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Archives du mars, 2012

Sécurité routière, réforme de l’Etat, quotas de femmes, faux indépendants : embouteillage dans la majorité

Par Fabrice Grosfilley dans communication, fédéral , le 30 mars 2012 10h39 | 2 commentaires

carnetpolIl y a embouteillage. Pendant un an et demi nous avons vécu au rythme d’un gouvernement en affaires courantes. Pas de conseil des ministres. Pas de projet de loi approuvé. Pas de débat au parlement. Pas ou presque pas.

Et là tout d’un coup, on se retrouve avec une équipe qui met les bouchées doubles. On a beaucoup parlé du contrôle budgétaire. On a beaucoup parlé aussi de la mise en œuvre des réformes institutionnelles, le COMORI (comité de mise en œuvre des réformes institutionnelles) vient de peaufiner les textes de la première étape d’une grande réforme de l’Etat. Il faut y ajouter la gestion de l’imprévu, un accident d’autocar, la démission d’un général. Il faut y ajouter aussi la communication des ministres. Hier, Melchior Wathelet  présentait un plan stratégique pour la sécurité routière. Ce type d’opération qui permet à un ministre de donner une vision à long terme, au-delà des petites décisions quotidiennes. Bref, tant d’actualité hier qu’on est presque passé à côté du conseil des ministres,  avancé au jeudi r matin, et de la séance des votes à la chambre, hier après-midi.

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Lutte contre les faux indépendants

Pourtant hier matin au conseil des ministres il y a avait 22 points à faire passer dont certains mériteraient amplement que la presse s’y arrête. Le gouvernement a ainsi validé le plan d’Hendrik Bogaert qui  imposera des quotas de femmes pour les hauts fonctionnaires. Il devra y avoir un tiers de femmes dans chaque service dès l’année prochaine. A l’initiative de Sabine Laruelle et John Crombez, le gouvernement a aussi adopté un plan de lutte contre les faux indépendants. On va faciliter la lutte contre les faux indépendants, qui devraient souvent être de vrais salariés dans le secteur de la construction ou du nettoyage par exemple. On a également lancé hier une cellule Optifed, une petite cellule temporaire qui va essayer d’améliorer l’efficacité et de faire baisser les coûts dans toutes les administrations. Je vous passe quelques nominations et une série de marchés publics.

Dans la même journée, au parlement, la chambre votait le rapport de la commission Dexia, avec ses 53 recommandations, 80 voix pour, 51 contre. On est aussi passé au vote sur la création d’une carte bleue,  l’équivalent de la « green card » américaine qui permettra aux immigrés hautement qualifiés de venir chercher un travail en Europe, c’est la transposition belge d’une directive européenne.

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La communication n’est pas gérée

Les parlementaires ont également décidé d’accélérer le paiement des amendes en cas d’infraction au code de la route. En cas de contestation ou de refus de payer, la procédure était longue et compliquée. Les procureurs pourront désormais signifier des ordres de paiement et les faire exécuter. Bref, cette majorité gouvernementale décide, légifère, réforme. Le paradoxe c’est que quand tout tombe le même jour, on ne s’en rend même plus compte. On a connu des gouvernements qui coordonnaient les communications. Chaque ministre avait un jour précis pour annoncer sa mesure. Ca permettait d’occuper les journalistes toute la semaine, d’assurer une bonne visibilité à chacun et de laisser le moins de place possible à l’opposition. C’était machiavélique. Ici c’est un peu l’inverse. Gouverner c’est indispensable. Gérer la communication apparaît comme un luxe que la majorité n’est pas encore en mesure de s’offrir.

La sénatrice, l’avion et l’explusion

Par Fabrice Grosfilley dans affaires , le 30 mars 2012 10h32 | 3 commentaires

imageglobe-21165219L’affaire a fait beaucoup de bruit en Flandre, un petit peu moins du côté francophone. Tout commence le 15 février à l’aéroport de  Bruxelles, dans un avion de la Royal Air Maroc. A bord, des policiers et un homme en cours d’expulsion. L’expulsé se rebiffe, se démène et commence à crier. Des cris en arabe, expliquant qu’on va le séparer de sa famille et qu’il a des enfants en Belgique. Les policiers maintiennent l’homme de force.  L’émotion commence à gagner les passagers, on s’interroge, des enfants commencent à pleurer, bref ça s’agite.

La sénatrice Fatiha Saïdi est dans l’avion. Elle se lève  et se présente aux policiers pour leur demander ce qui se passe. Ensuite les versions divergent. D’après la presse néerlandophone la sénatrice serait clairement intervenue dans le but d’empêcher l’expulsion. Pour la sénatrice c’est faux, elle aurait juste demandé à ce qu’on informe les passagers.  Face au désordre le pilote décide de ne pas embarquer ce passager récalcitrant. L’homme, un ressortissant marocain, sera donc débarqué.

