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Archives du octobre, 2011

En Wallonie, le sapin ça pique (quand l’incident Marcourt-Antoine cache une polémique d’hommes des bois)

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, cdh, ecolo, ps, wallonie , le 28 octobre 2011 10h13 | 5 commentaires

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On va commencer par le premier incident, celui qui a alerté toutes les rédactions hier en fin de matinée. Les ministres du gouvernement wallon sont en conclave budgétaire. Il y a un climat de grande tension entre Jean-Claude Marcourt, le ministre de l’Economie et André Antoine, le ministre du Budget. A midi, André Antoine claque la porte de la réunion. Que s’est-il passé  exactement ?

Il semble que l’incident ait eu lieu à propos de la SOGEPA, société de gestion et de participation, un outil qui permet à la région wallonne d’investir dans des entreprises privées. Comment faut-il comptabiliser exactement ces participations ? Est-ce une dépense ou un investissement, comment faut-il inscrire ces montants au budget ? Les deux ministres sont en désaccord. Selon mes informations, André Antoine aurait alors appelé  son chef de cabinet au téléphone. Mais comme ce chef de cabinet est aussi le vice-président de la SOGEPA, sous la tutelle directe de Jean-Claude Marcourt, le ministre de l’Economie aurait fait remarquer, de manière assez acide semble-t-il, que la communication devait passer par lui. Petite fâcherie et porte qui claque. Vous aurez noté qu’hier matin, lors de l’invité  de 07h50 sur Bel RTL, Jean-Claude Marcourt avait pris à deux reprises le contre-pied de ce qu’André Antoine affirmait une semaine plus tôt (sur l’ampleur de l’effort budgétaire comme sur l’imminence d’une décision sur le projet de centre sportif de haut niveau). Evidement ça n’aide pas.

L’incident  Marcourt -Antoine  a donc fait la Une, mais  je m’en voudrais de ne pas vous en signaler un autre. Hasard ou pas du chronomètre, c’est à la minute près, au moment ou André Antoine claque la porte. Mais cette fois-ci c’est sous la forme d’un communiqué. Ce n’est plus un incident PS- CDH, mais un incident CDH-Ecolo.

Titre de ce communiqué au vitriol : « le CDH et les sapins de noël : une polémique imbécile à partir d’une communication qui n’existe pas. » Rien que ce titre vous indique qu’on a troqué l’encre pour l’explosif, le stylo pour le bazooka. Sur le coup j’étais scié…

Je vous résume  l’affaire . Un député wallon écolo Patrick Dupriez, explique qu’il a voulu interroger Benoit Lutgen au sujet des plantations de sapins de Noël. N’y a-t-il pas trop d’herbicide, un phénomène de ruissèlement qui conduit à l’érosion,  et surtout la suppressions de prairies qui sont favorables à la biodiversité ?  Selon ce député, le ministre n’a pas répondu, mais sa question se retrouve dans la presse, présentée sous un jour défavorable.

Si tous les communiqués de presse des partis politiques (l’auteur de ce blog en lit au moins une dizaine par jour) étaient rédigés dans le même style,  ce serait Noël tous les jours au pays des journalistes politiques.

Morceaux choisis : « Habituellement, ce qui est intéressant dans une question parlementaire c’est la réponse du ministre. Au CDH c’est le contraire ».

« A qui profite ce raffut organisé ?  Pourquoi le CDH alimente-t-il une polémique portée par de véritables attaques ad hominem ?

Au-delà des polémiques, fondées sur une communication qui n’a jamais eu lieu et des propos jamais tenus, il sera intéressant d’écouter les réponses du ministre  sur les questions qui lui sont posées, et qui nous semble davantage pertinentes que la polémique organisée comme un chahut par des collégiens attardés ».

Diantre, quelle violence ! Renseignement pris, la prise Ecolo est une réponse à une charge CDH, un autre communiqué, plus discret mais tout aussi musclé et titré « production de sapins de noël, Ecolo est dans la résine ». Extraits : « une guirlande peu lumineuse d’idées reçues et non vérifiées, le député écolo Patrick Dupriez doit avoir une aiguille d’épicéa dans l’oeil » (oui l’odeur du sapin, ça dope le style des auteurs de communiqué, vous avez remarqué ?). Ou encore, toujours dans le registre bûcheron :  « La culture du sapin de Noël est une affaire des professionnels. Au lieu de mettre les  boules aux forestiers, Ecolo serait bien inspiré de se rendre en Ardenne. »

Et une source CDH de préciser que si le ministre n’a pas pu lire sa réponse au parlement wallon, c’est juste parce que le député questionneur était absent lors de la commission concernée, il ya une 15 aine de jours.  Lequel député précise alors qu’il a du quitter la séance vers 19 heures alors que sa question (en 21ième position sur les 28 de l’ordre du jour) n’était toujours pas traitée, et qu’il est d’usage dans ces cas de transformer la question orale en question écrite. Bref, le terreau des sapins est fertile en polémiques (oui, moi aussi je peux le faire). Quand deux partis qui travaillent ensemble dans la même majorité s’échangent des communiqués  comme ceux-là, ils n’ont plus besoin d’opposition.

