commune. Râler c’est bien, voter c’est mieux.  Ensuite parce que le même jour, les électeurs wallons voteront aussi pour les élections provinciales. Là on quitte l’échelon local (avec la liste du bourgmestre Xavier Mouligneau contre la liste intérêts communaux  d’Albert De Smedt  tandis que la liste avenir 2012 de Véronique Vandermael joue les troubles fêtes) et on retrouve, au niveau de la province, les listes de nos partis habituels PS, MR, CDH, Ecolo,  et,nouveauté cette fois -ci, le FDF. Enfin,  troisième raison de ne pas snober nos élections communales : le  constat que tous les ténors de la politique belge vont y consacrer leur énergie dans les prochains mois. Pour tout grand format qui se respecte avoir un mandat local c’est avoir une base de repli en cas de problème, un tremplin pour les scrutins à venir en cas d’ambition, une expérience de gestionnaire à faire valoir  et  un contact avec les réalités de terrain dans tous les cas de figure.

Si on fait le tour de nos présidents de parti, ils sont tous candidats aux communales. Et tous viseront un rôle de premier plan, bourgmestre si c’est possible, bourgmestre empêché dans certain cas. Exemple : Charles Michel, bourgmestre de Wavre devrait rempiler. Benoit Lutgen, candidat à Bastogne, espère prendre la maïorat au détriment du mouvement réformateur. Chez les socialistes le président par intérim Thierry Giet voudrait conquérir le fauteuil de Bourgmestre à Sprimont, tandis que le président officieux Elio Di Rupo sera bien tête de liste à Mons. Et même chez les écologistes,  où Emily Hoyos et Olivier Deleuze ne seront pas tête de liste, on ne peut pas exclure que la tentation du mayorat existe. A Watermael-Boitsfort par exemple on peut tout à fait envisager qu’Ecolo soit en position de revendiquer le poste de Bourgmestre et qu’Olivier Deleuze puisse être intéressé. Au FDF le parti joue carrément sa survie lors de ces communales. L’élection à la présidence du parti a d’ailleurs été repoussée à après octobre.  Un tour du côté des ministres ? Rudy Demotte veut prendre Tournai, Paul Magnette : Charleroi, Laurette Onkelinx :  Schaerbeek, André Antoine :Perwez. Pour chacun d’entre eux gagner les élections communales est une question de crédibilité politique. Pour Thierry Giet, Rudy Demotte, Paul Magnette, en cas de succès on  devra ensuite se poser la question de savoir s’ils préfèrent être bourgmestres ou garder leurs postes actuels. Un problème de riche, car en cas d’échec ils risquent ni plus ni moins qu’un affaiblissement de leur autorité, et une traversée du désert. Les élections, c’est un peu comme une boisson sans alcool : sur l’étiquette  l’inscription est locale, en bouche le gout est  national.

Laurent Louis, Souhail Chichah: la convergence des provocateurs

Par Fabrice Grosfilley dans chambre , le 20 avril 2012 08h52 | 31 commentaires

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Laurent Louis, on en parle abondamment sur toutes les antennes, est donc ce député qui prétend démontrer qu’on n’a pas dit toute la vérité sur l’affaire Dutroux. Qu’il existe des réseaux pédophiles, et que le monde politique les couvre.  Pour donner du crédit à son délire, et aussi sans doute pour faire parler de lui, ce député a donc voulu se servir de l’image de Julie et Melissa.  Diffuser la photo des deux fillettes, publier le rapport d’autopsie, sous-entendre qu’on aurait acheté le silence de leur parent. Rarement les propos d’un élu m’ont paru aussi écœurants.