Lundi le Laatste Nieuws révèle l’affaire. Tollé en Flandre. La NVA, mais aussi l’open VLD s’en mêlent. Une sénatrice n’a pas à s’opposer au travail de la police. Il faut que Fatiha Saïdi s’explique. La NVA demande au Premier ministre de venir s’expliquer au parlement. Mercredi,  nouvelle salve d’articles: le fameux expulsé s’appelle « Mohammed C » dit le journal, il est en séjour illégal depuis près de 16 ans en Belgique. Depuis 1996 les policiers l’ont interpellé 42 fois pour des faits de drogue, des vols, de possession d’armes, il a utilisé 8 identités différentes et déjà reçu 20 fois l’ordre de quitter le territoire. Bref c’est un polycriminel pas vraiment défendable. Conclusion du Laatste Nieuws : la sénatrice socialiste a permis à un gangster de rester en Belgique.

On précisera deux choses : Fatiha Saïdi est née à Oran, en Algérie, elle n’est donc pas d’origine marocaine, et se trouvait à bord pour une mission parlementaire dit-elle. Et surtout le directeur de l’office des étrangers a lui-même indiqué que si les policiers avaient renoncé à l’expulsion c’est surtout parce que le premier intéressé se rebellait, pas tellement parce qu’une sénatrice était venue leur poser des questions. Utiliser la force lorsqu’on est à bord d’un vol commercial est toujours difficile. Il a donc minimisé le rôle de la sénatrice.

L’affaire commençait à faire tellement de bruit que le Premier ministre a fini par intervenir. Un communiqué mercredi à 11 heures du matin dont le titre est « politique d ’éloignement ». « Toute personne qui ne dispose pas de titre de séjour et n’a pas la possibilité d’en obtenir un doit recevoir un ordre de quitter le territoire. Cette personne doit être éloignée, dans le respect des droits de la personne concernée et dans des conditions de sécurité appropriées. » Le ton est ferme, et même si le Premier rappelle le droit d’asile, il conclut quand même : « La plus grande fermeté est de mise pour les délinquants ou malfaiteurs en séjour illégal, qui n’ont pas leur place en Belgique. » Bref la sénatrice est désavouée, même si le CD&V va regretter par la voix de Nahima Lanjri que cela n’ait pas été dit explicitement. Elio Di Rupo qui a bien compris que ce thème-là pouvait être très sensible en Flandre et qu’il ne pouvait pas se permettre d’apparaître comme laxiste.

Compétences usurpées ou « compétences coucou »: quelques chiffres pour comprendre

Par Fabrice Grosfilley dans budget, communautaire, fédéral , le 28 mars 2012 09h47 | 3 commentaires

vanackereblogUsurper : action de  s’approprier un bien, un rôle ou même une identité  qui ne vous appartient pas. Retenons de la définition que l’usurpation est une notion qui évoque la tromperie et qu’elle peut léser une victime potentielle. Sans doute que dans le débat qui nous occupe les termes de « compétences fantômes »  ou « compétences offertes » , ou, plus lyrique, « compétences coucou » (le coucou déposant ses oeufs dans le nid des autres)  seraient plus justes, car en réalité ce ne sont pas les compétences qui sont usurpées, mais plutôt leur financement. Usurper c’est illégal comme dirait un marchand de tapis, et justement nous sommes bien une discussion de marchands de tapis.

A

L’origine du débat

Le débat remonte à la négociation du gouvernement. Les négociateurs de la coalition ont alors sur leur table un document qui liste l’ensemble des compétences usurpées, autrement dit toutes ces politiques dont on estime qu’elles relèvent désormais de la compétence des régions mais que le fédéral continue de financer, pour un montant de 1,2 milliard au total. En décembre les négociateurs décident qu’ils transfèreront effectivement une partie de ces charges vers les régions, on se met d’accord sur le chiffre de 250 millions, et on l’inscrit au budget. En janvier on planche sur la liste des compétences en question et hier soir on présente donc le document aux ministres du budget des entités fédérées, André Antoine pour la Wallonie, Guy Vanhengel pour Bruxelles, Philipe Muyters, de la NVA, pour le gouvernement flamand.

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6 points précis

Que trouvons-nous précisément dans cette liste et pour quel montant ? Si je suis bien informé il y a 6 points précis pour lesquels le gouvernement fédéral veut couper les financements dès 2012. A charge pour les régions et communautés de prendre le relais ou pas. Dans ces 6 points on trouve des subsides pour les droits de l’enfant en matière de justice. Côté francophone, 116 000 euros pour la « commission nationale pour les droits de l’enfant » par exemple. C’est une petite somme. Plus important, des actions dans le domaine de la coopération au développement et notamment la coopération universitaire. Pour l’APEFE, association pour la promotion de l’éducation et de la formation à l’étranger : 9,5 millions, pour la Commission Universitaire pour le Développement, qui regroupe 9 universités francophones (ULG, ULB, UCL, Gembloux, etc) : 30 millions. Là cela devient plus sérieux. Ces subsides servent à organiser des échanges entre les universités belges et les universités des pays en voie de développement. Si on coupe le robinet, soit la fédération Wallonie Bruxelles trouve un nouveau budget, soit il n’y a plus d’échanges.