500 jours, 110 litres, 7 kilos

Par Fabrice Grosfilley dans fédéral , le 26 octobre 2011 09h39 | 3 commentaires

beer63

500 jours. Il faut  le prononcer en articulant bien pour bien marquer l’importance de l’événement. Un bon chiffre rond le 500. Beau comme un billet de 500 euros. Beau comme un nouveau record du monde qu’on  n’est pas près de nous retirer. 500 jours sans gouvernement, même s’il faut rappeler qu’il y a un gouvernement en affaires courantes, qui prend quelques décisions quand même, et que les gouvernements régionaux, eux, continuent à travailler.

Faites un petit retour en arrière, pour les 100 jours  (en septembre l’an dernier) pour les 200 jours (en décembre), pour l’entrée dans le Guinness book  (ça c’était en mars), la presse avait  accordé une large place à la crise institutionnelle. Editions spéciales,  titres en noir-jaune-rouge, galeries de photos, analyses, interviews, micro-trottoir des belges qui faisaient part de leur émotion, sondages, présidents de partis interviewés en radio en télévision, on ne pouvait pas passer à compter de « l’événement. »  L’inquiétude était palpable.

Pour les 300 et les 400 jours, ça c’était un peu calmé. Là pour les 500 jours, vous vous dites on va marquer le coup. Bon, alors vous allez être déçu. Ce matin aucun quotidien n’a sorti d’édition spéciale, pas une seule « une » qui serait intégralement consacrée à nos 500 jours. En première page quelques appels discrets pour renvoyer vers les pages intérieures, et encore pas pour tout le monde. Sud presse par exemple fait complétement l’impasse. Dans La Libre Belgique, on va retrouver 2 pages, avec un rappel de ces 500 jours, c’est du classique. Le Soir dresse  la liste des 5 « casse-vitesse » qui empêchent de conclure rapidement. Casse-vitesse numéro  1 Bart De Wever, il a tout bloqué 389 jours durant, il a fallu  403 jours pour l’ostraciser écrit le journal qui note que le prochain gouvernement n’aura que 2 années pour concrétiser son programme.

Dans l’Echo on fait dans la prospective. Interview de Pascal Delwit politologue de l’ULB. « La très grande probabilité est que le formateur réussisse », oui il parle comme ça Pascal,  » même si on ne peut jamais totalement exclure l’irrationnel ». Et ensuite ? » Le nouveau gouvernement sera fragile par définition, le premier parti flamand est absent, le premier ministre est francophone, c’est un gouvernement avec les 3 familles politiques, depuis la seconde guerre mondiale le plus long gouvernement dans une telle configuration a duré un an ». Ça c’est pour  rassurer les  journalistes politiques qui  craignent de perdre leur boulot et  donner le moral aux autres, merci Pascal.

Pour retrouver un peu de sourire la Dernière Heure nous apprend qu’ en 500 jours nous avons eu le temps de boire 110 litres de bière  (c’est une moyenne ) que nous avons eu 270 jours de pluie  (avec un gouvernement  on les aurait eu aussi, enfin, pas sûr)  et qu’il y a eu  173 972 naissances ( on rappellera  qu’il y a dans ce chiffre Nette Beke  et Gabriel De Croo, les négociateurs participant bien à l’effort collectif).

Palme de l’originalité dans tous ces articles  pour l’Avenir. Avec un angle régime. Oui il fallait oser. Jean Michel Javaux a donc perdu 7 kilos pendant les négociations. Et pourtant on apprend que le président d’Ecolo mangeait du chocolat  alors que Laurette Onkelinx carbure aux fruits.

Bon, la bonne nouvelle dans tout ça c’est que tous cez journaux sans exception pensent que nous sommes près d’un accord. Sans doute pour ça que la couverture reste raisonnable.  A moins, que la crise politique ne fasse plus vendre. On est comme ça nous les belges. On a un fond de modestie. A force de faire tomber les records, ça finit par lasser.