Souhail Chichah est dans un autre registre. Ce jeune chercheur de l’ULB avait perturbé une conférence au cri de « Burqa Blabla ». Hier, Souhail Chichah avait appelé à une manifestation devant le bâtiment de nos confrères de la RTBF. Et dans une interview  au journal la Dernière Heure, il affirmait que ce rassemblent serait l’occasion d’un règlement de compte avec un groupuscule d’extrême droite. « Nous allons régler cela à la hache, il y a un moment où le débat démocratique n’est plus de mise et où l’heure de l’affrontement physique a sonné. » Des phrases ensuite plus ou moins démenties. Avec Souhail Chichah on ne sait jamais si c’est sérieux ou pas. L’homme n’est-il pas simplement en train de se moquer des médias ? Bref on hésite entre bêtise, dérision et  délire, mais aucune des trois interprétations ne saurait nous arracher le moindre début de sourire. Hier soir en tout cas  la manifestation n’a pas eu lieu.

Ce matin, aux prises avec  ces deux individus et leurs exploits respectifs j’avais bien peur de me retrouver en chômage technique. Tous les jours je vous donne rendez-vous  ici pour explorer la face noble de la politique. Pourquoi on emploie un mot plutôt qu’un autre ? Quelle est la force d’un slogan, la portée d’une proposition de loi, les conséquences d’un ajustement budgétaire ? Ensemble nous essayons de décortiquer les programmes, de comprendre les différences, de décoder les stratégies. De saisir la portée des projets derrière les ambitions des hommes ou des femmes.

La face noble de Laurent Louis et Souhail Chichah, j’ai du mal à l’appréhender. Au lieu de gloser inutilement j’ai donc  plutôt envie de partager un petit rêve avec vous. Celui de regrouper Laurent Louis et Souhail Chichah, de les mettre face à face. Bien sûr ces deux-là vont être furieux que je les fourre dans le même sac. Leurs idéaux et leurs projets n’ont rien de commun pensent-ils sans doute.  Pourtant ils partagent cette conviction d’être les détenteurs incompris d’une vérité que les autres ne voudraient pas saisir. L’un comme l’autre hurlent au complot des médias, dénoncent des censures imaginaires, évoquent des dénis de démocratie et  jouent la carte de la victimisation. Des chevaliers blancs, qui sont plutôt des cavaliers bruns. Dans mon rêve, on les mettrait sur un ring, puisque l’un et l’autre voient la politique comme un combat. L’un viendrait avec ses photos et son phantasme d’un grand réseau. L’autre viendrait avec sa hache et ses provocations. Je vous rassure : ce n’est qu’une rêverie. Dans la réalité, je ne leur veux pas de mal, et je ne voudrais surtout pas qu’ils en viennent aux mains.  Ce qui différencie ceux qui croient dans la démocratie de ceux qui la combattent, c’est justement la conviction que le débat n’est pas l’affrontement, et qu’on peut être en désaccord sans être dans la surenchère, dans la provocation, dans la manipulation, dans la calomnie ou dans la haine de l’autre.

Dans mon rêve, beaucoup d’hommes et de femmes, de droite, de gauche, jeunes, vieux, francophones, flamands, catholiques, musulmans, laïcs, conservateurs, progressistes, passeraient à côté du ring. Personne ne s’arrêterait.  Parce que notre énergie et notre temps sont trop précieux pour être confisqués par des provocateurs de pacotille.

Réforme de l’Etat : on voterait, au mieux, le 2 août

Par Fabrice Grosfilley dans chambre, communautaire, fédéral, nva, parlement , le 19 avril 2012 08h46 | Un commentaire>

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Il existe une  tradition implicite qui veut qu’habituellement les parlementaires travaillent jusqu’au 21 juillet, mais qu’ensuite tout le monde part en vacances. Cette tradition risque de souffrir un peu cette année.