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Soulagement pour les Bruxellois

Même logique pour Les primes syndicales du personnel des Communautés et des Régions. Là le montant est de 13, 7 millions. Il s’agit des cotisations aux syndicats, qui sont donc remboursées par l’employeur. Si le fédéral ne prend plus ce remboursement à sa charge ce sera aux régions de le faire. Un peu plus de 7 millions pour les flamands, 6 millions pour les francophones. Et on pourra bien sur poser le débat : est-ce aux pouvoirs publics de payer cette cotisation ?

Dans cette liste en revanche ne figure pas la politique des grandes villes, alors qu’on en avait beaucoup parlé au mois de décembre. C’est un soulagement pour les Bruxellois.

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Transfert de charges financières

Hier les ministres des régions et des communautés ont donc fait savoir qu’ils ne s’estimaient pas liés par cette liste, et qu’il fallait négocier. On peut les comprendre : le débat n’est ni plus ni moins qu’un transfert de charges financières. On peut s’en étonner d’ailleurs. Si ces compétences sont réellement de la compétence des régions le fédéral ne les finance plus, c’est la logique même, point final et fin du débat. Le fait qu’on négocie indique bien que nous ne sommes pas dans un fédéralisme achevé et assumé.

Hier soir on s’est donc séparé en lançant des groupes de travail. Il semble que certains ministres aient suggéré des pistes alternatives, et tout le monde est d’accord sur une réflexion qui porterait jusqu’à 2015, incluant notamment une responsabilisation des régions en matière de pensions des fonctionnaires. Si je veux l’écrire en langage marchand de tapis, la bonne nouvelle c’est donc qu’on négocie. La mauvaise c’est qu’on ne trouvera pas 250 millions.

Gauche Française et Gauche Belge : point(s) de comparaison

Par Fabrice Grosfilley dans ps, wallonie , le 27 mars 2012 08h40 | 5 commentaires

imageglobe-34151643Peut-on faire un « copié-collé » entres les partis de  gauche français et les partis de  gauche belges francophones ? Depuis hier  on est tenté de faire deux parallélismes.

Premier parallélisme entre la France et la Belgique, la situation de Bernard Wesphael. Dans quelle structure l’ancien député Ecolo va-t-il pouvoir rebondir ? Dans un parti traditionnel, comme le PS , cela semble exclu. En électron libre, Wesphael seul contre tous, ce serait suicidaire. Au sein d’un nouveau mouvement, il faudrait d’abord le créer.  A gauche de la gauche, cela reste la solution la plus logique, elle correspondrait aux thèmes portés par Bernard Wesphael lors de sa campagne interne pour la présidentielle écologiste.

A

Deux portes s’ouvrent à Wesphael

Hier soir deux partis ont publiquement fait les yeux doux à cet élu qui se revendiquait vert  à l’extérieur mais pourrait se révéler rouge à l’intérieur. Première proposition du « parti de gauche », une formation française, fondée par Jean-Luc Melenchon lorsqu’il a quitté le parti socialiste français en 2008. Dans un communiqué publié sur son site, le parti français affirme que « le départ de Bernard Wesphael pourrait bien ouvrir la voie à la constitution en Belgique francophone d’un mouvement combinant aspirations de progrès social, défense des valeurs laïques et mise en œuvre d’un développement économique axé sur le concept de planification écologique« .

Deux heures plus tard, autre appel du pied du PTB, le parti du travail de Belgique. Son porte-parole indique à l’agence Belga que son parti serait « ouvert » si Bernard Wesphael était candidat pour le rejoindre. Plus intéressant encore, le PTB se dit  favorable à un « front de gauche » pour les législatives de 2014. Front de gauche, c’est l’appellation qui regroupe le parti de Jean Luc Melenchon, le parti communiste français, et  quelques autres formations politiques mineures. Un front de gauche qui rencontre un vrai succès en France : Jean Luc Melenchon mobilise les foules, 100.000 personnes place de la Bastille, dynamite les plateaux télé. Bref, le fait de monter au front anime la campagne. L’idée de regrouper des petits partis de gauche sous l’appellation front de gauche avait déjà été tentée aux élections législatives de 2010 (liste numéro 18 si mes souvenirs sont bons), cela n’avait pas été convaincant. L’exemple de Mélenchon, et la disponibilité de Bernard Wesphael pourrait redonner un peu de vigueur à cette idée.