Une colère musclée et mise en scène

Par Fabrice Grosfilley dans Autre, mr , le 25 octobre 2011 16h32 | Commentaires fermés

charlesmich0

Vous vous rappelez  hier matin, je vous expliquais que les libéraux  avait toutes les raison de mettre la pression sur les régions,  parce qu’ils ne participent pas à leur gestion. On ne va pas remplacer madame Irma, mais on ne s’était pas trompé. On avait même  sous-estimé  la violence de l’attaque. Hier les libéraux ont voulu exposer  leur courroux. Quand Charles Michel fâché, Charles Michel partager. C’est l’opinion publique qui est prise à témoin, la colère libérale a donc été soigneusement mise en scène.

Preuve numéro un : une conférence de presse impromptue. Elle n’était pas prévue initialement, elle a été annoncée dans la matinée, sans qu’on en connaisse vraiment le contenu. Quand le président du parti libéral convoque la presse à la sortie d’une réunion de bureaux en pleine tension, c’est forcément pour dire quelque chose d’important. Tous les journalistes se sont donc hâtés de rejoindre le siège du mouvement réformateur.

Preuve numéro 2 : la tonalité  employée. Là ce n’est pas tant le fond du message qui compte que sa forme. Tout dans le vocabulaire employé voulait faire passer l’idée que le MR était dans une position de grande fermeté.

« Le MR refuse la facilité »

« Le MR ne participera pas à un accord qui aurait pour effet d’affaiblir le gouvernement fédéral, un gouvernement dont l’objectif est de saigner les économies familles ».Et Charles Michel d’exiger la participation des régions « je le fais en haussant le ton » précise-t-il.

Preuve numéro 3, la preuve par l’exemple :  pour démontrer que les régions peuvent participer davantage à l’effort budgétaire Charles Michel dresse un tableau de ce qu’il appelle la liste des horreurs. Une série de dépenses que les réformateurs jugent stériles ou inutiles. On trouve là-dedans l’opération ratée  des  platanes à Bruxelles, des missions de consultance, l’augmentation du cout des cabinets ministériels,  une conférence de presse de Michael Gorbatchev, la campagne de communication de la semaine de la frite. La liste est un peu hétéroclite, elle mélange des exemples de mauvaise  gouvernance avec  des décisions de justice contraires aux autorités et des mesures qui peuvent sembler plus justifiables (c’est le jeu du débat), des opérations unique et des dépenses récurrentes et  elle avait déjà été  dressée au mois de mai, mais  au final  Charles Michel estime que ces exemples bout à bout on trouve déjà 190 millions d’euros. C’est vrai qu’on est loin des 10 milliards, mais là n’est pas la  démonstration : les entités francophones peuvent bien se serrer un peu la ceinture si elles renoncent à des dépenses discutables.

Bref hier les libéraux étaient dans une posture délibérément offensive. Pour rajouter un peu à la dramaturgie du moment Benoit Lutgen a donc utilisé la même méthode que les libéraux. Faire savoir que lui aussi était en colère, vous noterez au passage que le président du CDH avait de quoi se sentir visé, la semaine de la frite, c’était lui en tant que ministre de l’agriculture et du tourisme. Benoit Lutgen a donc exposé son courroux devant les caméras peu avant 19 heures, il a même fait mine de partir avant de revenir mettre une seconde couche :  « ce sont des guerres politiciennes, franchement ça suffit. La situation demande de la prise de responsabilités. Arrêtons de nous refiler la patate chaude » (ca c’est pour les frites).   Fin de soirée, communication du formateur : le conseil supérieur des finances va donc bien réactualiser ses recommandations.  Cocorico des réformateurs qui obtiennent gain de cause. Mais attention il n’est pas exclu que ce nouveau rapport implique au final un effort encore plus grand du gouvernement fédéral. C’est à dire l’inverse de ce que demandaient les libéraux, laissent entendre les autres formations. Pour la petite histoire le président  du conseil supérieur des finances est… Didier Reynders.

Régions-fédéral : la frontière n’est pas étanche

Par Fabrice Grosfilley dans budget, communautaire, decryptage , le 24 octobre 2011 10h01 | 15 commentaires

charles

Voici l’une des difficultés du débat politique en cours : en théorie  le niveau fédéral et le niveau des régions et des communautés sont deux niveaux bien distincts, indépendants, pour ne pas dire étanches. Chacun ses compétences, chacun son budget, son gouvernement, ses majorités. En théorie toujours le fédéral et les régions pourraient vivre chacun de leur côté, c’est ce que le législateur, au travers des différentes réformes de l’état a essayé de faciliter.