Si vous avez suivi les débats sur la réforme de l’Etat, vous savez que le grand accord de l’automne dernier a maintenant été traduit en projets de loi. Il y en a 16 au total, qui traduisent donc en textes  législatifs tous les ingrédients de l’accord. On scinde l’arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde, mais en compensation on créée une communauté urbaine, on renvoie le contentieux concernant les bourgmestres de la périphérie vers une chambre bilingue du conseil d’Etat, on scinde l’arrondissement judiciaire et on simplifie les procédures de vote pour les Belges à l’étranger. Tout ça ne se votera pas en  deux minutes.

Ces derniers jours les états-majors des partis politiques ont fait passer le message à leurs troupes parlementaires. Députés et sénateurs feront des heures supplémentaires dans les prochaines semaines. Les propositions sont en effet renvoyées devant le conseil d’Etat qui a maintenant 45 jours pour se prononcer. Ensuite il faudra  débuter les travaux en commission des affaires institutionnelles, des commissions placées directement sous l’autorité des présidents des deux assemblées, Sabine de Béthune pour le Sénat, André Flahaut pour la chambre. Là les parlementaires pourront interroger, consulter, modifier les textes, ce qui prendra plusieurs semaines pour chaque texte. Il faudra aussi tenir compte des jours fériés, le lundi de Pentecôte par exemple. Et puis surtout il va falloir synchroniser les votes. Puisqu’il s’agit d’un grand accord, comprenez un grand échange, il n’est pas question de voter un jour la scission de l’arrondissement électoral, et de renvoyer les compensations francophones  à la semaine suivante, ou inversement.  Il va aussi falloir accorder le parcours des différentes propositions entre les deux assemblées :  13 d’entre elles passeront d’abord par le sénat,  pour les 3 autres, dont celle qui concerne l’arrondissement judiciaire par exemple, c’est directement la chambre.

D’après mes informations le gouvernement a ainsi fait un projet de calendrier qui prévoit que le vote de l’ensemble de la réforme aura lieu au mieux le 2 août. Et encore, s’agit-il ici d’une  situation idéale, sans tenir des comptes des éventuels reports ou des manœuvres de retardement que pourrait tenter l’opposition. Dans la majorité, j’entends deux types d’avis ces jours-ci. D’abord les optimistes, qui pensent que les parlementaires n ’hésiteront pas à mettre les bouchées doubles. D’abord parce que tout le monde a envie de partir en vacances au plus vite, qu’après le 21 juillet les médias tournent au ralenti, qu’il faut prendre un peu de repos avant de se jeter dans la bataille des communales en septembre et puis surtout parce qu’au fond personne n’aurait vraiment intérêt à faire trop de vagues sur ce débat. Ni dans la majorité, où le débat a déjà eu lieu,  ni dans l’opposition. Plus on parlerait de BHV plus l’électeur qui serait tenté de voter N-VA se souviendrait  que finalement cet arrondissement a bien été scindé et que finalement il peut faire confiance à l’Open VLD et au CD&V pour tenir leurs engagements. Les tenants de cette thèse pensent que la N-VA fera profil bas et que le FDF, qui n’est pas présent au sénat, n’aura pas les moyens de bloquer la machine.

Autre avis, moins optimiste,  celui des parlementaire, parfois très expérimentés, qui parient eux sur une nouvelle poussée de fièvre communautaire et qui évoquent un débat qui pourrait durer jusqu’au 15 aout.

Pour la seconde grande réforme de la constitution, en 1980, on avait voté un 8 août. Le  8 août, si je suis bien informé,  c’est aussi  date avant laquelle,  dans un des partis concernés, on a discrètement demandé aux parlementaires de ne pas prévoir de vacances. Dans les milieux  politiques cette année, si on envisageait des congés, il ne faut surtout pas oublier de prendre une assurance annulation.

Bart De Wever : Anvers or not Anvers ?