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« Les Belges s’intéressent à la France, et l’inverse est vrai aussi »

Deuxième parallélisme envisageable, la présence de Martine Aubry à Bruxelles hier. La présidente du parti socialiste français est venue animer un meeting au Claridge à Bruxelles. Elle vient soutenir un candidat aux élections législatives. Il y a plus de 100.000 Français résidant officiellement en Belgique, dont près de  70.000 inscrits sur les listes électorales. Cela représente une petite ville moyenne. Qu’a-t-elle dit Martine Aubry ?  « Les Belges s’intéressent à la France, et l’inverse est vrai aussi. Nous avons été très touchés par le dramatique accident de Sierre, et vous l’avez également été lors des tueries de Toulouse et Montauban. »  Et puis elle a aussi rendu hommage à Elio Di Rupo et à son « courage extraordinaire »,  sans oublier de critiquer l’Europe de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel « l’Europe  a perdu son sens, elle ne doit pas être  gouvernée par la finance. »

A gauche c’est donc un peu une histoire d’inspiration. Melanchon inspire Wesphael, Aubry aimerait voir Hollande s’inspirer de Di Rupo. C’est une posture classique de campagne électorale : s’afficher aux cotés d’un parti « frère » ça vous crédibilise le discours. On n’ira pas trop loin dans la comparaison. Le PS français est souvent en difficulté, le PS wallon est un parti historiquement dominant. Le PS wallon reste très à gauche, lié fortement à un syndicat, alors que le PS français est plus social-démocrate. Les formations à gauche du PS belge sont électoralement discrètes, alors que le PS français compose depuis toujours avec des communistes ou des trotskistes plus ou moins présents. Les verts belges sont structurellement bien implantés alors que les écologistes français connaissent des succès aléatoires. Le paysage politique français bouge beaucoup alors que les partis wallons et bruxellois sont plutôt électoralement stables. Le mode de scrutin n’est pas le même (majoritaire d’un coté, proportionnel de l’autre) et les campagnes sont moins personnalisées en Belgique qu’à Paris, surtout pour une présidentielle. Melanchon n’est pas Wesphael, Di Rupo n’est pas Hollande et la colonne du Congrès n’est pas la Bastille. Le parallélisme c’est aussi une histoire de lignes qui se ressemblent peut-être, mais qui ne se croisent jamais.

Richard Fournaux et Bernard Wesphael ou la journée les deux « martyrs »

Par Fabrice Grosfilley dans ecolo, mr , le 26 mars 2012 14h52 | 2 commentaires

wesphfourC’est un curieux hasard qui pourrait faire penser que leurs routes se croisent. Quelques minutes d’intervalle seulement séparent l’annonce du départ de Bernard Wesphael du non-lieu de Richard Fournaux. Un télescopage malicieux de l’actualité car les deux évènements n’ont évidemment rien à voir.

Dans le premier cas Bernard Wesphael  confirme une décision dans l’air depuis une quinzaine de jours. Ne plus dépendre d’Ecolo pour les scrutins du futur, lui qui s’estime systématiquement désavoué par ses pairs. L’homme avait été candidat malheureux à la co-présidence du parti, il a aussi dû renoncer à la présidence du parlement wallon, pour lequel les écologistes lui ont préféré le jusqu’ici discret Patrick Dupriez. A la défaite en assemblée générale s’était ajoutée la sanction du groupe parlementaire. Un double désaveu interprété comme un rejet par celui qui voudrait incarner une aile gauche et laïque au sein du parti vert.

A

Chant du cygne?

Bernard Wesphael reste député wallon (il siègera comme indépendant) à ce stade. Il réfléchit surement au futur. Se présenter aux élections communales en 2012 ? Avec le PS, avec Vega ? Se réserver pour 2014 ? A défaut d’être accepté par l’une ou l’autre formation, l’homme a fort peu de chances de retrouver son siège au parlement wallon en restant indépendant. Bernard Wesphael devra soit trouver un parti d’accueil, soit profiter des deux ans qu’il a devant lui pour lancer une nouvelle formation. Le pari est risqué. Dans le cas contraire la décision d’aujourd’hui risque d’être le chant du cygne avant que sa carrière politique ne s’éteigne.

A

Retour en grâce pour Fournaux

Pour Richard Fournaux c’est un peu le cheminement inverse. Le bourgmestre de Dinant savoure à l’heure qu’il est une décision de justice qui lui permet de lever une hypothèque qui pesait lourdement sur sa carrière. Non-lieu pour l’accusation de faux et usage de faux dans l’affaire du casino, cela veut dire que pour la justice il n’y eut point de corruption. C’est la fin d’un long feuilleton qui aura duré 15 ans (Richard Fournaux est en partie responsable de la durée de la procédure, lui qui a  contesté plusieurs décisions), même si la famille Mantia ou le parquet peuvent faire appel. Dans ce dossier le bourgmestre a bien failli tout perdre et il ne fait aucun doute qu’en cas de condamnation, il n’aurait pas pu se présenter aux prochaines élections communales. La décision d’aujourd’hui le conforte dans ses combats et lui permet même de se présenter devant les électeurs dinantais  dans la meilleure des positions : celle d’un homme blanchi et réhabilité. Richard Fournaux pourra se présenter la tête haute, alors qu’il était il y a peu un bourgmestre honteux auquel son parti (le MR) recommandait la discrétion.