En pratique ce n’est pas toujours évident, nous avons eu une belle illustration ce week-end. Les deux partis libéraux (l’open VLD pour les flamands, le Mouvement Réformateur pour les francophones), ont tapé du poing sur la table sur la question du budget. La colère bleue vise spécifiquement la participation des entités fédérées à l’effort pour 2012 (vous vous souvenez, ces fameux dix milliards). Le formateur a prévu dans une note, qui était quand même connue depuis quelques temps, que les régions allaient participer à hauteur de 450 millions. « Insuffisant » a tonné Alexander De Croo à la table des négociations,  « Il faut que les régions contribuent à l’effort » a enchainé Charles Michel devant les journalistes.

Stop, arrêt sur image. Le fédéral peut-il exiger que les régions  revoient leur budget ? La réponse est non.  Chaque gouvernement est autonome, on se concerte bien sûr, on passe des accords, on essaye de gérer cela en bon père de famille, mais le fédéral n’a pas fondamentalement  le pouvoir d’imposer une cure d’austérité, ni à la région wallonne ni à la région flamande.  On ajoutera que dans les régions le budget 2012 est quasi bouclé, des efforts de ce type ça se négocie à l’avance, ce n’est pas parce que le fédéral est en retard que les autres le sont aussi.

Pourquoi la famille libérale intervient-elle de manière aussi musclée ? Tout simplement parce qu’elle n’est pas dans les majorités régionales. Que l’Open VLD au nord et le Mouvement Réformateur au sud, pointent du doigt les régions c’est donc une  manière assez facile de mettre la pression sur des gouvernements auquel ils ne participent pas, et par ricochet sur  les familles politiques qui elles siègent à plusieurs niveaux de pouvoir (en l’occurrence les socialistes et les sociaux-chrétiens). Les libéraux savent qu’ils appuient sur un point sensible. Au nord la N-VA est dans le gouvernement de Kris Peeters, elle a déjà fait savoir qu’elle ne donnerait pas un centime de plus pour le fédéral. Au sud, les comptes sont déjà serrés. Aller plus loin dans l’effort serait forcément douloureux.

Bref les libéraux ont peu de chance d’obtenir gain de cause, mais ils marquent leur différence, c’est de bonne guerre, à défaut d’être subtil. Mais allons plus loin : cette sortie  offre surtout à la future majorité une petite piqûre de rappel. Derrière le budget 2012, c’est surtout le transfert de compétences qui fait grincer les dents libérales. Scinder Bruxelles-Hal-Vilvorde, très bien, cela ne coûte rien, autant aller vite. Par contre, confier  plus de 17 milliards de nouvelles politiques aux régions et leur accorder une belle dose d’autonomie fiscale, c’est offrir à ces régions des moyens de mener de nouvelles politiques. Et donc permettre aux ministres concernés  de se faire bien voir dans l’opinion publique. A deux ans et demi des prochaines élections ce n’est pas un petit détail. Si on s’est bien mis d’accord sur ces transferts de compétence, on n’a rien dit sur le rythme des réformes.  Aller trop vite, c’est offrir aux régions des leviers qui échapperont au fédéral. Les libéraux peuvent tenter de s’y opposer de deux manières : soit en réclamant d’être associés aux majorités régionales. Soit en s’assurant que les réformes n’aillent  pas trop vite. Pas de transfert avant les prochaines élections par exemple. La séparation des niveaux de pouvoirs, c’est parfois très théorique.

Centre sportif de haut-niveau : Louvain-la-Neuve casse les prix, ou la piscine moitié prix

Par Fabrice Grosfilley dans communauté française , le 21 octobre 2011 17h12 | Un commentaire>

Il y a eu des surprises ce mercredi lors  de l’audition des 3 villes candidates pour accueillir le centre sportif de haut niveau. La principale se situe au niveau des coûts. Evoquant ce serpent de mer sportif André Antoine avait annoncé sur l’antenne de Bel RTL que la décision serait bien prise dans les 8 jours et que le montant final serait moins élevé que prévu. On ne sait pas si le ministre des sports (et du budget) était bien informé ou s’il a des pouvoirs divinatoires, mais l’un des protagonistes semble lui donner raison. Jusqu’à présent le projet de Louvain-la-Neuve (baptisé Apogia) était estimé à 71 millions d’euros, soit un avantage substantiel sur le concurrent liégeois (nom de code : Speed) qui affiche une facture de 86 millions. On laissera de côté le projet montois qui semble concourir pour l’honneur (et dont on raconte que le lancement du diaporama devant l’assistance gouvernementale fut plus laborieuse qu’un marathon par temps de canicule).