Par Fabrice Grosfilley dans flandre, nva , le 18 avril 2012 10h20 | 5 commentaires

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La question commence à agiter très fort le monde politique flamand : Bart De Wever sera-t-il oui ou non tête de liste aux élections communales ?  En septembre dernier il avait indiqué qu’il le serait « probablement » . Probablement, cela veut bien dire envisageable mais pas certain. Ces dernières semaines le président de la N-VA cultive le mystère. Il  botte en touche quand on lui pose la question. Le suspens ne durera plus très longtemps, au plus tard, samedi lors d’un congrès de parti à Anvers on saura qui conduira la liste du parti nationaliste à Anvers.

Ce n’est pas qu’une question locale. D’abord parce qu’Anvers plus grande ville de Flandre a un poids symbolique particulier. C’est à Anvers que dans les années 80/90 le Vlaams Belang a été le plus influent, son leader, Filip Dewinter, visant même le maïorat à une certaine époque.  C’est aujourd’hui à Anvers que la N-VA semble la mieux implantée. En 2010, lors des élections législatives, le parti nationaliste avait obtenu 30% des suffrages sur l’ensemble de la province, 25%, donc un électeur sur quatre, sur le seul canton d’Anvers.  Les derniers sondages le placent encore plus haut. Bart De Wever y est conseiller communal, c’est son fief, et toute la presse flamande s’est préparée à un duel à mort entre De Wever et la NV-A  d’un côté, et  Patrick Janssens, le bourgmestre socialiste de l’autre. Cela devait être « l’affiche » de ces élections communales. Celle qui éclipse toutes les autres puisque prendre ou perdre Anvers  un symbole majeur. S’il n’y avait qu’un seul maïorat  pour la NV-A mais que c’était celui-là, cela éclipserait les résultats dans toutes les autres communes ou presque.

Finalement ce choc n’aura peut-être pas lieu. D’abord parce que l’Open VLD a décidé lui aussi d’envoyer une pointure à Anvers. Ce sera Annemie Turtelboom, la ministre de la Justice  qui sera la nouvelle chef de file des libéraux flamands. Philipe Dewinter pour le Vlaams Belang est en recul, mais il garde une capacité de nuisance. Ce n’est plus un duel, mais un match un peu plus complexe. Et puis surtout on n’est plus sûr que Bart De Wever se jettera dans la bataille. L’hypothèse que Bart De Wever ne sera pas tête de liste a repris de la vigueur ces derniers jours. Ce matin dans le journal le Soir on pense que ce sera plutôt Lisbeth Homans qui sera numéro 1. Liesbeth Homans n’est pas n’importe qui, c’est la chef de groupe NVA au sénat,  elle siège également au parlement flamand et surtout, elle est l’une des plus proches collaboratrices de Bart De Wever,  avec qui elle travaille depuis 2004.

En fait Bart De Wever est confronté à un choix cornélien. S’il est tête de liste, il est condamné à l’emporter.  Son image de leader est en partie basée sur le fait qu’il vole de victoire en victoire. Ne pas gagner à Anvers ce serait rompre cette dynamique, or les succès de la NV-A  sont très liés aux performances individuelles de Bart De Wever.  A l’inverse, s’il n’est pas candidat Bart De Wever passera pour un homme qui recule, qui refuse l’affrontement, en décalage avec son image actuelle. Derrière les communales il y a déjà dans toutes les têtes les élections de 2014. L’échéance regroupera le scrutin législatif, les députés à la chambre, et le scrutin régional. Bart De Wever a l’ambition de devenir ministre président-flamand à cette occasion. S’il est bourgmestre d’Anvers 2 ans plus tôt, il risque de ne pas pouvoir mener cette bataille-là. S’il ne l’est pas, il risque d’être sur une pente descendante. Peut-il faire l’impasse pour 2012 pour ne pas rater 2014 ou peut-il  s’abstenir en 2012 et rester crédible en 2014 ?  C’est un peu comme la barde du capitaine Haddock : en dessous ou au-dessus des couvertures ? Bart De Wever a perdu quelques dizaines de kilos. On n’est pas sûr qu’il dorme très bien ces jours-ci.