Si vous me permettez une référence religieuse, les deux hommes ont  un point commun : ils peuvent, l’un  comme l’autre, se poser en martyr, cette victime innocente qui paye de sa vie (politique) les fautes de ses semblables. Bernard Wesphael n’est pas loin de la crucifixion (nul  doute que ce laïc convaincu savourera l’image). Richard Fournaux vient de faire un pas vers la résurrection.

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Le communiqué de Bernard Wesphael :

« Combattant de la première heure de l’écologie politique et membre fondateur du parti, je quitte Ecolo aujourd’hui. Mais je le fais sans animosité, sans amertume et sans remords.
Au risque de décevoir les amateurs de politique spectacle, il ne faut pas compter sur moi pour invectiver ce parti qui fut le mien.
J’estime sincèrement que le combat écologiste garde sa pertinence et sa légitimité. Je pense cependant ne plus avoir ma place au sein d’Ecolo car ma conception de l’action politique ne correspond plus à celle de ses cadres.
Je pars sans animosité, en particulier à l’égard du peuple Ecolo, tous ces militants souvent formidables auxquels je dois mon parcours politique jusqu’à ce jour, en particulier à Liège. Je les respecte profondément, je leur conserve toute mon affection et je leur dis toute ma gratitude.
Certains se diront « bon débarras ». D’autres, en revanche, ne comprendront pas. En particulier, celles et ceux qui partagent les valeurs de progrès que nous avons si longtemps défendues ensemble, au sein du parti.
Pour eux, je suis sincèrement désolé. Néanmoins, je leur demande de comprendre que mon départ est non seulement une objection de conscience, mais aussi une façon d’honorer nos valeurs et de me respecter moi-même.
Je pars sans réelle amertume car la politique est d’abord un rapport de forces. Chez Ecolo, aussi. Je tire donc toutes les conséquences du match triangulaire du 4 mars dernier. Mais il est vrai que j’ai cru jusqu’au bout que, dépassant ce simple rapport de forces, les dirigeants d’Ecolo seraient capables d’assumer le pluralisme des tendances, au sein du parti, en attribuant les fonctions d’influence de façon à tenir compte de toutes les sensibilités présentes.
Soyons de bon compte, j’ai aussi pris des risques en raison de certaines positions qui ont déplu, notamment sur la laïcité de l’Etat, dans un contexte dangereux de replis identitaires.
La fondation d’Ecolo m’a, en tout cas, offert une aventure hors du commun, celle de faire partie des pionniers de l’écologie politique. Ce fut une expérience exceptionnelle pour quelqu’un qui n’avait, à cette époque, pas spécialement un bagage le prédisposant à pareil cheminement, hormis l’ambition d’améliorer le monde. Je n’ai pas perdu cet enthousiasme. J’ai été, je suis et je resterai un défricheur de possibles.
Enfin, je pars sans remords parce que j’ai l’intime conviction de m’être donné à fond durant plus de trente ans pour faire de la politique « autrement » et parce qu’il n’est pas, mes amis le savent bien, dans ma nature de m’apitoyer sur mon sort. Comme chacun d’entre nous, j’ai fait des choix, certains plus heureux que d’autres. Je les assume tous, sans exceptions.
Changez tout ! Tel est le titre de mon dernier livre. Aujourd’hui, j’entame la première page d’une nouvelle tranche de vie. Il est une chose qui ne changera pas. Je continuerai à consacrer mon énergie à oeuvrer pour un monde meilleur et donc à changer ce qui doit l’être.
Changeons donc tout ! Je quitte aujourd’hui Ecolo, non comme un homme affaibli mais comme une personne retrouvant sa liberté absolue de pensée et prenant son envol vers de nouveaux défis. J’en dirai davantage, d’ici quelques semaines, sur la forme concrète que revêtira ce renouveau.
Mon cap est déjà tracé. A cet égard, j’entends évidemment ne renoncer à aucun combat. J’œuvrerai, comme par le passé, à la réduction des inégalités sociales croissantes et absolument incompatibles avec la pérennité de nos démocraties. Je favoriserai également une citoyenneté vivante et revendicatrice.
Sur le plan économique, fidèle au « non » que j’ai opposé au Traité constitutionnel européen en 2005, je continuerai à émettre des propositions visant à mettre au pas la finance et la spéculation. Enfin, je poursuivrai mon travail de longue haleine pour la bonne gouvernance, un meilleur cadre de vie et le redressement de la Wallonie. »

Didier Reynders au Congo, un test révélateur

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral , le 26 mars 2012 09h48 | 4 commentaires

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Un voyage au Congo, c’est toujours un gros morceau pour un ministre des affaires étrangères. Les relations entre les deux états ont souvent été tumultueuses, mais elles sont aussi historiquement, culturellement, économiquement significatives. Un ministre belge sur le sol congolais, c’est l’occasion de défendre des intérêts,  de faire passer des messages. Mais susceptibilités et passé colonial obligent, il faut savoir le faire avec beaucoup de diplomatie.