Ce mercredi, les promoteurs du  projet de Louvain-la-Neuve ont enfoncé le clou de la performance budgétaire. Un coup de baguette magique et la facture est finalement sous les 35 millions d’euros. A ce prix-là, il n’y a plus de concurrence possible, de quoi donner une sérieuse avance au projet brabançon dont les promoteurs signalaient déjà qu’il avait l’avantage d’être géographiquement mieux situé, puisque plus proche de Bruxelles, où résident un certain nombre de sportifs concernés.

Comment les néo-louvanistes ont-ils fait baisser la facture ? En retirant certains coûts du projet (des coûts d’aménagement ne seraient ainsi plus pris en compte) et en excluant la TVA (un détail). A tel point que les deux copies ne seraient plus tout à fait comparables. Pire même on s’interroge sur les coûts réels de la copie du Blocry. Le projet de piscine olympique par exemple suscite plus d’une interrogation. Aux dernières nouvelles cette piscine pourrait ne pas être accessible au public… ce qui risque d’être politiquement difficile à assumer, et pire, elle est annoncée pour 6 millions d’euros, alors que tous les spécialistes affirment que cela coute le double, voir le triple. Pour info la piscine olympique de Dijon (France) ouverte l’an dernier a couté 24 millions. Les piscinistes brabançons seraient donc  les rois du marché.

Le gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles tranchera-t-il réellement la semaine prochaine ? On peut commencer à en douter. L’hypothèse que l’investissement soit gelé en raison d’un conclave budgétaire plus délicat que prévu (il faudra peut-être intégrer les pertes liées au holding communal) circule toujours avec insistance. Et les dossiers présentent désormais un tel écart qu’il n’est pas exclu que les ministres commandent une nouvelle étude pour faire la vérité sur les prix, histoire de comparer deux factures réalistes et qui parleraient de la même chose. Ce qui serait une nouvelle manière de reporter la décision.

A la chambre, les FDF ne se pressent pas pour faire groupe à part

Par Fabrice Grosfilley dans chambre , le 21 octobre 2011 11h57 | 2 commentaires

maingaintrois

Vous avez sûrement suivi les tribulations du parlement bruxellois pour créer un groupe FDF. L’arrangement final (une abstention par groupe pour permettre que le SP-A et surtout leCD&V ne fasse pas obstacle au changement de règlement en cours de législature) a donc permis aux FDF  de bénéficier d’un groupe au parlement régional ainsi qu’au parlement francophone bruxellois (que les spécialistes appelleront ex-cocof, une assemblée de 72 élus présidée par Julie De Groote et dont le 1er vice-président était jusqu’ici le FDF Michel Colson). Qui dit groupe dit frais de fonctionnement (environ 200 000 euros par an) et surtout représentativité politique (vice-présidence de l’assemblée en question, présidence(s) de commission, temps de parole et droit d’interpellation).

b

Au niveau régional le divorce MR-FDF est donc parlementairement concret. Ce n’est pas le cas à la chambre. Le groupe du mouvement réformateur compte donc toujours officiellement 18 députés, même si les 3 membres du FDF ont été priés de gagner la dernière rangée. À ce stade ni le MR ni le FDF n’ont posé de demande pour changer les choses.  Sans doute n’y aura-t-il aucun changement tant que les négociations seront toujours en cours. À plus long terme, il semble toutefois difficile de maintenir un groupe de 18 députés si une partie du contingent ne vote pas la confiance au nouveau gouvernement. Si les FDF ne se décident pas à partir de leur plein gré, les libéraux pourraient bien finir par s’agacer d’un étrange statu quo qui semble fort en décalage avec les prises de position de leurs anciens alliés.

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L’affaire est loin d’être anecdotique. Sur la vingtaine de collaborateurs du groupe MR à la chambre, le FDF peut compter actuellement sur 6 personnes, chaque député   ayant droit à un assistant administratif et à un collaborateur universitaire. En quittant le MR les FDF perdront la moitié de l’effectif : sans groupe, plus de collaborateurs universitaires. On comprend que les FDF ne soient pas pressés de passer à l’acte.

b

Dernier élément du dossier: le poste de questeur d’Olivier Maingain. Les mauvaises langues souligneront que cette fonction honorifique (le collège des questeurs joue le rôle de superintendant ou de trésorier de la chambre) permet de glisser un peu de beurre dans les épinards, avec un salaire de 7 300 euros, contre 5 500 pour un « simple » député.  Si c’est bien en tant que député MR que le président des FDF a pu être élu, la fonction est personnelle, ce qui signifie qu’Olivier Maingain la conservera sauf s’il décide d’en démissionner…. Mais le mandat n’est que de deux ans, et arrive à échéance en juin 2012. Il est donc probable que le MR trouvera un autre candidat le moment venu. En attendant, le MR et le FDF continuent bien, à ce stade, à faire groupe commun.

L’Open VLD joue le durcissement

Par Fabrice Grosfilley dans budget, vld , le 21 octobre 2011 09h49 | 4 commentaires

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Reprenons les déclarations de l’Open VLD des dernières semaines : « la situation est très sérieuse,  10 milliards ça ne se trouve pas d’un coup de baguette magique », « nous ne voulons pas d’un gouvernement d’impôt, mais d’un gouvernement de réforme », « il faut prendre des engagements clairs sur le programme de stabilité », « on ne se limitera pas à une feuille A4″.

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S’il y a un parti qui fait beaucoup de déclarations, c’est bien celui des libéraux flamands. Communication agressive doublée d’un message qu’Alexander De Croo et Vincent Van Quickenborne, les deux négociateurs du VLD, répètent régulièrement à leurs interlocuteurs: « si on veut se passer de nous on peut ». Cette petite phrase, les émissaires Open VLD l’ont multipliée ces derniers jours, auprès des journalistes par exemple, mais aussi à la table des négociations. Cela ressemble d’assez près à la définition du chantage. Vous devez appliquer notre programme ou nous claquons la porte.

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En clair, les libéraux flamands veulent donc peser sur les négociations socio-économiques autant que le CD&V aura pesé sur les négociations communautaires. Et comme on sait qu’Alexander  De Croo a été capable de faire tomber le gouvernement Leterme sur le dossier BHV, on ne peut pas se contenter d’accueillir les menaces d’un haussement d’épaules. Les partis partenaires de la négociation prennent d’autant plus l’affaire au sérieux que le président de l’open VLD est désormais accompagné en négociation du remuant Vincent Van Quickenborne, alors que l’on s’attendait à discuter du budget avec Guy Vanhenguel. C’est un signe : écarter le ministre du Budget en titre indique assez bien qu’on préfère la radicalité du discours à la compétence technique, le tonus de la jeunesse à l’entregent de la génération Verhofstadt.

b

Que veut l’Open VLD ? Cela peut se résumer en deux phrases. D’abord que l’on respecte les engagements européens, ce qui veut dire accélérer le désendettement et trouver ces fameux 10 milliards. Ensuite, le faire sans créer de nouveaux impôts (ou en tout cas le moins possible). Pourquoi l’Open VLD  hausse-t-il autant le ton ? D’abord parce que c’est une affaire de communication politique. Les libéraux flamands tiennent à faire savoir qu’ils sont les garants de l’orthodoxie budgétaire, les défenseurs de la classe moyenne (flamande) et qu’ils veillent aux intérêts des entreprises (flamandes). Apparaître comme fer de lance de ce combat, c’est éviter que leur électorat traditionnel ne continue de glisser vers la NVA.

Ensuite parce l’Open VLD ne bénéficie pas d’un rapport de force en sa faveur sur l’ensemble du dossier. Sur l’impôt sur les grandes fortunes, Open VLD, mouvement réformateur et même CDV et CDH peuvent paraître sur la même longueur d’onde : trop lourd, trop compliqué à mettre en place et pas efficace, le PS paraît bien seul sur cette question symbolique. Mais si on parle de dépenses zéro par contre (cela porte le nom d’austérité), les libéraux flamands risquent à leur tour d’être isolés.

b

Ces dernières semaines par exemple vous avez pu entendre Benoit Lutgen et Charles Michel plaider pour qu’on relève les bas salaires, ils ont avancé les chiffres de 300 et de 500 euros. L’Open VLD ne soutient pas cette proposition. Ce serait une nouvelle dépense, et elle est jugée irréaliste par les libéraux flamands.  Si on parle de clivage gauche-droite dans ce second round de négociations, il faut toujours se rappeler que la droite flamande est plus à droite que la droite francophone.