Ce déplacement  sera  ultra-sensible. Rappelez-vous, le 30 juin 2010, les cérémonies des 50 ans de l’indépendance.  Sur un boulevard du centre de Kinshasa, 15.000 militaires défilent, on fait rouler les chars, la  foule est enthousiaste, présente en masse malgré la chaleur écrasante. Joseph Kabila prononce un discours sous une ombrelle. Albert II et Paola ont fait le déplacement. Il y a aussi Ban Ki  Moon pour les Nations Unies et Paul Kagame, le voisin rwandais. C’est le Congo qui rit.

L’image d’Épinal n’a pas deux ans mais elle a déjà  les couleurs jaunies d’un passé lointain. Entretemps les Congolais ont participé à une élection présidentielle, Joseph Kabila  a été réélu président… mais de nombreux recours ont été déposés, et pas vraiment traités. Lorsqu’au mois de décembre le président reconduit a prêté serment, il n’y avait plus personne pour venir assister à la cérémonie. Lors des élections législatives qui ont suivi, de nombreux députés ont aussi vu leur élection contestée. Le Congo vit sans Premier ministre. Le président a nommé un informateur, mais celui-ci doit discuter avec près de 50 partis politiques différents pour essayer de former une majorité. Il fut un temps où les autorités congolaises ironisaient sur la crise politique en Belgique, c’était curieux et amusant, mais ce moment-là est derrière nous.

Et puis il y a surtout le désert économique, les  fonctionnaires payés en retard, les enfants dans les rues, la misère, l’insécurité, l’Est qui est loin d’être apaisé, les milices toujours pas désarmées, les ressources naturelles qu’on pille. C’est le Congo qui pleure.

En se déplaçant à Kinshasa, Didier Reynders doit donc se garder de donner un coup de pouce au président Kabila. Officiellement ce voyage a pour but de s’informer  de la situation politique. Voir et entendre les besoins de la population, soutenir des projets de coopération au développement,  une visite de terrain au sens propre puisqu’on ira sur le site de la future nouvelle ambassade de Belgique. Il faudra aussi et surtout rencontrer des hommes et des femmes politiques. Montrer que  l’on écoute l’opposition, accorder du crédit aux discours des associations de défense des droits de l’homme qui dénoncent la dérive autoritaire du pouvoir central. S’il ne le faisait pas, Didier Reynders passerait pour un allié de Joseph Kabila. S’il le fait trop publiquement, il passerait pour un colonisateur donneur de leçon. Il va falloir trouver le juste milieu.  Montrer que soutenir le Congo, c’est soutenir les Congolais et pas seulement leur président.

Le déplacement est donc périlleux et surveillé. Si l’on jette un oeil  aux 4 derniers ministres des affaires étrangères, on se rend compte d’ailleurs que le Congo est un excellent révélateur du type de diplomatie mise en place : Louis Michel en avait fait l’un de ses terrains d’action privilégiés,  poignée de main et tape sur l’épaule; Karel De Gucht y avait mis les pieds dans le plat, se fâchant très fort, rappel d’ambassadeur et  bouderie officielle; et Steven Van Ackere s’y était montré excessivement prudent. Comment l’ancien locataire de l’hôtel des finances abordera-t-il  la difficulté congolaise ? En représentant soucieux des intérêts de grandes entreprises (le groupe Forrest entre autre) ? En militant des droits de l’homme ? En allié du Congo sur la scène internationale ? En endossant un peu de chaque costume ? Observez donc avec attention ce déplacement : dans 48 heures on sera fixé sur le style Reynders.

Le chômage recule, réjouissons-nous mais pas trop quand même

Par Fabrice Grosfilley dans social , le 23 mars 2012 11h36 | 7 commentaires

On accuse si souvent les journalistes d’être des porteurs de mauvaises nouvelles. Donc, pour une fois que nous avons un bon chiffre, arrêtons-nous un instant. Hier l’ONEM, l’office national de l’emploi, publiait son rapport annuel pour l’année 2011. Il y a dans ce rapport un chiffre qui retient toute l’attention et qui fait l’objet de nombreux articles dans la presse ce matin : 8,2%.

8,2% c’est  donc le taux de chômage en rapport de la population active pour l’an dernier. Le meilleur chiffre depuis 20 ans. L’an dernier, ce taux de chômage était à 8,3% et il a grimpé jusqu’à 12% dans les années 90.

Si je quitte les pourcentages pour vous donner des chiffres en valeur absolue, cela veut dire qu’il y avait  en Belgique en 2011, en moyenne chaque mois, 421 000 chômeurs indemnisés à la recherche d’un emploi, 16 000 de moins que l’année précédente. Si on ajoute les prépensionnés ou les stagiaires qui ne cherchent pas directement un emploi,  il y a au total 1 287 000 personnes qui touchent une allocation de l’ONEM. Là aussi c’est un chiffre en légère baisse par rapport à 2010.