Le contre-la-montre du formateur

Par Fabrice Grosfilley dans budget , le 20 octobre 2011 09h44 | 2 commentaires

rupoa

Former un gouvernement cela prend du temps. Si l’on jette un coup d’œil sur notre histoire récente, l’un de ceux qui a réussi à le faire le plus rapidement fut Guy Verhofstadt, pour son second mandat en 2003. Elections les 13 juin, prestation de serment  le 12 juillet : un mois pile-poil. Mais il faut reconnaître que  l’époque était quand même un peu plus simple, que la coalition violette était relativement soudée,  et qu’il s’agissait à l’époque de poursuivre la plupart des politiques entamées  sous la législature précédente.

Un mois donc, cela peut paraître un minimum pour faire les choses correctement, songez qu’il faut établir un budget, décider de toutes les mesures économiques et sociales que l’on pourra prendre, en évaluer les conséquences, se mettre d’accord sur l’ordre dans lequel on traitera les problèmes et rédiger cela sous forme de programme. Pourtant nos négociateurs sont engagés dans une course de vitesse. Réunion hier soir encore jusque 23 heures 30, on a parlé emploi avec notamment la dégressivité des allocations de chômage et l’exonération d’impôt sur les plus bas salaires. Reprise des discussions ce matin à 11 heures pour évoquer les prépensions.  On ne chôme pas.

Ce sentiment d’urgence est motivée par l’incertitude des marché  (il faut montrer à l’Union Européenne et surtout aux agences de notations qu’on avance) par l’urgence parlementaire (il faut déposer un projet de budget dans les prochaines semaines pour le faire voter avant de l’année) mais aussi par le souci de montrer à l’opinion publique que les choses avancent (il faut reconnaître que 493 jours sans gouvernements c’est long, et même s’il a fallu attendre 480 jours pour une réforme de l’état et qu’on ne discute vraiment gouvernement que depuis une semaine, le citoyen belge ne fait pas la différence).

Du coup les négociateurs se dédoublent. Si l’emploi est le thème numéro 1 et occupe la table centrale, le formateur a mis en place  des groupes de travail qui se réunissent un peu partout au parlement pour parler de questions sociales ou de questions de société, comme la sécurité ou l’immigration par exemple. Au total 9 groupes de travail, dont le formateur a confié la présidence à des hommes de confiance (Philippe Moureaux par exemple) dans lesquels chaque parti a désigné 2 personnes : 1 représentant politique et un technicien expert de la matière concernée. L’idée est donc d’aller le plus loin possible dans ces réunions spécialisées, et de ne revenir vers la table centrale, celle des présidents, que pour trancher les points les plus litigieux ou effectuer une dernière relecture. Cette semaine 4 de ces groupes de travail seraient déjà en activité.

Si l’on part du principe qu’Elio Di Rupo a besoin d’un mois pour boucler son gouvernement, cela nous amène à la mi-novembre.

A Bruxelles, le PS et le MR se préparent (déjà) pour les communales

Par Fabrice Grosfilley dans communales , le 19 octobre 2011 16h34 | Commentaires fermés

Les communales arrivent dans un an (le 14 octobre 2012) et on commence doucement à se préparer.  Dans la capitale du royaume, deux listes sont déjà dans les starting-blocs. Ainsi le MR a-t-il dégainé une première photo de campagne et sa tête de liste Alain Courtois indique sur son site internet que la « campagne est lancée ». Vous noterez sur la photo que Frédérique Ries et Marion Lemesre encadrent la tête de liste dans une pose très « série américaine ».

affiche

 

 

Les observateurs attendaient aussi et surtout de savoir comment le PS organiserait sa liste pour l’an prochain. Freddy Thielemans, bourgmestre actuel, avait déjà été confirmé yvan-mayeurcomme tête de liste, mais tous les regards se tournaient vers ses colistiers. En toile de fond la succession de Freddy Thielemans, et une rivalité potentielle entre Yvan Mayeur et Philippe Close. Et les mauvaises langues de laisser entendre que ces deux-là pourraient se disputer sévèrement la  3ième place sur la liste (alternance homme/femme oblige) Karine Lalieux faisant figure d’outsider. Apparemment il n’en est rien. Lors d’une réunion discrète ce lundi les dirigeants du PS Bruxellois ont convenu de présenter une liste qui reprendra l’ordre des dernières communales.  Soit un bulletin qui devrait, dans l’ordre, porter les noms suivants :

  • 1) Freddy Thielemans
  • 2) Faouzia Hariche,
  • 3) Yvan Mayeur
  • 4) Karine Lalieux
  • 5) Philippe Close,
  • 6) Mohamed Ouriaghli
  • 7) Ahmed El Ktibi

Cette décision n’est pas encore officiellement avalisée, et doit encore être présentée à la section bruxelloise du PS, mais « le plus dur est fait, on ne va pas se déchirer au delà de la 7iéme place, on peut donc dire que nous sommes en ordre de marche » indiquait aujourd’hui l’un des élus concernés. Le risque d’incident de pré-campagne semble donc écarté dans la famille socialiste. Tout indique qu’Yvan Mayeur est bien le dauphin présumé de Thielemans et que Philippe Close a de fortes chances de succéder un jour à Charles Picqué, tandis que Karine Lalieux, en attendant un strapontin ministériel joue toujours les outsiders. A condition bien sûr que les uns et les autres réalisent des scores électoraux conformes à leur ambition.

Elio 1er, empereur de la communication

Par Fabrice Grosfilley dans anecdote, communication , le 19 octobre 2011 08h24 | 3 commentaires

Le formateur désigné meilleur communiquant, c’est le résultat d’un palmarès de la communication politique organisé par le journal Lobby. Un magazine très haut gamme, papier glacé, 4 numéros par an pour décoder les coulisses du pouvoir économique ou politique, hier soir la publication du palmarès avait lieu au cercle de lorraine un restaurant  bruxellois lui aussi très haut de gamme, on est plutôt entre gens  comme il faut.  Cette année  Elio di Rupo  y obtient donc 155 points , contre 134 points à Bart De Wever,  le gagnant de l’exercice en 2010.  Pour arriver à un tel palmarès la revue  a adressé fin août un questionnaire aux journalistes politiques leur demandant de « coter » les  politiques sur 5 critères.

Entrons dans le  détail parce que c’est là que cela devient intéressant. Sur deux de ces critères,  qui sont l’expression de la compétence et le soin apporté à la forme, Elio di Rupo est arrivé premier. En revanche sur  les critères de la cohérence et sur le talent médiatique c’est Bart De Wever qui reçoit les meilleures notes.  En clair  Bart De Wever est sans doute naturellement le meilleur communicant.  Elio Di Rupo donne l’impression de travailler plus sa communication. Le nationaliste est un inné de la communication, le socialiste serait plus dans la catégorie des perfectionnistes et besogneux. On notera que sur le critère de la réactivité, c’est à dire la capacité à s’adapter au plus vite à l’actualité, le président des FDF Olivier Maingain a obtenu la meilleure côte.

Sachez  encore que les plus mauvais communicants seraient Yves Leterme, Wouter Beke et Sarah Turine, mais qu’on a affaire ici à un panel de journalistes francophones.

Que pouvons-nous apprendre de l’exercice ? D’abord que la communication est toujours liée au moment politique que nous traversons et surtout au poste que la personnalité occupe. Fin aout, le moment où ce questionnaire a été rempli, c’est le début des négociations. A ce moment-là Elio Di Rupo s’impose au milieu du terrain tandis que Bart De Wever rentre sur le banc de touche.  Elio Di Rupo qui ramène le CD& V à la table des discussions  est donc jugé hyper compétent par les journalistes, alors que Bart De Wever a justement une très mauvaise note en matière de compétence. Dans une période de négociation, ça ne sert à rien de bien communiquer si on n’obtient rien.

La deuxième leçon à retenir c’est que ce n’est pas toujours ceux qui communiquent le plus qui communiquent le mieux.  Au contraire même. Garder de la distance avec les médias, n’apparaître que dans des grandes occasions c’est aussi une manière d’entretenir son image. Elio Di Rupo fait ça très bien. En n’intervenant que de manière ponctuelle,  en refusant les demandes d’interviews, il se situe au-dessus de la mêlée, cela renforce son image d’autorité. A l’inverse Yves Leterme qui communique beaucoup, et c’était notamment le cas cet été, n’est sans doute déjà plus en terme de communication dans la peau d’un premier ministre.  On serait tenté d’écrire qu’il a banalisé sa fonction. Cela a d’ailleurs un petit caractère injuste : un personnage central peut faire une conférence de presse de dix minutes au cours de laquelle il ne répond à aucune question ce sera un événement repris sur toutes les chaines de télé. Un député d’opposition qui multiplie les interviews, accepte les débats ou il sera soumis à la contradiction, trouve  la petite phrase qui fait mouche, bataille pour prendre la parole dans son assemblée, n’est jamais sûr d’être entendu. La communication,  en politique comme ailleurs il faut la relativiser. Elle  peut vous aider à présenter une idée, et même la faire accepter par l’opinion publique. Ce sont toujours  le pouvoir et la puissance qui vous aideront à la concrétiser.