Comment explique-t-on cette bonne performance ? D’abord par la création d’emploi: 56 000 nouveaux emplois créés en 2011, 3 fois plus que prévu. Aussi par le succès des titres-services: cela coûte cher à l’Etat mais ça crée de l’emploi ; plus de 100 000 travailleurs en profitent, très majoritairement des femmes.  Les entreprises ont aussi beaucoup utilisé le dispositif du chômage temporaire, mis en place par le gouvernement et qui permet d’amortir le choc de la crise sans devoir licencier. Enfin, les crédits-temps et les aménagements de temps de travail sont en hausse.

Faut-il crier victoire ? Non bien sûr. Il reste des chômeurs de longue durée, notamment les plus de 50 ans, qu’on n’arrive pas à remettre sur le marché de travail. Pour cette catégorie-là, les chiffres sont en hausse. Hausse également à Bruxelles qui reste un point noir. En revanche nette amélioration pour la Wallonie.

Hier la ministre de l »emploi Monica De Coninck indiquait qu’il ne fallait pas céder à l’euphorie. La conjoncture en 2012 s’annonce  particulièrement difficile a-t-elle précisé. C’est l’un des paradoxes avec lesquels nous devons vivre. Fin  2011 on vous a beaucoup parlé de la crise, le gouvernement a dû sauver des banques, prendre des mesures d’urgence, faire des économies, mais  les entreprises n’en sentaient pas encore les effets. En 2012, les journaux, les télévisions parlent moins de la crise, mais c’est pourtant maintenant que l’onde de choc pèse sur les faillites ou sur les créations d’emploi.

On vient de traverser une période difficile, c’est vendredi, il fait beau, alors je termine sur une note positive : dans les prochaines années, la génération des baby-boomers, ceux qui sont nés juste près guerre, va arriver à la fin de sa carrière. Il y aura plus de pensionnés, c’est vrai. Mais il y aura moins de chômeurs.

Kris Peeters veut déchirer la liste d’Olivier Chastel

Par Fabrice Grosfilley dans budget, communautaire , le 22 mars 2012 09h50 | 2 commentaires

250 millions,  le montant de la dispute autour des « compétences usurpées ».  250 millions pour des compétences plus ou moins exercées par les régions, et que l’Etat Fédéral ne veut plus payer. J’écris « plus ou moins », parce que la frontière entre la responsabilité n’est pas toujours une frontière bien définie.

Hier nouvel épisode dans ce bras de fer :  Kris Peeters, le ministre président flamand sort de ses gonds. «  Je ne vais pas me laisser rouler par le gouvernement fédéral » tonne-t-il devant le parlement flamand. « La liste d’Olivier Chastel ? vous pouvez la déchirer. Elle n’est pas à l’ordre du jour. »

Qu’est-ce que la liste d’Olivier Chastel ? une liste arrêtée lors d’un conseil ministériel restreint, c’était avant hier, et qui précise quelles sont ces fameuses compétences usurpées, dont le fédéral veut transférer la charge financière aux régions.

Que trouve-ton dans cette liste ? Une responsabilisation en matière de pension  pour les fonctionnaires régionaux et communautaires. Logique me direz-vous, si ce sont des fonctionnaires des régions, que les régions payent. Sauf qu’historiquement ce n’était pas le cas. Dans le même ordre d’idée, le paiement de cotisations syndicales des fonctionnaires régionaux. Autre compétences usurpées qui fait débat   : la coopération universitaire, ce qui permet à des universités belges d’aider des universités des pays en voie de développement.      

Ça n’ a l’air de rien ces compétences usurpées, mais ça peut devenir très concret. Prenons l’exemple de la coopération universitaire, 65 millions par an. Si  on ne la finance plus,  cela veut dire qu’on suspend les programmes qui permettent à des étudiants africains de venir étudier en Belgique ou à des profs belges d’aller donner une série de cours en Asie. Plus de bourses d’études, plus de billets d’avions remboursés.

Ca rassemble à une bataille de chiffonnier ? Vous avez raison. Le débat des compétences usurpées,  se résume en « qui paye quoi ». Evidement il n’y aura pas grand monde pour défendre les bourses en faveur des étudiants étrangers, électoralement  pas très porteur. Quand on fait la chasse aux millions, on commence par là.

Hier soir Olivier Chastel a répondu à Kris Peeters : ce n’est pas ma liste, c’est la liste du  gouvernement fédéral, avalisée par le premier ministre et les vice premier ministre.  Initialement  celle-ci  aurait dû être présentée  aux ministres des régions cette semaine, à l’occasion d’une conférence interministérielle des finances et du budget. Elle vient d’être reportée au 27 mars.

Pour les compétences usurpées, on connaît donc le montant… mais toujours pas le contenu.

DSK a un empechement, il n’y aura pas de manif à Bruxelles

Par Fabrice Grosfilley dans union européenne , le 21 mars 2012 09h44 | 5 commentaires

Dominique Strauss Kahn peut-il participer à  un débat sur les leçons de la crise économique ? C’est la question qui  enflammait le parlement européen ces derniers jours. A l’origine du débat un groupe de jeunes députés du parlement européen. Le groupe UE 40 qui rassemble les parlementaires de moins de 40 ans, a programmé un débat le 27 mars, dans une semaine, avec trois invités : Jean-Claude Trichet, qui fut gouverneur de la banque de France et de la banque centrale européenne, Jean-Claude Juncker, premier ministre du Luxembourg et président de l’eurogroupe et donc Dominique Straus- Khan, ancien directeur du FMI, le fonds monétaire international. Depuis quelques jours la tension montait. Les féministes du parlement européen trouvaient l’initiative d’un gout douteux. Hier 2 des vice-présidentes du parlement européen et une vice-présidente de groupe ont donc écrit à Martin Schultz,  le président, pour faire part de leur « consternation » et de leur « colère ».

« Nous respectons la présomption d’innocence, nous respectons le droit à la libre expression et nous refusons toute ingérence moralisatrice dans la vie privée de chacun. Mais, après le déballage public et les prises de position de Dominique Strauss Khan sur les différentes affaires auxquelles il est confronté aujourd’hui, cette invitation est à proprement parler indécente» écrivent ces trois dames. Parmi elles on trouve deux belges, Véronique de Keyser, socialiste et Isabelle Durant, écologiste. Et les signataires de souligner que la règle implicite au parlement européen permet d’organiser tous les débats que l’on veut tant qu’il n’y a pas de troubles, or le climat dans lequel la dernière intervention de Dominique Strauss Kahn à Cambridge s’était déroulée laissait craindre le pire.

Malaise dans les rangs.  Il y a quelques jours une groupe de 9 eurodéputées étaient montées sur scène pour donner une représentation des « monologues du vagin », dans le cadre d’une campagne contre la violence faite aux femmes.  Défendre les femmes d’un côté, accueillir DSK de l’autre. Le parlement commence à tanguer. La suite va se passer en anglais et sur twitter.

19 heures, Martin Schultz qui est le président du parlement européen,  annonce qu’il a pris note de l’émotion des membres de son parlement, et qu’il prie les organisateurs de cette conférence de trouver une solution. En clair cela ressemble à une grosse pression.

23 heures, tweet d’ Alexander Alvaro. Ce député européen allemand, qui fait partie du groupe libéral est  l’organisateur de la fameuse conférence. DSK  annonce qu’il doit décliner l’invitation. Jean Claude Juncker et Claude Trichet seront bien présents. Là on se rend compte à quel point c’est pratique Twitter.  Dans un communiqué de presse classique on vous aurait expliquer avec nuance et diplomatie qu’il aurait été légitime d’entendre la vision de Dominique sur l’avenir de l’économie mondiale, que cela ne constituait en rien un soutien vis à vis de sa personne,  et que par respect pour la gent féminine, on avait renoncé à son audition. Mais sur twiter,140 caractères ça vous laisse la place pour une phrase longue ou  deux phrases courtes. DSK ne viendra pas. Les deux Jean-Claude viendront. Point final.

Le MR défiera Olivier Maingain sur son terrain

Par Fabrice Grosfilley dans Autre , le 21 mars 2012 07h21 | 5 commentaires

maingainblog

C’est le prochain épisode de la guérilla que se livrent le MR et les FDF. Les libéraux bruxellois présenteront une liste estampillée « MR » aux prochaines élections communales à Woluwe -Saint-Lambert, la commune dont Olivier Maingain est le bourgmestre.  Si je suis bien informé la confirmation devrait tomber dans les prochains jours. Le 09 mars une majorité du comité directeur du mouvement réformateur local avait pourtant souscrit à la charte des candidats présentée par Olivier Maingain. Cette « décision » était finalement loin de faire l’unanimité au sein de la section locale. Une partie des conseillers communaux sortants assurait même qu’elle ne souhaitait pas figurer sur la liste du bourgmestre FDF. La bronca a donc enflé et les instances supérieures n’ont rien fait pour la calmer. « Si les libéraux se sentent suffisamment forts pour monter leur propre liste qu’ils y aillent » ont donc fait savoir en substance tant Françoise Bertieaux (présidente des libéraux bruxellois) que Charles Michel. Après quelques jours de réflexion, on approche de l’annonce officielle.  L’affrontement MR-FDF risque de se faire par femmes interposées. Deux échevines libérales sortantes, Monique Louis et Michèle Hasquin-Naum, ont déjà annoncé qu’elles suivraient Olivier Maingain et sa liste du bourgmestre. La liste MR officielle devrait donc être emmenée par Julie Van Goidsenhoven-Bolle, conseillère communale sortante et diplômée en sciences politiques.  Olivier Maingain est quasi assuré d’arriver en pôle position, bénéficiant de l’effet bourgmestre sortant. Mais le poids d’une liste MR n’est pas à sous-estimer. Un poids difficile à évaluer puisque les deux partis se sont toujours présentés ensemble jusqu’à présent, mais avec cette annonce la perspective d’une majorité absolue pour la liste du bourgmestre est loin d’être garantie.